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TROISIÈME
VOLUME.
3. Chapitre I. Tallard
à Fontainebleau. Conseil d’État d’Espagne et quelques autres
seigneurs. Réflexions et mesures de quelques-uns des principaux
seigneurs sur les suites de la mort prochaine du roi d’Espagne. Avis célèbre
sur les renonciations de la reine Marie-Thérèse. Chute de
la reine d’Espagne. Le pape consulté secrètement. p. 1
3. Chapitre II. Testament
du roi d’Espagne en faveur du duc d’Anjou. Mort du roi d’Espagne. Harcourt
à Bayonne assemblant une armée; son ambition et son adresse.
Ouverture du testament. Plaisanterie cruelle du duc d’Abrantès.
Deux conseils d’État chez Mme de Maintenon en deux jours. Avis partagés;
raisons pour s’en tenir au traité de partage; raisons pour accepter
le testament. Monseigneur [parle] avec force pour accepter. Résolution
d’accepter le testament. Surprise du roi et de ses ministres. p. 16
3. Chapitre III. Retour
de Fontainebleau. Déclaration du roi d’Espagne; son traitement.
M. de Beauvilliers seul en chef, et M. de Noailles en supplément
accompagnent les princes au voyage. Le nonce et l’ambassadeur de Venise
félicitent les deux rois. Harcourt duc vérifié et
ambassadeur en Espagne. Rage singulière de Tallart. L’électeur
de Bavière fait proclamer Philippe V aux Pays-Bas, qui est harangué
par le parlement et tous les corps. Plaintes des Hollandais. Bedmar à
Marly. Philippe V proclamé à Milan. Le roi d’Espagne fait
Castel dos Rios grand d’Espagne de la première classe et prend la
Toison; manière de la porter. Départ du roi d’Espagne et
des princes ses frères. Philippe V proclamé à Madrid,
à Naples, en Sicile et en Sardaigne. Affaire de Vaïni à
Rome. Albano pape (Clément XI). Grâces pécuniaires.
Chamillart ministre. Électeur de Brandebourg se déclare roi
de Prusse; comment [la Prusse] entrée dans sa maison. Courlande.
Tessé à Milan et Colmenero à Versailles. Castel dos
Rios. Harcourt retourné à Madrid; sa place à la junte.
Troubles du Nord. p. 33
3. Chapitre IV. Année 1701.
Mesures
en Italie: Tessé. Mort et caractère de Barbezieux. Chamillart
secrétaire d’État; son caractère. Torcy chancelier
et Saint-Pouange grand trésorier de l’ordre. Mort de Rose, secrétaire
du cabinet. La plume. Caillières a la plume. Rose et M. le prince.
Rose et M. de Duras. Rose et les Portail. Mort de Stoppa, colonel des gardes
suisses. Mort du prince de Monaco, ambassadeur à Rome. Mort de Bontems.
Bloin. M. de Vendôme. Bals particuliers à la cour. p. 52
3. Chapitre V. Plusieurs
bonnes nouvelles. D’Avaux ambassadeur en Hollande, au lieu de Briord, fort
malade. Les troupes françaises, introduites au même instant
dans les places espagnoles des Pays-Bas, y arrêtent et désarment
les garnisons hollandaises, que le roi fait relâcher. Flottille arrivée.
Chocolat des Jésuites. Philippe V reconnu par le Danemark. Connétable
de Castille ambassadeur extraordinaire à Paris. Philippe V à
Bayonne; à Saint-Jean de Luz; séparation des princes. Comte
d’Ayen passe en Espagne. Duc de Beauvilliers revient malade. Lettres patentes
de conservation des droits à la couronne de Philippe V. La reine
d’Espagne abandonnée et reléguée à Tolède.
Philippe V reconnu par les Provinces-Unies. Ouragan à Paris et par
la France. Mort de l’évêque-comte de Noyon. Abbé Bignon,
conseiller d’État d’Église. Aubigny, évêque
de Noyon. Mlle Rose, béate extraordinaire. M. Duguet. M. de Saint-Louis
retiré à la Trappe. Institution d’un prince, par M. Duguet.
Helvétius à Saint-Aignan. Retour du duc de Beauvilliers.
Cardinal de Bouillon à Cluni, restitué en ses revenus. Exil
du comte de Melford. Roi Jacques à Bourbon. p. 67
3. Chapitre VI. Philippe
V à Madrid. Exil de Mendoze, grand inquisiteur. Exil confirmé
du comte d’Oropesa, président du conseil de Castille. Digression
sur l’Espagne: branches de la maison de Portugal établies en Espagne.
Oropesa, Lémos, Varagua, [branche] cadette de Ferreira ou Cadaval.
[Branche de] Cadaval restée en Portugal. Alencastro, duc d’Aveiro.
Duchesse d’Arcos, héritière d’Aveiro. Abrantès et
Linarès, cadets d’Aveiro. Justice et conseil d’Aragon. Conseil de
Castille; son président ou gouverneur. Corrégidors. Conseillers
d’État. Secrétaire des dépêches universelles.
Secrétaires d’État. Les trois charges: majordome-major du
roi et les majordomes; sommelier du corps et gentilshommes de la chambre;
grand écuyer et premier écuyer. Capitaine des hallebardiers.
Patriarche des Indes. Majordome-major et majordomes de la reine. Grand
écuyer et premier écuyer de la reine. Camarera-mayor. Dames
du palais et dames d’honneur. Azafata et femmes de chambre. Marche en carrosse
de cérémonie. Gentilshommes de la chambre avec et sans exercice.
Estampilla. La Roche.
p. 85
3. Chapitre VII. Changements
à la cour d’Espagne à l’arrivée du roi. Singularité
de suzeraineté et de signatures de quelques grands d’Espagne. Autres
conseillers d’État. Mancera et son étrange régime.
Amirante de Castille. Frigilliane. Monterey. Tresmo. Fuesalida. Montijo.
Patriarche des Indes. Vie du roi d’Espagne en arrivant. Louville en premier
crédit. Duc de Monteléon. Coutume en Espagne, dite la saccade
du vicaire. P. Daubenton, jésuite, confesseur du roi d’Espagne.
Aversberg, ambassadeur de l’empereur après Harrach, renvoyé
avant l’arrivée du roi à Madrid. Continuation du voyage des
princes. Folie du cardinal Le Camus sur sa dignité. p. 118
3. Chapitre VIII. Mlle
de Laigles, fille d’honneur de Mme la duchesse, à Marly; et mange
avec Mme la duchesse de Bourgogne. Violente indigestion de Monseigneur.
Capitulation. Grande augmentation de troupes. Force milice. Électeur
de Bavière à Munich; Ricous l’y suit. Bedmar, commandant
général des Pays-Bas espagnols par intérim. Traités
et fautes. Succession à la couronne d’Angleterre établie
dans la ligne protestante. Plaintes et droits de M. de Savoie. Vénitiens
neutres. Catinat général en Italie. Dépit et vues
de Tessé; sa liaison avec Vaudémont. Boufflers général
en Flandre et Villeroy en Allemagne. M. de Chartres refusé de servir;
grand mécontentement de Monsieur, qui ne s’en contraint pas avec
le roi. Nyert revient d’Espagne. Retours des Princes. La Suède reconnaît
le roi d’Espagne. Archevêques d’Aix et de Sens nommés à
l’ordre. Traits du premier. Refus illustre de l’archevêque de Sens.
M. de Metz commandeur de l’ordre. Tallard chevalier de l’ordre, etc. Mort
de Mme de Tallard, de la duchesse d’Arpajon, de Mme d’Hauterive, de Mme
de Bournouville, de Segrais, du maréchal de Tourville. Châteaurenauld
vice-amiral. Mort du comte de Staremberg. L’Angleterre reconnaît
le roi d’Espagne. Duc de Beauvilliers grand d’Espagne. Mariage déclaré
du roi d’Espagne avec la fille du duc de Savoie. Égalité
réglée en France et en Espagne entre les ducs et les grands.
Abbé de Polignac rappelé. Duc de Popoli salue le roi, qui
lui promet l’ordre. Banqueroute des trésoriers de l’extraordinaire
des guerres. p. 136
3. Chapitre IX. L’empereur
fait arrêter Ragotzi. Retour des eaux du roi Jacques. Peines de Monsieur.
Forte prise du roi et de Monsieur. Mort de Monsieur. Spectacle de Saint-Cloud.
Spectacle de Marly. Diverses sortes d’afflictions et de sentiments. Caractère
de Monsieur. Trait de hauteur de Monsieur à M. le Duc. Visite curieuse
de Mme de Maintenon à Madame. Traitement prodigieux de M. le duc
de Chartres, qui prend le nom de duc d’Orléans. M. le Prince fait
pour sa vie premier prince du sang. Veuvage étrange de Madame; son
traitement. Obsèques de Monsieur. Ducs à l’eau bénite,
non les duchesses ni les princesses. Désordres des carrosses. Curieuse
anecdote sur la mort de Madame, première femme de Monsieur. p.
157
3. Chapitre X. Guerre
de fait en Italie. Ségur gouverneur du pays de Foix; son aventure
et celle de l’abbesse de la Joye. Ses enfants. Maréchal d’Estrées
gouverneur de Nantes, et lieutenant général et commandant
en Bretagne. Chamilly commandant à la Rochelle et pays voisins.
Briord conseiller d’État d’épée. Abbé de Soubise
sacré. Mariage de Vassé avec Mlle de Beringhen. Mariage de
Renel avec une soeur de Torcy. Mort du président Le Bailleul. Mort
de Bartillat. Mort du marquis de Rochefort. Mort de la duchesse douairière
de Ventadour. Armenonville et Rouillé directeurs des finances. Le
roi d’Espagne reçoit le colier de la Toison et l’envoie aux ducs
de Berry et d’Orléans, à qui le roi le donne. Marsin ambassadeur
en Espagne; son caractère et son extraction. Raison du duc d’Orléans
de désirer la Toison. Menées domestiques en Italie. Situation
de Chamillart. Mlle de Lislebonne et Mme d’Espinoy, et leur éclat
solide. Position de Vaudémont. Tessé et ses vues. Combat
de Carpi. Maréchal de Villeroy va en Italie; mot à lui du
maréchal de Duras. Le pape refuse l’hommage de Naples, et y reconnaît
et fait reconnaître Philippe V, où une révolte est
étouffée dès sa naissance. p. 184
3. Chapitre XI. Dangereuse
maladie de Mme la duchesse de Bourgogne. Malice du roi à M. de Lauzun.
Spectacle singulier chez Mme la duchesse de Bourgogne convalescente. Mort
de Saint-Herem; singularité de sa femme. Mort de la maréchale
de Luxembourg. Mort de Mme d’Épernon, carmélite. Mort du
marquis de Lavardin. Villars de retour de Vienne, et d’Avaux de Hollande.
Matignon gagne un grand procès contre un faussaire. Villeroy en
Italie. M. de Savoie à l’armée. Combat de Chiari. Étrange
mortification du maréchal de Villeroy par M. de Savoie. Villeroy
et Phélypeaux fort brouillés. Frauduleuse inaction en Flandre.
Castel Rodrigo ambassadeur à Turin pour le mariage, et grand écuyer
de la reine. San-Estevan del Puerto majordome-major de la reine. Choix,
fortune et caractère de la princesse des Ursins, camarera-mayor
de la reine. Mme des Ursins évite Turin. Légat a latere à
Nice vers la reine d’Espagne. Philippe V proclamé aux Indes, va
en Aragon et à Barcelone. Louville chef de la maison française
du roi d’Espagne et gentilhomme de sa chambre. La reine d’Espagne, charmante,
va par terre en Catalogne. Épouse de nouveau le roi à Figuères.
Scène fâcheuse. Ducs d’Arcos et de Baños à Paris,
puis en Flandre. p. 204
3. Chapitre XII. Digression
sur la dignité de grands d’Espagne et sa comparaison avec celle
de nos ducs. Son origine. Ricos-hombres, et leur multiplication. Idée
dès lors de trois sortes de classes. Leur part aux affaires et comment.
Parlent couverts au roi. Ferdinand et Isabelle dits les rois catholiques.
Philippe Ier ou le Beau. Flatterie des ricos-hombres sur leur couverture.
Affaiblissement de ce droit et de leur nombre. Première gradation.
Charles-Quint. Deuxième gradation: ricos-hombres abolis en tout.
Grands d’Espagne commencent et leur sont substitués. Grandeur de
la grandesse au dehors des États de Charles-Quint. Troisième
gradation: couverture et seconde classe de grands par Philippe II. Trois
espèces de grands et deux classes jusqu’alors. Quatrième
gradation: patentes d’érection et leur enregistrement de Philippe
III. Nulle ancienneté observée entre les grands, et leur
jalousie sur ce point et sa cause. Troisième classe de grands. Grands
à vie de première classe. Nul autre rang séculier
en Espagne en la moindre compétence avec ceux du pays. Seigneurs
couverts en une seule occasion sans être grands. Cinquième
gradation: certificat de couverture. Suspension de grandesse en la main
du roi. Exemples entre autres du duc de Médina Sidonia. Sixième
gradation: grandesses devenues amovibles et pour les deux dernières
classes en besoin de confirmation à chaque mutation. Grandesse ôtée
au marquis de Vasconcellos et à sa postérité. Septième
gradation: tributs pécuniaires pour la grandesse. Mystères
affectés des trois différentes classes p. 224
3. Chapitre XIII. Indifférence
pour les grands des titres de duc, marquis, ou comte. Titre de prince encore
plus indifférent. Succession aux grandesses. Majorasques. Étrange
chaos de noms et d’armes en Espagne et sa cause. Bâtards; leurs avantages
et leurs différences en Espagne. Récapitulation sur la grandesse.
Étrange coutume en faveur des juifs et des Maures baptisés.
Nulle marque de dignité aux armes, aux carrosses, aux maisons, que
le dais. Honneurs dits en France du Louvre. Distinction de quelques personnes
par-dessus les grands. Démission de grandesses inconnues en Espagne.
Exemples récents de grands étrangers expliqués. Successeurs
à grandesses ont rang et honneurs p. 244
3. Chapitre XIV. Cérémonie
de la couverture et ses différences pour les trois différentes
classes chez le roi d’Espagne, et son plan. La même cérémonie
chez la reine d’Espagne, et son plan. Tout ancien prétexte de galanterie
pour se couvrir aboli. Distinction de traits et d’attelages. Femmes et
belles-filles aînées de grands seules et diversement assises.
Séance à la comédie et au bal. Grands, leurs femmes,
fils aînés et belles-filles aînées expressément
et seuls invités à toute fête, plaisir et cérémonie,
et à quelques-unes les ambassadeurs p. 261
3. Chapitre XV. Séance
et cérémonie de tenir chapelle en Espagne. Cérémonie
de la Chandeleur et celle des Cendres. Banquillo du capitaine des gardes
en quartier. Raison pourquoi les capitaines des gardes sont toujours grands.
Places distinguées à toutes fêtes et cérémonies
pour les grands, leurs femmes, fils aînés et belles-filles
aînées. Parasol des grands aux processions en dehors où
le roi assiste et la reine. Cortès ou états généraux.
Traitement par écrit dans les églises, hors Madrid. Baptême
de l’infant don Philippe. Honneurs civils et militaires partout. Honneurs
à Rome. Rangs étrangers inconnus en Espagne. Égalité
chez tous les souverains non rois. Supériorité de M. le Prince
sur don Juan aux Pays-Bas, et son respect pour le roi fugitif d’Angleterre,
Charles II. Bâtards des rois d’Espagne. Grands nuls en toutes affaires.
Point de couronnement, nul habit de cérémonie, ni pour les
rois d’Espagne, ni pour les grands. Nulle préférence de rang
dans les ordres d’Espagne, ni dans celui de la Toison d’or. Grands acceptent
des emplois fort petits. Grandesses s’achètent quelquefois. Autre
récapitulation. Nul serment pour la grandesse. Grand nombre de grands
d’Espagne. Indifférence d’avoir une ou plusieurs grandesses p.
282
3. Chapitre XVI. Comparaison
des dignités des ducs de France et des grands d’Espagne. Comparaison
du fond des deux dignités dans tous les âges. Dignité
de grand d’Espagne ne peut être comparée à celle de
duc de France, beaucoup moins à celle de pair de France. Comparaison
de l’extérieur des dignités des ducs de France et des grands
d’Espagne. Spécieux avantages des grands d’Espagne. Désavantage
des grands d’Espagne jusque dans les droits de se couvrir. Abus des grandesses
françaises.
p. 304
3. Chapitre XVII. Mort
du roi Jacques II d’Angleterre. Le prince de Galles, son fils, reconnu
roi d’Angleterre par le roi, et par le roi d’Espagne et le pape. Visites
sur la mort du roi Jacques II. Voyage de Fontainebleau. Jacques III reconnu
par Philippe V; effet de ces reconnaissances: signature de la grande alliance
contre la France et l’Espagne. Mouvement à Naples. Vice-rois changés.
Louville à Fontainebleau pour le voyage du roi d’Espagne en Italie.
Étrange emportement de M. le Duc contre son ami le comte de Fiesque.
La Feuillade: son caractère; son mariage avec une fille de Chamillart.
Fagon taillé. Harcourt de retour d’Espagne. Méan doyen de
Liège, son frère et leurs papiers enlevés, et enfermés
à Namur. Mort de Bissy; sa prophétie sur son fils depuis
cardinal. Mort de M. de Montespan. Hardiesse de son fils. Duc de Montfort
capitaine des chevau-légers par la démission du duc de Chevreuse.
p.
328
3. Chapitre XVIII. Année 1702.
Bals
à la cour et comédies chez Mme de Maintenon et chez la princesse
de Conti. Longepierre. Mort de la duchesse de Sully. Mort étrange
de Lopineau. Mort et aventures de l’abbé de Vatteville. Mariage
de Viliars et de Mlle de Varangeville. Délibération sur le
voyage de Philippe V en Italie. Brillante situation d’Harcourt qui lui
fait espérer d’être ministre. Position brillante d’Harcourt
en Espagne. Son embarras entre les deux. Caractère d’Harcourt. Conférence
très singulière. Raison pour et contre le voyage. Harcourt
arrête la promotion des maréchaux de France. Son imprudence.
Il se perd auprès du roi d’Espagne et se ferme après le conseil.
Mme la duchesse de Bourgogne et Tessé. Le voyage résolu et
Louville dépêché au roi d’Espagne. p. 339
3. Chapitre XIX. Retour
de Catinat. Promotion d’officiers généraux. Ma réception
au parlement. Visites qui la précèdent; pièges que
j’y évite. Je quitte le service. Bagatelles qui caractérisent.
Bougeoir. Soupers de Trianon. Duc de Villeroy arrivé d’Italie. Journée
de Crémone. Situation de Crémone et qui y commandait. Maréchal
de Villeroy pris. Aventure de Montgon. Villeroy hautement protégé
du roi et traité en favori. Revel chevalier de l’ordre. Praslin
lieutenant général. p. 359
3. Chapitre XX. Harcourt
refuse l’armée d’Italie. Vendôme l’accepte et part. Grand
prieur refusé de servir. Feuquières refusé de servir;
son étrange caractère. Colandre colonel avec choix. La Feuillade
maréchal de camp tout à coup. Mme de Chambonas dame d’honneur
de la duchesse du Maine. Changement chez Madame. Maréchale de Clérembault.
Comtesse de Beuvron. Mort de Fouquet, évêque d’Agde. P. Camille
se fixe en Lorraine; son caractère. Sourdis. Mariage de sa fille
avec le fils de Saint-Pouange. Mariage du duc de Richelieu avec la marquise
de Noailles. Mort du bailli d’Auvergne. Médailles du roi. Jalousie
sur Louis XIII. Comte de Toulouse pour la mer avec le comte d’Estrées.
Mgr le duc de Bourgogne en Flandre avec le maréchal de Boufflers
et le marquis de Bedmar. Le maréchal d’Estrées en Bretagne.
Chamilly à la Rochelle, etc. Catinat sur le Rhin. Son sage et curieux
éclaircissement avec le roi et Chamillart. Jugement arbitral du
pape entre l’électeur palatin et Madame qui proteste. p. 379
3. Chapitre XXI. Mort
du roi Guillaume III d’Angleterre. Le roi ne prend point le deuil du roi
Guillaume, et défend aux parents de ce prince de le porter. Mariage
du frère de Chamillart. Époque d’un usage ridicule. Mort
de la marquise de Gesvres. Mort du comte Bagliani. Mort de Jean Bart et
de La Freselière; son caractère. Mort du marquis de Thianges.
États de Catalogne. Départ du roi d’Espagne pour l’Italie
et de la reine pour Madrid par l’Aragon. Comte d’Estrées grand d’Espagne.
Autres grâces de Philippe V. Cardinal Borgia et sa bulle d’Alexandre
VI. Philippe V à Naples. Cardinal Grimani. Louville à Rome
obtient un légat a latere vers Philippe V. Cardinal de Médicis.
Conspiration contre la personne de Philippe V. Entrevue de Philippe V et
de la cour de Toscane à Livourne, qui traite le grand-duc d’Altesse.
Entrevue de Philippe V et de la cour de Savoie à Alexandrie. Fauteuil
manqué. Philippe V à Milan. États d’Aragon. La reine
d’Espagne à Madrid. Junte. Comte de Toulouse va à la mer.
Mgr le duc de Bourgogne va en Flandre. Ruse en faveur du duc du Maine.
Honteux accompagnement de Mgr le duc de Bourgogne. Passage de Mgr le duc
de Bourgogne par Cambrai. Cent cinquante mille livres au maréchal
de Boufflers. Cinquante mille à Tessé. Bedmar fait grand
d’Espagne; son caractère; son extraction.
p. 394
3. Chapitre XXII. Kaiserswerth
assiégé. Déclaration de guerre de l’Angleterre et
de la Hollande. Marlborough, sa femme et leur fortune. Canonnade de Nimègue,
etc. Places perdues. Retour de Mgr le duc de Bourgogne et du duc du Maine.
Retour du comte de Toulouse. Varennes commandant de Metz, etc., enlevé,
rendu et déplacé. Blainville lieutenant général,
et Brancas, brigadier sortent de Kaiserswerth. Rouen soustrait à
la primatie de Lyon. Aubercourt et les jésuites condamnés.
Grand prieur veut rendre ses bénéfices, et va servir sous
Catinat avec vingt mille livres de pension. Cinq grands d’Espagne chevaliers
de l’ordre. Rude chute de M. de La Rochefoucauld à la chasse. M.
de Duras perd une prétention contre M. de Noailles. Époque
de mon intime liaison avec M. le duc d’Orléans. Avances inutiles
vers moi de M. et de Mme du Maine. Philippe V à Crémone.
Combat de Luzzara. Marquis de Créqui tué: son caractère.
Prince de Commercy fils tué. Autre conspiration découverte
à Naples. Descente inutile de dix mille Anglais dans l’île
de Léon, près Cadix. M. de Vendôme chevalier de la
Toison. Philippe V à Milan et à Gênes, suivi du cardinal
d’Estrées, donne l’Altesse au doge et fait couvrir quelques sénateurs,
à l’exemple de Charles-Quint. Abbé d’Estrées va en
Espagne. Maréchal de Villeroy libre. Marquis de Legañez vient
se purger de soupçon à Versailles. Amirante de Castille se
retire en Portugal. Cienfuegos, jésuite. Retour des galions [qui
sont] brûlés par les Anglais dans le port de Vigo, et quinze
vaisseaux français. La reine d’Espagne se fait garder à Madrid,
quoique sans exemple p. 416
NOTES.
I. Portraits du roi
Philippe V, de la reine Louise de Savoie et des principaux seigneurs du
conseil de Philippe V, tracés par le duc de Grammont, alors ambassadeur
en Espagne p. 439
II. Intendants; lieutenants
civils, criminel, de police; prévôt des marchands p. 442
III. Mort de Madame.
p.
448
QUATRIÈME VOLUME.
Chapitre I. Le roi
de Pologne défait par le roi de Suède qui y perd le duc d’Holstein-Gottorp,
son beau-frère. Landau investi par les Impériaux. Désertion
du prince d’Auvergne, pendu en Grève en effigie. Artifices inutiles
des Bouillon. Siège de Landau par le prince Louis de Bade, défendu
par Mélac, où le roi des Romains arrive et le prend. Électeur
de Bavière se déclare pour la France et l’Espagne. Mort du
comte de Soissons; son caractère et sa famille. Canaples et son
mariage avec Mlle de Vivonne. Mort du duc de Coislin; son caractère;
ses singularités. Duc de Coislin et Novion, premier président
du parlement, à une thèse. Novion premier président.
Mélac; sa récompense; son caractère; sa fin. Mort
de Petit, médecin de Monseigneur; Boudin en sa place. Maréchal
de Villeroy libre sans rançon. Madame à la comédie
publique p. 1
Chapitre II. Situation
de Catinat. Disposition de Villars. Bataille de Friedlingen. Villars fait
seul maréchal de France. Retour de Catinat et sa retraite. Caractère
de Villars. Mort de M. le maréchal de Lorges. Son éloge
p. 22
Chapitre III. Mort
de la duchesse de Gesvres. Trianon. Retour de Fontainebleau. Mort du comte
de Noailles. Succès des alliés en Flandre. Marlborough pris
et ignoramment relâché. Vendôme court la même
fortune. Prince d’Harcourt salue enfin le roi. Sa vie et son caractère,
et de sa femme. Retour brillant du maréchal de Villeroy après
une dure captivité; sa lourde et vaine méprise; est déclaré
général de l’armée en Flandre. Mort du chevalier de
Lorraine. Retour et opération du comte d’Estrées. Comte d’Albert,
Pertuis et Conflans sortent de prison. Charmois et du Héron chassés
de Ratisbonne et de Pologne. Catinat retiré ne sert plus. Mgr le
duc de Bourgogne entre dans tous les conseils. Ubilla assis au conseil.
Régiments des gardes espagnole et wallonne. Orry et sa fortune.
Marsin de retour. Dispute entre le chancelier et les évêques
pour le privilège de leurs ouvrages doctrinaux. Chamilly de retour
de Danemark; sa fâcheuse méprise; celle de d’Avaux. Mort du
cardinal Cantelmi; du duc d’Albemarle; de Champflour, évêque
de la Rochelle; de Brillac, premier président du parlement de Bretagne.
Mariage du duc de Lorges avec la troisième fille de Chamillart.
Mon intime liaison avec Chamillart, qui me demande instamment mon amitié
p. 49
Chapitre IV. Année 1703.
Marsin,
chevalier de l’ordre. Marlborough duc d’Angleterre, etc. Mariage de Marillac
avec une soeur du duc de Beauvilliers. Mariage du duc de Gesvres avec Mlle
de La Chénelaye. Rétablissement de M. le duc d’Orléans
dans l’ordre de succession à la couronne d’Espagne, où il
envoie l’abbé Dubois. Promotion de dix maréchaux de France;
leur fortune et leur caractère. Chamilly. Estrées. Châteaurenauld.
Vauban. Rosen. Huxelles. Tessé. Montrevel. Tallard. Harcourt
p. 75
Chapitre V. Comte
d’Évreux colonel général de la cavalerie; son caractère.
Mariage de Beaumanoir avec une fille du duc de Noailles. Généraux
des armées. Ridicules de Villars sur sa femme. Fanatiques; Montrevel
en Languedoc. Encouragements aux officiers. Gouvernement d’Aire à
Marsin, à vendre cent mille livres au maréchal de Villeroy.
Harcourt capitaine des gardes du corps. Électeur de Bavière
déclaré pour la France et l’Espagne. Kehl pris par Villars.
Générosité de Vauban. Barbezières pris déguisé,
sa ruse heureuse. Grand prieur en Italie sous son frère. Duc de
Guiche et Hautefeuille colonel général et mestre de camp
général des dragons. Comte de Verue commissaire général
de la cavalerie. Bachelier. Trois cent mille livres de brevet de retenue
à M. de La Rochefoucauld. Mort et héritage de la vieille
Toisy. Mme Guyon en liberté, mais exilée en Touraine. Procès
sur la coadjutorerie de Cluni, gagné par l’abbé d’Auvergne.
Vertamont plus que mortifié. Fanatiques; raison de ce nom. Bâville;
son caractère; sa puissance en Languedoc. Ressources secrètes
des fanatiques; triste situation du Languedoc. Bals à Marly p.
102
Chapitre VI. Honteux
délais de Villars de passer en Bavière; jaloux de sa femme,
refuse de la mener avec lui; joint enfin l’électeur. Mort de la
comtesse Dalmont à Saint-Germain. Mort du baron d’Hautefeuille,
ambassadeur de Naples. Mort de Bechameil; sa fortune et son caractère.
Prince d’Auvergne pendu en Grève en effigie. Défection du
duc Molez. Duc de Bourgogne déclaré pour l’armée sur
le Rhin, avec Tallard sous lui et Marsin près de lui. Duchesse de
Ventadour quitte Madame; ses vues. Duchesse de Brancas dame d’honneur de
Madame pour son pain; son caractère et ses malheurs. Mort de Félix:
Maréchal premier chirurgien du roi en sa place; son caractère.
Curieux fait d’un voyage de Maréchal à Port-Royal des Champs.
Comtesse de Grammont; son caractère; sa courte disgrâce; le
roi lui donne Pontali. Mort d’Aubigné. Aversion du roi pour le deuil.
Maladie du comte d’Ayen, singulièrement visité. Papiers du
P. Quesnel pris et lui arrêté, qui s’échappe. Disgrâce
de l’archevêque de Reims et son raccommodement. Mort de Gourville;
son mariage secret et sa sage disposition. Bonn rendu par d’Alègre.
Combat d’Eckeren. Toison d’or à Boufflers. Bedmar conseiller d’État
en Espagne. Trois cent mille livres de brevet de retenue, outre trois cent
mille autres, à Chamillart. Walstein, ambassadeur de l’empereur
en Portugal, prisonnier. Succès de mer p. 114
Chapitre VII. Cardinal
Bonzi; son extraction, son caractère, sa fortune, sa mort. Mort
du duc de La Ferté. P. de La Ferté jésuite. Maréchal
de Joyeuse gouverneur des Évêchés. Bailli de Noailles
ambassadeur de Malte. M. de Roye lieutenant général des galères.
Comte de Toulouse à Toulon. Duc de Bourgogne sur le Rhin. Villars
fait demander par l’électeur de Bavière d’être duc;
est refusé; remplit ses coffres. Villars échoue encore à
faire venir sa femme le trouver; se brouille avec l’électeur. Vues
et conduite pernicieuse de Villars. Projet insensé du Tyrol. Le
roi amusé par Vendôme. Legal bat à Minderkingen le
général Latour; est fait lieutenant général.
Triste succès du projet du Tyrol. Conduite de Vaudémont.
Duquesne brûle les magasins d’Aquilée. Naissance du duc de
Chartres; sa pension. Duc d’Orléans tire du roi plus d’un million
par an. Règlement sur l’artillerie. Trésor inutilement cherché
à Meudon. Président de Mesmes prévôt et grand
maître des cérémonies de l’ordre p. 133
Chapitre VIII. Digression
sur les charges de l’ordre. Grand aumônier; pourquoi sans preuves.
Amyot privé de sa charge de grand aumônier. Grands officiers
des grands ordres n’en portent point de marques comme ceux du Saint-Esprit.
Différence des grands officiers d’avec les chevaliers, et des grands
officiers entre eux, et de l’abus du titre de commandeurs; d’où
venus. Origine des honneurs du Louvre et de la singulière distinction
du chancelier de l’ordre. Distinction unique de l’archevêque de Rouen,
frère bâtard d’Henri IV. Vétérans de l’ordre
et leurs abus; comment introduits. Origine de la première fortune
solide de MM. de Villeroy. Râpés de l’ordre. Collier de l’ordre
aux armes des grands officiers. Abus des couronnes. Abus des grands officiers
de l’ordre représentés en statues sur leurs tombeaux avec
le collier et le manteau de l’ordre, sans nulle différence d’un
chevalier. Plaisante question d’une bonne femme. Méprise des Suédois
et leur instruction sur le cordon bleu de d’Avaux, nuisible à son
ambassade. p. 147
Chapitre IX. Siège
et prise de Brisach par Mgr le duc de Bourgogne, qui revient à la
cour. Le Portugal se joint aux alliés. Infidélité
du duc de Savoie. Changement entier en Espagne; vues de la princesse des
Ursins; routes qui la conduisent à régner en Espagne. Princesse
des Ursins s’empare de la reine d’Espagne. Caractère de la reine
d’Espagne. Princesse des Ursins gagne les deux rois. Caractère de
Philippe V. Junte ou despacho devenu ridicule. Discrédit des deux
cardinaux et leur conduite. Personnage d’Harcourt. Artifice de retraite
en Italie demandée par la princesse des Ursins. Louville écarté.
Aubigny; son énorme progrès et sa licence. Retraite des cardinaux.
Chute du despacho. Louville a ordre de revenir tout à fait. Abbé
d’Estrées ambassadeur de France. Princesse des Ursins règne
pleinement avec Orry sous elle et Aubigny par elle. Valouse et sa fortune.
La Roche à l’estampille. Peu de Français demeurent à
Madrid. Chute de Rivas. p. 164
Chapitre X. Desmarets
enfin présenté au roi. Voyage de Fontainebleau. Desmarets
directeur des finances, et Rouillé conseiller d’État surnuméraire.
Cour de Saint-Germain à Fontainebleau. Mort du duc de Lesdiguières;
son caractère. Canaples duc de Lesdiguières. Mort de Saint-Évremond;
sa disgrâce, sa cause. Barbezières relâché. L’archiduc
déclaré roi d’Espagne, sous le nom de Charles III, par l’empereur.
Prince Eugène président du conseil de guerre de l’empereur.
Ragotzi. Bataille d’Hochstedt gagnée sur les Impériaux. Grand
Seigneur déposé. Rupture avec le duc de Savoie; ses troupes
auxiliaires arrêtées et désarmées. Traitement
des ambassadeurs à Turin et en France. Usage de les faire garder
par un gentilhomme ordinaire. Phélypeaux. Tessé en Dauphiné.
Siège de Landau. Villars ouvertement brouillé avec l’électeur
de Bavière. Origine de l’intimité de Chamillart avec les
Matignon. Famille des Matignon. Coigny; son nom, sa fortune. Coigny refuse
de passer en Bavière et [perd] par là, sans le savoir, le
bâton de maréchal. Marsin passe en Bavière malgré
lui, et est fait maréchal de France. Retour en France de Villars
bien muni. Augsbourg pris par l’électeur. Armées du Danube
et de Flandre en quartiers d’hiver. Maréchal de Villeroy reste à
Bruxelles. Retour de Fontainebleau par Villeroy et Sceaux. Mme de Mailly
se fait préférer pour le carrosse aux dames titrées,
comme dame d’atours. Disgrâce, retour, faveur et élévation
de la marquise de Senecey. Duchesses ôtoient le service de la chemise
et de la sale à la dame d’honneur de la reine, et la préférence
du carrosse. Surintendante; invention et occasion de cette charge p.
181
Chapitre XI. L’archiduc
en Hollande, non reconnu du pape. Marcilly à Lyon, dégradé
à Vienne. Bataille de Spire gagnée sur les Impériaux.
Landau rendu à Tallard, qui met sont armée en quartiers d’hiver.
Tessé à Chambéry; conduite de Vaudémont; Tessé
destiné à commander son armée. Vendôme, refusé
du bâton, tente en vain de commander les maréchaux de France,
mais [il l’obtient pour] ses cadets de lieutenant général.
La Feuillade en Dauphiné. Retour du comte de Toulouse et du maréchal
de Coeuvres. Retour de Villars. Retour de Tallard. Retour du cardinal d’Estrées.
Retour de Rouillé; son caractère. Berwick général
en Espagne. Puységur y va; son caractère. Troupes françaises
en Espagne. Nouvelle junte en Espagne. Caractère de l’abbé
d’Estrées. Quatre compagnies et quatre capitaines des gardes du
corps en Espagne. Duc d’Albe; son extraction; son caractère; ambassade
en France. Sa première réception particulière et de
la duchesse sa femme. Étrange singularité du duc d’Albe,
père de l’ambassadeur p. 199
Chapitre XII. Mariage
du duc de Mortemart avec la fille du duc de Beauvilliers. Mariage du marquis
de Roye et de la fille de Ducasse. Fortune et caractère de Ducasse.
Mariage du duc de Saint-Pierre avec la soeur de Torcy, veuve de Rénel.
Prince de Rohan capitaine des gens d’armes de la garde. Mort de la duchesse
de Mantoue. Mort de La Rongère. Mort de Briord. Mort de Courtin;
ses emplois, son caractère. Curiosité sur le vêtement
des gens de plume et de robe. Mme de Varangeville. Étrange vol procuré
à Courtin par Fieubet. Caractère et retraite de Fieubet.
Dispute pour le décanat du conseil entre La Reynie et l’archevêque
de Reims, qui le gagne. Affaire de la quête. Colère du roi
contre les ducs, en particulier contre moi. Audience que j’eus du roi,
dont je sortis content. Raisons de m’être étendu sur l’affaire
de la quête. Effroi de l’empereur des mécontents. Fanatiques
soutenus par la Hollande et Genève. Rochegude arrêté.
p.
213
Chapitre XIII. Année 1704.
Duchesse
de Nemours rappelée. Mariage de Nangis et de Mlle de La Hoguette.
Mariage du vidame d’Amiens et de Mlle de Lavardin. Visite du roi, de la
reine et des filles de France, etc. ; époque de leur cessation.
Deuils d’enfants et leur cause. Messages ou envois. Réception d’un
valet de pied envoyé par le roi au duc de Montbazon. Comte d’Ayen
duc par démission de son père. Mort de Sainte-Mesme. Mort
du baron de Bressé. Mort de Mme de Boisdauphin. Mort de Termes et
sa cruelle aventure. Mort de l’infante de Portugal. Tessé en Italie;
sa bassesse. Petit combat en Italie. Conduite de Vendôme. Flatterie
artificieuse de Vaudémont. Autre action en Italie. Tessé
en Savoie. La Feuillade en Dauphiné, fait lieutenant général
seul. Grand prieur général d’armée. Le fils unique
de Vaudémont feld-maréchal des armées de l’empereur.
Maréchal de Villeroy et la marquise de Bedmar à Versailles.
Grande sévérité du conseil de guerre de Vienne. Progrès
des mécontents de Hongrie. Villeroy en Flandre. Baron Pallavicin.
Mariage du fils aîné de Tallard avec la fille unique de Verdun.
Tallard sur le Rhin; Coigny sur la Moselle. Deux cent mille livres d’augmentation
de brevet de retenue au maréchal de Boufflers sur sa charge, qui
ne sert point. Adoration de la croix ôtée aux ducs. Mort du
duc d’Aumont; sa dépouille. Mort du cardinal Norris. Mort de Mme
de Lyonne; ses enfants. Mort et deuil d’un fils de l’électeur de
Bavière. Duchesse de Ventadour gouvernante survivancière
des enfants de France. Maréchal de Châteaurenauld lieutenant
général de Bretagne. Walstein mis en liberté. Phélypeaux
et Vernon échangés. Mort d’Harlay, conseiller d’État.
Mort de Cohorn. Villars en Languedoc et Montrevel en Guyenne. On me fait
une opération pour une saignée. Chamillart m’avait raccommodé
avec le roi; Maréchal achève. Avidité mal reçue
du comte de Marsan. Mort du célèbre Bossuet, évêque
de Meaux, et du cardinal de Fürstemberg; leur dépouille. p.
235
Chapitre XIV. L’archiduc
par l’Angleterre à Lisbonne; mal secouru. L’amirante de Castille
tombé dans le mépris. Disgrâce de la princesse des
Ursins, rappelée d’Espagne avec ordre de se retirer droit en Italie;
détails raccourcis de son gouvernement. Motifs qui firent passer
Berwick en Espagne et Puységur. Négligence, impudence et
crime d’Orry. Joug étrange de la princesse des Ursins sur l’abbé
d’Estrées, et son plus que surprenant abus. Princesse des Ursins
intercepte et apostille de sa main une lettre de l’abbé d’Estrées
au roi. Abbé d’Estrées obtient son rappel. Abbé d’Estrées
commandeur de l’ordre sur l’exemple de l’abbé des Chastelliers;
quel était l’abbé des Chastelliers. Cardinal d’Estrées
abbé de Saint-Germain des Prés. Le roi d’Espagne à
la tête de son armée en Portugal. Princesse des Ursins chassée;
son courage; ses mesures. Son départ vers Bayonne. Duc de Grammont
ambassadeur en Espagne; son caractère. Son misérable mariage.
Duc de Grammont déclare son indigne mariage, et, par l’insensé
raffinement d’en vouloir faire sa cour, s’attire la colère du roi
et de Mme de Maintenon. Princesse des Ursins insiste sur la permission
d’aller à Versailles. Princesse des Ursins exilée à
Toulouse. Des Pennes, confident de Mme des Ursins, rappelé d’Espagne.
Orry rappelé d’Espagne. Folle prétention du connétable
de Castille. Conduite du duc de l’Infantado. Appointements du duc de Grammont.
Franchise des ambassadeurs; abus qui s’en fait à Venise par Charmont.
Plaintes de la république de Venise; Charmont protégé.
p.
266
Chapitre XV. Comte
de Toulouse et maréchal de Coeuvres s’embarquent à Brest.
Duc de Mantoue incognito à Paris; voit le roi à Versailles.
Trente mille livres de pension au cardinal Ottohon. Cinq cent mille livres
de brevet de retenue au duc de Beauvilliers. La Queue et sa femme, et leur
chétive fortune. Mort de l’abbé Boileau, le prédicateur.
Mort de Mélac. Mort de Rivaroles. Mort de la duchesse de Verneuil.
Mort de Grancey. Quatre cent mille livres de brevet de retenue à
La Vrillière. Troisvilles élu et refusé du roi pour
l’Académie; sa vie et son caractère. Villars voit Cavalier,
un des chefs des fanatiques; ses demandes; ce que devint cet aventurier.
Barbezières rendu à Casal. Manéges de MM. de Vendôme.
Mort du fils unique de Vaudémont. Mot du premier maréchal
de Villeroy sur les ministres. Complaisance de Tessé qui laisse
La Feuillade en chef en Savoie et en Dauphiné, qui devient général
d’armée, prend Suse et les vallées. Phélypeaux salue
le roi; sa conduite, son caractère; celui de son frère l’évêque
de Lodève; est fait conseiller d’État d’épée.
Le duc de Grammont voit en chemin la princesse des Ursins. Succès
du duc de Berwick. Comte d’Aguilar premier colonel du régiment des
gardes espagnoles. Mouvements des armées de Flandre et du Rhin.
Combat de Donawerth. Comte d’Arco commande nos lieutenants généraux
et obéit aux maréchaux de France. Bruges, puis Namur bombardés.
Verceil pris par le duc de Vendôme. Fanatiques secourus. Abbé
de La Bourlie et La Bourlie son frère; leur extraction et leur fin
misérable. Augicourt, personnage curieux; sa mort. Fortune de Vérac
et de Marillac; mort du premier. Harley secrétaire d’État
d’Angleterre. Le Blanc intendant d’Auvergne. Lesczinski élu roi
de Pologne; depuis beau-père du roi. Abbé de Caylus évêque
d’Auxerre. Castel dos Rios part pour le Pérou, où il meurt.
Comte d’Albret en Espagne, attaché à l’électeur de
Bavière. Abbé d’Estrées de retour. Rebours et Guyet
nouveaux intendants des finances. Mort et caractère de l’abbesse
de Fontevrault; sa nièce lui succède. p. 277
Chapitre XVI. Naissance
du premier duc de Bretagne. Progrès des mécontents. Mesures
des alliés pour la défense de l’Allemagne. Mouvements dans
nos armées. Première faute principale. Faute du maréchal
de Villeroy. Marche et dispositions des armées. Bataille d’Hochstedt.
Bon et sage avis de l’électeur méprisé. Électeur
de Bavière passe à Strasbourg, et par Metz à Bruxelles.
Obscurité et rareté des nouvelles d’Allemagne. Silly, prisonnier,
vient rendre compte au roi de la bataille d’Hochstedt. Digression sur Silly
et sa catastrophe. Fautes de la bataille d’Hochstedt. Cri public; consternation,
embarras; contraste des fêtes continuées pour la naissance
du duc de Bretagne. p. 301
Chapitre XVII. Marche
des alliés. Marlborough feld-maréchal général
des armées de l’empereur et de l’empire. Nos armées en Alsace.
Mort du duc de Montfort; son caractère. Sa charge donnée
à son frère. Mort, famille et dépouille du comte de
Verue. Entreprise manquée sur Cadix. Bataille navale gagnée
près de Malaga par le comte de Toulouse. Faute fatale malgré
le comte de Toulouse. Châteauneuf, ambassadeur en Portugal, arrivé
d’Espagne; son frère, leur fortune, leur caractère. Orry
arrivé à Paris en disgrâce et en péril. Aubigné
bien traité à Madrid. Berwick rappelé d’Espagne aux
instances de la reine; Tessé nommé pour lui succéder.
Intrigues du mariage du duc de Mantoue, qui refuse Mlle d’Enghien, est
refusé de la duchesse de Lesdiguières, et qui, contre le
désir du roi et sa propre volonté, épouse fort étrangement
Mlle d’Elboeuf, qu’il traite après fort mal.
p. 324
Chapitre XVIII. Tracy;
sa catastrophe; sa mort. Reineville retrouvé. Mort de Rigoville.
Mort et conversion de la comtesse d’Auvergne. Mort et caractère
du prince d’Espinoy. Assassinat, extraction, caractère de Vervins;
singularité de sa fin. Voyage de Fontainebleau par Sceaux. Maréchal
de Villeroy à la cour, puis à Bruxelles. Électeur
de Bavière à Bruxelles. Électeur de Cologne à
Lille. Petits exploits de La Feuillade. Anecdote curieuse. État
brillant de Mme la duchesse de Bourgogne. Nangis. Mme de La Vrillière.
Maulevrier et sa femme. Maulevrier va avec Tessé en Espagne, passe
par Toulouse, y voit la princesse des Ursins. Tessé grand d’Espagne
en arrivant à Madrid. Comte de Toulouse chevalier de la Toison d’Or.
Mort du prince de Moutauban; caractère de sa femme. Mort du fils
du comte de Grignan; mot impertinent de sa mère. Mort de Coigny.
Mort de M. de Duras; sa fortune et son caractère. Comédies,
bienséances. Ruse d’orgueil de M. de Soubise inutile. Régiment
des gardes arraché par ruse au maréchal de Boufflers pour
le duc de Guiche, et le maréchal fait capitaine des gardes du corps.
Duchesse de Guiche. Tallard gouverneur de la Franche-Comté; mot
salé de M. le duc d’Orléans. Quarante mille livres de pension
au fils enfant du prince de Conti. p. 345
Chapitre XIX. Siège
de Verue par le duc de Vendôme. Retour de Fontainebleau par Sceaux.
Rouillé sans caractère près l’électeur de Bavière;
son caractère et ses emplois. Progrès des mécontents.
- Ragotzi élu prince de Transylvanie. Des Alleurs. Subsides. La
Bavière en proie à l’empereur. Trèves et Traarbach
perdus. Marlborough en diverses cours d’Allemagne. Landau rendu au roi
des Romains; Laubanie, aveuglé dedans, récompensé.
Séparation des armées. Coigny, colonel général
des dragons. Abbé de Pomponne ambassadeur à Venise. Puysieux;
sa famille, son caractère. Son adresse le fait chevalier de l’ordre.
Comte de Toulouse, de retour, résolu de perdre Pontchartrain, est
arrêté par sa femme. Caractère de Pontchartrain. Suites
funestes à l’État. Mort de Caylus; caractère de sa
femme. Cercles. Berwick de retour d’Espagne. Mariage du marquis de Charost
et de Mlle Brûlart, depuis duchesse de Luynes et dame d’honneur de
la reine. Mort de Mme de Gamaches. Mort duc de Gesvres. Mort du président
Payen. Bouligneux et Wartigny tués devant Verue. Singularité
arrivée à des masques de cire. Mort de la duchesse d’Aiguillon;
son caractère. Marquis de Richelieu; explication de sa prétention
de succéder à la dignité d’Aiguillon, rejetée
par le roi. Denonville obtient permission de venir se justifier. Marlborough
passe en Angleterre avec Tallard et les principaux prisonniers. Villars
rappelé de Languedoc, où Berwick va commander. p. 370
Chapitre XX. Année 1705.
Maréchaux
de France subitement nommés chevaliers de l’ordre. Abus et suites
de cette promotion. Bon mot de M. de Lauzun. Catinat refuse l’ordre faute
de pouvoir prouver. Villars et sa naissance; fait du duc vérifié.
Remarques sur la cérémonie de l’ordre où les maréchaux
de France furent reçus. Harcourt et Bedmar reçus extraordinairement
chevaliers de l’ordre. Caractère de Bedmar; ses obligations au roi.
Action devant Verue. Combat naval et secours jeté dans Gibraltar.
Marlborough grandement reçu en Angleterre. Tallard et les principaux
prisonniers à Nottingham. Action légère en Italie.
Lautrec tué; son caractère. Conduite de Maulevrier à
Madrid, et sa faveur. Adresse étrange de la reine d’Espagne. Adresse
d’Harcourt et de Mme de Maintenon en faveur de Mme des Ursins. Permission
accordée à la princesse des Ursins de venir à la cour.
Réunion d’Harcourt au chancelier et à son fils, et d’eux
par lui à la princesse des Ursins. Politique de la princesse des
Ursins. Attente à la cour de la princesse des Ursins. Princesse
des Ursins à Paris. Princesse des Ursins à Versailles. p.
389
Chapitre XXI. Pension
du roi à Mme de Caylus, à condition de quitter le P. de La
Tour. Caractère de ce père. Mort de Pavillon. Brevets de
retenue à Livry et au comte d’Évreux. Duc de Tresmes reçu
à l’hôtel de ville. Mariage de Rupelmonde avec une fille d’Alègre.
Caractère et audace de Mme de Rupelmonde; extraction de son mari,
etc. Duc d’Aumont gagne contre le duc d’Elboeuf une affaire piquante. Petits
exploits de La Feuillade. Mort de l’électrice de Brandebourg. Mort
de Courtebonne. Filles de Saint-Cyr. Mariage de Mlle d’Osmont avec Avrincourt.
Mort de Tressan, évêque du Mans. Tracasserie entre Saint-Pierre
et Nancré pour les Suisses de M. le duc d’Orléans. Brevet
de retenue à Grignan. Mariage du chevalier de Grignan avec Mlle
d’Oraison. Mariage de Montal avec la soeur de Villacerf, et d’Épinay
avec une fille d’O. Rivas chassé; Mejorada en sa place. Ronquillo.
Dégoûts à Madrid du duc de Grammont, qui demande son
rappel et à la Toison. Triomphe éclatant et solide de la
princesse des Ursins, assurée de retourner en Espagne. Amitié
de la princesse des Ursins pour Mme de Saint-Simon et pour moi, et ses
bons offices. Duc et duchesse d’Albe à un bal à Marly; singularités.
Amelot ambassadeur en Espagne; son caractère. Orry retourne en Espagne.
Bourg, son caractère, ses aventures, sa chétive fortune.
Melford rappelé à Saint-Germain et déclaré
duc. Middleton se fait catholique. Mort de Mme du Plessis-Bellière.
Mort, caractère et fortune de Magalotti. Albergotti et son caractère.
Mort du duc de Choiseul, qui éteint son duché-pairie. Mort
du président de Maisons. Mort de Mlle de Beaufremont. Mort de Seissac.
Mort et deuil du duc Maximilien de Bavière. Mort de Beuvron. Mort
du petit duc de Bretagne; son deuil. Longue goutte du roi; son coucher
retranché au public pour toujours. Mort de Rubantel. Mort de Breteuil;
Armenonville conseiller d’État. Mort du fils unique d’Alègre.
Angervilliers intendant du Dauphiné et des armées. Bouchu;
son caractère; singularité de ses dernières années.
p.
415
NOTES.
I. Note rectificative
remise à M. le duc de Saint-Simon par M. de Chantérac pour
établir qu’Uranie de La Cropte-Beauvais était fille légitime
de La Cropte-Beauvais et de Charlotte Martel p. 441
II. Lettre du maréchal
de Villars au roi p. 442
III. Retour de la
princesse des Ursins en Espagne p. 445
Dépêche de Louis XIV au duc de Grammont
p. 445
Lettre du duc de Grammont au maréchal de Noailles
sur Mme des Ursins p. 446
CINQUIÈME VOLUME.
Chapitre I. Mariage
du comte d’Harcourt, et ses suites, avec Mlle de Montjeu; son extraction.
Gêne de la confession dans la famille royale. P. de La Rue confesseur
de Mme la duchesse de Bourgogne. Pontchartrain se raccommode avec le maréchal
de Coeuvres, et demeure brouillé avec d’O. Velleroy, Villars et
Marsin généraux des armées de Flandre, de la Moselle
et d’Alsace. Laparat envoyé à Verue. Communication de Verue
avec Crescentin coupée. Verue rendu à discrétion.
Prince Eugène en Italie. Siège de Turin projeté et
publié. Princesse des Ursins tentée de demeurer en France.
Se résout enfin de retourner en Espagne. Conduite, audace et succès
avortés de Maulevrier, rappelé en France, où il arrive.
Gibraltar secouru; ce siège levé. Renault, son caractère,
sa fortune. Rochefort, comment devenu port. Progrès du Ragotzi.
Princesse de Condé. Rabutin et sa fortune en Allemagne. Mort de
l’empereur Léopold, etc. Deuil tardif et abrégé pour
l’empereur. Duretés en Bavière; l’électrice à
Venise. Laparat prend la Mirandole. Vaubecourt, lieutenant général,
tué à une échaffourée en Italie; sa femme;
fatuité du maréchal de Villeroy p. 1
Chapitre II. Goutte
du roi empêche la cérémonie ordinaire de l’ordre de
la Pentecôte. Prisonniers échappés de Pierre-Encise.
Procès jugé devant le roi sur l’arrêt de la coadjutorerie
de Cluny rendu au grand conseil. Mort de l’abbé d’Hocquincourt.
Mort de Mme de Florensac. Mort de Mme de Grignan. Mariage de Sézanne
avec Mlle de Nesmond. Nouveau brevet de retenue à Torcy. Mort de
la duchesse de Coislin. Mort de Mme de Vauvineux; sa famille. Duc de Grammont
de retour. Amelot dans la junte. Mort de l’amirante en Portugal. Mort à
Madrid du marquis de Villafranca. Conspirations en Espagne; Legañez
arrêté et conduit au château Trompette, à Bordeaux.
Princesse des Ursins prend congé et diffère encore son départ
un mois. Noirmoutiers duc vérifié, et autres grâces
à la princesse des Ursins. Vie et caractère de Noirmoutiers.
Vie et caractère de l’abbé depuis cardinal de La Trémoille.
Prétention de la princesse des Ursins de draper en violet de son
mari, qui la brouille pour toujours avec le cardinal de Bouillon. Raison
pour laquelle les cardinaux ne drapent plus en France p. 19
Chapitre III. Belle
campagne de Villars. Roquelaure battu et culbuté dans nos lignes.
Belle action et récompense de Caraman. Reste de la campagne de Flandre.
Ambition, art et malignité de Lauzun. Dezzedes tué. Haguenau
pris par les Impériaux; Peri et Arling récompensés.
Siège de Chivas. Prince d’Elboeuf tué. Fascination du roi
sur MM. de Vendôme. Combat du Cassano. Mort de Praslin. Disgrâce
du grand prieur sans retour. La connétable Colonne près de
Paris. Archevêque d’Arles tancé pour son commerce à
Rome; ma liaison avec lui et avec le nonce depuis cardinal Gualterio. Fantaisie
des nonces sur la main, cessée depuis. Caractère de Gualterio.
La Feuillade achève le siège de Chivas. L’archiduc passe
par mer devant Barcelone et l’assiège. Fâcheux démêlé
entre Surville et La Barre; leur état et leur caractère.
Affaire du banquillo. Connétable de Castille majordome-mayor. Voyage
de Fontainebleau par Sceaux. Mariage de Bercy à une fille de Desmarets.
Mort, famille et caractère de Bournonville. Mort, caractère
et famille de Virville. Mort et caractère d’Usson. Comte de Toulouse
et maréchal de Coeuvres à Toulon, et reviennent tout court.
Comte de Toulouse achète Rambouillet à Armenonville, à
qui on donne la capitainerie de la Muette et du bois de Boulogne seulement
p. 33
Chapitre IV. Mort
de la première présidente Lamoignon; sa famille. Caractère
et fortune du premier président Lamoignon. Corruption des premiers
présidents successeurs de Bellièvre. Catastrophe singulière
de Fargues. Mort et singularités de Ninon, dite Mlle de L’Enclos.
Mort de Rossignol. Inquisition de ce prince. Mort du comte de Tonnerre.
La Feuillade proposé par le roi à Chamillart pour faire en
chef le siège de Turin. Gratitude et grandeur d’âme de Vauban.
Vendôme grand courtisan. Siège de Turin différé.
Darmstadt tué devant le mont Joui. Lerida et Tortose saisis par
les Catalans révoltés. Siège de Badajoz levé
par les ennemis. Barcelone rendu à l’archiduc. La garnison prisonnière
de guerre. Retour de Fontainebleau par Villeroy et Sceaux. Couronnement
de Stanislas en Pologne. Mort du fameux Tekeli. Prises de mer; Saint-Paul
tué. Cruelle méprise de La Feuillade. Augmentation des compagnies.
Nouveaux régiments. Force milice. Idées de nos ministres
bien différentes sur la paix. Aguilar à Paris; sa mission,
son caractère, sa fortune. Ordres d’Espagne devenus compatibles
avec ceux de la Toison et du Saint-Esprit. Ronquillo gouverneur du conseil
de Castille. Duc de Noailles en Roussillon. Mort des deux fils du duc de
Beauvilliers. Piété du père et de la mère.
Jésuites emportent la cure de Brest devant le roi. Retour de Marsin,
Villars et Villeroy. Surville à la Bastille. Roquelaure tâche
de se justifier au roi; sa femme. Mariage du fils aîné de
Tessé avec la fille de Bouchu, du duc de Duras avec Mlle de Bournonville,
de Listenois avec une fille de la comtesse de Mailly. Folies de la duchesse
du Maine. Duc de Berry délivré de ses gouverneurs. Montmélian
rendu par les ennemis. Aventure étrange de l’évêque
de Metz p. 56
Chapitre V. Mon procès
de Brissac. Deux fortes difficultés à succéder à
la dignité de Brissac. Cossé reçu duc et pair de Brissac.
État et reprise de mon procès de Brissac. Voyage à
Rouen. Singulière attention du roi. Intimité de tout temps
à jamais interrompue entre le duc d’Humières et moi. Ingratitude
de Brissac. Course à Marly. Service de La Vrillière. Je gagne
mon procès. M. et Mme d’Hocqueville. Fortunes nées de ce
procès. Anecdote sur l’abbé depuis cardinal de Polignac
p. 81
Chapitre VI. Année 1706.
Force
bals à Marly tout l’hiver, et à Versailles. Surville perd
le régiment du roi, donné à du Barail. Révolte
de Valence et sédition à Saragosse. Berwick prend Nice et
retourne à Montpellier. Bozelli décapité. Mort de
la princesse d’Isenghien Mort de Bellegarde;
histoire singulière. Mort de Ximénès. Je suis choisi,
sans y penser, pour l’ambassade de Rome, qui, par l’événement,
n’eut point lieu. Mort de la comtesse de La Marck. Ma situation à
la cour après ce choix pour Rome. La Trémoille cardinal avec
dix-neuf autres. Abbé de Polignac auditeur de rote p. 99
Chapitre VII. Mort
du cardinal de Coislin et sa dépouille. Trois cent mille livres
sur Lyon au maréchal de Villeroy; sa puissance à Lyon. Trois
cent mille livres de brevet de retenue au grand prévôt; chanson
facétieuse. Quatre cent mille livres de brevet de retenue au premier
écuyer. Grâces pécuniaires chez Mme de Maintenon. Exil
de du Charmel et ses singuliers ressorts. Piété de du Charmel
p. 114
Chapitre VIII. Duc
de Vendôme; ses moeurs; son caractère; sa conduite. Albéroni;
commencement de sa fortune. Voyage triomphant de Vendôme à
la cour. Patente de maréchal général offerte, et refusée
par Vendôme. Grand prieur; son caractère. Berwick, fait maréchal
de France à trente-cinq ans, retourne en Espagne. Roquelaure va
commander en Languedoc. Le comte de Toulouse et le maréchal de Coeuvres
à Toulon. Petits exploits du duc de Noailles. Tessé fait
asseoir sa belle-fille en dupant les deux rois. Mort de la reine douairière
d’Angleterre. Comte de Fervesham. Mort de Belesbat. Mort de Polastron.
Catastrophe de Saint-Adon. Querelle qui jette Mme de Barbezieux dans un
couvent. Mariage du comte de Rochechouard avec Mlle de Blainville. Mariage
du duc d’Uzès avec une fille de Bullion. Mariage du prince de Tarente
avec Mlle de La Fayette. Origine des distinctions de M. de La Trémoille.
Ducs de Bouillon et d’Albret raccommodés. Vingt mille livres de
pension pendant la guerre au comte d’Évreux. Victoire des Suédois
p. 131
Chapitre IX. Généraux
des armées. Du Bourg attaqué à Versailles. Joyeux;
son être; sa mort. Du Mont; sa famille; son caractère. Catastrophe
curieuse de Maulevrier. Départ de l’abbé de Polignac, etc.
Prince Emmanuel d’Elboeuf passe aux Impériaux et est pendu en effigie.
Langallerie, lieutenant général, puis Bonneval, brigadier,
passent aux ennemis et sont pendus en effigie. Vastes projets pour la campagne;
réflexions. Billet signé du roi à M. de Vendôme,
qui s’engage à faire recevoir l’ordre de lui et obéir par
un maréchal de France, en Italie seulement. Cardinal de Médicis
veut se marier de la main du roi; Mlle d’Armagnac le refuse. Villars, maître
de la Mutter et de la Lauter, prend Haguenau et délivre le fort
Louis. Le roi d’Espagne et Tessé devant Bercelone. Berwick faible
contre les Portugais. Chavagnac ravage les Anglais aux îles de l’Amérique
p. 147
Chapitre X. Électeurs
de Cologne et de Bavière au ban de l’empire. Siège de Turin
résolu, et La Feuillade, singulièrement confirmé à
le faire, arrive devant la place. Villeroy part avec ordre de combattre,
non avant, mais dès que Marsin l’aura joint. Pique de Villeroy,
qui n’attend point Marsin et choisit mal son terrain. Dispositions de Villeroy.
Bataille de Ramillies. Course de Chamillart en Flandre. Bonté du
roi pour Villeroy excessive. Folie plus excessive du Villeroy. Villeroy
rappelé; Vendôme choisi à sa place. M. le duc d’Orléans
en Italie. Disgrâce du maréchal de Villeroy p. 168
Chapitre XI. Comte
de Toulouse de retour à Versailles, et sa flotte à Toulon.
Levée du siège de Barcelone. Le roi d’Espagne gagne Pampelune
par le pays de Foix, puis Madrid. Tessé revient à la cour.
Duc de Noailles fait lieutenant général seul, et commande
en chef en Roussillon. La reine d’Espagne, etc., à Burgos. Le roi
d’Espagne joint Berwick de sa personne. Dispersion de sa cour. Ses ennemis
maîtres de Madrid. Tessé salue le roi. Vaset remet au roi
les pierreries du roi et de la reine d’Espagne. Zèle des évêques
d’Espagne et des peuples. Évêque de Murcie. Madrid au pouvoir
du roi d’Espagne, qui y rentre, et la reine. Les ennemis chassés
des Castilles. Comte d’Oropesa passe à l’archiduc. Patriarche des
Indes arrêté y passant avec le comte et la comtesse de Lémos.
Soulagement du palais. Contades fait major du régiment des gardes;
son extraction; son caractère. Cent cinquante mille livres à
M. de Soubise, et la nomination de son fils au cardinalat déclarée.
Mort du chevalier de Courcelles et sa parenté. Mort de Montchevreuil.
Mort de Bourlemont. Mort de Mlle de Foix. Mort de Brou, évêque
d’Amiens; son caractère. Mort de l’abbé Testu; son caractère;
personnage singulier. Mort de Rhodes; son caractère. Mort de la
mère du maréchal de Villars; son caractère. Mort de
Mme de Gacé. Mort de la princesse de Tingry. Mort de la duchesse
Max. de Bavière. Mort de Congis et sa dépouille. Mort de
Laubanie et sa dépouille. Mort de la duchesse de Montbazon; son
extraction; son caractère. Mort de Mme Polignac; son caractère;
ses aventures. Trait étrange du Bordage p. 184
Chapitre XII. Baguettes
du parlement baissées à Dijon chez M. le Prince. Baronnies
de Languedoc réelles, non personnelles. Deux cent mille livres de
brevet de retenue à Bullion. Cardinal de Janson arrivé de
Rome. Mariage de des Forts avec la fille de Bâville. Foucault cède
à son fils l’intendance de Caen. Fortune de l’abbé de La
Bourlie en Angleterre. Galanterie du roi à Marlborough. Verbaum
arrêté allant aux ennemis. Faux-sauniers. Orry à Paris;
ne retourne plus en Espagne; frise la corde de près; puis président
à mortier au parlement de Metz. La reine douairière d’Espagne
conduite de Tolède à Bayonne. Mort de Fontaine-Martel et
sa dépouille. Caractère, conduite, extraction et dégoût
de Saint-Pierre. Ma façon d’être avec M. le duc d’Orléans.
Mlle de Sery fait légitimer le fils qu’elle avait de M. le duc d’Orléans,
et se fait appeler Mme le comtesse d’Argenton par lettres patentes. Curiosités
sur l’avenir très singulières p. 198
Chapitre XIII. Marsin,
au refus de Villars, va commander l’armée d’Italie sous M. le duc
d’Orléans, qui part pour l’Italie. Mmes de Savoie, et incontinent
après M. de Savoie, sortis de Thrin défendu par le comte
de Thun. Folles courses de La Feuillade après le duc de Savoie.
Duc d’Orléans passe au siège dont il est peu content. Mauvaise
conduite de La Feuillade, fort haï. Duc d’Orléans joint Vendôme
et n’en peut rien tirer. Vendôme à Versailles. Vendôme
part pour Flandre, avec une lettre du roi, pour donner l’ordre et commander
à tous les maréchaux de France. Villeroy à Versailles
sans avoir vu Vendôme, et ne voit point Chamillart, avec qui il se
brouille, et tombe en disgrâce. Guiscard, sans lettre de service,
retiré chez lui; seul sans nouvelles lettres de service. Puységur
à Versailles et en Flandre. Traitement des ducs en pays étrangers.
Usurpation de rang de l’électeur de Bavière. Traitements
entre lui et M. de Vendôme. Villars, quoique affaibli, prend l’île
du Marquisat, où Streff est tué. Caraman assiégé
dans Ménin et le rend. Jolie action du chevalier du Rosel. Ath pris
par les ennemis. Séparation des armées en Flandre. Le roi,
amusé sur le voyage de Fontainebleau, ne le fait point cette année.
Kercado, maréchal de camp, tué. Talon, Polastron, Rose, colonels,
morts en Italie, et le prince de Maubec, colonel de cavalerie p. 212
Chapitre XIV. M. le
duc d’Orléans, sous la tutelle de Marsin, empêché par
lui d’arrêter le prince Eugène au Taner; chiffres. Armée
de M. le duc d’Orléans à Turin. Mauvais état du siège
et des lignes. Conduite pernicieuse de La Feuillade. M. le duc d’Orléans
empêché par Marsin de disputer la Doire, pois de sortir des
lignes et d’y combattre. Conseil de guerre déplorable. M. le duc
d’Orléans cesse de donner l’ordre et de se mêler de rien.
Cause secrète de ces contrastes. Dernier refus de Marsin. M. le
duc d’Orléans, à la prière des soldats, reprend le
commandement sur le point de la bataille. Étrange abusement de Marsin.
Triple désobéissance et opposition formelle de La Feuillade
à M. le duc d’Orléans. Bataille de Turin. Belle action de
Le Guerchois lâchement abandonné. M. le duc d’Orléans
veut faire retirer l’armée en Italie. Frémissement des officiers
généraux, qui, par leurs ruses, leur audace, leur désobéissance,
le forcent enfin à la retraite en France. Motif d’une si étrange
conduite. La nouvelle de la bataille portée au roi. Désordres
de la retraite sans aucuns ennemis. Chaîne des causes de désastre
devant Turin et de ses suites. Mort de Marsin prisonnier; son extraction,
son caractère. La Feuillade, de négligence ou de dessein,
prive M. le duc d’Orléans de la communication avec l’Italie par
Ivrée. Prises de la Feuillade avec Albergotti. Désespoir
feint ou vrai de La Feuillade. Origine de l’amitié de M. le duc
d’Orléans pour Besons, qui le demande. Besons le joint venant des
côtes de Normandie p. 228
Chapitre XV. Promptitude
incroyable avec laquelle j’apprends les malheurs devant Turin. Nancré
apporte le détail pour la bataille de Turin. Mort de Murcé
de ses blessures; fadaises sur lui par rapport à Mme de Maintenon.
Victoire de Médavy en Italie sur le prince de Hesse, depuis roi
de Suède. Médavy chevalier de l’ordre; autres récompenses.
Mme de Nancré et d’Argenton à Grenoble. On ne pense plus
à repasser en Italie, qui se perd. M. le duc d’Orléans à
Versailles. Ce qu’il pense de La Feuillade et ses officiers généraux.
La Feuillade perdu et rappelé. La Feuillade et le cardinal Le Camus.
La Feuillade salue le roi; très mal reçu. Électeur
de Cologne incognito à Paris et à Versailles. Mort de Saint-Pouange.
Chamillart grand trésorier de l’ordre. Mort de Mme de Barbezieux.
Mort de Boisfranc. Survivance de Maréchal à son fils; alarme
des survivanciers. Mme de La Chaise à Marly en absence de Mme la
duchesse de Bourgogne et de Madame. Dispute entre le duc de Tresmes et
M. de La Rochefoucauld pour le chapeau du roi. Piété de Mgr
le duc de Bourgogne. Le roi de Suède, victorieux en Saxe, y dicte
la paix au roi Auguste. Sa glorieuse situation et sa lourde faute. Patkul
et sa catastrophe. Stanislas reconnu roi par la France; mécontents
et leurs progrès. Mariage arrêté de l’archiduc avec
une princesse de Wolfenbuttel. Facilité des princes protestants
à se faire catholiques pour des avantages, et sa véritable
cause. Succès et séparation des armées en Espagne.
Secours d’argent à l’archiduc. Conférences refusées
par les alliés sur la paix. Villars et le duc de Noailles de retour.
Le roi entretient le prince de Rohan sur la bataille de Ramillies. Surville
et La Barre accommodés, le premier demeurant perdu. Mme le Châtillon;
sa famille, son caractère, sa conduite; quitte Madame et y demeure.
Mariage du fils de Livry avec une fille du feu prince Robert; grâces
du roi à cette occasion. M. de Beauvilliers cède son duché,
etc., à son frère, et le marie à la fille unique de
feu Besmaux. Conduite admirable de la duchesse de Beauvilliers. Bergheyck
à Versailles; son caractère et sa fortune. Vendôme
de retour. Grand prieur à Gênes. Ridicule de Mme de Maintenon
sur Courcillon p. 246
Chapitre XVI. Oublis.
Procès intentés par le prince de Guéméné
au duc de Rohan sur le nom et armes de Rohan. Matière de ce procès.
Cause ridicule de ce procès. Parti que le duc Rohan devait prendre.
Excuse du roi, en plein chapitre, des trois seuls ducs ayant l’âge,
non compris dans la promotion de 1688. Raisons de l’aversion du roi pour
le duc de Rohan. Raison secrète qui fait roidir le duc de Rohan
à soutenir ce procès. Éclat du procès. Conduite
de Mme de Soubise. qui le fait évoquer devant le roi. Conseil curieux
où le procès se juge. Le duc de Rohan gagne entièrement
son procès avec une acclamation publique. Licence des plaintes des
Rohan, qui les réduisent aux désaveux et aux excuses de Mgr
le duc de Bourgogne et au duc de Beauvilliers. Le roi sauve le prince de
Guéméné d’un hommage en personne au duc de Rohan;
qui l’accorde au roi par procureur pour cette fois. Branche de Gué
de L’Isle, ou du Poulduc, de la maison de Rohan, attaquée par Mme
Soubise, maintenue par arrêt contradictoire du parlement de Bretagne.
Persécution au P. Lobineau, bénédictin, et mutilation
de son Histoire de Bretagne p. 272
Chapitre XVII. Chambre
de l’Arsenal contre les faussaires. Maison de La Tour. Mlle de Limeuil.
Vicomte de Turenne La Tour, dit le maréchal de Bouillon. Sedan;
son état; ses seigneurs. Sedan acheté par Éverard
III de La Mark. Bouillon acquis par MM. de La Mark. Folle déclaration
de guerre du seigneur de Sedan, La Marck, à Charles-Quint. Sedan
mouvant de Mouzon. Rang personnel de duc obtenu par le maréchal
de Fleuranges La Marck, seigneur de Sedan et Bouillon. Son fils se donne
le premier le titre de prince de Sedan. Bouillon; son état; point
duché; mouvant de Liège, auparavant de Reims. M. de Bouillon,
seigneur de Bouillon plus que très précaire. Comte de Maulevrier,
oncle paternel de l’héritière, précède, sa
vie durant, le maréchal de Bouillon partout. Comte de Braine. Marquis
de Mauny. Seigneurs de Lumain. Comte de La Marck. Sommaire jusqu’à
MM. de La Tour. Maréchal de Bouillon La Tour; titres qu’il prend,
et ses deux infructueuses prétentions. Duc de Bouillon et son échange.
M. de Turenne. Change adroitement donné sur le titre de maréchal
ou de vicomte de Turenne. Vicomté de Turenne. Époque du changement
de style des secrétaires d’État et avec les secrétaires
d’État. Qualité de prince absolument refusée à
MM. de Bouillon, au contrat de mariage de M. d’Elboeuf avec Mlle de Bouillon.
Qualité de prince au tombeau de M. de Turenne défendue par
le roi; pourquoi point d’épitaphe ni de nom. Époque et raison
du mort Auvergne ajouté au nom de La Tour. Cartulaire de Brioude.
Histoire de la maison d’Auvergne, par Baluze. Le cardinal de Bouillon fait
faire le cartulaire et cette Histoire. De Bar arrêté pour
faussetés. Bouillon sollicitent pour de Bar. Aveu du duc de Bouillon
au roi pour arrêter l’affaire, et de l’abbé d’Auvergne aux
juges. De Bar, convaincu, s’avoue en plein tribunal fabricateur du cartulaire,
qui est déclaré faux, et lui faussaire. Cause et singularité
de la peine infligée à de Bar. Histoire de la maison d’Auvergne,
par Baluze, publiée aussitôt après p. 296
Chapitre XVIII. Année 1707.Retranchement
d’étrennes et de partie de la pension de Mme de Montespan. Mort
de Cauvisson; sa dépouille. Survivance de secrétaire d’État
au fils de Chamillart. Visites inusitées chez Chamillart. Bassesse
de du Bourg. Mort du roi de Portugal. Mort et famille du prince Louis de
Bade. Grandeurs de Marlborough. Entrevues étranges. Électeur
de Cologne sacré, etc. Naissance du second duc de Bretagne. Mort
de Saint-Hermine. Mort de Mme de Montgon. Mme de La Vallière dame
du palais. Mariage de Gondrin avec une fille du maréchal de Noailles.
Mort du comte de Grammont; son caractère. Mort de La Barre. Mort
de Mme de Frontenac; sa famille, etc. Mort de Mlle de Goello; sa famille.
Mort du chevalier de Gacé. Mines inutilement cherchées aux
Pyrénées. Retour et personnage de Mme de Caylus à
la cour. Union de l’Écosse avec l’Angleterre. Marquis de Brancas
et de Bay. Port-Mahon repris pour Philippe V. Envoi d’argent de Mexique
par le duc d’Albuquerque. Prise considérable en mer sur les Anglais
p. 327
Chapitre XIX. Duc
de Noailles capitaine des gardes, sur la démission de son père.
Puysieux conseiller d’État d’épée. Curiosités
sur Poissy et ses deux dernières abbesses. Mort de Roquette, évêque
d’Autun; son caractère. Bals à la cour; comédies à
Sceaux et à Clagny. Généraux d’armée: Tessé
en Italie battu par le parlement de Grenoble; Villars sur le Rhin; Vendôme
en Flandre; Berwick resté en Espagne sous M. le duc d’Orléans;
duc de Noailles en Roussillon. Mot étrangement plaisant du roi sur
Fontpertuis. Exclusion du duc de Villeroy de servir; curieuse anecdote.
Rage du maréchal de Villeroy; ses artifices. Mon éloignement
pour le maréchal de Villeroy. Faiblesse du roi pour le maréchal
de Villeroy et pour ses ministres. Cause intime de l’extrême haine
du maréchal de Villeroy pour Chamillart. Peu de sens du maréchal
de Villeroy p. 342
Chapitre XX. Accablement,
vapeurs, instances de Chamillart pour être soulagé. Sa manière
d’écrire au roi, et du roi à lui. Réponse étonnante.
Personnes assises et debout aux conseils. Impôts sur les baptêmes
et mariages; abandonnés par les désordres qu’ils causent.
Mort de du Chesne, premier médecin des enfants de France. Mariage
de Mezières avec Mlle Oglthorp; leur famille, leur fortune, leur
caractère. Livre du maréchal de Vauban sur le dîme
royale; livres de Boisguilbert sur la même matière. Mort du
premier et exil du second. Origine de l’impôt du dixième.
Mort du marquis de Lusignan; sa maison, sa famille, sa fortune, son caractère.
Mort de Pointis. Mort du chevalier d’Aubeterre. Comte d’Aubeterre, son
neveu; sa fortune, son caractère, leur extraction p. 358
Chapitre XXI. Beringhen,
premier écuyer, enlevé entre Paris et Versailles par un parti
ennemi, et rescous. Cherbert à la Bastille. Duc de Bouillon gagne
son procès contre son fils. Mariage du comte d’Évreux avec
la fille de Crosat. Harlay quitte la place de premier président.
Caractère d’Harlay. Quelques dîts du premier président
Harlay. Candidats pour la place de premier président, que je souhaite
au procureur général d’Aguesseau. Pelletier premier président.
Portail président à mortier. Courson avocat général.
Mot ridicule du premier président sur son fils. Mariage du duc d’Estrées
avec une fille du duc de Nevers. Mort du duc de Nevers; sa famille, sa
fortune, son caractère. Parvulo de Meudon p. 372
Chapitre XXII. Duc
d’Orléans a un fauteuil à Bayonne, et à Madrid le
traitement d’infant. Origine du fauteuil en Espagne pour les infants et
pour les cardinaux. Étranges abus nés des fauteuils de Bayonne
à M. le duc d’Orléans et à Mlle de Beaujolais. Origine
du traversement du parquet par les princes du sang. Époque où
les princesses du sang ont quitté les housses. Trait remarquable
de M. le prince à Bruxelles avec don Juan et le roi Charles II d’Angleterre.
Ses entreprises de distinction en France. Règlement contre le luxe
des armées peu exécuté. Bataille d’Almanza. Cilly
apporte la nouvelle de la victoire d’Almanza. Valouse à Marly, de
la part du roi d’Espagne. Bockley apporte le détail, et est fait
brigadier. M. le duc d’Orléans arrive à l’armée victorieuse.
Origine de l’estime et de l’amitié de M. le duc d’Orléans
pour le duc de Berwick. Leurs différents caractères militaires.
Grand et rare éloge du duc de Berwick par M. le duc d’Orléans.
Manquement fatal de toutes choses en Espagne. Siège de Lerida. La
ville prise d’assaut et punie par le pillage. Le château rendu par
capitulation. Joyeuse malice du roi sur Lerida à M. le Prince. Cilly
lieutenant général. Berwick grand d’Espagne avec les duchés
de Liria et de Xerica en don, une grâce, outre cela, sans exemple
en grandesse, et fait chevalier de la Toison d’or p. 394
Chapitre XXIII. Différence
du gouvernement de la Castille et de l’Aragon, l’un plus despotique que
la France, l’autre moins que l’Angleterre. Explication curieuse. Philippe
V abolit les lois et les privilèges de l’Aragon et de ses dépendances,
et les soumet aux lois et au gouvernement de Castille. Deux partis proposés
par Médavy pour les troupes restées avec lui en Italie, tous
deux bons, tous deux rejetés. Traité pour le libre retour
des troupes en abandonnant l’Italie. Duc de Mantoue, dépouillé
sans être averti, se retire précipitamment à Venise.
Contraste étrange de la fortune des alliés de Louis XIII
et de ceux de Louis XIV. Médavy à Marly; sa récompense.
Arrivée de Vaudémont à Paris et à la cour.
Chambre de la Ligue. Vaudémont et ses nièces; leur union,
leur intérêt, leur cabale, leur caractère, leur conduite.
Étrange découverte de Mme la duchesse de Bourgogne sur Mme
d’Espinoy. Mme de Soubise; son caractère; son industrie p. 412
NOTES.
I. Histoire et condamnation
de B. de Fargues p. 435
II. Opposition de
la noblesse aux honneurs accordés à quelques familles
p. 438
III. Évocations;
enregistrement; droit de remontrances p. 441
SIXIÈME VOLUME.
Chapitre I. Mot étrangement
marqué échappé à M. le Grand, dans la colère,
au jeu. M. et Mme du Maine; leur caractère et leur conduite. Comte
de Toulouse; son caractère. Succession femelle aux duchés
de Lorraine et de Bar. État, famille, figure, santé, fortune
et caractère de Vaudémont; ses prétentions et ses
artifices. Trahison de Colmenero. Deux cent quatre-vingt mille livres de
pension de France et d’Espagne à M. et à Mme de Vaudémont
en arrivant. Soixante mille livres de pension de l’empereur à la
duchesse de Mantoue, qui se retire en Suisse, puis dans un couvent à
Pont-à-Mousson. État de la seigneurie de Commercy. Vaudémont
obstinément refusé de l’ordre du Saint-Esprit. Cause de ce
refus. Mme de Vaudémont à Marly, et comment. Ses prétentions;
son embarras; son mécontentement; son caractère. Sa prompte
éclipse. Artifices et adroites entreprises de Vaudémont déconcertées;
sa conduite; ses ressources. Raison de s’être entendu sur ces tentatives.
Souplesse de Vaudémont. Commercy en souveraineté et Vic au
prince de Vaudémont, réversible au duc de Lorraine. M. de
Lorraine donne au prince de Vaudémont la préséance,
après ses enfants, au-dessus de toute la maison de Lorraine. L’un
et l’autre demeure inutile en France à Vaudémont. Vaudémont
abandonne enfin ses chimères, qui demeure brouillé sans retour
avec la maison de Lorraine. Prince Camille mal à son aise en Lorraine.
Scandale de la brillante figure de Vaudémont en France. Trahisons
continuées de Vaudémont et de ses nièces. Mesures
secrètes de M. de Lorraine. Courte réflexion. p. 1
Chapitre II. Procès
de Mme de Lussan, qui me brouille publiquement avec M. le Duc et Mme la
Duchesse. Fortune, mérite, mort du maréchal d’Estrées.
Vues terribles de Louvois. Mort de la marquise de La Vallière. Mort
de Mme de Montespan. Sa retraite et sa conduite depuis. Son caractère.
Politique des Noailles. Sentiments sur la mort de Mme de Montespan des
personnes intéressées. Caractère et conduite de d’Antin.
Avarice de d’Antin. Il supprime le testament de Mme de Montespan. p.
27
Chapitre III. Mort
de la duchesse de Nemours; sa famille. Branche de Nemours de la maison
de Savoie. Caractère de Mme de Nemours. Origine de l’ordre du Calvaire.
Prétendants à Neuchâtel. Droits des prétendants.
Conduite de la France sur Neuchâtel. Électeur de Brandebourg
prétend Neuchâtel, où son ministre veut précéder
le prince de Conti. Neuchâtel adjugé et livré à
l’électeur de Brandebourg. Mort, famille, fortune du cardinal d’Arquien.
Étonnante vérité. Rage de la reine de Pologne contre
la France, et sa cause. Mort de la duchesse de La Trémoille. Malheur
des familles. Caractère de la maréchale de Créqui.
Mort de Vaillac; son extraction; ses aventures. Archevêque de Bourges
singulièrement nommé au cardinalat par le roi Stanislas.
p.
56
Chapitre IV. Campagne
de Flandre. Paresse dangereuse de Vendôme. Belle campagne du Rhin.
Pillages et audace de Villars. Ragotzi proclamé prince de Transylvanie.
L’empereur humilié par le roi de Suède, qui passe en Russie.
Expéditions heureuses à la mer. Tempête fatale en Hollande.
Ravages de la Loire et leur cause. Expédition du duc de Savoie en
Provence et à Toulon. Conduite de l’évêque de Fréjus
avec le duc de Savoie. Digression curieuse sur ce prélat, devenu
cardinal et maître du royaume. Mesures pour la défense de
Toulon et de la Provence. Retraite de M. de Savoie de Provence. p. 79
Chapitre V. Scandaleux
éclat entre Chamillart et Pontchartrain à l’occasion de la
nouvelle de la retraite du duc de Savoie. Le fils de Tessé fait
maréchal de camp. Folie de Tessé et de Pontchartrain. M.
de Savoie prend Suse. Tessé de retour. Naissance du prince des Asturies.
Perte du royaume de Naples. Belle action de Villena, vice-roi indignement
traité par les Impériaux. Conspiration découverte
à Genève. Bains à Forges inutiles au moins. Service
de la communion du roi ôtée aux ducs avec les princes du sang.
Colère du roi sur Mme de Torcy. Femmes de la plus haute robe ne
mangent point avec les filles de France, et les servent. Princesses du
sang très rarement au grand couvert, et sans conséquence.
p.
98
Chapitre VI. Tonnerre
tue à la chasse le second fils d’Amelot. Duel de deux capitaines
aux gardes; Saint-Paul tué et Sérancourt cassé. Le
roi, allant à Fontainebleau, passe pour la première foi à
Petit-Bourg. Prodiges de courtisan. Mort de Sourdis. Son gouvernement d’Orléanais
à d’Antin. Quel était Bartet; sa mort. Conduite, fortune
et mort du cardinal Le Camus. Mort du comte d’Egmont, dernier de la maison
d’Egmont; son caractère et sa succession. Équipée
de la comtesse de Soissons. Retour de Fontainebleau par Petit-Bourg. Mort
de Revel; son mariage; maréchaux de Broglio. Mort de la maréchale
de Tourville. Faux-saulnage. Étrange sorte d’escroquerie de Listenois.
Cause de la brouillerie de Catinat et de Chamillart; le roi les réconcilie.
Bay; son extraction; est fait chevalier de la Toison d’or. Mort du comte
d’Auvergne; son caractère; sa dépouille. Dépit du
comte d’Évreux. Mariage du prince de Talmont, qui surprend un tabouret
de grâce. p. 116
Chapitre VII. Digression
sur la chimère de Naples; les trois maisons de Laval, et l’origine
et la nature des distinctions dont jouissent les ducs de La Trémoille.
Mort de Moreau; son caractère. Transcendant et singulier éloge
de la piété de Mgr le duc de Bourgogne. Mort de l’archevêque
de Rouen, Colbert; son caractère; sa dépouille. Époque
de la conservation du rang, et honneurs aux évêques-pairs
transférés en autres sièges. Mort de l’archevêque
d’Aix, Cosnac. Mort et caractère du chevalier de Lauzun. Mort de
Valsemé. Mort de Mme d’Armagnac; son caractère. Époque
de visiter en manteau et en mante les princes et princesses du sang pour
les deuils de famille. M. le Grand veut épouser Mme de Châteauthiers,
qui le refuse. Son caractère et sa fin. Mort de Vilette. Ducasse
et d’O lieutenants généraux des armées navales. D’O
et Pontchartrain raccommodés. Le roi s’entremet entre le duc de
Rohan et son fils. Caractère du prince de Léon. Chute d’un
plancher du premier président. Retour du duc de Noailles. Villars
à Strasbourg. Quatre cent mille livres de brevet de retenue au de
Tresmes. Retour de M. le duc d’Orléans. p. 131
Chapitre VIII. Année 1708.
Cent
cinquante mille livres de brevet de retenue à Chamillart. Deux cent
mille livres de brevet de retenue au maréchal de Tessé. Trois
mille livres de pension à Albéroni. Du Luc, évêque
de Marseille, passe à Aix. Rois et force bals à la cour.
Comédies de Mme du Maine. Duc de Villeroy capitaine des gardes sur
la démission de son père. Vaudémont souverain de Commercy,
etc. Mort du marquis de Thianges; son caractère. Courte digression
sur sa mère. Mariage de Seignelay et de Mlle de Fürstemberg.
Vilenie des serments chez le roi. Chamillart, fort languissant, songe à
se soulager et à marier son fils. Réflexions importantes
sur les choix. Mariage de Cani avec une fille de Mortemart. Mesures sur
la place des finances. Desmarets contrôleur général
des finances; ma conversation avec lui. Directeurs généraux
des finances abolis. Chute d’Armenonville. Poulletier intendant des finances.
Colère du conseil et du chancelier. Duchesse du Maine refuse de
signer après Mlle de Bourbon le contrat de mariage de Cani. Mort,
extraction et caractère du chevalier de Nogent. Mort de Langlée.
Mort du comte d’Oropesa. Mort, extraction, fortune et caractère
de Montbron; sa dépouille. Oran pris par les Maures. Mort de Tésut;
sa charge donnée à son frère par l’exclusion de l’abbé
Dubois. Caractère des deux frères. Caractère de Nancré,
exclu par le roi de suivre M. le duc d’Orléans en Espagne. Plaisante
exclusion et plus rare inclusion de Fontpertuis; son caractère.
p.
154
Chapitre IX. Projet
d’Écosse. Duc de Chevreuse ministre d’État incognito. Projet
de faire révolter les Pays-Bas espagnols. Soupçons injustes
de Chamillart éclaircis par Boufflers. Retour sincère de
Chamillart pour Bergheyck. Ignorance et opiniâtreté surprenantes
de Vendôme avec Bergheyck devant le roi. Principaux de la suite du
roi d’Angleterre en Écosse; leur état et leur caractère.
Middleton et sa femme; leur état, leur fortune, leur caractère.
Officiers généraux français de l’expédition.
Gacé désigné maréchal de France; son caractère.
Départ du roi d’Angleterre, que la rougeole arrête à
Dunkerque. Il met à la voile. Belle action du vieux lord Greffin.
Espions à Dunkerque. Le roi d’Angleterre battu d’une grande tempête.
Attente et désirs des Écossais. Le roi d’Angleterre, chassé
en mer et combattu par la flotte anglaise, déclare Gacé maréchal
de France et revient à Dunkerque. Gacé prend le nom de maréchal
de Matignon. Middleton et Forbin causes du retour, et très suspects.
Belle action du chevalier de La Tourouvre. Prisonniers sur le Salisbury
bien traités. Lévi lieutenant général. Grandeur
de courage de Greffin. Époque des noms de chevalier de Saint-Georges
et de Prétendant demeurés enfin au roi Jacques III. Entrevue
du roi et de la cour débarquée et revenue à Marly.
Sage conduite de la reine Anne et de ses alliés.
p. 183
Chapitre X. Mariage
de Béthune et d’une soeur du duc d’Harcourt; de Fervaques et de
Mlle de Bellefonds; de Gassion et d’une fille d’Armenonville; de Monasterol
et de la veuve de La Chétardie. Le chancelier de Pontchartrain refuse
un riche legs de Thevenin. Mort et substitution du vieux marquis de Mailly.
Mort de la duchesse d’Uzès. Retraite, caractère et traits
de Brissac, major des gardes du corps. Cardinal de Bouillon perd un procès
devant le roi contre les réformés de Cluni. Mariage et grandesse
de M. de Nevers d’aujourd’hui. Extraction et caractère de Jarzé,
qui succède à Puysieux en Suisse. Tentative d’un capitaine
de vaisseau, qui avait pris le nom et les armes de Rouvroy, d’être
reconnu de ma maison. Mme la duchesse de Bourgogne blessée. Mot
étrange du roi. Anecdote oubliée sur l’abbé de Polignac,
depuis cardinal. Voyage de Chamillart vers l’électeur de Bavière
en Flandres. Mgr le duc de Bourgogne secrètement destiné
à l’armée de Flandre, et le duc de Vendôme sous lui.
p.
201
Chapitre XI. L’électeur
de Bavière [destiné] au Rhin, et le duc de Berwick sous lui;
Villars au Dauphiné. Conversation curieuse avec le duc de Beauvilliers
sur la destination de Mgr le duc de Bourgogne. Déclaration des généraux
des armées. Grand prieur en France, avec défense d’approcher
de Paris et de la cour plus que quarante lieues. Maréchal de Matignon
sert sous le duc de Vendôme. Éclat et réflexion sur
cette nouveauté. Vendôme à Clichy. Son étrange
réception à Bergheyck; etc., que le roi lui envoie. Le roi
coupe plaisamment la bourse à Samuel Bernard. p. 220
Chapitre XII. Mort,
fortune et caractère de Mansart. Place des bâtiments fort
diminuée, et fort singulièrement donnée à d’Antin.
Mort; état et caractère de La Frette. Mort de Montgivrault;
son caractère, son état, et de son frère Le Haquais.
Mort de la jeune marquise de Bellefonds. Mort, naissance, conduite, famille
et caractère de la comtesse de Grammont. p. 241
Chapitre XIII. Éclat
entre Chamillart et Bagnols, qui en quitte l’intendance de Flandre et met
Chamillart en danger. Mariage de Courcillon avec la fille unique de Pompadour.
Leur caractère et leur situation. Mariage, état, caractère
de Lanjamet et de sa femme. Mariage de Louville avec la fille de Nointel,
conseiller d’État. Enlèvement de Mlle de Roquelaure par le
prince de Léon. Mariage du prince de Léon et de Mlle de Roquelaure.
p.
257
Chapitre XIV. Cardinal
de Bouillon à Rouen et à la Ferté. Sa vanité
et ses misères. Baluze publie son Histoire de la maison d’Auvergne,
fondée surtout sur le faux cartulaire de Brioude, dont le fabricateur
se tue dans la Bastille. Départ des princes pour l’armée
de Flandre. Duc de Bourgogne à Cambrai. Conduite du roi d’Angleterre,
incognito à l’armée de Flandre. Villars à la cour;
son dépit et sa morale. Hanovre, général des Impériaux
sur le Rhin. Orage sur la Moselle. Armée de Flandre de Mgr le duc
de Bourgogne. Duc d’Enghien nommé à seize ans chevalier de
l’ordre. Voyage de Fontainebleau par Petit-Bourg. État désespéré
de Mme de Pontchartrain; son mari résolu à la retraite. Mort
de Mme de Pontchartrain. Folies et faussetés de son mari. p.
277
Chapitre XV. Je vais
me promener vers la Loire. Mort de la duchesse de Châtillon. Mort
de Mme de Razilly. Mariage du fils du duc d’Aumont et de la fille de Guiscard.
Mariage du roi de Portugal avec une soeur de l’empereur, et de l’archiduc
avec une princesse de Brunswick-Blankembourg-Wolfenbüttel. Investiture
de Montferrat au duc de Savoie. Mort et deuil du duc de Mantoue. Pensions
à la duchesse de Mantoue. Indigence et négligence de l’Espagne.
Haine de M. le Duc et de Mme la Duchesse pour M. le duc d’Orléans,
et sa cause. Époque de la haine implacable de Mme des Ursins et
de Mme de Maintenon pour M. le duc d’Orléans. Petit succès
en Espagne. Siège et prise de Tortose. Perte de la Sardaigne. Perte
de Minorque et du Port-Mahon. Prince Eugène en Flandre. Projet sur
Bruxelles rejeté. Conspiration dans Luxembourg découverte.
Gand et Bruges surpris par les troupes du roi. L’électeur retourne
sur le Rhin, et le duc de Berwick amène une partie de l’armée
en Flandre. Paresse et funeste opiniâtreté du duc de Vendôme.
Combat d’Audenarde. Insolence de Vendôme à Mgr le duc de Bourgogne.
Parole énorme de Vendôme à Mgr le duc de Bourgogne.
Retraite derrière le canal de Bruges. Belle action du vidame d’Amiens,
et autre belle de Nangis. p. 297
Chapitre XVI. Lettres
au roi et autres. Biron à Fontainebleau. Propos singulier de Marlborough
à Biron sur le roi d’Angleterre. Audacieux mot à Biron du
prince Eugène sur la charge des Suisses qu’avait son père.
Situation de la cour rappelée. Conduite de la cabale de Vendôme.
Lettre d’Albéroni. Examen de la lettre d’Albéroni. p.
318
Chapitre XVII. Campistron
et sa lettre. Lettre du comte d’Évreux à Crosat; son caractère.
Grand sens de la duchesse de Bouillon et son adresse. Succès de
ces lettres. Mesures pour Mgr le duc de Bourgogne. Duchesse de Bourgogne.
Le roi impose à demi sur les lettres. Adresse des Bouillon. Vigueur
de la cabale de Vendôme. Chamillart conseille mal Mgr le duc de Bourgogne
pour tous deux. Époque de la haine pour Chamillart de Mme la duchesse
de Bourgogne. Singulière adresse du duc de Vendôme auprès
de Mme la duchesse de Bourgogne. p. 344
Chapitre XVIII. Intrigue
d’Harcourt pour le ministère. Mouvements sourds du maréchal
de Villeroy. Situation, vues et manéges de d’Antin. Caractère,
vues, manéges de Mme la Duchesse, et son éloignement de Mme
la duchesse de Bourgogne et de Mme la duchesse d’Orléans. Duchesse
de Villeroy intime de Mme la duchesse d’Orléans et fort en faveur
de Mme la duchesse de Bourgogne. Caractère de la duchesse de Villeroy
et ses chemins. Convenances de liaison entre Mme la duchesse de Bourgogne
et Mme la duchesse d’Orléans. Conduite de Mme la Duchesse à
l’égard de Mme la duchesse de Bourgogne. Embarras de d’Antin avec
Mme la Duchesse sur Mme la duchesse de Bourgogne. Il se conserve bien enfin
avec toutes deux. p. 357
Chapitre XIX. Décret
violent de l’empereur contre l’Italie. Projets de la réunir en ligue
contre lui. Prince de Conti désiré pour la Flandre, demandé
pour l’Italie. Ruse de Vaudémont au secours de Vendôme. Tessé
plénipotentiaire à Rome et en Italie; sa commission; son
départ. L’Artois sous contribution. Faute de Mgr le duc de Bourgogne.
Conduite de Vendôme. Boufflers entre dans Lille, et remet à
flot Surville et La Freselière. Cause de la disgrâce du dernier.
Troupes, etc., dans Lille. Le Rhin tranquille. Troupes mal choisies dans
Lille et autres fâcheux manquements. Dispositions de Boufflers. Sécurité
de Vendôme. Lille investi (12 août). Misérables flatteries.
Tranchée ouverte (22 août). Albéroni à Fontainebleau.
Retour par Petit-Bourg à Versailles. Opiniâtre lenteur de
Vendôme à s’ébranler. Jonction de l’armée du
duc de Berwick avec celle de Mgr le duc de Bourgogne. Berwick prend une
seule fois l’ordre du duc de Vendôme; se déporte de tout commandement.
Maréchal de Matignon s’en va malade et ne revient plus. Force de
l’armée après la jonction. L’armée à Tournai.
Dévotions mal interprétées. Divisions. Chemins pris
par l’armée. Camps des deux armées opposées. Inquiétude
de la cour. Flatteries misérables. Je parie contre Cani que Lille
sera pris sans combat et sans secours. Bruit étrange sur ce pari,
et sa suite. Position des deux armées. Fatale et artificieuse opiniâtreté
de Vendôme. Mensonge en plein de Pont-à-Mark. Mensonge en
plein de Mons-en-Puelle. p. 369
Chapitre XX. Chamillart
à l’armée. Aigreur hardie de M. le Duc. Vendôme et
Berwick replâtrés par Chamillart. Cononnade d’Entiers. L’armée
repasse l’Escaut. Chamillart de retour à Versailles. Divers mouvements
du roi. Indifférence de Monseigneur. Monseigneur entraîné
pour toujours contre Mgr le duc de Bourgogne. Audacieux et calomnieux fracas
contre Mgr le duc de Bourgogne. Mensonge en plein sur le P. Martineau.
Mensonges en plein sur Nimègue et Landau. Prévention du roi.
Déchaînement incroyable contre Mgr le duc de Bourgogne. Fautes
sur fautes de Vendôme. Mort et deuil d’un fils de quatre ans et demi
de M. du Maine. Misère de M. le Prince. Ducasse arrive avec les
galions. Exilles et Fenestrelle pris par le duc de Savoie. Éloge
du maréchal de Boufflers et ses soins à Lille. Grande défense
à Lille. Le chevalier de Luxembourg se jette avec secours dans Lille;
est fait lieutenant général. L’électeur de Bavière
à Compiègne, où Chamillart le va trouver. Bruxelles
tristement manqué par l’électeur de Bavière. Inondations
et mouvements contre les convois. La Motte chargé de s’opposer au
convoi. Sa protection; son caractère. Battu par le convoi de Winendal.
p.
394
Chapitre XXI. Menin
et Ath manqués par les Albergotti oncle et neveu. Vendôme,
pour fermer les convois, assiège Leffinghem; où le chevalier
de Croissy est près pour la troisième fois de la guerre.
État de Lille. Capitulation de Lille. Boufflers en rien subordonné
à Vendôme. Boufflers entre dans la citadelle de Lille. Leffinghem
pris l’épée à la main par les troupes de Vendôme.
Le duc de Beauvilliers m’arrête à la cour. Calomnies grossières
contre moi. Mort de Tréville; abrégé de lui. Mort
et caractère de Lyonne. Enfants de ministres emblent toutes les
charges de la cour. Jarzé remercié de l’ambassade de Suisse,
le comte du Luc y est nommé. Duc d’Enghien chevalier de l’ordre.
Mort en spectacle du maréchal de Noailles; son caractère
et celui de sa femme. Retour du duc de Noailles à la cour. Mort
de Saint-Mars, gouverneur de la Bastille; de Bernaville lui succède.
Mort et caractère de la maréchal de Villeroy. Mort et caractère
de la comtesse de Beuvron. Mort et caractère du comte de Marsan.
p.
415
Chapitre XXII. Victoires
du roi de Suède sur les Moscovites. Lewenhaupt défait par
le czar. Divers succès des mécontents, qui perdent les montagnes
de Hongrie. Estaing défait les miquelets en Catalogne. Succès
en Espagne qui terminent la campagne. Retour du maréchal de Villars
à la cour. Le pape sans secours, fort malmené par les troupes
impériales, est forcé à recevoir à Rome Prié,
plénipotentiaire de l’empereur. Intrigue de chapeaux à Rome.
L’abbé de Polignac obtient la nomination du roi d’Angleterre. Démêlé
de Fériol, ambassadeur de France à Constantinople. Mort,
naissance et caractère du comte de Fiesque. Mort, naissance et caractère
de Bréauté. Mort et caractère de l’abbé de
La Rochefoucauld. Mort de l’abbé de Châteauneuf. Mort et abrégé
de la comtesse de Soissons. Époque et suite de la charge de surintendante.
Mort d’Overkerke, général en chef des Hollandais. Desmarets
fait ministre d’État; marie sa fille au marquis de Béthune-Orval.
Mariage d’Armentières avec la fille de Mme de Jussac. Fortune de
lui et de ses frères. Retour de M. le duc d’Orléans à
la cour. Mariage de Tonnerre avec la fille de Blansac. Je suis averti à
la Ferté, par l’évêque de Chartres, qu’on m’a mis fort
mal auprès du roi. Je retourne bientôt après à
la cour. p. 432
NOTES.
I. La grande-duchesse
de Toscane.
p. 449
II. Bartet; son aventure
avec le duc de Candale; ses lettres à Mazarin. p. 449
III. Jarzé;
son aventure avec la reine Anne d’Autriche. p. 458
IV. Extraits des
papiers du duc de Noailles. p. 461
SEPTIÈME VOLUME.
Chapitre I. Chamillart
renvoyé en Flandre. Récompenses de la défense de Lille.
Retour de Chamillart à la cour. Tranchée ouverte devant la
citadelle de Lille (29 octobre). L’Artois désolé et délivré.
Chamillart juge des avis des généraux; sa partialité.
Audace de Vendôme. Berwick retourne de sa personne sur le Rhin, où
l’armée se sépare. Incroyable hardiesse de Vendôme.
Marlborough passe l’Escaut sans opposition. Mensonge prodigieux de Vendôme.
Fautes personnelles de Mgr le duc de Bourgogne, dont avantages pris contre
lui avec éclat. Belle mais difficile retraite de plusieurs détachements
de l’armée, où Hautefort se distingue sans combat, et Nangis
en combattant. Étrange ignorance du roi, à qui le duc de
La Trémoille apprend cette action à son dîner. Sousternon
perdu. Saint-Guillain perdu et repris par Hautefort et Albergotti. Position
des armées. État de la citadelle de Lille. Boufflers reçoit
un ordre de la main du roi de capituler. Ordre au prince de revenir, et
à Vendôme de séparer l’armée, et, malgré
ses adroites instances, de revenir aussi. p. 1
Chapitre II. Retour
des princes à la cour. Mécanique de chez Mme de Maintenon
et de son appartement. Réception du roi et de Monseigneur à
Mgr le duc de Bourgogne et à M. le duc de Berry, à qui ensuite
Mgr le duc de Bourgogne parle longtemps et bien. Apophtegmes peu discrets
de Gamaches. Citadelle de Lille rendue. Honneurs infinis faits au maréchal
de Boufflers. Retour et réception du duc de Vendôme à
la cour. Retour et réception triomphante du maréchal de Boufflers
à la cour; fait pair, etc. Extrême honneur que je reçois
de Mgr le duc de Bourgogne. Retour du duc de Berwick à la cour.
Beau projet de reprendre Lille. Boufflers renvoyé en Flandre. Tranchée
ouverte à Gand; La Mothe dedans. Soirée du roi singulière.
p.
11
Chapitre III. Année 1709.
La
Mothe rend Gand et est exilé. La Boulaye, gouverneur d’Exilles,
à
la Bastille, pour l’avoir rendu. La Junquière dégradé
et prisonnier pour avoir rendu le Port-Mahon. Mort de Mme de Villetaneuse.
Mort des deux neveux du maréchal de Boufflers. Mort du président
Molé. Mort, fortune et caractère de la maréchale de
La Mothe et de son mari. Mort de la duchesse d’Holstein; sa postérité
et ses prétentions. Mort du prince Georges de Danemark. Voyage oublié
du prince royal de Danemark en France, qui pensa perdre Broglio, qui lors
commandait en Languedoc, et est mort maréchal de France. Projet
de la reprise de Lille avorté. Froid extrême et ruineux. Vendôme
exclu de servir. Deux cent mille livres de brevet de retenue au duc d’Harcourt
sur sa charge de Normandie. Pensions de la duchesse de Ventadour. Grâces
pécuniaires à Mlle de Mailly. Accidents de La Châtre;
son caractère. Prié plénipotentiaire, puis ambassadeur
de l’empereur à Rome; sa fortune, son caractère. Embarras
et conduite de Tessé à Rome. Mort de Quiros; sa fortune;
sa défection. p. 29
Chapitre IV. Mort
et caractère du P. de La Chaise. Surprenant aveu du roi. Énorme
avis donné au roi par le P. de La Chaise. P. Tellier confesseur;
manière dont ce choix fut fait. Caractère du P. Tellier.
Pronostic de Fagon sur le P. Tellier. Avances du P. Tellier vers moi. Mort
de Mme d’Heudicourt; son caractère, et de son mari, et de son fils.
Mort du chevalier d’Elboeuf; d’où dit le Trembleur. M. d’Elboeuf
ne passe point la qualité de prince aux Bouillon, en son contrat
de mariage avec Mlle de Bouillon, en 1656. Mort du comte de Benavente.
Sa charge de sommelier du corps donnée au duc d’Albe. Fin et mort
de Mme de Soubise. Entreprise de M. de Soubise rendue vaine. p. 45
Chapitre V. Étrange
histoire du duc de Mortemart avec moi. Mort, maison, famille et caractère
de Mme de Maubuisson. Mort, emplois et caractère de d’Avaux. Étrange
et singulier motif de Louvois, qui causa la guerre de 1688. Mort et caractère
de Mme de Vivonne. Mort et caractère de Boisseuil. Retraite sainte
de Janson. p. 63
Chapitre VI. Mort
et caractère de M. le prince de Conti. Pensions à la princesse
et au prince de Conti. Deuil du roi et ses visites. Eau bénite du
prince de Conti. Friponnerie débitée sur moi, bien démentie.
Adresse trop orgueilleuse de M. le Duc, découverte et vaine. Entreprises
inutiles de M. le Duc, forcé d’avouer et de donner des fauteuils
aux ducs pareils au sien, au service du prince de Conti, où les
évêques n’en purent obtenir. p. 82
Chapitre VII. Rencontre
en même pensée fort singulière entre le duc de Chevreuse
et moi; origine des conseils mal imités à la mort de Louis
XIV. Péril secret du duc de Beauvilliers. Harcourt manque à
coup près d’entrer au conseil. Mort et deuil d’un enfant de l’électeur
de Bavière. Mariage du marquis de Nesle avec la fille du duc Mazarin.
Mariage du marquis d’Ancenis avec la fille de Georges d’Entragues. Retour
de Flandre du maréchal de Boufflers, hors d’état de servir.
Villars, sous Monseigneur, général en Flandre. Harcourt,
sous Mgr le duc de Bourgogne, général sur le Rhin. Berwick
en Dauphiné; le duc de Noailles en Roussillon; M. le duc d’Orléans
en Espagne. Les princes ne sortent point de la cour. Comte d’Évreux
ne sert plus, que Mme la duchesse de Bourgogne empêche de se rapprocher
de Mgr le duc de Bourgogne. Roucy admis, La Feuillade refusé de
suivre Monseigneur [comme] volontaires. Rouillé en Hollande. Caractère
de Rouillé. Conduite de Chamillart à l’égard des autres
ministres, dont il emblait le ministère. Il s’en désiste
à l’égard de Torcy, et en signe un écrit. Affaire
fort poussée entre Chamillart et Desmarets, dont le dernier eut
l’avantage. p. 98
Chapitre VIII. Hiver
terrible; effroyable misère. Cruel manége sur les blés.
Courage de Maréchal à parler au roi, inutile. Grande mortification
au parlement de Paris sur les blés, et pareillement au parlement
de Bourgogne. Étranges inventions perpétuées. Manége
des blés imité plus d’une fois depuis. Refonte et rehaussement
de la monnaie. Banqueroute de Samuel Bernard. Ma liaison intime avec le
maréchal de Boufflers. Sa réception au parlement. Belsunce
évêque de Marseille.
p. 121
Chapitre IX. Mort
de M. le Prince; son caractère. Mlle de Tours chassée de
chez Mme la princesse de Conti, fille de M. le Prince, par ordre du roi,
obtenu par le P. Tellier. Ducs et princes et leurs femmes font leurs visites
sur la mort de M. le Prince en manteaux et en mantes, par ordre du roi,
et l’exécutent d’une manière ridicule. Eau bénite
de M. le Prince. Époque de l’entrée des domestiques des princes
du sang dans le carrosse du roi. Suite de cette usurpation. Autre entreprise.
Autre nouveauté. Grand dégoût au duc de Bouillon. Le
corps de M. le Prince conduit à Valery par M. de Fréjus,
depuis cardinal de Fleury, et reçu par l’archevêque de Sens,
en présence de M. le Duc et de ses seuls domestiques. Service à
Notre-Dame en présence des cours supérieures. Ducs parents
invités. Cardinal de Noailles officiant, se retire à la sacristie
après l’évangile, parce que la parole fut adressée
à M. le Duc à l’oraison funèbre. Méchanceté
atroce de M. le Duc sur moi absent. Le roi ni les fils de France ne visitent
Mme la princesse de Conti ni Mme la Princesse qu’à Versailles. Progression
des biens de la maison de Condé. M. le Duc ne change point de nom.
p.
138
Chapitre X. Digression
sur les noms singuliers, leur origine, etc. : M. le Prince, M. le Comte,
M. le Duc. Succession dernière du comté de Soissons. Comte
de Toulouse. Extinction du nom tout court de M. le Prince. Chimère
avortée d’arrière-petit-fils de France. Extinctions du nom
de M. le Duc tout court. Enfants d’Henri II. Monsieur. Filles de France
de tout temps tout court Madame, et pourquoi. Mademoiselle. Brevet accordé
à Mlle de Charolais pour être appelée tout court Mademoiselle.
Monseigneur. Adroit et insensible établissement de l’usage de dire
Monseigneur aux princes du sang et bâtards, puis de ne plus dire
autrement parlant à eux. M. de Vendôme se fait appeler Monseigneur
à l’armée, et le maréchal de Montrevel en Guyenne.
Altesse simple, sérénissime. p. 159
Chapitre XI. Disgrâce
de M. de Vendôme. Éclat entre le duc de Vendôme et Puységur,
qui le perd radicalement auprès du roi. Affront reçu à
Marly, de Mme la duchesse de Bourgogne, par le duc de Vendôme. [Il]
est exclu de Marly. Vendôme exclu de Meudon. Vendôme refusé
d’aller en Espagne. Fortune, caractère et retraite du duc de La
Rochefoucauld. p. 177
Chapitre XII. Torcy
en Hollande. Cent cinquante mille livres de brevet de retenue à
La Vallière sur son gouvernement de Bourbonnais. Mariage du prince
de Lambesc avec Mlle de Duras. Digne et rare procédé de M.
le Grand. Mariage du marquis de Gesvres avec Mlle Mascrani. Mariage de
Montendre avec Mlle de Jarnac. Mariage de Donzi avec Mlle Spinola. Mariage
de Polignac avec Mlle de Mailly. Mort de Saumery; sa fortune; celle de
son fils; leur caractère. Fortune d’Avaray. Belle-Ile mestre de
camp général des dragons; sa fortune. Mort, famille, singularité
étonnante et deuil du prince de Carignan. Mort, caractère
et dépouille du duc de La Trémoille. Mort, fortune et caractère
de La Reynie et de son fils. Mort du duc de Brissac. Prince des Asturies
juré par les cortès ou états généraux
d’Espagne. Château d’Alicante rendu à Philippe V. Bataille
gagnée par les Espagnols contre les Portugais entièrement
défaits. Chamarande demandé et accordé à Toulon.
p.
196
Chapitre XIII. Villars
et ses fanfaronnades. Modeste habileté d’Harcourt. Chamillart ébranlé,
puis apparemment raffermi. Chamillart rudement attaqué. Sarcasme
d’Harcourt sur Chamillart. Conseil de guerre devant le roi fort orageux,
et l’unique de sa vie à la cour. Petits désordres à
Paris. Billets fous. Placards insolents. Procession de Sainte-Geneviève.
Harcourt bien pourvu à Strasbourg. Dangereuses audiences pour Chamillart.
Surville dans Tournai avec dix-huit bataillons. Manquement de tout en Flandre.
Retour de Hollande de Torcy. Princes ne vont point aux armées qu’ils
devaient commander. Besons maréchal de France. Duchesse de Grammont.
Vaisselles portées à l’orfèvre du roi et à
la monnaie. Le roi et la famille royale en vermeil et en argent; les princes
et les princesses du sang en faïence. Inondations de la Loire. Rouillé
de retour de Hollande. Les armées assemblées. Cardinal de
Bouillon rapproché à trente lieues. Superbe du roi. p.
212
Chapitre XIV. Fautes
de Chamillart à l’égard de Monseigneur. Énormes procédés
de Mlle de Lislebonne à l’égard de Chamillart. Vues et menées
de d’Antin contre Chamillart. Réunion contre Chamillart de Mme de
Maintenon avec Monseigneur et Mlle Choin, qui refuse pension, Versailles
et Marly. Bruits fâcheux sur Chamillart. Bon mot de Cavoye. Grands
sentiments et admirable réponse de Chamillart. Durs propos de Monseigneur
à Chamillart, qui achève de le perdre. Cusani, nonce du pape,
comble la mesure contre Chamillart. p. 228
Chapitre XV. Disgrâce
de Chamillart. Magnanimité de Chamillart. Caractère de Chamillart
et de sa famille. Voysin secrétaire d’État; sa femme; leur
fortune; leur caractère. Spectacle de l’Étang. Procédé
infâme de La Feuillade. Accueil du roi à Cani. Beau procédé
de Le Guerchois. p. 245
Chapitre XVI. Voysin
ministre. Voysin rudement réprimandé par le roi. Boufflers
évangéliste de Voysin. Chamillart poursuivi par Boufflers.
Louable mais grande faute de Chamillart. Chamillart chassé de Paris
par Mme de Maintenon. Raisons qui me persuadent la retraite. Trois espèces
de cabales à la cour: des seigneurs, des ministres, de Meudon. Crayon
de la cour. p. 262
Chapitre XVII. Blécourt
relève Amelot en Espagne, mais avec caractère d’envoyé.
Tournai investi, bien muni; Surville et Mesgrigny dedans. Affaire du rappel
des troupes d’Espagne. Éclat à Marly sur le rappel des troupes
d’Espagne. Boufflers aigri contre Chevreuse. Conversation sur les deux
cabales, et en particulier sur le maréchal de Boufflers, avec le
duc de Beauvilliers, puis avec le duc de Chevreuse, et ma situation entre
les cabales. p. 279
Chapitre XVIII. Affaire
d’Espagne de M. le duc d’Orléans. Flotte arrêté en
Espagne et Renaut aussi. Déchaînement contre M. le duc d’Orléans.
Villaroël et Manriquez, lieutenants généraux, arrêtés
en Espagne. Terrible orage contre M. le duc d’Orléans, à
qui on veut faire juridiquement le procès. Le chancelier m’oblige
à lui dire mon avis juridique sur le crime imputé à
M. le duc d’Orléans, en est frappé, et tout tombe là-dessus,
desseins et bruits incontinent après. Triste état du duc
d’Orléans après l’avortement de l’orage. p. 299
Chapitre XIX. Mérite
et capacité d’Amelot. Tous les ministres menacés. Singulière
consultation du chancelier et de la chancelière avec moi. Mesures
de retraite à la Ferté. Conversation particulière
et curieuse sur ma situation de Mme de Saint-Simon avec Mme la duchesse
de Bourgogne. Causes de l’éloignement du roi pour moi. Folle ambition
d’O et de sa femme qui me tourne à danger. Changements en Espagne.
Amelot, refusé d’une grandesse pour sa fille, arrive à Paris,
perdu.
p. 322
Chapitre XX. Cardinal
de Médicis rend son chapeau; épouse une Gonzague-Guastalla.
Mort de la duchesse de Créqui. Mort et caractère de Lamoignon,
président à mortier. Mort de Ricousse et de Villeras. Mort
du fils unique du duc d’Albe. Listenois chevalier de la Toison d’or. Changements
parmi les intendants. Mme de Mantoue à Vincennes; ses prétentions;
ses tentatives; voit le roi et Monseigneur en particulier; réduite
à l’état de simple particulière. Désordres
de cherté et de pain. Boufflers apaise deux tumultes et devient
dépositaire de l’autorité du roi à Paris. Sa rare
modestie. p. 337
Chapitre XXI. Campagne
d’Espagne. Faute de Besons, à qui le roi ne permet pas d’accepter
la Toison. Campagne de Roussillon. Campagne de Savoie. Campagne de Flandre.
Artagnan s’empare de Warneton. Tournai assiégé, Surville
dedans. La ville rendue. Voyage bizarre de Ravignan à la cour. Citadelle
de Tournai rendue; la garnison prisonnière. Mesgrigny se donne aux
ennemis et en conserve le gouvernement. Surville perdu pour toujours. Calomnie
sur Chamillart. Digne conduite de Beauvau, évêque de Tournai.
Boufflers s’offre d’aller seconder Villars sans commandement; remercié,
puis accepté. Conduite des deux maréchaux ensemble. Roi Jacques
d’Angleterre. Mons fort mal pourvu. Électeur de Bavière à
Compiègne. Campagne d’Allemagne. Projet sur la Franche-Comté.
Conspiration dans cette province découverte. Mercy défait
par du Bourg; sa cassette, etc., prise. Du Bourg chevalier de l’ordre.
Cassette de Mercy. Voyage plus que suspect de Vaudémont et de Mlle
de Lislebonne. Procédures, etc., et suites. Courte réflexion
sur la conduite de nos rois et de la maison de Lorraine. Pièce importante
de la cassette de Mercy. p. 353
Chapitre XXII. Reprise
de la campagne de Flandre. Artificieux colloque des ennemis. Bataille de
Malplaquet. Fautes et inutilité de la bataille. Belle retraite du
maréchal de Boufflers, fort inférieure à celle d’Altenhein.
Mons assiégé. Misère de l’armée française.
Lettres pitoyables de Boufflers. Nangis dépêché au
roi. Villars pair. Harcourt pair. Artagnan maréchal de France. Famille,
fortune et caractère d’Artagnan. Artagnan prend le nom de sa maison.
Féroce éclat de M. le Duc. Dégoûts et chute
du maréchal de Boufflers. Défaite et ruine du roi de Suède
par le czar à Pultava.
p. 372
Chapitre XXIII. Électeur
de Bavière à Paris, incognito, voit le roi et Monseigneur.
Ses prétentions de rang surprenantes. Dire l’électeur au
lieu de M. l’électeur. Courte réflexion. Mort du cardinal
Portocarrero; son humble sépulture. Mort, fortune et caractère
de Godet, évêque de Chartres. M. de Chartres se choisit un
successeur; son caractère et sa vertu. Bissy, évêque
de Meaux, et La Chétardie, curé de Saint-Sulpice, succédent
à M. de Chartres auprès de Mme de Maintenon. Caractère
de La Chétardie. Mort de Crécy, frère de Verjus; son
caractère. Mort, naissance et caractère de Marivaux. Mort
et caractère de Mme de Moussy. Naissance de son mari. Mort de la
duchesse de Luxembourg. Disputes sur la grâce. Jésuites..
Molinisme. Jansénisme. Congrégation fameuse de Auxiliis.
Port-Royal. Formulaire. Affaire des quatre évêques. Paix de
Clément IX. Casuistes. Lettres provinciales. Disputes sur les pratiques
idolâtriques des Indes et les cérémonies de la Chine.
Beau jeu du P. Tellier. Bulle Vineam Domini Sabaoth. Projet du P. Tellier.
Port-Royal des Champs refuse de souscrire à l’acceptation de la
bulle Vineam Domini Sabaoth, sans explication. Port-Royal des Champs privé
des sacrements. Port-Royal des Champs innocent à Rome, criminel
à Paris. Destruction militaire de Port-Royal des Champs. Cardinal
de Noailles sans repos depuis cette époque jusqu’à sa mort.
p.
396
Chapitre XXIV. Chamillart
et ses filles à la Ferté. Chamillart achète Courcelles,
où je mène la duchesse de Lorges. Voyage à la Flèche:
aventure. Étrange sermon de la Toussaint. Résolution et raisons
de retraite. Retour à Paris. Sage piège dressé à
Pontchartrain. Triste situation de M. le duc d’Orléans. Passage
à Versailles, où le chancelier me force d’accepter une chambre
chez lui au château. Concours et conspirations d’amis. Bontés
et désirs de Mgr le [duc] et de Mme la duchesse de Bourgogne sur
Mme de Saint-Simon pour succéder à la duchesse du Lude. Parti
que je prends seul, et ses motifs, de faire demander par Maréchal
une audience au roi. Maréchale de Villars; son accortise. Visite
du roi du maréchal, puis à la maréchale de Villars.
Contre-temps de Vendôme. Je me propose de faire rompre M. le duc
d’Orléans avec Mme d’Argenton, et au maréchal de Besons de
m’y aider. Caractère de Besons. Maréchal m’obtient une audience
du roi. p. 423
NOTES.
I. Cardinal de La
Rochefoucauld.
p. 447
II. Origine du marquis
de Saumery.
p. 448
III. État
de l’Espagne en 1709. p. 449
IV. Mémoire
pour le marquis de Blécourt, envoyé extraordinaire du roi
en Espagne. p. 453
V. Arrestation de
Flotte et de Renaut. p. 458
VI. Procession de
la châsse de sainte Geneviève. p. 460
HUITIÈME VOLUME.
Chapitre I. Année 1710.
Première
conversation tête à tête avec M. le duc d’Orléans,
à qui je propose de rompre avec Mme d’Argenton. Cérémonial
du premier jour de l’an des fils et des petits-fils de France. Continuation
de la même conversation. J’écris à Besons sur le bureau
du chancelier, à qui cela m’oblige de faire confidence du projet,
et qui l’approuve. Concert pris entre Besons et moi. Deuxième conversation
avec M. le duc d’Orléans, le maréchal de Besons en tiers.
p.
1
Chapitre II. Troisième
conversation avec M. le duc d’Orléans, le maréchal de Besons
en tiers. Duc d’Orléans fait demander à Mme de Maintenon
à la voir. Propos tête à tête entre Besons et
moi. Singularité surprenante qui m’engage à un serment, puis
à une étrange confidence. Rupture de M. le duc d’Orléans
avec Mme d’Argenton. Colloques entre Besons et moi. Dons de M. le duc d’Orléans
à Mme d’Argenton en la quittant. Surprise et propos de la duchesse
de Villeroy avec moi. p. 25
Chapitre III. Le roi
me donne l’heure de mon audience. Besons, mandé par Mme la duchesse
d’Orléans, me fait de sa part ses premiers remercîments. Mesures
pour apprendre la rupture à Mme d’Argenton. Naissance, fortune et
caractère de Mlle de Chausseraye. Audience que j’eus du roi. Succès
de mon audience. Mme d’Argenton apprend que M. le duc d’Orléans
la quitte. Vacarme à la cour et dans le monde à l’occasion
de la rupture. Joie du roi de la rupture, avec qui M. le duc d’Orléans
se rétablit, point avec Monseigneur. Je passe pour avoir fait la
rupture, et, par une aventure singulière, je suis pleinement révélé.
Liaison intime entre Mme la duchesse d’Orléans et moi. Ma première
conversation avec elle. Politique du duc de Noailles, difficile à
ramener à M. le duc d’Orléans. Nancré; son caractère.
p.
55
Chapitre IV. Manége
de Mme de Maintenon auprès du roi. Mesures pour faire le maréchal
de Besons gouverneur de M. le duc de Chartres avortées. Inquisition
des jésuites. Division éclatante dans la famille de M. le
Prince sur le testament, qui est porté en justice. Enrôlement
forcé de M. le Duc. Le roi défend aux enfants de M. le Prince
tout accompagnement au palais. Efforts de Mme la duchesse d’Orléans
pour me lier avec M. le duc du Maine. Situation de Mme de Saint-Simon,
de la duchesse de Lauzun et de moi, avec M. [le duc] et Mme la duchesse
du Maine. Étrange aventure qui brouille Mme du Maine avec la duchesse
de Lauzun, et ses suites. Mariage du jeune duc de Brancas avec Mlle de
Moras. Point d’étrennes au roi ni du roi cette année. p.
78
Chapitre V. Spectacle
des maréchaux de Boufflers, Harcourt et Villars. Éclat du
maréchal de Boufflers sur les lettres de pairie de Villars. Villars
fait défendre à Harcourt de se faire recevoir pair avant
lui. Harcourt tombe en apoplexie légère et va aux eaux. Ambition,
manéges, maladie du maréchal d’Huxelles. Du Bourg fait commandant
d’Alsace. Retour de Rome de l’abbé de Polignac. Secret étrange
et curieux aveu sur lui du duc de Beauvilliers à moi. Maréchal
d’Huxelles et abbé de Polignac plénipotentiaires pour la
paix à Gertruydemberg. Fausseté du maréchal. Indécence
basse sur le maréchal d’Huxelles, plus grande sur l’abbé
de Polignac. Protecteurs des couronnes; explication de ce nom superbe.
Cardinal Ottoboni fait peu à propos protecteur de France; ce qui
fait rompre Venise avec le roi. Retour de l’abbé de Pomponne. Caractère
d’Ottoboni. Imposture des Chavignard, dits Chavigny, et ce qu’ils sont
devenus. Naissance du roi Louis XV. Mariage du duc de Luynes avec Mlle
de Neuchâtel. Mariage du duc de Louvigny avec la fille unique du
duc d’Humières. Mariage de Broglio avec une fille de Voysin. Mariage
de Gacé avec la fille du maréchal de Châteaurenauld;
et a le gouvernement de son père, sur sa démission. Le duc
de Beauvilliers donne sa charge de premier gentilhomme de la chambre au
duc de Mortemart, son gendre. p. 96
Chapitre VI. Bouffonneries
de Courcillon, à qui on recoupe la cuisse. Mort de la duchesse de
Foix. Mort de Fléchier, évêque de Nîmes. Mort,
caractère et testament de l’archevêque de Reims Le Tellier.
Cardinal de Noailles proviseur de Sorbonne. Mort de Vassé. Mort
de Mme de Lassai. Mort de Mme Vaubecourt. Mort de l’abbé de Grand-pré;
son sobriquet étrange. Mort de M. le Duc. Conduite de Mme la Duchesse.
Étrange contre-temps arrivé à M. le comte de Toulouse.
Nom et dépouille entière de M. le Duc donnés à
M. son fils. D’Antin chargé du détail de ses charges, puis
de ses biens et de sa conduite. Saintrailles et son caractère. Caractère
de M. le Duc. Orgueil extrême de Mme la duchesse d’Orléans;
sa prétention de préséance pour ses filles sur les
femmes des princes du sang. Mesures sur cette dispute, et sa véritable
cause. Adroite prétention de la duchesse du Maine de précéder
ses nièces comme tante. Jugement du roi entre les princesses du
sang mariées et filles en faveur des premières, où
il fait d’autres décisions concernant son sang. Mécanique
des après-soupées du roi. Le roi déclare son jugement
aux parties, puis au conseil, et ne le rend public que quelques jours après,
sans le revêtir d’aucunes formes. Brevet de conservation de rang
de princesse du sang, fille, à la duchesse du Maine. p. 114
Chapitre VII. Premiers
pas directs pour le mariage de Mademoiselle avec M. le duc de Berry. Désespoir
et opiniâtreté de Mme la duchesse d’Orléans, du jugement
du rang entre les princesses du sang, femmes et filles. Obsèques
de M. le Duc. Réformations où d’Antin pousse Livry, premier
maître d’hôtel, sauvé avec hauteur par le duc de Beauvilliers.
Pension de quatre-vingt-dix mille livres à Mme la duchesse. Visites
en cérémonie. Ma conduite avec Mme la Duchesse. Rang pareil
à celui de M. du Maine donné sans forme à ses enfants.
Scène très singulière de la déclaration du
rang des enfants du duc du Maine, le soir, dans le cabinet du roi. Les
deux frères bâtards, comment ensemble. Triste accueil public
à ce rang. Ma conduite sur ce rang. Conduite du comte de Toulouse
sur ce rang. Repentir du roi, prêt à révoquer ce rang.
Adresse de M. du Maine et de Mme de Maintenon, qui se servent de mon nom,
dont Mme le duchesse de Bourgogne me fait demander l’explication. Survivances
des charges de M. du Maine données à ses enfants. Propos
à moi du duc du Maine. Villars reçu pair au parlement. p.
136
Chapitre VIII. Vendôme,
demandé de nouveau pour général par l’Espagne, épouse
tristement Mlle d’Enghien. Mort du duc de Coislin; son caractère.
Hoquet inouï fait par le roi à l’évêque de Metz
sur sa succession à la dignité de son frère. Occasion,
cause et fin de ce hoquet. Habit et manière de signer de M. de Metz.
Évêques d’Espagne, devenus grands par succession, ne portent
plus le nom de leur évêché. Mort, aventures, caractère
et singularités de la maréchale de La Meilleraye. Maison
de Cossé. p. 158
Chapitre IX. Je retourne
à Marly avec le roi. Propos sur Mgr le duc de Bourgogne, entre le
duc de Beauvilliers et moi, qui en exige un discours par écrit.
p.
172
Chapitre X. Crayon
de Mgr le duc de Bourgogne pour lors. Succès de ce discours. Intrigue
du mariage de M. le duc de Berry. Obstacles contre Mademoiselle. Causes
de ma partialité sur ce mariage. Fondement de ma détermination
de former une cabale pour Mademoiselle. Duc et duchesse d’Orléans.
Duc et duchesse de Bourgogne. Duchesse de Villeroy. Mme de Lévi.
M. et Mme d’O. , par ricochet. Duc du Maine, par ricochet. Ducs et duchesses
de Chevreuse et de Beauvilliers. Jésuites. Noeud intime de la liaison
du P. Tellier avec les ducs de Chevreuse et de Beauvilliers. Maréchal
de Boufflers.
p. 205
Chapitre XI. Adresse
de Mme la duchesse de Bourgogne. Mot vif de Monseigneur contre le mariage
de Mademoiselle, qui y sert beaucoup. Tables réformées à
Marly, où le roi ne nourrit plus les dames. Mme la Duchesse à
Marly dans le premier temps de son veuvage, et obtient d’y avoir ses filles.
Marly offert et refusé pour Mademoiselle. Raisons et mesures pour
presser le mariage. Timidité de M. le duc d’Orléans, qui
ne peut se résoudre de parler au roi, et s’engage à peine
à lui écrire. Nul homme logé à Marly au château.
Lettre de M. le duc d’Orléans au roi sur le mariage. Courte analyse
de la lettre. Petits changements faits à la lettre, et pourquoi.
Difficultés à rendre la lettre au roi. Étrange timidité
de M. le duc d’Orléans, qui enfin la rend. Succès de la lettre.
p.
231
Chapitre XII. Attaques
de Mme la duchesse d’Orléans à moi pour faire Mme de Saint-Simon
dame d’honneur de sa fille, devenant duchesse de Berry. Mesures pour éviter
la place de dame d’honneur. Audience de Mme la duchesse de Bourgogne à
Mme de Saint-Simon sur la place de dame d’honneur. Situation personnelle
de Mme la duchesse d’Orléans avec Monseigneur, guère meilleure
que celle de M. le duc d’Orléans. Projet d’approcher M. et Mme la
duchesse d’Orléans de Mlle Choin. Curieux tête-à-tête
là-dessus, et sur la cour intérieure de Monseigneur, entre
Bignon, ami intime de la Choin, et moi. p. 250
Chapitre XIII. Le
roi résolu au mariage. Contre-temps de Mme la duchesse d’Orléans
adroitement réparé. M. [le duc] et Mme la duchesse d’Orléans
éconduits entièrement de tout commerce avec Mlle Choin. Conférence
à Saint-Cloud. Horreurs semées sur M. le duc d’Orléans
et Mademoiselle. Le roi fait consentir Monseigneur au mariage. Mme la Duchesse,
etc., en émoi. Déclaration du mariage. Souplesse de d’Antin.
M. [le duc] et Mme la duchesse d’Orléans très bien reçus
de Monseigneur, et fort mal de Mme la Duchesse. p. 271
Chapitre XIV. Mme
de Blansac, et sa rare retraite, et son rare héritage. Fortune de
ses enfants. J’apprends la déclaration du mariage de M. le duc de
Berry avec Mademoiselle. Spectacle de Saint-Cloud. Vive, dernière
et inutile attaque de Mme la duchesse d’Orléans à moi, sur
la place de dame d’honneur. Oubli sur l’audience de Mme la duchesse de
Bourgogne à Mme de Saint-Simon. Présentation de Mademoiselle
à Marly. Consultation entre le roi, Mme de Maintenon et Mme la duchesse
de Bourgogne, sur une dame d’honneur. Bruit à Marly sur Mme de Saint-Simon,
et mouvements. Le chancelier, par l’état des choses, change d’avis
sur la place de dame d’honneur. Avis menaçant de nos amis. Mme la
duchesse de Bourgogne nous fait avertir du péril du refus, et de
venir à Versailles. Nous nous résolvons par vive force à
accepter. Conspiration de toutes les personnes royales à vouloir
Mme de Saint-Simon. Singulier dialogue bas entre M. le duc d’Orléans
et moi. Mme la duchesse de Bourgogne me fait parler sur le péril
du refus. Droiture et bonté de cette princesse. Propos très
francs de moi à M. [le duc] et à Mme la duchesse d’Orléans
sur la place de dame d’honneur. p. 288
Chapitre XV. Motifs
de la volonté si fort déterminée de faire Mme de Saint-Simon
dame d’honneur de Mme la duchesse de Berry. Menées pour empêcher
que cette place ne fût donnée à Mme de Saint-Simon.
leur inutilité singulière. Mme de Caylus arrogamment refusée
pour dame d’atours par Mme de Maintenon à Monseigneur. Je propose
et conduis fort près du but Mme de Cheverny pour dame d’atours.
Quelle elle était. Exhortations et menaces par le maréchal
de Boufflers, avec tout l’air de mission du roi. Motifs qui excluent Mme
de Cheverny. Mme de La Vieuville secrètement choisie. Inquiétude
du roi d’être refusé par moi. Le roi me parle dans son cabinet,
et y déclare Mme de Saint-Simon dame d’honneur de la future duchesse
de Berry. Sa réception du roi et des personnes royales. Je vais
chez Mme de Maintenon; son gentil compliment. Assaisonnements de la place
de dame d’honneur. La marquise de La Vieuville déclarée dame
d’atours de la future duchesse de Berry. Sa naissance et son caractère,
et de son mari. M. le duc d’Orléans mortifié par l’Espagne.
Mouvements sur porter la queue de la mante. Facilité de M. le duc
d’Orléans. Baptême de ses filles. Fiançailles. Mariage
de M. le duc de Berry et de Mademoiselle. Festin où les enfants
de M. du Maine sont admis, ainsi qu’à la signature du contrat, pour
la première fois. Le duc de Beauvilliers, comme gouverneur, est
préféré au duc de Bouillon, grand Chambellan, à
présenter au roi la chemise de M. le duc de Berry. Visite et douleur
de la reine et de la princesse d’Angleterre. Mme de Maré refuse
obstinément d’être dame d’atours. Son traitement. Causes de
ce refus trop sensées. Tristes réflexions.
p. 309
Chapitre XVI. Dépôt
des papiers d’État. Destination des généraux d’armée
pareille à la dernière. Villars se perd auprès du
roi et se relève incontinent. Rare aventure de deux lettres contradictoires
de Montesquiou, qui brouille Villars avec lui. Douai assiégé;
Albergotti dedans. Berwick envoyé examiner ce qui se passait à
l’armée de Flandre. Récompense d’avance. Fortune rapide de
Berwick, qui est fait duc et pair. Clause étrange de ses lettres,
et sa cause. Nom étrange imposé à son duché,
et pourquoi. Usage d’Angleterre. Berwick en Dauphiné; reçu
duc et pair à son tour. Étrange absence d’esprit de Caumartin
au repas de cette réception. Chapelle de Versailles bénite
par le cardinal de Noailles, archevêque de Paris, qui l’emporte sur
la prétendue exemption. Mort de la duchesse de La Vallière,
carmélite, etc., dont la princesse de Conti drape. Mort de Sablé.
Mort et caractère du maréchal de Joyeuse. Villars gouverneur
de Metz. Mort de Renti et de sa soeur la maréchale de Choiseul.
État de l’armée et de la frontière de Flandre, et
du siège de Douai. Entreprise manquée sur Ypres. Bagatelle
à Liège. Douai rendu. Albergotti chevalier de l’ordre, etc.
Béthune assiégé; Puy-Vauban gouverneur dedans. Béthune
rendu. Récompenses. Entreprise manquée sur Menin. Retour
de nos plénipotentiaires. Ridicule aventure du maréchal de
Villars et d’Heudicourt. Villars veut aller aux eaux. Harcourt sur le Rhin
mandé à la cour; est reçu duc et pair au parlement.
Va commander l’armée de Flandre. Aire et Saint-Venant assiégés.
Goesbriant dans Aire. Force combats. Ravignan bat un convoi. Listenois
et Béranger tués, le chevalier de Rothelin fort blessé.
Aire et Saint-Venant rendus. Goesbriant chevalier de l’ordre. Campagnes
finies en Flandre, sur le Rhin et en Dauphiné, sans qu’il se passe
rien aux deux dernières.
p. 338
Chapitre XVII. Situation
du cardinal de Bouillon. État de la famille du cardinal de Bouillon,
et ses idées bâties là-dessus. Cardinal de Bouillon,
furieux de la perte d’un procès, passe à Montrouge [et] à
Ormesson. Évasion du cardinal de Bouillon, que le prince d’Auvergne
conduit à l’armée des ennemis, où il reçoit
toutes sortes d’honneurs. Lettre folle du cardinal de Bouillon au roi.
Analyse de cette lettre. p. 364
Chapitre XVIII. Réflexion
sur le rang de prince étranger; son époque. Temporel du cardinal
de Bouillon saisi. Ordre du roi au parlement de lui faire son procès.
Conduite de sa maison. Lettre du roi au cardinal de La Trémoille.
Réflexions sur cette lettre. Cardinal de Bouillon, etc., décrétés
de prise de corps par le parlement, qui après s’arrête tout
court, et les procédures tombent. Réflexion sur les cardinaux
français. De Bar, faussaire des Bouillon, se tue à la Bastille.
Baluze destitué et chassé. Arrêt du conseil qui condamne
au pilon son Histoire généalogique de la maison d’Auvergne,
bon à voir. Collations du cardinal de Bouillon commises aux ordinaires
des lieux. Tout monument de prétendue principauté ôté
des registres des curés de la cour, et des abbayes de Cluni et de
Saint-Denis, par ordre du roi. Nouvelles félonies du cardinal de
Bouillon à Tournai. Duc de Bouillon bien avec le roi; sa femme et
ses fils mal, et ses neveux. Duc de Bouillon parle au roi et au chancelier.
Écrivant au roi, [il] n’avait jamais signé sujet, et ne put
être encore induit à s’avouer l’être. Articles proposés
au roi, à faire porter de sa part au parlement, sur la maison de
Bouillon. Justice et usage de ces articles. Fausse et criminelle rature
dans les registres du parlement. Le roi ordonne à d’Aguesseau, procureur
général de procéder sur ces articles au parlement,
qui élude et sauve la maison de Bouillon. Infidélité
de Pontchartrain en faveur du cardinal de Bouillon. Réflexions.
Mort du prince d’Auvergne. Le roi défend à ses parents d’en
porter le deuil, et fait défaire le frère de l’abbé
d’Auvergne d’un canonicat de Liège. Cardinal de Bouillon se fait
abbé de Saint-Amand contre les bulles données, sur la nomination
du roi, au cardinal de La Trémoille. Le roi désire inutilement
de faire tomber la coadjutorerie de Cluni. Extraction, fortune et mariage
du prince de Berghes avec une fille du duc de Rohan. Perte du duc de Mortemart
au jeu. Le secrétaire du maréchal de Montesquiou passe aux
ennemis avec ses chiffres. p. 382
Chapitre XIX. Art
et manége du P. Tellier sur les bénéfices. Mailly,
archevêque d’Arles, passe à Reims. Janson archevêque
d’Arles. Le Normand évêque d’Évreux. Turgot évêque
de Séez. Dromesnil évêque d’Autun, puis de Verdun.
Abbé de Maulevrier; sa famille; son caractère. Mort de l’abbé
de Langeron. Cardinal Gualterio met les armes de France sur la porte de
son palais à Rome. Mort de Mme de Caderousse; naissance et caractère
d’elle et de son mari. Duc d’Avignon; ce que c’est. Mort du lieutenant
civil Le Camus; son caractère. Argouges lieutenant civil. Mort de
Lavienne, premier valet de chambre du roi. Mort de la marquise de Laval.
Mort de Denonville. Duchesse de Luynes gagne un grand procès contre
Matignon. Mort du marquis de Bellefonds. Le marquis du Châtelet gouverneur
et capitaine de Vincennes. Souper de Saint-Cloud. Tentative de la flotte
ennemie sur Agde et le port de Cette, sans succès. Situation de
l’Espagne. Mme des Ursins fait un léger semblant de la quitter.
M. de Vendôme de nouveau demandé par l’Espagne. Le roi d’Espagne
en Aragon, à la tête de son armée; Villadarias sous
lui. Duc de Medina-Celi arrêté, conduit à Ségovie,
puis à Bayonne avec Flotte. Petits exploits des Espagnols. Staremberg
bat les quartiers de l’armée du roi d’Espagne, qui se retire sous
Saragosse. Vendôme va en Espagne, est froidement reçu à
la cour, et mal par Mme la duchesse de Bourgogne. p. 408
Chapitre XX. Bataille
de Saragosse, où l’armée d’Espagne est défaite. Ducs
de Vendôme et de Noailles à Bayonne; Monteil à Versailles.
Duc de Noailles va avec le duc de Vendôme trouver le roi d’Espagne
à Valladolid. Stanhope emporte contre Staremberg de marcher à
Madrid. La cour fort suivie se retire de Madrid à Valladolid. Merveilles
de la reine et du peuple. Magnanimité du vieux marquis de Mancera.
Courage de la cour. Prodiges des Espagnols. L’archiduc à Madrid
tristement proclamé et reçu. Mancera refuse de prêter
serment et de reconnaître l’archiduc, et de le voir. Éloge
des Espagnols, qui dressent une nouvelle armée. Insolence de Stanhope
à l’égard de Staremberg, qui se retire à Tolède.
Ducs de Vendôme et de Noailles à Valladolid en même
temps que la cour. Le roi va à la tête de son armée
avec Vendôme; la reine à Vittoria; le duc de Noailles à
Versailles, et de là en Roussillon. Son armée. Six nouveaux
capitaines généraux d’armée. Paredès et Palma,
grands, passent à l’archiduc, qui de sa personne se retire à
Barcelone. D’autres seigneurs arrêtés. Staremberg, en quittant
Tolède, en brûle le beau palais. Le roi d’Espagne, pour trois
jours à Madrid, y visite le marquis de Mancera. Piège tendu
par Staremberg. Stanhope, etc., emportés et pris dans Brihuega.
Bataille de Villaviciosa perdue par Staremberg, qui se retire en Catalogne.
Belle action du comte de San-Estevan de Gormaz. Réflexions sur ces
deux actions et sur l’étrange conduite du duc de Vendôme.
Zuniga dépêché au roi. Vains efforts de la cabale de
Vendôme. La cour d’Espagne presque tout l’hiver à Saragosse.
Stanhope perdu et dépouillé de ses emplois. Duc de Noailles
investit Girone. Misérable flatterie de l’abbé de Polignac
sur Marly. Amelot inutilement redemandé en Espagne, qui ne veut
point de l’abbé de Polignac. p. 423
NOTES.
I. Cardinal de Polignac.
p.
443
II. Mlle de La Mothe-Houdancourt.
p.
447
III. Mme la comtesse
de Soissons (Olympe Mancini). p. 449
NEUVIÈME VOLUME.
Chapitre I. Prince
de Lorraine coadjuteur de Trèves. Mort et caractère du cardinal
Grimani. Mort et famille de la duchesse de Modène; son deuil. Mort
et fortune du prince de Salm. Mort du comte de Noailles. Mort et caractère
de Mme de Ravetot; sa famille et celle de son mari. Mort, famille et singularité
de l’abbé de Pompadour. Dixième denier. P. Tellier persuade
au roi que tous les biens de ses sujets sont à lui. Explication
du conseil des finances. Monseigneur et Mgr le duc de Bourgogne fâchés
du dixième. Sortie de Mgr le duc de Bourgogne contre les financiers.
Du Mont m’avertit de la plus folle calomnie persuadée contre moi
à Monseigneur. Crédulité inconcevable de ce prince.
Mme de Saint Simon s’adresse à Mme la duchesse de Bourgogne, qui
détrompe pleinement Monseigneur et me tire d’affaire. p. 1
Chapitre II. Abbé
de Vaubrun rappelé après dix ans d’exil. Sa famille, son
caractère. Bulle qui condamne les jésuites sur les usages
chinois. Cinq hommes d’augmentation par compagnie d’infanterie. Taxe d’usuriers.
Refonte et profit de la monnaie. Pont de Moulins tombé. Ravages
de la Loire. Grand prieur enlevé par une espèce de partisan
impérial. Apanage et maison de M. [le duc] et de Mme la duchesse
de Berry. Rare méprise. Benoist, contrôleur de la bouche,
homme dangereux. Scrupule du roi sur la vénalité des charges
de ses aumôniers. Mme de La Rochepot fort étrangement admise,
comme femme du chancelier de M. le duc de Berry, à Marly, à
[la] table et dans les carrosses de Mme la duchesse de Bourgogne. Mme la
duchesse de Bourgogne seule maîtresse indépendante de sa maison.
Retour des généraux. Fervaques quitte le service. Mort du
lord Greffin. Mort de Spanheim. Mort et deuil de la duchesse de Mantoue.
Prétendu faiseur d’or. Boudin; son état et son caractère.
Bals, fêtes et plaisirs à la cour tout l’hiver. p. 25
Chapitre III. Année 1711.
Prince
de Conti, Médavy, du Bourg, Albergotti, Goesbriant reçus
chevaliers de l’ordre. Singularités sur le prince de Conti. Goesbriant
gouverneur de Verdun. Mariage de Châtillon avec une fille de Voysin.
Électeur de Cologne, à Paris et à la cour, dit la
messe à Mme la duchesse de Bourgogne. Son étrange poisson
d’avril. Mort de l’électeur de Trèves. La Porte déclare
la guerre à la Russie. Nangis colonel du régiment du roi.
Mort, famille et caractère de Feuquières. Réflexion
sur les vilains. Mort et caractère d’Estrades; sa naissance. Prétention
et procès de d’Antin sur la dignité de duc et pair d’Épernon.
D’Antin obtient permission du roi d’intenter son procès. Ruse et
artifice de son discours. Appartement du roi à Marly. Ferme et nombreuse
résolution de défense. Avis sensé et hardi d’Harcourt.
Causes de fermeté. Mesures prises. Je refuse la direction de l’affaire,
dont je fais charger les ducs de Charost et d’Humières. Opposition
à d’Antin signée. Étrange procédé du
duc de Mortemart. Souplesse de d’Antin. Partialité du roi pour d’Antin,
inutile. Misérable procédé de La Feuillade. Ducs dyscoles.
Aiguillon. Le roi fait déclarer son impartialité au parlement.
Inquiétude singulière du duc de Beauvilliers à la
réception du duc de Saint-Aignan, son frère. p. 37
Chapitre IV. Prise
de Girone. Brancas en est fait gouverneur. Estaires et Beaufremont chevaliers
de la Toison d’or, et le duc de Noailles grand d’Espagne de la première
classe, qui passe en Espagne, dont l’armée ne peut s’assembler qu’en
août. Dix mille livres de pension du roi d’Espagne à Mme de
Rupelmonde, dont le mari avait été tué à Brihuega.
Mort du duc de Medina-Celi. Mort du marquis de Legañez. Mort du
prince de Médicis, auparavant cardinal. Bergheyck à Paris,
passe en Espagne, d’où il est bientôt renvoyé par la
princesse des Ursins. Premier mariage du duc de Fronsac, peu après
mis en correction à la Bastille. Fortune de Mme de Villefort. Fortune
de Mlle de Pincré, qui épouse le fils de Mme de Villefort.
Mariage d’un cadet de Nassau-Siegen avec la soeur du marquis de Nesle.
Famille et mariage de Saint-Germain-Beaupré avec la fille de Doublet,
qui se fourre de tout. Mot cruel du premier président Harlay aux
deux frères Doublet. Mouvements du procès de la succession
de M. le Prince. M. le Duc perd en plein son procès contre Mmes
ses tantes, et avec des queues fâcheuses. Mort et court éloge
du maréchal de Choiseul. Chevalier de Luxembourg gouverneur de Valenciennes.
Mort de Boileau-Despréaux. Mort du fils aîné du maréchal
de Boufflers, dont la survivance passe au cadet. p. 69
Chapitre V. Commencement
de l’affaire qui a produit la constitution Unigenitus. Bagatelles d’Espagne.
Maillebois resté otage à Lille, s’en sauve. Étrange
fin de l’abbé de La Bourlie à Londres. Mariage de Lassai;
sa famille. Enfants de M. du Maine en princes du sang à la chapelle.
Mort de la duchesse douairière d’Aumont; son caractère. Mort
et famille de Mme de Châteauneuf. Mon embarras à l’égard
de Monseigneur et de sa cour intérieure. p. 84
Chapitre VI. Maladie
de Monseigneur. Le roi à Meudon. Le roi mal à son aise hors
de ses maisons; Mme de Maintenon encore plus. Contrastes dans Meudon. Versailles.
Harengères à Meudon bien reçues. Singulière
conversation avec Mme la duchesse d’Orléans chez moi. Spectacle
de Meudon. Extrémité de Monseigneur. Mort de Monseigneur.
Le roi va à Marly. Spectacle de Versailles. Surprenantes larmes
de M. le duc d’Orléans. p. 103
Chapitre VII. Continuation
du spectacle de Versailles. Plaisante aventure d’un Suisse. Horreur de
Meudon. Confusion de Marly. Caractère de Monseigneur. Problème
si Monseigneur avait épousé Mlle Choin. Monseigneur sans
agrément, sans liberté, sans crédit avec le roi. Monsieur
et Monseigneur morts outrés contre le roi. Monseigneur peu à
Versailles. Complaisant aux choses du sacre. Monseigneur et Mme de Maintenon
fort éloignés. Cour intime de Monseigneur. Monseigneur, plus
que sec avec Mgr [le duc] et Mme la duchesse de Bourgogne, aime M. le duc
de Berry et traite bien Mme la duchesse de Berry. Monseigneur favorable
aux ducs contre les princes. Monseigneur fort vrai; Mlle Choin aussi. Opposition
de Monseigneur à l’alliance du sang bâtard prétendue.
Désintéressement de Mlle Choin. Monseigneur attaché
à la mémoire et à la famille du duc de Montausier.
Amours de Monseigneur. Ridicule aventure. Monseigneur n’aime point M. du
Maine et traite bien le comte de Toulouse. Cour plus ou moins particulière
de Monseigneur. Infamies du maréchal d’Huxelles. Aversions de Monseigneur.
Éloignement de Mgr [le duc] et de Mme la duchesse de Bourgogne.
M. [le duc] et Mme la duchesse de Berry bien avec Monseigneur. Crayon et
projets de Mme la duchesse de Berry. Affection de Monseigneur pour le roi
d’Espagne. Portrait raccourci de Monseigneur. p. 120
Chapitre VIII. Obsèques
[de Monseigneur]. Mme de Maintenon à l’égard de Monseigneur
et de Mgr [le duc] et de Mme la duchesse de Bourgogne. Genre de la douleur
du roi. Ses ordres sur les suites de la mort de Monseigneur. Ses occupations
des premiers jours. Douze mille livres de pension à Mlle Choin,
bien traitée du nouveau Dauphin et de la Dauphine. Gène de
sa vie. Sagesse de sa conduite après la mort de Monseigneur; n’est
point abandonnée. Princesse de Conti veut inutilement se raccommoder
avec Mlle Choin. Du Mont justement bien traité et Casau. Princesse
d’Angleterre cède à Mme la Dauphine en lieu tiers. Deuil
drapé de Monseigneur. Situation de M. [le duc] et de Mme la duchesse
de Berry. Les deux battants des portes, chez les fils et filles de France,
ne s’ouvrent que pour les fils et les filles de France. Colère de
Mme la duchesse de Berry. Orage tombé sur Mme la duchesse de Berry.
Elle avoue à Mme de Saint-Simon ses étranges projets, avortés
par la mort de Monseigneur, laquelle l’exhorte à n’oublier rien
pour se raccommoder avec Mme la Dauphine. Mme la duchesse de Berry se raccommode
avec Mme la Dauphine. Service de M. [le duc] et Mme la duchesse de Berry
à Mgr le Dauphin et à Mme la Dauphine. Singulier avis de
Mme de Maintenon à Mme la Dauphine. Duc de La Rochefoucauld prétend
la garde-robe du nouveau Dauphin, et la perd contre le duc de Beauvilliers.
Soumission et modération de Mgr le Dauphin; veut être nommé
et appelé Monsieur, et non Monseigneur. Marly repeuplé. Châtillon
et Beauvau obtiennent de draper. Deuil singulier pour Monseigneur. Bâtards
obtiennent d’être visités en fils de France sur la mort de
Monseigneur.
Manteaux et mantes à Marly. Indécence et confusion parfaite.
Burlesque ruse de Mme la Princesse. Monseigneur et Mme la Dauphine en mantes
et en manteaux à Saint-Germain. Ministres étrangers à
Versailles, où les compagnies haranguent Mgr le Dauphin, traité
par le parlement de Monseigneur par ordre du roi. p. 153
Chapitre IX. Mort
et caractère de la duchesse de Villeroy. Mort de l’empereur Joseph.
Prince Eugène mal avec son successeur. Mort de Mmes de Vaubourg
et Turgot. Mort de Caravas. Mariage des deux filles de Beauvau avec Beauvau
et Choiseul. Reprise de l’affaire d’Épernon. Force prétentions
semblables prêtes à éclore. Leur impression sur les
parties du procès d’Épernon. Ancien projet de règlement
sur les duchés-pairies en 1694; son sort alors. Perversité
du premier président d’Harlay, qui le dressa. Duc de Chevreuse,
de concert avec d’Antin, gagne le chancelier pour un règlement sur
ce modèle. Le chancelier m’en confie l’idée et l’ancien projet.
Raisons qui m’y font entrer sans en prévoir le funeste, et j’y travaille
seul avec le chancelier. Ancien projet et mes notes dessus. Grâce
de substitution accordée au duc d’Harcourt enfourne ce règlement.
Sagesse et franchise d’Harcourt avec moi sur les bâtards. Je joins
le maréchal de Boufflers au secret, qui est restreint d’une part
entre nous deux et Harcourt en général, de l’autre entre
Chevreuse et d’Antin en général, et sans nous rien communiquer.
Harcourt parle au roi, et la chose s’enfourne. Chimères de Chevreuse
et de Chaulnes. Duc de Beauvilliers n’approuve pas les chimères;
ne peut pourtant être admis au secret du règlement par moi.
Secret de tout ce qui se fit sur le règlement uniquement entre le
chancelier et moi. Trait hardi et raffiné du plus délié
courtisan de d’Antin, qui parle au roi. Le roi suspend la plaidoirie sur
le point de commencer sur la prétention d’Épernon. p.
180
Chapitre X. Discussion
du projet de règlement entre le chancelier et moi. Friponnerie insigne
et ambitieuse du premier président d’Harlay. Apophtegme du premier
maréchal de Villeroy. Je fais comprendre les ducs vérifiés
en l’édit. L’amitié m’intéresse aux lettres nouvelles
de Chaulnes, et le chancelier s’y porte de bonne grâce. Je l’y soutiens
avec peine, dépité qu’il devient des sophismes du duc de
Chevreuse. Le chancelier travaille seul avec le roi sur le règlement.
Son aversion des ducs et sa cause. Scélératesse du premier
président d’Harlay sur le sacre et la propagation des bâtards.
Je propose le très faible dédommagement de la double séance
de pairs démis. Le roi, uniquement pour son autorité, favorable
à M. de La Rochefoucauld contre moi. Chaulnes enfourné. Mémoire
uniquement portant sur l’autorité du roi, qui me vaut la préséance
sur M. de La Rochefoucauld. Défaut de foi et hommage; explication
et nécessité de cet acte. Alternative ordonnée en
attendant jugement; et commencée par la tirer au sort. Préjugés
célèbres du roi en faveur de M. de Saint-Simon. Singulier
procédé entre les ducs de Saint-Simon et de La Rochefoucauld
lors et à la suite de la réception au parlement du premier.
Autre préjugé du roi tout récent en faveur de M. de
Saint-Simon. L’autorité du roi favorable à M. de Saint-Simon.
Enregistrement sauvage des lettres d’érection de La Rochefoucauld.
Lettres de M. le duc de Saint-Simon à M. le chancelier; de M. le
chancelier à M. le duc de Saint-Simon; de M. le duc de Saint-Simon
à M. le chancelier. Éclaircissement de quelques endroits
de mes lettres. Anecdote curieuse de l’enregistrement de La Rochefoucauld.
p.
207
Chapitre XI. Courte
et foncière explication de la question de préséance
entre la première réception du pair au parlement, et la date
de l’enregistrement de la pairie. Nature de la dignité. Ce qui de
tout temps fixoit l’ancienneté du rang des pairs, l’a fixée
toujours et la fixe encore aujourd’hui. Fausse et indécente difficulté
tombée de la date de chaque réception successive. Dignité
de duc et pair mixte de fief et d’office, et unique de ce genre. L’impétrant,
et sa postérité appelée et installée avec lui
en la dignité ds pair, à la différence de tout autre
officier. Reprise de l’édit. Lettre de M. le duc de Saint-Simon
à M. le chancelier. Lettre de M. le chancelier à M. le duc
de Saint-Simon. J’apprends du chancelier les articles de l’édit
résolus. Je confie au duc de Beauvilliers, et au duc et à
la duchesse de Chevreuse, que Chaulnes va être réérigé
pour leur second fils. L’édit en gros s’évente. Mouvements
de Matignon et des Rohan; leur intérêt. Lettres de M. le duc
de Saint-Simon à M. le chancelier; de M. le chancelier à
M. le duc de Saint-Simon. L’édit passé, dont j’apprends par
le chancelier tous les articles tels qu’ils y sont. Double séance
rejetée et Chaulnes différé, après avoir été
accordés. D’Antin, reçu duc et pair au parlement, m’invite
seul d’étranger au repas. Le roi se montre content que j’y aie été.
Adresse et impudence de d’Antin. Sagesse et dignité de Boufflers.
Douleur de Matignon et son affaire avec le duc de Chevreuse. Duc de La
Rocheguyon fait au chancelier des plaintes de l’édit; prétend
en revenir contre ma préséance, qui le refroidit, et le duc
de Villeroy, entièrement et pour toujours avec moi. Fâcheux
personnage du duc de Luxembourg sur l’édit; est à Rouen,
et pourquoi. p. 245
Chapitre XII. Grand
changement à la cour par la mort de Monseigneur, et ses impressions
différentes. Duc du Maine. Duc du Maine fort mal à Marly.
Princesse de Conti. Cabale. Duc de Vendôme. Vaudémont et ses
nièces. Mlle de Lislebonne abbesse de Remiremont. Mme la Duchesse.
Prince de Rohan. Princes étrangers. D’Antin. Huxelles, Beringhen,
Harcourt, Boufflers, Sainte-Maure, Biron, Roucy, La Vallière. Ducs
de Luxembourg, La Rocheguyon, Villeroy. La Feuillade. Ministres et financiers.
Le chancelier et son fils. La Vrillière. Voysin. Torcy. Desmarets.
Duc de Beauvilliers. Fénelon archevêque de Cambrai. Union
de M. de Cambrai et de tout le petit troupeau. Duc de Charost et sa mère.
Duc et duchesse de Saint-Simon. Conduite des ducs de Chevreuse et de Beauvilliers.
Duc de Chevreuse. Mgr le Dauphin. Mme de Maintenon point aux ministres,
tout au Dauphin. Ministres travaillent chez le Dauphin. p. 268
Chapitre XIII. Voyages
des généraux d’armée. Permangle bat et brûle
un grand convoi. Duc de Noailles près du roi d’Espagne avec ses
troupes sous Vendôme. La reine d’Espagne attaquée d’écrouelles.
Bonac relève Blécourt à la cour d’Espagne. Marly en
jeu et en sa forme ordinaire; cause de sa singulière prolongation.
Premier mariage de Belle-Ile. Mariage de Montboissier avec Mlle de Maillé.
Mariage de Parabère avec Mlle de La Vieuville. Course à Marly
de l’électeur de Bavière. Mort de Langeron, lieutenant général
des armées navales. Mort, caractère, descendance et titres
du duc d’Albe, ambassadeur d’Espagne en France; sa succession. Fils d’Amelot
président à mortier. Digne souvenir du roi des services de
Mole, premier président et garde des sceaux. Bergheyck à
Marly, mandé en Espagne. Voyage du roi d’Angleterre par le royaume.
Grand prieur à Soleure. Deuil de l’empereur suspendu, et sa cause.
Le roi d’Espagne donne ce qui lui reste aux Pays-Bas à l’électeur
de Bavière, qui passe à Marly allant à Namur, et envoie
le comte d’Albert en Espagne; comte de La Marck suit l’électeur,
de la part du roi, sans caractère. Gassion bat en Flandre douze
bataillons et dix escadrons; son mérite et son extraction. Clôture
de l’assemblée extraordinaire du clergé; admirable et hardie
harangue au roi de Nesmond, archevêque d’Albi. Le Dauphin montré
au clergé par le roi. Services de Monseigneur à Saint-Denis
et à Notre-Dame. Merveilles du Dauphin à Paris. Nul duc ne
s’y trouve, quoique le roi l’eût désiré. Création
d’officiers gardes-côtes. Pontchartrain en abuse et de mon amitié,
me trompe, m’usurpe, et je me brouille avec lui. Usurpation très
attentive des secrétaires d’État. Sottise d’amitié.
Trahison noire de Pontchartrain. Étrange procédé de
Pontchartrain, qui me veut leurrer par Aubanton. Impudence et embarras
de Pontchartrain. Le chancelier soutient le vol de son fils contre moi.
Peine et proposition des Pontchartrain. Ma conduite avec eux. p. 308
Chapitre XIV. Splendeur
du duc de Beauvilliers. Causes, outre l’amitié, de sa confiance
entière en moi. Discussion de la cour entre lui et moi. Torcy. Desmarets.
La Vrillière. Voysin. Pontchartrain père et fils. Caractère
de Pontchartrain. Je sauve Pontchartrain perdu. Je conçois le dessein
d’une réconciliation sincère entre le duc de Beauvilliers
et le chancelier. Singulier hasard sur le jansénisme. Pontchartrain
sauvé par le duc de Beauvilliers. Conversation sur les Pontchartrain
avec Beringhen, premier écuyer. Son caractère. Union et concert
le plus intime entre les ducs et les duchesses de Beauvilliers, Chevreuse
et Saint-Simon. Conduite du dernier avec le Dauphin, et sa façon
d’y être. Mon sentiment sur le jansénisme, les jansénistes
et les jésuites.
p. 331
Chapitre XV. Situation
personnelle de la duchesse de Saint-Simon à la cour. Précautions
de ma conduite. Je sonde heureusement le Dauphin. Court entretien dérobé
avec le Dauphin. Tête-à-tête du Dauphin avec moi. Dignité:
gouvernement, ministère. Belles et justes espérances. Conférence
entre le duc de Beauvilliers et moi. Autre tête-à-tête
du Dauphin avec moi. Secret de ces entretiens. Dignité: princes,
princes du sang, princes légitimés. Belles paroles du Dauphin
sur les bâtards. Conférence entre le duc de Beauvilliers et
moi. Importance solide du duc de Beauvilliers. Concert entier entre lui
et moi. Contrariété d’avis entre le duc de Beauvilliers et
moi sur la succession de Monseigneur. Manière dont elle fut traitée;
extrême indécence qui s’y commit à Marly. p. 359
Chapitre XVI. Je vois
souvent le Dauphin tête à tête. Le Dauphin, seul avec
moi, surpris par la Dauphine. Ma situation à l’égard de la
Dauphine. Mérite de Mme de Saint-Simon m’est très utile.
Aversion de Mme de Maintenon pour moi; sur quoi fondée. Je travaille
à unir M. le duc d’Orléans au Dauphin. Intérieur de
la famille royale; et le mien avec elle. Je donne un étrange avis
à M. le duc d’Orléans, qui en fait un plus étrange
usage avec Mme sa fille. Je me brouille et me laisse après raccommoder
avec lui, et je demeure très froidement avec Mme la duchesse de
Berry depuis. Dégoûts du roi de M. le duc d’Orléans.
Dangereux manéges du duc du Maine, qui projette le mariage de son
fils avec une soeur de Mme la duchesse de Berry. Je travaille à
unir M. le duc d’Orléans au Dauphin et au duc de Beauvilliers, [union]
à laquelle je réussis. p. 382
Chapitre XVII. Mémoire
des pertes de la dignité de duc et pair, etc. Tête-à-tête
du Dauphin avec moi. Affaire du cardinal de Noailles remise par le roi
au Dauphin. Causes de ce renvoi. Discussion entre le duc de Beauvilliers
et moi sur un prélat à proposer au Dauphin pour travailler
sous lui à l’affaire du cardinal de Noailles. Voyage de Fontainebleau
par Petit-Bourg. Dureté du roi dans sa famille. Comte de Toulouse
attaqué de la pierre. Musique du roi à la messe de la Dauphine.
Je raccommode sincèrement et solidement le duc de Beauvilliers et
le chancelier. Famille et mort du prince de Nassau, gouverneur de Frise.
Mort de Penautier; quel il était. Mort du duc de Lesdiguières,
qui éteint ce duché-pairie. Neuf mille livres de pension
sur Lyon au duc de Villeroy. Mort de Pelletier, ci-devant ministre et contrôleur
général. Mort de Phélypeaux, conseiller d’État,
frère du chancelier. Mort de Serrant et du chevalier de Maulevrier;
leur famille. Mort de la princesse de Fürstemberg; sa famille, son
caractère. Maison de son mari. Le tabouret lui est procuré
tard par adresse. Mariage du chevalier de Luxembourg avec Mlle d’Harlay.
Mort du cardinal de Tournon. Mort et caractère du maréchal
de Boufflers. Danger que j’y cours. Triste fin de vie. Horreur des médecins.
Générosité de la maréchale de Boufflers, qui
accepte à peine une pension du roi de douze mille livres. p.
401
Chapitre XVIII. Charost
capitaine des gardes du corps par le Dauphin. Domingue; quel, et son propos
sur Charost à la Dauphine. Cause de la charge de Charost. Fortune
des trois Charost. Cause curieuse du mariage du vieux Charost. Cause du
tabouret de grâce de la princesse d’Espinoy. Prince d’Espinoy chevalier
de l’ordre parmi les gentilshommes en 1661. Pont d’or fait aux Charost
pour leur ôter la charge de capitaine des gardes, et sa cause. Habileté
importante du vieux Charost. Malice de Lauzun sur le duc de Charost, et
sa cause. Raison qui fit renouveler des ducs vérifiés sans
pairie. Repentir de Louis XIII de l’érection de Paris en archevêché.
Cause qui fit Charost duc et pair. Raison qui priva Harlay, archevêque
de Paris, du cardinalat, et qui le fit duc et pair. Importance des entrées.
Ruses d’Harlay, archevêque de Paris, démontées par
Charost. Dessein du duc de Beauvilliers et du Dauphin de me faire gouverneur
de Mgr le duc de Bretagne. Fortune de Charost du tout complète.
Campagne d’Allemagne. Campagne de Savoie. Campagne de Flandre. Témérité
du prince Eugène et de Marlborough. Fautes énormes de Villars.
Impudence de Villars, qui donne faussement un démenti net et public
au
maréchal de Montesquiou, qui l’avale. Course de Contade à
la cour; son caractère. Siège de Bouchain; Ravignan dedans;
sa situation personnelle; son caractère. Bouchain rendu; la garnison
prisonnière; générosité des ennemis à
l’égard de Ravignan. Fin de la campagne en Flandre. Villars assez
bien reçu à la cour, et pourquoi. p. 425
NOTES.
I. Des anciennes pairies;
pairs ecclésiastiques et laïques. p. 445
II. Des secrétaires
d’État; de leur origine et de leurs départements dans l’ancienne
monarchie.
p. 446
III. Cardinal de
Bouillon; arrêt du parlement. p. 449
DIXIÈME VOLUME.
Chapitre I. Défaite
entière du czar en personne sur le Pruth, qui se sauve avec ce qui
lui reste par un traité et par l’avarice du grand vizir, qui lui
coûte la tête. Chalais; quel; va trouver la princesse des Ursins
en Espagne. Princesse des Ursins forme et avance le projet d’une souveraineté
pour elle et de l’usage qu’elle en fera; se fait bâtir, sans paraître,
une superbe demeure en Touraine. Sort de cette demeure et du projet de
souveraineté. Campagne d’Espagne oisive. Mort de Castel dos Rios,
vice-roi du Pérou. Prince de Santo Buono lui succède. Don
Domingo Guerra rappelé en Espagne; son caractère; ses emplois.
Arpajon fait chevalier de la Toison d’or. Retour de Fontainebleau. Cardinal
de Noailles interdit plusieurs jésuites, voit le roi et le Dauphin
à leur retour. Intrigues pour allonger l’affaire, sous prétexte
de la finir. Lettres au roi de quantité d’évêques.
Le Dauphin logé à Versailles dans l’appartement de Monseigneur.
Retour du duc de Noailles par ordre du roi, qu’il salue, et est mal reçu.
Biens de France du prince de Carignan confisqués; douze mille livres
de pension dessus au prince d’Espinoy. Chimères de M. de Chevreuse
mettent en péril l’élection nouvelle de Chaulnes pour son
second fils. Vidame d’Amiens fait duc et pair de Chaulnes. Cris de la cour.
Le Dauphin désapprouve cette grâce. Rare réception
du duc de Chaulnes au parlement. Plénipotentiaires nommés
pour la paix. Utrecht choisi pour le lieu de la traiter. Retour des généraux,
de Tallard de sa prison en Angleterre, et du roi Jacques de ses voyages
par le royaume. Comte de Toulouse fort heureusement taillé par Maréchal;
la galerie et le grand appartement fermés jusqu’à sa parfaite
guérison. Mort et caractère de Mlle de La Rochefoucauld.
Mort et caractère de Sebville. Mort, état et caractère
de Mme de Grancey. Mort et singuliers mariages de la maréchale de
L’Hôpital. Abbé de Pomponne conseiller d’État d’Église.
Tremblement de terre peu perceptible. Nouvelle tontine. Grand prieur à
Lyon p. 1
Chapitre II. Mariage
du czaréwitz avec la soeur de l’impératrice régnante.
Départ de l’archiduc pour l’Italie et l’Allemagne, qui laisse l’archiduchesse
à Barcelone avec Staremberg. Molinez, Espagnol, doyen de la Rote,
interdit par le pape. Duc d’Uzeda; sa maison; sa grandesse; ses emplois;
sa défection; renvoie l’ordre du Saint-Esprit. Sa vie et sa fin
obscure. Catastrophe, à Vienne, de son fils. Entrevue du duc de
Savoie et de l’archiduc dans la chartreuse de Pavie. L’archiduc, élu
empereur, reçoit à Milan les ambassadeurs et le légat
Imperiali. Quel était ce cardinal. Étiquette prise d’Espagne
sur les attelages. L’empereur à Insprück; y reçoit froidement
le prince Eugène. Causes de sa disgrâce et ses suites jusqu’à
sa triste mort. Tortose manqué par les Impériaux. Mariage
de la fille d’Amelot avec Tavannes, qui manque la grandesse par le roi.
Mariage du chevalier de Croissy. Six milles livres de pension à
d’O. Trois cent mille livres de brevet de retenue au duc de Tresmes, à
qui cela en fait cinq cent mille. Causes du retour du duc de Noailles et
de sa secrète disgrâce. Embarras et fâcheuse situation
du duc de Noailles à la cour. Noailles se jette à Desmarets.
Noailles brouillé avec M. [le duc] et Mme la duchesse d’Orléans,
et pourquoi. Noailles se propose de lier avec moi. Caractère du
duc de Noailles. Je me laisse entraîner à la liaison du duc
de Noailles. Duc de Noailles, brouillé avec M. [le duc] et Mme la
duchesse d’Orléans, me prie de le raccommoder avec eux. Mes raisons
de le faire; j’y réussis. Sa délicate mesure. Duc de Noailles
me confie à sa manière la cause de son retour d’Espagne et
sa situation. Ses vues dans cette confidence. Son extrême désir
de m’engager à le rapprocher du duc de Beauvilliers, conséquemment
du Dauphin. Mes raisons de le faire; j’y réussis. Ma liaison avec
le cardinal de Noailles, qui devient intime jusqu’à sa mort. Scélératesse
du complot des jésuites contre le cardinal de Noailles mise au net
par le paquet de l’abbé de Savoie à son oncle l’évêque
de Clermont, tombé entre les mains du cardinal de Noailles, qui
n’en sait pas profiter. Cris publics. Le Dauphin ne se cache pas sur son
avis de chasser le P. Tellier, et me le dit. Affaire du cardinal renvoyée
en total au Dauphin pour la finir. Grand mot qu’il me dit en faveur du
cardinal. Il m’ordonne de m’instruire à fond sur les matières
des libertés de l’Eglise gallicane et sur l’affaire du cardinal
de Noailles, et me dit qu’il la veut finir définitivement avec moi.
p.
19
Chapitre III. Année
1712. Pelletier se démet de la place de premier président.
M. du Maine la fait donner au président de Mesmes. Extraction et
fortune des Mesmes. Caractère de Mesmes, premier président.
Nos plénipotentiaires vont à Utrecht. Cardone manqué
par nos troupes. L’empereur couronné à Francfort. Marlborough
dépouillé veut sortir d’Angleterre. Duc d’Ormond général
en sa place. Troupes anglaises rappelées de Catalogne. Garde-robe
de la Dauphine ôtée, puis mal rendue à la comtesse
de Mailly. Éclat entre Mme la duchesse de Berry et Mme la duchesse
d’Orléans pour des perles et pour la de Vienne, femme de chambre
confidente, chassée. Pierreries de Monseigneur. Judicieux présent
du Dauphin. Dîners particuliers du roi: musique, etc., chez Mme de
Maintenon. Tailleurs au pharaon chassés de Paris. Voyage de Marly.
Avis de poison au Dauphin et à la Dauphine venus par Boudin et par
le roi d’Espagne. Mariage de la princesse d’Auvergne avec Mésy par
l’infamie du cardinal de Bouillon. Mort de Mme de Pomponne. Mort de Mme
de Mortagne. Mort et caractère de Tressan, évêque du
Mans; ses neveux. Mort de l’abbé de Saint-Jacques. Extraction et
fortune des Aligre. Éloge de l’abbé de Saint-Jacques. Mort
de Gondrin. Plaisant contraste de La Vallière. Mort de Razilly et
sa dépouille. Conduite étrange de Mme la duchesse de Berry
là-dessus. Éloge et mort du maréchal Catinat. Mort
de Magnac. Mort de Lussan, chevalier de l’ordre p. 52
Chapitre IV. La Dauphine
à Marly pour la dernière fois. M. le Duc éborgné.
Retour à Versailles. Tabatière très singulièrement
perdue. La Dauphine malade. La Dauphine change de confesseur et reçoit
les sacrements. Mort de la Dauphine. Éloge, traits et caractère
de la Dauphine. Le roi à Marly. Le Dauphin à Versailles,
puis à Marly. État du Dauphin, que je vois pour la dernière
fois. Le Dauphin malade. Le Dauphin croit Boudin bien averti. Boulduc;
quel; juge Boudin bien averti. Mort du Dauphin. Je veux tout quitter et
me retirer de la cour et du monde; Mme de Saint-Simon m’en empêche
sagement. Éloge, traits et caractère du Dauphin p. 78
Chapitre V. Obsèques
pontificales à Rome pour le Dauphin. Époque et date de leur
cessation à Rome et à Paris pour les papes et pour nos rois.
Étrange pensée de l’archevêque de Reims sur le duc
de Noailles. Pourquoi [il était] mal avec les Noailles. Embarras
du P. La Rue qui surprend étrangement le roi du changement de confesseur.
Appareil funèbre chez la Dauphine. Prétention des évêques
refusée. Règles de ces choses. Carreau et goupillon, à
qui donnés et par qui présentés. Annonce à
haute voix; pour qui. Garde par les dames, et quelles. Première
garde; comment réglée par le roi entre les duchesses et la
maison de Lorraine. Eau bénite de peu du sang royal et du comte
de Toulouse, et point d’autres. Le corps du Dauphin porté sans cérémonie
près de celui de la Dauphine. Transport en cérémonie
des deux coeurs au Val-de-Grâce. Mgr le duc de Bretagne Dauphin.
Madame entre les soirs dans le cabinet du roi après le souper. M.
le duc d’Orléans, seul de tous les princes, donne en cérémonie
l’eau bénite au Dauphin. Convoi des deux corps à Saint-Denis
en cérémonie. Retour du roi à Versailles, où
il voit en passant la foule des mantes et des manteaux, qui vont après
chez tout le sang royal sans ordre et pour la première fois. Privance
de la duchesse du Lude. Le roi voit à la fois tous les ministres
étrangers en manteaux, reçoit les harangues des autres. Extrémité
des deux jeunes fils de France, qui sont nommés sans cérémonie.
Mort du petit Dauphin. Le roi d’aujourd’hui comment sauvé. Le corps
et le coeur du petit Dauphin portés sans cérémonie
près de ceux de M. [le Dauphin] et de Mme la Dauphine. M. le duc
d’Anjou, aujourd’hui roi, succède au titre et au rang de Dauphin.
Douleur de M. le duc de Berry, et en Espagne. Singularité des obsèques
jusqu’à Saint-Denis. Deuil aussi singulier que ces obsèques.
État du duc de Beauvilliers et le mien. Cassette du Dauphin qui
me met en grand péril, dont l’adresse du duc de Beauvilliers me
sauve. p. 115
Chapitre VI. Dauphine
empoisonnée. Le maréchal de Villeroy, raccommodé avec
le roi, devient tout d’un coup favori. Le Dauphin empoisonné. Le
duc du Maine et Mme de Maintenon persuadent le roi et le monde que M. le
duc d’Orléans a fait empoisonner le Dauphin et la Dauphine. Crayon
de M. le duc d’Orléans. éclats populaires contre M. le duc
d’Orléans. Cri général contre M. le duc d’Orléans.
Conduite de la cour à son égard. Maréchal de Villeroy
et autres principaux. Embarras du duc de Noailles, qui se dit en apoplexie
et s’en va à Vichy p. 134
Chapitre VII. Effiat
avertit M. le duc d’Orléans et lui donne un pernicieux conseil,
qu’il se hâte d’exécuter. Crayon Effiat. Conduite que M. le
duc d’Orléans devait tenir. M. le duc d’Orléans totalement
déserté et seul au milieu de la cour. Je lui reste unique.
Je l’empêche de faire un cruel affront à La Feuillade. Crises
et bruits contre M. le duc d’Orléans entretenus avec grand art et
toujours. Alarme de mes amis sur ma conduite avec M. le duc d’Orléans.
Service de Maréchal à M. le duc d’Orléans. Deux cent
trente mille livres de pensions et vingt mille livres distribuées
dans la maison du Dauphin et de la Dauphine. Mort de Seignelay; son caractère.
Maillebois maître de la garde-robe sans qu’il lui en coûte
rien, et La Salle en tire le double. Douze mille livres de pension à
Goesbriant. Survivance des gouvernements de Béarn, Bayonne, etc.
, au duc de Guiche. Tallard duc vérifié. Appartement de Monseigneur
donné à M. [le duc] et Mme la duchesse de Berry; le leur
aux fils du duc du Maine; et, au prince de Dombes, la survivance du gouvernement
de Languedoc. Estaing vend sa charge dans la gendarmerie. Chimère
de ce corps sur l’ordre du Saint-Esprit. Digression sur le prétendu
droit des fils de France. etc., de présenter au roi des sujets pour
être faits chevaliers de l’ordre. Plaisante anecdote sur la promotion
d’Étampes à l’ordre du Saint-Esprit p. 153
Chapitre VIII. Arras
bombardé par les ennemis. L’Écluse emporté par Broglio.
Ducasse arrive avec les galions. Son extraction, sa fortune, son mérite;
est fait chevalier de la Toison. Mort et caractère du comte de Brionne.
Monterey et Los Balbazes; quels; se font prêtres. Raison ordinaire
de cette dévotion en Espagne. Altesse accordée en Espagne
et à la princesse des Ursins et au duc de Vendôme, avec les
traitements à ce dernier des deux don Juan. Explication de ces traitements
et de l’éclat qu’ils firent. Le roi à Marly, où il
rétablit le jeu et la vie ordinaire avant l’enterrement du Dauphin
et de la Dauphine. Loevenstein fait prince de l’empire. Abbé de
Vassé; son caractère; refuse l’évêché
du Mans. Le roi d’Angleterre a la petite vérole à Saint-Germain;
répudie son confesseur jésuite. Mort de la princesse d’Angleterre
à Saint-Germain. Mort et caractère de Mlle d’Armentières.
Sa famille, sa fortune, sa maison. Mort de Mme de Villacerf, douairière.
Courageuse opération de Mme Bouchu. Mort, caractère et famille
de la marquise d’Huxelles. Mort et caractère du bailli de Noailles.
Le roi nomme de P. La Rue confesseur de M. le duc de Berry, et retient
le P. Martineau pour le petit Dauphin. Mémoire publié du
Dauphin sur l’affaire du cardinal de Noailles. Service et enterrement du
Dauphin et de la Dauphine à Saint-Denis. Queues étranges.
Bout de l’an de Monseigneur à Saint-Denis. Service à Notre-Dame
pour le Dauphin et la Dauphine. Le clergé y obtient le premier salut
séparément de celui de l’autel. Violet des cardinaux. Le
cardinal de Noailles mange avec Mme la duchesse de Berry. Service à
la Sainte-Chapelle, où le P. La Rue fait l’oraison funèbre.
Je vais passer un mois ou cinq semaines à la Ferté. Causes
de ce voyage. Chalais vient d’Espagne arrêter un cordelier en Poitou;
ce qu’il devient. Renouvellement d’horreurs sur M. le duc d’Orléans.
Adresse d’Argenson à son égard. Mme de Gesvres demande juridiquement
la cassation de son mariage pour cause d’impuissance. Départ des
généraux: Villars en Flandre, Harcourt et Besons sur le Rhin,
Berwick aux Alpes, Fiennes en Catalogne. Mariage de Bissy avec Mlle Chauvelin.
Mariage de Meuse avec Mlle de Zurlauben. Mort, extraction, caractère
de l’abbé de Sainte-Croix. Mort, famille et caractère de
Cominges, et sa dépouille. Mort et caractère de La Fare.
Mort du président Rouillé. Mort de l’abbé d’Uzès.
Rohan, évêque de Strasbourg, fait cardinal. Désordres
de la Loire. Duc de Fronsac sort de la Bastille p. 172
Chapitre IX. La reine
d’Espagne accouche d’un prince. L’empereur couronné roi de Hongrie
à Presbourg. Mort du duc de Vendôme. Éclaircissement
sur la sépulture du duc de Vendôme. Dames du palais en Espagne.
Mort, fin et dernier bon mot d’Harlay, ci-devant premier président.
Singularité du roi sur ses ministres. Course d’un gros parti ennemi
en Champagne. Trêve publiée entre la France et l’Angleterre.
Porto-Ercole pris par les ennemis. La Badie rend le Quesnoy; est mis à
la Bastille. Broglio défait dix-huit cents chevaux. Émo ne
peut raccommoder la république de Venise avec le roi. Voyage de
Fontainebleau par Petit-Bourg. Rohan, évêque de Strasbourg,
fait cardinal, en reçoit la calotte et le bonnet. Mme la grande-duchesse
en apoplexie. Siège de Landrecies par le prince Eugène. Combat
de Denain. Montesquiou prend Marchiennes. Prince Eugène lève
le siège de Landrecies. Villars prend Douai. Nos lignes de Weissembourg
inutilement canonnées. Cantons catholiques, battus par les cantons
protestants, font la paix. Cassart prend, rase, pille et brûle Santiago
au cap Vert. Échange du marquis de Villena et de Cellamare avec
Stanhope et Carpenter. Mort du fils aîné du duc de La Rocheguyon.
Mort de l’abbé Tallemant. Mort du frère du maréchal
de Villars et du fils unique de du Bourg; leur caractère. Albemarle,
pris à Denain, renvoyé sur sa parole. Mort, conduite, fortune,
famille de M. de Soubise. Injure espagnole qui ne se pardonne jamais. Mort
du marquis de Saint-Simon. Mort de Mme de La Fayette. Mort de Cassini,
grand astronome. Mort, caractère et savoir de Refuge. Mort de Mme
Herval. Abbé Servien chassé, et pourquoi; son caractère
et sa fin. Désordres des loups en Orléanais p. 204
Chapitre X. Renonciations
exigées par les alliés en la meilleure et plus authentique
et sûre forme pour empêcher à jamais la réunion
sur la même tête des monarchies de France et d’Espagne. Mesures
sur ces formes. Formes des renonciations traitées entre les ducs
de Chevreuse, de Beauvilliers et moi, puis avec le duc de Noailles, qui
s’offre à en faire un mémoire, et qui le fait faire, et enfin
le donne pour sien. Intérêt de M. le duc de Berry et de M.
le duc d’Orléans à la solidité des renonciations et
de leurs formes, qui n’ont que moi pour conseil là-dessus. Sentiments
de M. le duc de Berry à l’égard du duc de Beauvilliers. Aux
instances du duc de Beauvilliers, je fais un mémoire sur les formes
à donner aux renonciations; le voir parmi les Pièces. Division
de sentiment sur un point des formes entre le duc de Noailles et moi. Sa
conduite là-dessus. Le duc de Noailles gagne à son avis le
duc de Chevreuse. Danger de sa manière de raisonner. Le duc de Chevreuse
nous propose d’en passer par l’avis du duc de Beauvilliers, qui nous assemble
chez le duc de Chevreuse. Le duc de Chevreuse, et moi après, exposons
à la compagnie nos différentes raisons. Le duc de Beauvilliers
se déclare de mon avis et malmène fort le duc de Chevreuse,
qui se rend, et le duc de Noailles aussi p. 225
Chapitre XI. Conférences
sur les formes des renonciations entre le duc de Beauvilliers et moi. Différence
essentielle de validité entre celle du roi d’Espagne et celle des
ducs de Berry et d’Orléans. Le roi non susceptible d’aucune autre
forme que d’un enregistrement ordinaire. Peine extrême du duc de
Beauvilliers là dessus, sur ce que je lui représente. Le
duc de Beauvilliers de plus en plus en peine. Je lui propose une façon
inouïe d’en sortir. Je m’anéantis au duc de Beauvilliers. Puissants
moyens des ducs de Berry et d’Orléans d’appuyer les justes formes
valides en leur faveur. Je ramène les ducs de Berry et d’Orléans
à laisser le roi régler sans nulle résistance la forme
des renonciations. Caractère, état et friponnerie de Nancré.
Il ne tient pas à lui et à Torcy de me faire une affaire
cruelle auprès du roi sur les renonciations. Ducs d’Hamilton et
d’Aumont ambassadeurs en France et en Angleterre. Grand traitement de ce
dernier, qui, avant son départ, est fait seul chevalier de l’ordre.
Extraction et mort du duc d’Hamilton. Duc de Shrewsbury ambassadeur en
France. Bailli de La Vieuville ambassadeur de Malte, au lieu du feu bailli
de Noailles. Course de l’électeur de Bavière à Fontainebleau.
Retour du roi par Petit-Bourg à Versailles. Départ de la
duchesse d’Albe pour l’Espagne. Abbé de Gastillon; quel; il l’épouse,
et sa fortune. La Salle; son extraction, son caractère, sa fortune,
son mariage. Quelques anciennes et courtes anecdotes p. 243
Chapitre XII. Le roi
à Rambouillet. Mort de Ribeire, conseiller d’État: sa place
donnée à la Bourdonnaie, son gendre. Mort de Godolphin. Le
Quesnoy rendu à discrétion. Bouchain; la garnison prisonnière.
Valory et Varennes gouverneurs. Châtillon, brigadier, depuis duc
et pair et gouverneur de Mgr le Dauphin. Perte de la Quenoque. Les campagnes
finies. Retour des généraux d’armée à la cour.
Montesquiou demeure à commander en Flandre. Princesse des Ursins
aux eaux de Bagnères; Chalais l’y va trouver; pompe de cette dame.
Survivance du gouvernement de Lyon, etc., au duc de Villeroy, et les lieutenances
à ses fils. Villars gouverneur de Provence; Saillant gouverneur
de Metz; Tessé général des galères. Les frères
Broglio gouverneurs de Gravelines et du Mont-Dauphin. Dangeau donne à
son fils son gouvernement de Touraine. Comte de Toulouse et d’Antin achètent
leurs maisons à Paris. Quatre cent mille livres d’augmentation de
pension à M. le duc de Berry; il entre au conseil de dépêches.
La musique du roi à la messe de Mme la duchesse de Berry. Hammer
à la cour, merveilleusement reçu; quel est cet Anglais? Duchesses,
etc., conservent leur nom et leur rang en se remariant au-dessous de leur
premier mari, en Angleterre. Marlborough se retire en Allemagne; quelle
y était sa principauté de l’empire. Renonciations du roi
d’Espagne à la couronne de France en pleines cortès. Lettre
tendre qu’il écrit là-dessus à M. le duc de Berry.
Mort de l’abbé d’Armagnac. Mort du duc de Chevreuse. Anecdotes sur
sa famille, sur lui, sur la duchesse sa femme. Mort du duc Mazarin. Anecdotes
sur lui, sur sa famille, sur leur fortune. Mort de la duchesse de Charost.
Mort du duc de Sully. Berwick en Roussillon, etc. Chamillart revoit le
roi. Plénipotentiaires d’Espagne. Besons joué par Mme la
duchesse de Berry. Mme de Pompadour gouvernante des enfants de M. le duc
de Berry. La Mouchy et son mariage. Mariage de Meuse avec Mlle de Zurlauben.
Musiques et scènes de comédies chez Mme de Maintenon. Le
maréchal de Villeroy y est admis. Dessein sur lui. Gouvernement
de Guyenne donné au comte d’Eu. Conduite des ducs de La Rochefoucauld
dans leur famille. État de cette famille. Désir, Jalousie,
vains efforts des ducs de La Rochefoucauld pour le rang de prince étranger.
Duc de La Rochefoucauld obtient la distraction du duché de La Rocheguyon
avec la dignité pour son second petit-fils et sa postérité,
au préjudice de l’aîné. Ce cadet duc par démission
de son père. Nouveaux efforts inutiles sur l’abbé de La Rochefoucauld,
qui, moyennant un bref, prend l’épée et va mourir à
Bude p. 261
Chapitre XIII. Année 1713.
Victoire
de Steinbock sur les Danois; qui brûle Altona. La Porte secourt le
roi de Suède d’argent, et change à son gré son ministère.
Ragotzi en France. Digression sur sa manière d’y être; son
extraction; sa famille, sa fortune et de ses proches, de Serini et Tékéli;
son traitement; son caractère. Trente mille livres de pension à
Mlle d’Armagnac. Trois mille livres de pension rendues à Mlle de
Chausseraye. Trois mille livres de pension à Mme de Vaugué.
Girone délivré et ravitaillé. Berwick de retour à
la cour. Bockley brigadier. Brancas chevalier de la Toison d’or et ambassadeur
en Espagne. Amusements multipliés chez Mme de Maintenon. Matignon
cède à son fils ses charges de Normandie. Mariage de Maillebois
avec une fille d’Alègre. Mariage de Châteaurenauld avec une
fille de la maréchale de Noailles. Mariage de M. d’Isenghien avec
Mlle de Rhodes. Arias. Polignac, Odescalchi, Sala, expectorés cardinaux;
quels les trois étrangers; pourquoi in petto; pourquoi expectorés.
Polignac, seul rappelé d’Utrecht, arrive et reçoit de la
main du roi sa calotte rouge. Jacques II, sous le nom de chevalier de Saint-Georges,
se retire pour toujours de France par la paix, et va en Lorraine. Faiblesse
du roi pour les cardinaux, qui leur marque une place à la chapelle
pour leur sermon. Adoucissements sur les preuves pour entrer dans le chapitre
de Strasbourg, et ses causes. Bévue à l’égard des
ducs. Mort de la marquise de Mailly et sa conduite dans sa famille. Mort
de l’évêque de Lavaur, son fils. Mort de Brissac, ci-devant
major des gardes du corps. Sa fortune, son caractère. Plaisant tour
de Brissac aux dames dévotes de la cour p. 293
Chapitre XIV. Mort,
état de caractère du comte de Nassau-Saarbrück. Mort
et singularité de Chambonas, évêque de Viviers. Singularité
étrange de Desmarets, archevêque d’Auch. Mort du connétable
de Castille. Villena majordome-major du roi d’Espagne en sa place. Chalais
reconduit son cordelier prisonnier en Espagne. Duc et duchesse de Shrewsbury
à la cour. État et nom de cet ambassadeur et de l’ambassadrice;
caractère de la duchesse, qui change entièrement les coiffures
des femmes, dont le roi n’avait pu venir à bout. Maison du duc d’Aumont,
à Londres, brûlée. Caractère du duc d’Aumont.
L’incendie coûte cinq cent cinquante mille livres au roi. Bout de
l’an à Saint-Denis du Dauphin et de la Dauphine. Histoire de la
Compagnie de Jésus, du P. Jouvency. Scandale de ce livre, dont les
jésuites se tirent à bon marché. Abbé de Castries,
premier aumônier de Mme la duchesse de Berry. Son caractère;
sa fortune. Longepierre, secrétaire des commandements de Mme la
duchesse de Berry; son caractère. Mort de l’électeur de Brandebourg,
premier roi de Prusse. Électeurs de Cologne et de Bavière
à Paris et à Suresne. Voient le roi. Règlement en
vingt-cinq articles, fait par le roi, entre les gouverneurs ou commandants
généraux de Guyenne et le gouverneur de Blaye, dont je gagne
vingt-quatre articles, de l’avis du duc du Maine, contre le maréchal
de Montrevel. Ténébreuse noirceur de Pontchartrain, qui me
fait éclater. La Chapelle; quel; je lui fais une étrange
déclaration. Conversation étrange entre le chancelier et
moi. Même conversation avec la chancelière. Mme de Saint-Simon
vainement attaquée. L’intimité entière subsiste entre
le chancelier, la chancelière, et Mme de Saint-Simon et moi p.
313
Chapitre XV. Extraction
abrégée de Tallard. Mariage de son fils avec une fille du
prince de Rohan. Fiançailles du duc de Tallard et de la fille du
prince de Rohan dans le cabinet du roi, et la cause de cet honneur. Signature
du roi par lui déclarée de nul poids aux contrats de mariage
hors sa famille. Adresse, puis hardiesse des secrétaires d’État
pour se décrasser de leur qualité essentielle de notaires
publics et de secrétaires du roi. Maréchal de Tallard signe
partout au-dessus du prince de Rohan, et le duc de Tallard au-dessus de
sa future. Abus faux d’une galanterie du roi dont les Rohan tâchent
d’abuser le monde. Renonciations. Réflexions sommaires. Pairs conviés
de la part du roi, chacun par le premier maître des cérémonies,
de se trouver au parlement. Embarras de M. le duc de Berry pour répondre
au compliment du premier président; comment levé. Ducs de
Berry et d’Orléans vont de Versailles au parlement. Messe à
la Sainte-Chapelle. Marche de la Sainte-Chapelle à la grand’chambre.
Séance en bas. Pairs séants et absents; nombre de pairs et
de pairies. M. le duc de Berry demeure court. Entre-deux de séance.
M. le duc de Berry et tous pairs en séance en haut. Orgueilleuse
lenteur des présidents à revenir en place, pour lesquels
nul ne se lève. Séance en haut. Deux petites aventures risibles.
Levée de la séance et sortie. Dîner au Palais-Royal.
Retour à Versailles. Indiscret compliment de Mme de Montauban à
M. le duc de Berry. Désespoir et réflexions de M. le duc
de Berry p. 333
Chapitre XVI. L’impératrice
va de Barcelone à Vienne par l’Italie fort incognito. Plénipotentiaires
d’Espagne reçus à Utrecht. Orry rappelé en Espagne.
Bassesse, caractère et fortune du duc de Bournonville. La paix signée,
publiée; fêtes à Paris. Hardie politique de M. et de
Mme du Maine. Bailliage d’Haguenau assuré à M. de Châtillon.
Quarante-huit mille livres d’augmentation de pension à Madame. Douze
mille livres de pension au duc de Charost. Vingt mille livres de pension
assurée à Mme de Monasterol. Fiefmarcon lieutenant général
de Roussillon. Lueurs trompeuses sur l’archevêque de Cambrai. Mort
de Montgaillard, évêque de Pons. Mort de l’Aigle; son caractère.
Mort et caractère de Sévigné. Mort, caractère
et fortune du vieux Clérembault. Mort de la marquise de Mirepoix.
Mort de la comtesse d’Uzès. Mort, fortune et caractère du
cardinal de Janson. Beauvais donné à l’abbé de Saint-Aignan,
malgré le duc de Beauvilliers. Adresse hardie de Rome sur ses bulles.
Naissance et mort du duc d’Alençon. Électeurs de Cologne
et de Bavière voient le roi plusieurs fois. Princesse de Conti,
fille du roi, achète l’hôtel de Lorges, à Paris. Mariage
d’Aubigny avec Mlle de Villandry. Villars s’excuse de servir, puis va sur
le Rhin; Bosons sur la Moselle. Harcourt, destiné au Rhin, hors
d’état de servir. Cent mille livres à Villars. Départ
des généraux. Steinbok et ses troupes prisonniers des Danois.
Châteauneuf ambassadeur en Hollande; Bonac à Constantinople;
du Luc en Suisse. Abbé de Mornay; quel, et pourquoi en Portugal.
Lassai fils envoyé en Prusse, où il ne fut point. Loewenstein
évêque de Tournay p. 357
Chapitre XVII. Menées
sourdes et profondes du P. Tellier et de Bissy, évêque de
Meaux. Voysin substitué à Torcy pour les affaires du cardinal
de Noailles. Bissy nommé au cardinalat. Projet énorme du
P. Tellier. L’affaire du cardinal de Noailles portée à Rome.
P. Daubenton et Fabroni; quels. Ils dressent seuls, et en secret, la constitution
Unigenitus. Le pape engagé de parole positive à ne donner
sa constitution que de concert et approuvée du cardinal de La Trémoille
en particulier, et du sacré collège en général.
Audacieuse visite du P. Tellier au cardinal de Rohan. Caractère
du cardinal de Rohan; son éducation. Il doit tout au cardinal de
Noailles. Privilèges de la vie des cardinaux. Combat intérieur
du cardinal de Rohan. Tallard entraîne le cardinal de Rohan au P.
Tellier. Cardinal de Rohan grand aumônier. Cardinal de Polignac maître
de la chapelle du roi. Orgueil de son serment. Il reçoit le bonnet
de la main du roi; il le harangue à la tête de l’Académie
française sur la paix. Vittement recteur de l’Université;
sa belle harangue et son très singulier effet p. 375
Chapitre XVIII. Histoire
de France du P. Daniel; son succès; son objet; sa prompte chute;
récompense. Cardinal Gualterio à la cour. Cause de sa disgrâce
à Rome, et de ce que les nonces en France n’y reçoivent plus
la nouvelle de leur promotion à la pourpre. Grâces faites
au cardinal Gualterio, qui retourne à Rome. Retour du maréchal
d’Huxelles et de Ménager. Mérite de Ménager, à
qui le roi donne une pension de dix mille livres. Mort, caractère,
friponnerie, état et famille de Sainctot. Branche très effective
de La Tour non reconnue par les La Tour-Bouillon. Plaisant tour là-dessus
de Wartigny au cardinal de Bouillon. Querelle du duc d’Estrées et
du comte d’Harcourt. Prétentions des maréchaux de France
et leurs tentatives de juridiction sur les ducs avortées. Court
abrégé de la nouveauté, de l’absurdité et du
peu de succès des prétentions d’autorité des maréchaux
de France sur les ducs, et de la manière d’accommoder leurs querelles.
Maréchal d’Estrées commissaire du roi sur l’insulte de Mademoiselle
à Madame p. 393
Chapitre XIX. Proposition
de mariage conduite par Mlle de Conti entre une fille de M. le duc d’Orléans
et M. le prince de Conti. Mlle de Conti, accusée de faire manquer
le mariage pour son intérêt, en est irréconciliablement
brouillée avec Mme la duchesse de Berry. Mme la Princesse fait ordonner
par le roi le double mariage de M. le Duc avec Mlle de Conti, et de M.
le prince de Conti avec Mlle de Bourbon. Présent ordinaire du roi
aux princes et princesses du sang qui se marient. Fiançailles, mariage,
festin, chemises et visites du double mariage de M. le Duc et de M. le
prince de Conti. Mauvais ménage du prince et de la princesse de
Monaco. Grâces très insolites accordées à M.
de Monaco pour la transmission de son duché-pairie. Mariage du fils
du comte de Roucy proposé avec Mlle de Monaco, que Mme de Monaco
rompt avec éclat; [elle] vient à Paris et à la cour,
où elle trouve peu d’agréments. Mariage du duc d’Olonne avec
Mlle de Barbezieux. Mariage de Pontchartrain avec Mlle de Verderonne, où
le chancelier me force d’assister. Mort de la comtesse de Prado. Extraction
et fortune des Prado. Mort de la duchesse d’Angoulême, veuve du bâtard
de Charles IX. Mort de l’évêque de Rosalie; sa famille; sa
vie. Mort de l’abbé Regnier. Changement de charges chez Madame.
Beauvau archevêque de Toulouse. Amusements du roi chez Mme de Maintenon.
Audience de congé du duc et de la duchesse de Shrewsbury, à
Marly, tout à fait inusité p. 410
Chapitre XX. Siège
de Landau. La garnison et celle de Raiserslautern se rendent prisonnières.
Viron perd un bras à Landau et en a le gouvernement. Villars, chevalier
de la Toison d’or, passe le Rhin: investit Fribourg. Cardinal de Bouillon
s’achemine des Pays-Bas à Rome. Électeur de Bavière
voit le roi à Marly. Voyage de Fontainebleau par Petit-Bourg. L’électeur
de Bavière y vient passer quinze jours et retourne à Compiègne.
Mariage du prince de Robecque et de la fille du comte de Solre. Branche
de Robecque de la maison de Montmorency. Fortune du prince de Robecque
en Espagne; sa mort, et son frère. Branche de Solre de la maison
de Croï. Origine de cette maison. MM. de Solre sortis de la branche
de Chimay. Évêque de Cambrai fait duc. Chimère du fils
aîné du dernier comte de Solre. Branche d’Havré de
la maison de Croï sortie de la branche de Solre. Éclat près
d’arriver entre les ducs de La Rochefoucauld et moi, arrêté
par le duc de Noailles. Trois mille livres d’augmentation de pension à
Saint-Hérem. Douze mille livres d’appointements à Bloin sur
la Normandie pour le gouvernement de Coutances. Comte de La Mothe, rappelé,
voit le roi dans son cabinet. Sage politique du roi sur les emplois dans
les provinces. Naissance de l’infant don Ferdinand p. 249
NOTES.
I. Des chanceliers
et gardes des sceaux pendant la première moitié du XVIIe
siècle p. 447
II. Règlement
fait par Louis XIV, à la mort du chancelier Séguier, pour
la tenue du sceau p. 451
III. Madame la comtesse
et Vardes p. 455
IV. Le duc de Mazarin
p. 457
ONZIÈME VOLUME.
Chapitre I. Constitution
Unigenitus fabriquée et subitement publiée à Rome.
Soulèvement général difficilement arrêté.
Soulèvement général contre la constitution à
son arrivée en France. Singulières conversations entre le
P. Tellier et moi sur la forme de faire recevoir la constitution, et sur
elle-même. Retour par Petit-Bourg de Fontainebleau à Versailles.
Étrange tête-à-tête sur la constitution entre
le P. Tellier et moi, qui me jette en un sproposito énorme. p.
1
Chapitre II. M. de
Savoie prend le titre de roi de Sicile. Il imite le roi sur ses bâtards.
Prie, nommé ambassadeur à Turin, épouse la fille de
Plénoeuf, qui devient fatale à la France. Gouvernement d’Alsace
et de Brisach au maréchal d’Uxelles. Trois cent mille livres à
Torcy; quatre cent mille livres à Pontchartrain; quatre cent mille
livres au duc de La Rochefoucauld. Lamoignon, greffier, Chauvelin grand
trésorier de l’ordre; Voysin et Desmarets en ont le râpé.
Chauvelin; quel; et son beau-père. Dalon; quel. Chassé de
sa place de premier président du parlement de Bordeaux. Prise de
Fribourg par Villars, qui envoie Contade à la cour. Duc de Fronsac
apporte la prise de Brisach; le roi lui donne douze mille livres et un
logement à Marly. Kirn rendu à Besons, qui sépare
son armée et revient à Paris. Conférences à
Rastadt entre Villars et le prince Eugène, qui y traitent et y concluent
la paix entre la France, l’empereur et l’empire. Réforme de troupes.
Mort du prince de Toscane. Mort d’Harleville. Mort du chevalier de Grignan
ou comte d’Adhémar. Mort de Gassion; quel il était, et sa
famille. Mort de la princesse de Courtenai, sa famille, que le roi montre
sentir être de son sang. Saintrailles; quel; sa mort. Mort et caractère
de Phélypeaux. Mort du duc de Medina-Sidonia. Ronquillo destitué
de la place de gouverneur du conseil de Castille; on lui donne une pension
de dix mille écus. Retour du duc d’Aumont. Le roi de Sicile passe
avec la reine en Sicile, et laisse le prince de Piémont régent
avec un conseil. Peterborough et Jennings saluent le roi. Électeur
de Bavière à Paris; voit le roi. p. 16
Chapitre III. Année 1714.
L’Évangile
présenté à baiser au roi par un cardinal, de préférence
à l’aumônier de jour, en absence du grand et du premier aumônier.
Duc d’Uzeda peu compté à Vienne, et son fils emprisonné
au château de Milan. Duc de Nevers dépouillé par le
roi de la nomination à l’évêché de Bethléem.
Duc de Richelieu se brouille avec sa femme et la quitte. Cavoye prend soin
de lui. Force bals à la cour et à Paris. Bals, jeux, comédies
et nuits blanches à Sceaux. Mme la duchesse de Berry, grosse, mange
au grand couvert en robe de chambre. Abbé Servien à Vincennes.
Mort, fortune, famille et caractère du duc de La Rochefoucauld.
Bachelier; sa fortune; son mérite. Surprise étrange du duc
de Chevreuse et de moi chez le duc de La Rochefoucauld. Hardie générosité
du duc de La Rochefoucauld. Vieux levain de Liancourt. Ses deux fils. Comte
de Toulouse grand veneur. Douze mille livres de pension au nouveau duc
de La Rochefoucauld. Le chancelier voit un homme se tuer. Commencement
de la persécution en faveur de la constitution Unigenitus. Mariage
du prince de Pons et de Mlle de Roquelaure. Gouvernement de Dunkerque à
Grancey en épousant la fille de Médavy, son frère.
Vingt-cinq mille livres de rente fort bizarres au premier président.
Mort de Bragelogne. Ambassadeurs de Hollande saluent le roi. Grande maladie
de la reine d’Angleterre à Saint-Germain. Mort du duc de Melford
à Saint-Germain. Mort de Mahoni. M. le duc de Berry entre au conseil
des finances. p. 27
Chapitre IV. Helvétius
en Espagne pour la reine à l’extrémité. Orry et son
fils. La reine d’Espagne, pour ses derniers sacrements, congédie
son confesseur jésuite et prend un dominicain. Sa mort. Retraite
du roi d’Espagne chez le duc de Medina-Celi. Deuil de la reine d’Espagne.
Conférences de Rastadt barbouillées. Contade à la
cour. [Conférences] renouées. Malhabileté de Villars.
La paix signée à Rastadt. Contade en apporte la nouvelle.
Mort, caractère, maison, famille du duc de Foix. Mort de Mme de
Miossens; son caractère. Bâtards d’Albret expliqués.
Maréchal d’Albret; sa fortune. Mort et dépouille de Montpéroux.
Mort du Charmel. Dureté du roi. Mort et caractère de la maréchale
de La Ferté et de sa soeur la comtesse d’Olonne. Le roi donne au
prince Charles douze mille livres de rentes en fonds; voit en particulier
l’électeur de Bavière; donne les grandes entrées au
maréchal de Villars, et à son fils la survivance de son gouvernement
de Provence. Villars, du Luc et Saint-Contest, ambassadeurs plénipotentiaires
à Bade. Époque de la première prétention des
conseillers d’État de ne céder qu’aux gens titrés.
Six mille livres de pension à Saint-Contest. Villars, chevalier
de le Toison d’or, fait donner trois mille livres de pension au comte de
Choiseul, son beau-frère. Abbé de Gamaches auditeur de rote;
son caractère. Maréchal de Chamilly fait donner à
son neveu son commandement de la Rochelle, etc. p. 44
Chapitre V. Le roi
tête à tête avec le chancelier, qui lui rapporte le
procès d’entre M. de La Rochefoucauld et moi, m’adjuge toute préséance.
Mort de Saint-Chamant. Tessé demandé par l’Espagne pour le
siège de Barcelone. Berwick choisi et Ducasse pour y mener une escadre.
Souveraineté manquée de la princesse des Ursins. Palais qu’elle
se prépare près d’Amboise, et ce qu’il devient. Décadence
de la princesse des Ursins dans l’esprit du roi et de Mme de Maintenon.
Princesse des Ursins gouvernante des infants. Ses mesures pour se glisser
en la place de la feue reine. Générosité de Robinet,
jésuite, confesseur du roi d’Espagne. Princesse des Ursins se hâte
de faire le mariage du roi d’Espagne avec la princesse de Parme; ses raisons.
Situation du marquis de Brancas en Espagne. Raisons qui le déterminent
à demander d’aller passer quinze jours à Versailles; il l’obtient.
Alarme de la princesse des Ursins. Elle dépêche brusquement
le cardinal del Giudice en France. Brancas court après et le devance.
Quel était Giudice. Brancas à Marly. Giudice après
lui avec son neveu Cellamare. Caractère del Giudice. Mort et caractère
de la chancelière de Pontchartrain. Mort de la reine douairière
de Danemark. Mort et caractère de l’évêque de Senlis.
Chamillart obtient un logement à Versailles. Mort et caractère
de Mme Voysin. Caractère de Mme Desmarets. Mort de Zurbeck. Mort
du président Le Bailleul, dont le fils obtient la charge. Leur caractère.
p.
58
Chapitre VI. Mariage
du fils du marquis du Châtelet avec la fille du duc de Richelieu;
[il obtient] la survivance de Vincennes. Publication et réjouissances
de la paix. Contade grand’croix surnuméraire de Saint-Louis. Marly.
Giudice bien traité du roi. Ducasse malade. Chalais mandé
de l’armée à Madrid. Ronquillo et d’autres exilés.
Bergheyck se retire tout à fait des affaires; son éloge.
Réforme de troupes. Électeur de Bavière à la
chasse à Marly. M. le duc de Berry malade et empoisonné.
Mort de M. le duc de Berry; son caractère. Quel avec sa famille.
M. [le duc] et Mme la duchesse de Berry; comment ensemble. Ordres du roi.
Le corps de M. le duc de Berry très promptement porté à
Paris aux Tuileries. Deuil drapé de six mois. Le roi ne veut point
de révérences, de manteaux, de mantes, de harangues ni de
compliments. État du roi. Sa visite à Mme la duchesse de
Berry. M. [le duc] et Mme la duchesse d’Orléans fort touchés.
Raisons particulières à M. le duc d’Orléans. Mme de
Maintenon et duc du Maine. Duchesse du Maine. Évêques usurpent
pour la première fois, en gardant, fauteuils et carreaux. Eau bénite.
Comte de Charolais et duc de Fronsac conduisent le coeur au Val-de-Grâce.
M. le Duc et le duc de La Trémoille conduisent le corps à
Saint-Denis. Fils et petits-fils de France tendent seuls chez le roi. Précautions
chez Mme la duchesse de Berry, qui font quelques aventures risibles. p.
78
Chapitre VII. Le roi
voit en particulier le cardinal del Giudice, tous deux avec surprise; et
peu après l’électeur de Bavière. Mort de La Taste:
sa femme. Mort du duc de Guastalla. Cardinal de Bouillon à Rome.
Mort, naissance et caractère de la maréchale d’Estrées
douairière. Congrès de Bade. Camps de paix. Nesle quitte
le service; en est puni. Succession de M. le duc de Berry. Deux cent mille
livres d’augmentation de pension à Mme la duchesse de Berry. Canal
de Mardick. Trente mille livres d’augmentation de pension à Ragotzy,
et quarante mille livres de pension à distribuer dans son parti.
Survivances des gouvernements du duc de Beauvilliers à son gendre
et à son frère. Mort et caractère de la duchesse de
Lorges. Des Forts conseiller d’État. Mort et caractère de
Saint-Georges, archevêque de Lyon. Mort de Matignon, évêque
de Lisieux. Petite sédition à Lyon; le maréchal de
Villeroy y va. Chalais à Paris; Giudice à Marly. Le roi,
à qui il échappe un mot inintelligible sur la princesse des
Ursins, résout entièrement sa perte. L’Espagne signe la paix
sans plus parler de souveraineté pour la princesse des Ursins. Soixante-huit
bataillons français avec Berwick pour le siège de Barcelone.
Giudice, puis Chalais, voient le roi en particulier. Ducasse, malade, revient;
remplacé par Bellefontaine. Mort de Menager; son caractère.
Duchesse de Berry blessée d’une fille. Mme de Saint-Simon, par méprise
du roi, la conduit à Saint-Denis, et le coeur au Val-de-Grâce.
Mort de la première électrice d’Hanovre. Mort, naissance,
famille et caractère de la duchesse de Bouillon. Mariage de La Mothe
avec Mlle de La Roche-Courbon; et d’une fille du marquis de Châtillon
avec Bacqueville. Mariage de Creuilly avec une Spinola. Giudice établi
à Marly. Berwick part pour faire le siège de Barcelone. Chalais
donne part particulière au roi du mariage du roi d’Espagne avec
la princesse de Parme. Giudice voit aussitôt après le roi
en particulier. Retraite de Bergheyck; il arrive d’Espagne, vient à
Marly. p. 93
Chapitre VIII. Retraite
du chancelier de Pontchartrain. Voysin chancelier, et conserve sa place
de secrétaire d’État. M. du Maine. Mot plaisant et salé
de M. de Lauzun. Électeur de Bavière deux fois à Marly.
Roi Stanislas aux Deux-Ponts. Arrivée de la flotte des Indes au
Port-Louis. Trois mille livres d’augmentation de pension à Mme de
Saint-Géran. Le fils de Fagon intendant des finances. Mariage de
Brassac avec la fille du feu maréchal de Tourville. Reine de Pologne
veuve de Jean Sobieski; causes de sa haine pour la France, de son séjour
à Rome, de sa retraite à Blois. Égalité de
rois du cardinal Mazarin. Reine de Pologne, médiocrement reçue,
ne veut aucune réception; va droit à Blois, sans pouvoir
approcher de la cour ni de Paris. Service de M. le duc de Berry à
Saint-Denis. Prince de Dombes y fait le troisième deuil. Tranchée
ouverte devant Barcelone, 12 juillet. Maisons président à
mortier; sa femme; leur famille, leur caractère, leur conduite,
leur situation, leurs vues. Désir de Maisons de lier avec moi; comment
il y réussit. Première entrevue de Maisons avec moi fort
singulière. Notre commerce s’établit. Maisons me fait aller
de Marly le trouver. Il m’apprend que les bâtards et leur postérité
sont devenus princes du sang en plein, et capables de succéder à
la couronne. Scène singulière chez Maisons. La nouvelle se
publie à Marly, effet qu’elle y produit. Mon compliment aux bâtards.
Comte de Toulouse. Cause secrète de la conservation de la place
de secrétaire d’État au nouveau chancelier. p. 112
Chapitre IX. Degrés
rapides qui, du plus profond non-être, portent à la capacité
de porter à la couronne, par droit de naissance, la postérité
sortie du double adultère du roi et de Mme de Montespan. Adresse
de la réception de César, duc de Vendôme, au parlement.
Traversement du parquet par les princes du sang; son époque. Réflexions.
Position de l’esprit du roi sur ses bâtards paraît bien peu
égale. p. 132
Chapitre X. Prostitution
du maréchal d’Huxelles. Embarras de Maisons. Enregistrement de l’édit.
Bâtards traités en princes du sang au parlement. Grand présent
du roi à Mme la duchesse de Berry. Électeur de Bavière
et Peterborough à Marly. Promenades nocturnes au Cours à
la mode. Mort de Mme de Vaudémont; son caractère. Mort de
la marquise de Béthune-Harcourt. Mort de Virville. Mort de l’abbé
de Clérembault. Sourches cède à son fils la charge
de grand prévôt. Actions devant Barcelone. Marlborough retourne
en Angleterre. Mort de la reine Anne. L’électeur d’Hanovre proclamé.
Routes profondes par lesquelles le duc du Maine parvient à l’état,
nom et tout droit de prince du sang, et au testament du roi. Fortes paroles
du roi au duc du Maine. p. 153
Chapitre XI. Testament
du roi. Ses paroles en le remettant au premier président et au procureur
général pour être déposé au parlement.
Paroles du roi à la reine d’Angleterre sur son testament. Lieu et
précautions du dépôt du testament du roi. Édit
remarquable sur le testament. Consternation générale sur
le testament, et ses causes. Duc d’Orléans; sa conduite sur le testament.
Dernière marque de l’amitié et de la confiance du roi pour
le duc de Beauvilliers, et de celles du duc pour moi. Mort du duc de Beauvilliers.
Sa maison; sa famille. Son caractère et son éloge. Époque
et nature de la charge de chef du conseil royal des finances, que le duc
de Beauvilliers accepte difficilement. Malin compliment du comte de Grammont
au duc de Saint-Aignan. p. 173
Chapitre XII. Duc
de Beauvilliers; quel sur le cardinal de Noailles, Rome, Saint-Sulpice,
les jésuites. Mesures futures pour l’archevêque de Cambrai.
Ambition de ce prélat. Grandeur d’âme et de vertu du duc de
Beauvilliers. Comparaison des ducs de Chevreuse et de Beauvilliers. Mot
plaisant et vrai du chancelier de Pontchartrain. Caractère de la
duchesse de Beauvilliers. Fortune et conduite des Saumery. Épreuve
et action de vertu héroïque de la duchesse de Beauvilliers.
Mort de la duchesse de Beauvilliers en 1733. p. 194
Chapitre XIII. Ma
situation à la cour. Conduite étrange de Desmarets. Brutalité
avec moi, qui lui est fatale. Maréchal de Villeroy chef du conseil
royal des finances. Son fils archevêque de Lyon. Continuation de
ma situation à la cour. Macañas; quel. Cardinal del Giudice
fait fonction à Marly de grand inquisiteur d’Espagne; choque les
deux rois; est rappelé; donne part publique du mariage du roi d’Espagne;
part à grand regret; se morfond longtemps à Bayonne avec
défense de passer outre. Moyens en Espagne contre les entreprises
de Rome. Repentir inutile de la princesse des Ursins du mariage de Parme.
Mariage à Parme de la reine d’Espagne, qui part pour l’Espagne;
sa suite. Mariage du fils du prince de Rohan avec la fille de la princesse
d’Espinoy. Mariage du comte de Roye avec la fille d’Huguet, conseiller
au parlement. Voyage de Fontainebleau par Petit-Bourg. Le roi de fort mauvaise
humeur. Électeur de Bavière à Fontainebleau. Amusements
du roi redoublés et inusités chez Mme de Maintenon. Paix
de l’empire et de l’empereur signée à Bade. Le roi d’Angleterre
donne part au roi de son avènement à cette couronne, passe
en Angleterre et y fait un entier changement. Maréchal de Villeroy
arrive à Fontainebleau; est fait ministre. Ministres ne prêtent
point de serment. Ineptie parfaite du maréchal. Retour du maréchal
de Villars. Duc de Mortemart apporte au roi la nouvelle de l’assaut général
de Barcelone, qui se rend à discrétion avec Mont-Joui et
Cardone. La Catalogne soumise. Broglio, gendre de Voysin, apporte le détail
de la prise de Barcelone. Vues et conduite domestique du roi de Pologne,
qui fait voyager son fils incognito. Il arrive à Paris et à
la cour; très bien reçu. Ce qu’on en trouve. Ses conducteurs.
Sa conversion secrète. Électeur de Bavière voit le
roi en particulier et retourne à Compiègne. p. 213
Chapitre XIV. Mort
et famille de Mme de Bullion; son caractère. Mort et caractère
de Sézanne; sa famille. Mort et caractère du bailli de La
Vieuville et de la comtesse de Vienne. Le bailli de Mesmes lui succède
et ne le remplace pas dans l’ambassade de Malte. Mort, caractère,
famille, testament de la marquise de Saint-Nectaire. La reine d’Espagne
débarque à Monaco et va par terre en Espagne. Sa dot. Sa
réception incognito. Béthune, premier gentilhomme de la chambre
de M. le duc de Berry en année à sa mort, reporte sa Toison
en Espagne, et l’obtient. Le duc de Saint-Aignan porte un médiocre
présent du roi à la reine d’Espagne à son passage.
Chalais grand d’Espagne avec exclusion d’en avoir en France le rang et
les honneurs. Prince de Rohan et prince d’Espinoy ducs et pairs. Manéges
qui les font. Ruse orgueilleuse du prince de Rohan. L’autre prend le nom
de duc de Melun. Voyage et retour de Sicile de son nouveau roi. Maffei;
ses emplois; son caractère. Retour de Fontainebleau par Petit-Bourg;
le roi chagrin pendant le voyage. Embarras sur la constitution. Amelot
envoyé à Rome pour la tenue d’un concile national en France.
P. Tellier me propose d’être commissaire du roi au concile; son ignorance;
surprise de mon refus. Mort singulière de Brûlart, évêque
de Soissons; son caractère. Mort de M. de Saint-Louis retiré
à la Trappe. Avary ambassadeur en Suisse. Comte du Luc ambassadeur
à Vienne et conseiller d’État d’épée. L’impératrice
couronnée reine de Hongrie à Presbourg. Électeurs
de Cologne et de Bavière voient le roi à Marly. Saumery fils
envoyé du roi près l’électeur de Bavière. Pompadour
et d’Alègre vainement ambassadeurs en Espagne et en Angleterre.
Retour du duc de Berwick avec une épée de diamants donnée
par le roi d’Espagne. Taxe du prix des régiments d’infanterie. Pension
de dix milles livres au prince de Montbazon. Cent cinquante mille livres
d’augmentation de brevets de retenue sur ses charges à Torcy. Dix
mille écus à Amelot pour son voyage. Procès d’impuissance
intenté au marquis de Gesvres par sa femme; accommodé. M.
le duc d’Orléans se trouve assez mal. Grand témoignage du
roi sur moi. Apophtegme du roi sur M. le duc d’Orléans. p. 232
Chapitre XV. Le roi
de Suède arrivé de Turquie à Stralsund. Croissy ambassadeur
vers lui. Entrevue des deux reines d’Espagne. Maison de la régnante.
Duc de Saint-Aignan l’y joint et l’accompagne à Madrid. Mort d’Alex.
Sobieski à Rome. Van Holl, riche financier; ce que devient son fils.
Mort de la comtesse de Brionne. Mort de Jarnac; son caractère. Mort,
extraction, famille, fortune, caractère du cardinal d’Estrées.
Bon mot de l’abbé de la Victoire. Distractions. Cardinal d’Estrées
se démettant de l’évêché de Laon, cardinal depuis
dix ans, obtient le premier un brevet de continuation du rang et des honneurs
de duc et pair. Trait de l’évêque-comte de Noyon au festin
de la réception au parlement de l’évêque-duc de Laon
chez le cardinal d’Estrées. Trait du cardinal d’Estrées pour
se délivrer de ses gens d’affaires. Bon mot du cardinal d’Estrées.
Projet constant et suivi des jésuites d’établir l’inquisition
en France. Mariage du fils de Goesbriant avec la fille du marquis de Châtillon.
Prince électoral de Saxe au lever du roi. Bergheyck prend congé
pour sa retraite. Électeur de Bavière voit le roi en particulier.
Albergotti de retour d’Italie. Divers envoyés nommés. Bissy
abbé de Saint-Germain des prés. Rohan et Melun reçus
ducs et pairs, Melun avec dispense et condition. Folies de Sceaux. Inquiétude
du duc du Maine; mot plaisant qui lui échappe là-dessus.
Noir dessein du duc du Maine. Digression nécessaire en raccourci
sur la dignité de pair de France, et sur le parlement de Paris et
autres parlements. p. 254
Chapitre XVI. Origine
et nature de la monarchie française, et de ses trois états.
Son gouvernement. Champs de mars, puis de mai. Pairs de France sous divers
noms, les mêmes en tout pour la dignité et les fonctions nécessaires,
depuis la fondation de la monarchie. Pairs de fief; leurs fonctions. Hauts
barons; leur origine, leur usage, leur différence essentielle des
pairs de France. Changement du service par l’abolition de celui de fief
et
l’établissement de la milice stipendiée. Origine des anoblissements.
Capitulaires de nos rois. Légistes; quels; leur usage; leurs progrès.
Conseillers; origine de ce nom. Parlements; origine de ce nom. Progrès
du parlement. Multiplication des magistrats et de cours ou tribunaux de
justice. Sièges hauts et bas de grand’chambre des parlements. Parité,
quant à la dignité de pairs de France et ce qui en dépend,
de ceux d’aujourd’hui avec ceux de tous les temps. Noms donnés aux
pairs par nos rois de tous les âges. Pairie est apanage, témoin
Uzès. Réversibilité à la couronne. Apanage;
ce que c’est. Ducs vérifiés; Bar. Ducs non vérifiés.
Officiers de la couronne. Ducs non vérifiés en compétence
continuelle avec les officiers de la couronne. p. 273
Chapitre XVII. Parlement
de Paris et les autres sur son modèle. Leur origine; leur nature;
d’où nommés parlements. Récapitulation abrégée.
Ancien gouvernement. Légistes. Conseillers; d’où ce nom.
Légistes devenus juges. Origine et monument des hauts et bas sièges.
Parlement, par quels degrés prend la forme présente. Pairs
seuls des nobles conservent voix et séance au parlement toutes fois
qu’ils veulent en user. Préséance des pairs en tous parlements;
y entrent seuls de nobles avant le roi lorsqu’il y vient, et pourquoi.
Le chancelier seul des officiers de la couronne aux bas sièges aux
lits de justice, et n’y parle au roi qu’à genoux, seul d’entre eux
non traité par le roi de cousin, et seul de la robe parle et y opine
assis et couvert. Pourquoi toutes ces choses. Origine de la présidence
et de sa prétention de représenter le roi. Séance
des présidents en tout temps à gauche de celle des pairs.
Origine de l’enregistrement des édits, etc., aux parlements; d’y
juger les causes majeures, etc., et du titre de cour des pairs affecté
par celui de Paris. Nécessité de la mention de la présence
des pairs aux arrêts des causes majeures et aux enregistrements des
sanctions. Origine de la prétention des parlements d’ajouter par
les enregistrements un pouvoir nécessaire. Origine des remontrances,
bonnes d’abord, tournées après en abus. Entreprises de la
cour de Rome réprimées par le parlement; ne lui donnent aucun
droit de se mêler d’autres affaires d’État ni de gouvernement.
Parlement uniquement compétent que du contentieux entre particuliers;
l’avoue solennellement sur la régence de Mme de Beaujeu. Cour des
pairs en tout lieu où le roi les assemble. Enregistrements des traités
de paix faits au parlement uniquement pour raison purement judicielle.
Régence de Marie de Médicis est la première qui se
soit faite au parlement, et pourquoi. Époque de sa prétention
de se mêler des affaires d’État et de cette chimère
de tuteurs des rois, qui les ont continuellement réprimés
à tous ces égards. Précautions de Louis XIII à
sa mort aussi admirables qu’inutiles, et pourquoi. Régence d’Anne
d’Autriche; pourquoi passée au parlement. Avantages dangereux que
la compagnie en usurpe, que Louis XIV réprime durement depuis. Régence
de M. le duc d’Orléans au parlement se traitera en son temps. Duc
de Guise qui fait tout pour envahir la couronne, est le premier seigneur
qui se fait marguillier, et pour plaire au parlement, laisse ajouter à
son serment de pair le terme de conseiller de cour souveraine. Dessein
du parlement dès lors à l’égard des pairs. Le terme
de conseiller de cour souveraine ôté enfin pour toujours du
serment des pairs. Nécessité d’exposer un ennuyeux détail.
Ordre et formes de l’entrée et de la sortie de séance aux
bas sièges. Présidents usurpent nettement la préséance
sur les princes du sang et les pairs à la sortie de la séance
des bas sièges. Ordre et formes d’entrer et de sortir de la séance
des hauts sièges. Séance, aux lits de justice, des pairs
en haut qui opinent assis et couverts, et les officiers de la couronne
aussi; des présidents et autres magistrats en bas, qui opinent découverts
et à genoux, et du chancelier en bas, qui ne parle au roi qu’à
genoux, parce qu’il est légiste, mais opine et prononce assis et
couvert, parce qu’il est officier de la couronne. Présidents usurpent
d’opiner entre la reine régente et le roi; sont remis à opiner
après le dernier officier de la couronne en 1664; ce qui a toujours
subsisté depuis. Changement par entreprise et surprise de la réception
des pairs, des hauts sièges où elle se faisait, aux bas sièges
où elle est demeurée depuis 1643. Contraste de l’état
originel des légistes dans les parlements avec leurs usurpations
postérieures. Efforts et dépit des présidents en 1664
et depuis. Novion, premier président, ôté de la place
pour ses friponneries, jaloux de l’élévation des Gesvres.
p.
307
Chapitre XVIII. Les
deux Novion, Harlay et Mesmes premiers présidents; quels. Affaire
du bonnet. Les princes du sang et les pairs cessent de suivre les présidents
à la sortie de la séance des bas sièges. Nouvelle
forme pour les princes du sang et deux autres successives pour les pairs.
Huissiers d’accompagnement. Nouveautés à cet égard
et usurpations des présidents. Orgueil des présidents à
l’égard des princes du sang. Nouvelle usurpation d’huissier très
indécente. Princes du sang et pairs exclus de la tournelle par la
ruse et l’innovation des présidents. Conseiller usurpe de couper
la séance des pairs, sans toutefois marcher ni opiner parmi eux.
Nouvelle usurpation manquée. Pairs ont partout à la grand’chambre
la droite très nettement sur les présidents. Distinction
et préférence du barreau de la cheminée sur l’autre.
Usurpation aussi singulière qu’indécente du débourrage
et surbourrage des places près le coin du roi. Nouvelle usurpation
aux bas sièges d’un couvercle sur le banc des présidents.
Saluts. Origine de la séance du grand chambellan sur les marches
du trône au lit de justice. Nouveauté, en 1715, du passage
des princes du sang par le petit degré du roi pour monter à
sa suite aux hauts sièges, au lit de justice. Siège unique
du chancelier, et du garde des sceaux en son absence, aux Te Deum et au
lit de justice; en ce dernier comment couvert. Pairs ecclésiastiques
rétablis en leur préséance sur les cardinaux au parlement,
le roi présent ou absent, par la décision de Louis XIV, qui
n’a point été enfreinte. Vaine tentative et honteuse du cardinal
Dubois. Nouveauté, indifférente et consentie pour commodité,
de la séance des officiers de la couronne au-dessous des pairs ecclésiastiques,
au lieu d’au-dessous des pairs laïques, au premier lit de justice
de Louis XV, qui subsiste depuis. Choix donné des deux côtés
au duc de Coislin, évêque de Metz; pourquoi il préfère
le droit. p. 334
Chapitre XIX. Courte
récapitulation. État premier des légistes. Second
état des légistes. Troisième état des légistes.
Quatrième état des légistes. Cinquième état
des légistes. Sixième état des légistes. Septième
état des légistes devenus magistrats. Parlements et autres
tribunaux. Légistes devenus magistrats ne changent point de nature.
Origine du nom de cour des pairs arrogé à soi par le parlement
de Paris. Origine des enregistrements. Incroyables abus. Fausse mais utile
équivoque du nom de parlement; sa protection; son démêlement.
Anciens parlements de France. Parlements d’Angleterre. Moderne chimère
du parlement de se prétendre le premier corps de l’État,
réfutée. Époque du tiers état. Parlement uniquement
cour de justice pour la rendre aux particuliers, incompétent des
choses majeures et des publiques. Parlement ne parle au roi, et dans son
plus grand lustre, que découvert et à genoux comme tiers
état. Inhérence de la partie de légiste jusque dans
le chancelier. Jamais magistrat du parlement ni d’ailleurs, député
aux états généraux, ne l’a été que pour
le tiers état, quand même il serait d’extraction noble. Exemples
d’assemblées où la justice a fait un corps à part,
jamais en égalité avec l’Église ni la noblesse, et
jamais aux états généraux jusqu’aux derniers inclus
de 1614. Absurdité de la représentation ou de l’abrégé
des états généraux dans le parlement. Court parallèle
du conseil avec le parlement. Conclusion de toute la longue digression.
p.
362
Chapitre XX. M. du
Maine, devenu prince du sang, me dit un mot du bonnet, que je laisse tomber.
M. du Maine, sans qu’on pût s’y attendre, s’offre sur l’affaire du
bonnet, dont il n’était pas question, et, à force d’art et
d’avances, jette les ducs dans le danger du refus ou de l’acceptation.
Il répond du roi, du premier président et du parlement. On
accepte, et pourquoi, mais malgré soi, les offres du duc du Maine.
M. du Maine répond des princes du sang et de Mme la Princesse. Merveilles
du premier président aux ducs de Noailles et d’Aumont. Le roi parle
le premier à d’Antin du bonnet. Échappatoire préparée.
M. du Maine exige un court mémoire au roi. Précautions extrêmes
sur ce mémoire. M. le duc d’Orléans me donne sa parole positive,
et Mme la Duchesse aux ducs de La Rochefoucauld, Villeroy et d’Antin, d’être
en tout favorables aux ducs sur le bonnet, et la tiennent exactement et
parfaitement. Précédentes avances sur le bonnet à
moi et à d’autres ducs froidement reçues, et de plus en plus
redoublées par le duc du Maine jusqu’à l’engagement forcé
de l’affaire. Premier président à Marly, tout changé,
y reçoit la recommandation de M. le duc d’Orléans et le mémoire
du roi, qui lui parle favorablement. État du premier président
sur le mémoire, contre parole et vérité, de propos
délibéré. Il fait longtemps le malade. Premier président
visité des ducs de Noailles et d’Antin, leur propose, en équivalent
du bonnet, de suivre les présidents entrant et sortant de séance.
Divers points singulièrement discutés, sans que les deux
ducs eussent compté de parler de quoi que ce fût au premier
président, lesquels rejettent cette suite et tout équivalent
du bonnet. Inquiétude des présidents. Personnage de Maisons;
son extraction. Ruse de Novion qui dévoue Maisons aux présidents.
Dîner engagé chez d’Antin, à Paris, avec le premier
président; convives. Le roi y envoie les seigneurs de son service;
s’en passe pour la première fois de sa vie; est servi par Souvré,
maître de la garde-robe, et cela se répète trois fois;
les deux dernières sans repas, simples conférences. Tout
sans succès. Premier président manque malhonnêtement
au dîner. Maisons s’y trouve, sa conduite; se relie plus que jamais
au duc et à la duchesse du Maine, dont il était mécontent.
p.
381
Chapitre XXI. Duc
d’Aumont essaye de me tonneler sur la suite des présidents. Délais
sans fin du premier président. Il est mandé à Marly,
et pressé par le roi très favorablement pour les ducs; sort
furieux. Impudence de ses plaintes et des propos qu’il faisait semer. Cause
de son dépit. Maisons mène d’Aligre au duc et à la
duchesse du Maine demander grâce pour le parlement. Efforts de Maisons
à me persuader, et à quelques autres, la suite des présidents.
Le roi cru de moitié avec le duc du Maine. Raisons de ne le pas
croire. Opinion du roi du duc du Maine. Profondeurs du duc du Maine. Embarras
du premier président. Manèges qui font durer l’affaire. Noires
impostures du premier président au roi contre les ducs, à
qui le roi les fait rendre aussitôt. Éclat sans mesure contre
le premier président. Premier président se plaint au roi
du duc de Tresmes dont il a peu de contentement. Affront fait au premier
président de Novion, par le duc d’Aumont, dans la chambre du roi,
tout près de lui, dont il ne fut rien. Double embarras du duc du
Maine avec le premier président, avec les ducs, engage les ducs,
et toujours malgré eux, à une conférence à
Sceaux avec la duchesse du Maine seule. Personnage étrange du duc
d’Aumont. Conférence à Sceaux entre la duchesse du Maine
et les ducs de La Force et d’Aumont. Propositions énormes de la
duchesse du Maine. Monstrueuses paroles de la duchesse du Maine, qui terminent
la conférence. Exactitude du récit de la conférence
de Sceaux. Le duc du Maine introduit Mme la Princesse, dont il avait nommément
répondu, et finit l’affaire du bonnet, en le laissant comme il était.
Évidence du jeu du duc du Maine. Je visite le duc du Maine et lui
tiens les plus durs propos. Réflexion sur le péril de former
des monstres de grandeur. Réflexion sur le bonnet. Présidents
ne représentent point le roi au parlement. Les pairs y ont sur eux
la droite, etc., tant aux hauts sièges qu’aux bas sièges.
Comparaison du chancelier, qui se découvre au conseil pour prendre
l’avis des ducs, et du premier président. Étrange pension
donnée au premier président.
p. 402
Chapitre XXII. Année 1715.
Grillo
vient faire au roi les remercîments de la reine d’Espagne. Trois
cent mille livres de brevet de retenue au duc de Bouillon sur son gouvernement
d’Auvergne. Trois mille livres de pension à Arpajon; six mille à
Celi, intendant à Pau. Électeur de Bavière à
Versailles. Électeur de Cologne y prend congé du roi et retourne
dans ses États. Mariage du prince héréditaire de Hesse-Cassel
avec la soeur du roi de Suède. Mort de la princesse d’Isenghien
(Pot), sans enfants. Mort; caractère et famille du comte de Grignan;
sa dépouille. Mort et caractère du maréchal de Chamilly;
sa dépouille. Caractère, vie, conduite et mort de Fénelon,
archevêque de Cambrai. Menées de Fleury, Évêque
de Fréjus, pour être précepteur de Louis XV. Origine
de la haine implacable et de la persécution sans bornes ni mesure
de Fleury, Évêque de Fréjus, depuis cardinal et maître
du royaume, contre le P. Quesnel et les jansénistes. La Parisière,
évêque de Nîmes, Zopyre du P. Tellier. Son invention
ultramontaine; sa misérable mort. Mort et caractère de l’abbé
de Lyonne et d’Henriot, évêque de Boulogne. Gesvres, archevêque
de Bourges, obtient la nomination au cardinalat des deux rois de Pologne,
Stanislas et l’électeur de Saxe. Languet fait Évêque
de Soissons, et quelques autres bénéfices donnés.
Mort et caractère de la duchesse de Nevers. Infructueuse malice
de M. le Prince. p. 434
NOTES.
I. Morceau inédit
de Saint-Simon relatif à l’Académie française. p.
455
II. Lettre de Richelieu
mourant à Mazarin. p. 456
III. Terres distribuées
aux leudes francs après la conquête. p. 457
IV. Assemblées
des Francs, dites champs de mars et champs de mai. p. 458
V. Lits de justice.
Origine du nom. Cérémonial des lits de justice. Toutes les
séances royales en parlement n’étaient pas lits de justice.
Séance royale pour la condamnation du prince de Condé en
1654. p. 460
VI. Louis XIV au
parlement, en 1655. p. 464
VII. Épices.
p.
468
DOUZIÈME VOLUME.
Chapitre I. Chute
de la princesse des Ursins. Réflexions. Comtesse douairière
d’Altamire camarera-mayor, et le prince de Cellamare grand écuyer
de la reine. Cardinal del Giudice rappelé. Macañas et Orry
chassés d’Espagne. Pompadour remercié, et le duc de Saint-Aignan
ambassadeur en Espagne. Tolède donné à un simple curé.
Mort de la duchesse d’Aveiro et du marquis de Mancera. Succès de
la reine près du roi d’Espagne. Sa préférence pour
les Italiens. Mort de la comtesse de Roye à Londres; sa famille.
Mariage du comte de Poitiers avec Mlle de Malause. Mariage d’Ancezune avec
une fille de Torcy. Les Caderousse. Mariage du fils d’O avec une fille
de Lassai, et d’Arpajon avec la fille de Montargis. Statue avortée
du maréchal de Montrevel. Ambassadeur de Perse, plus que douteux,
à Paris. Son entrée; sa première audience; sa conduite.
Magnificences étalées devant lui. Citation à Malte
sans effet comme sans cause effective. Le grand prieur y va sans avoir
pu voir le roi. Cent mille livres à Bonrepos. La Chapelle, un des
premiers commis de la marine, tout à Pontchartrain, et sa femme
chassés par la jalousie et les artifices de Pontchartrain. Électeur
de Bavière visite à Blois la reine de Pologne, sa belle-mère;
fait à Compiègne la noce de sa maîtresse avec le comte
d’Albert; prend congé du roi à Versailles en particulier,
et s’en va dans ses États. p. 1
Chapitre II. Mort
à Rome du cardinal de Bouillon. Précis de sa vie. Cause et
genre de sa mort. Son caractère. Cardinal de Bouillon méprisé
et délaissé à Rome. Imagine pour les cardinaux la
distinction de conserver leur calotte sur leur tête, parlant au pape,
lesquels lui en donnent le démenti. La rage l’en saisit, et il en
crève. Personnel du cardinal de Bouillon. Belle et singulière
retraite du cardinal Marescotti. Quel il fut; sa mort. Voyage du duc et
de la duchesse de Savoie en Sicile. Conduite de ce nouveau roi dans sa
famille et avec son fils aîné. Rare mérite de ce prince,
et sa mort causée par la jalousie et les duretés de son père.
Voysin, comme chancelier, va prendre sa place au parlement. Tallard, démis
à son fils, ne peut être pair. Son fils l’est fait au lieu
de lui. Affaires de Suisse en deux mots. Renouvellement très mal
à propos de l’alliance des seuls cantons catholiques avec la France.
Changements en Espagne. Orry, chassé d’Espagne et de la cour en
France. Veragua et Frigilliane chefs des conseils de marine et du commerce,
et de celui des Indes. Cellamare ambassadeur en France. Chalais et Lanti
ont défense de retourner en Espagne. Giudice chef des affaires étrangères
et de justice, et gouverneur du prince des Asturies. P. Robinet chassé;
P. Daubenton confesseur du roi d’Espagne en sa place. Leur caractère.
Flotte et Renaut en liberté. Réconciliation de M. le duc
d’Orléans avec le roi d’Espagne. Alonzo Manriquez fait duc del Arco,
grand d’Espagne et grand écuyer. Son caractère et sa fortune.
Valouse premier écuyer. Montalègre sommelier du corps; sa
fortune; son caractère. Valero vice-roi du Mexique; sa fortune;
son caractère. Princesse des Ursins à Paris. Dégoûts
qu’elle essuie. Je passe huit heures de suite tête à tête
avec elle. Court et triste voyage de la princesse des Ursins à Versailles.
Elle obtient quarante mille livres de rente sur la ville, au lieu de sa
pension de vingt mille livres. p. 21
Chapitre III. Le comte
de Lusace et les princes d’Anhalt et de Darmstadt à la chasse avec
le roi. Bolingbroke à Paris; sa catastrophe. Stairs ambassadeur
d’Angleterre à Paris; son caractère. Mariage du fils unique
du comte de Matignon, fait duc, avec la fille aînée du prince
de Monaco, et ses étranges concessions et conditions. Cinq cent
mille livres, etc., sur le non-complet des troupes, données au chancelier
Voysin. Le Camus, premier président de la cour des aides, prévôt
et grand maître des cérémonies de l’ordre. Mort de
la comtesse d’Acigné; du duc de Richelieu; de la princesse d’Harcourt;
de Sézanne, dont la Toison est donnée à un de ses
neveux. Mort du docteur Burnet, évêque de Salisbury, et de
l’abbé d’Estrades. Mariage de Castelmoron avec la fille de Fontanieu;
d’Heudicourt avec la fille de Surville; du troisième fils du duc
de Rohan avec la comtesse de Jarnac; de Cayeux avec la fille de Pomponne;
de Saint-Sulpice avec la fille du comte d’Estaing. Éclipse de soleil.
Bout de l’an de M. le duc de Berry. Le roi fait quitter le grand deuil
avant le temps à Mme la duchesse de Berry, et la mène jouer
dans le salon à Marly. Elle en obtient quatre dames pour la suivre:
Mmes de Coettenfao, de Brancas, de Clermont, de Pons. Mmes d’Armentières
et de Beauvau succèdent peu après aux deux premières.
Mort de Mme de Coettenfao, qui me donne presque tout son bien, que je rends
sans y toucher à M; de Coettenfao. Précaution nouvelle et
extraordinaire du parlement de Paris contre les fidéicommis. Coettenfao
m’envoie furtivement pour soixante mille livres de belle vaisselle, qu’il
me force après d’accepter. Dernier voyage du roi à Marly.
La reine d’Angleterre à Plombières. Chamlay, en apoplexie,
va à Bourbon. Effiat à Marly. Crayon de ce personnage. Étrange
trait de lui avec moi. Mme de Nassau à la Bastille. Maladie de Mme
la duchesse d’Orléans, dont on tâche de profiter. Paris ouverts
en Angleterre sur la mort prochaine du roi, qui par hasard les voit dans
une gazette de Hollande. Prince de Dombes visité par les ambassadeurs
comme les princes du sang. Adresse là-dessus du duc du Maine. Il
obtient la qualité et le titre de prince du sang pour lui et sa
postérité, et pour son frère, par une nouvelle et
très précise déclaration du roi, incontinent enregistrée
au parlement. Sainte-Maure conserve les livrées et les voitures
de M. le duc de Berry. Prince électoral de Saxe prend congé
du roi dans son cabinet à Marly. Mme de Maintenon lui fait les honneurs
de Saint-Cyr. Mort de Ducasse; sa fortune, son caractère. Mort de
Nesmond, évêque de Bayeux. p. 45
Chapitre IV. Mort
du cardinal Sala. Son extraction, sa fortune, son caractère. Bissy
cardinal. Extraction des Bissy. Trois autres cardinaux italiens. Extraction,
caractère et fortune de Massei. Moeurs et caractère du nonce
Bentivoglio. Jésuites obtiennent un arrêt qui rend leurs religieux
renvoyés par leurs supérieurs capables de revenir à
partage dans leur famille jusqu’à l’âge de trente-trois ans.
Majorque, etc., soumise au roi d’Espagne par le chevalier d’Asfeld, qui
en a la Toison. Prostitution inouïe des Toisons. Rubi chef de la révolte
de Catalogne; quel. Premier président marie sa seconde fille au
fils d’Ambres. Succès de ce mariage. Quelles étaient les
deux filles du premier président. Mariage du duc de La Rocheguyon
avec Mlle de Toiras. Cellamare, ambassadeur d’Espagne, arrive à
Paris, puis à Marly, où il s’établit. Petitesse du
roi. Boulainvilliers; quel il était. Son caractère; ses prédictions
vraies et fausses. Voysin obtient six cent mille livres de gratification
sur le non-complet des troupes. Le roi veut aller faire enregistrer la
constitution en lit de justice sans modification. Curieux entretien là-dessus
par ses suites entre M. le duc d’Orléans et moi, mais sans effet,
parce que le roi ne put aller au parlement. Mort et caractère de
Chauvelin, avocat général; sa dépouille. Sédition
des troupes sur le pain. Belle fin et mort du maréchal Rosen. Duc
d’Ormond se sauve d’Angleterre en France. Princesse des Ursins prend congé
du roi à Marly, où je la vois pour la dernière fois.
Incertitude de la princesse des Ursins où fixer sa demeure. Elle
se hâte de gagner Lyon, puis Chambéry; s’établit à
Gênes, enfin à Rome. Sa vie à Rome jusqu’à sa
mort. p. 69
Chapitre V. Nécessité
d’interrompre un peu le reste si court de la vie du roi. Première
partie du caractère de M. le duc d’Orléans. Débonnaireté
et son histoire. Malheur de l’éducation et de la jeunesse de M.
le duc d’Orléans. Folie de l’abbé Dubois, qui le perd auprès
du roi pour toujours. Caractère de l’abbé depuis cardinal
Dubois. Deuxième partie du caractère de M. le duc d’Orléans.
M. le duc d’Orléans excellemment peint par Madame. Aventure du faux
marquis de Ruffec. Quel était M. le duc d’Orléans sur la
religion. Caractère de Mme la duchesse d’Orléans. Saint-Pierre
et sa femme; leur caractère. Duchesse Sforce. Courte digression
sur les Sforce. Caractère de la duchesse Sforce. p. 92
Chapitre VI. Vie ordinaire
de M. [le duc] et de Mme la duchesse d’Orléans. Caractère
de Mme la duchesse de Berry. Caractère de la Mouchy et de son mari.
Caractère de Madame. Embarras domestiques de M. le duc d’Orléans.
Singulier manége du maréchal de Villeroy avec moi. Caractère
du maréchal de Villeroy. p. 123
Chapitre VII. Quels,
à l’égard de M. le duc d’Orléans, étaient le
maréchal de Villeroy, Tallard, le cardinal et le prince de Rohan,
la duchesse de Ventadour, Vaudémont, ses nièces, Harcourt,
Tresmes, le duc de Villeroy, Liancourt, La Rochefoucauld, Charost, Antin,
Guiche, Aumont, le premier écuyer, M. de Metz, Huxelles, le maréchal
et l’abbé d’Estrées, les ministres, les secrétaires
d’État, le P. Tellier. Inquiétude et manége du P.
Tellier avec moi. Caractère du duc de Noailles. Inquiétude
du duc de Noailles sur les desseins de M. le duc d’Orléans. Contade;
sa fortune; son caractère. Liaison du duc de Noailles et de Maisons.
Caractère de Canillac. Liaison du duc de Noailles avec Canillac
par Maisons. Noailles et l’abbé Dubois anciennement liés.
Liaison de Noailles et d’Effiat. Extraction et caractère d’Effiat;
ses liaisons. Effiat bien traité du roi; fort considéré
de M. le duc d’Orléans. Noailles raccroche Longepierre, lequel s’abandonne
après à l’abbé Dubois. p. 148
Chapitre VIII. Réflexions
sur le gouvernement présent et sur celui à établir.
Je propose à M. le duc d’Orléans les divers conseils et l’ordre
à y tenir. L’établissement des conseils résolu; discussion
de leurs chefs. Marine. Finances et guerre. Affaires ecclésiastiques
et feuille des bénéfices. Constitution. Jésuites.
P. Tellier. Rome et le nonce. Évêques; leur assemblée.
Commerce du clergé de France à Rome, et à Paris avec
le nonce. Affaires étrangères. Affaires du dedans du royaume.
Je m’excuse de me choisir une place, et je refuse obstinément l’administration
des finances. État forcé des finances. Banqueroute préférable
à tout autre parti. Je persiste au refus des finances, malgré
le chagrin plus que marqué de M. le duc d’Orléans. Je propose
le duc de Noailles. Résistance et débat là-dessus.
M. le duc d’Orléans y consent à la fin. Je suis destiné
au conseil de régence. p. 168
Chapitre IX. Précautions
que je suggère à M. le duc d’Orléans. Résolution
que je propose à M. le duc d’Orléans sur l’éducation
du roi futur. Je lui propose le duc de Charost pour gouverneur du roi futur,
et Nesmond, archevêque d’Alby, pour précepteur. Discussion
entre M. le duc d’Orléans et moi sur le choix des membres du conseil
de régence et l’exclusion des gens à écarter. Villeroy
à conserver, Voysin à chasser, et donner les sceaux au bonhomme
d’Aguesseau. Torcy. Desmarets et Pontchartrain à chasser. Je sauve
La Vrillière à grand’peine, et lui procure une place principale
et unique. Discussion de la mécanique et de la composition du conseil
de régence. Je propose à M. le duc d’Orléans de convoquer,
aussitôt après la mort du roi, les états généraux,
qui sont sans danger, utiles sur les finances, avantageux à M. le
duc d’Orléans. Grand parti à tirer délicatement des
états généraux sur les renonciations. Rien de répréhensible
par rapport au roi dans la conduite proposée à M. le duc
d’Orléans, par rapport à la tenue des états généraux.
Usage possible à faire des états généraux à
l’égard du duc du Maine. Mécanique à observer. p.
209
Chapitre X. Discussion
entre M. le duc d’Orléans et moi sur la manière d’établir
et de déclarer sa régence. Aveu célèbre du
parlement par la bouche du premier président de La Vacquerie y séant,
de l’entière incompétence de cette compagnie de toute matière
d’État et de gouvernement. Deux uniques et modernes exemples de
régences faites au parlement. Causes de cette nouveauté.
Raisons de se passer du parlement pour la régence, comme toujours
avant ces deux derniers exemples. Observation à l’occasion de la
majorité de Charles IX et de l’interprétation de l’âge
de la majorité des rois. Mesures et conduite à tenir pour
prendre la régence. Conduite à tenir sur les dispositions
du roi indifférentes, et sur le traitement à faire à
Mme de Maintenon. Prévoyances à avoir. Faiblesse de M. le
duc d’Orléans à l’égard du parlement. État
et caractère de Nocé. p. 243
Chapitre XI. Survivances,
brevets de retenue et charges à rembourser. Raisons et moyen de
le faire, et multiplication de récompenses à procurer. Taxe
proposée n’a rien de contraire à la convocation des états
généraux, qui lui est favorable. Autres remboursements peu
à peu dans la suite. Nulle grâce expectative. Remplir subitement
les vacances. Réparation des chemins par les troupes. Extérieur
du roi à imiter, et fort utile; et conduite personnelle. p. 263
Chapitre XII. Ondes
de la cour. Agitation du duc de Noailles. Curiosité très
embarrassante de Mme la duchesse d’Orléans. Maisons me fait une
proposition énorme et folle, et ne se rebute point de la vouloir
persuader à M. le duc d’Orléans et à moi. Réflexions
sur le but de Maisons. Rare impiété et fin de Maisons et
de sa famille. p. 282
Chapitre XIII. Le
duc de Noailles apprend enfin sa destination. Folles propositions qu’il
me fait. M. le duc d’Orléans ne peut se résoudre à
ne pas passer par le parlement pour sa régence, et se dégoûte
du projet d’assembler les états généraux. Mme la duchesse
d’Orléans, en crainte des pairs pour la première séance
au parlement après le roi sur les bâtards, a recours à
moi. Je la rassure, et pourquoi, en lui déclarant que si les princes
du sang les attaquent, en quelque temps que ce soit, les pairs les attaqueront
à l’instant. Prise du roi avec le procureur général
sur l’enregistrement pur et simple de la constitution. Dernier retour de
Marly. Espèce de journal du roi jusqu’à sa fin. Audience
de congé de l’ambassadeur de Perse. Détail de la santé
du roi et des causes de sa mort. Magnifique entrée à Paris
du comte de Ribeira, ambassadeur de Portugal. J’obtiens de M. le duc d’Orléans
qu’il continuera à Chamillart sa pension de soixante mille livres
et la permission de le lui mander. Le duc de Noailles, seul d’abord, puis
aidé du procureur général, me propose l’expulsion
radicale des jésuites hors du royaume. Retour de Mme de Saint-Simon
des eaux de Forges à Versailles. Dames familières. Duc du
Maine chargé de voir la gendarmerie pour, au nom et avec l’autorité
du roi, qui l’avait fait venir et n’en put faire la revue. Mon avis là-dessus
à M. le duc d’Orléans. Je me joue de Pontchartrain. Je méprise
Desmarets. Le roi, hors d’état de s’habiller, veut choisir le premier
habit qu’il prendra. Courte réflexion. p. 303
Chapitre XIV. Misère
des ducs. Duc et duchesse du Maine excitent avec plein succès les
gens de qualité et soi-disant tels contre les ducs. Abomination
du duc de Noailles. Il me propose de le faire faire premier ministre. Proposition
du duc de Noailles d’une nouveauté qu’il soutient contre toutes
mes raisons. Le duc de Noailles m’impute la proposition que j’avais si
puissamment combattue, et soulève tout contre moi. Étrange
embarras de Noailles avec la duchesse de Saint-Simon. J’apprends la scélératesse
de Noailles. Monstrueuse ingratitude de Noailles. Son affreux et profond
projet. Courte réflexion. J’éclate sans mesure contre Noailles,
qui plie les épaules et suit sa pointe parmi la noblesse et [qui]
cabale des ducs contre moi. Je me raccommode avec le duc de Luxembourg;
son caractère. Suites de l’éclat. Bassesse et désespoir
de Noailles. Sa conduite à mon égard et la mienne au sien.
Noailles n’oublie rien, mais inutilement, pour me fléchir. Noailles,
depuis la mort de M. le duc d’Orléans, aussi infatigable, et inutilement,
à m’adoucir. Le désir extrême de raccommodement des
Noailles fait enfin le mariage de mon fils aîné. Raccommodement
entre Noailles et moi, et ses légères suites. p. 331
Chapitre XV. Reprise
du journal des derniers jours du roi. Il refuse de nommer aux bénéfices
vacants. Mécanique de l’appartement du roi pendant sa dernière
maladie. Extrémité du roi. Le roi reçoit les derniers
sacrements. Le roi achève son codicille; parle à M. le duc
d’Orléans. Scélératesse des chefs de la constitution.
Adieux du roi. Le roi ordonne que son successeur aille à Vincennes
et revienne demeurer à Versailles. Le roi brûle des papiers,
ordonne que son coeur soit porté à Paris, aux Jésuites.
Sa présence d’esprit et ses dispositions. Le Brun, Provençal,
malmène Fagon et donne de son élixir au roi. Duc du Maine.
Mme de Maintenon se retire à Saint-Cyr. Charost fait réparer
la négligence de la messe. Rayon de mieux du roi. Solitude entière
chez M. le duc d’Orléans. Misère de M. le duc d’Orléans.
Il change sur les états généraux et sur l’expulsion
du chancelier. Le roi, fort mal, fait revenir Mme de Maintenon de Saint-Cyr.
Dernières paroles du roi. Sa mort. Caractère de Louis XIV.
p.
364
Chapitre XVI. Caractère
de Louis XIV. Mme de La Vallière; son caractère. Le roi hait
les sujets, est petit, dupe, gouverné en se piquant de tout le contraire.
L’Espagne cède la préséance. Satisfaction de l’affaire
des Corses. Guerre de Hollande. Paix d’Aix-la-Chapelle. Siècle florissant.
Conquêtes en Hollande et de la Franche-Comté. Honte d’Heurtebise.
Le roi prend Cambrai. Monsieur bat le prince d’Orange à Cassel,
prend Saint-Omer, et n’a pas depuis commandé d’armée. Siège
de Gand. Expéditions maritimes. Paix de Nimègue. Luxembourg
pris. Gênes bombardée; son doge à Paris. Fin du premier
âge de ce règne. Guerre de 1688 et sa rare origine. Honte
de la dernière campagne du roi. Paix de Turin, puis de Ryswick.
Fin du second âge de ce règne. Vertus de Louis XIV. Sa misérable
éducation; sa profonde ignorance. Il hait la naissance et les dignités,
séduit par ses ministres. Superbe du roi, qui forme le colosse de
ses ministres sur la ruine de la noblesse. Goût de Louis XIV pour
les détails. Avantages de ses ministres, qui abattent tout sous
eux, et lui persuadant que leur puissance et leur grandeur n’est que la
sienne, se font plus que seigneurs et tout-puissants. Raison secrète
de la préférence des gens de rien pour le ministère.
Nul vrai accès à Louis XIV enfermé par ses ministres.
Rareté et utilité d’obtenir audience du roi. Importance des
grandes entrées. Ministres. Causes de la superbe du roi. p. 385
Chapitre XVII. Jalousie
et ambition de Louvois font toutes les guerres et la ruine du royaume,
et [ainsi que] la haine implacable du roi pour le prince d’Orange. Terrible
conduite de Louvois pour embarquer la guerre générale de
1688. Catastrophe de Louvois par deux belles actions après beaucoup
d’étranges. Grande action de Chamlay; son état; son caractère.
Mort et disgrâce de Louvois, et de son médecin cinq mois après
celle de Louvois. p. 407
Chapitre XVIII. Fautes
de la guerre de 1688 et du camp de Compiègne. Gens d’esprit et de
mérite pesants au roi, cause de ses mauvais choix. Fautes insignes
de la guerre de la succession d’Espagne. Extrémité de la
France, qui s’en tire par la merveille de la paix d’Angleterre, qui fait
celle d’Utrecht. Bonheur du roi en tout genre. Autorité du roi sans
bornes. Sa science de régner. Sa politique sur le service, où
il asservit tout et rend tout peuple. Louvois éteint les capitaines,
et en tarit le germe pour toujours par l’invention de l’ordre du tableau.
Pernicieuse adresse de Louvois et de son ordre du tableau. Promotions funestement
introduites. Invention des inspecteurs. Invention du grade de brigadier.
p.
424
Chapitre XIX. La cour
pour toujours à la campagne; raisons de cette politique. Origine
de Versailles. Le roi veut une grosse cour. Ses adresses pour la rendre
et la maintenir telle. Application du roi à être informé
de tout. Police; délations. Secret des postes. Le roi se pique de
tenir parole, est fort secret, se plaît aux confiances. Singulière
histoire là-dessus. Art personnel du roi à rendre tout précieux.
Sa retenue; sa politesse mesurée. Patience du roi, et précision
et commodité de son service et de sa cour. Crédit et familiarité
des valets. Jalousie du roi pour le respect rendu à ceux qu’il envoyait.
Récit bien singulier sur le duc de Montbazon. Grâces naturelles
du roi en tout. Son adresse; son air galant, grand, imposant. Politique
du plus grand luxe. Son mauvais goût. Le roi ne fait rien à
Paris, abandonne Saint-Germain, s’établit à Versailles, veut
forcer la nature. Ouvrages de Maintenon. Marly. p. 452
NOTES.
I. Le cardinal de
Bouillon. p. 473
II. Le garde des
sceaux Chauvelin.
p. 474
III. Anne d’Autriche
et Mazarin.
p. 480
IV. Des conseils.
p.
491
V. États généraux;
mode de nomination des députés aux états généraux.
p.
492
VI. Récit
officiel de l’arrestation de Fouquet, rédigé par ordre de
Colbert. p. 493
VII. Le Tellier et
son fils Louvois.
p. 500
VIII. Jalousie de
Louvois contre Seignelay. p. 502
IX. Mort de Louvois. p. 503
X. Conduite de Louis XIV envers Barbezieux. p. 505
XI. Mémoire de Marinier, commis des bâtiments
du roi, sous Colbert, Louvois et Mansart. p. 507
TREIZIÈME VOLUME.
Chapitre I. Amours
du roi. Belle inconnue très connue. Mme Scarron; ses premiers temps.
Extraction, famille et fortune du maréchal d’Albret. Mme Scarron
élève en secret M. du Maine et Mme la Duchesse, et [eux]
reconnus et à la cour, demeure leur gouvernante. Le roi ne la peut
souffrir et s’en explique très fortement. Elle prend le nom de Maintenon
en acquérant la terre. Le roi rapproché de Mme de Maintenon,
qui enfin supplante Mme de Montespan. Le roi épouse Mme de Maintenon.
Mme de Maintenon toute-puissante quitte les armes de son premier mari,
à l’exemple de Mme de Montespan et de Mme de Thianges. p. 1
Chapitre II. Caractère
de Mme de Maintenon. Goût de direction. Persécution du jansénisme.
Antérieures dissipations des saints et savants solitaires de Port-Royal.
Révocation de l’édit de Nantes. Établissement de Saint-Cyr.
Vues de Mme de Maintenon, qui manque une seconde fois la déclaration
de son mariage. Mme de Maintenon seconde dame d’atours de la Dauphine de
Bavière, qu’elle environne de personnes toutes à elle, inutilement.
Malheurs et mort de cette Dauphine. Fénelon, archevêque de
Cambrai, et Bossuet, évêque de Meaux, consultés et
contraires à la déclaration du mariage. Le premier achève
d’être perdu. Raisons qui sauvent l’autre. Mme de Montespan chassée
pour toujours de la cour. Époque de l’union la plus intime entre
Mme de Maintenon et le duc du Maine. Crayon léger de celui-ci. p.
17
Chapitre III. Mécanique,
vie particulière et conduite de Mme de Maintenon. Adresse et conduite
de Mme de Maintenon pour gouverner. Coups de caveçon du roi pour
gouverner, qui ne l’empêchent pas de l’être en plein. Dureté
du roi; excès de contrainte avec lui. Voyages du roi. Sa manière
d’aller. Aventure de la duchesse de Chevreuse. Mme de Maintenon voyage
à part, n’en est guère moins contrainte. Domestique de Mme
de Maintenon. Nécessité des détails sur Mme de Maintenon.
Grandeur particulière de Mme de Maintenon. Autorité particulière
de Mme de Maintenon. p. 32
Chapitre IV. Adresse
de Mme de Maintenon à se saisir des affaires ecclésiastiques.
Innocence éminente de la vie et de la fortune du cardinal de Noailles.
Cabales dévotes. Utilité de la constitution à Mme
de Maintenon. Malheurs des dernières années du roi le rendent
plus dur et non moins dupe. Adresse de Mansart. Malheurs du roi dans sa
famille et dans son intime domestique, et sa grandeur dans les revers de
la fortune. Le roi considéré à l’égard de ses
bâtards. Piété et fermeté du roi jusqu’à
sa mort. Réflexions. Jésuites laïques. Autres réflexions.
Abandon du roi aux derniers jours de sa vie. Horreur du duc du Maine. p.
54
Chapitre V. Vie publique
du roi. Où seulement et quels hommes mangeaient avec le roi. Matinées
du roi. Conseils. Dîner du roi. Service. Promenades du roi. Soirs
du roi. Jours de médecine. Dévotions. Autres bagatelles.
Le roi peu regretté. p. 85
Chapitre VI. Année 1715.
M.
le duc d’Orléans surpris par la mort du roi. La pompe funèbre
réduite au plus simple. Points d’états généraux.
Liberté accordée aux pairs sur les usurpations du parlement,
puis commuée en protestations et promesses de décision. Séance
au parlement pour la régence. Le duc de La Rochefoucauld reçu
au parlement. Scélératesse et piège du premier président,
que le duc de La Rochefoucauld évite avec noblesse. Duc du Maine
arrive en séance. Protestation des pairs sur les usurpations du
parlement à leur égard, et interpellation à M. le
duc d’Orléans sur sa promesse de les juger dès que les affaires
du gouvernement seraient réglées, à laquelle il acquiesce
en pleine séance. Députation du parlement va querir le testament
et le codicille du roi. Stairs dans une lanterne; le duc de Guiche, bien
payé, dans une autre. Le régiment des gardes aux avenues.
Dreux, conseiller de la grand’chambre, fait à haute voie lecture
du testament, et l’abbé Menguy, conseiller clerc de la grand’chambre,
du codicille. Discours de M. le duc d’Orléans. Le testament du roi
abrogé quant à l’administration de l’État. Forte dispute
publique, puis particulière, entre M. le duc d’Orléans et
le duc du Maine sur le codicille du roi. Sur l’avis du duc de La Force,
je fais passer la dispute dans la quatrième des enquêtes.
Je l’y fais après suspendre, et fais lever la séance et remettre
à l’après-dînée. Mme la Duchesse; en haine des
bâtards, en récente et secrète mesure avec M. le duc
d’Orléans, qui déclare M. le Duc, en séance, chef
du conseil de régence. Le régent rend au parlement les remontrances,
lui promet de lui parler de la forme du gouvernement, et lève la
séance avec grand applaudissement. Mesures au Palais-Royal, où
je vais dîner. Courte joie du maréchal de Villeroy, etc. Séance
de l’après-dînée. Discours de M. le duc d’Orléans.
Le duc du Maine ose à peine répondre. Le codicille est en
tout abrogé. Le régent est revêtu de tout pouvoir.
Contenance des bâtards. Acclamations. Compliment du régent,
qui propose six conseils et s’y appuie de Mgr le duc de Bourgogne, et pourquoi.
Applaudissements. Fin de la séance. Le régent retourne à
Versailles, où, en arrivant, Madame lui demande pour grâce
unique l’exclusion entière de l’abbé Dubois de tout, et en
tire publiquement sa parole. p. 105
Chapitre VII. Conseils
à l’ordinaire. Les entrailles du roi portées à Notre-Dame
tout simplement. Harangues des compagnies au roi. Force réformes
civiles. Le coeur du roi fort simplement porté aux Grands-Jésuites.
Merveilleuse et prompte ingratitude. Le régent visite à Saint-Cyr
Mme de Maintenon, et lui continue sa pension. Madame l’y visite aussi le
même jour. Le parlement continué pour un mois. Le roi va à
Vincennes. Le corps du roi porté à Saint-Denis. Entreprise
de M. le Duc, qui fait monter avec lui dans le carrosse du roi le chevalier
de Dampierre, son écuyer. Le régent permet à tous
les carrosses d’entrer dans la dernière cour du Palais-Royal, et
à qui voulut de draper, jusqu’au premier président du parlement.
Nouveauté pour les magistrats de draper des plus grands deuils de
famille et de porter des pleureuses. Prisons ouvertes; horreurs. Duc du
Maine et comte de Toulouse admis au conseil avec les seuls ministres du
feu roi. Mort de Mme de La Vieuville. Mme la duchesse de Berry, à
Saint-Cloud, fait Mme de Pons sa dame d’atours, et la remplace de Mme de
Beauvau. Duc d’Albret est grand chambellan sur la démission du duc
de Bouillon, son père. Le roi tient son premier lit de justice.
Le roi harangué par les compagnies à Vincennes. Le chancelier
se démet, pour quatre cent mille livres, de sa charge de secrétaire
d’État. Crosat; quel; fait grand trésorier de l’ordre pour
des avances. Térat; quel; en a le râpé. Conseils, d’où
pris, comment pervertis. Je fais déclarer le cardinal et le duc
de Noailles chef du conseil de conscience et président de celui
des finances. Réflexion sur le pouvoir et le grand nombre en matière
de religion. Conseil de conscience. Caractère de Besons, archevêque
de Bordeaux, puis de Rouen, de Pucelle et de Joly de Fleury. Dorsanne;
son caractère et sa fin. Conseil des finances. Le chancelier de
Pontchartrain raffermit secrètement son fils. Conseil des affaires
étrangères. Conseil de guerre. Caractère du duc de
Guiche. Les fortifications données à Asfeld. Caractère
de Saint-Contest et de Le Blanc. Conseil de marine. Conseil des affaires
du dedans du royaume. Caractère de Beringhen, premier écuyer,
et du marquis de Brancas. p. 130
Chapitre VIII. Conseil
de régence. Caractère de Besons. Torcy. Bouthillier-Chavigny,
ancien évêque de Troyes. La Vrillière sans voix; son
caractère et ses fonctions. Pontchartrain sans voix ni fonction.
Rage et conduite de Tallard. Personnages des conseils. Desmarets congédié
avec une gratification de trois cent cinquante mille livres. Trop juste
augure de M. le duc d’Orléans. Catastrophe de Mme Desmarets. Bercy,
son gendre, chassé. Lieux des divers conseils. Leurs appointements.
Règlements particuliers. Prétention des conseillers d’État
de ne céder qu’aux ducs et aux officiers de la couronne. Noailles
et Canillac avocats des conseillers d’État contre les gens de qualité.
J’expose au régent la qualité et le ridicule de cette prétention.
Mollesse du régent. Adresse des conseillers d’État. Effiat
vice-président. Forme des conseils du feu roi adoptée au
conseil de régence. Les maîtres des requêtes refusent
de rapporter au conseil de régence, s’ils n’y sont assis, ou si
ceux de ce conseil qui ne sont ni ducs, ni maréchaux de France,
ou conseillers d’État, n’y sont debout tant que les maîtres
des requêtes y seraient. Les conseillers au parlement mis dans les
conseils imitent les maîtres des requêtes, et le régent
le souffre. Deux exemples de l’inconvénient qui en résulte
pour les affaires. Les maîtres des requêtes cèdent enfin
aussitôt après la mort du chancelier Voysin, et, sans plus
de prétentions, rapportent debout au conseil de régence.
Les conseillers d’État emportent d’y précéder tout
ce qui n’est pas duc ou officier de la couronne, lorsqu’ils y viennent
extraordinairement. p. 157
Chapitre IX. Éclat
des princes du sang sur la qualité de prince du sang prise par le
duc du Maine avec eux. Protestation de MM. de Courtenay pour la conservation
de leur état et droits, présentée au régent.
Malheur et extinction de cette branche de la maison royale. Béthune
épouse la fille du duc de Tresmes. Nangis obtient de vendre le régiment
d’infanterie du roi. Poirier premier médecin du roi. Mme la duchesse
de Berry logée à Luxembourg avec sa cour, où Mme de
Saint-Simon et moi ne voulûmes point habiter. Villequier obtient
les survivances du duc d’Aumont, son père. Deux nouveaux premiers
valets de chambre. Le cardinal de Polignac vend sa charge de maître
de la chapelle à l’abbé de Breteuil, depuis évêque
de Rennes; et le baron de Breteuil la sienne d’introducteur des ambassadeurs,
à Magny. Le marquis de Simiane lieutenant général
de Provence; et Fervaques gouverneur du Perche et du Maine, sur la démission
de Bullion, son père. Le prince Charles de Lorraine obtient un million
de brevet de retenue sur sa charge de grand écuyer, et peu après
la survivance du gouvernement de Picardie du duc d’Elboeuf. J’eus aussi
la survivance de mes deux gouvernements pour mes deux fils, et l’abbaye
de Jumièges pour l’abbé de Saint-Simon. Réflexion
sur les coadjutereries régulières. Grand et fort étrange
présent du régent au duc de La Rochefoucauld. Dépouille
de l’appartement du feu roi au duc de Tresmes. Noailles et Rouillé
maîtres des finances, dont le conseil prend forme, et les autres
conseils aussi. Premier conseil de régence. Je me raccommode avec
le maréchal de Villeroy. Placets dits à l’ordinaire. Tentative
échouée de Besons, qui s’éloigne de moi de plus en
plus. Amelot arrive de Rome, qui me conte un rare entretien entre le pape
et lui sur la constitution. Amelot exclu de tout, et pourquoi; mis enfin
à la tête d’un conseil de commerce. Spectacles recommencés.
Don à Canillac. Garde-robe et cassette du roi. Le grand prieur est
rappelé. Belle-Ile obtient quatre cent mille livres comptant sur
les états de Bretagne. Quel fut Belle-Ile. Sa famille. Quels sont
les Castille, dits Jeannin. Caractère des deux frères Belle-Ile.
p.
178
Chapitre X. Pontchartrain
reçoit en face les plus cruels affronts en plein conseil de régence.
Bassesse et avarice de Pontchartrain. Désordre des finances. Frayeur
des partisans. Plénoeuf en fuite. Suite et détail des finances,
trop fort et trop vaste pour moi à le raconter. Replâtrage
entre M. le Duc et le duc du Maine sur la qualité de prince du sang.
M. le Grand prétend toute supériorité et autorité
sur la petite écurie et sur le premier écuyer du roi, et
d’avoir la dépouille de la petite écurie. Caractère
de M. le Grand. Faiblesse du conseil de régence. Raisons de M. le
Grand. Raisons de M. le Premier. M. de Troyes s’enfuit à Troyes,
de peur de juger l’affaire de M. le Grand et de M. le Premier. Conseil
de régence où les prétentions du grand et du premier
écuyer sont jugées toutes en faveur du premier écuyer.
Le premier écuyer me parle en faveur de sa femme et me presse de
la recevoir. Caractère de Mme de Beringhen. Je reçois enfin
sa visite. Le régent permet au grand écuyer de protester,
qui en abuse et tient l’affaire comme non jugée. Continuation des
mêmes démêlés, qui, après la mort de M.
le Grand, tuent M. le Premier, et qui continuent entre leurs fils jusqu’à
ce que le roi majeur décida comme avait fait le conseil de régence.
Le prince Charles refuse de signer les dépenses de la petite écurie
à l’ordinaire, sans examen. M. le Duc, sur ce refus, les signes
comme grand maître de France, et le grand écuyer en perd le
droit. p. 200
Chapitre XI. Mariage
de Sandricourt qui me brouille pour toujours avec lui. Obsèques
du roi à Saint-Denis. Caractère de Dreux. Le régent
veut la confusion et la division. Je veux me retirer de tout à la
mort du roi, et je me laisse raccrocher malgré moi par M. le duc
d’Orléans. Conduite de ce prince à l’égard des ducs.
Courte comparaison des assemblées de la noblesse en 1649 et en 1715.
Ressorts et fanatisme de celle-ci. Le régent trompé sur cette
prétendue noblesse. Étrange personnage du duc de Noailles.
Le régent trompé sur le parlement. Menées du duc de
Noailles pour diviser les ducs, et faire tomber leurs poursuites contre
les usurpations du parlement à leur égard; à quoi
enfin il réussit. p. 228
Chapitre XII. Mme
la duchesse de Berry obtient une compagnie de gardes. Le chevalier de Roye
en est capitaine et Rion lieutenant. Ce que devient le chevalier de Roye.
Harling est aussi capitaine des gardes de Madame, mais sans compagnie.
Mme la duchesse d’Orléans prend quatre dames auprès d’elle,
tôt après imitée en cela par Mme la Duchesse et par
d’autres princesses du sang. Mort du comte de Poitiers, dernier mâle
de cette grande et illustre maison. Mort d’Humbert. Chirac en sa place
premier médecin de M. le duc d’Orléans. Vergagne bien singulièrement
grand d’Espagne. Mort de la princesse de Cellamare. Le fils de Matignon
finit son mariage, et est duc et pair de Valentinois. Douze millions du
clergé au roi. Vingt mille livres de rente sur les juifs de Metz
au duc de Brancas. Pontchartrain reçoit ordre de donner la démission
de sa charge de secrétaire d’État, qui est en même
temps donnée à Maurepas, son fils. Caractère du comte
et de la comtesse de Roucy. Éclat entre le comte et la comtesse
de Roucy et moi, qui nous brouille pour toujours. Le maréchal d’Harcourt
obtient pour son fils la survivance de sa charge de capitaine des gardes
du corps. p. 254
Chapitre XIII. Mouvements
d’Écosse. Caractère de Stairs et ses menées. Rémond;
quel. Mouvements d’Angleterre. Conduite de l’Espagne. Manéges d’Albéroni
pour gouverner seul. Projets politiques d’Albéroni. Cause de la
dépendance des Provinces-Unies de l’Angleterre. Albéroni
éloigné de la France, encore plus du régent, méprise
les bassesses du duc de Noailles. Il chasse avec éclat le gouverneur
du conseil de Castille. Sa correspondance avec Effiat. Négociation
de Stairs pour la mutuelle garantie des successions de France et d’Angleterre.
Le régent y veut engager la Hollande. Stairs presse le régent
de faire arrêter le Prétendant, passant de Bar, caché,
en Bretagne pour s’embarquer. Le Prétendant échappe aux assassins
de Stairs par le courage et l’adresse de la maîtresse de la poste
de Nonancourt, qui en est mal récompensée. Il s’embarque
en Bretagne. Impudence de Stairs et de ses assassins. p. 280
Chapitre XIV. Pensées
de l’Espagne, où Albéroni gagne peu à peu la principale
autorité, et veut chasser le cardinal del Giudice. Forte brouillerie
entre Rome et Madrid. Adresse d’Albéroni pour parvenir à
la pourpre romaine. Il veut faire des réformes et établir
une puissante marine. Miraval, ambassadeur en Hollande, choisi pour être
gouverneur du conseil de Castille. La Mirandole éloigné.
Traité de la Barrière signé entre l’empereur et les
États généraux. Soupçons qu’il cause, favorables
au Prétendant. Inquiétude de la France sur la conduite de
l’Espagne, et la sienne en conséquence. Plaintes de l’Angleterre
de la conduite de la France à l’égard du Prétendant,
et pareillement de celle d’Espagne. Le pape et le clergé d’Espagne
assistent le Prétendant, dont les affaires tournent mal. L’Espagne
se désiste, par un traité fort avantageux aux Anglais, des
articles ajoutés au traité d’Utrecht. Mesures de l’Espagne
avec la Hollande sur le commerce. Vanteries d’Albéroni. Naufrage
de la flottille d’Espagne richement chargée. Plan d’Albéroni
pour les réformes. Voir les pièces, et quelles elles sont
tant sur le détail des affaires étrangères que sur
celles de la constitution. Duels réveillés. Charost obtient
pour son fils la survivance de sa charge de capitaine des gardes du corps.
Bals de l’Opéra. Raisons de tenir la cour à Versailles; celles
de M. le duc d’Orléans pour Paris. Les médecins prolongent
le séjour de Vincennes. Les PP. Tellier et Doucin chassés
de Paris. Les jésuites interdits par les évêques de
Metz et de Verdun. Biron marie sa fille aînée à Bonac,
et son fils aîné à la fille aînée du duc
de Guiche. Service du feu roi à Notre-Dame. Mort d’une fille carmélite
du maréchal de Villeroy, et de Mme de Sourches. Mort de La Hoguette,
archevêque de Sens; son éloge. Mort de Mme de Louvois. Curiosités
sur elle. Mort de la femme du czarowitz. Nouveau délai à
Vincennes. Les conseils de régence sont partagés entre Vincennes
et Paris. Mort et caractère du prince Camille. Mort de l’électeur
de Trèves (Lorraine). Mariage du marquis d’Harcourt avec Mlle de
Villeroy. Caylus, réhabilité et absous de son ancien duel,
fait une grande fortune en Espagne. M. le duc d’Orléans a la faiblesse
de pardonner à La Feuillade, de le nommer ambassadeur à Rome,
et de le combler de grâces et de biens. M. le duc dispute au duc
du Maine et au comte de Toulouse le traversement du parquet. Réception
du duc de Valentinois au parlement différée. Cruelle affaire
suscitée à Desmarets, dont il se tire bien. Je lui pare l’exil
et me raccommode avec lui. Peu après nous nous parlons très
franchement à la Ferté l’un à l’autre. Valeur des
espèces augmentée. D’Antin surintendant des bâtiments.
Le roi à Paris. p. 296
Chapitre XV. Année 1716.
M.
du Maine me fait une visite sans cause. Je visite M. [le duc] et Mme la
duchesse du Maine, qui me tiennent des propos fort singuliers, mais fort
polis. Abbé Dubois conseiller d’État d’Église. Force
évêchés et abbayes donnés. Prédiction
sur Cambrai singulière. Conseil de commerce. M. le Duc et le duc
du Maine entrent au conseil de guerre. Mort des reines douairières
de Suède et de Pologne. Mort, caractère et succession de
la duchesse de Lesdiguières-Gondi. Mort de Mme de Grancey. Mort
et caractère de Coulanges, et celui de sa femme. Mort de Cavoye.
Veuvage de sa femme respectable et prodigieux. Mort de Mlle d’Acigné.
Mort de Parabère. Mariage du fils unique de M. de Castries. Singularité
étrange de Mme la duchesse d’Orléans. Mariage de Broglio,
mort maréchal de France et duc, avec une Malouine. Mariage de Bellegarde
avec la fille unique de Vertamont, à qui on donne un râpé
de l’ordre. Foule étrange de ces râpés et vétérans.
Mariage de Maubourg avec une fille du maréchal de Besons. Mariage
du duc de Melun avec une fille du duc d’Albert. Mariage conclu, puis rompu
avec éclat, du marquis de Villeroy avec la fille aînée
du prince de Rohan, qui ne le pardonne pas. Il marie sa fille au duc de
La Meilleraye, et le marquis de Villeroy épouse la fille aînée
du duc de Luxembourg. Courtenvaux marie son fils à la dernière
fille de la maréchale de Noailles, et lui donne sa charge des Cent-Suisses.
p.
320
Chapitre XVI. Je fais
donner à La Vrillière voix au conseil de régence.
M. de Châtillon mestre de camp général, et M. de Clermont-Tonnerre
commissaire général de la cavalerie. La charge de secrétaire
d’État de la guerre supprimée; celle des affaires étrangères
rétablie sans fonction, donnée à Armenonville, qui
en paye quatre cent mille livres au chancelier Voysin. Les conseillers
d’État prétendent que la place de conseiller d’État
est incompatible avec la charge de secrétaire d’État, et
perdent leur procès contre Armenonville. Avaraye ambassadeur en
Suisse, et Bonac à Constantinople. Maupertuis et Vins, capitaines
des deux compagnies des mousquetaires, se retirent; Artagnan et Canillac
leur succèdent. Réforme des troupes. Querelle, combat, procédure
et jugement entre le duc de Richelieu et le comte de Gacé. Princes
du sang, bâtards, pairs. Épées aux prisons. Querelle
et combat entre MM. de Jonzac et de Villette. Mort de Sourches, ci-devant
grand prévôt, et de Lyonne, premier écuyer de la grande
écurie, à qui succède le neveu de Sainte-Maure. Chambre
de justice contre les financiers. Accident à un oeil de M. le duc
d’Orléans. Payements se commencent. Misère étrange
des ministres employés par la France au dehors. Mortification, puis
don, aussi mal à propos l’un que l’autre, à Desmarets. Cheverny
gouverneur de M. le duc de Chartres ad honores. Mme la duchesse de Berry
usurpe des honneurs qu’elle ne conserve pas. Son démêlé
avec M. le prince de Conti. S’abandonne à Rion. Quel est Rion. Il
la maîtrise fort durement. Contrastes de Mme la duchesse de Berry
avec elle-même, et dans le monde, et aux Carmélites. Mme d’Aydie
dame de Mme la duchesse de Berry, au lieu de la mère du marquis
de Brancas, qui rend sa place. p. 338
Chapitre XVII. Vie,
journées et conduite personnelle de M. le duc d’Orléans.
Le régent impénétrable sur les affaires dans la débauche,
même dans l’ivresse. Ses maîtresses. Roués de M. le
duc d’Orléans. Énormités ecclésiastiques. Démêlé
des cours de Rome et de Turin sur le tribunal de la monarchie de Sicile.
Naissance de don Carlos, roi des Deux-Siciles. Prince palatin électeur
de Trèves. Cabale qui, par intérêts particuliers, attache
pour toujours le régent à l’Angleterre. M. le duc d’Orléans
n’a jamais désiré la couronne, mais le règne du roi
et par lui-même. Je propose au régent l’indissoluble et perpétuelle
union avec l’Espagne, comme le véritable intérêt de
l’État, dont la maison d’Autriche et les Anglais sont les ennemis
essentiellement naturels. Stralsund pris. Le roi de Suède échappé
et passé en Suède. p. 355
Chapitre XVIII. Traité
de commerce avantageux à l’Angleterre signé à Madrid.
Albéroni a seul la confiance du roi et de la reine d’Espagne; fait
la réforme des troupes. Revenus de la couronne d’Espagne. Lenteurs
de l’échange des ratifications du traité de la Barrière
et du rétablissement des électeurs de Cologne et de Bavière.
Semences de mécontentement entre l’Espagne et l’Angleterre. Albéroni
tient le roi et la reine d’Espagne sous sa clef. Sa jalousie du cardinal
del Giudice, qu’il veut perdre, et du P. Daubenton, qu’il veut subjuguer.
Quel est ce jésuite. Albéroni pointe au cardinalat, et se
mêle des différends avec Rome. Aubrusselle, jésuite
français, précepteur du prince des Asturies. Dégoût
del Giudice. Fâcheux propos publics sur la reine et Albéroni
qui prend un appartement dans le palais et se fait rendre compte en premier
ministre. Anglais et Hollandais veulent chasser les Français des
Indes. Brocards sur Albéroni. Friponneries de Stairs. Haine des
Anglais pour la France. L’empereur tenté d’attaquer l’Italie. Crainte
de l’Italie de l’empereur et des Turcs. Traité de la Barrière
conclu. Le régent propose la neutralité des Pays-Bas; les
Anglais, un renouvellement d’alliance aux Hollandais, dangereuse à
la France, et y veulent attirer le roi de Sicile. Le pape implore partout
du secours. Situation et ruses d’Albéroni. Plaintes et disgrâces
que cause sa réforme des troupes. Le duc de Saint-Aignan s’en mêle
mal à propos. Hersent père; son caractère; son état.
Le Prétendant échoue en Écosse et revient. L’Espagne
lui refuse tout secours, caressée par l’Angleterre aigrie contre
la France. Impostures de Stairs pour l’aigrir encore plus. Soupçons
réciproques des puissances principales. Adresse de Stanhope pour
brouiller la France et l’Espagne, et pour gagner le roi de Sicile à
son point. Triste opinion générale de l’Espagne. Ombrages
d’Albéroni qui promet un grand secours au pape. Triste et secrète
entrevue du Prétendant et de Cellamare. Berwick et Bolingbroke mal
avec le Prétendant, qui prend Magny. Quel est Magny. Violents offices
de l’Angleterre partout contre tout secours et retraite à ce prince.
Fausses souplesses à l’Espagne, jusqu’à se liguer avec elle
pour empêcher l’empereur de s’étendre en Italie, et secourir
le roi d’Espagne en France si le cas d’y exercer ses droits arrivait. But
du secours d’Espagne au pape. Le roi et la reine d’Espagne ne perdent point
l’esprit de retour, si malheur arrivait, en France. Albéroni les
y confirme. Ses ombrages; ses manéges; son horrible duplicité.
Inquiétude de Riperda. Crainte du roi de Sicile. Liberté
de discours du cardinal del Giudice. Étrange scélératesse
de Stairs confondue par elle-même. Faux et malin bruit répandu
sur les renonciations. Propositions très captieuses contre le repos
de l’Europe faites par l’Angleterre à la Hollande, qui élude
sagement. Frayeur égale du pape, de l’empereur et du Turc. Stanhope
propose nettement à Trivié de céder à l’empereur
la Sicile pour la Sardaigne. Stanhope emploie jusqu’aux menaces pour engager
la Savoie contre la France. But et vues de Stanhope. Préférence
du roi Georges de ses États d’Allemagne à l’Angleterre, cause
de ses ménagements pour l’empereur. Conseil de Vienne et celui de
Constantinople divisés sur la guerre. Escadres anglaise et hollandaise
vont presser le siège de Wismar. Nouvelles scélératesses
de Stairs. Intérêt du ministère anglais de toujours
craindre la France pour tirer des subsides du parlement. Continuation d’avances
infinies de l’Angleterre à l’Espagne. Monteléon en profite
pour s’éclaircir sur la triple alliance proposée par l’Angleterre
avec l’empereur et la Hollande. Souplesse de Stanhope. Crainte domestique
du ministère anglais qui veut rendre les parlements septénaires.
p.
381
Chapitre XIX. Le régent
ne peut être dépris de l’Angleterre. Scélératesse
de Stairs et de Bentivoglio. Sa faiblesse à leur égard; comment
conduite. Le parti de la constitution n’oublie rien pour me gagner, jusqu’à
une tentation horrible. Conduite du duc de Noailles avec moi, et de moi
avec lui. Le cardinal de Noailles bénit la chapelle des Tuileries.
Mort du duc d’Ossone. Entreprises du grand prieur à la fin arrêtées;
se plaint de moi inutilement. Je l’empêche d’entrer dans le conseil
de régence. Mort de la duchesse de Béthune; son état.
Mort de l’abbé de Vassé et du chevalier du Rosel, et de Fiennes,
lieutenants généraux. Mort de Valbelle et de Rottembourg,
et du duc de Perth. La Vieuville se remarie. Forte scène entre le
prince et la princesse de Conti. Mme la duchesse de Berry mure les portes
du jardin de Luxembourg, et fait abréger les deuils. Elle est la
première fille de France qui souffre dans sa loge les dames d’honneur
des princesses du sang, et fait La Haye gentilhomme de la manche du roi.
Vittement sous-précepteur du roi. Elle achète la Muette d’Armenonville,
qui en est bien récompensé. Mme la princesse de Conti, première
douairière, achète Choisy. M. le duc d’Orléans achète
pour le chevalier d’Orléans la charge de général des
galères; donne au comte de Charolais soixante mille livres de pension;
fait revenir les comédiens italiens. p. 408
Chapitre XX. Berwick
va commander en Guyenne au lieu de Montrevel, qui va en Alsace et qui s’en
prend à moi. Berwick fait réformer sa patente, et n’est sous
les ordres de personne, contre la tentative du duc du Maine. Le parlement
s’oppose au rétablissement des charges de grand maître des
postes et de surintendant des bâtiments. Ses vues, sa conduite, ses
appuis. Vues et intérêts de ses appuis. Je me dégoûte
d’en parler au régent. Je lui en prédis le succès,
et je reste là-dessus dans le silence. Law, dit Las; sa banque.
Mon avis là-dessus, tant au régent en particulier qu’au conseil
de régence. Elle y passe et au parlement. Le régent me met,
malgré moi, en commerce réglé avec Law, qui dure jusqu’à
sa chute. Vue de Law à mon égard. Évêchés
et autres grâces. Arouet, poète, depuis Voltaire, exilé.
Un frère du roi de Portugal à Paris; va servir en Hongrie.
Mort de Mme de Courtaumer et de Mme de Villacerf; de la comtesse d’Egmont
en Flandre; sa famille. Mort de la maréchale de Bellefonds et de
la marquise d’Harcourt. Le maréchal d’Harcourt, en apoplexie, perd
la parole pour toujours. Le roi, revenant de l’Observatoire, visite en
passant le chancelier de Pontchartrain. Mme de Nassau remise en liberté.
MM. le Duc et prince de Conti ont la petite vérole. Naissance de
la dernière fille de Mme la duchesse d’Orléans. Mort de l’électeur
palatin. p. 425
Chapitre XXI. Soupçons
et propos publics contre la reine d’Espagne et Albéroni. Dégoût
et licence del Giudice. Triste état et emploi des finances. Dégoût
d’Albéroni sur Hersent. Incertitudes d’Albéroni au dehors.
Le Prétendant tire quelques secours de lui, se retire à Avignon
faute d’autre asile. Les puissances maritimes offrent des vaisseaux à
l’Espagne. Leur intérêt. Indiscrète réponse
d’Albéroni. Plaintes. Frayeur de l’Italie du Turc et de l’empereur.
Albéroni trompe Aldovrandi, attrape les décimes et se moque
de lui. Ses vues. Offres de l’Angleterre à l’Espagne contre la grandeur
de l’empereur en Italie. L’Angleterre se plaint d’Albéroni et le
dupe sur l’empereur. Le roi d’Angleterre veut aller à Hanovre. Wismar
rendu. Frayeur des Hollandais de l’empereur. Hauteurs partout des Impériaux.
Vues et adresses des Hollandais. Hardiesse et scélératesse
de Stairs. Imprudence du régent. Sagesse de Cellamare. Canal de
Mardick. Naissance d’un fils à l’empereur. Folle catastrophe de
Langallerie. Scélératesse ecclésiastique et temporelle
de Bentivoglio. Situation et inquiétudes d’Albéroni. Parlements
d’Angleterre rendus septénaires. Vue et conduite des ministres anglais
et de la Hollande à l’égard de la France et de l’empereur.
Albéroni inquiet se prête un peu à l’Angleterre. Ses
haines, ses fourberies, ses adresses, son insolence. Albéroni veut
savoir à quoi s’en tenir avec l’Angleterre; ne tire de Stanhope
que du vague, dont Monteléon voudrait que l’Espagne se contentât.
Souplesses de l’Angleterre pour l’Espagne. Friponnerie et faussetés
de Stanhope pour se défaire de Monteléon, qu’il trouvait
trop clairvoyant. Albéroni, dupe de Stanhope et même de Riperda,
ne songe qu’au chapeau. Triste état du gouvernement d’Espagne. Scandaleux
pronostics du médecin Burlet sur les enfants de la feue reine. L’Angleterre
tâche de détourner la guerre de Hongrie. Artifices contre
la France. Ligue défensive signée entre l’empereur et l’Angleterre,
qui y veulent attirer la Hollande. Conditions. Prié gouverneur général
des Pays-Bas. Juste alarme du roi de Sicile. Souplesses et artifices de
l’Angleterre pour calmer l’Espagne sur cette ligue. Albéroni change
subitement d’avis et ne veut d’aucun traité. Albéroni flatte
le pape; promet [des secours]; envoie Aldovrandi subitement à Rome
pour ajuster les difficultés entre les deux cours, en effet pour
presser son chapeau. Bentivoglio et Cellamare, l’un en méchant fou,
l’autre en ministre sage, avertissent leur cour du détail de la
ligue traitée entre la France et l’Angleterre. Confidences de Stairs
à Penterrieder. Quel était ce secrétaire impérial.
Considérations diverses. Manége infâme de Stairs. Dure
hauteur de l’empereur sur l’Espagne et la Bavière aux Pays-Bas.
Le roi de Prusse à Clèves. Aldovrandi mal reçu à
Rome, pénétré, blâmé. Avis au pape sur
le chapeau d’Albéroni. Cour d’Espagne déplorable. Jalousies
et craintes d’Albéroni. [Il] rassure la reine. Ce qu’il pense de
son caractère. Bruits à Madrid fâcheux sur le voyage
d’Aldovrandi. Demandes du roi d’Espagne au pape. Courte réflexion
sur le joug de Rome et du clergé. Vues et mesures de l’Espagne sur
ses anciens domaines d’Italie. Sage avis du duc de Parme. Fol et faux raffinement
de politique d’Albéroni. Manéges étranges du ministère
anglais sur le traité à faire avec la France. Horreurs de
Stairs. Rare omission au projet communiqué de ce traité par
les Anglais. Fâcheuse situation intérieure de la Grande-Bretagne
et de la cour d’Angleterre. Vues du roi de Prusse. Mauvaise foi de Stairs.
Intrigues de la cour d’Angleterre. p. 440
NOTES.
I. Protestation des
ducs et pairs à la séance du parlement. p. 465
II. Mépris
pour les anciens usages pendant la régence. p. 466
III. Le maréchal
de Noailles (Adrien-Maurice). p. 466
IV. Conseil extraordinaire
de finances tenu le 24 octobre 1715 pour l’institution de la banque de
Law. p. 469
QUATORZIÈME VOLUME.
Chapitre I. Assemblées
d’huguenots dissipées. Le régent, tenté de les rappeler,
me le propose. Aveuglement du régent sur l’Angleterre. Je détourne
le régent de rappeler les huguenots. Mort de Bréauté,
dernier de son nom. Mort de Connelaye, de Chalmazel et de Greder. Mort
de l’archevêque de Tours; sa naissance et son mérite. Mort
de La Porte, premier président du parlement de Metz, à qui
Chaseaux succède. Anecdote curieuse sur Mlle de Chausseraye. Mort
de Cani. Sa charge de grand maréchal des logis et son brevet de
retenue donnés à son fils enfant. Mort de la duchesse de
La Feuillade. Mort de la jeune Castries et de son mari. Mort d’une bâtarde
non reconnue de Monseigneur. Mariage du comte de Croï avec Mlle de
Milandon. Hardies prétentions de cette veuve. Mariages de Rothelin
avec Mlle de Clèves. Le parlement continue à s’opposer au
rétablissement de la charge des postes et de celle des bâtiments.
Motifs de sa conduite et ses appuis. Il dispute la préséance
au régent à la procession de l’Assomption, et l’empêche
de s’y trouver. Audace de cette prétention, qui se détruit
d’elle-même par droit et par faits expliqués même à
l’égard de seigneurs particuliers. Comment le terme de gentilshommes
doit être pris. Conduite du régent avec le parlement, du parlement
avec lui, et la mienne avec ce prince à l’égard du parlement.
Pension de six mille livres donnée à Maisons, et un régiment
de dragons à Rion. Pensions dites de Pontoise, dont une donnée
au président Aligre. p. 1
Chapitre II. Bataille
de Salankemen gagnée sur les Turcs par le prince Eugène.
Jésuites encore interdits. Comte d’Évreux entre singulièrement
au conseil de guerre. Coigny, mal avec le régent, se bat avec le
duc de Mortemart; refusé d’entrer au conseil de guerre, veut tout
quitter. Je le raccommode. Il entre au conseil de guerre. Il ne l’oublie
jamais. Les princes du sang présentent une requête au roi
contre le nom, le rang et les honneurs de princes du sang, et l’habilité
de succéder à la couronne, donnée par le feu roi à
ses bâtards. Les pairs présentent une requête au roi
pour la réduction des bâtards au rang, honneurs et ancienneté
de leurs pairies parmi les autres pairs. Bout de l’an du roi à Saint-Denis.
Le duc de Berwick établit son fils aîné en Espagne,
qui y épouse la soeur du duc de Veragua et prend le nom de duc de
Liria. Valentinois de nouveau enregistré au parlement, lequel se
réserve des remontrances en enregistrant un nouvel édit pour
la chambre de justice, et refuse une seconde fois les deux charges des
bâtiments et des postes. Caractère du duc de Brancas. Caractère
de son fils et de sa belle-fille. Ils désirent de nouvelles lettres
de duché-pairie à faire enregistrer au parlement de Paris.
État de leur dignité. Brancas trompé par Canillac,
à qui il s’était adressé, s’en venge en bons mots
et a recours à moi. Condition dont Villars me donne toute assurance,
sa foi et sa parole sous laquelle je m’engage à le servir. J’y réussis
avec peine. Longtemps après, il me manque infâmement de parole
et en jouit. Le parlement enregistre enfin l’édit de création
des charges de surintendant des bâtiments et de grand maître
des postes. Les princes du sang et bâtards n’assistent point à
la réception du duc de Villars-Brancas. Mort de l’abbé de
Brancas. Mort de la princesse de Chimay. Abbé de Pomponne chancelier
de l’ordre par démission de Torcy. Arrivée des galions richement
chargés. Voyage de Laffiteau; quel était ce jésuite.
Mort du fils unique de Chamarande, et du comte de Beuvron. Mort de Mme
de Lussan et de l’abbé Servien. Mort de Mme de Manneville. Mort
d’Angennes. Mort de la duchesse d’Olonne. M. le duc de Chartres, malade
de la petite vérole, cause un dégoût de ma façon
au duc de Noailles. Te Deum au pillage. Mort du maréchal de Montrevel,
de peur d’une salière renversée sur lui. Mort du prince de
Fürstemberg. Mort du prince de Robecque. Le régiment des gardes
wallones donné au marquis de Risbourg. La duchesse d’Albe épouse
le duc de Solferino. p. 29
Chapitre III. Louville
envoyé secrètement en Espagne. Sa commission, très
importante et très secrète. Incapacité surprenante
du duc de Noailles. Jalousie extrême du maréchal d’Huxelles.
Craintes et manéges intérieurs d’Albéroni en Espagne.
Insolence de l’inquisition sur les deux frères Macañas. Cardinal
Acquaviva chargé, au lieu de Molinez, des affaires d’Espagne à
Rome. La peur qu’Albéroni et Aubenton ont l’un de l’autre les unit.
Giudice ôté d’auprès du prince des Asturies et du conseil.
Popoli fait gouverneur du prince des Asturies; sa figure et son caractère.
Mécontentement réciproque entre l’Espagne et l’Angleterre.
Fourberie d’Albéroni pour en profiter. Les Anglais, en peine du
chagrin du roi d’Espagne sur leur traité avec l’empereur, le lui
communiquent, et en même temps les propositions que leur fait la
France, et leur réponse. Malignité contre le régent
pour le brouiller avec le roi d’Espagne. Adresse de Stanhope pour se défaire
de Monteléon en Angleterre, et gagner Albéroni, qui passe
tout aux Anglais. Albéroni, gagné par la souplesse de Stanhope,
donne carte blanche aux Anglais pour signer avec eux une alliance défensive.
Embarras et craintes diverses de Bubb, secrétaire et seul ministre
d’Angleterre à Madrid. Prétention des Anglais insupportable
pour le commerce, qu’Albéroni ne leur conteste seulement pas. Bassesses
et empressement pour les Anglais. Crainte d’Albéroni des Parmesans,
qu’il empêche de venir en Espagne. Louville à Madrid; en est
renvoyé sans pouvoir être admis. Il en coûte Gibraltar
à l’Espagne. Impostures d’Albéroni sur Louville. Le régent
et Albéroni demeurent toujours piqués l’un contre l’autre
du voyage de Louville. p. 55
Chapitre IV. Traité
de l’asiento signé à Madrid avec l’Angleterre. Monteléon
dupe de Stanhope, jouet d’Albéroni. Le roi d’Angleterre à
Hanovre. L’abbé Dubois va chercher Stanhope passant à la
Haye, revient sans y avoir rien fait, repart aussitôt pour Hanovre.
Jugement des Impériaux sur la fascination du régent pour
l’Angleterre. Chétive conduite du roi de Prusse. Il attire chez
lui des ouvriers français. Aldovrandi, d’abord très mal reçu
à Rome, gagne la confiance du pape. Nuage léger entre lui
et Albéroni, lequel éclate contre Giudice, dont il ouvre
les lettres, et en irrite le roi d’Espagne contre ce cardinal. Étranges
bruits publiés en Espagne contre la reine. Albéroni les fait
retomber sur Giudice. La peur en prend à Cellamare, son neveu, qui
abandonne son oncle. Albéroni invente et publie une fausse lettre
flatteuse du régent à lui, et se pare de ce mensonge. Inquiétudes
et jalousie d’Albéroni sur les Français qui sont en Espagne.
Il amuse son ami Monti, l’empêche de quitter Paris pour Madrid, lui
prescrit ce qu’il lui doit écrire sur la reine, pour le lui montrer
et s’en avantager. Son noir manége contre le roi d’Espagne. Son
extrême dissimulation. Il veut rétablir la marine d’Espagne.
Ses manéges. Belle leçon sur Rome pour les bons et doctes
serviteurs des rois. Attention de l’Espagne pour l’Angleterre sur le départ
de la flotte pour les Indes, et des Hollandais pour l’Espagne sur leur
traité à faire avec l’Angleterre et la France. Difficultés
du dernier renvoyées aux ministres en Angleterre. Scélératesses
de Stairs. Perfidie de Walpole. Frayeurs et mesures d’Albéroni contre
la venue des Parmesans. Il profite de celles du pape sur les Turcs, et
redouble de manéges pour son chapeau, de promesses et de menaces.
Giudice publie des choses épouvantables d’Albéroni, bien
défendu par Aubenton et Aldovrandi. Molinez fait grand inquisiteur
d’Espagne. Quel était le duc de Parme à l’égard d’Albéroni.
Idées bien confuses de ce prince. Le pape s’engage enfin à
donner un chapeau à Albéroni. Impossibilité présente
peu durable. Avis d’Aldovrandi et Albéroni. Aventure des sbires
qui suspend d’abord, puis confirme l’engagement en faveur d’Albéroni.
Art et bassesse d’Acquaviva. Raison de tant de détails sur Albéroni.
Acquaviva, par ordre d’Espagne, transfuge à la constitution. Promesses,
menaces, manéges d’Albéroni et d’Aubenton pour presser la
promotion d’Albéroni. Invectives atroces de Giudice et d’Albéroni
l’un contre l’autre. Fanfaronnades d’Albéroni, et sa frayeur de
l’arrivée à Madrid du mari de la nourrice de la reine et
leur fils capucin. Quels ces trois personnages. Albéroni craint
mortellement la venue d’un autre Parmesan; écrit aigrement au duc
de Parme. p. 72
Chapitre V. [Albéroni]
compte sur l’appui de l’Angleterre; reçoit avis de Stanhope d’envoyer
quelqu’un de confiance veiller à Hanovre à ce qu’il s’y traitait
avec l’abbé Dubois. Pensées des étrangers sur la négociation
d’Hanovre. Les Impériaux la traversent de toute leur adresse, et
la Suède s’en alarme. Affaires de Suède. Pernicieuse haine
d’Albéroni pour le régent. Esprit de retour en France, surtout
de la reine d’Espagne. Sages réflexions d’Albéroni sur le
choix, le cas arrivant. Quel était M. le duc d’Orléans sur
la succession à la couronne. Affaire du nommé Pomereu. Mme
de Cheverny gouvernante des filles de M. le duc d’Orléans. Livry
obtient pour son fils la survivance de sa charge de premier maître
d’hôtel du roi. Effiat quitte le conseil des finances et entre dans
celui de régence. Honneurs du Louvre accordés à Dangeau
et à la comtesse de Mailly par leurs charges perdues. Origine de
cette grâce à leurs charges. Ce que c’est que les honneurs
du Louvre. Style de la république de Venise écrivant au Dauphin;
d’où venu. Entreprise de la nomination du prédicateur de
l’Avent devant le roi. M. de Fréjus officie devant le roi sans en
dire un seul mot au cardinal de Noailles. Abbé de Breteuil en tabouret,
rochet et camail, près du prie-Dieu du roi, comme maître de
la chapelle, condamné de cette entreprise comme n’étant pas
évêque. Quel fut le P. de La Ferté, jésuite.
L’abbé Fleury, confesseur du roi. Mort de la duchesse de Richelieu
et de Mme d’Arnemonville. Mort et caractère du maréchal de
Châteaurenaud. Belle anecdote sur le maréchal de Coetlogon.
Mort de la duchesse d’Orval. Mort de d’Aguesseau, conseiller d’État;
son éloge. Saint-Contest fait conseiller d’État, en quitte
le conseil de guerre. L’empereur prend Temeswar; perd son fils unique.
La duchesse de Saint-Aignan va trouver son mari en Espagne avec trente
mille livres de gratification. Mort, caractère et famille de M.
d’Étampes. Mort de la comtesse de RoucyMort de Mme Fouquet; sa famille.
Force grâces au maréchal de Montesquiou, au grand prévôt,
aux ducs de Guiche, de Villeroy, de Tresmes, et au comte de Hanau. Le duc
de La Force vice-président du conseil des finances. Augmentation
de la paye de l’infanterie. Caractère de Broglio, fils et frère
aîné des deux maréchaux de ce nom. Le duc de Valentinois
reçu au parlement, où les princes du sang ni bâtards
n’assistent point. Mariage du fils unique d’Estaing avec la fille unique
de Mme de Fontaine-Martel, et la survivance du gouvernement de Douai. Bonneval
obtient son abolition en épousant une fille de Biron. Dispute entre
les grands officiers de service et le maréchal de Villeroy, qui,
comme gouverneur du roi, prétend faire leur service et le perd.
Grande aigreur entre les princes du sang et bâtards sur les mémoires
publiés par les derniers. Étonnante apathie de M. le duc
d’Orléans. Ma façon d’être avec le duc de Maine et
le comte de Toulouse. p. 92
Chapitre VI. Albéroni
continue ses manéges de menaces et de promesses au pape pour hâter
son drapeau; y fait une offre monstrueuse. Sa conduite avec Aubenton. Souplesse
du jésuite. Réflexion sur les entreprises de Rome. Albéroni
se soumet Aubenton avec éclat, qui baise le fouet dont il le frappe,
et fait valoir à Rome son pouvoir et ses menaces. Gesvres, archevêque
de Bourges, trompé par le pape, qui est moqué et de plus
en plus menacé et pressé par Albéroni, qui fait écrire
vivement par la reine d’Espagne jusqu’à se prostituer. Triste situation
de l’Espagne. Abattement politique du P. Daubenton, qui sacrifie à
Albéroni une lettre du régent au roi d’Espagne. Audacieux
et pernicieux usage qu’en fait Albéroni. Il fait au régent
une insolence énorme. Réflexion. Albéroni, dans l’incertitude
et l’embarras des alliances du régent, consulte Cellamare. Efforts
des Impériaux contre le traité désiré par le
régent. Conduite des Hollandais avec l’Espagne. Conférence
importante avec Beretti. Caractère de cet ambassadeur d’Espagne.
Sentiment de Cadogan, ambassadeur d’Angleterre à la Haye, sur l’empereur.
Étrange réponse d’un roi d’Espagne au régent dictée
par Albéroni, qui triomphe par des mensonges. Albéroni profite
de la peur des Turcs et de l’embarras du pape sur sa constitution Unigenitus,
pour presser sa promotion par menaces et par promesses. Offres du pape
sur le clergé des Indes et d’Espagne. Monstrueux abus de la franchise
des ecclésiastiques en Espagne. Réflexion. Le pape ébranlé
sur la promotion d’Albéroni par les cris des Espagnols, raffermi
par Aubenton. Confiance du pape en ce jésuite. Basse politique de
Cellamare et de ses frères à Rome. Cardinal de La Trémoille
dupé sur la promotion d’Albéroni, pour laquelle la reine
d’Espagne écrit de nouveau. Sentiment d’Albéroni sur les
alliances traitées par le régent. Il consulte Cellamare.
Réponse de cet ambassadeur. Manéges des Impériaux
contre les alliances que traitait le régent. Altercations entre
eux et les Hollandais sur leur traité de la Barrière, qui
ouvrent les yeux à ces derniers et avancent la conclusion des alliances.
Beretti abusé. L’Espagne veut traiter avec les Hollandais. Froideur
du Pensionnaire, qui élude. p. 122
Chapitre VII. Le traité
entre la France et l’Angleterre signé à la Haye, qui effarouche
les ministres de la Suède. Intrigue des ambassadeurs de Suède
en Angleterre, en France et à la Haye, entre eux, pour une révolution
en Angleterre en faveur du Prétendant. Lettre importante d’Erskin
au duc de Marr sur le projet inconnu du czar, mais par lui conçu.
Médecins britanniques souvent cadets des premières maisons.
Adresse de Spaar à pomper Canillac et à en profiter. Goertz
seul se refroidit. Précaution du roi d’Angleterre peu instruit.
Il fait travailler à la réforme de ses troupes, et diffère
de toucher aux intérêts des fonds publics. Artifices du ministère
d’Angleterre secondés par ceux de Stairs. Fidélité
de Goertz fort suspecte. Le roi d’Angleterre refuse sa fille au prince
de Piémont par ménagement pour l’empereur. Scélératesse
de Bentivoglio contre la France. Nouveaux artifices pour presser la promotion
d’Albéroni. Acquaviva fait suspendre la promotion de Borromée
au moment qu’elle s’allait faire, et tire une nouvelle promesse pour Albéroni
dès qu’il y aurait trois chapeaux vacants. Défiances réciproques
du pape et d’Albéroni, qui arrêtent tout pour quelque temps.
Le duc de Parme élude de faire passer à la reine d’Espagne
les plaintes du régent sur Albéroni; consulte ce dernier
sur ce qu’il pense du régent. Sentiment du duc de Parme sur le choix
à faire par le roi d’Espagne, en cas de malheur en France. Insolentes
récriminations d’Albéroni, qui est abhorré en Espagne,
qui veut se fortifier par des troupes étrangères. Crainte
et nouvel éclat d’Albéroni contre Giudice. Imprudence de
ce cardinal. Avidité du pape. Impudence et hypocrites artifices
d’Albéroni et ses menaces. Réflexion sur le cardinalat. Albéroni
veut sacrifier Monteléon à Stanhope, et laisser Beretti dans
les ténèbres et l’embarras; veut traiter avec la Hollande
à Madrid; fait divers projets sur le commerce et sur les Indes;
se met à travailler à la marine et aux ports de Cadix et
du Ferrol. Abus réformés dans les finances, dont Albéroni
tire avantage pour hâter sa promotion, et redouble de manéges,
de promesses, de menaces, d’impostures et de toutes sortes d’artifices
pour y forcer le pape; [il est] bien secondé par Aubenton. Son adresse.
La reine d’Espagne altière, et le fait sentir au duc et à
la duchesse de Parme. Peines de Beretti. Heinsius veut traiter avec l’empereur
avant de traiter avec l’Espagne. Conditions proposées par la Hollande
à l’empereur, qui s’opiniâtre au silence. Manéges des
Impériaux et de Bentivoglio pour empêcher le traité
entre la France, l’Angleterre et la Hollande. p. 138
Chapitre VIII. Année 1717.
Singularités
à l’occasion du collier de l’ordre envoyé au prince des Asturies,
et par occasion du duc de Popoli. Caylus obtient la Toison. Mort de Mme
de Langeais. Mort de Mlle de Beuvron. Je prédis en plein conseil
de régence que la constitution deviendra règle et article
de foi. Colloque curieux là même entre M. de Troyes et moi.
Le procureur général d’Aguesseau lit au cardinal de Noailles
et à moi un mémoire transcendant sur la constitution. Abbé
de Castries, archevêque de Tours, puis d’Albi, entre au conseil de
conscience. Son caractère. Abbaye d’Andecy donnée à
une de mes belles-soeurs. Belle prétention des maîtres des
requêtes sur toutes les intendances. Mort et caractère de
l’abbé de Saillant. Je fais donner son abbaye, à Senlis,
à l’abbé de Fourilles. Mort de Mme d’Arco. Paris-égout
des voluptés de toute l’Europe. Mort du chancelier Voysin. Prompte
adresse du duc de Noailles. D’Aguesseau, procureur général,
chancelier. Singularité de son frère. Ma conduite avec le
régent et avec le nouveau chancelier. Joly de Fleury, procureur
général. Le duc de Noailles, administrateur de Saint-Cyr
avec Ormesson sous lui. Famille et caractère du chancelier d’Aguesseau.
Réponse étrange du chancelier à une sage question
du duc de Grammont l’aîné. p. 162
Chapitre IX. Infamie
du maréchal d’Huxelles sur le traité avec l’Angleterre. Embarras
et mesures du régent pour apprendre et faire passer au conseil de
régence le traité d’Angleterre. Singulier entretien, et convention
plus singulière, entre M. le duc d’Orléans et moi. Le traité
d’Angleterre porté et passé au conseil de régence.
Étrange malice qu’en opinant j’y fais au maréchal d’Huxelles.
Conseil de régence où la triple alliance est approuvée.
Je m’y oppose en vain à la proscription des jacobites en France.
Brevet de retenue de quatre cent mille livres au prince de Rohan, et survivance
à son fils de sa charge des gens d’armes. Le roi mis entre les mains
des hommes. Présent de cent quatre-vingt mille livres de pierreries
à la duchesse de Ventadour. Survivance du grand fauconnier à
son fils enfant. Famille, caractère et mort de la duchesse d’Albret.
Survivances de grand chambellan et de premier gentilhomme de la chambre
aux fils, enfants, des ducs de Bouillon et de La Trémoille, lequel
obtient un brevet de retenue de quatre cent mille livres. Survivance de
la charge des chevau-légers au fils, enfant, du duc de Chaulnes,
et une augmentation de brevet de retenue jusqu’à quatre cent mille
livres. Survivance de la charge de grand louvetier au fils d’Heudicourt.
Survivance inouïe d’aumônier du roi au neveu de l’abbé
de Maulevrier. Étrange grâce pécuniaire au premier
président. Quatre cent mille livres de brevet de retenue à
Maillebois sur sa charge de maître de la garde-robe. Mort de Callières.
Abbé Dubois secrétaire du cabinet du roi avec la plume. Il
procure une visite de M. le duc d’Orléans au maréchal d’Huxelles.
Abbé Dubois entre dans le conseil des affaires étrangères
par une rare mezzo-termine qui finit sa liaison avec Canillac. Comte de
La Marck ambassadeur auprès du roi de Suède. J’empêche
la destruction de Marly. J’obtiens les grandes entrées. Elles sont
après prodiguées, puis révoquées. Explication
des entrées. p. 184
Chapitre X. Mariage
de Mortagne avec Mlle de Guéméné. Mariage du duc d’Olonne
avec la fille unique de Vertilly. Mariage de Seignelay avec Mlle de Walsassine.
Princes du sang pressent vivement leur jugement, que les bâtards
tâchent de différer. Requête des pairs au roi à
fin de réduire les bâtards à leur rang de pairs et
d’ancienneté entre eux. Grand prieur assiste en prince du sang aux
cérémonies du jeudi et vendredi saints chez le roi. Plusieurs
jeunes gens vont voir la guerre en Hongrie. M. le prince de Conti, gouverneur
du Poitou, entre au conseil de régence et en celui de la guerre.
M. le Duc prétend que, lorsque le conseil de guerre ne se tient
pas au Louvre, il se doit tenir chez lui, non chez le maréchal de
Villeroy. Il est condamné par le régent. Pelletier-Sousy
entre au conseil de régence et y prend la dernière place.
Mme de Maintenon malade fort à petit bruit. Mort, fortune et caractère
d’Albergotti. Sa dépouille. Fin et effets de la chambre de justice.
Triple alliance signée à la Haye, qui déplaît
fort à l’empereur, qui refuse d’y entrer. Mouvements de Beretti
pour empêcher un traité entre l’Espagne et la Hollande. Conversation
importante chez Duywenworde, puis avec Stanhope. Mesures de Beretti contre
l’union de la Hollande avec l’empereur, et pour celle de la république
avec l’Espagne. Motifs du traité de l’Angleterre avec la France,
et du désir de l’empereur de la paix du Nord. Divisions en Angleterre
et blâme du traité avec la France. Menées et mesures
des ministres suédois et des jacobites. Méchanceté
de Bentivoglio à l’égard de la France et du régent.
Étranges pensées prises à Rome de la triple alliance.
Instruction et pouvoir d’Aldovrandi retournant de Rome en Espagne. Manéges
d’Albéroni pour avancer sa promotion. Son pouvoir sans bornes; dépit
et jalousie des Espagnols. Misères de Giudice. Vanteries d’Albéroni.
Il fait de grands changements en Espagne. Politique et mesures entre le
duc d’Albe et Albéroni. Caractère de Landi, envoyé
de Parme à Paris. Vives mesures d’Albéroni pour détourner
les Hollandais de traiter avec l’empereur, et les amener à traiter
avec le roi d’Espagne à Madrid. Artificieuses impostures d’Albéroni
sur la France. Il se rend seul maître de toutes les affaires en Espagne.
Fortune de Grimaldo. Giudice s’en va enfin à Rome. Mesures d’Albéroni
avec Rome. Étranges impressions prises à Rome sur la triple
alliance. Conférence d’Aldovrandi avec le duc de Parme à
Plaisance. Hauteur, à son égard, de la reine d’Espagne. L’Angleterre,
alarmée des bruits d’un traité négocié par
le pape entre l’empereur et l’Espagne, fait là-dessous des propositions
à Albéroni. Sa réponse à Stanhope. Son dessein.
Son artifice auprès du roi d’Espagne pour se rendre seul maître
de toute négociation. Fort propos du roi d’Espagne à l’ambassadeur
de Hollande sur les traités avec lui et l’empereur. p. 206
Chapitre XI. Le roi
d’Angleterre à Londres. Intérieur de son ministère.
Ses mesures. Gyllembourg, envoyé de Suède, arrêté.
Son projet découvert. Mouvement causé par cette action parmi
les ministres étrangers et dans le public. Mesures du roi d’Angleterre
et de ses ministres. L’Espagne, à tous hasards, conserve des ménagements
pour le Prétendant. Castel-Blanco. Le roi de Prusse se lie aux ennemis
du roi d’Angleterre. Les Anglais ne veulent point se mêler des affaires
de leur roi en Allemagne. Goertz arrêté à Arnheim et
le frère de Gyllembourg à la Haye, par le crédit du
Pensionnaire. Sentiment général des Hollandais sur cette
affaire. Leur situation. Entrevue du Prétendant, passant à
Turin, avec le roi de Sicile, qui s’en excuse au roi d’Angleterre. Cause
de ce ménagement. Réponse ferme de Goertz interrogé
en Hollande. L’Angleterre et la Hollande communiquent la triple alliance
au roi d’Espagne. Soupçons, politique et feinte indifférence
de ce monarque. Mauvaise santé du roi d’Espagne. Burlet, premier
médecin du roi d’Espagne, chassé. Craintes de la reine d’Espagne
et d’Albéroni. Ses infinis artifices pour hâter sa promotion.
Clameurs de Giudice contre Aldovrandi, Albéroni et Aubenton. Angoisses
du pape entraîné enfin. Il déclare Borromée
cardinal seul et sans ménagement pour Albéroni. Mesures et
conseils d’Acquaviva et d’Alexandre Albani à Albéroni. Nouveaux
artifices d’Albéroni pour hâter sa promotion, ignorant encore
celle de Borromée. Albéroni fait travailler à Pampelune
et à la marine; fait considérer l’Espagne; se vante et se
fait louer de tout; traite froidement le roi de Sicile; veut traiter à
Madrid avec les Hollandais. Journées uniformes et clôture
du roi et de la reine d’Espagne. Albéroni veut avoir des troupes
étrangères; hait Monteléon. Singulière et confidente
conversation de Stanhope avec Monteléon. Dettes et embarras de l’Angleterre.
Mesures contre la Suède. Conduite d’Albéroni à l’égard
de la Hollande. Le Pensionnaire fait à Beretti une ouverture de
paix entre l’empereur et le roi d’Espagne. L’Angleterre entame une négociation
à Vienne pour la paix entre l’empereur et le roi d’Espagne. Lettre
de Stanhope à Beretti, et de celui-ci à Albéroni.
Son embarras. Ordres qu’il en reçoit et raisonnement. Vues et mesures
de commerce intérieur et de politique au dehors d’Albéroni.
Angoisses du roi de Sicile éconduit par l’Espagne. Venise veut se
raccommoder avec le roi d’Espagne. p. 237
Chapitre XII. Le régent
livré à la constitution sans contre-poids. Le nonce Bentivoglio
veut faire signer aux évêques que la constitution est règle
de foi, et y échoue. Appel de la Sorbonne et des quatre évêques.
J’exhorte en vain le cardinal de Noailles à publier son appel, et
lui en prédis le succès et celui de son délai. Variations
du maréchal d’Huxelles dans les affaires de la constitution. Entretien
entre M. le duc d’Orléans et moi sur les appels de la constitution,
tête à tête, dans sa petite loge à l’Opéra.
Objection du grand nombre. Le duc de Noailles vend son oncle à sa
fortune. Poids des personnes et des corps. Conduite à tenir par
le régent. Raisons personnelles. Le régent arrête les
appels et se livre à la constitution. p. 259
Chapitre XIII. Mlle
de Chartres prend l’habit à Chelles. Mort d’Armentières.
Mort du duc de Béthune. Mort de Mme d’Estrades. Son beau-fils va
en Hongrie avec le prince de Dombes. Indécence du carrosse du roi
expliquée. Maupeou président à mortier, depuis premier
président. Nicolaï obtient pour son fils la survivance de sa
charge de premier président de la chambre des comptes. Bassette
et pharaon défendus. Mort et famille de la duchesse douairière
de Duras. Mort de la duchesse de Melun. Mort de la comtesse d’Egmont. Mort
de Mme de Chamarande. Éclaircissement sur sa naissance. Mort de
l’abbé de Vauban. Mariage d’une fille de la maréchale de
Boufflers avec le fils unique du duc de Popoli. Le duc de Noailles manque
le prince de Turenne pour sa fille aînée, et la marie au prince
Charles de Lorraine, avec un million de brevet de retenue sur sa charge
de grand écuyer; et un triste succès de ce mariage. M. le
comte de Charolais part furtivement pour la Hongrie par Munich. Personne
ne tâte de cette comédie. Il ne voit point l’empereur ni l’impératrice,
quoique le prince de Dombes les eût vus, dont M. le Duc se montre
fort piqué. L’abbé de La Rochefoucauld va en Hongrie et meurt
à Bude. Conduite de M. et de Mme du Maine dans leur affreux projet.
Causes et degrés de confusion et de division dont ils savent profiter
pour se former un parti. Formation d’un parti aveugle composé de
toutes pièces sans aveu de personnes, qui ose de soi-même
usurper le nom de noblesse. But et adresse des conducteurs. Folie et stupidité
des conduits. Menées du grand prieur et de l’ambassadeur de Malte
pour en exciter tous les chevaliers, qui reçoivent défense
du régent de s’assembler que pour les affaires uniquement de leur
ordre. Huit seigneurs veulent présenter au nom de la prétendue
noblesse un mémoire contre les ducs. Le régent ne reçoit
point le mémoire et les traite fort sèchement. Courte dissertation
de ces huit personnages. Embarras de cette noblesse dans l’impossibilité
de répondre sur l’absurdité de son projet. p. 283
Chapitre XIV. Différence
diamétrale du but des assemblées de plusieurs seigneurs et
gentilshommes en 1649, de celles de cette année. Copie du traité
original d’union et association de plusieurs de la noblesse en 1649, et
des signatures. Éclaircissement sur les signatures. Requête
des pairs au roi à même fin que l’association de plusieurs
de la noblesse en 1649. Comparaison de la noblesse de 1649 avec celle de
1717. Succès et fin des assemblées de 1649. Ma conduite avec
le régent sur l’affaire des princes du sang et des bâtards,
et sur les mouvements de la prétendue noblesse. Les bâtards
ne prétendent reconnaître d’autres juges que le roi majeur
ou les états généraux du royaume, et s’attirent par
là un jugement préparatoire. Excès de la prétendue
noblesse trompée par confiance en ses appuis. Conduite et parfaite
tranquillité des ducs. Arrêt du conseil de régence
portant défense à tous nobles de s’assembler, etc., sous
peine de désobéissance. Ma conduite dans ce conseil suivie
par les ducs, puis par les princes du sang et bâtards. Succès
de l’arrêt. Gouvernement de Saint-Malo à Coetquen, et six
mille livres de pension à Laval. Mensonge impudent de ce dernier
prouvé, et qui lui demeure utile, quoique sans nulle parenté
avec la maison royale. Maison de Laval-Montfort très différente
des Laval-Montmorency, expliquée. Autre imposture du même
M. de Laval sur la préséance sur le chancelier. Premier exemple
de mariage de fille de qualité avec un secrétaire d’État.
p.
304
Chapitre XV. Six conseillers
d’État nommés commissaires, et l’un d’eux rapporteur de l’affaire
des princes du sang et bâtards au conseil de régence, et temps
court fixé aux deux partis pour lui remettre leurs papiers. Extrême
embarras du duc et de la duchesse du Maine. Leurs mesures forcées.
Requête de trente-neuf personnes, se disant la noblesse, présentée
par six d’entre eux au parlement pour faire renvoyer l’affaire des princes
du sang et des bâtards aux états généraux du
royaume. Réflexion sur cette requête. Le premier président
avec les gens du roi portent la requête au régent et lui demandent
ses ordres. Digression sur la fausseté d’un endroit, entre autres,
concernant cette affaire, des Mémoires manuscrits de Dangeau. Courte
dissertation sur les porteurs de la requête de la prétendue
noblesse au parlement, et sur cette démarche. Les six porteurs de
la requête au parlement arrêtés par des exempts des
gardes du corps, et conduits à la Bastille et à Vincennes.
Libelle très séditieux répandu sur les trois états.
Le régent travaille avec le rapporteur et avec les commissaires.
Formation d’un conseil extraordinaire de régence pour juger. Lettre
sur le dixième et la capitation de force gentilshommes de Bretagne
au comte de Toulouse, pour tocsin de ce qui y suivit bientôt. Députation
du parlement au roi pour lui rendre compte de ce qui s’y était passé
sur l’affaire des princes du sang et bâtards, et recevoir ses ordres.
Arrêt en forme d’édit rendu au conseil de régence,
enregistré au parlement, qui prononce sur l’affaire des princes
du sang et des bâtards; adouci par le régent, et aussitôt
après adouci de son autorité contre la teneur de l’arrêt.
Rage de la duchesse du Maine. Douleur de Mme la duchesse d’Orléans.
Scandale du monde. Les six prisonniers très honorablement remis
en liberté; leur hauteur. Misère du régent. Il ôte
néanmoins la pension et le logement qu’il donnait à M. de
Châtillon, qui va s’enterrer pour toujours en Poitou. Conduite des
ducs en ces mouvements, et la mienne particulière. Motifs et mesures
des bâtards et du duc de Noailles, peut-être les mêmes,
peut-être différents, pour faire convoquer les états
généraux. Occasion de la pièce suivante, qui empêche
la convocation des états généraux. Raisons de l’insérer
ici, et après coup. p. 332
Chapitre XVI. Projet
d’états généraux fréquents de Mgr le Dauphin,
père du roi. Je voulais des états généraux
à la mort du roi. Embarras des finances et subsidiairement de l’affaire
des princes. Motifs de vouloir les états généraux.
Trait sur le duc de Noailles. Introduction à l’égard des
finances. État de la question. Grande différence d’assembler
d’abord, et avant d’avoir touché à rien, les états
généraux, ou après tout entamé et tant d’opérations.
Chambre de justice, mauvais moyen. Timidité, artifice et malice
du duc de Noailles sur le duc de La Force, très nuisible aux affaires.
Banque du sieur Law. Première partie: raisons générales
de l’inutilité des états. Malheur du dernier gouvernement.
Choc certain entre les fonciers et les rentiers. Premier ordre divisé
nécessairement entre les rentiers et les fonciers, quoique bien
plus favorables aux derniers. Second ordre tout entier contraire aux rentiers.
Éloge et triste état du second ordre. Troisième ordre
tout entier pour les rentes. Choc entre les deux premiers ordres et le
troisième sur les rentes, certain et dangereux. Pareil choc entre
les provinces sur les rentes, auxquelles le plus grand nombre sera contraire.
Ce qu’il paraît de M. le duc d’Orléans sur l’affaire des princes.
Ses motifs de la renvoyer aux états généraux. Certitude
du jugement par les états généraux et de l’abus des
vues de Son Altesse Royale à son égard. États généraux
parfaitement inutiles pour le point des finances et pour celui de l’affaire
des princes. Deuxième partie: inconvénients des états
généraux. Rangs et compétences. Autorité et
prétentions. Difficulté de conduite et de réputation
pour M. le duc d’Orléans. Danger et dégoût des promesses
sans succès effectif. Fermeté nécessaire. Demandes
des états. Propositions des états. Nulle proportion ni comparaison
de l’assemblée des états généraux à
pas une autre. Deux moyens de refréner les états, mais pernicieux
l’un et l’autre. Refus. Danger de formation de troubles. Autorité
royale à l’égard du jugement de l’affaire des princes. Troisième
partie: premier ordre. La constitution Unigenitus. Juridiction ecclésiastique.
Deuxième ordre. Le deuxième ordre voudra seul juger l’affaire
des princes. Trait sur les mouvements de la prétendue noblesse et
sur le rang de prince étranger. Partialités et leurs suites.
Situation du second ordre, d’où naîtront ses représentations
et ses propositions. Choc entre le second ordre et le troisième
ordre inévitable, sur le soulagement du second. Mécontentement
du militaire. Troisième ordre et ce qui le compose. Troisième
ordre en querelle et en division. Confusion intérieure en laquelle
le second ordre prendra partie; et [troisième ordre] commis d’ailleurs
entre les deux premiers ordres. Grande et totale différence de la
tenue des états généraux, à la mort du roi,
d’avec leur tenue à présent. Tiers état peu docile,
et dangereux en matière de finance. Péril de la banque du
sieur Law. Trait sur le duc de Noailles. Exemples qui doivent dissuader
la tenue des états généraux. États généraux
utiles, mais suivant le temps et les conjonctures. Courte récapitulation
des inconvénients d’assembler les états généraux.
Conclusion. Trait sur le duc de Noailles. Vues personnelles à moi
répandues en ce mémoire. p. 348
Chapitre XVII. M.
le duc d’Orléans, prêt à se rendre sur les états,
se trouve convaincu par le mémoire, et on n’entend plus parler d’états
généraux. Mémoire sur les finances annoncé
par le duc de Noailles. M. le duc d’Orléans me parle du mémoire;
d’un comité pour les finances; me propose à deux reprises
d’en être, dont je m’excuse fortement. Le duc de Noailles lit son
mémoire en plusieurs conseils de régence. Quelle cette pièce.
Je suis bombardé du comité, au conseil de régence,
où, malgré mes excuses, je reçois ordre d’en être.
M. de Fréjus obtient personnellement l’entrée du carrosse
du roi, où jamais évêque non pair, ni précepteur,
ni sous-gouverneur n’était entré, lesquels sous-gouverneurs
l’obtiennent aussi. Dispute sur la place du carrosse entre le précepteur
et le sous-gouverneur, qui la perd. Mariage de Fresnel avec Mlle Le Blanc;
de Flamarens avec Mlle de Beauvau; de La Luzerne avec Mme de La Varenne;
du marquis d’Harcourt avec Mlle de Barbezieux, dont le duc d’Albert veut
épouser la soeur et y trouve des obstacles. Arouet à la Bastille,
connu depuis sous le nom de Voltaire. Mort du vieux prince palatin de Birkenfeld.
Mort de la duchesse douairière d’Elboeuf. Mort de M. de Montbazon.
Mort de la fameuse Mme Guyon. Six mille livres de pension au maréchal
de Villars. Dix mille livres au duc de Brissac. Six mille livres de pension
à Blancménil, avocat général. Canillac lieutenant
général de Languedoc. Duel à Paris de Contade et de
Brillac, dont il n’est autre chose. Je fais acheter ce diamant unique en
tout, qui fut nommé le Régent. p. 405
Chapitre XVIII. Le
czar vient en France, et ce voyage importune. Origine de la haine personnelle
du czar pour le roi d’Angleterre. Kurakin ambassadeur de Russie en France;
quel. Motifs et mesures du czar qui veut, puis ne veut plus être
catholique. Courte réflexion sur Rome. Il est reçu à
Dunkerque par les équipages du roi, et à Calais par le marquis
de Nesle. Il est en tout défrayé avec toute sa suite. On
lui rend parfois les mêmes honneurs qu’au roi. On lui prépare
des logements au Louvre et à l’hôtel de Lesdiguières,
qu’il choisit. Je propose au régent le maréchal de Tessé
pour le mettre auprès du czar pendant son séjour, qui l’attend
à Beaumont. Vie que menait le maréchal de Tessé. Journal
du séjour du czar à Paris. Verton, maître d’hôtel
du roi, chargé des tables du czar et de sa suite, gagne les bonnes
grâces du czar. Grandes qualités du czar; sa conduite à
Paris. Sa figure; son vêtement; sa nourriture. Le régent visite
le czar. Le roi visite le czar en cérémonie. Le czar visite
le roi en toute pareille cérémonie. Le czar voit les places
du roi en relief. Le czar visite Madame, qui l’avait envoyé complimenter;
puis [va] à l’Opéra avec M. le duc d’Orléans, qui
là lui sert à boire. Le czar aux Invalides. Mme la duchesse
de Berry et Mme la duchesse d’Orléans, perdant espérance
d’ouïr parler du czar, envoient enfin le complimenter. Il ne distingue
les princes du sang en rien, et trouve mauvais que les princesses du sang
prétendissent qu’il les visitât. Il visite Mme la duchesse
de Berry. Dîne avec M. le duc d’Orléans à Saint-Cloud,
et visite Mme la duchesse d’Orléans au Palais-Royal. Voit le roi
comme par hasard aux Tuileries. Le czar va à Versailles. Dépense
pour le czar. Il va à Petit-Bourg et à Fontainebleau; voit
en revenant Choisy, et par hasard Mme la princesse de Conti un moment,
qui y était demeurante. Le czar va passer plusieurs jours à
Versailles, Trianon et Marly; voit Saint-Cyr; fait à Mme de Maintenon
une visite insultante. Je vais voir le czar chez d’Antin tout à
mon aise sans en être connu. Mme la duchesse l’y va voir par curiosité.
Il en est averti; il passe devant elle, la regarde, et ne fait ni la moindre
civilité, ni semblant de rien. Présents. Le régent
va dire adieu au czar, lequel va dire adieu au roi sans cérémonie,
et reçoit chez lui celui du roi de même. Départ du
czar, qui ne veut être accompagné de personne. Il va trouver
la czarine à Spa. Le czar visite le régent. Personnes présentées
au czar. Maréchal de Tessé commande tous les officiers du
roi servant le czar. Le czar, en partant, s’attendrit sur la France et
sur son luxe. Il refuse le régent qui, à la prière
du roi d’Angleterre, désirait qu’il retirât ses troupes du
Mecklenbourg. Il désire ardemment de s’unir avec la France, sans
pouvoir réussir, à notre grand et long dommage, par l’intérêt
de l’abbé Dubois et l’infatuation de l’Angleterre funestement transmise
à ses successeurs. p. 418
Chapitre XIX. Mort
du palatin de Livonie. Nouveaux manéges d’Albéroni pour sa
promotion. Giudice à Gènes, misère de ses neveux.
Effet à Madrid de la promotion de Borromée. Patiño
depuis premier ministre et grand. Vanteries d’Albéroni. Le roi de
Sicile inquiet désire être compris dans le traité projeté
de l’Espagne avec la Hollande. Réponse d’Albéroni. Albéroni
change tout à coup de système et en embrasse un fort peu
possible, et encore avec d’étranges variations. Ses ordres à
Beretti là-dessus. Les Hollandais désirent l’union avec l’Espagne.
Ils craignent la puissance et l’ambition de l’empereur et les mouvements
du roi de Prusse. Plaintes et dépit du roi de Prusse contre le roi
d’Angleterre. Cabales et changements en Angleterre. Beretti propose d’attacher
à l’Espagne plusieurs membres principaux des états généraux,
qu’il nomme, par des pensions. Lettre d’Albéroni à Beretti
suivant son nouveau système, pour être montrée au Pensionnaire
et à quelques autres de la république, et parle en même
sens à Riperda. Riperda découvre un changement dans le dernier
système d’Albéroni, et prévoit le dessein sur la Sicile.
Esprit continuel de retour à la succession de France. Double friponnerie
d’Albéroni et d’Aubenton sur la constitution. Artifices d’Albéroni
pour sa promotion; ses éclats et ses menaces. Mauvais état
des finances d’Espagne. Propos des ministres d’Angleterre et de Hollande
à celui de Sicile, en conformité du dernier système
d’Albéroni, et lui font une proposition étrange. Il élude
d’y répondre et fait une curieuse et importante découverte.
Albéroni, sous le nom de la reine, éclate en menaces, ferme
l’Espagne à Aldovrandi, fait un reproche et donne une leçon
à Acquaviva, avec l’air de le ménager. Nouveaux efforts d’Albéroni
pour sa promotion. Rare bref du pape au P. Daubenton. Le roi d’Espagne
parle trois fois à Riperda suivant le système d’Albéroni.
L’ambassadeur de Sicile, alarmé sur la cession de cette île,
élude de répondre aux propositions de l’ambassadeur de Hollande.
Albéroni change de batteries et veut plaire au pape pour obtenir
sa promotion. Embarras du pape. Vénitiens mal avec la France et
avec l’Espagne. Acquaviva veut gagner le cardinal Ottobon. Vil intérêt
des Romains. Réflexion sur les cardinaux français. Changement
de plus en plus subit de la conduite d’Albéroni sur sa promotion.
Ses raisons. Conduite et ordres d’Albéroni à Beretti suivant
son dernier système. Raisonnements de Beretti. Agitations intérieures
de la cour d’Angleterre. p. 440
NOTES.
I. Causes de la disgrâce
de Fouquet. Son procès. p. 465
II. Charles XII.
Projets qu’il avait formés dans les derniers temps de son règne.
Ses relations avec le régent. p. 476
III. Assemblée
de la noblesse en 1649. p. 482
IV. Pays ou provinces
d’états.
p. 482
V. Tiers état
aux états généraux de 1302. p. 484
QUINZIÈME VOLUME.
Chapitre I. Attention
générale sur le voyage du czar à Paris. Le roi de
Prusse tenté et détourné d’y venir. Vues et conduite
de ce prince. Liaison entre le roi de Prusse et le czar. Inquiétude
du roi d’Angleterre sur le czar. Il est forcé de réformer
dix mille hommes. Servitude de la Hollande pour l’Angleterre. Union et
traité entre le czar et le roi de Prusse. Mesures du czar avec la
France et avec le roi de Pologne. Mesures sur le séjour des troupes
moscovites dans le Mecklembourg. Le pape veut lier le czar avec l’empereur
contre le Turc. Manéges d’Albéroni en France pour son chapeau.
Véritables raisons du changement de conduite d’Albéroni à
l’égard du pape. Le pape écrit au czar; il le veut liguer
avec l’empereur et obtenir le libre exercice de la religion catholique
dans ses États. Le czar l’amuse et se moque de lui. Il en parle
très sensément au maréchal de Tessé. Molinez,
inquisiteur général d’Espagne, revenant de Rome en Espagne,
arrêté à Milan. Embarras et caractère du pape.
Promotion d’Albéroni est l’unique affaire. Il se moque de Molinez,
s’assure du régent sur sa promotion. Ses vanteries. La cour d’Espagne
à l’Escurial malgré la reine. Aldovrandi y arrive. Manéges
d’Albéroni. L’Angleterre reprend la négociation de la paix
entre l’empereur et l’Espagne. Divisions domestiques en Angleterre. Son
inquiétude sur le czar. Troupes russiennes sortent du Mecklembourg.
Le Danemark, inquiet sur le nord, éprouve le mécontentement
de la Russie. Le czar veut traiter avec la France. Obstacles du traité.
Le czar en mesure avec l’empereur à cause du czarowitz. Plaintes
et avis du roi de Prusse. Offices du régent sur le nord. Scélératesse
du nonce Bentivoglio. Le Prétendant à Rome; y sert Albéroni.
Soupçons de nouveaux délais de sa promotion. Hauteurs et
manéges du pape. Départ de Cadix de la flotte d’Espagne.
Scélératesse d’Albéroni. Giudice à Rome. Misère
de sa conduite, de sa position, de sa réputation. Friponnerie d’Ottobon.
Chiaous à Marseille. Vie solitaire et pénitente de Ragotzi.
p.
1
Chapitre II. Le général
et l’intendant de nos îles paquetés et renvoyés en
France par les habitants de la Martinique. Mort de la duchesse de La Trémoille;
du fils unique du maréchal de Montesquiou; de Busanval; d’Harlay,
conseiller d’État. Caractère et singularités de ce
dernier. Mort de Dongois, greffier en chef du parlement. Mort et deuil
d’un fils du prince de Conti. Affaire de Courson, intendant de Bordeaux
et conseiller d’État, et de la ville, etc., de Périgueux.
Courson, cause de la chute de des Forts, son beau-frère; et seul
coupable, se soutient. Le maréchal de Tallard entre au conseil de
régence. Question de préséance entre le maréchal
d’Estrées et lui, jugée en sa faveur. Son aventure au même
conseil. Duc d’Albert gouverneur d’Auvergne. Maréchal de Tessé
quitte le conseil de marine. Grâces accordées aux conseillers
du grand conseil. Le roi Stanislas près d’être enlevé
aux Deux-Ponts; quelque temps après reçu en asile à
Weissembourg en basse Alsace. Naissance du prince de Conti et d’un fils
du roi de Portugal. fête donnée par son ambassadeur. La Forêt;
quel; perd un procès de suite importante. Le régent assiste,
à la royale, à la procession de Notre-Dame, le 15 août.
Le parlement refuse d’enregistrer la création de deux charges dans
les bâtiments. Fête de Saint-Louis. Rare leçon du maréchal
de Villeroy. p. 26
Chapitre III. Comité
pour les finances. Ma conduite à cet égard. Je propose en
particulier au chancelier la réforme de quelques troupes distinguées
avec les raisons et la manière de la faire. Il l’approuve; mais
elle demeure entre nous deux par la faiblesse du régent. Fin et
résolution du comité des finances mises en édit. Démêlé
ajusté entre le premier président avec les enquêtes
pour le choix et le nombre des commissaires du parlement, quand il en faut
nommer. Le parlement veut qu’on lui rendre compte des finances avant d’opiner
sur l’enregistrement de l’édit, et l’obtient. Il l’enregistre enfin
avec peine. Misère du régent; peur et valetage du duc de
Noailles. Évêques prétendent inutilement des carreaux
à l’anniversaire du feu roi. Entreprise de nouveau condamnée
entre les princesses du sang, femmes et filles, au mariage de Chalmazel
avec une soeur du maréchal d’Harcourt. Mme la duchesse d’Orléans
achète Bagnolet. Maison donnée à Paris aux chanceliers;
et Champ donné à la princesse de Conti pour La Vallière,
aux dépens du financier Bourvalais. Ragotzi s’en va en Turquie;
ce qu’il devient jusqu’à sa mort. Victoire du prince Eugène
sur les Turcs. Prise de Belgrade. Mort de Villette et d’Estrade. Le fils
du dernier obtient sa mairie de Bordeaux. Mme de Mouchy et Rion, dame d’atours
et premier écuyer en second de Mme la duchesse de Berry. Changement
parmi ses dames. Diverses grâces de M. le duc d’Orléans. Retour
de Hongrie des Français. Mort du duc de Ventadour; extinction de
son duché-pairie. Mort de Moncault. J’achète pour mes enfants
deux régiments de cavalerie. Abbé Dubois repasse en Angleterre.
Peterborough arrêté dans l’État ecclésiastique.
p.
45
Chapitre IV. Mépris
d’Albéroni pour la détention de Molinez. Ses réflexions
sur la situation de l’Europe. Son dégoût de Beretti. Conduite
et pensée de cet ambassadeur. Inquiétude et avis de Beretti.
Différents sentiments sur l’empereur en Angleterre. Manége
intérieur de cette cour. Même diversité de sentiments
sur l’union établie entre le régent et le roi d’Angleterre.
Empressement et offres des ministres d’Angleterre au régent pour
l’unir avec l’empereur et y faire entrer l’Espagne. Saint-Saphorin employé
par le roi d’Angleterre à Vienne; quel. Son avis sur les traités
à faire. Roi de Prusse suspect à Vienne et à Londres.
Son caractère et sa conduite. Ministres hanovriens dévoués
à l’empereur, qui veut tenir le roi d’Angleterre en dépendance.
Complaisance de ce dernier à lui payer un reste de subsides, qui
excite du bruit en Angleterre et dans le nord. Hauteur de l’empereur sur
Peterborough. Secret profond de l’entreprise sur la Sardaigne. Conseils
du duc de Parme au roi d’Espagne. Colère du pape sur l’accommodement
signé en Espagne. Contre-temps du Prétendant. Adresse hardie
d’Acquaviva. Congrégation consultée favorable à Albéroni,
contraire à Aldovrandi, qui excuse Albéroni sur la destination
de la flotte espagnole. L’entreprise de l’Espagne, au-dessus de ses forces
sans alliés, donne lieu à beaucoup de divers raisonnements.
Albéroni se moque d’Aldovrandi et de Mocenigo. L’entreprise généralement
blâmée, colorée de l’enlèvement de Molinez.
Vanteries et fausseté impudente d’Albéroni. Inquiétude
pour la Sicile. Le secret confié au seul duc de Parme. Ses avis
et ses conseils. Albéroni fait cardinal dans le consistoire du 12
juillet. Cris sur sa promotion. Giudice s’y distingue. Malaise du roi d’Angleterre
dans sa cour et dans sa famille. Comte d’Oxford absous en parlement. Éclat
entre le roi d’Angleterre et le prince de Galles. Inquiétude sur
l’entreprise d’Espagne moindre en Hollande qu’à Londres. Applaudissements
et avis de Beretti. Son intérêt personnel. Les Impériaux
somment le roi d’Angleterre de secours avec peu de succès. Caractère
du comte de Peterborough. Secret profond de la destination de l’entreprise
de l’Espagne. Double hardiesse d’Albéroni. Plaintes et menaces de
Gallas, qui font trembler le pape. Frayeur de toute l’Italie. Hauteur et
sécurité d’Albéroni. Aldovrandi veut persuader que
l’entreprise se fait malgré Albéroni. Mouvements partout
contre cette entreprise, et opinions diverses. p. 67
Chapitre V. L’Espagne
publie un manifeste contre l’empereur. Déclaration vague de Cellamare
au régent. Efforts d’Albéroni pour exciter toutes les puissances
contre l’empereur; veut acheter des vaisseaux dont il manque; en est refusé.
Ses bassesses pour l’Angleterre inutiles. Singulières informations
d’Albéroni sur Riperda. Cet ambassadeur cru vendu à Albéroni
et soupçonné de vouloir s’attacher au service du roi d’Espagne.
Aldovrandi cru, à Rome et ailleurs, vendu à Albéroni.
Artifices de ce dernier sur son manque d’alliés. Ses offres à
Ragotzi. Fureur d’Albéroni contre Giudice. Crainte et bassesse de
ses neveux. Le roi d’Espagne défend à ses sujets de voir
Giudice à Rome et tout commerce avec lui. Point de la succession
de Toscane. Manéges des ministres hanovriens pour engager le régent
à s’unir à l’empereur. L’Angleterre désire la paix
de l’empereur et de l’Espagne, et veut envoyer faire des efforts à
Madrid. Ruses à Londres avec Monteléon. Soupçons et
vigilance de Koenigseck à Paris. Entreprise sur Ragotzi sans effet.
Les Impériaux lui enlèvent des officiers à Hambourg.
Baron de Goertz mis en liberté. Le czar plus que froid aux propositions
du roi d’Angleterre, lequel rappelle ses vaisseaux de la mer Baltique.
Situation personnelle du roi d’Angleterre avec les Anglais. Il choisit
le colonel Stanhope, cousin du secrétaire d’État, pour aller
en Espagne. Visite et singulier conseil de Châteauneuf à Beretti.
Sentiment des ministres d’Angleterre sur l’entreprise de l’Espagne en soi.
Wolckra rappelé à Vienne; Penterrieder attendu à Londres
en sa place pour y traiter la paix entre l’empereur et l’Espagne avec l’abbé
Dubois. Artifices de Saint-Saphorin auprès du régent de concert
avec Stairs. Vaine tentative de l’empereur pour de nouveaux honneurs à
son ambassadeur en France. Inquiétude de l’Angleterre; ses soupçons
du roi de Sicile. Misérables flatteries à Albéroni.
Cellamare excuse et confie le secret de l’entreprise de l’Espagne au régent;
dont la réponse nette ne le satisfait pas. Nouveau complot des Impériaux
pour se défaire de Ragotzi, inutile. Sèche réponse
des ministres russiens aux propositions de l’Angleterre. La flotte espagnole
en Sardaigne. Le pape, effrayé des menaces de Gallas, révoque
les indults accordés au roi d’Espagne; lui écrit une lettre
à la satisfaction des Impériaux; désire au fond succès
à l’Espagne; offre sa médiation. Misérables flatteries
à Albéroni. Il fait ordonner à Giudice d’ôter
les armes d’Espagne de dessus la porte de son palais à Rome. Sa
conduite et celle de ses neveux. Victoire du prince Eugène sur les
Turcs. Il prend Belgrade, etc. Soupçons de l’empereur à l’égard
de la France. Entreprise inutile sur la vie du prince Ragotzi. Deux Français
à lui arrêtés à Staden. Séélératesse
de Welez. Artifices de l’Angleterre et de Saint-Saphorin pour lier le régent
à l’empereur, et en tirer des subsides contre les rois d’Espagne
et de Sicile. Artifices du roi de Prusse auprès du régent
sur la paix du nord. Goertz à Berlin; y attend le czar. Propositions
de ce ministre pour faire la paix de la Suède. Soupçons du
roi de Prusse à l’égard de la France, à qui il cache
les propositions de Goertz. Hasard à Paris qui les découvre.
L’Angleterre liée avec l’empereur par des traités précis,
et craignant pour son commerce de se brouiller avec l’Espagne, y envoie
par Paris le colonel Stanhope. Objet de cet envoi, et par Paris. Artifices
de l’Angleterre pour unir le régent à l’empereur. Georges
et ses ministres en crainte du czar et de la Prusse, en soupçon
sur la France. Leur haine pour Châteauneuf. Bolingbroke secrètement
reçu en grâce par le roi d’Angleterre. Opiniâtreté
d’Albéroni. Leurres sur la Hollande. État et suite de la
vie de Riperda. Venise se déclare pour l’empereur. Colère
d’Albéroni. Ses étranges vanteries et ses artifices pour
se faire un mérite de se borner à la Sardaigne cette année,
sentant l’impossibilité de faire davantage. Sa fausseté insigne
à Rome. Embarras et conduite artificieuse et opiniâtre d’Albéroni.
Sa réponse à l’envoyé d’Angleterre. Albéroni
se fait un bouclier d’un équilibre en Europe; flatte bassement la
Hollande; n’espère rien de l’Angleterre. Plan qu’il se propose pour
objet en Italie; il le confie à Beretti et lui donne ses ordres
en conséquence. Propos d’Albéroni; vanteries et fourberies
insignes et contradictoires. Conduite d’Aubenton et d’Aldovrandi, qui lui
sont vendus pour leur intérêt personnel. Les Impériaux
demandent qu’Aldovrandi soit puni; effrayent le pape. Il révoque
ses indults au roi d’Espagne; lui écrit au gré des Impériaux;
en même temps le fait ménager et adoucir par Aldovrandi, à
qui il écrit, et à Daubenton, de sa main. Frayeurs du duc
de Parme, qui implore vainement la protection du pape et le secours du
roi d’Espagne. Plaisant mot du cardinal del Giudice au pape. Le pape dépêche
à Vienne sur des propositions sauvages d’Acquaviva, comptant sur
le crédit de Stella qui voulait un chapeau pour son frère.
Molinez transféré du château de Milan dans un des collèges
de la ville. Vastes projets d’Albéroni, qui en même temps
sent et avoue sa faiblesse. Propos trompeurs entre del Maro et Albéroni.
Ses divers artifices. La Hollande inquiète est touchée de
l’offre de l’Espagne de reconnaître sa médiation. Cadogan
à la Haye; son caractère. Ses plaintes, sa conduite. Inquiétude
de l’Angleterre sur le nord. Ses ministres détrompés sur
le régent, reprennent confiance en lui; font les derniers efforts
pour faire rappeler Châteauneuf. Substance et but du traité
entre la France, le czar et la Prusse. Abbé Dubois à Londres
et le colonel Stanhope à Madrid. Le czar parti de Berlin sans y
avoir rien fait ni voulu écouter sur la paix du nord. Le roi de
Prusse réconcilié avec le roi d’Angleterre, cherche à
la tromper sur la paix du nord; se plaint de la France, qui le contente.
Poniatowski à Paris; confident du roi de Suède, consulté
par Kniphausen, lui trace le chemin de la paix du nord. Ardeur du roi d’Angleterre,
et sa cause, pour pacifier l’empereur et l’Espagne qui ne s’en éloigne
pas. Sentiment de Monteléon sur les Anglais. Sa situation redevenue
agréable avec eux. Caractère du roi d’Angleterre et de ses
ministres. Bassesse du roi de Sicile pour l’Angleterre, inutile. Son envoyé
à Londres forme une intrigue à Vienne pour y réconcilier
son maître. Opinion prétendue de l’empereur sur le régent
et sur le roi de Sicile. Crainte publique des princes d’Italie. Sages pensées
de Cellamare. Avis envenimés contre la France de Welez à
l’empereur. Conseils enragés de Bentivoglio au pape, qui fait entendre
qu’il ne donnera plus de bulles sans conditions et précautions.
p.
90
Chapitre VI. Saint-Albin
coadjuteur de Saint-Martin des ChampsInfamie de l’abbé d’Auvergne.
Dispute encore entre le grand et le premier écuyer. Le duc de Noailles
et Law, brouillés, se raccommodent en apparence. Noailles obtient
le gouvernement et capitainerie de Saint-Germain par la mort de Mornay.
Plénoeuf, relaissé à Turin de peur de la chambre de
justice, imagine d’y traiter le mariage d’une fille de M. le duc d’Orléans
avec le prince de Piémont, pour se faire de fête. Je suis
chargé de ce commerce malgré moi, et je m’en décharge
sur l’abbé Dubois, à son retour d’Angleterre. Querelle entre
le maréchal de Villeroy et le duc de Mortemart, premier gentilhomme
de la chambre en année, qui la perd. Autres disputes des premiers
gentilshommes de la chambre. Le maréchal de Villeroy refuse la prolongation
du don de cinquante mille livres de rente sur Lyon. Son motif; sa conduite;
explication de ce qu’il n’y perd rien. Quatre-vingt mille livres au duc
de Tresmes. Le prince électoral de Saxe se déclare catholique
à Vienne. Abbé de Louvois refuse l’évêché
de Clermont; quel. Rion gouverneur de Cognac. Mort d’Oppède, mari
secret de Mme d’Argenton, et de l’abbé de Langlée. Mort et
famille de la comtesse de Soissons. Appel du cardinal de Noailles devenu
public. La Parisière, évêque de Nîmes, exilé
dans
son diocèse. Affaire du pays de Lalleu, où je sers adroitement
le duc de Boufflers. Anecdote singulière de l’étrange indécision
du chancelier. Capacité singulière de d’Antin. Reconnaissance
des députés du pays de Lalleu. Les ducs de La Force et de
Noailles brouillés. Mme d’Arpajon dame de Mme la duchesse de Berry,
et Bonivet maître de sa garde-robe. Mort du cardinal Arias, archevêque
de Séville. Mort de Mme de Monjeu et de Richard Hamilton. Caractère
de ce dernier. Assassinats et vols. Teneurs de jeux de hasard mis en prison.
États de Bretagne orageux et rompus. Mme d’Alègre entre avec
moi en mystérieux commerce qui dure plus d’un an. Abbé Dubois
revient pour peu de jours d’Angleterre à Paris; y laisse sa correspondance
à Nancré; trouve le roi d’Angleterre et le prince de Galles
fort brouillés. Cause originelle de leur éloignement. p.
127
Chapitre VII. Idées
et précautions d’Albéroni. État embarrassant du roi
d’Espagne. Capacité de del Maro odieuse à Albéroni,
qui le décrie partout. Ses exhortations et ses menaces au pape en
faveur d’Aldovrandi. Manéges d’Aldovrandi. Sagacité de del
Maro. Première audience du colonel Stanhope peu satisfaisante. Chimères
d’Albéroni. Craintes d’Albéroni parmi sa fermeté.
Son espérance en la Hollande fomentée par Beretti. Découverte
de ce dernier sur le roi de Sicile. Faux raisonnements de Beretti sur les
Hollandais. Abbé Dubois à Londres. Monteléon y est
leurré; cherche à pénétrer et à se faire
valoir. Audacieux avis des Anglais au régent sur son gouvernement
intérieur; qu’ils voudraient changer à leur gré. Réflexions.
Projets du czar à l’égard de la Suède, et ceux du
roi de Prusse. Offres de la Suède. Conduite suspecte de Goertz,
et celle du czar et du roi de Prusse en conséquence. Avis de ce
dernier au régent. Ses chimères. Objet du roi d’Angleterre
dans son désir de moyenner la paix entre l’empereur et l’Espagne
à Londres. Penterrieder y arrive. Divers sentiments en Hollande.
Conditions fondamentales proposées à l’Espagne pour la paix.
Albéroni, aigri contre Stairs, est contenté par Stanhope,
qui l’amuse sur l’affaire principale par une équivoque. Grande maladie
du roi d’Espagne. Solitude de sa vie. Albéroni veut interdire toute
entrée à Villena, majordome-major, qui, dans la chambre du
roi d’Espagne, la reine présente, donne des coups de bâton
au cardinal, et est exilé pour peu de temps. Le roi d’Espagne fait
un testament. p. 158
Chapitre VIII. Opiniâtreté
d’Albéroni contre la paix. Le pape fait imprimer son bref injurieux
au roi d’Espagne, qu’Aldovrandi n’avait osé lui présenter.
Ce nonce fait recevoir la constitution aux évêques d’Espagne.
Anecdote différée. Servitude du pape pour l’empereur, qui
le méprise et fait Czaki cardinal. Le pape fait arrêter le
comte de Peterborough; et, menacé par les Anglais, le relâche
avec force excuses. Sa frayeur, et celle du duc de Parme, de l’empereur.
Conseils furieux et fous contre la France de Bentivoglio au pape. Son extrême
embarras entre l’empereur et l’Espagne. Ses tremblantes mesures. Le pape
avoue son impuissance pour la paix. Avis à l’Espagne et raisonnements
sur Naples. Mesures militaires d’Albéroni, et sur la paix qu’il
ne veut point. Mystère du testament du roi d’Espagne. Faiblesse
d’esprit du roi d’Espagne guéri. Vanteries des forces d’Espagne,
et conduite d’Albéroni. Ses mesures. L’Angleterre arme une escadre.
Forts propos entre le duc de Saint-Aignan et Albéroni. Chimères
de ce cardinal. Riperda, tout à Albéroni, tient à
del Maro d’étranges propos. Dons faits au cardinal Albéroni,
qui est nommé à l’évêché de Malaga, puis
à l’archevêché de Séville. Il montre à
del Maro son éloignement de la paix, qui en avertit le roi de Sicile.
Le cardinalat prédit à Albéroni. Aldovrandi, pensant
bien faire d’engager les prélats d’Espagne d’accepter la constitution,
est tancé avec ordre de détruire cet ouvrage comme contraire
à l’infaillibilité. Aldovrandi fort malmené. Griefs
du pape contre lui. Demandes énormes de l’empereur au pape. Hauteur
incroyable de l’empereur avec le pape qui tremble devant lui et qui est
pressé par l’Espagne. Reproches entre le cardinal Acquaviva et le
prélat Alamanni de la part du pape. Mouvements inutiles dans le
royaume de Naples. Soupçons sur le roi de Sicile, qui envoie le
comte de Provane à Paris. Le duc de Modène n’ose donner sa
fille au Prétendant qui est pressé de tous côtés
de se marier. Les neveux du pape vendus à l’empereur. Faiblesse
entière du pape pour le cardinal Albane, sans l’aimer ni l’estimer.
Crainte de ce neveu à l’égard d’Aldovrandi. Gallas et Acquaviva
également bien informés par l’intérieur du palais
du pape. [Le pape] veut se mêler de la paix entre l’empereur et l’Espagne.
Hauteur et menaces des Impériaux sur la paix, qui déplaisent
eu Hollande. Manéges intéressés de Beretti. Friponnerie
de l’abbé Dubois. Manéges intéressés de Monteléon,
qui compte sur Chavigny, amené par l’abbé Dubois à
Londres, et en est trompé. Inquiétude chimérique des
Anglais d’un mariage du prince de Piémont avec une fille du régent.
Même inquiétude, et personnelle, de La Pérouse. Il
apprend de Penterrieder que l’empereur veut absolument la Sicile, avec
force propos hauts et caressants. Il l’assure de tout l’éloignement
de la France pour le roi de Sicile. Court voyage de l’abbé Dubois
à Paris. Cajoleries du roi d’Angleterre à la reine d’Espagne
et à Albéroni, en cas de mort du roi d’Espagne. Proposition
du roi d’Espagne pour entrer en traité avec l’empereur par l’Angleterre.
Manége des ministres du roi d’Angleterre. Ils n’ont point de secret
pour Penterrieder. Résolution du régent sur le traité,
mandée par l’abbé Dubois en Angleterre. Inquiétude
des ministres de Sicile à Londres et à Paris. Éclat
entre le roi d’Angleterre et le prince de Galles. Manége et embarras
de La Pérouse. L’Angleterre arme doucement une escadre pour la Méditerranée.
Plaintes de Monteléon. Réponse honnête, mais claire,
des ministres anglais. Chimère imaginée par les ennemis du
régent, qu’il voulait obtenir de l’empereur la succession de la
Toscane pour M. son fils. Beretti, trompé par de faux avis, compte
avec grande complaisance sur la Hollande, dont il écrit merveilles
en Espagne, et de la partialité impériale des Anglais. p.
181
Chapitre IX. Mouvements
du roi de Prusse à divers égards. Son caractère et
ses embarras. Tentatives pleines d’illusions de Cellamare, qui découvre
avec art la vraie disposition du régent sur les affaires présentes.
Mouvements en Bretagne. Idées d’Albéroni. Il s’emporte contre
les demandes de l’empereur au pape, surtout sur celle qui le regarde personnellement.
Déclaration du roi d’Espagne sur la paix. Propos, sentiment, conduite
d’Albéroni. Ses préparatifs. Son profond secret. Sa toute-puissance
en Espagne. Monti à Madrid. Le roi d’Espagne inaccessible. Souverain
mépris d’Albéroni pour Rome. Sa conduite sur le bref injurieux
au roi d’Espagne. Aldovrandi occupé de rapprocher les deux cours
et de se justifier à Rome sur ce qu’il avait fait à l’égard
de l’acceptation de la constitution en Espagne. Délicatesse de Rome
étrangement erronée. Anecdote importante sur la constitution
entre l’archevêque de Tolède et moi. Son caractère.
La nonciature chassée de Naples. Le pape, n’osant rien contre l’empereur,
s’en prend à l’Espagne. Rare expédient du pape sur la non-résidence
d’Albéroni en son évêché de Malaga. Réflexion.
Délicatesse horrible de Rome. Fureurs de Bentivoglio qui dégoûtent
de lui les siens mêmes. Il donne au pape des conseils extravagants
sur les affaires temporelles. D. Alexandre Albane passe pour vendu à
l’Espagne. Mauvais gouvernement du pape. Il refuse les bulles de Séville
à Albéroni. Frayeur du duc de Parme et ses conseils à
l’Espagne. Conduite et sentiments d’Albéroni. Forces de l’Espagne
diversement regardées. Sage avis de del Maro au roi de Sicile. Riperda,
vendu à Albéroni, lui propose l’union du roi de Sicile au
roi d’Espagne. Singulière aventure d’argent entre Bubb, Riperda
et Albéroni. Triste état personnel du roi d’Espagne et du
futur [roi]. Insolentes vanteries d’Albéroni. Ses efforts auprès
des Hollandais. Son opinion de l’Angleterre. Ses bravades. Riche arrivée
des galions. Haute déclaration des ambassadeurs d’Espagne en France,
en Angleterre et ailleurs. Propos d’Albéroni sur l’Angleterre et
la Hollande. Mesures militaires d’Albéroni. Il veut engager une
guerre générale. Les Anglais ne laissent pas de le ménager.
Triste état personnel du roi d’Espagne, quoique rétabli.
Mesures d’Albéroni pour être seul et bien le maître
de sa personne. Docteur Servi, médecin parmesan. Proposition en
l’air de marier le prince des Asturies à une fille du prince de
Galles. Roideur de l’empereur soutenu des Anglais. Inquiétude du
roi de Sicile. Propos de son envoyé en Angleterre avec Stanhope,
qui l’augmente. La Pérouse est la dupe de Penterrieder sur la France.
Le czar prend la protection du duc de Mecklembourg, et rassure le roi de
Prusse sur un traité particulier avec la Suède. Mort de la
maréchale de Duras. Quatre gentilshommes de Bretagne mandés
par lettre de cachet pour venir rendre compte de leur conduite. p. 208
Chapitre X. Année 1718.
Manéges
du duc de Noailles à l’égard de Law. Mort de Mornay. Duc
de Noailles obtient sur-le-champ le gouvernement et la capitainerie de
Saint-Germain. Liaison de l’abbé Dubois et de Law, et sa cause.
Duc de Noailles, agité de crainte pour sa place, veut me regagner,
et me propose de rétablir le temporel ruiné de La Trappe.
Sourds préparatifs à déposter le duc de Noailles et
son ami le chancelier. Édit en faveur de la compagnie d’Occident;
quel. Le régent travaille à la Raquette avec Law, le chancelier
et le duc de Noailles, sur lequel il achève de s’indisposer. La
Raquette et les Biron. Grâce pécuniaire au Languedoc, d’où
Bâville se retire avec douze mille livres de pension. Inondations
vers le nord. Mme la Duchesse enlève à Mme la maréchale
d’Estrées une loge à l’Opéra. Morville ambassadeur
en Hollande. Mariage de Chauvelin depuis si haut et si bas. Grâces
pécuniaires aux comtes de Roncy et de Médavy. Le comte de
Rieux s’excuse au régent de ses pratiques. Son caractère.
Mouvements, lettres et députation de Bretagne. Incidents du maréchal
de Montesquiou. Gentilshommes bretons, mandés, puis exilés.
Embarras et projets sur les tailles. On me fait; par deux différentes
fois, manquer la suppression de la gabelle. Tout bien impossible en France.
Manéges d’Effiat et du premier président. Duperie du régent.
Conspiration très organisée pour le culbuter. Mouvements
du parlement. Singulière colère et propos entre M. le duc
d’Orléans et moi sur les entreprises du parlement. Manéges
contre Law du duc de Noailles et du chancelier. Ma conduite à cet
égard. Abbé Dubois lié de plus en plus avec Law contre
le duc de Noailles. Son double intérêt. Caractère d’Argenson.
Raisons qui me déterminent pour Argenson, à qui je fais donner
les sceaux et les finances. Je l’en avertis la veille, et tâche de
le capter en faveur du cardinal de Noailles. Le chancelier perd les sceaux;
est exilé à Fresnes. Le duc de Noailles se démet des
finances; entre au conseil de régence. Argenson a les finances et
les sceaux. Politesse fort marquée d’Argenson à mon égard.
Courte digression sur le chancelier. Survivance de la charge et des gouvernements
du duc de Noailles donnée à son fils enfant, sans l’avoir
demandée. Rouillé quitte les finances avec douze mille livres
de pension. Marchault lieutenant de police; son caractère. Grâces
faites à Châteauneuf; à Torcy, qui marie sa fille à
Duplessy-Châtillon; au duc d’Albret, qui veut épouser la fille
de Barbezieux. p. 232
Chapitre XI. M. le
duc d’Orléans mène M. le duc de Chartres aux conseils de
régence et de guerre, sans y opiner. Entreprises du parlement. Mort
et dépouille de Simiane et du grand fauconnier des Marais. Madame
assiste scandaleusement à la thèse de l’abbé de Saint-Albin.
Ballet du roi, qui s’en dégoûte pour toujours. M. [le duc]
et Mme la duchesse de Lorraine à Paris. Bassesse de courtisan du
duc de Lorraine. M. le Duc et ensuite Mme la duchesse de Berry donnent
une fête à M. et à Mme de Lorraine. Insolence de Magny
punie; quel il était et ce qu’il devint. M. de Lorraine va voir
plaider à la grand’chambre, puis à la Bastille, et dîner
chez le maréchal de Villeroy. Objet et moyens du duc de Lorraine
dans ce voyage. Il est ennemi de la France. Ses demandes sans droit ni
prétexte. Ses lueurs mises au net par moi au régent. Altesse
royale, pourquoi et quand accordée au duc de Savoie. Le régent
entraîné à tout accorder au duc de Lorraine. Ses mesures
pour l’exécution. Caractère de Saint-Contest, nommé
pour faire le traité avec le duc de Lorraine, qui obtient un grand
démembrement en Champagne en souveraineté, et le traitement
d’Altesse Royale. Misère du conseil de régence. Le régent
tâche inutilement, par Saint-Contest et par lui-même, de vaincre
ma résistance au traité; vient enfin à me prier de
m’absenter du conseil de régence le jour que ce traité y
sera porté. J’y consens. Il m’en arriva de même lorsque le
régent accorda le traitement de Majesté au roi de Danemark,
et celui de Hautes Puissances aux États généraux des
Provinces-Unies. Le traité passe sans difficulté au conseil
de régence; est de même aussitôt après enregistré
au parlement. Départ de M. et de Mme de Lorraine. Audacieuse conduite
du duc de Lorraine, qui ne voit point le roi. Le grand-duc [de Toscane]
et le duc de Holstein-Gottorp, sur l’exemple du duc de Lorraine, prétendent
aussi l’Altesse Royale, et ne l’obtiennent pas. Bagatelles entre M. le
duc d’Orléans et moi. Mme de Sabran; quelle. Son-bon mot au régent.
Conduite [du régent] avec ses maîtresses. p. 267
Chapitre XII. Mouvement
du parlement à l’occasion d’arrêts du conseil sur les billets
d’État et les monnaies. Lettres de cachet à des Bretons.
Députation et conduite du parlement de Bretagne. Breteuil intendant
de Limoges. Conférence du cardinal de Noailles avec le garde des
sceaux chez moi, dont je suis peu content. Sommes données par le
régent aux abbayes de la Trappe et de Septfonts. Ma conduite à
cet égard avec le duc de Noailles et avec M. de Septfonts, avec
qui je lie une étroite amitié. Mariage de Maurepas avec la
fille de La Vrillière. Mort de Fagon, premier médecin du
feu roi. Mort et dispositions de l’abbé d’Estrées. Conversion
admirable de la marquise de Créqui. Cambrai donné au cardinal
de La Trémoille, et Bayeux à l’abbé de Lorraine. Promotion
et confusion militaire. J’obtiens un régiment pour le marquis de
Saint-Simon; qui meurt trois mois après; puis pour son frère.
Broglio l’aîné; son caractère. Il engage le régent
à un projet impossible de casernes et de magasins, et à l’augmentation
de la paye des troupes. Sagesse de l’administration de Louvois. Les chefs
des conseils mis dans celui de régence sans perdre leurs places
dans les leurs. Survivances du gouvernement de Bayonne, etc., et du régiment
des gardes, accordées au fils aîné du duc de Guiche,
et autres grâces faites à Rion, Maupertuis, La Chaise, Heudicourt.
Nouvelles étrangères. Légèreté du cardinal
de Polignac, qui tâche inutilement de se justifier au régent
de beaucoup de choses. Désordre des heures d’Argenson. Law et lui
font seuls toute la finance. Il obtient le tabouret pour sa femme, à
l’instar de la chancelière, premier exemple dont Chauvelin profita
depuis. Mort de Menars, président à mortier. Meaupeou, aujourd’hui
premier président, a sa charge. Querelles domestiques du parlement
suspendues par des considérations plus vastes. Beaufrémont,
de concert avec ceux qui usurpoient le nom collectif de noblesse, insulte
impunément les maréchaux de France, qui en essuient l’entière
et publique mortification. Caractère de Baufremont, qui se moque
après et aussi publiquement de M. le Duc, et aussi impunément.
Catastrophe de Monasterol. Mort de La Hire et de l’abbé Abeille.
Mort de Poirier, premier médecin du roi. Dodart mis en sa place.
Prudente conduite du régent en cette occasion. Caractère
de Dodart et de son père. Caractère et infamie de Chirac.
p.
294
Chapitre XIII. Mort
de la duchesse de Vendôme. Adresses et ruses pour l’obscure garde
de son corps, sur même exemple de Mlle de Condé; ce qui n’a
pas été tenté depuis. Le grand prieur sert à
la cène le jeudi saint pour la dernière fois, et s’absente,
le lendemain, de l’adoration de la croix. Cardinal de Polignac prétend
présenter au roi l’évangile à baiser, de préférence
au premier aumônier; est condamné. Le roi visite Mme la Princesse
et Mmes ses deux filles sur la mort de Mme de Vendôme. Douglas obscur,
misérable, fugitif. Mme la duchesse de Berry parle fort mal à
propos au maréchal de Villars; se hasarde de faire sortir Mme de
Clermont de l’Opéra, etc; se raccommode bientôt après
avec elle et avec Mme de Beauvau. Abbé de Saint-Pierre publie un
livre qui fait grand bruit, et qui le fait exclure de l’Académie
française dont il était. Incendie au Petit-Pont à
Paris. Mort et caractère de Mme de Castries. Mme d’Épinai
dame d’atours de Mme la duchesse d’Orléans en sa place. Mort de
la reine d’Angleterre à Saint-Germain. Mort, extraction et famille
du duc de Giovenazzo. Bureau de cinq commissaires du conseil de régence
pour examiner les moyens de se passer de bulles. La peur en prend à
Rome qui les accorde toutes, et sans condition, aussitôt. Mort du
comte d’Albemarle. Sa fortune fatale à celle de Portland. Mort,
caractère, faveur de M. le Grand. Mort de Mme de Chalmazel et de
la duchesse de Montfort. Mariage du duc d’Albret avec une fille de Barbezieux,
et du fils du prince de Guéméné avec une fille du
prince de Rohan. Origine des fiançailles dans le cabinet du roi
de ceux qui ont rang de prince étranger. Mariage du comte d’Agenois
et de Mlle de Florensac. Prince et princesse de Carignan à Paris,
où ils se fixent incognito. Triste éclat de l’évêque
de Beauvais. Yolet, ayant quitté le service depuis treize ou quatorze
ans, étant mestre de camp, fait maréchal de camp. Bruit des
mestres de camp de cavalerie sur le style des lettres que le comte d’Évreux
leur écrivait, qui finit par un mezzo-termine. Augmentation de pension
à la duchesse de Portsmouth. Grandes grâces pécuniaires
à M. le prince de Conti. Origine de ce débordement de finances
du roi aux princes et princesses du sang. D’Antin obtient pour ses deux
petits-fils les survivances de ses gouvernements, et Silly une place dans
le conseil du dedans du royaume. Grande sédition à Bruxelles.
Affaires étrangères. p. 321
Chapitre XIV. État
de la négociation à Londres pour traiter la paix entre l’empereur
et le roi d’Espagne. Deux difficultés principales. Staremberg le
plus opposé à la cession future de la Toscane. Propositions
des Impériaux pleines de jalousie et de haine. Plaintes artificieuses
des Impériaux du régent. Point de la tranquillité
de l’Italie pendant la négociation. Partialité ouverte des
Anglais pour l’empereur. Leurs hauteurs et leurs menaces au régent.
Le roi d’Angleterre, inquiet sur le nord, s’assure du czar; méprise
le roi de Prusse. La czarine veut s’assurer de la Suède pour la
transmission de la succession de Russie à son fils. Agitations et
reproches du czar sur cette affaire. Le régent pressé par
l’Angleterre. L’Espagne ne pense qu’à se préparer à
la guerre; déclare à l’Angleterre qu’elle regardera comme
infraction tout envoi d’escadre anglaise dans la Méditerranée.
Albéroni ennemi de la paix. Ses efforts; ses manéges; sa
politique. Il veut gagner le régent et le roi de Sicile. Forte conversation
d’Albéroni avec le ministre d’Angleterre. Plaintes et chimères
d’Albéroni. Il écrit au régent avec hardiesse. Inquiétude
sur Nancré. Albéroni espère du régent, pressé
par Cellamare et Provane, d’augmenter l’infanterie et d’envoyer un ministre
à Vienne. Le régent élude enfin leurs demandes. Reproches
de Cellamare à la France; sort peu content d’une audience du régent.
Cellamare, pour vouloir trop pénétrer et approfondir, se
trompe grossièrement sur les causes de la conduite du régent.
p.
347
Chapitre XV. Sage
avis de Cellamare au roi d’Espagne. Est inquiet du prétendu mariage
du prince de Piémont avec une fille du régent, dont le régent
et le roi de Sicile sont aussi éloignés l’un que l’autre.
Erreur aveugle de Beretti. Proposition des Anglais sur la Toscane. Inquiétudes
mutuelles. Division dans la famille du roi d’Angleterre, qui retranche
quarante mille livres sterling de rente au prince de Galles, et fait payer
cent trente mille livres sterling à l’empereur, qui est fort recherché.
Visions d’Albéroni. Préliminaires demandés par l’Espagne
à l’empereur. Folle conduite d’Albéroni. Il fait faire une
déclaration menaçante aux Hollandais pour en acheter des
vaisseaux. Riperda rappelé; résolu depuis longtemps de revenir
s’établir en Espagne. Mauvais état de la personne du roi
d’Espagne. Pouvoir sans bornes d’Albéroni. Aubenton et Aldovrandi
excitent l’Espagne en faveur de la constitution. Fortes démarches
et menaces terribles de l’empereur au pape. Consternation de Rome. Ses
soumises et basses résolutions. Politique et ruse odieuse de Vienne.
Le pape, dans sa frayeur de l’empereur, tombe pour l’apaiser sur l’Espagne
et sur Aldovrandi. Brefs ne sont point reçus par l’empereur ni par
les rois de France et d’Espagne, sans que leurs copies n’aient été
vues par leurs ministres, qui les admettent ou les rejettent. Opinion générale
prise du pape à l’égard de l’Espagne. Les Impériaux
veulent qu’Aldovrandi soit rappelé et châtié. Faibles
manéges du pape à cet égard; jugement qu’ils en font
porter. p. 363
Chapitre XVI. Negroni,
odieux à la France, nommé vice-légat d’Avignon sans
participation de la France, contre la coutume établie. Ottobon veut
lier avec Albéroni. Nouvelles scélératesses de Bentivoglio.
Le pape refuse au cardinal Albéroni les bulles de l’archevêché
de Séville. Audace, plan, propos d’Albéroni uni d’attachement
et de sentiment au duc de Parme. Manéges réciproques entre
le régent et Cellamare, qui le veut entraîner dans la guerre
avec l’Espagne contre l’empereur. Concert entre Cellamare et Provane. Ils
découvrent le mariage proposé de M. le duc de Chartres avec
une soeur du roi de Portugal sans succès par les difficultés
du rang. Objets des ministres d’Espagne. Corsini envoyé du grand-duc
à Paris; quel; passe à Londres pour y faire des représentations
inutiles. Le régent s’ouvre à Provane de l’état de
la négociation de Londres. Sentiment de Cellamare là-dessus.
Plaintes de la cour de Vienne de la France, et ses propositions sur la
Toscane appuyées des Anglais. Quel était Schaub. L’empereur
répond par de fortes demandes aux demandes préliminaires
de l’Espagne, et y est appuyé par l’Angleterre. Manéges et
souplesses de Stanhope. Langage de l’abbé Dubois à Monteléon.
Il lui envoie avec précaution le modèle d’un billet à
Albéroni en faveur de Nancré et de sa négociation,
qu’Albéroni méprise, averti par Monteléon. Conversation
de Monteléon avec Stanhope qui le veut tromper, puis éblouir
sur la destination de l’escadre anglaise. Monteléon tâche
à prendre d’autres mesures pour arrêter l’effet de cet armement.
Sagacité de Monteléon. Fermes réponses des ministres
de Sicile à Paris et à Londres à l’égard de
la conservation de cette île à leur maître. Plaintes
et mouvements de Cellamare. Monti peu satisfait du régent. Monteléon,
sur des ordres réitérés, fait à Londres les
plus fortes déclarations sur la destination de l’escadre. Efforts
d’Albéroni en Hollande. Ses sentiments sur les traités d’Utrecht.
Ses vanteries. Cache bien où il veut attaquer. Sagacité de
l’abbé del Maro. Beretti trompé ou trompeur sur la Hollande.
Sage avis de Cellamare à Albéroni sur la France. Propos publics
de Cellamare; retient sagement Provane; dit à Nancré qu’il
ne réussira pas. p. 377
Chapitre XVII. Albéroni
continue à poursuivre Giudice; lui fait redoubler les ordres d’ôter
les armes d’Espagne de dessus la porte de son palais. Malice et toute-puissance
de ce premier ministre. État personnel du roi d’Espagne. Manéges
du pape et d’Albéroni sur les bulles de Séville et sur le
neveu d’Aldovrandi. Avidité et prodigalité du cardinal Ottobon.
Avidité et dérèglement des neveux du pape. Tracasseries
à cette occasion, où Giudice se barbouille. Propos, mémoires,
menaces, protestation, forte lutte par écrit entre Acquaviva et
le pape sur le refus des bulles de Séville. Querelle d’Acquaviva
avec le gouverneur de Rome. Hauteur et faiblesse du roi d’Espagne à
l’égard de Rome. Adresse d’Aldovrandi à servir Albéroni.
Le pape embarrassé sur deux ordres venus d’Espagne. Giudice se déchaîne
contre Albéroni, et Giudice et Acquaviva l’un contre l’autre. Albéroni
se méfie de tous les deux. Del Maro seul va droit au but du dessein
militaire d’Albéroni. Manéges d’Albéroni, résolu
à la guerre, à Londres et à Paris; s’ouvre à
Cellamare. Remises et avis d’Albéroni au duc de Parme; se plaint
à l’abbé Dubois, par Monteléon, de l’ignorance où
on le tient des conditions du traité, et fait des reproches. Plaintes
amères contre le régent des agents anglais entièrement
impériaux. Leur audace et leur imposture. Sage adresse de Monteléon
pour oser donner de bons conseils à Albéroni. Singulières
ouvertures de l’abbé Dubois à Monteléon. L’empereur
veut les successions de Parme et de Toscane pour le duc de Lorraine; on
leurre le duc de Modène. Penterrieder déclare à Londres,
à l’envoyé de Sicile, que l’empereur veut la Sicile absolument.
Il indispose tant qu’il peut cet envoyé et son maître contre
le régent. Caractère de Monteléon. Le grand-duc et
le duc de Parme envoient à Londres faire des représentations
inutiles. Désirs des Florentins de retourner en république,
et non sans quelque espérance. Monteléon reçoit des
ordres réitérés de faire des menaces sur l’escadre;
les communique à Stanhope. Adresse de celui-ci pour l’amuser. Adresse
de l’autre pour amener l’Espagne au traité. Points sensibles à
Vienne sur le traité. Monteléon, persuadé du danger
de rompre pour l’Espagne, n’oublie rien pour l’en dissuader. Bruits d’une
révolution prochaine en Angleterre, où le ministère
est changé. Ruse inutile d’Albéroni pour opposer la nation
anglaise à son roi. Mécompte de Monteléon. Cellamare
plus au fait. Stairs s’explique nettement sur l’escadre. Mouvements contraires
dans le parlement d’Angleterre. Nuages sur la fermeté de la cour
de Vienne tournés à Londres avec adresse. Demandes bien mesurées
du grand-duc. Effort d’Albéroni auprès du régent.
Conduite publique et sourdes cabales de Cellamare. Il cherche d’ailleurs
a remuer le nord contre l’empereur. p. 402
Chapitre XVIII. Affaires
du nord. La France paraît vouloir lier étroitement avec la
Prusse. Hollandais, fort en brassière entre l’Espagne et les autres
puissances, veulent conserver la paix. Adresse de Monteléon dans
ses représentations à Albéroni, sous le nom de l’abbé
Dubois, en faveur de la paix. Menaces de l’Espagne méprisées
en Angleterre, dont le parlement accorde au roi tout ce qu’il demande pour
les dépenses de mer. Insolence de Penterrieder. Ses manéges
et ses propositions à l’envoyé de Sicile très dangereuses
pour la France. Vanteries et bévues de Beretti. Le roi de Sicile
soupçonné de traiter secrètement avec l’empereur.
Raisonnements d’Albéroni sur ce prince, sur les Impériaux
et sur la France. Fortes protestations et déclarations de l’Espagne
à Paris et à Londres. Efforts et préparatifs d’Albéroni.
Ses plaintes. Albéroni imagine de susciter la Suède contre
l’empereur. Nancré échoue à Madrid. Albéroni
le veut retenir jusqu’à la réponse de Vienne. Concert entre
Nancré et le colonel Stanhope. Adresse de ce dernier repoussée
par Albéroni. Grands préparatifs hâtés en Espagne.
Le marquis de Lede et Patiño mandés à Madrid. p.
429
Chapitre XIX. Menaces
d’Albéroni sur le refus de ses bulles de Séville. Il s’emporte
contre le cardinal Albane. Manéges d’Aldovrandi pour le servir et
soi-même. L’empereur s’oppose aux bulles de Séville; accuse
Albéroni de traiter avec les Turcs. Acquaviva embarasse le pape
par une forte demande et très plausible. Prétendues preuves
de l’accusation contre Albéroni. Secret et scélérat
motif d’Albéroni pour la guerre. Conduite de Cellamare en conséquence.
L’empereur consent à tous les points du traité de Londres.
Cellamare déclare que l’Espagne n’acceptera point le traité.
Le régent dépêche à Londres. Manéges,
inquiétudes, fougues, menaces d’Albéroni. Ses déclamations.
Son emportement contre le traité de la paix d’Utrecht. Fureur d’Albéroni
sur les propositions de Nancré, surtout contre la cession de la
Sicile à l’empereur. Il proteste que le roi d’Espagne n’acceptera
jamais le traité, quoi qu’il en puisse arriver. Ses vanteries; ses
imprécations. Ne laisse pas de traiter Nancré avec beaucoup
de distinction et d’apparente confiance. Fureur, menaces et manéges
d’Albéroni sur le refus de ses bulles de Séville. Albéroni
dépité sur l’achat des vaisseaux en Hollande, ou Beretti
se trompe de plus en plus, déclare qu’il n’en a plus que faire;
menace. Manége sur l’escadre anglaise. Sage conduite de Monteléon.
Négociation secrète du roi de Sicile à Vienne. Propos
de l’abbé Dubois à Monteléon. Doubles manéges
des Anglais sur la paix, avec l’Espagne et avec l’empereur. Sentiment de
Monteléon. Dangereux manéges du roi de Sicile. Le roi d’Angleterre
s’oppose ouvertement à son désir d’obtenir une archiduchesse
pour le prince de Piémont. p. 445
NOTES.
I. Le garde des sceaux
d’Argenson.
p. 461
II. Journal inédit
de Nicolas-Joseph Foucault. p. 466
III. Les chanceliers
pendant le règne de Louis XIV. p. 469
SEIZIÈME VOLUME.
Chapitre I. L’empereur
accepte le projet de paix. Les Anglais haïssent, se plaignent, demandent
le rappel de Châteauneuf de Hollande. Leur impudence à l’égard
du régent. Guidés par Dubois, ils pressent et menacent l’Espagne.
L’empereur ménage enfin les Hollandais. Erreur de Monteléon.
Difficulté et conduite de la négociation du roi de Sicile
à Vienne. Énormité contre M. le duc d’Orléans
des agents du roi de Sicile à Vienne, qui échouent en tout.
Sage conduite et avis de Monteléon. La Hollande, pressée
d’accéder au traité, recule. Beretti, par ordre d’Albéroni,
qui voudrait jeter le Prétendant en Angleterre, tâche à
lier l’Espagne avec la Suède et le czar prêts à faire
leur paix ensemble. Sages réflexions de Cellamare. Son adresse à
donner de bons avis pacifiques en Espagne. Dangereuses propositions pour
la France du roi de Sicile à l’empereur. Provane les traite d’impostures;
proteste contre l’abandon de la Sicile, et menace la France dans Paris.
Nouvelles scélératesses du nonce Bentivoglio. Fortes démarches
du pape pour obliger le roi d’Espagne de cesser ses préparatifs
de guerre contre l’empereur. Autres griefs du pape contre le roi d’Espagne.
Menaces de l’Espagne au pape. Souplesses et lettres de Sa Sainteté
en Espagne. Fortes démarches de l’Espagne sur les bulles de Séville.
Manége d’Aldovrandi. p. 1
Chapitre II. Étrange
caractère du roi de Sicile. Entretien curieux entre le secrétaire
de son ambassade et Albéroni. Lascaris, envoyé de Sicile,
malmené par Albéroni. Plaintes hypocrites d’Albéroni.
Il déclame contre le traité et tâche de circonvenir
le maréchal d’Huxelles. Albéroni menace; veut reculer le
traité et gagner les Hollandais. Caractère de Beretti. Embarras
des ministres d’Espagne au dehors. La France et l’Angleterre communiquent
ensemble le projet du traité aux États généraux.
Conduite de Beretti. Son avis à Albéroni et sa jalousie contre
Monteléon. La nation anglaise et la Hollande partagées pour
et contre la traité. Triste prodige de conduite de la France. Conduite
de Châteauneuf en Hollande. Duplicité des ministres d’Angleterre
à l’égard du régent. Hauteur de Craggs à l’égard
du ministre de Sicile. Efforts du roi de Sicile pour lier avec l’empereur
et obtenir une archiduchesse pour le prince de Piémont. Conduite
de la cour de Vienne. Artificieuse conduite des ministres anglais à
l’égard du régent. Manéges de Penterrieder à
Londres. L’Espagne voudrait au moins conserver la Sardaigne; mal servie
par la France. L’Angleterre s’y oppose avec hauteur. Triste état
de Monteléon. Les ministres anglais plus impériaux que les
Impériaux mêmes. Ministres espagnols protestent dans toutes
les cours que l’Espagne ne consent point au traité. Efforts de Beretti
pour détourner les Hollandais d’y souscrire. Cris de cet ambassadeur
contre la France. Ses plaintes. Fâcheuse situation de la Hollande.
Le roi d’Espagne rejette avec hauteur le projet du traité communiqué
enfin par Nancré, et se plaint amèrement. Conduite et avis
de Cellamare. Son attention aux affaires de Bretagne. p. 19
Chapitre III. La Sardaigne
en achoppement à la paix. Attention de Cellamare aux affaires de
Bretagne. Adresse de l’avis de Monteléon à Albéroni.
Manége du roi de Sicile. Penterrieder en profite. Bassesse du roi
de Sicile pour l’Angleterre, qui le méprise et qui veut procurer
la Sicile à l’empereur. Sage avis de Monteléon. Erreur de
Beretti. Cadogan le désabuse. Intérêt personnel de
l’abbé Dubois. Plaintes malignes des Piémontais. Cellamare
déclare, tant qu’il peut, que l’Espagne n’acceptera point le projet
de traité. Beretti et Cadogan vont, l’un après l’autre, travailler
à Amsterdam pour mettre cette ville dans leurs intérêts
contraires. Nancré rend le roi de Sicile suspect à l’empereur.
Albéroni raisonne sainement sur la Sicile et sur le roi Georges;
très malignement sur le régent; artificieusement sur le roi
de Sicile; déclame contre le traité, contre lequel il fait
faire partout les déclarations les plus fortes; presse les préparatifs.
Secret impénétrable sur la destination de son entreprise.
Continue à bien traiter Nancré et à conférer
avec lui et avec le colonel Stanhope. Le colonel Stanhope pense juste sur
l’opiniâtreté d’Albéroni. Réponse de ce cardinal
à une lettre du comte Stanhope, qui le pressait d’accepter le traité.
Plaintes et vanteries d’Albéroni. Forces actuelles de l’Espagne.
Crédit de ce premier ministre sur Sa Majesté Catholique.
Albéroni menace Gallas, les Allemands et le pape. Vanteries de ce
cardinal. Vaines espérances de Giudice qui s’indispose contre Cellamare.
Bassesses de ce neveu. Chimères attribuées à Giudice,
qui font du bruit et du mal à Madrid. Il les désavoue et
déclame contre les chimères et le gouvernement d’Albéroni.
Fausse et basse politique du pape. Cellamare se fait bassement, gratuitement
et mal à propos l’apologiste d’Albéroni à Rome. Il
en reçoit de justes reproches de son oncle. Esprit de la cour de
Vienne. p. 36
Chapitre IV. Forces
d’Espagne en Sardaigne. Disposition de la Sicile. Le roi Jacques fait proposer
au roi d’Espagne un projet pour gagner l’escadre anglaise et tendant à
son rétablissement. Le cardinal Acquaviva l’appuie en Espagne. Albéroni
fait étaler les forces d’Espagne aux hollandais. Albéroni
continue ses déclamations contre le traité et contre le régent;
accuse Monteléon, qu’il hait, de lâcheté, de paresse;
lui fait d’autres reproches; en fait d’assez justes à l’Angleterre
et au régent. Le roi d’Espagne veut demander compte aux États
généraux du royaume de la conduite du régent; ne se
fie point aux protestations du roi de Sicile. Divers faux raisonnements.
Malignité insultante et la plus partiale des ministres anglais pour
l’empereur sur la Sardaigne et sur les garnisons. Monteléon de plus
en plus mal en Espagne. Friponnerie anglaise de l’abbé Dubois sur
les garnisons. Maligne et insultante partialité des ministres anglais
pour l’empereur sur la Sicile. Fausseté insigne d’Albéroni
à l’égard de la Sardaigne, ainsi qu’il avait fait sur les
garnisons. Les Impériaux inquiets sur la bonne foi des ministres
anglais, très mal à propos. Efforts de Cadogan et de Beretti
pour entraîner et pour détourner les hollandais d’entrer dans
le traité. Tous deux avouent que le régent seul en peut emporter
la balance. Beretti appliqué à décrier Monteléon
en Espagne. Ouverture et plainte, avis et réflexions du grand-duc,
confiés par Corsini à Monteléon pour le roi d’Espagne.
Faible supériorité impériale sur les États
de Toscane. Roideur des Anglais sur la Sardaigne, et leur fausseté
sur les garnisons espagnoles. Mouvements de Beretti et de Cellamare. Fourberie
d’Albéroni. Sa fausseté sur la Sardaigne. Fureur d’Albéroni
contre Monteléon; aime les flatteurs; écarte la vérité.
Chimères, discours, étalages d’Albéroni. Friponnerie
d’Albéroni sur les garnisons. Il fait le marquis de Lede général
de l’armée, et se moque de Pio et l’amuse. p. 52
Chapitre V. Riche
prise de contrebandiers de Saint-Malo dans la mer du Sud. Albéroni
inquiet de la santé du roi d’Espagne. Adresse d’Aldovrandi pour
servir Albéroni à Rome. Faiblesse singulière du roi
d’Espagne; abus qui s’en fait. Frayeur du pape. Cellamare fait des pratiques
secrètes pour soulever la France contre le régent. Sentiment
de Cellamare sur le roi de Sicile. Il confie à son ministre l’ordre
qu’il a de faire une étrange déclaration au régent.
Forte déclaration de Beretti en Hollande. Scélératesse
d’Albéroni à l’égard du roi de Sicile. Audace des
Impériaux, et sur quoi fondée. Nouvelle difficulté
sur les garnisons. Scélératesse de Stairs. Fausseté
et pis des ministres anglais à l’égard de l’Espagne. Le czar
s’offre à l’Espagne. Intérêt et inaction des Hollandais.
Vanteries, conseils, intérêt de Beretti. Succès des
menées de Cadogan en Hollande. Menteries, avis, fanfaronnades, embarras
de Beretti qui tombe sur Cellamare. Le duc de Lorraine demande le dédommagement
promis du Montferrat. Manéges de Beretti. Sa coupable envie contre
Monteléon. Manéges et bas intérêt de Beretti
qui veut perdre Monteléon. Audace des ministres impériaux.
Abbé Dubois bien connu de Penterrieder. Embarras du roi de Sicile
et ses vaines démarches et de ses ministres au dehors. Monteléon
intéressé avec les négociants anglais. Ses bons avis
en Espagne lui tournent à mal; il s’en plaint. Superbe de l’empereur.
Partialité des ministres anglais pour lui. Leur insigne duplicité
à l’égard de l’Espagne. Les ministres anglais pensent juste
sur le traité d’Utrecht, malgré les Impériaux. L’Angleterre
subjuguée par le roi Georges. Les ministres anglais contents de
Châteauneuf. Conduite et manéges de Beretti. Conduite, avis
et manéges de Cellamare. Vagues raisonnements. Monteléon
en vient aux menaces. Stanhope emploie en ses réponses les artifices
les plus odieux; lui donne enfin une réponse par écrit, devenue
nécessaire à Monteléon. Surveillants de Monteléon
à Londres; sa conduite avec eux. p. 76
Chapitre VI. Départ
de l’escadre anglaise pour la Méditerranée. Fourberie de
Stanhope à Monteléon. Propos d’Albéroni. Maladie et
guérison du roi d’Espagne. Vanteries d’Albéroni. Secret du
dessein de son expédition. Défiance du roi de Sicile de ceux
même qu’il emploie au dehors. Leurs différents avis. Ministres
d’Espagne au dehors déclarent que le roi d’Espagne n’acceptera point
le traité. Détail des forces d’Espagne fait en Angleterre
avec menaces. Albéroni déclame contre le roi d’Angleterre
et contre le régent. Albéroni se loue de Nancré; lui
impose silence sur le traité; peint bien l’abbé Dubois; menace;
donne aux Espagnols des louanges artificieuses. Il a un fort entretien
avec le colonel Stanhope, qui avertit tous les consuls anglais de retirer
les effets de leurs négociants. Inquiétude des ministres
de Sicile à Madrid. Fourberie insigne d’Albéroni. Forte et
menaçante déclaration de l’Espagne aux Hollandais. Avis contradictoire
d’Aldovrandi au pape sur Albéroni. Plaintes du pape contre l’Espagne
qui rompt avec lui, sur le refus des bulles de Séville pour Albéroni.
Conduite de Giudice à l’occasion de la rupture de l’Espagne, avec
Rome. Il ôte enfin les armes d’Espagne de dessus sa porte; craint
les Impériaux et meurt d’envie de s’attacher à eux; avertit
et blâme la conduite de Cellamare à leur égard. Le
pape menacé par l’ambassadeur de l’empereur. Malice d’Acquaviva
contre les Giudice. Dangereuses pratiques de Cellamare en France. Secret
et précautions. Ses espérances. Embarras domestiques du régent,
considérés différemment par les ministres étrangers
à Paris. Koenigseck, ambassadeur de l’empereur à Paris, gémit
de la cour de Vienne et de ses ministres. Garnisons. Conduite insolente
de Stairs. p. 106
Chapitre VII. Avis
peu uniformes de Monteléon en Espagne sur l’escadre anglaise. Forfanteries
de Beretti. Les ministres d’Angleterre veulent faire rappeler Châteauneuf
de Hollande. Comte de Stanhope à Paris, content du régent,
mécontent des Hollandais. Le czar se veut réunir aux rois
de Suède et de Prusse contre l’empereur et l’Angleterre. Conférence
de Monteléon avec les ministres d’Angleterre sur les ordres de l’escadre
anglaise, qu’il ne lui déguise pas. Ils résistent à
toutes ses instances. Faux et odieux discours du colonel Stanhope à
Albéroni. Opinion des Anglais du régent, de ceux qu’il employait
et d’Albéroni. Albéroni tente de surprendre le roi de Sicile
et de le tromper cruellement, en tâchant de lui persuader de livrer
ses places de Sicile à l’armée espagnole. Artificieuses lettres
d’Albéroni à ce prince. Albéroni compte sur ses pratiques
dans le nord, encore plus sur celles qu’il employait en France contre le
régent. Il les confie en gros au roi de Sicile. Albéroni
envoie à Cellamare la copie de ses deux lettres au roi de Sicile.
Il propose frauduleusement au colonel Stanhope quelques changements au
traité pour y faire consentir le roi d’Espagne, et, sur le refus,
éclate en menaces. Lui seul veut la guerre et a besoin d’adresse
pour y entraîner le roi et la reine d’Espagne, fort tentés
d’accepter le traité pour la succession de Toscane et de Parme.
Albéroni s’applaudit au duc de Parme d’avoir empêché
la paix, et lui confie le projet de l’expédition de Sicile et sur
les troubles intérieurs à exciter en France et en Angleterre.
Artifices et menaces d’Albéroni sur le refus des bulles de Séville.
Aldovrandi, malmené par Albéroni sur le refus des bulles
de Séville, lui écrit; n’en reçoit point de réponse;
s’adresse, mais vaguement, à Daubenton sur un courrier du pape,
et ferme la nonciature, sans en avertir. Sur quoi il est gardé à
vue, et Albéroni devient son plus cruel ennemi, quoiqu’il l’eût
toujours infiniment servi. Étranges artifices d’Albéroni
sur Rome et contre Aldovrandi. Reproches réciproques des cours de
Rome et de Madrid. La flotte espagnole arrivée en Sardaigne; crue
aller à Naples. Triste état de ce royaume pour l’empereur.
p.
126
Chapitre VIII. Scélératesses
semées contre M. le duc d’Orléans. Manéges et forte
déclaration de Cellamare. Manége des Anglais pour brouiller
toujours la France et l’Espagne, et l’une et l’autre avec le roi de Sicile.
Cellamare se sert de la Russie. Projet du czar. Son ministre en parle au
régent et lui fait inutilement des représentations contre
la quadruple alliance. Cellamare s’applique tout entier à troubler
intérieurement la France. Le traité s’achemine à conclusion.
Manéges à l’égard du roi de Sicile. Le régent
parle clair au ministre de Sicile sur l’invasion prochaine de cette île
par l’Espagne, et peu confidemment sur le traité. Convention entre
la France et l’Angleterre de signer le traité sans changement, à
laquelle le maréchal d’Huxelles refuse sa signature. Cellamare présente
et répand un peu un excellent mémoire contre le traité,
et se flatte vainement. Le ministre de Sicile de plus en plus alarmé.
Folie et présomption d’Albéroni. Efforts de l’Espagne à
détourner les Hollandais de la quadruple alliance. Albéroni
tombe rudement sur Monteléon. Succès des intrigues de Cadogan
et de l’argent de l’Angleterre en Hollande. Châteauneuf non suspect
aux Anglais, qui gardent là-dessus peu de mesures. Courte inquiétude
sur le nord. Le czar songe à se rapprocher du roi Georges. Intérêt
de ce dernier d’être bien avec le czar et d’éviter toute guerre.
Ses protestations sur l’Espagne. Les Anglais veulent la paix avec l’Espagne,
et la faire entre l’Espagne et l’empereur, mais à leur mot et au
sien. Monteléon y sert le comte Stanhope outre mesure. Le régent,
par l’abbé Dubois, aveuglément soumis en tout et partout
à l’Angleterre, et le ministère d’Angleterre à l’empereur.
Embarras de Cellamare et de Provane. Bruits, jugements et raisonnements,
vagues instances et menées inutiles. Menées sourdes du maréchal
de Tessé avec les Espagnols et les Russes. Le régent les
lui reproche. Le régent menace Huxelles de lui ôter les affaires
étrangères, et le maréchal signe la convention avec
les Anglais, à qui Châteauneuf est subordonné en tout
en Hollande. Efforts de Beretti à la Haye. Embarras de Cellamare
à Paris. p. 152
Chapitre IX. Albéroni
confie à Cellamare les folles propositions du roi de Sicile au roi
d’Espagne, qui n’en veut plus ouïr parler. Duplicité du roi
de Sicile. Ragotzi peu considéré en Turquie. Chimère
d’Albéroni. Il renie Camock au colonel Stanhope. Albéroni
dément le colonel Stanhope sur la Sardaigne. Éclat entre
Rome et Madrid. Raisons contradictoires. Vigueur du conseil d’Espagne.
Sagesse et précautions d’Aldovrandi. Ses représentations
au pape. Sordide intérêt du cardinal Albane. Timidité
naturelle du pape. Partage de la peau du lion, avant qu’il soit tué.
Le secret de l’entreprise demeuré secret jusqu’à la prise
de Palerme. Déclaration menaçante de l’amiral Bing à
Cadix, sur laquelle Monteléon a ordre de déclarer l’artificieuse
rupture en Angleterre et la révocation des grâces du commerce.
Sentiments d’Albéroni à l’égard de Monteléon
et de Beretti. Albéroni, dégoûté des espérances
du nord, s’applique de plus en plus à troubler l’intérieur
de la France; ne peut se tenir de montrer sa passion d’y faire régner
le roi d’Espagne, le cas arrivant. Aventuriers étrangers dont il
se défie. Rupture éclatante entre le pape et le roi d’Espagne.
Raisonnements. p. 175
Chapitre X. Soupçons
mal fondés d’intelligence du roi de Sicile avec le roi d’Espagne.
Frayeurs du pape, qui le font éclater contre l’Espagne et contre
Albéroni, pour se réconcilier l’empereur avec un masque d’hypocrisie.
Ambition d’Aubenton vers la pourpre romaine. Albéroni, de plus en
plus irrité contre Aldovrandi, est déclaré par le
pape avoir encouru les censures. Rage, réponse, menaces d’Albéroni
au pape. Les deux Albane, neveux du pape, opposés de parti. Le cadet
avait douze mille livres de pension du feu roi. Vanteries d’Albéroni
et menaces. Secret de l’expédition poussé au dernier point.
Vanité folle d’Albéroni. Il espère et travaille de
plus en plus à brouiller la France. Le régent serre la mesure
et se moque de Cellamare et de ses croupiers, qui sont enfin détrompés.
Conduite du roi de Sicile avec l’ambassadeur d’Espagne, à la nouvelle
de la prise de Palerme. Cellamare fait le crédule avec Stanhope,
pour éviter de quitter Paris et d’y abandonner ses menées
criminelles. Ses précautions. Conduite du comte de Stanhope avec
Provane. Situation du roi de Sicile. Abandon plus qu’aveugle de la France
à l’Angleterre. Rage des Anglais contre Châteauneuf. Pratiques,
situation et conduite du roi de Sicile sur la garantie. Blâme fort
public de la politique du régent. Il est informé des secrètes
machinations de Cellamare. Triste état du duc de Savoie. Infatuation
de Monteléon sur l’Angleterre. Albéroni fait secrètement
des propositions à l’empereur, qui les découvre à
l’Angleterre et les refuse. Le roi de Sicile et Albéroni crus de
concert, et crus de rien partout. p. 191
Chapitre XI. Belle
et véritable maxime, et bien propre à Torcy. Les Anglais
frémissent des succès des Espagnols en Sicile et veulent
détruire leur flotte. Étranges et vains applaudissements
et projets d’Albéroni. Son opiniâtreté. Menace le régent.
Ivresse d’Albéroni. Il menace le pape et les siens. Son insolence
sur les grands d’Espagne. Le pape désapprouve la clôture du
tribunal de la nonciature faite par Aldovrandi. Exécrable caractère
du nonce Bentivoglio. Sagesse d’Aldovrandi. Représentations d’Aubenton
à ce nonce pour le pape. Audacieuse déclaration d’Albéroni
à Nancré. Le traité entre la France, l’Angleterre
et l’empereur, signé à Londres. Trêve ou paix conclue
entre l’empereur et les Turcs. Idées du régent sur le nord.
Cellamare travaille à unir le czar et le roi de Suède pour
rétablir le roi Jacques. Artifices des Anglais pour alarmer tous
les commerces par la jalousie des forces maritimes des Espagnols. Attention
d’Albéroni à rassurer là-dessus. Inquiétude
et projets d’Albéroni. Albéroni se déchaîne
contre M. le duc d’Orléans. Fautes en Sicile. Projets d’Albéroni.
Il se moque des propositions faites à l’Espagne par le roi de Sicile.
Albéroni pense à entretenir dix mille hommes de troupes étrangères
en Espagne; fait traiter par leurs Majestés Catholiques, comme leurs
ennemis personnels, tous ceux qui s’opposent à lui. Inquiet de la
lenteur de l’expédition de Sicile, il introduit une négociation
d’accommodement avec Rome. Son artifice. Les Espagnols dans la ville de
Messine. p. 205
Chapitre XII. Court
exposé depuis 1716. Négociation secrète de Cellamare
avec le duc d’Ormond caché dans Paris, où cet ambassadeur
continue soigneusement ses criminelles pratiques, que le régent
n’ignore pas. Avis, vues et conduite de Cellamare. Fâcheux état
du gouvernement en France. Quadruple alliance signée à Londres
le 2 août, puis à Vienne et à la Haye. Ses prétextes
et sa cause. Dubois. Morville en Hollande très soumis aux Anglais.
Conduite de Beretti et de Monteléon. Plaintes réciproques
des Espagnols et des Anglais sur le commerce. Violence du czar contre le
résident de Hollande. Plaintes et défiances du roi de Sicile.
Conduite de l’Angleterre à son égard, et de la Hollande à
l’égard du roi d’Espagne. Projets de l’Espagne avec la Suède
contre l’Angleterre. Mouvements partout causés par l’expédition
de Sicile. Vues, artifices, peu de ménagement de l’abbé Dubois
pour M. le duc d’Orléans. Conduite et propos d’Albéroni.
Sa scélérate duplicité sur la guerre, aux dépens
du roi et de la reine d’Espagne. Ses artificieux discours au comte de Stanhope,
qui n’en est pas un moment la dupe. Albéroni et Riperda en dispute
sur un présent du roi d’Angleterre au cardinal. Embarras de Rome.
Le pape et le roi d’Espagne fortement commis l’un contre l’autre. Poison
très dangereux du cardinalat. Lit de justice des Tuileries qui rend
au régent toute son autorité. Les Espagnols défaits;
leur flotte détruite par Bing. Fausse joie de Stairs. Sages et raisonnables
désirs. Cellamare de plus en plus appliqué à plaire
en Espagne par ses criminelles menées à Paris. Galions arrivés
à Cadix. Demandes du roi d’Espagne impossibles. Le comte de Stanhope
part de Madrid pour Londres, par Paris. Fin des nouvelles étrangères.
p. 222
Chapitre XIII. J’ai
pris tout ce qui est d’affaires étrangères de ce que M. de
Torcy m’a communiqué. Matériaux indiqués sur la suite
de l’affaire de la constitution, très curieux par eux-mêmes
et par leur exacte vérité. Religion sur la vérité
des choses que je rapporte. Réflexions sur ce qui vient d’être
rapporté des affaires étrangères. Albéroni
et Dubois. État de la France et de l’Espagne avant et après
les traités d’Utrecht. Fortune d’Albéroni. Caractère
du roi et de la reine d’Espagne. Gouvernement d’Albéroni. Court
pinceau de M. le duc d’Orléans et de l’abbé Dubois, des degrés
de sa fortune. Perspective de l’extinction de la maison d’Autriche, nouveau
motif à la France de conserver la paix et d’en profiter. Considération
sur l’Angleterre, son intérêt et ses objets à l’égard
de la France, et de la France au sien. Folle ambition de l’abbé
Dubois de se faire cardinal, dès ses premiers commencements. Artifices
de Dubois pour se rendre seul maître du secret de la négociation
d’Angleterre, et son perfide manége à ne la traiter que pour
son intérêt personnel, aux dépens de tout autre. Dubois
vendu à l’Angleterre et à l’empereur pour une pension secrète
de quarante mille livres sterling et un chapeau, aux dépens comme
éternels de la France et de l’Espagne. Avantages que l’Angleterre
en tire pour sa marine et son commerce, et le roi d’Angleterre pour s’assurer
de ses parlements. p. 239
Chapitre XIV. Gouvernement
de M. le Duc, mené par Mme de Prie, à qui l’Angleterre donne
la pension de quarante mille livres sterling du feu cardinal Dubois. Époque
et cause de la résolution de renvoyer l’infante et de marier brusquement
le roi. Gouvernement du cardinal Fleury. Chaînes dont Fleury se laisse
lier par l’Angleterre. Fleury sans la moindre teinture des affaires, lorsqu’il
en saisit le timon. Aventure dite d’Issy. Fleury parfaitement désintéressé
sur l’argent et les biens. Lui et moi nous nous parlons librement de toutes
les affaires. Avarice sordide de Fleury, non pour soi, mais pour le roi,
l’État et les particuliers. Fleury met sa personne en la place de
l’importance de celle qu’il occupe, et en devient cruellement la dupe.
Walpole, ambassadeur d’Angleterre, l’ensorcelle. Trois objets des Anglais.
Avarice du cardinal ne veut point de marine, et, à d’autres égards,
encore pernicieuse à l’État. Il est personnellement éloigné
de l’Espagne, et la reine d’Espagne et lui brouillés sans retour
jusqu’au scandale. Premiers ministres funestes aux États qu’ils
gouvernent. L’Angleterre ennemie de la France, à force titres anciens
et nouveaux. Intérêt de la France à l’égard
de l’Angleterre. Perte radicale de la marine, etc., de France et d’Espagne;
l’empire de la mer et tout le commerce passé à l’Angleterre,
fruits du gouvernement des premiers ministres de France et d’Espagne, avec
bien d’autres maux. Comparaison du gouvernement des premiers ministres
de France et d’Espagne, et de leur conseil, avec celui des conseils de
Vienne, Londres, Turin, et de leurs fruits. Sarcasme qui fit enfin dédommager
le chapitre de Denain des dommages qu’il a soufferts du combat de Denain.
p.
259
Chapitre XV. Mouvements
audacieux du parlement contre l’édit des monnaies. Le parlement
rend un arrêt contre l’édit des monnaies, lequel est cassé
le même jour par le conseil de régence. Prétextes du
parlement, qui fait au roi de fortes remontrances. Conseils de régence
là-dessus. Ferme et majestueuse réponse au parlement en public,
qui fait de nouvelles remontrances. Le don gratuit accordé à
l’ordinaire, par acclamation, aux états de Bretagne. Leurs exilés
renvoyés. Question d’apanages jugée en leur faveur au conseil
de régence. Absences singulières. Cinq mille livres de menus
plaisirs par mois, faisant en tout dix mille livres, rendues au roi. Manéges
du parlement pour brouiller, imités en Bretagne. Saint-Nectaire,
maréchal de camp, fait seul lieutenant général longtemps
après avoir quitté le service. Son caractère. Mme
d’Orléans fait profession à Chelles fort simplement. Arrêt
étrange du parlement en tous ses chefs. Le parlement de Paris a
la Bretagne en cadence. Le syndic des états est exilé. Audacieuse
visite de la duchesse du Maine au régent. Fureur et menées
du duc et de la duchesse du Maine et du maréchal de Villeroy. Commission
étrange sur les finances donnée aux gens du roi par le parlement.
Bruits de lit de justice; sur quoi fondés. Mémoires de la
dernière régence fort à la mode, tournent les têtes.
Misère et léthargie du régent. L’abbé Dubois,
Argenson, Law et M. le Duc, de concert, chacun pour leur intérêt,
ouvrent les yeux au régent et le tirent de sa léthargie.
M. le duc d’Orléans me force à lui parler sur le parlement.
Duc de La Force presse contre le parlement par Law, espère par là
d’entrer au conseil de régence. Mesures du parlement pour faire
prendre et pendre Law secrètement, en trois heures de temps. Le
régent envoie le duc de La Force et Fagon conférer avec moi
et Law. Frayeur extrême et raisonnable de Law. Je lui conseille de
se retirer au Palais-Royal, et pourquoi. Il s’y retire le jour même.
Je propose un lit de justice aux Tuileries, et pourquoi là. Plan
pris dans cette conférence. Abbé Dubois vacillant et tout
changé. p. 279
Chapitre XVI. Le régent
m’envoie chercher. Conférence avec lui tête à tête,
où j’insiste à n’attaquer que le parlement, et point à
la fois le duc du Maine, ni le premier président, comme M. le Duc
le veut. Marché de M. le Duc, moyennant une nouvelle pension de
cent cinquante mille livres. Conférence entre M. le duc d’Orléans,
le garde des sceaux, La Vrillière, l’abbé Dubois et moi,
à l’issue de la mienne tête à tête. M. le Duc
survient; M. le duc d’Orléans le va entretenir, et nous nous promenons
dans la galerie. Propos entre M. le duc d’Orléans, M. le Duc et
moi, seuls, devant et après la conférence recommencée
avec lui. Je vais chez Fontanieu, garde-meuble de la couronne, pour la
construction très secrète du matériel du lit de justice.
Contre-temps que j’y essuie. Effroi de Fontanieu, qui fait après
merveilles. M. le Duc m’écrit, me demande un entretien dans la matinée
chez lui ou chez moi, à mon choix. Je vais sur-le-champ à
l’hôtel de Condé. Long entretien entre M. le Duc et moi. Ses
raisons d’ôter à M. du Maine l’éducation du roi. Les
miennes pour ne le pas faire alors. M. le Duc me propose le dépouillement
de M. du Maine. Je m’y oppose de toutes mes forces; mais je voulais pis
à la mort du roi. Mes raisons. Dissertation entre M. le Duc et moi
sur le comte de Toulouse. M. le Duc propose la réduction des bâtards,
si l’on veut, à leur rang de pairs parmi les pairs. M. le Duc veut
avoir l’éducation du roi, sans faire semblant de s’en soucier. Raisons
que je lui objecte. Discussion entre M. le Duc et moi, sur l’absence de
M. le comte de Charolais. M. le Duc me sonde sur la régence, en
cas que M. le duc d’Orléans vînt à manquer, et sur
les idées de Mme la duchesse d’Orléans là-dessus pour
faire M. son fils régent, et le comte de Toulouse lieutenant général
du royaume. Je rassure M. le Duc sur ce qu’en ce cas la régence
lui appartient. Conclusion de la conversation. M. le Duc déclare
que son attachement au régent dépend de l’éducation.
Je donne chez moi à Fontanieu un nouvel éclaircissement sur
la mécanique dont il était chargé. p. 301
Chapitre XVII. Contre-temps
au Palais-Royal. Je rends compte au régent de ma longue conversation
avec M. le Duc. Reproches de ma part; aveux de la sienne. Lit de justice
différé de trois jours. Le régent tourne la conversation
sur le parlement; convient de ses fautes, que je lui reproche fortement;
avoue qu’il a été assiégé, et sa faiblesse.
Soupçons sur la tenue du lit de justice. Contre-temps, qui me fait
manquer un rendez-vous aux Tuileries avec M. le Duc. Ducs de La Force et
de Guiche singulièrement dans la régence. M. le duc d’Orléans
me rend sa conversation avec M. le Duc, qui veut l’éducation du
roi et un établissement pour M. le comte de Charolais. Découverte
d’assemblées secrètes chez le maréchal de Villeroy.
Je renoue, pour le soir, le rendez-vous des Tuileries. Dissertation entre
M. le Duc et moi sur M. le comte de Charolais, sur l’éducation du
roi qu’il veut ôter sur-le-champ au duc du Maine, et l’avoir. Point
d’Espagne sur M. de Charolais. M. le Duc me charge obstinément de
la plus forte déclaration, de sa part, au régent sur l’éducation.
M. le Duc convient avec moi de la réduction des bâtards en
leur rang de pairie, au prochain lit de justice. Nous nous donnons le même
rendez-vous pour le lendemain.
p. 331
Chapitre XVIII. Je
rends compte au régent de ma conversation avec M. le Duc. Hoquet
du régent sur l’élévation des sièges hauts
comme à la grand’chambre, qui m’inquiète sur sa volonté
d’un lit de justice. Récit d’une conversation du régent avec
le comte de Toulouse, bien considérable. Probité du comte,
scélératesse de son frère. Misère et frayeur
du maréchal de Villeroy. Nécessité de n’y pas toucher.
Je tâche de fortifier le régent à ne pas toucher à
M. du Maine. Propos sur le rang avec Son Altesse Royale. Mes réflexions
sur le rang. Conférence chez le duc de La Force. Sage prévoyance
de Fagon et de l’abbé Dubois. Inquiétude de Fontanieu pour
le secret. Il remédie aux sièges hauts. Entretien entre M.
le Duc et moi dans le jardin des Tuileries, qui veut l’éducation
plus fermement que jamais. Je lui fais une proposition pour la différer,
qu’il refuse. Sur quoi je le presse avec la dernière force. Outre
l’honneur, suites funestes des manquements de parole. Disposition de Mme
la Duchesse sur ses frères toute différente de Mme la duchesse
d’Orléans. Prince de Conti à compter pour rien. J’essaye
à déranger l’opiniâtreté de M. le Duc sur avoir
actuellement l’éducation, par les réflexions sur l’embarras
de la mécanique. Je presse vivement M. le Duc. Il demeure inébranlable.
Ses raisons. Je fais expliquer M. le Duc sur la réduction des bâtards
au rang de leur pairie. Il y consent. Je ne m’en contente pas. Je veux
qu’il en fasse son affaire, comme de l’éducation même, et
je le pousse fortement. Trahison des Lassai. M. le Duc désire que
je voie les trois divers projets d’édits, qu’il avait donnés
au régent. Millain; quel. Je déclare à M. le Duc que
je sais du régent que la réduction du rang des bâtards
est en ses mains, et que le régent la trouve juste. Je presse fortement
M. le Duc. M. le Duc me donne sa parole de la réduction des bâtards
au rang de leur pairie. Je propose à M. le Duc de conserver le rang
sans changement au comte de Toulouse par un rétablissement uniquement
personnel. Mes raisons. M. le Duc consent à ma proposition en faveur
du comte de Toulouse, et d’en faire dresser la déclaration. Je la
veux faire aussi, et pourquoi. Raisonnement encore sur la mécanique.
Renouvellement de la parole de M. le Duc de la réduction susdite
des bâtards. Dernier effort de ma part pour le détourner de
l’éducation et de toucher au duc du Maine. p. 352
Chapitre XIX. Millain
chez moi, avec ses trois projets d’édits, me confirme la parole
de M. le Duc sur le rang; me promet de revenir le lendemain matin. Satisfaction
réciproque. Je rends compte au régent de ma conversation
avec M. le Duc. Son Altesse Royale déterminée à lui
donner l’éducation. Je proteste avec force contre la résolution
de toucher au duc du Maine; mais, ce parti pris, je demande alors très
vivement la réduction des bâtards au rang de leur pairie.
Cavillations du régent. Je le force dans tous ses retranchements.
Je propose au régent le rétablissement du comte de Toulouse,
qu’il approuve. Reproches de ma part. Je propose au régent les inconvénients
mécaniques, et les discute avec lui. Je l’exhorte à fermeté.
Avis d’un projet peu apparent de finir la régence, que je mande
au régent. M. le Duc vient chez moi me dire qu’il a demandé
au régent la réduction des bâtards au rang de leurs
pairies, et s’éclaircir de sa part sur l’avis que je lui avais donné.
J’apprends chez moi au duc de La Force à quoi en sont les bâtards
à notre égard, et le prie de dresser la déclaration
en faveur du comte de Toulouse. Frayeur du parlement. Ses bassesses auprès
de Law. Infamie effrontée du duc d’Aumont. Frayeur et bassesses
du maréchal de Villeroy. Conférence chez moi avec Fagon et
l’abbé Dubois sur tous les inconvénients et leurs remèdes.
Fagon m’avise sagement de remettre au samedi d’arrêter les membres
du parlement, qui le devaient être le vendredi. Le duc de La Force
et Millain chez moi avec la déclaration en faveur du comte de Toulouse.
Millain m’avertit de la part de M. le Duc, chargé par le régent,
de me trouver le soir à huit heures chez le régent, pour
achever de tout résumer avec lui et M. le Duc en tiers, et d’y mener
Millain. Je parle à Millain sur la réduction des bâtards
à leur rang de pairie avec la dernière force, et je le charge
de le dire mot pour mot à M. le Duc. Contre-temps à la porte
secrète de M. le duc d’Orléans. Je lui fais approuver le
court délai d’arrêter quelques membres du parlement. Discussion
entre le régent et moi sur plusieurs inconvénients dans l’exécution
du lendemain. M. le Duc survient en tiers. Je les prends tous deux à
témoin de mon avis et de ma conduite en toute cette affaire. Je
les exhorte à l’union et à la confiance réciproque.
Je leur parle de la réduction des bâtards au rang de leur
pairie avec force et comme ne pouvant plus en douter, en ayant leur parole
à tous les deux. Ils m’avertissent de ne pas manquer à revenir
le soir au rendez-vous avec eux deux. M. le Duc m’envoie par Millain la
certitude de la réduction des bâtards au rang de leur pairie,
dont j’engage M. le Duc à s’assurer de plus en plus. Conférence
chez moi avec le duc de La Force, Fagon et l’abbé Dubois. Tout prévu
et remédié autant que possible. Conférence, le soir,
entre M. le duc d’Orléans, M. le Duc et moi, seuls, où Millain
fut en partie seul avec nous, où tout se résume pour le lendemain
et les derniers partis sont pris. Je suis effrayé de trouver le
régent au lit avec la fièvre. Solutions en cas de refus obstiné
du parlement d’opiner. Pairs de France, de droit, et officiers de la couronne,
de grâce et d’usage, ont seuls voix délibérative au
lit de justice et en matière d’État, et les magistrats au
plus consultative, le chancelier ou garde des sceaux excepté. Je
confie, avec permission de Son Altesse Royale, les événements
si prochains au duc de Chaulnes. Contade fait très à propos
souvenir du régiment des gardes suisses. Frayeur du duc du Maine
d’être arrêté par lui. On avertit du lit de justice
à six heures du matin ceux qui y doivent assister. Le parlement
répond qu’il obéira. Discrétion de mon habit de parlement.
Je fais avertir le comte de Toulouse d’être sage et qu’il ne perdra
pas un cheveu. Valincourt; quel. p. 383
Chapitre XX. J’arrive
aux Tuileries. Le lit de justice posé promptement et très
secrètement. J’entre, sans le savoir, dans la chambre où
se tenaient, seuls, le garde des sceaux et La Vrillière. Tranquillité
du garde des sceaux. Le régent arrive aux Tuileries. Duc du Maine
en manteau. J’entre dans le cabinet du conseil. Bon maintien et bonne résolution
du régent. Maintien de ceux du conseil. Divers mouvements en attendant
qu’il commence. Le comte de Toulouse arrive en manteau. Le régent
a envie de lui parler. Je tâche de l’en détourner. Colloque
entre le duc du Maine et le comte de Toulouse, puis du comte de Toulouse
avec le régent, après du comte de Toulouse avec le duc du
Maine. Le régent me rend son colloque avec le comte de Toulouse;
me déclare qu’il lui a comme tout dit. Les bâtards sortent
et se retirent. Le conseil se met en place. Séance et pièce
du conseil dessinée pour mieux éclaircir ce qui s’y passa
le vendredi matin 26 août 1718. Remarques sur la séance. Discours
du régent. Lecture des lettres du garde des sceaux. Tableau du conseil.
Discours du régent et du garde des sceaux. Lecture de l’arrêt
du conseil de régence en cassation de ceux du parlement. Opinions
marquées. Légers mouvements au conseil sur l’obéissance
du parlement. Discours du régent sur la réduction des bâtards
au rang de leurs pairies. Effet du discours du régent. Lecture de
la déclaration qui réduit les bâtards au rang de leur
pairie. Effet de cette lecture dans le conseil. Je mets devant moi sur
la table la requête des pairs contre les bâtards ouverte à
l’endroit des signatures. Opinions. Je fais au régent le remercîment
des pairs de sa justice, et je m’abstiens d’opiner. Le régent saute
de moi au maréchal d’Estrées. Discours de M. le duc d’Orléans
sur le rétablissement du comte de Toulouse, purement personnel.
Impression de ce discours sur ceux du conseil. Lecture de la déclaration
en faveur du comte de Toulouse. Opinions. M. le duc d’Orléans dit
deux mots sur M. le Duc, qui demande aussitôt après l’éducation
du roi. Mouvements dans le conseil. Opinions. Le maréchal de Villeroy
se plaint en deux mots du renversement des dispositions du feu roi et du
malheur du duc du Maine, sur lequel le régent lance un coup de tonnerre
qui épouvante la compagnie. Le garde des sceaux, et par lui le régent,
est averti que le premier président tâche d’empêcher
le parlement d’obéir. Le régent le dit au conseil; montre
qu’il ne s’en embarrasse pas. Mouvements et opinions là-dessus.
Le parlement, en marche à pied, pour venir aux Tuileries. Attention
du régent pour le comte de Toulouse et pour les enregistrements.
Le maréchal de Villars, contre son ordinaire, rapporte très
bien une affaire du conseil de guerre. Le conseil finit. Mouvements. Divers
colloques. D’Antin obtient du régent de n’assister point au lit
de justice. Je parle à Tallard sur le maréchal de Villeroy.
La Vrillière bien courtisan. La Maintenon désolée.
Mouvements dans la pièce du conseil. Je propose au régent
d’écrire à Mme la duchesse d’Orléans, etc. p. 414
Chapitre XXI. Le parlement
arrive aux Tuileries. Attention sur les sorties du cabinet du conseil et
sur ce qui s’y passe. On va prendre le roi. Marche au lit de justice. Le
roi sans manteau ni rabat. Séance et pièce du lit de justice
aux Tuileries dessinée, pour mieux éclaircir ce qui s’y passa
le vendredi matin 26 août 1718. J’entre au lit de justice, et, allant
en place, je confie l’affaire des bâtards à quelques pairs.
Spectacle du lit de justice. Maintien de M. le duc d’Orléans, de
M. le Duc et de M. le prince de Conti. Maintien du roi et du garde des
sceaux. Lettres de garde des sceaux. Discours du garde des sceaux au parlement
sur sa conduite et ses devoirs. Cassation de ses arrêts. Présence
d’esprit et capacité d’esprit de Blancmesnil, premier avocat général.
Remontrance envenimée du premier président, confondue. Réduction
des bâtards au rang de leurs pairies. Rétablissement uniquement
personnel du comte de Toulouse. M. de Metz et quelques autres pairs mécontents
sur le rétablissement du comte de Toulouse. Je refuse d’une façon
très marquée d’opiner, tant moi que tous les pairs, comme
étant parties, dans l’affaire des bâtards. Discours du régent
et de M. le Duc pour demander l’éducation du roi. Lourde faute d’attention
de ces deux princes en parlant. M. le Duc obtient sa demande. Enregistrement
en plein lit de justice de tout. Le roi très indifférent
pour le duc du Maine. Levée du lit de justice. p. 451
NOTES.
I. Difficulté
des réformes au XVIIIe siècle. p. 471
II. Comparaison entre
les parlements de France et d’Angleterre. p. 473
III. Querelle entre
les présidents du parlement et les ducs-pairs. p. 474
DIX-SEPTIÈME VOLUME.
Chapitre I. Message
étrange que M. le duc d’Orléans m’envoie par le marquis de
Biron, au sortir du lit de justice. Dispute entre M. le duc d’Orléans
et moi, qui me force d’aller à Saint-Cloud annoncer à Mme
la duchesse d’Orléans la chute de son frère, interrompue
par les conjouissances de l’abbé Dubois et les nouvelles de l’abattement
du parlement. La dispute fortement reprise après; puis raisonnements
et ordres sur ce voyage. Ma prudence confondue par celle d’un page. Folie
de Mme la duchesse d’Orléans sur sa bâtardise. On ignore à
Saint-Cloud tout ce qui s’est passé au lit de justice. J’entre chez
Mme la duchesse d’Orléans. Je quitte Mme la duchesse d’Orléans
et vais chez Madame. Menace folle et impudente de la duchesse du Maine
au régent, que j’apprends par Madame. Mme la duchesse d’Orléans
m’envoie chercher chez Madame, qui me prie de revenir après chez
elle. Lettre de Mme la duchesse d’Orléans, écrite en partie
de sa main, en partie de la mienne (dictée par elle), singulièrement
belle. J’achève avec Madame, que Mme la duchesse d’Orléans
envoie prier de descendre chez elle. J’entretiens la duchesse Sforze. Je
rends compte de mon voyage à M. le duc d’Orléans. Conversation
sur l’imminente arrivée de Mme la duchesse d’Orléans de Saint-Cloud.
Entrevue de M. [le duc] et de Mme la duchesse d’Orléans, arrivant
de Saint-Cloud, et de Mme la duchesse de Berry, après avoir vu ses
frères qui l’attendaient chez elle. Force et but de Mme la duchesse
d’Orléans, qui sort après de toute mesure. Misère
de M. le duc d’Orléans. Je demeure brouillé de ce moment
avec Mme la duchesse d’Orléans, sans la revoir, depuis Saint-Cloud.
Je vais à l’hôtel de Condé; tout m’y rit. Mme de L’Aigle
me presse inutilement de lier avec Mme la Duchesse. p. 1
Chapitre II. Conduite
des bâtards. O et Hautefort détournent le comte de Toulouse
de suivre la fortune de son frère. Caractère et propos d’Hautefort
à son maître. Conversation entre Valincourt et moi sur le
comte de Toulouse et les bâtards. Il revient aussi me faire les remercîments
du comte de Toulouse et m’assurer qu’il s’en tiendra à sa conservation.
Le comte de Toulouse voit le régent, vient au conseil. Le duc et
la duchesse du Maine se retirent à Sceaux. Le comte de Toulouse
et Mme Sforze blâment fortement et souvent Mme la duchesse d’Orléans
de ne me point voir. Elle est outrée qu’il n’ait pas suivi le duc
du Maine, qui est fort mal traité par sa femme. Séditieux
et clandestin usage de feuilles volantes en registres secrets du parlement.
Le premier président mandé et cruellement traité par
la duchesse du Maine. Blamont, président aux enquêtes, et
deux conseillers enlevés et conduits en diverses îles du royaume.
Mouvements inutiles du parlement. Effet de ce lit de justice au dehors
et au dedans du royaume Raisons qui me détournèrent
de penser alors à l’affaire du bonnet. M. le Duc en possession de
la surintendance de l’éducation du roi. Sage avis de Mme d’Aligre.
Mauvaise sécurité du régent. Création personnelle
d’un second lieutenant général des galères en faveur
du chevalier de Rancé. Folie du duc de Mortemart, qui envoie au
régent la démission de sa charge pour la seconde fois. Je
la fais déchirer avec peine, et j’obtiens après la survivance
de sa charge pour son fils. Ma dédaigneuse franchise avec le duc
de Mortemart. Survivances des gouvernements du duc de Charost à
son fils; de grand maître de la garde-robe; des gouvernements de
Normandie et de Limousin, aux fils des ducs de La Rochefoucauld, de Luxembourg
et de Berwick, et du pays de Foix au fils de Ségur, qui épouse
une bâtarde, non reconnue, de M. le duc d’Orléans. La Fare,
lieutenant général de Languedoc, et l’abbé de Vauréal
maître de l’oratoire. Gouvernement de Douai à d’Estaing. Mme
la duchesse d’Orléans, qui s’était tenue enfermée
depuis le lit de justice, revoit le monde et joue. p. 20
Chapitre III. Efforts
du duc du Maine, inutiles, pour obtenir de voir M. le duc d’Orléans
et se justifier. Députation du parlement au régent sur ses
membres prisonniers. Le parlement de Bretagne écrit en leur faveur
au régent. Le parlement de Bretagne écrit à celui
de Paris, qui lui répond. Le régent demeure ferme. Menées
en Bretagne. Le régent entraîné maintient très
mal à propos Montaran, trésorier des états de Bretagne,
qui le voulaient faire compter et lui ôter cet emploi. Le comte Stanhope
passe trois semaines à Paris revenant d’Espagne en Angleterre. Riche
flotte d’Amérique arrivée à Cadix. Les conseils sur
leur fin, par l’intérêt de l’abbé Dubois et de Law.
Appel du cardinal de Noailles, etc., de la constitution Unigenitus. Il
se démet de sa place de chef du conseil de conscience. Tous les
conseils particuliers cassés. L’abbé Dubois fait secrétaire
d’État des affaires étrangères, et Le Blanc secrétaire
d’État de la guerre. Brancas et le premier écuyer conservent
leurs départements; plusieurs des conseils leurs appointements.
Canillac entre au conseil de régence. La Vrillière a la feuille
des bénéfices. Le comte d’Évreux, Coigny, Biron, Asfeld,
demeurent comme ils étaient. Admirable mandement publié par
le cardinal de Noailles sur son appel de la constitution. Fêtes données
à Chantilly à Mme la duchesse de Berry. Le frère du
roi de Portugal incognito à Paris. Mariage du roi Jacques d’Angleterre,
dit le chevalier de Saint-Georges, avec une Sobieska, qui, en allant le
trouver avec la princesse sa mère, est arrêtée à
Inspruck par ordre de l’empereur. Tyrannie étendue à cet
égard. Faiblesse du régent pour le traitement du duc du Maine.
Autres gens des conseils récompensés. Bonamour et sept membres
du parlement de Bretagne exilés, puis quatre autres encore. Mme
la duchesse d’Orléans à l’Opéra. Curiosité
sur les tapis. Mort du maréchal-duc d’Harcourt et de l’abbé
de Louvois. Conseillers d’État pointilleux et moqués. Koenigseck
ambassadeur de l’empereur à Paris. Époque singulière
de l’entier silence de tout ce qui eut trait à la constitution au
conseil de régence. Retour des conseillers du parlement de Paris
exilés, non du président Blamont. Faux sauniers nombreux
excités. Mézières avec des troupes est envoyé
contre eux. Le duc du Maine achète une maison à Paris. Meudon
donné à Mme la duchesse de Berry. Rion en a d’elle le gouvernement.
Du Mont, qui l’avait, en conserve les appointements. Chauvelin, longtemps
garde des sceaux si puissant, et chassé, devient président
à mortier; Gilbert avocat général, et l’abbé
Bignon bibliothécaire du roi. Nangis veut se défaire du régiment
du roi. J’en obtiens l’agrément pour Pezé, et aussitôt
Nangis ne veut plus vendre. Le duc de Saint-Aignan, ambassadeur en Espagne,
reçoit ordre du régent de revenir. Je lui assure à
son insu une place en arrivant au conseil de régence. Berwick accepte
de servir contre l’Espagne. Asfeld s’en excuse. Six mille livres de pension
à Mlle d’Espinoy; autant à Mlle de Melun; quatre mille livres
à Meuse; autant à Béthune le Polonois. Six mille livres
à Méliant, maître des requêtes, en mariant sa
fille unique au fils aîné du garde des sceaux. Dix mille livres
au marquis de La Vère, frère du prince de Chimay. Huit mille
livres à Vertamont, premier président du grand conseil. Mme
la duchesse de Berry en reine à l’Opéra, une seule fois.
Elle donne audience de cérémonie à l’ambassadeur de
Venise sur une estrade de trois marches. Force plaintes. Elle n’y retourne
plus.
p. 39
Chapitre IV. Conversation
entre M. le duc d’Orléans [et moi], sur ses subsides secrets contre
l’Espagne, qui la voulut avoir enfermé seul avec moi dans sa petite
loge à l’Opéra. Conversation forte entre M. le duc d’Orléans
et moi, dans son cabinet, tête à tête, sur la rupture
avec l’Espagne. Faiblesse étrange du régent, qui rompt avec
l’Espagne, contre sa persuasion et sa résolution. Launay gouverneur
de la Bastille. Projet d’Albéroni et travail de Cellamare contre
le régent. Précautions de Cellamare pour pouvoir parler clairement
à Madrid, et prendre les dernières mesures. Je suis mal instruit
de la grande affaire dont je vais parler. Cause étrange de cette
ignorance. Les dépêches de Cellamare, envoyées avec
tant de précautions, arrêtées à Poitiers et
apportées à l’abbé Dubois, qui, dans cette affaire
surtout, en fait un pernicieux usage; et le secret de tout enfoui. Résultat
bien reconnu des ténèbres de cette affaire. Instruments de
la conjuration pitoyables. Cellamare arrêté; sa conduite.
J’apprends de M. le duc d’Orléans ce qui vient d’être raconté
de Cellamare, du duc et de la duchesse du Maine, et du projet vaguement.
Conseil de régence sur l’arrêt de l’ambassadeur d’Espagne,
où deux de ses lettres au cardinal Albéroni sont lues. Pompadour
et Saint-Geniez mis à la Bastille. Députation du parlement
au régent, inutile, en faveur du président de Blamont. Abbé
Brigault à la Bastille. D’Aydie et Magny en fuite. La charge du
dernier donnée à vendre à son père. Tous les
ministres étrangers, au Palais-Royal, sans aucune plainte. On leur
donne à tous des copies des deux lettres de Cellamare à Albéroni,
qui avoient été lues au conseil de régence. p.
62
Chapitre V. Évêques
et cardinaux en débat sur les carreaux à la chapelle du roi,
pour le sacre de Massillon, évêque de Clermont, qui s’y fit
devant le roi, qui lui donna trente mille livres de gratification, en attendant
une abbaye. Le parlement refuse d’enregistrer la banque royale. Le régent
s’en passe, le méprise, la publie et l’établit. Menille à
la Bastille. Cellamare écrit très inutilement aux ministres
étrangers résidant à Paris. Conseil secret au Palais-Royal,
qui se réduit après à M. le Duc et à moi, à
qui le régent confie que le duc et la duchesse du Maine sont des
plus avant dans la conspiration, et qui délibère avec nous
ce qu’il doit faire. Nous concluons tous trois à les faire arrêter;
conduire M. du Maine à Dourlens, et Mme du Maine au château
de Dijon, bien gardés et resserrés. M. le Duc dispute un
peu sur Dijon et se rend. M. et Mme du Maine et leurs affidés ont
tout le temps de mettre leurs papiers à couvert et en profitent.
Perfidie de l’abbé Dubois. Conseil secret entre M. le duc d’Orléans,
M. le Duc, l’abbé Dubois, Le Blanc et moi, où tout est résolu
pour le lendemain. Le duc du Maine arrêté à Sceaux
par La Billarderie, lieutenant des gardes du corps, et conduit dans la
citadelle de Dourlens. Mme la duchesse du Maine arrêtée par
le duc d’Ancenis, capitaine des gardes du corps, et conduite au château
de Dijon. Enfants du duc du Maine exilés. Cardinal de Polignac exilé
à Anchin. Un gentilhomme ordinaire du roi est mis auprès
de lui. Davisard et autres gens attachés ou domestiques du duc et
de la duchesse du Maine, mis à la Bastille. Excellente et nette
conduite du comte de Toulouse. Le duc de Saint-Aignan se retire habilement
d’Espagne, où on voulait le retenir. Mort du comte de Solre, sans
nulle prétention toute sa vie. Son fils et sa belle-fille s’en figurent
de toutes nouvelles et inutiles. Mort de Nointel, conseiller d’État,
et du vieux Heudicourt. Belle-Ile; sa famille; son île. Caractère
de Belle-Ile. Caractère du chevalier de Belle-Ile. Union des deux
frères Belle-Ile; leur conduite domestique; leur liaison avec moi.
L’aîné commence à pointer et fait avec le roi l’échange
de Belle-Ile. Raison de s’être étendu sur les deux frères
Belle-Ile. p. 87
Chapitre VI. Année 1719.
Conduite du duc du Maine. Conduite de Mme du Maine. Mme la Princesse obtient
quelques adoucissements à Mme du Maine, et à Mme de Chambonnas,
sa dame d’honneur, de s’aller enfermer avec elle; puis son médecin.
Commotion de la découverte de la conspiration. Conduite du duc de
Noailles. Netteté de discours et de procédé du comte
de Toulouse. Faux sauniers soumis d’eux-mêmes. Adresse de l’abbé
Dubois. Il fait faire par Fontenelle le manifeste contre l’Espagne. Il
est examiné dans un conseil secret au Palais-Royal, passé
après en celui de régence, et suivi aussitôt de la
publication de la quadruple alliance imprimée, et de la déclaration
de guerre contre l’Espagne. Le tout très mal reçu du public.
Pièces répandues contre le régent sous le faux nom
du roi d’Espagne, très faiblement tancées par le parlement.
Incendie du château de Lunéville. Conspiration contre le czar
découverte. Le roi de Suède tué. Prétendants
à cette couronne, qui redevient élective, et la soeur du
feu roi élue reine avec peu de pouvoir, qui obtient après
l’association au trône du prince de Hesse, son époux, mais
avec force entraves contre l’hérédité et le pouvoir.
Baron de Goertz est décapité, et le baron Van der Nath mis
en prison perpétuelle. M. le duc de Chartres a voix au conseil de
régence, où il entrait depuis quelque temps. Saint-Nectaire
ambassadeur en Angleterre. Rareté de son instruction et de celle
des autres ministres de France au dehors. Maligne plaisanterie du duc de
Lauzun fait cinq ans après le vieux Broglio maréchal de France.
Officiers généraux et particuliers nommés pour l’armée
du maréchal de Berwick. M. le prince de Conti obtient d’y servir
de lieutenant général et de commandant de la cavalerie, et
de monstrueuses gratifications. Prodigalités immenses aux princes
et princesses du sang, excepté aux enfants du régent. Prodigalités
au grand prieur. Il veut inutilement entrer au conseil de régence;
mais ce fut quelque temps après être revenu d’exil; et cela
avait été oublié ici en son temps. L’infant de Portugal
retourne de Paris à Vienne. Le duc de Saint-Aignan entre en arrivant
au conseil de régence. Mort et caractère de Saint-Germain
Beaupré. Mort du prince d’Harcourt. Mort et aventure de Mme de Charlus.
Mort de M. de Charlus. Jeux de hasard défendus. Blamont, président
aux enquêtes revient de son exil en une de ses terres. Le grand prévôt
obtient la survivance de sa charge pour son fils qui a six ans. Milice
levée. p. 114
Chapitre VII. Quatre
pièces, soi-disant venues d’Espagne, assez faiblement condamnées
par le parlement; discutées. Prétendue lettre circulaire
du roi d’Espagne aux parlements. Prétendu manifeste du roi d’Espagne
adressé aux trois états. Prétendue requête des
états généraux de France au roi d’Espagne. Prétendue
lettre du roi d’Espagne au roi. Philippiques. La Peyronie premier chirurgien
du roi. Belle entrée de Stairs, ambassadeur d’Angleterre. Ses vaines
entreprises, et chez le roi et à l’égard des princes du sang.
Mort de Mme de Seignelay. La bibliothèque de feu M. Colbert achetée
par le roi. Archevêque de Malines; quel. L’empereur lui impose silence
sur la constitution. Sage et ferme conduite du roi de Sardaigne sur la
même matière. Le P. Tellier exilé à la Flèche,
où il meurt au bout de six mois. Ingratitude domestique des jésuites.
Promotion d’officiers généraux. Duc de Mortemart vend au
duc de Saint-Aignan le gouvernement du Havre. Dix mille livres de pension
au vicomte de Beaune, et vingt mille livres au duc de Tresmes, au lieu
de son jeu, qui se rétablit après, et la pension lui demeure.
L’abbaye de Bourgueil à l’abbé Dubois. Mariage de M. de Bournonville
avec Mlle de Guiche. Profusion au graud prieur. Mariage du prince électoral
de Saxe déclaré avec une archiduchesse. Le roi Jacques en
Espagne. Retour de Turin et grâce faite à M. de Prie. Rémond;
quel; son caractère. Mimeur; quel; son caractère; sa mort.
Mort et caractère de Térat. La Houssaye, conseiller d’État,
lui succède. Mort d’un fils de l’électeur de Bavière,
élu évêque de Munster. Mort et caractère de
Puysieux. Belle-Ile s’accommode lestement de son gouvernement d’Huningue.
Cheverny a sa place de conseiller d’État d’épée. p.
134
Chapitre VIII. Inquiétude
des maréchaux de Villeroy, Villars et HuxellesVillars, dans la frayeur,
me prie de parler à M. le duc d’Orléans. Je le fais, et le
veux rassurer. Manége et secret sur les prisonniers. Politique de
l’abbé Dubois sur l’affaire du duc et de la duchesse du Maine et
des leurs. La même politique fausse et très dangereuse pour
M. le duc d’Orléans. Je le lui représente très fortement,
ainsi que l’énorme conduite à son égard du duc du
Maine et de ses principaux croupiers, et le danger d’une continuelle impunité.
Je ne trouve que défaites et misères. Trois crimes du duc
du Maine à punir à la fois: premièrement, attentat
d’usurper l’habilité de succéder à la couronne; secondement,
les moyens pris pour soutenir cette usurpation; troisièmement, sa
conspiration avec l’Espagne. Conduite à tenir à l’égard
du duc et de la duchesse du Maine, de leurs principaux complices et des
enfants du duc du Maine. Mollesse, faiblesse, ensorcellement du régent
par Dubois. Je cesse de parler au régent du duc du Maine, qui peu
à peu est rétabli. Adroit manége de Le Blanc et de
Belle-Ile. Duc de Richelieu et Saillant à la Bastille. Leur folie.
Traité du premier. Ils sont bientôt élargis. Singularité
de la promotion de l’ordre, dont je fus moins de dix ans après.
p.
153
Chapitre IX. Conduite
étrange de Mme la duchesse de Berry, de Rion et de la Mouchy. Conduite
de Mme de Saint-Simon. Scandaleuse maladie de Mme la duchesse de Berry,
à [au] Luxembourg. Rion, conduit par le duc de Lauzun, son grand-oncle,
épouse secrètement Mme la duchesse de Berry. Mme la duchesse
de Berry rouvre le jardin de Luxembourg; se voue au blanc pour six mois;
change de capitaine des gardes. Canillac et le marquis de Brancas entrent
au conseil des parties. Prince Clément de Bavière est [élu]
évêque de Munster et de Paderborn. Le cardinal Albano est
fait camerlingue. Le duc d’Albret épouse de nouveau la fille de
feu Barbezieux. Mort de Mme de Maintenon. Sa vie et sa conduite à
Saint-Cyr. Mort d’Aubigny, archevêque de Rouen. Besons, archevêque
de Bordeaux, lui succède; et le frère du garde des sceaux,
à Besons. Érection de grands officiers de l’ordre de Saint-Louis
à l’instar de ceux de l’ordre du Saint-Esprit. Nouveaux règlements
sur l’ordre de Saint-Louis, et leurs inconvénients. Extraction,
caractère, fortune de Monti. Laval, dit la Mentonnière, mis,
à la Bastille. Cellamare, duc de Giovenazzo, arrive en Espagne;
est aussitôt fait vice-roi de Navarre. Rare baptême de Marton.
L’abbesse de Chelles, soeur du maréchal de Villars, se démet
et se retire dans un couvent à Paris avec une pension de douze mille
livres du roi. Mme d’Orléans lui succède, se démet,
se retire à la Madeleine. Leur caractère. Diminution d’espèces.
Élargissement du quai du Louvre. Guichet, place et fontaine du Palais-Royal.
Efforts peu heureux sur l’Écosse. Tyrannie maritime des Anglais.
Cilly prend le port du Passage et y brûle toute la marine renaissante
de l’Espagne. Les plus confidents du duc et de la duchesse du Maine sortent
de la Bastille et sont mis en pleine liberté. Merveilles du Mississipi.
Law et le régent me pressent d’en recevoir. Je le refuse, mais je
reçois le payement d’anciens billets de l’épargne. Blamont,
rappelé à sa charge, devient l’espion du régent, et
le mépris et l’horreur du parlement. Mort de Pécoil père,
digne d’un avare, mais affreuse. Digne refus, belle et sainte retraite,
curieuse, mais inintelligible déclaration, de l’abbé Vittement,
sur le règne sans bornes et sans épines du cardinal Fleury.
Douze mille livres d’augmentation d’appointements et de gouvernement à
Castries. p. 175
Chapitre X. Mme la
duchesse de Berry va demeurer à Meudon, où sa maladie empire,
et sa volonté de déclarer son mariage augmente. M. le duc
d’Orléans me le confie et fait subitement partir Rion pour l’armée
du maréchal de Berwick. Mme la duchesse de Berry, déjà
considérablement mal, se fait transporter à la Muette. Mort
d’Effiat. Singularité étrange de sa dernière maladie.
Biron premier écuyer de M. le duc d’Orléans. Mort de La Vieuville
et de Mme de Leuville; quelle elle était. Pensions données
à Coettenfao, à Fourille, à Ruffey, à Savine,
à Béthune, à La Billarderie. La duchesse du Maine
à Châlon-sur-Saône, presque en pleine liberté.
L’épouse du roi Jacques se sauve d’Inspruck, est reçue à
Rome en reine. Le roi en pompe à Notre-Dame. Étrange arrangement
de son carrosse. Siège de Fontarabie. Folle lettre anonyme à
M. le prince de Conti. Mort du fils de Lestaing. Prise de Fontarabie, puis
de Saint-Sébastien. On brûle à Santona trois vaisseaux
espagnols prêts à être lancés à la mer.
Mort, fortune et caractère de La Berchère, archevêque
de Narbonne. Beauveau, archevêque de Toulouse, lui succède.
Mort, caractère et infortune de Dupin. Misère de notre conduite
à l’égard de Rome. Impudence des Te Deum. Mort, fortune et
caractère de Nyert. Le roi à l’hôtel de ville, voit
le feu de la Saint-Jean. Fatuités du maréchal de Villeroy.
Mort et caractère de Chamlay. La cour des monnaies obtient la noblesse.
Le chevalier de Bouillon obtient trente mille livres de gratification.
Sainte-Menehould brûlée. Autre incendie à Francfort-sur-le-Mein.
Mort et caractère de Nancré. Mort de la duchesse d’Albret
(Le Tellier). Clermont-Chattes; quel; est capitaine des Suisses de M. le
duc d’Orléans. Le garde des sceaux marie son second fils; perd sa
femme; pousse ses deux fils. Mort de Chauvelin, conseiller d’État.
Mort, extraction, fortune du duc de Schomberg. Mort, fortune et caractère
de Bonrepos. p. 203
Chapitre XI. Mme la
duchesse de Berry se fait transporter de Meudon à la Muette. Conduite
de Mme de Saint-Simon à l’égard de Mme la duchesse de Berry.
Raccourci de Mme la duchesse de Berry. Mme la duchesse de Berry reçoit
superbement ses sacrements, fait après à Mme de Mouchy présent
d’un baguier de deux cent mille écus. M. le duc d’Orléans
le prend, et elle demeure perdue. Mme la duchesse de Berry reçoit
une seconde fois ses sacrements, et pieusement. Scélératesse
insigne de Chirac, impunie. Ma conduite à l’égard de Mme
la duchesse de Berry en sa dernière extrémité. Je
vais à la Muette auprès de M. le duc d’Orléans. Il
me charge de ses ordres sur tout ce qui devait suivre la mort. J’empêche
toute cérémonie et l’oraison funèbre. Mort de Mme
la duchesse de Berry regrettée, sans exception, de personne que
de M. le duc d’Orléans, et encore peu de jours. Scellés mis
par La Vrillière, secrétaire d’État. Convois du coeur
et du corps. Ni manteaux ni mantes au Palais-Royal. Les appointements et
logements continués à toutes les dames de Mme la duchesse
de Berry. Mouchy et sa femme chassés. Gouvernement de Meudon rendu
à du Mont. Désespoir de Rion, qui à la fin se console.
Maladie de Mme de Saint-Simon à Passy. Le régent nous prête
le château neuf de Meudon. Deuil de la cour prolongé six semaines
au delà de celui du roi. Il visite Madame, M. [le duc] et Mme la
duchesse d’Orléans. Le roi au Louvre, en visite toutes les académies
pendant qu’on nettoie les Tuileries. M. et Mme du Maine fort relâchés.
Aveux de la duchesse du Maine. Misérable comédie entre elle
et son mari. Le secrétaire du prince de Cellamare mis au château
de Saumur. MM. d’Allemans, Renaud et le P. Malebranche; quels. Mémoires
d’Allemans sur la manière de lever la taille. La Muette donnée
au roi, et le gouvernement à Pezé. Vingt mille livres de
pension à Mme la princesse de Conti la mère. Cent cinquante
mille livres de brevet de retenue à Lautrec sur la lieutenance générale
de Guyenne. Toutes pensions se payent. Forte augmentation de troupes. M.
le duc d’Orléans achète pour M. le duc de Chartres le gouvernement
de Dauphiné, de La Feuillade, qu’il accable d’argent. La Vrillière
présente au roi les députés des états de Languedoc,
de préférence à Maillebois, lieutenant général
de la province. Extraction de Maillebois. Belle action des moines d’Orcamp.
Mme la duchesse d’Orléans refuse audience à tous députés
d’états, depuis la prison du duc du Maine. Le duc de Richelieu peu
à peu en liberté. p. 221
Chapitre XII. Paix
de la Suède avec l’Angleterre. Le duc de Lorraine échoue
pour l’érection de Nancy en évêché. Vaudémont
en tombe fort malade à Paris. Maximes absurdes, mais suivies toujours
et inhérentes, du parlement sur son autorité. J’empêche
le régent d’en rembourser toutes les charges avec le papier de Law.
Raisons secrètes contre le remboursement des charges du parlement.
Seconde tentative du projet du remboursement des charges du parlement finalement
avortée. Le parlement informé du risque qu’il a couru, qui
le lui a paré, et qui y a poussé. Duchesse du Maine à
Chamlay, où Mme la Princesse la visite. Officiers du sang, et leur
date. Usurpations et richesses. Le chevalier de Vendôme vend au bâtard
reconnu de M. le duc d’Orléans le grand prieuré de France,
et veut inutilement se marier. Retour de Plénoeuf en France. Raisons
d’en parler. Plénoeuf, sa femme et sa fille; quels. Courte reprise
de sa négociation de Turin avortée par l’intérêt
personnel et la ruse singulière de l’abbé Dubois. Étrange
trait de franchise de Madame, qui rompt tout court la négociation
de Turin. Digression sur les maisons d’Este et Farnèse. Maison d’Este.
Bâtards d’Este, ducs de Modène et de Reggio jusqu’à
aujourd’hui. Maison Farnèse. Farnèse bâtards, duc de
Parme et de Plaisance. p. 247
Chapitre XIII. Le
roi Jacques repasse en Italie. Le prince électoral de Saxe épouse
une archiduchesse, Joséphine. Bénédiction de Mme de
Chelles. Mort de Marillac, doyen du conseil; de Mme de Croissy; son caractère.
Mort de Courcillon; de Louvois, capitaine des Cent-Suisses. Sa charge donnée
à son fils à la mamelle. Mort du comte de Reckem, du duc
de Bisaccia; sa famille. Mort du marquis de Crussol; de l’évêque
d’Avranches, Coettenfao; d’Orry; de Mme de Bellegarde, puis de son mari;
du duc de La Trémoille. Mort de Mme de Coigny; extraction de son
mari. Mort de l’abbé de Montmorel. Mort du président Tambonneau.
M. le comte de Charolais comblé d’argent du roi, fait gouverneur
de Touraine. Comte d’Évreux achète le gouvernement de l’Ile-de-France
et la capitainerie de Monceaux, où il désole le cardinal
de Bissy. Le nonce Bentivoglio, près d’être cardinal, prend
congé et part. Ses horreurs. L’abbé de Lorraine et l’abbé
de Castries obtiennent enfin leurs bulles de Bayeux et de Tours, et sont
sacrés par le cardinal de Noailles. Commission de juges du conseil
envoyée à Nantes. Bretons arrêtés; d’autres
en fuite. Berwick en Roussillon, prend la Ceu-Urgel; y finit la campagne.
Le Guerchois gouverneur d’Urgel. M. le duc d’Orléans se fait appeler
mon oncle. Le feu roi n’apparentait que lui, Monsieur et la vieille Mademoiselle.
Conseil de régence entièrement tombé. Besons, archevêque
de Rouen, puis l’abbé Dubois, y entrent. Je propose à M.
le duc d’Orléans un conseil étroit, en laissant subsister
celui de régence; [chose] que l’abbé Dubois empêcha.
Davisard mis en liberté. La Chapelle; quel; exilé, aussitôt
rappelé, mort peu après. Quatre millions payés en
Bavière; trois en Suède. Quatre-vingt mille livres données
à Meuse, et huit cent mille francs à Mme de Châteauthiers,
dame d’atours de Madame. Abbé Alary; quel; obtient deux mille livres
de pension. Le marquis de Brancas obtient quatre mille livres de pension
pour son jeune frère, et la survivance de sa lieutenance générale
de Provence à son fils, à neuf ans. Maréchal de Matignon
obtient six mille livres d’augmentation d’appointements de son gouvernement.
Fureur du Mississipi et de la rue Quincampoix. Diminution d’espèces;
refonte. Prince de Conti retire Mercoeur à Lassai. Largesses aux
officiers employés contre l’Espagne. Affaires de cour à Vienne.
Prince d’Elboeuf: quel; obtient son abolition et revient en France. Nominations
d’évêchés où l’abbé d’Auvergne et le
jésuite Lafitau sont compris. Conduite de ce dernier. p. 277
Chapitre XIV. Mississipi
tourne les têtes. Law se veut pousser, et pour cela se faire catholique.
L’abbé Tencin l’instruit et reçoit sans bruit son abjuration.
Digression sur cet abbé et sa soeur la religieuse. Caractère
de celle-ci. Elle devient maîtresse de l’abbé Dubois. Caractère
de l’abbé Tencin. Il va à Rome pour le chapeau de l’abbé
Dubois; est admonesté en plein parlement en partant. Law achète
l’hôtel Mazarin et y établit sa banque. Mort de Conflans;
du célèbre P. Quesnel; de Blécourt dont Louville obtient
le gouvernement de Navarreins. Mort de la princesse de Guéméné.
Retour du maréchal de Berwick. Porteurs de lettres en Espagne arrêtés.
Vaisseaux espagnols aux côtes de Bretagne. Bretons en fuite; d’autres
arrêtés. Profusions du régent. Prince d’Auvergne épouse
une aventurière anglaise. Law se fait garder chez lui. Caractère
et fortune de Nangis et de Pezé, qui obtient le régiment
du roi d’infanterie, et Nangis force grâces. Ma situation avec Fleury,
évêque de Fréjus, avant et depuis qu’il fut précepteur.
Caractère de Mme de Lévi. Je propose à M. de Fréjus
une manière singulière, aisée, agréable et
utile d’instruction pour le roi, et je reconnais tôt qu’il ne lui
en veut donner aucune. Je m’engage à faire Fréjus cardinal.
Grâces pécuniaires au duc de Brancas. Six mille livres de
pension à Béthune, chef d’escadre. Torcy obtient l’abbaye
de Maubuisson pour sa soeur. Madame de Bourbon, depuis abbesse de Saint-Antoine;
quelle. Mort et état de l’abbé Morel. p. 293
Chapitre XV. Promotion
de dix cardinaux. Leur discussion. Spinola, Althan, Perreira. Gesvres.
Sagesse et dignité des évêques polonais. Bentivoglio.
Bossu, dit Alsace, et comment; est malmené par l’empereur. Belluga;
sa double et sainte magnanimité. Salerne. Mailly; son ambition;
sa conduite. Pourquoi les nonces de France, devenant cardinaux, n’en reçoivent
plus les marques qu’en rentrant en Italie. Tout commerce étroitement
et sagement défendu aux évêques, etc., de France avec
Rome, et comment enfin permis. Haine de Mailly contre le cardinal de Noailles,
et ses causes. Sentiments de Mailly étranges sur la constitution.
Comment transféré d’Arles à Reims. Sa conduite dans
ce nouveau siège. p. 314
Chapitre XVI. M. le
duc d’Orléans, fort irrité de la promotion de l’archevêque
de Reims, me mande, me l’apprend et dispute cette affaire avec Le Blanc
et moi, où La Vrillière, gendre du frère de l’archevêque,
survient. Velleron dépêché à l’archevêque
avec défense de porter aucune marque de cardinal et de sortir de
son diocèse. Ridicule aventure et dépit de Languet, évêque
de Soissons. Son état, son ambition, ses écrits, sa conduite.
Conduite de l’archevêque de Reims. Il obéit aux ordres que
Velleron lui porte. Quel était Velleron. Ma conduite avec le régent
sur l’archevêque de Reims. Rare et insigne friponnerie des abbés
Dubois et de La Fare-Lopis à l’égard l’un de l’autre. L’archevêque
de Reims clandestinement à Paris. Mystère très singulier
de ce retour. Faiblesse et ambition de l’archevêque de Reims. Son
premier succès et ma duperie. Manége de Dubois à l’égard
de l’archevêque de Reims, dont je suis encore parfaitement la dupe.
Comment Mailly, archevêque de Reims, obtint enfin de recevoir des
mains du roi sa calotte rouge, où je le conduisis. p. 331
Chapitre XVII. Sécheresse
où ces Mémoires vont tomber, et ses causes. Chute du cardinal
Albéroni qui se retire en Italie. Dona Laura Piscatori nourrice
et assafeta de la reine d’Espagne. Son caractère. Albéroni
arrêté en chemin, emportant le testament original de Charles
II et quelques autres papiers importants, qu’il ne rend qu’à force
de menaces. Joie publique en Espagne de sa chute, et dans toute l’Europe.
Marcieu garde honnêtement à vue le cardinal Albéroni
jusqu’à son embarquement à Marseille, qui ne reçoit
nulle part ni honneur ni civilité. Sa conduite en ce voyage. Folles
lettres d’Albéroni au régent sans réponse. Aveuglement
étrange de souffrir dans le gouvernement aucun ecclésiastique,
encore pis des cardinaux. Cause de la rage d’Albéroni. But de tout
ministre d’État ecclésiastique ou qui parvient à se
mêler d’affaires. Disposition du roi très différente,
et sa cause, pour M. le duc d’Orléans et pour l’abbé Dubois,
également haïs du maréchal de Villeroy et de l’évêque
de Fréjus. Conduite de tout cet intérieur. M. le duc d’Orléans
résolu de chasser le maréchal de Villeroy et de me faire
gouverneur du roi. Il me le dit. Je l’en détourne. p. 349
Chapitre XVIII. Année 1720.
Comédie entre le duc et la duchesse du Maine, qui ne trompe personne.
Changement de dame d’honneur de Mme la Duchesse la jeune; pourquoi raconté.
Caractère de M. et de Mme de Pons. Abbé d’Entragues; son
extraction; son singulier caractère; ses aventures. Law, contrôleur
général des finances. Grâces singulières faites
aux enfants d’Argenson. Machaut et Angervilliers conseillers d’État
en expectative. Law maltraité par l’avidité du prince de
Conti, qui en est fortement réprimandé par M. le duc d’Orléans.
Ballet du roi. Force grâces pécuniaires. J’obtiens douze mille
livres d’augmentation d’appointements sur mon gouvernement de Senlis, qui
n’en valait que trois mille. Je fais les derniers efforts pour un conseil
étroit, fort inutilement. Mariage de Soyecourt avec Mlle de Feuquières.
Réflexions sur les mariages des filles de qualité avec des
vilains. Mort du comte de Vienne; son caractère, son extraction.
Mort du prince de Murbach. Mort de l’impératrice mère, veuve
de l’empereur Léopold. Son deuil et son caractère. Mort du
cardinal de La Trémoille. Étrange friponnerie et bien effrontée
de l’abbé d’Auvergne pour lui escroquer son archevêché
de Cambrai. Digression sur les alliances étrangères du maréchal
de Bouillon et de sa postérité. Abbé d’Auvergne; comment
fait archevêque de Tours, puis de Vienne. p. 370
Chapitre XIX. Comte
Stanhope à Paris. Paix d’Espagne. Grimaldo supplée presque
en tout aux fonctions de premier ministre d’Espagne, sous le titre de secrétaire
des dépêches universelles. Sa fortune, son caractère.
Digression déplacée, mais fort curieuse, sur le premier président
de Mesmes. Duchesse de Villars et dames nommées pour conduire la
princesse de Modène jusqu’à Antibes. Remarques sur le cérémonial,
le voyage et l’accompagnement. Fiançailles et mariage de cette princesse.
Désordre du système et de la banque de Law se manifeste et
produit des suites les plus fâcheuses et infinies. Commencements
et fortune des quatre frères Pâris. Nouveaux prisonniers à
Nantes. Vingt-six présidents ou conseillers remboursés et
supprimés, choisis dans le parlement de Bretagne. p. 401
Chapitre XX. Abbé
Dubois obtient l’archevêché de Cambrai. L’abbé Dubois
refusé d’un dimissoire par le cardinal de Noailles, en obtient un
de Besons, archevêque de Rouen, et va dans un village de son diocèse,
près de Pontoise, recevoir tous les ordres à la fois de Tressan,
évêque de Nantes; se compare là-dessus à saint
Ambroise. Mot du duc Mazarin. Singulière anecdote sur le pouvoir
de l’abbé Dubois sur M. le duc d’Orléans, à l’occasion
du sacre de cet abbé. Sacre de l’abbé Dubois par le cardinal
de Rohan. Les Anglais opposés au roi Georges, ou jacobites, chassés
de France à son de trompe. Politique terrible de la cour de Rome
sur le cardinalat. Mort de Mme de Lislebonne. Douze mille livres de pension,
qu’elle avait, [sont] données à Mme de Remiremont, sa fille.
Mort et successeur du grand maître de Malte. Mort et caractère
du P. Cloche, général de l’ordre de Saint-Dominique. Mort
de Fourille; sa pension donnée à sa veuve. Mort et caractère
de Mme de La Hoguette. Mort de Mortagne, chevalier d’honneur de Madame.
Mort de Mme la Duchesse, brusquement enterrée. Visites et manteaux
chez M. le Duc. Testament, etc. p. 420
Chapitre XXI. Maison
de Horn ou Hornes. Catastrophe du comte de Horn à Paris. Jugement
et exécutions à Nantes. Mort, famille et extraction du prince
de Berghes. Mort du duc de Perth. Mariage du comte de Grammont avec une
fille de Biron. Mariage de Mailly avec une soeur de la duchesse de Duras,
[Mlle de] Bournonville. Mariage du duc de Fitz-James avec Mlle de Duras.
Mariage de Chalmazel avec Mlle de Bonneval. Mariage du prince d’Isenghien
avec la seconde fille du prince de Monaco. Mariage du marquis de Matignon
avec Mlle de Brenne, et de sa soeur à lui avec Basleroy. Naissance
de l’infant don Philippe. Maulevrier-Langeron, envoyé en Espagne,
lui porte le cordon bleu. Affaire et caractère de l’abbé
de Gamaches, auditeur de rote. Sa conduite à Rome, où il
mourut dans cet emploi. Ce que c’est que la rote. p. 442
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