ÉTUDES SUR VOLTAIRE ET SON TEMPS
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MÉMOIRES DU DUC DE SAINT-SIMON

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Ier
II
III
IV
V
VI
VII
VIII
IX
X
XI
XII
XIII
XIV
XV
XVI
XVII
XVIII
XIX
XX

Introduction, par Sainte-Beuve.


 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
TABLE DU ONZIÈME VOLUME. 1713-1715
I
II
III
IV
V
VI
VII
VIII
IX
X
XI
XII
XIII
XIV
XV
XVI
XVII
XVIII
XIX
XX
XXI
XXII
Notes
Note 1
Note 2
Note 3
Note 4
Note 5
Note 6
Note 7

11. Chapitre I. 1713. Constitution Unigenitus fabriquée et subitement publiée à Rome. Soulèvement général difficilement arrêté. Soulèvement général contre la constitution à son arrivée en France. Singulières conversations entre le P. Tellier et moi sur la forme de faire recevoir la constitution, et sur elle-même. Retour par Petit-Bourg de Fontainebleau à Versailles. Étrange tête-à-tête sur la constitution entre le P. Tellier et moi, qui me jette en un sproposito énorme.Chapitre I

11. Chapitre II. M. de Savoie prend le titre de roi de Sicile. Il imite le roi sur ses bâtards. Prie, nommé ambassadeur à Turin, épouse la fille de Plénoeuf, qui devient fatale à la France. Gouvernement d’Alsace et de Brisach au maréchal d’Uxelles. Trois cent mille livres à Torcy; quatre cent mille livres à Pontchartrain; quatre cent mille livres au duc de La Rochefoucauld. Lamoignon, greffier, Chauvelin grand trésorier de l’ordre; Voysin et Desmarets en ont le râpé. Chauvelin; quel; et son beau-père. Dalon; quel. Chassé de sa place de premier président du parlement de Bordeaux. Prise de Fribourg par Villars, qui envoie Contade à la cour. Duc de Fronsac apporte la prise de Brisach; le roi lui donne douze mille livres et un logement à Marly. Kirn rendu à Besons, qui sépare son armée et revient à Paris. Conférences à Rastadt entre Villars et le prince Eugène, qui y traitent et y concluent la paix entre la France, l’empereur et l’empire. Réforme de troupes. Mort du prince de Toscane. Mort d’Harleville. Mort du chevalier de Grignan ou comte d’Adhémar. Mort de Gassion; quel il était, et sa famille. Mort de la princesse de Courtenai, sa famille, que le roi montre sentir être de son sang. Saintrailles; quel; sa mort. Mort et caractère de Phélypeaux. Mort du duc de Medina-Sidonia. Ronquillo destitué de la place de gouverneur du conseil de Castille; on lui donne une pension de dix mille écus. Retour du duc d’Aumont. Le roi de Sicile passe avec la reine en Sicile, et laisse le prince de Piémont régent avec un conseil. Peterborough et Jennings saluent le roi. Électeur de Bavière à Paris; voit le roi. Chapitre II

11. Chapitre III. Année 1714. L’Évangile présenté à baiser au roi par un cardinal, de préférence à l’aumônier de jour, en absence du grand et du premier aumônier. Duc d’Uzeda peu compté à Vienne, et son fils emprisonné au château de Milan. Duc de Nevers dépouillé par le roi de la nomination à l’évêché de Bethléem. Duc de Richelieu se brouille avec sa femme et la quitte. Cavoye prend soin de lui. Force bals à la cour et à Paris. Bals, jeux, comédies et nuits blanches à Sceaux. Mme la duchesse de Berry, grosse, mange au grand couvert en robe de chambre. Abbé Servien à Vincennes. Mort, fortune, famille et caractère du duc de La Rochefoucauld. Bachelier; sa fortune; son mérite. Surprise étrange du duc de Chevreuse et de moi chez le duc de La Rochefoucauld. Hardie générosité du duc de La Rochefoucauld. Vieux levain de Liancourt. Ses deux fils. Comte de Toulouse grand veneur. Douze mille livres de pension au nouveau duc de La Rochefoucauld. Le chancelier voit un homme se tuer. Commencement de la persécution en faveur de la constitution Unigenitus. Mariage du prince de Pons et de Mlle de Roquelaure. Gouvernement de Dunkerque à Grancey en épousant la fille de Médavy, son frère. Vingt-cinq mille livres de rente fort bizarres au premier président. Mort de Bragelogne. Ambassadeurs de Hollande saluent le roi. Grande maladie de la reine d’Angleterre à Saint-Germain. Mort du duc de Melford à Saint-Germain. Mort de Mahoni. M. le duc de Berry entre au conseil des finances. Chapitre III

11. Chapitre IV. Helvétius en Espagne pour la reine à l’extrémité. Orry et son fils. La reine d’Espagne, pour ses derniers sacrements, congédie son confesseur jésuite et prend un dominicain. Sa mort. Retraite du roi d’Espagne chez le duc de Medina-Celi. Deuil de la reine d’Espagne. Conférences de Rastadt barbouillées. Contade à la cour. [Conférences] renouées. Malhabileté de Villars. La paix signée à Rastadt. Contade en apporte la nouvelle. Mort, caractère, maison, famille du duc de Foix. Mort de Mme de Miossens; son caractère. Bâtards d’Albret expliqués. Maréchal d’Albret; sa fortune. Mort et dépouille de Montpéroux. Mort du Charmel. Dureté du roi. Mort et caractère de la maréchale de La Ferté et de sa soeur la comtesse d’Olonne. Le roi donne au prince Charles douze mille livres de rentes en fonds; voit en particulier l’électeur de Bavière; donne les grandes entrées au maréchal de Villars, et à son fils la survivance de son gouvernement de Provence. Villars, du Luc et Saint-Contest, ambassadeurs plénipotentiaires à Bade. Époque de la première prétention des conseillers d’État de ne céder qu’aux gens titrés. Six mille livres de pension à Saint-Contest. Villars, chevalier de le Toison d’or, fait donner trois mille livres de pension au comte de Choiseul, son beau-frère. Abbé de Gamaches auditeur de rote; son caractère. Maréchal de Chamilly fait donner à son neveu son commandement de la Rochelle, etc. Chapitre IV

11. Chapitre V. Le roi tête à tête avec le chancelier, qui lui rapporte le procès d’entre M. de La Rochefoucauld et moi, m’adjuge toute préséance. Mort de Saint-Chamant. Tessé demandé par l’Espagne pour le siège de Barcelone. Berwick choisi et Ducasse pour y mener une escadre. Souveraineté manquée de la princesse des Ursins. Palais qu’elle se prépare près d’Amboise, et ce qu’il devient. Décadence de la princesse des Ursins dans l’esprit du roi et de Mme de Maintenon. Princesse des Ursins gouvernante des infants. Ses mesures pour se glisser en la place de la feue reine. Générosité de Robinet, jésuite, confesseur du roi d’Espagne. Princesse des Ursins se hâte de faire le mariage du roi d’Espagne avec la princesse de Parme; ses raisons. Situation du marquis de Brancas en Espagne. Raisons qui le déterminent à demander d’aller passer quinze jours à Versailles; il l’obtient. Alarme de la princesse des Ursins. Elle dépêche brusquement le cardinal del Giudice en France. Brancas court après et le devance. Quel était Giudice. Brancas à Marly. Giudice après lui avec son neveu Cellamare. Caractère del Giudice. Mort et caractère de la chancelière de Pontchartrain. Mort de la reine douairière de Danemark. Mort et caractère de l’évêque de Senlis. Chamillart obtient un logement à Versailles. Mort et caractère de Mme Voysin. Caractère de Mme Desmarets. Mort de Zurbeck. Mort du président Le Bailleul, dont le fils obtient la charge. Leur caractère. Chapitre V

11. Chapitre VI. Mariage du fils du marquis du Châtelet avec la fille du duc de Richelieu; [il obtient] la survivance de Vincennes. Publication et réjouissances de la paix. Contade grand’croix surnuméraire de Saint-Louis. Marly. Giudice bien traité du roi. Ducasse malade. Chalais mandé de l’armée à Madrid. Ronquillo et d’autres exilés. Bergheyck se retire tout à fait des affaires; son éloge. Réforme de troupes. Électeur de Bavière à la chasse à Marly. M. le duc de Berry malade et empoisonné. Mort de M. le duc de Berry; son caractère. Quel avec sa famille. M. [le duc] et Mme la duchesse de Berry; comment ensemble. Ordres du roi. Le corps de M. le duc de Berry très promptement porté à Paris aux Tuileries. Deuil drapé de six mois. Le roi ne veut point de révérences, de manteaux, de mantes, de harangues ni de compliments. État du roi. Sa visite à Mme la duchesse de Berry. M. [le duc] et Mme la duchesse d’Orléans fort touchés. Raisons particulières à M. le duc d’Orléans. Mme de Maintenon et duc du Maine. Duchesse du Maine. Évêques usurpent pour la première fois, en gardant, fauteuils et carreaux. Eau bénite. Comte de Charolais et duc de Fronsac conduisent le coeur au Val-de-Grâce. M. le Duc et le duc de La Trémoille conduisent le corps à Saint-Denis. Fils et petits-fils de France tendent seuls chez le roi. Précautions chez Mme la duchesse de Berry, qui font quelques aventures risibles. Chapitre VI. 

11. Chapitre VII. Le roi voit en particulier le cardinal del Giudice, tous deux avec surprise; et peu après l’électeur de Bavière. Mort de La Taste: sa femme. Mort du duc de Guastalla. Cardinal de Bouillon à Rome. Mort, naissance et caractère de la maréchale d’Estrées douairière. Congrès de Bade. Camps de paix. Nesle quitte le service; en est puni. Succession de M. le duc de Berry. Deux cent mille livres d’augmentation de pension à Mme la duchesse de Berry. Canal de Mardick. Trente mille livres d’augmentation de pension à Ragotzy, et quarante mille livres de pension à distribuer dans son parti. Survivances des gouvernements du duc de Beauvilliers à son gendre et à son frère. Mort et caractère de la duchesse de Lorges. Des Forts conseiller d’État. Mort et caractère de Saint-Georges, archevêque de Lyon. Mort de Matignon, évêque de Lisieux. Petite sédition à Lyon; le maréchal de Villeroy y va. Chalais à Paris; Giudice à Marly. Le roi, à qui il échappe un mot inintelligible sur la princesse des Ursins, résout entièrement sa perte. L’Espagne signe la paix sans plus parler de souveraineté pour la princesse des Ursins. Soixante-huit bataillons français avec Berwick pour le siège de Barcelone. Giudice, puis Chalais, voient le roi en particulier. Ducasse, malade, revient; remplacé par Bellefontaine. Mort de Menager; son caractère. Duchesse de Berry blessée d’une fille. Mme de Saint-Simon, par méprise du roi, la conduit à Saint-Denis, et le coeur au Val-de-Grâce. Mort de la première électrice d’Hanovre. Mort, naissance, famille et caractère de la duchesse de Bouillon. Mariage de La Mothe avec Mlle de La Roche-Courbon; et d’une fille du marquis de Châtillon avec Bacqueville. Mariage de Creuilly avec une Spinola. Giudice établi à Marly. Berwick part pour faire le siège de Barcelone. Chalais donne part particulière au roi du mariage du roi d’Espagne avec la princesse de Parme. Giudice voit aussitôt après le roi en particulier. Retraite de Bergheyck; il arrive d’Espagne, vient à Marly. Chapitre VII. 

11. Chapitre VIII. Retraite du chancelier de Pontchartrain. Voysin chancelier, et conserve sa place de secrétaire d’État. M. du Maine. Mot plaisant et salé de M. de Lauzun. Électeur de Bavière deux fois à Marly. Roi Stanislas aux Deux-Ponts. Arrivée de la flotte des Indes au Port-Louis. Trois mille livres d’augmentation de pension à Mme de Saint-Géran. Le fils de Fagon intendant des finances. Mariage de Brassac avec la fille du feu maréchal de Tourville. Reine de Pologne veuve de Jean Sobieski; causes de sa haine pour la France, de son séjour à Rome, de sa retraite à Blois. Égalité de rois du cardinal Mazarin. Reine de Pologne, médiocrement reçue, ne veut aucune réception; va droit à Blois, sans pouvoir approcher de la cour ni de Paris. Service de M. le duc de Berry à Saint-Denis. Prince de Dombes y fait le troisième deuil. Tranchée ouverte devant Barcelone, 12 juillet. Maisons président à mortier; sa femme; leur famille, leur caractère, leur conduite, leur situation, leurs vues. Désir de Maisons de lier avec moi; comment il y réussit. Première entrevue de Maisons avec moi fort singulière. Notre commerce s’établit. Maisons me fait aller de Marly le trouver. Il m’apprend que les bâtards et leur postérité sont devenus princes du sang en plein, et capables de succéder à la couronne. Scène singulière chez Maisons. La nouvelle se publie à Marly, effet qu’elle y produit. Mon compliment aux bâtards. Comte de Toulouse. Cause secrète de la conservation de la place de secrétaire d’État au nouveau chancelier. Chapitre VIII. 

11. Chapitre IX. Degrés rapides qui, du plus profond non-être, portent à la capacité de porter à la couronne, par droit de naissance, la postérité sortie du double adultère du roi et de Mme de Montespan. Adresse de la réception de César, duc de Vendôme, au parlement. Traversement du parquet par les princes du sang; son époque. Réflexions. Position de l’esprit du roi sur ses bâtards paraît bien peu égale. Chapitre IX. 

11. Chapitre X. Prostitution du maréchal d’Huxelles. Embarras de Maisons. Enregistrement de l’édit. Bâtards traités en princes du sang au parlement. Grand présent du roi à Mme la duchesse de Berry. Électeur de Bavière et Peterborough à Marly. Promenades nocturnes au Cours à la mode. Mort de Mme de Vaudémont; son caractère. Mort de la marquise de Béthune-Harcourt. Mort de Virville. Mort de l’abbé de Clérembault. Sourches cède à son fils la charge de grand prévôt. Actions devant Barcelone. Marlborough retourne en Angleterre. Mort de la reine Anne. L’électeur d’Hanovre proclamé. Routes profondes par lesquelles le duc du Maine parvient à l’état, nom et tout droit de prince du sang, et au testament du roi. Fortes paroles du roi au duc du Maine. Chapitre X. 

11. Chapitre XI. Testament du roi. Ses paroles en le remettant au premier président et au procureur général pour être déposé au parlement. Paroles du roi à la reine d’Angleterre sur son testament. Lieu et précautions du dépôt du testament du roi. Édit remarquable sur le testament. Consternation générale sur le testament, et ses causes. Duc d’Orléans; sa conduite sur le testament. Dernière marque de l’amitié et de la confiance du roi pour le duc de Beauvilliers, et de celles du duc pour moi. Mort du duc de Beauvilliers. Sa maison; sa famille. Son caractère et son éloge. Époque et nature de la charge de chef du conseil royal des finances, que le duc de Beauvilliers accepte difficilement. Malin compliment du comte de Grammont au duc de Saint-Aignan. Chapitre XI.

11. Chapitre XII. Duc de Beauvilliers; quel sur le cardinal de Noailles, Rome, Saint-Sulpice, les jésuites. Mesures futures pour l’archevêque de Cambrai. Ambition de ce prélat. Grandeur d’âme et de vertu du duc de Beauvilliers. Comparaison des ducs de Chevreuse et de Beauvilliers. Mot plaisant et vrai du chancelier de Pontchartrain. Caractère de la duchesse de Beauvilliers. Fortune et conduite des Saumery. Épreuve et action de vertu héroïque de la duchesse de Beauvilliers. Mort de la duchesse de Beauvilliers en 1733.Chapitre XII. 

11. Chapitre XIII. Ma situation à la cour. Conduite étrange de Desmarets. Brutalité avec moi, qui lui est fatale. Maréchal de Villeroy chef du conseil royal des finances. Son fils archevêque de Lyon. Continuation de ma situation à la cour. Macañas; quel. Cardinal del Giudice fait fonction à Marly de grand inquisiteur d’Espagne; choque les deux rois; est rappelé; donne part publique du mariage du roi d’Espagne; part à grand regret; se morfond longtemps à Bayonne avec défense de passer outre. Moyens en Espagne contre les entreprises de Rome. Repentir inutile de la princesse des Ursins du mariage de Parme. Mariage à Parme de la reine d’Espagne, qui part pour l’Espagne; sa suite. Mariage du fils du prince de Rohan avec la fille de la princesse d’Espinoy. Mariage du comte de Roye avec la fille d’Huguet, conseiller au parlement. Voyage de Fontainebleau par Petit-Bourg. Le roi de fort mauvaise humeur. Électeur de Bavière à Fontainebleau. Amusements du roi redoublés et inusités chez Mme de Maintenon. Paix de l’empire et de l’empereur signée à Bade. Le roi d’Angleterre donne part au roi de son avènement à cette couronne, passe en Angleterre et y fait un entier changement. Maréchal de Villeroy arrive à Fontainebleau; est fait ministre. Ministres ne prêtent point de serment. Ineptie parfaite du maréchal. Retour du maréchal de Villars. Duc de Mortemart apporte au roi la nouvelle de l’assaut général de Barcelone, qui se rend à discrétion avec Mont-Joui et Cardone. La Catalogne soumise. Broglio, gendre de Voysin, apporte le détail de la prise de Barcelone. Vues et conduite domestique du roi de Pologne, qui fait voyager son fils incognito. Il arrive à Paris et à la cour; très bien reçu. Ce qu’on en trouve. Ses conducteurs. Sa conversion secrète. Électeur de Bavière voit le roi en particulier et retourne à Compiègne. Chapitre XIII

11. Chapitre XIV. Mort et famille de Mme de Bullion; son caractère. Mort et caractère de Sézanne; sa famille. Mort et caractère du bailli de La Vieuville et de la comtesse de Vienne. Le bailli de Mesmes lui succède et ne le remplace pas dans l’ambassade de Malte. Mort, caractère, famille, testament de la marquise de Saint-Nectaire. La reine d’Espagne débarque à Monaco et va par terre en Espagne. Sa dot. Sa réception incognito. Béthune, premier gentilhomme de la chambre de M. le duc de Berry en année à sa mort, reporte sa Toison en Espagne, et l’obtient. Le duc de Saint-Aignan porte un médiocre présent du roi à la reine d’Espagne à son passage. Chalais grand d’Espagne avec exclusion d’en avoir en France le rang et les honneurs. Prince de Rohan et prince d’Espinoy ducs et pairs. Manèges qui les font. Ruse orgueilleuse du prince de Rohan. L’autre prend le nom de duc de Melun. Voyage et retour de Sicile de son nouveau roi. Maffei; ses emplois; son caractère. Retour de Fontainebleau par Petit-Bourg; le roi chagrin pendant le voyage. Embarras sur la constitution. Amelot envoyé à Rome pour la tenue d’un concile national en France. P. Tellier me propose d’être commissaire du roi au concile; son ignorance; surprise de mon refus. Mort singulière de Brûlart, évêque de Soissons; son caractère. Mort de M. de Saint-Louis retiré à la Trappe. Avary ambassadeur en Suisse. Comte du Luc ambassadeur à Vienne et conseiller d’État d’épée. L’impératrice couronnée reine de Hongrie à Presbourg. Électeurs de Cologne et de Bavière voient le roi à Marly. Saumery fils envoyé du roi près l’électeur de Bavière. Pompadour et d’Alègre vainement ambassadeurs en Espagne et en Angleterre. Retour du duc de Berwick avec une épée de diamants donnée par le roi d’Espagne. Taxe du prix des régiments d’infanterie. Pension de dix milles livres au prince de Montbazon. Cent cinquante mille livres d’augmentation de brevets de retenue sur ses charges à Torcy. Dix mille écus à Amelot pour son voyage. Procès d’impuissance intenté au marquis de Gesvres par sa femme; accommodé. M. le duc d’Orléans se trouve assez mal. Grand témoignage du roi sur moi. Apophtegme du roi sur M. le duc d’Orléans. Chapitre XIV. 

11. Chapitre XV. Le roi de Suède arrivé de Turquie à Stralsund. Croissy ambassadeur vers lui. Entrevue des deux reines d’Espagne. Maison de la régnante. Duc de Saint-Aignan l’y joint et l’accompagne à Madrid. Mort d’Alex. Sobieski à Rome. Van Holl, riche financier; ce que devient son fils. Mort de la comtesse de Brionne. Mort de Jarnac; son caractère. Mort, extraction, famille, fortune, caractère du cardinal d’Estrées. Bon mot de l’abbé de la Victoire. Distractions. Cardinal d’Estrées se démettant de l’évêché de Laon, cardinal depuis dix ans, obtient le premier un brevet de continuation du rang et des honneurs de duc et pair. Trait de l’évêque-comte de Noyon au festin de la réception au parlement de l’évêque-duc de Laon chez le cardinal d’Estrées. Trait du cardinal d’Estrées pour se délivrer de ses gens d’affaires. Bon mot du cardinal d’Estrées. Projet constant et suivi des jésuites d’établir l’inquisition en France. Mariage du fils de Goesbriant avec la fille du marquis de Châtillon. Prince électoral de Saxe au lever du roi. Bergheyck prend congé pour sa retraite. Électeur de Bavière voit le roi en particulier. Albergotti de retour d’Italie. Divers envoyés nommés. Bissy abbé de Saint-Germain des prés. Rohan et Melun reçus ducs et pairs, Melun avec dispense et condition. Folies de Sceaux. Inquiétude du duc du Maine; mot plaisant qui lui échappe là-dessus. Noir dessein du duc du Maine. Digression nécessaire en raccourci sur la dignité de pair de France, et sur le parlement de Paris et autres parlements. Chapitre XV. 

11.Chapitre XVI. Origine et nature de la monarchie française, et de ses trois états. Son gouvernement. Champs de mars, puis de mai. Pairs de France sous divers noms, les mêmes en tout pour la dignité et les fonctions nécessaires, depuis la fondation de la monarchie. Pairs de fief; leurs fonctions. Hauts barons; leur origine, leur usage, leur différence essentielle des pairs de France. Changement du service par l’abolition de celui de fief et l’établissement de la milice stipendiée. Origine des anoblissements. Capitulaires de nos rois. Légistes; quels; leur usage; leurs progrès. Conseillers; origine de ce nom. Parlements; origine de ce nom. Progrès du parlement. Multiplication des magistrats et de cours ou tribunaux de justice. Sièges hauts et bas de grand’chambre des parlements. Parité, quant à la dignité de pairs de France et ce qui en dépend, de ceux d’aujourd’hui avec ceux de tous les temps. Noms donnés aux pairs par nos rois de tous les âges. Pairie est apanage, témoin Uzès. Réversibilité à la couronne. Apanage; ce que c’est. Ducs vérifiés; Bar. Ducs non vérifiés. Officiers de la couronne. Ducs non vérifiés en compétence continuelle avec les officiers de la couronne. Chapitre XVI. 

11. Chapitre XVII. Parlement de Paris et les autres sur son modèle. Leur origine; leur nature; d’où nommés parlements. Récapitulation abrégée. Ancien gouvernement. Légistes. Conseillers; d’où ce nom. Légistes devenus juges. Origine et monument des hauts et bas sièges. Parlement, par quels degrés prend la forme présente. Pairs seuls des nobles conservent voix et séance au parlement toutes fois qu’ils veulent en user. Préséance des pairs en tous parlements; y entrent seuls de nobles avant le roi lorsqu’il y vient, et pourquoi. Le chancelier seul des officiers de la couronne aux bas sièges aux lits de justice, et n’y parle au roi qu’à genoux, seul d’entre eux non traité par le roi de cousin, et seul de la robe parle et y opine assis et couvert. Pourquoi toutes ces choses. Origine de la présidence et de sa prétention de représenter le roi. Séance des présidents en tout temps à gauche de celle des pairs. Origine de l’enregistrement des édits, etc., aux parlements; d’y juger les causes majeures, etc., et du titre de cour des pairs affecté par celui de Paris. Nécessité de la mention de la présence des pairs aux arrêts des causes majeures et aux enregistrements des sanctions. Origine de la prétention des parlements d’ajouter par les enregistrements un pouvoir nécessaire. Origine des remontrances, bonnes d’abord, tournées après en abus. Entreprises de la cour de Rome réprimées par le parlement; ne lui donnent aucun droit de se mêler d’autres affaires d’État ni de gouvernement. Parlement uniquement compétent que du contentieux entre particuliers; l’avoue solennellement sur la régence de Mme de Beaujeu. Cour des pairs en tout lieu où le roi les assemble. Enregistrements des traités de paix faits au parlement uniquement pour raison purement judicielle. Régence de Marie de Médicis est la première qui se soit faite au parlement, et pourquoi. Époque de sa prétention de se mêler des affaires d’État et de cette chimère de tuteurs des rois, qui les ont continuellement réprimés à tous ces égards. Précautions de Louis XIII à sa mort aussi admirables qu’inutiles, et pourquoi. Régence d’Anne d’Autriche; pourquoi passée au parlement. Avantages dangereux que la compagnie en usurpe, que Louis XIV réprime durement depuis. Régence de M. le duc d’Orléans au parlement se traitera en son temps. Duc de Guise qui fait tout pour envahir la couronne, est le premier seigneur qui se fait marguillier, et pour plaire au parlement, laisse ajouter à son serment de pair le terme de conseiller de cour souveraine. Dessein du parlement dès lors à l’égard des pairs. Le terme de conseiller de cour souveraine ôté enfin pour toujours du serment des pairs. Nécessité d’exposer un ennuyeux détail. Ordre et formes de l’entrée et de la sortie de séance aux bas sièges. Présidents usurpent nettement la préséance sur les princes du sang et les pairs à la sortie de la séance des bas sièges. Ordre et formes d’entrer et de sortir de la séance des hauts sièges. Séance, aux lits de justice, des pairs en haut qui opinent assis et couverts, et les officiers de la couronne aussi; des présidents et autres magistrats en bas, qui opinent découverts et à genoux, et du chancelier en bas, qui ne parle au roi qu’à genoux, parce qu’il est légiste, mais opine et prononce assis et couvert, parce qu’il est officier de la couronne. Présidents usurpent d’opiner entre la reine régente et le roi; sont remis à opiner après le dernier officier de la couronne en 1664; ce qui a toujours subsisté depuis. Changement par entreprise et surprise de la réception des pairs, des hauts sièges où elle se faisait, aux bas sièges où elle est demeurée depuis 1643. Contraste de l’état originel des légistes dans les parlements avec leurs usurpations postérieures. Efforts et dépit des présidents en 1664 et depuis. Novion, premier président, ôté de la place pour ses friponneries, jaloux de l’élévation des Gesvres. Chapitre XVII. 

11. Chapitre XVIII. Les deux Novion, Harlay et Mesmes premiers présidents; quels. Affaire du bonnet. Les princes du sang et les pairs cessent de suivre les présidents à la sortie de la séance des bas sièges. Nouvelle forme pour les princes du sang et deux autres successives pour les pairs. Huissiers d’accompagnement. Nouveautés à cet égard et usurpations des présidents. Orgueil des présidents à l’égard des princes du sang. Nouvelle usurpation d’huissier très indécente. Princes du sang et pairs exclus de la tournelle par la ruse et l’innovation des présidents. Conseiller usurpe de couper la séance des pairs, sans toutefois marcher ni opiner parmi eux. Nouvelle usurpation manquée. Pairs ont partout à la grand’chambre la droite très nettement sur les présidents. Distinction et préférence du barreau de la cheminée sur l’autre. Usurpation aussi singulière qu’indécente du débourrage et surbourrage des places près le coin du roi. Nouvelle usurpation aux bas sièges d’un couvercle sur le banc des présidents. Saluts. Origine de la séance du grand chambellan sur les marches du trône au lit de justice. Nouveauté, en 1715, du passage des princes du sang par le petit degré du roi pour monter à sa suite aux hauts sièges, au lit de justice. Siège unique du chancelier, et du garde des sceaux en son absence, aux Te Deum et au lit de justice; en ce dernier comment couvert. Pairs ecclésiastiques rétablis en leur préséance sur les cardinaux au parlement, le roi présent ou absent, par la décision de Louis XIV, qui n’a point été enfreinte. Vaine tentative et honteuse du cardinal Dubois. Nouveauté, indifférente et consentie pour commodité, de la séance des officiers de la couronne au-dessous des pairs ecclésiastiques, au lieu d’au-dessous des pairs laïques, au premier lit de justice de Louis XV, qui subsiste depuis. Choix donné des deux côtés au duc de Coislin, évêque de Metz; pourquoi il préfère le droit.  Chapitre XVIII. 

11. Chapitre XIX. Courte récapitulation. État premier des légistes. Second état des légistes. Troisième état des légistes. Quatrième état des légistes. Cinquième état des légistes. Sixième état des légistes. Septième état des légistes devenus magistrats. Parlements et autres tribunaux. Légistes devenus magistrats ne changent point de nature. Origine du nom de cour des pairs arrogé à soi par le parlement de Paris. Origine des enregistrements. Incroyables abus. Fausse mais utile équivoque du nom de parlement; sa protection; son démêlement. Anciens parlements de France. Parlements d’Angleterre. Moderne chimère du parlement de se prétendre le premier corps de l’État, réfutée. Époque du tiers état. Parlement uniquement cour de justice pour la rendre aux particuliers, incompétent des choses majeures et des publiques. Parlement ne parle au roi, et dans son plus grand lustre, que découvert et à genoux comme tiers état. Inhérence de la partie de légiste jusque dans le chancelier. Jamais magistrat du parlement ni d’ailleurs, député aux états généraux, ne l’a été que pour le tiers état, quand même il serait d’extraction noble. Exemples d’assemblées où la justice a fait un corps à part, jamais en égalité avec l’Église ni la noblesse, et jamais aux états généraux jusqu’aux derniers inclus de 1614. Absurdité de la représentation ou de l’abrégé des états généraux dans le parlement. Court parallèle du conseil avec le parlement. Conclusion de toute la longue digression.Chapitre XIX. 

11. Chapitre XX. M. du Maine, devenu prince du sang, me dit un mot du bonnet, que je laisse tomber. M. du Maine, sans qu’on pût s’y attendre, s’offre sur l’affaire du bonnet, dont il n’était pas question, et, à force d’art et d’avances, jette les ducs dans le danger du refus ou de l’acceptation. Il répond du roi, du premier président et du parlement. On accepte, et pourquoi, mais malgré soi, les offres du duc du Maine. M. du Maine répond des princes du sang et de Mme la Princesse. Merveilles du premier président aux ducs de Noailles et d’Aumont. Le roi parle le premier à d’Antin du bonnet. Échappatoire préparée. M. du Maine exige un court mémoire au roi. Précautions extrêmes sur ce mémoire. M. le duc d’Orléans me donne sa parole positive, et Mme la Duchesse aux ducs de La Rochefoucauld, Villeroy et d’Antin, d’être en tout favorables aux ducs sur le bonnet, et la tiennent exactement et parfaitement. Précédentes avances sur le bonnet à moi et à d’autres ducs froidement reçues, et de plus en plus redoublées par le duc du Maine jusqu’à l’engagement forcé de l’affaire. Premier président à Marly, tout changé, y reçoit la recommandation de M. le duc d’Orléans et le mémoire du roi, qui lui parle favorablement. État du premier président sur le mémoire, contre parole et vérité, de propos délibéré. Il fait longtemps le malade. Premier président visité des ducs de Noailles et d’Antin, leur propose, en équivalent du bonnet, de suivre les présidents entrant et sortant de séance. Divers points singulièrement discutés, sans que les deux ducs eussent compté de parler de quoi que ce fût au premier président, lesquels rejettent cette suite et tout équivalent du bonnet. Inquiétude des présidents. Personnage de Maisons; son extraction. Ruse de Novion qui dévoue Maisons aux présidents. Dîner engagé chez d’Antin, à Paris, avec le premier président; convives. Le roi y envoie les seigneurs de son service; s’en passe pour la première fois de sa vie; est servi par Souvré, maître de la garde-robe, et cela se répète trois fois; les deux dernières sans repas, simples conférences. Tout sans succès. Premier président manque malhonnêtement au dîner. Maisons s’y trouve, sa conduite; se relie plus que jamais au duc et à la duchesse du Maine, dont il était mécontent. Chapitre XX. 

11. Chapitre XXI. Duc d’Aumont essaye de me tonneler sur la suite des présidents. Délais sans fin du premier président. Il est mandé à Marly, et pressé par le roi très favorablement pour les ducs; sort furieux. Impudence de ses plaintes et des propos qu’il faisait semer. Cause de son dépit. Maisons mène d’Aligre au duc et à la duchesse du Maine demander grâce pour le parlement. Efforts de Maisons à me persuader, et à quelques autres, la suite des présidents. Le roi cru de moitié avec le duc du Maine. Raisons de ne le pas croire. Opinion du roi du duc du Maine. Profondeurs du duc du Maine. Embarras du premier président. Manèges qui font durer l’affaire. Noires impostures du premier président au roi contre les ducs, à qui le roi les fait rendre aussitôt. Éclat sans mesure contre le premier président. Premier président se plaint au roi du duc de Tresmes dont il a peu de contentement. Affront fait au premier président de Novion, par le duc d’Aumont, dans la chambre du roi, tout près de lui, dont il ne fut rien. Double embarras du duc du Maine avec le premier président, avec les ducs, engage les ducs, et toujours malgré eux, à une conférence à Sceaux avec la duchesse du Maine seule. Personnage étrange du duc d’Aumont. Conférence à Sceaux entre la duchesse du Maine et les ducs de La Force et d’Aumont. Propositions énormes de la duchesse du Maine. Monstrueuses paroles de la duchesse du Maine, qui terminent la conférence. Exactitude du récit de la conférence de Sceaux. Le duc du Maine introduit Mme la Princesse, dont il avait nommément répondu, et finit l’affaire du bonnet, en le laissant comme il était. Évidence du jeu du duc du Maine. Je visite le duc du Maine et lui tiens les plus durs propos. Réflexion sur le péril de former des monstres de grandeur. Réflexion sur le bonnet. Présidents ne représentent point le roi au parlement. Les pairs y ont sur eux la droite, etc., tant aux hauts sièges qu’aux bas sièges. Comparaison du chancelier, qui se découvre au conseil pour prendre l’avis des ducs, et du premier président. Étrange pension donnée au premier président. Chapitre XXI. 

11. Chapitre XXII. Année 1715. Grillo vient faire au roi les remercîments de la reine d’Espagne. Trois cent mille livres de brevet de retenue au duc de Bouillon sur son gouvernement d’Auvergne. Trois mille livres de pension à Arpajon; six mille à Celi, intendant à Pau. Électeur de Bavière à Versailles. Électeur de Cologne y prend congé du roi et retourne dans ses États. Mariage du prince héréditaire de Hesse-Cassel avec la soeur du roi de Suède. Mort de la princesse d’Isenghien (Pot), sans enfants. Mort; caractère et famille du comte de Grignan; sa dépouille. Mort et caractère du maréchal de Chamilly; sa dépouille. Caractère, vie, conduite et mort de Fénelon, archevêque de Cambrai. Menées de Fleury, Évêque de Fréjus, pour être précepteur de Louis XV. Origine de la haine implacable et de la persécution sans bornes ni mesure de Fleury, Évêque de Fréjus, depuis cardinal et maître du royaume, contre le P. Quesnel et les jansénistes. La Parisière, évêque de Nîmes, Zopyre du P. Tellier. Son invention ultramontaine; sa misérable mort. Mort et caractère de l’abbé de Lyonne et d’Henriot, évêque de Boulogne. Gesvres, archevêque de Bourges, obtient la nomination au cardinalat des deux rois de Pologne, Stanislas et l’électeur de Saxe. Languet fait Évêque de Soissons, et quelques autres bénéfices donnés. Mort et caractère de la duchesse de Nevers. Infructueuse malice de M. le Prince.Chapitre XXII

NOTES DU CHAP. XI. 

I. Morceau inédit de Saint-Simon relatif à l’Académie française
II. Lettre de Richelieu mourant à Mazarin
III. Terres distribuées aux leudes francs après la conquête.
IV. Assemblées des Francs, dites champs de mars et champs de mai.
V. Lits de justice. Origine du nom. Cérémonial des lits de justice. Toutes les séances royales en parlement n’étaient pas lits de justice. Séance royale pour la condamnation du prince de Condé en 1654.
VI. Louis XIV au parlement, en 1655.
VII. Épices.

TABLE DU DOUZIÈME VOLUME. 1715

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I
II
III
IV
V
VI
VII
VIII
IX
X
XI
XII
XIII
XIV
XV
XVI
XVII
XVIII
XIX
Notes

12. Chapitre I. Chute de la princesse des Ursins. Réflexions. Comtesse douairière d’Altamire camarera-mayor, et le prince de Cellamare grand écuyer de la reine. Cardinal del Giudice rappelé. Macañas et Orry chassés d’Espagne. Pompadour remercié, et le duc de Saint-Aignan ambassadeur en Espagne. Tolède donné à un simple curé. Mort de la duchesse d’Aveiro et du marquis de Mancera. Succès de la reine près du roi d’Espagne. Sa préférence pour les Italiens. Mort de la comtesse de Roye à Londres; sa famille. Mariage du comte de Poitiers avec Mlle de Malause. Mariage d’Ancezune avec une fille de Torcy. Les Caderousse. Mariage du fils d’O avec une fille de Lassai, et d’Arpajon avec la fille de Montargis. Statue avortée du maréchal de Montrevel. Ambassadeur de Perse, plus que douteux, à Paris. Son entrée; sa première audience; sa conduite. Magnificences étalées devant lui. Citation à Malte sans effet comme sans cause effective. Le grand prieur y va sans avoir pu voir le roi. Cent mille livres à Bonrepos. La Chapelle, un des premiers commis de la marine, tout à Pontchartrain, et sa femme chassés par la jalousie et les artifices de Pontchartrain. Électeur de Bavière visite à Blois la reine de Pologne, sa belle-mère; fait à Compiègne la noce de sa maîtresse avec le comte d’Albert; prend congé du roi à Versailles en particulier, et s’en va dans ses États. Chapitre I.

12. Chapitre II. Mort à Rome du cardinal de Bouillon. Précis de sa vie. Cause et genre de sa mort. Son caractère. Cardinal de Bouillon méprisé et délaissé à Rome. Imagine pour les cardinaux la distinction de conserver leur calotte sur leur tête, parlant au pape, lesquels lui en donnent le démenti. La rage l’en saisit, et il en crève. Personnel du cardinal de Bouillon. Belle et singulière retraite du cardinal Marescotti. Quel il fut; sa mort. Voyage du duc et de la duchesse de Savoie en Sicile. Conduite de ce nouveau roi dans sa famille et avec son fils aîné. Rare mérite de ce prince, et sa mort causée par la jalousie et les duretés de son père. Voysin, comme chancelier, va prendre sa place au parlement. Tallard, démis à son fils, ne peut être pair. Son fils l’est fait au lieu de lui. Affaires de Suisse en deux mots. Renouvellement très mal à propos de l’alliance des seuls cantons catholiques avec la France. Changements en Espagne. Orry, chassé d’Espagne et de la cour en France. Veragua et Frigilliane chefs des conseils de marine et du commerce, et de celui des Indes. Cellamare ambassadeur en France. Chalais et Lanti ont défense de retourner en Espagne. Giudice chef des affaires étrangères et de justice, et gouverneur du prince des Asturies. P. Robinet chassé; P. Daubenton confesseur du roi d’Espagne en sa place. Leur caractère. Flotte et Renaut en liberté. Réconciliation de M. le duc d’Orléans avec le roi d’Espagne. Alonzo Manriquez fait duc del Arco, grand d’Espagne et grand écuyer. Son caractère et sa fortune. Valouse premier écuyer. Montalègre sommelier du corps; sa fortune; son caractère. Valero vice-roi du Mexique; sa fortune; son caractère. Princesse des Ursins à Paris. Dégoûts qu’elle essuie. Je passe huit heures de suite tête à tête avec elle. Court et triste voyage de la princesse des Ursins à Versailles. Elle obtient quarante mille livres de rente sur la ville, au lieu de sa pension de vingt mille livres. Chapitre II.

12. Chapitre III. Le comte de Lusace et les princes d’Anhalt et de Darmstadt à la chasse avec le roi. Bolingbroke à Paris; sa catastrophe. Stairs ambassadeur d’Angleterre à Paris; son caractère. Mariage du fils unique du comte de Matignon, fait duc, avec la fille aînée du prince de Monaco, et ses étranges concessions et conditions. Cinq cent mille livres, etc., sur le non-complet des troupes, données au chancelier Voysin. Le Camus, premier président de la cour des aides, prévôt et grand maître des cérémonies de l’ordre. Mort de la comtesse d’Acigné; du duc de Richelieu; de la princesse d’Harcourt; de Sézanne, dont la Toison est donnée à un de ses neveux. Mort du docteur Burnet, évêque de Salisbury, et de l’abbé d’Estrades. Mariage de Castelmoron avec la fille de Fontanieu; d’Heudicourt avec la fille de Surville; du troisième fils du duc de Rohan avec la comtesse de Jarnac; de Cayeux avec la fille de Pomponne; de Saint-Sulpice avec la fille du comte d’Estaing. Éclipse de soleil. Bout de l’an de M. le duc de Berry. Le roi fait quitter le grand deuil avant le temps à Mme la duchesse de Berry, et la mène jouer dans le salon à Marly. Elle en obtient quatre dames pour la suivre: Mmes de Coettenfao, de Brancas, de Clermont, de Pons. Mmes d’Armentières et de Beauvau succèdent peu après aux deux premières. Mort de Mme de Coettenfao, qui me donne presque tout son bien, que je rends sans y toucher à M; de Coettenfao. Précaution nouvelle et extraordinaire du parlement de Paris contre les fidéicommis. Coettenfao m’envoie furtivement pour soixante mille livres de belle vaisselle, qu’il me force après d’accepter. Dernier voyage du roi à Marly. La reine d’Angleterre à Plombières. Chamlay, en apoplexie, va à Bourbon. Effiat à Marly. Crayon de ce personnage. Étrange trait de lui avec moi. Mme de Nassau à la Bastille. Maladie de Mme la duchesse d’Orléans, dont on tâche de profiter. Paris ouverts en Angleterre sur la mort prochaine du roi, qui par hasard les voit dans une gazette de Hollande. Prince de Dombes visité par les ambassadeurs comme les princes du sang. Adresse là-dessus du duc du Maine. Il obtient la qualité et le titre de prince du sang pour lui et sa postérité, et pour son frère, par une nouvelle et très précise déclaration du roi, incontinent enregistrée au parlement. Sainte-Maure conserve les livrées et les voitures de M. le duc de Berry. Prince électoral de Saxe prend congé du roi dans son cabinet à Marly. Mme de Maintenon lui fait les honneurs de Saint-Cyr. Mort de Ducasse; sa fortune, son caractère. Mort de Nesmond, évêque de Bayeux. Chapitre III.

12. Chapitre IV. Mort du cardinal Sala. Son extraction, sa fortune, son caractère. Bissy cardinal. Extraction des Bissy. Trois autres cardinaux italiens. Extraction, caractère et fortune de Massei. Moeurs et caractère du nonce Bentivoglio. Jésuites obtiennent un arrêt qui rend leurs religieux renvoyés par leurs supérieurs capables de revenir à partage dans leur famille jusqu’à l’âge de trente-trois ans. Majorque, etc., soumise au roi d’Espagne par le chevalier d’Asfeld, qui en a la Toison. Prostitution inouïe des Toisons. Rubi chef de la révolte de Catalogne; quel. Premier président marie sa seconde fille au fils d’Ambres. Succès de ce mariage. Quelles étaient les deux filles du premier président. Mariage du duc de La Rocheguyon avec Mlle de Toiras. Cellamare, ambassadeur d’Espagne, arrive à Paris, puis à Marly, où il s’établit. Petitesse du roi. Boulainvilliers; quel il était. Son caractère; ses prédictions vraies et fausses. Voysin obtient six cent mille livres de gratification sur le non-complet des troupes. Le roi veut aller faire enregistrer la constitution en lit de justice sans modification. Curieux entretien là-dessus par ses suites entre M. le duc d’Orléans et moi, mais sans effet, parce que le roi ne put aller au parlement. Mort et caractère de Chauvelin, avocat général; sa dépouille. Sédition des troupes sur le pain. Belle fin et mort du maréchal Rosen. Duc d’Ormond se sauve d’Angleterre en France. Princesse des Ursins prend congé du roi à Marly, où je la vois pour la dernière fois. Incertitude de la princesse des Ursins où fixer sa demeure. Elle se hâte de gagner Lyon, puis Chambéry; s’établit à Gênes, enfin à Rome. Sa vie à Rome jusqu’à sa mort. Chapitre IV.

12. Chapitre V. Nécessité d’interrompre un peu le reste si court de la vie du roi. Première partie du caractère de M. le duc d’Orléans. Débonnaireté et son histoire. Malheur de l’éducation et de la jeunesse de M. le duc d’Orléans. Folie de l’abbé Dubois, qui le perd auprès du roi pour toujours. Caractère de l’abbé depuis cardinal Dubois. Deuxième partie du caractère de M. le duc d’Orléans. M. le duc d’Orléans excellemment peint par Madame. Aventure du faux marquis de Ruffec. Quel était M. le duc d’Orléans sur la religion. Caractère de Mme la duchesse d’Orléans. Saint-Pierre et sa femme; leur caractère. Duchesse Sforce. Courte digression sur les Sforce. Caractère de la duchesse Sforce.  Chapitre V.

12. Chapitre VI. Vie ordinaire de M. [le duc] et de Mme la duchesse d’Orléans. Caractère de Mme la duchesse de Berry. Caractère de la Mouchy et de son mari. Caractère de Madame. Embarras domestiques de M. le duc d’Orléans. Singulier manège du maréchal de Villeroy avec moi. Caractère du maréchal de Villeroy.  Chapitre VI.

12. Chapitre VII. Quels, à l’égard de M. le duc d’Orléans, étaient le maréchal de Villeroy, Tallard, le cardinal et le prince de Rohan, la duchesse de Ventadour, Vaudémont, ses nièces, Harcourt, Tresmes, le duc de Villeroy, Liancourt, La Rochefoucauld, Charost, Antin, Guiche, Aumont, le premier écuyer, M. de Metz, Huxelles, le maréchal et l’abbé d’Estrées, les ministres, les secrétaires d’État, le P. Tellier. Inquiétude et manège du P. Tellier avec moi. Caractère du duc de Noailles. Inquiétude du duc de Noailles sur les desseins de M. le duc d’Orléans. Contade; sa fortune; son caractère. Liaison du duc de Noailles et de Maisons. Caractère de Canillac. Liaison du duc de Noailles avec Canillac par Maisons. Noailles et l’abbé Dubois anciennement liés. Liaison de Noailles et d’Effiat. Extraction et caractère d’Effiat; ses liaisons. Effiat bien traité du roi; fort considéré de M. le duc d’Orléans. Noailles raccroche Longepierre, lequel s’abandonne après à l’abbé Dubois.  Chapitre VII.

12. Chapitre VIII. Réflexions sur le gouvernement présent et sur celui à établir. Je propose à M. le duc d’Orléans les divers conseils et l’ordre à y tenir. L’établissement des conseils résolu; discussion de leurs chefs. Marine. Finances et guerre. Affaires ecclésiastiques et feuille des bénéfices. Constitution. Jésuites. P. Tellier. Rome et le nonce. Évêques; leur assemblée. Commerce du clergé de France à Rome, et à Paris avec le nonce. Affaires étrangères. Affaires du dedans du royaume. Je m’excuse de me choisir une place, et je refuse obstinément l’administration des finances. État forcé des finances. Banqueroute préférable à tout autre parti. Je persiste au refus des finances, malgré le chagrin plus que marqué de M. le duc d’Orléans. Je propose le duc de Noailles. Résistance et débat là-dessus. M. le duc d’Orléans y consent à la fin. Je suis destiné au conseil de régence. Chapitre VIII.

12. Chapitre IX. Précautions que je suggère à M. le duc d’Orléans. Résolution que je propose à M. le duc d’Orléans sur l’éducation du roi futur. Je lui propose le duc de Charost pour gouverneur du roi futur, et Nesmond, archevêque d’Alby, pour précepteur. Discussion entre M. le duc d’Orléans et moi sur le choix des membres du conseil de régence et l’exclusion des gens à écarter. Villeroy à conserver, Voysin à chasser, et donner les sceaux au bonhomme d’Aguesseau. Torcy. Desmarets et Pontchartrain à chasser. Je sauve La Vrillière à grand’peine, et lui procure une place principale et unique. Discussion de la mécanique et de la composition du conseil de régence. Je propose à M. le duc d’Orléans de convoquer, aussitôt après la mort du roi, les états généraux, qui sont sans danger, utiles sur les finances, avantageux à M. le duc d’Orléans. Grand parti à tirer délicatement des états généraux sur les renonciations. Rien de répréhensible par rapport au roi dans la conduite proposée à M. le duc d’Orléans, par rapport à la tenue des états généraux. Usage possible à faire des états généraux à l’égard du duc du Maine. Mécanique à observer. Chapitre IX.

12. Chapitre X. Discussion entre M. le duc d’Orléans et moi sur la manière d’établir et de déclarer sa régence. Aveu célèbre du parlement par la bouche du premier président de La Vacquerie y séant, de l’entière incompétence de cette compagnie de toute matière d’État et de gouvernement. Deux uniques et modernes exemples de régences faites au parlement. Causes de cette nouveauté. Raisons de se passer du parlement pour la régence, comme toujours avant ces deux derniers exemples. Observation à l’occasion de la majorité de Charles IX et de l’interprétation de l’âge de la majorité des rois. Mesures et conduite à tenir pour prendre la régence. Conduite à tenir sur les dispositions du roi indifférentes, et sur le traitement à faire à Mme de Maintenon. Prévoyances à avoir. Faiblesse de M. le duc d’Orléans à l’égard du parlement. État et caractère de Nocé. Chapitre X.

12. Chapitre XI. Survivances, brevets de retenue et charges à rembourser. Raisons et moyen de le faire, et multiplication de récompenses à procurer. Taxe proposée n’a rien de contraire à la convocation des états généraux, qui lui est favorable. Autres remboursements peu à peu dans la suite. Nulle grâce expectative. Remplir subitement les vacances. Réparation des chemins par les troupes. Extérieur du roi à imiter, et fort utile; et conduite personnelle. Chapitre XI.

12. Chapitre XII. Ondes de la cour. Agitation du duc de Noailles. Curiosité très embarrassante de Mme la duchesse d’Orléans. Maisons me fait une proposition énorme et folle, et ne se rebute point de la vouloir persuader à M. le duc d’Orléans et à moi. Réflexions sur le but de Maisons. Rare impiété et fin de Maisons et de sa famille. Chapitre XII.

12. Chapitre XIII. Le duc de Noailles apprend enfin sa destination. Folles propositions qu’il me fait. M. le duc d’Orléans ne peut se résoudre à ne pas passer par le parlement pour sa régence, et se dégoûte du projet d’assembler les états généraux. Mme la duchesse d’Orléans, en crainte des pairs pour la première séance au parlement après le roi sur les bâtards, a recours à moi. Je la rassure, et pourquoi, en lui déclarant que si les princes du sang les attaquent, en quelque temps que ce soit, les pairs les attaqueront à l’instant. Prise du roi avec le procureur général sur l’enregistrement pur et simple de la constitution. Dernier retour de Marly. Espèce de journal du roi jusqu’à sa fin. Audience de congé de l’ambassadeur de Perse. Détail de la santé du roi et des causes de sa mort. Magnifique entrée à Paris du comte de Ribeira, ambassadeur de Portugal. J’obtiens de M. le duc d’Orléans qu’il continuera à Chamillart sa pension de soixante mille livres et la permission de le lui mander. Le duc de Noailles, seul d’abord, puis aidé du procureur général, me propose l’expulsion radicale des jésuites hors du royaume. Retour de Mme de Saint-Simon des eaux de Forges à Versailles. Dames familières. Duc du Maine chargé de voir la gendarmerie pour, au nom et avec l’autorité du roi, qui l’avait fait venir et n’en put faire la revue. Mon avis là-dessus à M. le duc d’Orléans. Je me joue de Pontchartrain. Je méprise Desmarets. Le roi, hors d’état de s’habiller, veut choisir le premier habit qu’il prendra. Courte réflexion. Chapitre XIII.

12. Chapitre XIV. Misère des ducs. Duc et duchesse du Maine excitent avec plein succès les gens de qualité et soi-disant tels contre les ducs. Abomination du duc de Noailles. Il me propose de le faire faire premier ministre. Proposition du duc de Noailles d’une nouveauté qu’il soutient contre toutes mes raisons. Le duc de Noailles m’impute la proposition que j’avais si puissamment combattue, et soulève tout contre moi. Étrange embarras de Noailles avec la duchesse de Saint-Simon. J’apprends la scélératesse de Noailles. Monstrueuse ingratitude de Noailles. Son affreux et profond projet. Courte réflexion. J’éclate sans mesure contre Noailles, qui plie les épaules et suit sa pointe parmi la noblesse et [qui] cabale des ducs contre moi. Je me raccommode avec le duc de Luxembourg; son caractère. Suites de l’éclat. Bassesse et désespoir de Noailles. Sa conduite à mon égard et la mienne au sien. Noailles n’oublie rien, mais inutilement, pour me fléchir. Noailles, depuis la mort de M. le duc d’Orléans, aussi infatigable, et inutilement, à m’adoucir. Le désir extrême de raccommodement des Noailles fait enfin le mariage de mon fils aîné. Raccommodement entre Noailles et moi, et ses légères suites. Chapitre XIV.

12. Chapitre XV. Reprise du journal des derniers jours du roi. Il refuse de nommer aux bénéfices vacants. Mécanique de l’appartement du roi pendant sa dernière maladie. Extrémité du roi. Le roi reçoit les derniers sacrements. Le roi achève son codicille; parle à M. le duc d’Orléans. Scélératesse des chefs de la constitution. Adieux du roi. Le roi ordonne que son successeur aille à Vincennes et revienne demeurer à Versailles. Le roi brûle des papiers, ordonne que son coeur soit porté à Paris, aux Jésuites. Sa présence d’esprit et ses dispositions. Le Brun, Provençal, malmène Fagon et donne de son élixir au roi. Duc du Maine. Mme de Maintenon se retire à Saint-Cyr. Charost fait réparer la négligence de la messe. Rayon de mieux du roi. Solitude entière chez M. le duc d’Orléans. Misère de M. le duc d’Orléans. Il change sur les états généraux et sur l’expulsion du chancelier. Le roi, fort mal, fait revenir Mme de Maintenon de Saint-Cyr. Dernières paroles du roi. Sa mort. Caractère de Louis XIV. Chapitre XV.

12. Chapitre XVI. Caractère de Louis XIV. Mme de La Vallière; son caractère. Le roi hait les sujets, est petit, dupe, gouverné en se piquant de tout le contraire. L’Espagne cède la préséance. Satisfaction de l’affaire des Corses. Guerre de Hollande. Paix d’Aix-la-Chapelle. Siècle florissant. Conquêtes en Hollande et de la Franche-Comté. Honte d’Heurtebise. Le roi prend Cambrai. Monsieur bat le prince d’Orange à Cassel, prend Saint-Omer, et n’a pas depuis commandé d’armée. Siège de Gand. Expéditions maritimes. Paix de Nimègue. Luxembourg pris. Gênes bombardée; son doge à Paris. Fin du premier âge de ce règne. Guerre de 1688 et sa rare origine. Honte de la dernière campagne du roi. Paix de Turin, puis de Ryswick. Fin du second âge de ce règne. Vertus de Louis XIV. Sa misérable éducation; sa profonde ignorance. Il hait la naissance et les dignités, séduit par ses ministres. Superbe du roi, qui forme le colosse de ses ministres sur la ruine de la noblesse. Goût de Louis XIV pour les détails. Avantages de ses ministres, qui abattent tout sous eux, et lui persuadant que leur puissance et leur grandeur n’est que la sienne, se font plus que seigneurs et tout-puissants. Raison secrète de la préférence des gens de rien pour le ministère. Nul vrai accès à Louis XIV enfermé par ses ministres. Rareté et utilité d’obtenir audience du roi. Importance des grandes entrées. Ministres. Causes de la superbe du roi. Chapitre XVI.

12. Chapitre XVII. Jalousie et ambition de Louvois font toutes les guerres et la ruine du royaume, et [ainsi que] la haine implacable du roi pour le prince d’Orange. Terrible conduite de Louvois pour embarquer la guerre générale de 1688. Catastrophe de Louvois par deux belles actions après beaucoup d’étranges. Grande action de Chamlay; son état; son caractère. Mort et disgrâce de Louvois, et de son médecin cinq mois après celle de Louvois.  Chapitre XVII.

12. Chapitre XVIII. Fautes de la guerre de 1688 et du camp de Compiègne. Gens d’esprit et de mérite pesants au roi, cause de ses mauvais choix. Fautes insignes de la guerre de la succession d’Espagne. Extrémité de la France, qui s’en tire par la merveille de la paix d’Angleterre, qui fait celle d’Utrecht. Bonheur du roi en tout genre. Autorité du roi sans bornes. Sa science de régner. Sa politique sur le service, où il asservit tout et rend tout peuple. Louvois éteint les capitaines, et en tarit le germe pour toujours par l’invention de l’ordre du tableau. Pernicieuse adresse de Louvois et de son ordre du tableau. Promotions funestement introduites. Invention des inspecteurs. Invention du grade de brigadier. Chapitre XVIII.

12. Chapitre XIX. La cour pour toujours à la campagne; raisons de cette politique. Origine de Versailles. Le roi veut une grosse cour. Ses adresses pour la rendre et la maintenir telle. Application du roi à être informé de tout. Police; délations. Secret des postes. Le roi se pique de tenir parole, est fort secret, se plaît aux confiances. Singulière histoire là-dessus. Art personnel du roi à rendre tout précieux. Sa retenue; sa politesse mesurée. Patience du roi, et précision et commodité de son service et de sa cour. Crédit et familiarité des valets. Jalousie du roi pour le respect rendu à ceux qu’il envoyait. Récit bien singulier sur le duc de Montbazon. Grâces naturelles du roi en tout. Son adresse; son air galant, grand, imposant. Politique du plus grand luxe. Son mauvais goût. Le roi ne fait rien à Paris, abandonne Saint-Germain, s’établit à Versailles, veut forcer la nature. Ouvrages de Maintenon. Marly.  Chapitre XIX.

NOTES DU CHAP. XII. 

I. Le cardinal de Bouillon
II. Le garde des sceaux Chauvelin.
III. Anne d’Autriche et Mazarin.
IV. Des conseils.
V. États généraux; mode de nomination des députés aux états généraux.
VI. Récit officiel de l’arrestation de Fouquet, rédigé par ordre de Colbert
VII. Le Tellier et son fils Louvois.
VIII. Jalousie de Louvois contre Seignelay
IX. Mort de Louvois.
X. Conduite de Louis XIV envers Barbezieux
XI. Mémoire de Marinier, commis des bâtiments du roi, sous Colbert, Louvois et Mansart
 
 

TABLE DU TREIZIÈME VOLUME. 1715-1716

I
II
III
IV
V
VI
VII
VIII
IX
X
XI
XII
XIII
XIV
XV
XVI
XVII
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Notes
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13. Chapitre I. Amours du roi. Belle inconnue très connue. Mme Scarron; ses premiers temps. Extraction, famille et fortune du maréchal d’Albret. Mme Scarron élève en secret M. du Maine et Mme la Duchesse, et [eux] reconnus et à la cour, demeure leur gouvernante. Le roi ne la peut souffrir et s’en explique très fortement. Elle prend le nom de Maintenon en acquérant la terre. Le roi rapproché de Mme de Maintenon, qui enfin supplante Mme de Montespan. Le roi épouse Mme de Maintenon. Mme de Maintenon toute-puissante quitte les armes de son premier mari, à l’exemple de Mme de Montespan et de Mme de Thianges. Chapitre I.

13. Chapitre II. Caractère de Mme de Maintenon. Goût de direction. Persécution du jansénisme. Antérieures dissipations des saints et savants solitaires de Port-Royal. Révocation de l’édit de Nantes. Établissement de Saint-Cyr. Vues de Mme de Maintenon, qui manque une seconde fois la déclaration de son mariage. Mme de Maintenon seconde dame d’atours de la Dauphine de Bavière, qu’elle environne de personnes toutes à elle, inutilement. Malheurs et mort de cette Dauphine. Fénelon, archevêque de Cambrai, et Bossuet, évêque de Meaux, consultés et contraires à la déclaration du mariage. Le premier achève d’être perdu. Raisons qui sauvent l’autre. Mme de Montespan chassée pour toujours de la cour. Époque de l’union la plus intime entre Mme de Maintenon et le duc du Maine. Crayon léger de celui-ci. Chapitre II.

13. Chapitre III. Mécanique, vie particulière et conduite de Mme de Maintenon. Adresse et conduite de Mme de Maintenon pour gouverner. Coups de caveçon du roi pour gouverner, qui ne l’empêchent pas de l’être en plein. Dureté du roi; excès de contrainte avec lui. Voyages du roi. Sa manière d’aller. Aventure de la duchesse de Chevreuse. Mme de Maintenon voyage à part, n’en est guère moins contrainte. Domestique de Mme de Maintenon. Nécessité des détails sur Mme de Maintenon. Grandeur particulière de Mme de Maintenon. Autorité particulière de Mme de Maintenon. Chapitre III.

13. Chapitre IV. Adresse de Mme de Maintenon à se saisir des affaires ecclésiastiques. Innocence éminente de la vie et de la fortune du cardinal de Noailles. Cabales dévotes. Utilité de la constitution à Mme de Maintenon. Malheurs des dernières années du roi le rendent plus dur et non moins dupe. Adresse de Mansart. Malheurs du roi dans sa famille et dans son intime domestique, et sa grandeur dans les revers de la fortune. Le roi considéré à l’égard de ses bâtards. Piété et fermeté du roi jusqu’à sa mort. Réflexions. Jésuites laïques. Autres réflexions. Abandon du roi aux derniers jours de sa vie. Horreur du duc du Maine. Chapitre IV.

13. Chapitre V. Vie publique du roi. Où seulement et quels hommes mangeaient avec le roi. Matinées du roi. Conseils. Dîner du roi. Service. Promenades du roi. Soirs du roi. Jours de médecine. Dévotions. Autres bagatelles. Le roi peu regretté. Chapitre V.

13. Chapitre VI. Année 1715. M. le duc d’Orléans surpris par la mort du roi. La pompe funèbre réduite au plus simple. Points d’états généraux. Liberté accordée aux pairs sur les usurpations du parlement, puis commuée en protestations et promesses de décision. Séance au parlement pour la régence. Le duc de La Rochefoucauld reçu au parlement. Scélératesse et piège du premier président, que le duc de La Rochefoucauld évite avec noblesse. Duc du Maine arrive en séance. Protestation des pairs sur les usurpations du parlement à leur égard, et interpellation à M. le duc d’Orléans sur sa promesse de les juger dès que les affaires du gouvernement seraient réglées, à laquelle il acquiesce en pleine séance. Députation du parlement va querir le testament et le codicille du roi. Stairs dans une lanterne; le duc de Guiche, bien payé, dans une autre. Le régiment des gardes aux avenues. Dreux, conseiller de la grand’chambre, fait à haute voie lecture du testament, et l’abbé Menguy, conseiller clerc de la grand’chambre, du codicille. Discours de M. le duc d’Orléans. Le testament du roi abrogé quant à l’administration de l’État. Forte dispute publique, puis particulière, entre M. le duc d’Orléans et le duc du Maine sur le codicille du roi. Sur l’avis du duc de La Force, je fais passer la dispute dans la quatrième des enquêtes. Je l’y fais après suspendre, et fais lever la séance et remettre à l’après-dînée. Mme la Duchesse; en haine des bâtards, en récente et secrète mesure avec M. le duc d’Orléans, qui déclare M. le Duc, en séance, chef du conseil de régence. Le régent rend au parlement les remontrances, lui promet de lui parler de la forme du gouvernement, et lève la séance avec grand applaudissement. Mesures au Palais-Royal, où je vais dîner. Courte joie du maréchal de Villeroy, etc. Séance de l’après-dînée. Discours de M. le duc d’Orléans. Le duc du Maine ose à peine répondre. Le codicille est en tout abrogé. Le régent est revêtu de tout pouvoir. Contenance des bâtards. Acclamations. Compliment du régent, qui propose six conseils et s’y appuie de Mgr le duc de Bourgogne, et pourquoi. Applaudissements. Fin de la séance. Le régent retourne à Versailles, où, en arrivant, Madame lui demande pour grâce unique l’exclusion entière de l’abbé Dubois de tout, et en tire publiquement sa parole. Chapitre VI.

13. Chapitre VII. Conseils à l’ordinaire. Les entrailles du roi portées à Notre-Dame tout simplement. Harangues des compagnies au roi. Force réformes civiles. Le coeur du roi fort simplement porté aux Grands-Jésuites. Merveilleuse et prompte ingratitude. Le régent visite à Saint-Cyr Mme de Maintenon, et lui continue sa pension. Madame l’y visite aussi le même jour. Le parlement continué pour un mois. Le roi va à Vincennes. Le corps du roi porté à Saint-Denis. Entreprise de M. le Duc, qui fait monter avec lui dans le carrosse du roi le chevalier de Dampierre, son écuyer. Le régent permet à tous les carrosses d’entrer dans la dernière cour du Palais-Royal, et à qui voulut de draper, jusqu’au premier président du parlement. Nouveauté pour les magistrats de draper des plus grands deuils de famille et de porter des pleureuses. Prisons ouvertes; horreurs. Duc du Maine et comte de Toulouse admis au conseil avec les seuls ministres du feu roi. Mort de Mme de La Vieuville. Mme la duchesse de Berry, à Saint-Cloud, fait Mme de Pons sa dame d’atours, et la remplace de Mme de Beauvau. Duc d’Albret est grand chambellan sur la démission du duc de Bouillon, son père. Le roi tient son premier lit de justice. Le roi harangué par les compagnies à Vincennes. Le chancelier se démet, pour quatre cent mille livres, de sa charge de secrétaire d’État. Crosat; quel; fait grand trésorier de l’ordre pour des avances. Térat; quel; en a le râpé. Conseils, d’où pris, comment pervertis. Je fais déclarer le cardinal et le duc de Noailles chef du conseil de conscience et président de celui des finances. Réflexion sur le pouvoir et le grand nombre en matière de religion. Conseil de conscience. Caractère de Besons, archevêque de Bordeaux, puis de Rouen, de Pucelle et de Joly de Fleury. Dorsanne; son caractère et sa fin. Conseil des finances. Le chancelier de Pontchartrain raffermit secrètement son fils. Conseil des affaires étrangères. Conseil de guerre. Caractère du duc de Guiche. Les fortifications données à Asfeld. Caractère de Saint-Contest et de Le Blanc. Conseil de marine. Conseil des affaires du dedans du royaume. Caractère de Beringhen, premier écuyer, et du marquis de Brancas.  Chapitre VII.

13. Chapitre VIII. Conseil de régence. Caractère de Besons. Torcy. Bouthillier-Chavigny, ancien évêque de Troyes. La Vrillière sans voix; son caractère et ses fonctions. Pontchartrain sans voix ni fonction. Rage et conduite de Tallard. Personnages des conseils. Desmarets congédié avec une gratification de trois cent cinquante mille livres. Trop juste augure de M. le duc d’Orléans. Catastrophe de Mme Desmarets. Bercy, son gendre, chassé. Lieux des divers conseils. Leurs appointements. Règlements particuliers. Prétention des conseillers d’État de ne céder qu’aux ducs et aux officiers de la couronne. Noailles et Canillac avocats des conseillers d’État contre les gens de qualité. J’expose au régent la qualité et le ridicule de cette prétention. Mollesse du régent. Adresse des conseillers d’État. Effiat vice-président. Forme des conseils du feu roi adoptée au conseil de régence. Les maîtres des requêtes refusent de rapporter au conseil de régence, s’ils n’y sont assis, ou si ceux de ce conseil qui ne sont ni ducs, ni maréchaux de France, ou conseillers d’État, n’y sont debout tant que les maîtres des requêtes y seraient. Les conseillers au parlement mis dans les conseils imitent les maîtres des requêtes, et le régent le souffre. Deux exemples de l’inconvénient qui en résulte pour les affaires. Les maîtres des requêtes cèdent enfin aussitôt après la mort du chancelier Voysin, et, sans plus de prétentions, rapportent debout au conseil de régence. Les conseillers d’État emportent d’y précéder tout ce qui n’est pas duc ou officier de la couronne, lorsqu’ils y viennent extraordinairement.  Chapitre VIII.

13. Chapitre IX. Éclat des princes du sang sur la qualité de prince du sang prise par le duc du Maine avec eux. Protestation de MM. de Courtenay pour la conservation de leur état et droits, présentée au régent. Malheur et extinction de cette branche de la maison royale. Béthune épouse la fille du duc de Tresmes. Nangis obtient de vendre le régiment d’infanterie du roi. Poirier premier médecin du roi. Mme la duchesse de Berry logée à Luxembourg avec sa cour, où Mme de Saint-Simon et moi ne voulûmes point habiter. Villequier obtient les survivances du duc d’Aumont, son père. Deux nouveaux premiers valets de chambre. Le cardinal de Polignac vend sa charge de maître de la chapelle à l’abbé de Breteuil, depuis évêque de Rennes; et le baron de Breteuil la sienne d’introducteur des ambassadeurs, à Magny. Le marquis de Simiane lieutenant général de Provence; et Fervaques gouverneur du Perche et du Maine, sur la démission de Bullion, son père. Le prince Charles de Lorraine obtient un million de brevet de retenue sur sa charge de grand écuyer, et peu après la survivance du gouvernement de Picardie du duc d’Elboeuf. J’eus aussi la survivance de mes deux gouvernements pour mes deux fils, et l’abbaye de Jumièges pour l’abbé de Saint-Simon. Réflexion sur les coadjutereries régulières. Grand et fort étrange présent du régent au duc de La Rochefoucauld. Dépouille de l’appartement du feu roi au duc de Tresmes. Noailles et Rouillé maîtres des finances, dont le conseil prend forme, et les autres conseils aussi. Premier conseil de régence. Je me raccommode avec le maréchal de Villeroy. Placets dits à l’ordinaire. Tentative échouée de Besons, qui s’éloigne de moi de plus en plus. Amelot arrive de Rome, qui me conte un rare entretien entre le pape et lui sur la constitution. Amelot exclu de tout, et pourquoi; mis enfin à la tête d’un conseil de commerce. Spectacles recommencés. Don à Canillac. Garde-robe et cassette du roi. Le grand prieur est rappelé. Belle-Ile obtient quatre cent mille livres comptant sur les états de Bretagne. Quel fut Belle-Ile. Sa famille. Quels sont les Castille, dits Jeannin. Caractère des deux frères Belle-Ile. Chapitre IX.

13. Chapitre X. Pontchartrain reçoit en face les plus cruels affronts en plein conseil de régence. Bassesse et avarice de Pontchartrain. Désordre des finances. Frayeur des partisans. Plénoeuf en fuite. Suite et détail des finances, trop fort et trop vaste pour moi à le raconter. Replâtrage entre M. le Duc et le duc du Maine sur la qualité de prince du sang. M. le Grand prétend toute supériorité et autorité sur la petite écurie et sur le premier écuyer du roi, et d’avoir la dépouille de la petite écurie. Caractère de M. le Grand. Faiblesse du conseil de régence. Raisons de M. le Grand. Raisons de M. le Premier. M. de Troyes s’enfuit à Troyes, de peur de juger l’affaire de M. le Grand et de M. le Premier. Conseil de régence où les prétentions du grand et du premier écuyer sont jugées toutes en faveur du premier écuyer. Le premier écuyer me parle en faveur de sa femme et me presse de la recevoir. Caractère de Mme de Beringhen. Je reçois enfin sa visite. Le régent permet au grand écuyer de protester, qui en abuse et tient l’affaire comme non jugée. Continuation des mêmes démêlés, qui, après la mort de M. le Grand, tuent M. le Premier, et qui continuent entre leurs fils jusqu’à ce que le roi majeur décida comme avait fait le conseil de régence. Le prince Charles refuse de signer les dépenses de la petite écurie à l’ordinaire, sans examen. M. le Duc, sur ce refus, les signes comme grand maître de France, et le grand écuyer en perd le droit.  Chapitre X.

13. Chapitre XI. Mariage de Sandricourt qui me brouille pour toujours avec lui. Obsèques du roi à Saint-Denis. Caractère de Dreux. Le régent veut la confusion et la division. Je veux me retirer de tout à la mort du roi, et je me laisse raccrocher malgré moi par M. le duc d’Orléans. Conduite de ce prince à l’égard des ducs. Courte comparaison des assemblées de la noblesse en 1649 et en 1715. Ressorts et fanatisme de celle-ci. Le régent trompé sur cette prétendue noblesse. Étrange personnage du duc de Noailles. Le régent trompé sur le parlement. Menées du duc de Noailles pour diviser les ducs, et faire tomber leurs poursuites contre les usurpations du parlement à leur égard; à quoi enfin il réussit.  Chapitre XI.

13. Chapitre XII. Mme la duchesse de Berry obtient une compagnie de gardes. Le chevalier de Roye en est capitaine et Rion lieutenant. Ce que devient le chevalier de Roye. Harling est aussi capitaine des gardes de Madame, mais sans compagnie. Mme la duchesse d’Orléans prend quatre dames auprès d’elle, tôt après imitée en cela par Mme la Duchesse et par d’autres princesses du sang. Mort du comte de Poitiers, dernier mâle de cette grande et illustre maison. Mort d’Humbert. Chirac en sa place premier médecin de M. le duc d’Orléans. Vergagne bien singulièrement grand d’Espagne. Mort de la princesse de Cellamare. Le fils de Matignon finit son mariage, et est duc et pair de Valentinois. Douze millions du clergé au roi. Vingt mille livres de rente sur les juifs de Metz au duc de Brancas. Pontchartrain reçoit ordre de donner la démission de sa charge de secrétaire d’État, qui est en même temps donnée à Maurepas, son fils. Caractère du comte et de la comtesse de Roucy. Éclat entre le comte et la comtesse de Roucy et moi, qui nous brouille pour toujours. Le maréchal d’Harcourt obtient pour son fils la survivance de sa charge de capitaine des gardes du corps. Chapitre XII.

13. Chapitre XIII. Mouvements d’Écosse. Caractère de Stairs et ses menées. Rémond; quel. Mouvements d’Angleterre. Conduite de l’Espagne. Manèges d’Albéroni pour gouverner seul. Projets politiques d’Albéroni. Cause de la dépendance des Provinces-Unies de l’Angleterre. Albéroni éloigné de la France, encore plus du régent, méprise les bassesses du duc de Noailles. Il chasse avec éclat le gouverneur du conseil de Castille. Sa correspondance avec Effiat. Négociation de Stairs pour la mutuelle garantie des successions de France et d’Angleterre. Le régent y veut engager la Hollande. Stairs presse le régent de faire arrêter le Prétendant, passant de Bar, caché, en Bretagne pour s’embarquer. Le Prétendant échappe aux assassins de Stairs par le courage et l’adresse de la maîtresse de la poste de Nonancourt, qui en est mal récompensée. Il s’embarque en Bretagne. Impudence de Stairs et de ses assassins. Chapitre XIII.

13. Chapitre XIV. Pensées de l’Espagne, où Albéroni gagne peu à peu la principale autorité, et veut chasser le cardinal del Giudice. Forte brouillerie entre Rome et Madrid. Adresse d’Albéroni pour parvenir à la pourpre romaine. Il veut faire des réformes et établir une puissante marine. Miraval, ambassadeur en Hollande, choisi pour être gouverneur du conseil de Castille. La Mirandole éloigné. Traité de la Barrière signé entre l’empereur et les États généraux. Soupçons qu’il cause, favorables au Prétendant. Inquiétude de la France sur la conduite de l’Espagne, et la sienne en conséquence. Plaintes de l’Angleterre de la conduite de la France à l’égard du Prétendant, et pareillement de celle d’Espagne. Le pape et le clergé d’Espagne assistent le Prétendant, dont les affaires tournent mal. L’Espagne se désiste, par un traité fort avantageux aux Anglais, des articles ajoutés au traité d’Utrecht. Mesures de l’Espagne avec la Hollande sur le commerce. Vanteries d’Albéroni. Naufrage de la flottille d’Espagne richement chargée. Plan d’Albéroni pour les réformes. Voir les pièces, et quelles elles sont tant sur le détail des affaires étrangères que sur celles de la constitution. Duels réveillés. Charost obtient pour son fils la survivance de sa charge de capitaine des gardes du corps. Bals de l’Opéra. Raisons de tenir la cour à Versailles; celles de M. le duc d’Orléans pour Paris. Les médecins prolongent le séjour de Vincennes. Les PP. Tellier et Doucin chassés de Paris. Les jésuites interdits par les évêques de Metz et de Verdun. Biron marie sa fille aînée à Bonac, et son fils aîné à la fille aînée du duc de Guiche. Service du feu roi à Notre-Dame. Mort d’une fille carmélite du maréchal de Villeroy, et de Mme de Sourches. Mort de La Hoguette, archevêque de Sens; son éloge. Mort de Mme de Louvois. Curiosités sur elle. Mort de la femme du czarowitz. Nouveau délai à Vincennes. Les conseils de régence sont partagés entre Vincennes et Paris. Mort et caractère du prince Camille. Mort de l’électeur de Trèves (Lorraine). Mariage du marquis d’Harcourt avec Mlle de Villeroy. Caylus, réhabilité et absous de son ancien duel, fait une grande fortune en Espagne. M. le duc d’Orléans a la faiblesse de pardonner à La Feuillade, de le nommer ambassadeur à Rome, et de le combler de grâces et de biens. M. le duc dispute au duc du Maine et au comte de Toulouse le traversement du parquet. Réception du duc de Valentinois au parlement différée. Cruelle affaire suscitée à Desmarets, dont il se tire bien. Je lui pare l’exil et me raccommode avec lui. Peu après nous nous parlons très franchement à la Ferté l’un à l’autre. Valeur des espèces augmentée. D’Antin surintendant des bâtiments. Le roi à Paris. Chapitre XIV.

13. Chapitre XV. Année 1716. M. du Maine me fait une visite sans cause. Je visite M. [le duc] et Mme la duchesse du Maine, qui me tiennent des propos fort singuliers, mais fort polis. Abbé Dubois conseiller d’État d’Église. Force évêchés et abbayes donnés. Prédiction sur Cambrai singulière. Conseil de commerce. M. le Duc et le duc du Maine entrent au conseil de guerre. Mort des reines douairières de Suède et de Pologne. Mort, caractère et succession de la duchesse de Lesdiguières-Gondi. Mort de Mme de Grancey. Mort et caractère de Coulanges, et celui de sa femme. Mort de Cavoye. Veuvage de sa femme respectable et prodigieux. Mort de Mlle d’Acigné. Mort de Parabère. Mariage du fils unique de M. de Castries. Singularité étrange de Mme la duchesse d’Orléans. Mariage de Broglio, mort maréchal de France et duc, avec une Malouine. Mariage de Bellegarde avec la fille unique de Vertamont, à qui on donne un râpé de l’ordre. Foule étrange de ces râpés et vétérans. Mariage de Maubourg avec une fille du maréchal de Besons. Mariage du duc de Melun avec une fille du duc d’Albert. Mariage conclu, puis rompu avec éclat, du marquis de Villeroy avec la fille aînée du prince de Rohan, qui ne le pardonne pas. Il marie sa fille au duc de La Meilleraye, et le marquis de Villeroy épouse la fille aînée du duc de Luxembourg. Courtenvaux marie son fils à la dernière fille de la maréchale de Noailles, et lui donne sa charge des Cent-Suisses. Chapitre XV.

13. Chapitre XVI. Je fais donner à La Vrillière voix au conseil de régence. M. de Châtillon mestre de camp général, et M. de Clermont-Tonnerre commissaire général de la cavalerie. La charge de secrétaire d’État de la guerre supprimée; celle des affaires étrangères rétablie sans fonction, donnée à Armenonville, qui en paye quatre cent mille livres au chancelier Voysin. Les conseillers d’État prétendent que la place de conseiller d’État est incompatible avec la charge de secrétaire d’État, et perdent leur procès contre Armenonville. Avaraye ambassadeur en Suisse, et Bonac à Constantinople. Maupertuis et Vins, capitaines des deux compagnies des mousquetaires, se retirent; Artagnan et Canillac leur succèdent. Réforme des troupes. Querelle, combat, procédure et jugement entre le duc de Richelieu et le comte de Gacé. Princes du sang, bâtards, pairs. Épées aux prisons. Querelle et combat entre MM. de Jonzac et de Villette. Mort de Sourches, ci-devant grand prévôt, et de Lyonne, premier écuyer de la grande écurie, à qui succède le neveu de Sainte-Maure. Chambre de justice contre les financiers. Accident à un oeil de M. le duc d’Orléans. Payements se commencent. Misère étrange des ministres employés par la France au dehors. Mortification, puis don, aussi mal à propos l’un que l’autre, à Desmarets. Cheverny gouverneur de M. le duc de Chartres ad honores. Mme la duchesse de Berry usurpe des honneurs qu’elle ne conserve pas. Son démêlé avec M. le prince de Conti. S’abandonne à Rion. Quel est Rion. Il la maîtrise fort durement. Contrastes de Mme la duchesse de Berry avec elle-même, et dans le monde, et aux Carmélites. Mme d’Aydie dame de Mme la duchesse de Berry, au lieu de la mère du marquis de Brancas, qui rend sa place. Chapitre XVI.

13. Chapitre XVII. Vie, journées et conduite personnelle de M. le duc d’Orléans. Le régent impénétrable sur les affaires dans la débauche, même dans l’ivresse. Ses maîtresses. Roués de M. le duc d’Orléans. Énormités ecclésiastiques. Démêlé des cours de Rome et de Turin sur le tribunal de la monarchie de Sicile. Naissance de don Carlos, roi des Deux-Siciles. Prince palatin électeur de Trèves. Cabale qui, par intérêts particuliers, attache pour toujours le régent à l’Angleterre. M. le duc d’Orléans n’a jamais désiré la couronne, mais le règne du roi et par lui-même. Je propose au régent l’indissoluble et perpétuelle union avec l’Espagne, comme le véritable intérêt de l’État, dont la maison d’Autriche et les Anglais sont les ennemis essentiellement naturels. Stralsund pris. Le roi de Suède échappé et passé en Suède. Chapitre XVII.

13. Chapitre XVIII. Traité de commerce avantageux à l’Angleterre signé à Madrid. Albéroni a seul la confiance du roi et de la reine d’Espagne; fait la réforme des troupes. Revenus de la couronne d’Espagne. Lenteurs de l’échange des ratifications du traité de la Barrière et du rétablissement des électeurs de Cologne et de Bavière. Semences de mécontentement entre l’Espagne et l’Angleterre. Albéroni tient le roi et la reine d’Espagne sous sa clef. Sa jalousie du cardinal del Giudice, qu’il veut perdre, et du P. Daubenton, qu’il veut subjuguer. Quel est ce jésuite. Albéroni pointe au cardinalat, et se mêle des différends avec Rome. Aubrusselle, jésuite français, précepteur du prince des Asturies. Dégoût del Giudice. Fâcheux propos publics sur la reine et Albéroni qui prend un appartement dans le palais et se fait rendre compte en premier ministre. Anglais et Hollandais veulent chasser les Français des Indes. Brocards sur Albéroni. Friponneries de Stairs. Haine des Anglais pour la France. L’empereur tenté d’attaquer l’Italie. Crainte de l’Italie de l’empereur et des Turcs. Traité de la Barrière conclu. Le régent propose la neutralité des Pays-Bas; les Anglais, un renouvellement d’alliance aux Hollandais, dangereuse à la France, et y veulent attirer le roi de Sicile. Le pape implore partout du secours. Situation et ruses d’Albéroni. Plaintes et disgrâces que cause sa réforme des troupes. Le duc de Saint-Aignan s’en mêle mal à propos. Hersent père; son caractère; son état. Le Prétendant échoue en Écosse et revient. L’Espagne lui refuse tout secours, caressée par l’Angleterre aigrie contre la France. Impostures de Stairs pour l’aigrir encore plus. Soupçons réciproques des puissances principales. Adresse de Stanhope pour brouiller la France et l’Espagne, et pour gagner le roi de Sicile à son point. Triste opinion générale de l’Espagne. Ombrages d’Albéroni qui promet un grand secours au pape. Triste et secrète entrevue du Prétendant et de Cellamare. Berwick et Bolingbroke mal avec le Prétendant, qui prend Magny. Quel est Magny. Violents offices de l’Angleterre partout contre tout secours et retraite à ce prince. Fausses souplesses à l’Espagne, jusqu’à se liguer avec elle pour empêcher l’empereur de s’étendre en Italie, et secourir le roi d’Espagne en France si le cas d’y exercer ses droits arrivait. But du secours d’Espagne au pape. Le roi et la reine d’Espagne ne perdent point l’esprit de retour, si malheur arrivait, en France. Albéroni les y confirme. Ses ombrages; ses manèges; son horrible duplicité. Inquiétude de Riperda. Crainte du roi de Sicile. Liberté de discours du cardinal del Giudice. Étrange scélératesse de Stairs confondue par elle-même. Faux et malin bruit répandu sur les renonciations. Propositions très captieuses contre le repos de l’Europe faites par l’Angleterre à la Hollande, qui élude sagement. Frayeur égale du pape, de l’empereur et du Turc. Stanhope propose nettement à Trivié de céder à l’empereur la Sicile pour la Sardaigne. Stanhope emploie jusqu’aux menaces pour engager la Savoie contre la France. But et vues de Stanhope. Préférence du roi Georges de ses États d’Allemagne à l’Angleterre, cause de ses ménagements pour l’empereur. Conseil de Vienne et celui de Constantinople divisés sur la guerre. Escadres anglaise et hollandaise vont presser le siège de Wismar. Nouvelles scélératesses de Stairs. Intérêt du ministère anglais de toujours craindre la France pour tirer des subsides du parlement. Continuation d’avances infinies de l’Angleterre à l’Espagne. Monteléon en profite pour s’éclaircir sur la triple alliance proposée par l’Angleterre avec l’empereur et la Hollande. Souplesse de Stanhope. Crainte domestique du ministère anglais qui veut rendre les parlements septénaires. Chapitre XVIII.

13. Chapitre XIX. Le régent ne peut être dépris de l’Angleterre. Scélératesse de Stairs et de Bentivoglio. Sa faiblesse à leur égard; comment conduite. Le parti de la constitution n’oublie rien pour me gagner, jusqu’à une tentation horrible. Conduite du duc de Noailles avec moi, et de moi avec lui. Le cardinal de Noailles bénit la chapelle des Tuileries. Mort du duc d’Ossone. Entreprises du grand prieur à la fin arrêtées; se plaint de moi inutilement. Je l’empêche d’entrer dans le conseil de régence. Mort de la duchesse de Béthune; son état. Mort de l’abbé de Vassé et du chevalier du Rosel, et de Fiennes, lieutenants généraux. Mort de Valbelle et de Rottembourg, et du duc de Perth. La Vieuville se remarie. Forte scène entre le prince et la princesse de Conti. Mme la duchesse de Berry mure les portes du jardin de Luxembourg, et fait abréger les deuils. Elle est la première fille de France qui souffre dans sa loge les dames d’honneur des princesses du sang, et fait La Haye gentilhomme de la manche du roi. Vittement sous-précepteur du roi. Elle achète la Muette d’Armenonville, qui en est bien récompensé. Mme la princesse de Conti, première douairière, achète Choisy. M. le duc d’Orléans achète pour le chevalier d’Orléans la charge de général des galères; donne au comte de Charolais soixante mille livres de pension; fait revenir les comédiens italiens.  Chapitre XIX.

13. Chapitre XX. Berwick va commander en Guyenne au lieu de Montrevel, qui va en Alsace et qui s’en prend à moi. Berwick fait réformer sa patente, et n’est sous les ordres de personne, contre la tentative du duc du Maine. Le parlement s’oppose au rétablissement des charges de grand maître des postes et de surintendant des bâtiments. Ses vues, sa conduite, ses appuis. Vues et intérêts de ses appuis. Je me dégoûte d’en parler au régent. Je lui en prédis le succès, et je reste là-dessus dans le silence. Law, dit Las; sa banque. Mon avis là-dessus, tant au régent en particulier qu’au conseil de régence. Elle y passe et au parlement. Le régent me met, malgré moi, en commerce réglé avec Law, qui dure jusqu’à sa chute. Vue de Law à mon égard. Évêchés et autres grâces. Arouet, poète, depuis Voltaire, exilé. Un frère du roi de Portugal à Paris; va servir en Hongrie. Mort de Mme de Courtaumer et de Mme de Villacerf; de la comtesse d’Egmont en Flandre; sa famille. Mort de la maréchale de Bellefonds et de la marquise d’Harcourt. Le maréchal d’Harcourt, en apoplexie, perd la parole pour toujours. Le roi, revenant de l’Observatoire, visite en passant le chancelier de Pontchartrain. Mme de Nassau remise en liberté. MM. le Duc et prince de Conti ont la petite vérole. Naissance de la dernière fille de Mme la duchesse d’Orléans. Mort de l’électeur palatin.  Chapitre XX.

13. Chapitre XXI. Soupçons et propos publics contre la reine d’Espagne et Albéroni. Dégoût et licence del Giudice. Triste état et emploi des finances. Dégoût d’Albéroni sur Hersent. Incertitudes d’Albéroni au dehors. Le Prétendant tire quelques secours de lui, se retire à Avignon faute d’autre asile. Les puissances maritimes offrent des vaisseaux à l’Espagne. Leur intérêt. Indiscrète réponse d’Albéroni. Plaintes. Frayeur de l’Italie du Turc et de l’empereur. Albéroni trompe Aldovrandi, attrape les décimes et se moque de lui. Ses vues. Offres de l’Angleterre à l’Espagne contre la grandeur de l’empereur en Italie. L’Angleterre se plaint d’Albéroni et le dupe sur l’empereur. Le roi d’Angleterre veut aller à Hanovre. Wismar rendu. Frayeur des Hollandais de l’empereur. Hauteurs partout des Impériaux. Vues et adresses des Hollandais. Hardiesse et scélératesse de Stairs. Imprudence du régent. Sagesse de Cellamare. Canal de Mardick. Naissance d’un fils à l’empereur. Folle catastrophe de Langallerie. Scélératesse ecclésiastique et temporelle de Bentivoglio. Situation et inquiétudes d’Albéroni. Parlements d’Angleterre rendus septénaires. Vue et conduite des ministres anglais et de la Hollande à l’égard de la France et de l’empereur. Albéroni inquiet se prête un peu à l’Angleterre. Ses haines, ses fourberies, ses adresses, son insolence. Albéroni veut savoir à quoi s’en tenir avec l’Angleterre; ne tire de Stanhope que du vague, dont Monteléon voudrait que l’Espagne se contentât. Souplesses de l’Angleterre pour l’Espagne. Friponnerie et faussetés de Stanhope pour se défaire de Monteléon, qu’il trouvait trop clairvoyant. Albéroni, dupe de Stanhope et même de Riperda, ne songe qu’au chapeau. Triste état du gouvernement d’Espagne. Scandaleux pronostics du médecin Burlet sur les enfants de la feue reine. L’Angleterre tâche de détourner la guerre de Hongrie. Artifices contre la France. Ligue défensive signée entre l’empereur et l’Angleterre, qui y veulent attirer la Hollande. Conditions. Prié gouverneur général des Pays-Bas. Juste alarme du roi de Sicile. Souplesses et artifices de l’Angleterre pour calmer l’Espagne sur cette ligue. Albéroni change subitement d’avis et ne veut d’aucun traité. Albéroni flatte le pape; promet [des secours]; envoie Aldovrandi subitement à Rome pour ajuster les difficultés entre les deux cours, en effet pour presser son chapeau. Bentivoglio et Cellamare, l’un en méchant fou, l’autre en ministre sage, avertissent leur cour du détail de la ligue traitée entre la France et l’Angleterre. Confidences de Stairs à Penterrieder. Quel était ce secrétaire impérial. Considérations diverses. Manège infâme de Stairs. Dure hauteur de l’empereur sur l’Espagne et la Bavière aux Pays-Bas. Le roi de Prusse à Clèves. Aldovrandi mal reçu à Rome, pénétré, blâmé. Avis au pape sur le chapeau d’Albéroni. Cour d’Espagne déplorable. Jalousies et craintes d’Albéroni. [Il] rassure la reine. Ce qu’il pense de son caractère. Bruits à Madrid fâcheux sur le voyage d’Aldovrandi. Demandes du roi d’Espagne au pape. Courte réflexion sur le joug de Rome et du clergé. Vues et mesures de l’Espagne sur ses anciens domaines d’Italie. Sage avis du duc de Parme. Fol et faux raffinement de politique d’Albéroni. Manèges étranges du ministère anglais sur le traité à faire avec la France. Horreurs de Stairs. Rare omission au projet communiqué de ce traité par les Anglais. Fâcheuse situation intérieure de la Grande-Bretagne et de la cour d’Angleterre. Vues du roi de Prusse. Mauvaise foi de Stairs. Intrigues de la cour d’Angleterre.  Chapitre XXI.

NOTES DU XIIIe VOLUME. 

I. Protestation des ducs et pairs à la séance du parlement
II. Mépris pour les anciens usages pendant la régence.
III. Le maréchal de Noailles (Adrien-Maurice)
IV. Conseil extraordinaire de finances tenu le 24 octobre 1715 pour l’institution de la banque de Law

QUATORZIÈME VOLUME. 
Liste des Chapitres
.

I
II
III
IV
V
VI
VII
VIII
IX
X
XI
XII
XIII
XIV
XV
XVI
XVII
XVIII
XIX
Notes

14. Chapitre I. Assemblées d’huguenots dissipées. Le régent, tenté de les rappeler, me le propose. Aveuglement du régent sur l’Angleterre. Je détourne le régent de rappeler les huguenots. Mort de Bréauté, dernier de son nom. Mort de Connelaye, de Chalmazel et de Greder. Mort de l’archevêque de Tours; sa naissance et son mérite. Mort de La Porte, premier président du parlement de Metz, à qui Chaseaux succède. Anecdote curieuse sur Mlle de Chausseraye. Mort de Cani. Sa charge de grand maréchal des logis et son brevet de retenue donnés à son fils enfant. Mort de la duchesse de La Feuillade. Mort de la jeune Castries et de son mari. Mort d’une bâtarde non reconnue de Monseigneur. Mariage du comte de Croï avec Mlle de Milandon. Hardies prétentions de cette veuve. Mariages de Rothelin avec Mlle de Clèves. Le parlement continue à s’opposer au rétablissement de la charge des postes et de celle des bâtiments. Motifs de sa conduite et ses appuis. Il dispute la préséance au régent à la procession de l’Assomption, et l’empêche de s’y trouver. Audace de cette prétention, qui se détruit d’elle-même par droit et par faits expliqués même à l’égard de seigneurs particuliers. Comment le terme de gentilshommes doit être pris. Conduite du régent avec le parlement, du parlement avec lui, et la mienne avec ce prince à l’égard du parlement. Pension de six mille livres donnée à Maisons, et un régiment de dragons à Rion. Pensions dites de Pontoise, dont une donnée au président Aligre. Chapitre I.

14. Chapitre II. Bataille de Salankemen gagnée sur les Turcs par le prince Eugène. Jésuites encore interdits. Comte d’Évreux entre singulièrement au conseil de guerre. Coigny, mal avec le régent, se bat avec le duc de Mortemart; refusé d’entrer au conseil de guerre, veut tout quitter. Je le raccommode. Il entre au conseil de guerre. Il ne l’oublie jamais. Les princes du sang présentent une requête au roi contre le nom, le rang et les honneurs de princes du sang, et l’habilité de succéder à la couronne, donnée par le feu roi à ses bâtards. Les pairs présentent une requête au roi pour la réduction des bâtards au rang, honneurs et ancienneté de leurs pairies parmi les autres pairs. Bout de l’an du roi à Saint-Denis. Le duc de Berwick établit son fils aîné en Espagne, qui y épouse la soeur du duc de Veragua et prend le nom de duc de Liria. Valentinois de nouveau enregistré au parlement, lequel se réserve des remontrances en enregistrant un nouvel édit pour la chambre de justice, et refuse une seconde fois les deux charges des bâtiments et des postes. Caractère du duc de Brancas. Caractère de son fils et de sa belle-fille. Ils désirent de nouvelles lettres de duché-pairie à faire enregistrer au parlement de Paris. État de leur dignité. Brancas trompé par Canillac, à qui il s’était adressé, s’en venge en bons mots et a recours à moi. Condition dont Villars me donne toute assurance, sa foi et sa parole sous laquelle je m’engage à le servir. J’y réussis avec peine. Longtemps après, il me manque infâmement de parole et en jouit. Le parlement enregistre enfin l’édit de création des charges de surintendant des bâtiments et de grand maître des postes. Les princes du sang et bâtards n’assistent point à la réception du duc de Villars-Brancas. Mort de l’abbé de Brancas. Mort de la princesse de Chimay. Abbé de Pomponne chancelier de l’ordre par démission de Torcy. Arrivée des galions richement chargés. Voyage de Laffiteau; quel était ce jésuite. Mort du fils unique de Chamarande, et du comte de Beuvron. Mort de Mme de Lussan et de l’abbé Servien. Mort de Mme de Manneville. Mort d’Angennes. Mort de la duchesse d’Olonne. M. le duc de Chartres, malade de la petite vérole, cause un dégoût de ma façon au duc de Noailles. Te Deum au pillage. Mort du maréchal de Montrevel, de peur d’une salière renversée sur lui. Mort du prince de Fürstemberg. Mort du prince de Robecque. Le régiment des gardes wallones donné au marquis de Risbourg. La duchesse d’Albe épouse le duc de Solferino. Chapitre II.

14. Chapitre III. Louville envoyé secrètement en Espagne. Sa commission, très importante et très secrète. Incapacité surprenante du duc de Noailles. Jalousie extrême du maréchal d’Huxelles. Craintes et manèges intérieurs d’Albéroni en Espagne. Insolence de l’inquisition sur les deux frères Macañas. Cardinal Acquaviva chargé, au lieu de Molinez, des affaires d’Espagne à Rome. La peur qu’Albéroni et Aubenton ont l’un de l’autre les unit. Giudice ôté d’auprès du prince des Asturies et du conseil. Popoli fait gouverneur du prince des Asturies; sa figure et son caractère. Mécontentement réciproque entre l’Espagne et l’Angleterre. Fourberie d’Albéroni pour en profiter. Les Anglais, en peine du chagrin du roi d’Espagne sur leur traité avec l’empereur, le lui communiquent, et en même temps les propositions que leur fait la France, et leur réponse. Malignité contre le régent pour le brouiller avec le roi d’Espagne. Adresse de Stanhope pour se défaire de Monteléon en Angleterre, et gagner Albéroni, qui passe tout aux Anglais. Albéroni, gagné par la souplesse de Stanhope, donne carte blanche aux Anglais pour signer avec eux une alliance défensive. Embarras et craintes diverses de Bubb, secrétaire et seul ministre d’Angleterre à Madrid. Prétention des Anglais insupportable pour le commerce, qu’Albéroni ne leur conteste seulement pas. Bassesses et empressement pour les Anglais. Crainte d’Albéroni des Parmesans, qu’il empêche de venir en Espagne. Louville à Madrid; en est renvoyé sans pouvoir être admis. Il en coûte Gibraltar à l’Espagne. Impostures d’Albéroni sur Louville. Le régent et Albéroni demeurent toujours piqués l’un contre l’autre du voyage de Louville.  Chapitre III.

14. Chapitre IV. Traité de l’asiento signé à Madrid avec l’Angleterre. Monteléon dupe de Stanhope, jouet d’Albéroni. Le roi d’Angleterre à Hanovre. L’abbé Dubois va chercher Stanhope passant à la Haye, revient sans y avoir rien fait, repart aussitôt pour Hanovre. Jugement des Impériaux sur la fascination du régent pour l’Angleterre. Chétive conduite du roi de Prusse. Il attire chez lui des ouvriers français. Aldovrandi, d’abord très mal reçu à Rome, gagne la confiance du pape. Nuage léger entre lui et Albéroni, lequel éclate contre Giudice, dont il ouvre les lettres, et en irrite le roi d’Espagne contre ce cardinal. Étranges bruits publiés en Espagne contre la reine. Albéroni les fait retomber sur Giudice. La peur en prend à Cellamare, son neveu, qui abandonne son oncle. Albéroni invente et publie une fausse lettre flatteuse du régent à lui, et se pare de ce mensonge. Inquiétudes et jalousie d’Albéroni sur les Français qui sont en Espagne. Il amuse son ami Monti, l’empêche de quitter Paris pour Madrid, lui prescrit ce qu’il lui doit écrire sur la reine, pour le lui montrer et s’en avantager. Son noir manège contre le roi d’Espagne. Son extrême dissimulation. Il veut rétablir la marine d’Espagne. Ses manèges. Belle leçon sur Rome pour les bons et doctes serviteurs des rois. Attention de l’Espagne pour l’Angleterre sur le départ de la flotte pour les Indes, et des Hollandais pour l’Espagne sur leur traité à faire avec l’Angleterre et la France. Difficultés du dernier renvoyées aux ministres en Angleterre. Scélératesses de Stairs. Perfidie de Walpole. Frayeurs et mesures d’Albéroni contre la venue des Parmesans. Il profite de celles du pape sur les Turcs, et redouble de manèges pour son chapeau, de promesses et de menaces. Giudice publie des choses épouvantables d’Albéroni, bien défendu par Aubenton et Aldovrandi. Molinez fait grand inquisiteur d’Espagne. Quel était le duc de Parme à l’égard d’Albéroni. Idées bien confuses de ce prince. Le pape s’engage enfin à donner un chapeau à Albéroni. Impossibilité présente peu durable. Avis d’Aldovrandi et Albéroni. Aventure des sbires qui suspend d’abord, puis confirme l’engagement en faveur d’Albéroni. Art et bassesse d’Acquaviva. Raison de tant de détails sur Albéroni. Acquaviva, par ordre d’Espagne, transfuge à la constitution. Promesses, menaces, manèges d’Albéroni et d’Aubenton pour presser la promotion d’Albéroni. Invectives atroces de Giudice et d’Albéroni l’un contre l’autre. Fanfaronnades d’Albéroni, et sa frayeur de l’arrivée à Madrid du mari de la nourrice de la reine et leur fils capucin. Quels ces trois personnages. Albéroni craint mortellement la venue d’un autre Parmesan; écrit aigrement au duc de Parme.  Chapitre IV.

14. Chapitre V. [Albéroni] compte sur l’appui de l’Angleterre; reçoit avis de Stanhope d’envoyer quelqu’un de confiance veiller à Hanovre à ce qu’il s’y traitait avec l’abbé Dubois. Pensées des étrangers sur la négociation d’Hanovre. Les Impériaux la traversent de toute leur adresse, et la Suède s’en alarme. Affaires de Suède. Pernicieuse haine d’Albéroni pour le régent. Esprit de retour en France, surtout de la reine d’Espagne. Sages réflexions d’Albéroni sur le choix, le cas arrivant. Quel était M. le duc d’Orléans sur la succession à la couronne. Affaire du nommé Pomereu. Mme de Cheverny gouvernante des filles de M. le duc d’Orléans. Livry obtient pour son fils la survivance de sa charge de premier maître d’hôtel du roi. Effiat quitte le conseil des finances et entre dans celui de régence. Honneurs du Louvre accordés à Dangeau et à la comtesse de Mailly par leurs charges perdues. Origine de cette grâce à leurs charges. Ce que c’est que les honneurs du Louvre. Style de la république de Venise écrivant au Dauphin; d’où venu. Entreprise de la nomination du prédicateur de l’Avent devant le roi. M. de Fréjus officie devant le roi sans en dire un seul mot au cardinal de Noailles. Abbé de Breteuil en tabouret, rochet et camail, près du prie-Dieu du roi, comme maître de la chapelle, condamné de cette entreprise comme n’étant pas évêque. Quel fut le P. de La Ferté, jésuite. L’abbé Fleury, confesseur du roi. Mort de la duchesse de Richelieu et de Mme d’Arnemonville. Mort et caractère du maréchal de Châteaurenaud. Belle anecdote sur le maréchal de Coetlogon. Mort de la duchesse d’Orval. Mort de d’Aguesseau, conseiller d’État; son éloge. Saint-Contest fait conseiller d’État, en quitte le conseil de guerre. L’empereur prend Temeswar; perd son fils unique. La duchesse de Saint-Aignan va trouver son mari en Espagne avec trente mille livres de gratification. Mort, caractère et famille de M. d’Étampes. Mort de la comtesse de RoucyMort de Mme Fouquet; sa famille. Force grâces au maréchal de Montesquiou, au grand prévôt, aux ducs de Guiche, de Villeroy, de Tresmes, et au comte de Hanau. Le duc de La Force vice-président du conseil des finances. Augmentation de la paye de l’infanterie. Caractère de Broglio, fils et frère aîné des deux maréchaux de ce nom. Le duc de Valentinois reçu au parlement, où les princes du sang ni bâtards n’assistent point. Mariage du fils unique d’Estaing avec la fille unique de Mme de Fontaine-Martel, et la survivance du gouvernement de Douai. Bonneval obtient son abolition en épousant une fille de Biron. Dispute entre les grands officiers de service et le maréchal de Villeroy, qui, comme gouverneur du roi, prétend faire leur service et le perd. Grande aigreur entre les princes du sang et bâtards sur les mémoires publiés par les derniers. Étonnante apathie de M. le duc d’Orléans. Ma façon d’être avec le duc de Maine et le comte de Toulouse. Chapitre V.

14. Chapitre VI. Albéroni continue ses manèges de menaces et de promesses au pape pour hâter son drapeau; y fait une offre monstrueuse. Sa conduite avec Aubenton. Souplesse du jésuite. Réflexion sur les entreprises de Rome. Albéroni se soumet Aubenton avec éclat, qui baise le fouet dont il le frappe, et fait valoir à Rome son pouvoir et ses menaces. Gesvres, archevêque de Bourges, trompé par le pape, qui est moqué et de plus en plus menacé et pressé par Albéroni, qui fait écrire vivement par la reine d’Espagne jusqu’à se prostituer. Triste situation de l’Espagne. Abattement politique du P. Daubenton, qui sacrifie à Albéroni une lettre du régent au roi d’Espagne. Audacieux et pernicieux usage qu’en fait Albéroni. Il fait au régent une insolence énorme. Réflexion. Albéroni, dans l’incertitude et l’embarras des alliances du régent, consulte Cellamare. Efforts des Impériaux contre le traité désiré par le régent. Conduite des Hollandais avec l’Espagne. Conférence importante avec Beretti. Caractère de cet ambassadeur d’Espagne. Sentiment de Cadogan, ambassadeur d’Angleterre à la Haye, sur l’empereur. Étrange réponse d’un roi d’Espagne au régent dictée par Albéroni, qui triomphe par des mensonges. Albéroni profite de la peur des Turcs et de l’embarras du pape sur sa constitution Unigenitus, pour presser sa promotion par menaces et par promesses. Offres du pape sur le clergé des Indes et d’Espagne. Monstrueux abus de la franchise des ecclésiastiques en Espagne. Réflexion. Le pape ébranlé sur la promotion d’Albéroni par les cris des Espagnols, raffermi par Aubenton. Confiance du pape en ce jésuite. Basse politique de Cellamare et de ses frères à Rome. Cardinal de La Trémoille dupé sur la promotion d’Albéroni, pour laquelle la reine d’Espagne écrit de nouveau. Sentiment d’Albéroni sur les alliances traitées par le régent. Il consulte Cellamare. Réponse de cet ambassadeur. Manèges des Impériaux contre les alliances que traitait le régent. Altercations entre eux et les Hollandais sur leur traité de la Barrière, qui ouvrent les yeux à ces derniers et avancent la conclusion des alliances. Beretti abusé. L’Espagne veut traiter avec les Hollandais. Froideur du Pensionnaire, qui élude.  Chapitre VI.

14. Chapitre VII. Le traité entre la France et l’Angleterre signé à la Haye, qui effarouche les ministres de la Suède. Intrigue des ambassadeurs de Suède en Angleterre, en France et à la Haye, entre eux, pour une révolution en Angleterre en faveur du Prétendant. Lettre importante d’Erskin au duc de Marr sur le projet inconnu du czar, mais par lui conçu. Médecins britanniques souvent cadets des premières maisons. Adresse de Spaar à pomper Canillac et à en profiter. Goertz seul se refroidit. Précaution du roi d’Angleterre peu instruit. Il fait travailler à la réforme de ses troupes, et diffère de toucher aux intérêts des fonds publics. Artifices du ministère d’Angleterre secondés par ceux de Stairs. Fidélité de Goertz fort suspecte. Le roi d’Angleterre refuse sa fille au prince de Piémont par ménagement pour l’empereur. Scélératesse de Bentivoglio contre la France. Nouveaux artifices pour presser la promotion d’Albéroni. Acquaviva fait suspendre la promotion de Borromée au moment qu’elle s’allait faire, et tire une nouvelle promesse pour Albéroni dès qu’il y aurait trois chapeaux vacants. Défiances réciproques du pape et d’Albéroni, qui arrêtent tout pour quelque temps. Le duc de Parme élude de faire passer à la reine d’Espagne les plaintes du régent sur Albéroni; consulte ce dernier sur ce qu’il pense du régent. Sentiment du duc de Parme sur le choix à faire par le roi d’Espagne, en cas de malheur en France. Insolentes récriminations d’Albéroni, qui est abhorré en Espagne, qui veut se fortifier par des troupes étrangères. Crainte et nouvel éclat d’Albéroni contre Giudice. Imprudence de ce cardinal. Avidité du pape. Impudence et hypocrites artifices d’Albéroni et ses menaces. Réflexion sur le cardinalat. Albéroni veut sacrifier Monteléon à Stanhope, et laisser Beretti dans les ténèbres et l’embarras; veut traiter avec la Hollande à Madrid; fait divers projets sur le commerce et sur les Indes; se met à travailler à la marine et aux ports de Cadix et du Ferrol. Abus réformés dans les finances, dont Albéroni tire avantage pour hâter sa promotion, et redouble de manèges, de promesses, de menaces, d’impostures et de toutes sortes d’artifices pour y forcer le pape; [il est] bien secondé par Aubenton. Son adresse. La reine d’Espagne altière, et le fait sentir au duc et à la duchesse de Parme. Peines de Beretti. Heinsius veut traiter avec l’empereur avant de traiter avec l’Espagne. Conditions proposées par la Hollande à l’empereur, qui s’opiniâtre au silence. Manèges des Impériaux et de Bentivoglio pour empêcher le traité entre la France, l’Angleterre et la Hollande. Chapitre VII.

14. Chapitre VIII. Année 1717. Singularités à l’occasion du collier de l’ordre envoyé au prince des Asturies, et par occasion du duc de Popoli. Caylus obtient la Toison. Mort de Mme de Langeais. Mort de Mlle de Beuvron. Je prédis en plein conseil de régence que la constitution deviendra règle et article de foi. Colloque curieux là même entre M. de Troyes et moi. Le procureur général d’Aguesseau lit au cardinal de Noailles et à moi un mémoire transcendant sur la constitution. Abbé de Castries, archevêque de Tours, puis d’Albi, entre au conseil de conscience. Son caractère. Abbaye d’Andecy donnée à une de mes belles-soeurs. Belle prétention des maîtres des requêtes sur toutes les intendances. Mort et caractère de l’abbé de Saillant. Je fais donner son abbaye, à Senlis, à l’abbé de Fourilles. Mort de Mme d’Arco. Paris-égout des voluptés de toute l’Europe. Mort du chancelier Voysin. Prompte adresse du duc de Noailles. D’Aguesseau, procureur général, chancelier. Singularité de son frère. Ma conduite avec le régent et avec le nouveau chancelier. Joly de Fleury, procureur général. Le duc de Noailles, administrateur de Saint-Cyr avec Ormesson sous lui. Famille et caractère du chancelier d’Aguesseau. Réponse étrange du chancelier à une sage question du duc de Grammont l’aîné. Chapire VIII.

14. Chapitre IX. Infamie du maréchal d’Huxelles sur le traité avec l’Angleterre. Embarras et mesures du régent pour apprendre et faire passer au conseil de régence le traité d’Angleterre. Singulier entretien, et convention plus singulière, entre M. le duc d’Orléans et moi. Le traité d’Angleterre porté et passé au conseil de régence. Étrange malice qu’en opinant j’y fais au maréchal d’Huxelles. Conseil de régence où la triple alliance est approuvée. Je m’y oppose en vain à la proscription des jacobites en France. Brevet de retenue de quatre cent mille livres au prince de Rohan, et survivance à son fils de sa charge des gens d’armes. Le roi mis entre les mains des hommes. Présent de cent quatre-vingt mille livres de pierreries à la duchesse de Ventadour. Survivance du grand fauconnier à son fils enfant. Famille, caractère et mort de la duchesse d’Albret. Survivances de grand chambellan et de premier gentilhomme de la chambre aux fils, enfants, des ducs de Bouillon et de La Trémoille, lequel obtient un brevet de retenue de quatre cent mille livres. Survivance de la charge des chevau-légers au fils, enfant, du duc de Chaulnes, et une augmentation de brevet de retenue jusqu’à quatre cent mille livres. Survivance de la charge de grand louvetier au fils d’Heudicourt. Survivance inouïe d’aumônier du roi au neveu de l’abbé de Maulevrier. Étrange grâce pécuniaire au premier président. Quatre cent mille livres de brevet de retenue à Maillebois sur sa charge de maître de la garde-robe. Mort de Callières. Abbé Dubois secrétaire du cabinet du roi avec la plume. Il procure une visite de M. le duc d’Orléans au maréchal d’Huxelles. Abbé Dubois entre dans le conseil des affaires étrangères par une rare mezzo-termine qui finit sa liaison avec Canillac. Comte de La Marck ambassadeur auprès du roi de Suède. J’empêche la destruction de Marly. J’obtiens les grandes entrées. Elles sont après prodiguées, puis révoquées. Explication des entrées. Chapitre IX.

14. Chapitre X. Mariage de Mortagne avec Mlle de Guéméné. Mariage du duc d’Olonne avec la fille unique de Vertilly. Mariage de Seignelay avec Mlle de Walsassine. Princes du sang pressent vivement leur jugement, que les bâtards tâchent de différer. Requête des pairs au roi à fin de réduire les bâtards à leur rang de pairs et d’ancienneté entre eux. Grand prieur assiste en prince du sang aux cérémonies du jeudi et vendredi saints chez le roi. Plusieurs jeunes gens vont voir la guerre en Hongrie. M. le prince de Conti, gouverneur du Poitou, entre au conseil de régence et en celui de la guerre. M. le Duc prétend que, lorsque le conseil de guerre ne se tient pas au Louvre, il se doit tenir chez lui, non chez le maréchal de Villeroy. Il est condamné par le régent. Pelletier-Sousy entre au conseil de régence et y prend la dernière place. Mme de Maintenon malade fort à petit bruit. Mort, fortune et caractère d’Albergotti. Sa dépouille. Fin et effets de la chambre de justice. Triple alliance signée à la Haye, qui déplaît fort à l’empereur, qui refuse d’y entrer. Mouvements de Beretti pour empêcher un traité entre l’Espagne et la Hollande. Conversation importante chez Duywenworde, puis avec Stanhope. Mesures de Beretti contre l’union de la Hollande avec l’empereur, et pour celle de la république avec l’Espagne. Motifs du traité de l’Angleterre avec la France, et du désir de l’empereur de la paix du Nord. Divisions en Angleterre et blâme du traité avec la France. Menées et mesures des ministres suédois et des jacobites. Méchanceté de Bentivoglio à l’égard de la France et du régent. Étranges pensées prises à Rome de la triple alliance. Instruction et pouvoir d’Aldovrandi retournant de Rome en Espagne. Manèges d’Albéroni pour avancer sa promotion. Son pouvoir sans bornes; dépit et jalousie des Espagnols. Misères de Giudice. Vanteries d’Albéroni. Il fait de grands changements en Espagne. Politique et mesures entre le duc d’Albe et Albéroni. Caractère de Landi, envoyé de Parme à Paris. Vives mesures d’Albéroni pour détourner les Hollandais de traiter avec l’empereur, et les amener à traiter avec le roi d’Espagne à Madrid. Artificieuses impostures d’Albéroni sur la France. Il se rend seul maître de toutes les affaires en Espagne. Fortune de Grimaldo. Giudice s’en va enfin à Rome. Mesures d’Albéroni avec Rome. Étranges impressions prises à Rome sur la triple alliance. Conférence d’Aldovrandi avec le duc de Parme à Plaisance. Hauteur, à son égard, de la reine d’Espagne. L’Angleterre, alarmée des bruits d’un traité négocié par le pape entre l’empereur et l’Espagne, fait là-dessous des propositions à Albéroni. Sa réponse à Stanhope. Son dessein. Son artifice auprès du roi d’Espagne pour se rendre seul maître de toute négociation. Fort propos du roi d’Espagne à l’ambassadeur de Hollande sur les traités avec lui et l’empereur. Chapitre X.

14. Chapitre XI. Le roi d’Angleterre à Londres. Intérieur de son ministère. Ses mesures. Gyllembourg, envoyé de Suède, arrêté. Son projet découvert. Mouvement causé par cette action parmi les ministres étrangers et dans le public. Mesures du roi d’Angleterre et de ses ministres. L’Espagne, à tous hasards, conserve des ménagements pour le Prétendant. Castel-Blanco. Le roi de Prusse se lie aux ennemis du roi d’Angleterre. Les Anglais ne veulent point se mêler des affaires de leur roi en Allemagne. Goertz arrêté à Arnheim et le frère de Gyllembourg à la Haye, par le crédit du Pensionnaire. Sentiment général des Hollandais sur cette affaire. Leur situation. Entrevue du Prétendant, passant à Turin, avec le roi de Sicile, qui s’en excuse au roi d’Angleterre. Cause de ce ménagement. Réponse ferme de Goertz interrogé en Hollande. L’Angleterre et la Hollande communiquent la triple alliance au roi d’Espagne. Soupçons, politique et feinte indifférence de ce monarque. Mauvaise santé du roi d’Espagne. Burlet, premier médecin du roi d’Espagne, chassé. Craintes de la reine d’Espagne et d’Albéroni. Ses infinis artifices pour hâter sa promotion. Clameurs de Giudice contre Aldovrandi, Albéroni et Aubenton. Angoisses du pape entraîné enfin. Il déclare Borromée cardinal seul et sans ménagement pour Albéroni. Mesures et conseils d’Acquaviva et d’Alexandre Albani à Albéroni. Nouveaux artifices d’Albéroni pour hâter sa promotion, ignorant encore celle de Borromée. Albéroni fait travailler à Pampelune et à la marine; fait considérer l’Espagne; se vante et se fait louer de tout; traite froidement le roi de Sicile; veut traiter à Madrid avec les Hollandais. Journées uniformes et clôture du roi et de la reine d’Espagne. Albéroni veut avoir des troupes étrangères; hait Monteléon. Singulière et confidente conversation de Stanhope avec Monteléon. Dettes et embarras de l’Angleterre. Mesures contre la Suède. Conduite d’Albéroni à l’égard de la Hollande. Le Pensionnaire fait à Beretti une ouverture de paix entre l’empereur et le roi d’Espagne. L’Angleterre entame une négociation à Vienne pour la paix entre l’empereur et le roi d’Espagne. Lettre de Stanhope à Beretti, et de celui-ci à Albéroni. Son embarras. Ordres qu’il en reçoit et raisonnement. Vues et mesures de commerce intérieur et de politique au dehors d’Albéroni. Angoisses du roi de Sicile éconduit par l’Espagne. Venise veut se raccommoder avec le roi d’Espagne.Chapitre XI.

14. Chapitre XII. Le régent livré à la constitution sans contre-poids. Le nonce Bentivoglio veut faire signer aux évêques que la constitution est règle de foi, et y échoue. Appel de la Sorbonne et des quatre évêques. J’exhorte en vain le cardinal de Noailles à publier son appel, et lui en prédis le succès et celui de son délai. Variations du maréchal d’Huxelles dans les affaires de la constitution. Entretien entre M. le duc d’Orléans et moi sur les appels de la constitution, tête à tête, dans sa petite loge à l’Opéra. Objection du grand nombre. Le duc de Noailles vend son oncle à sa fortune. Poids des personnes et des corps. Conduite à tenir par le régent. Raisons personnelles. Le régent arrête les appels et se livre à la constitution.Chapitre XII.

14. Chapitre XIII. Mlle de Chartres prend l’habit à Chelles. Mort d’Armentières. Mort du duc de Béthune. Mort de Mme d’Estrades. Son beau-fils va en Hongrie avec le prince de Dombes. Indécence du carrosse du roi expliquée. Maupeou président à mortier, depuis premier président. Nicolaï obtient pour son fils la survivance de sa charge de premier président de la chambre des comptes. Bassette et pharaon défendus. Mort et famille de la duchesse douairière de Duras. Mort de la duchesse de Melun. Mort de la comtesse d’Egmont. Mort de Mme de Chamarande. Éclaircissement sur sa naissance. Mort de l’abbé de Vauban. Mariage d’une fille de la maréchale de Boufflers avec le fils unique du duc de Popoli. Le duc de Noailles manque le prince de Turenne pour sa fille aînée, et la marie au prince Charles de Lorraine, avec un million de brevet de retenue sur sa charge de grand écuyer; et un triste succès de ce mariage. M. le comte de Charolais part furtivement pour la Hongrie par Munich. Personne ne tâte de cette comédie. Il ne voit point l’empereur ni l’impératrice, quoique le prince de Dombes les eût vus, dont M. le Duc se montre fort piqué. L’abbé de La Rochefoucauld va en Hongrie et meurt à Bude. Conduite de M. et de Mme du Maine dans leur affreux projet. Causes et degrés de confusion et de division dont ils savent profiter pour se former un parti. Formation d’un parti aveugle composé de toutes pièces sans aveu de personnes, qui ose de soi-même usurper le nom de noblesse. But et adresse des conducteurs. Folie et stupidité des conduits. Menées du grand prieur et de l’ambassadeur de Malte pour en exciter tous les chevaliers, qui reçoivent défense du régent de s’assembler que pour les affaires uniquement de leur ordre. Huit seigneurs veulent présenter au nom de la prétendue noblesse un mémoire contre les ducs. Le régent ne reçoit point le mémoire et les traite fort sèchement. Courte dissertation de ces huit personnages. Embarras de cette noblesse dans l’impossibilité de répondre sur l’absurdité de son projet. Chapitre XIII.

14. Chapitre XIV. Différence diamétrale du but des assemblées de plusieurs seigneurs et gentilshommes en 1649, de celles de cette année. Copie du traité original d’union et association de plusieurs de la noblesse en 1649, et des signatures. Éclaircissement sur les signatures. Requête des pairs au roi à même fin que l’association de plusieurs de la noblesse en 1649. Comparaison de la noblesse de 1649 avec celle de 1717. Succès et fin des assemblées de 1649. Ma conduite avec le régent sur l’affaire des princes du sang et des bâtards, et sur les mouvements de la prétendue noblesse. Les bâtards ne prétendent reconnaître d’autres juges que le roi majeur ou les états généraux du royaume, et s’attirent par là un jugement préparatoire. Excès de la prétendue noblesse trompée par confiance en ses appuis. Conduite et parfaite tranquillité des ducs. Arrêt du conseil de régence portant défense à tous nobles de s’assembler, etc., sous peine de désobéissance. Ma conduite dans ce conseil suivie par les ducs, puis par les princes du sang et bâtards. Succès de l’arrêt. Gouvernement de Saint-Malo à Coetquen, et six mille livres de pension à Laval. Mensonge impudent de ce dernier prouvé, et qui lui demeure utile, quoique sans nulle parenté avec la maison royale. Maison de Laval-Montfort très différente des Laval-Montmorency, expliquée. Autre imposture du même M. de Laval sur la préséance sur le chancelier. Premier exemple de mariage de fille de qualité avec un secrétaire d’État. Chapitre XIV.

14. Chapitre XV. Six conseillers d’État nommés commissaires, et l’un d’eux rapporteur de l’affaire des princes du sang et bâtards au conseil de régence, et temps court fixé aux deux partis pour lui remettre leurs papiers. Extrême embarras du duc et de la duchesse du Maine. Leurs mesures forcées. Requête de trente-neuf personnes, se disant la noblesse, présentée par six d’entre eux au parlement pour faire renvoyer l’affaire des princes du sang et des bâtards aux états généraux du royaume. Réflexion sur cette requête. Le premier président avec les gens du roi portent la requête au régent et lui demandent ses ordres. Digression sur la fausseté d’un endroit, entre autres, concernant cette affaire, des Mémoires manuscrits de Dangeau. Courte dissertation sur les porteurs de la requête de la prétendue noblesse au parlement, et sur cette démarche. Les six porteurs de la requête au parlement arrêtés par des exempts des gardes du corps, et conduits à la Bastille et à Vincennes. Libelle très séditieux répandu sur les trois états. Le régent travaille avec le rapporteur et avec les commissaires. Formation d’un conseil extraordinaire de régence pour juger. Lettre sur le dixième et la capitation de force gentilshommes de Bretagne au comte de Toulouse, pour tocsin de ce qui y suivit bientôt. Députation du parlement au roi pour lui rendre compte de ce qui s’y était passé sur l’affaire des princes du sang et bâtards, et recevoir ses ordres. Arrêt en forme d’édit rendu au conseil de régence, enregistré au parlement, qui prononce sur l’affaire des princes du sang et des bâtards; adouci par le régent, et aussitôt après adouci de son autorité contre la teneur de l’arrêt. Rage de la duchesse du Maine. Douleur de Mme la duchesse d’Orléans. Scandale du monde. Les six prisonniers très honorablement remis en liberté; leur hauteur. Misère du régent. Il ôte néanmoins la pension et le logement qu’il donnait à M. de Châtillon, qui va s’enterrer pour toujours en Poitou. Conduite des ducs en ces mouvements, et la mienne particulière. Motifs et mesures des bâtards et du duc de Noailles, peut-être les mêmes, peut-être différents, pour faire convoquer les états généraux. Occasion de la pièce suivante, qui empêche la convocation des états généraux. Raisons de l’insérer ici, et après coup. Chapitre XV.

14. Chapitre XVI. Projet d’états généraux fréquents de Mgr le Dauphin, père du roi. Je voulais des états généraux à la mort du roi. Embarras des finances et subsidiairement de l’affaire des princes. Motifs de vouloir les états généraux. Trait sur le duc de Noailles. Introduction à l’égard des finances. État de la question. Grande différence d’assembler d’abord, et avant d’avoir touché à rien, les états généraux, ou après tout entamé et tant d’opérations. Chambre de justice, mauvais moyen. Timidité, artifice et malice du duc de Noailles sur le duc de La Force, très nuisible aux affaires. Banque du sieur Law. Première partie: raisons générales de l’inutilité des états. Malheur du dernier gouvernement. Choc certain entre les fonciers et les rentiers. Premier ordre divisé nécessairement entre les rentiers et les fonciers, quoique bien plus favorables aux derniers. Second ordre tout entier contraire aux rentiers. Éloge et triste état du second ordre. Troisième ordre tout entier pour les rentes. Choc entre les deux premiers ordres et le troisième sur les rentes, certain et dangereux. Pareil choc entre les provinces sur les rentes, auxquelles le plus grand nombre sera contraire. Ce qu’il paraît de M. le duc d’Orléans sur l’affaire des princes. Ses motifs de la renvoyer aux états généraux. Certitude du jugement par les états généraux et de l’abus des vues de Son Altesse Royale à son égard. États généraux parfaitement inutiles pour le point des finances et pour celui de l’affaire des princes. Deuxième partie: inconvénients des états généraux. Rangs et compétences. Autorité et prétentions. Difficulté de conduite et de réputation pour M. le duc d’Orléans. Danger et dégoût des promesses sans succès effectif. Fermeté nécessaire. Demandes des états. Propositions des états. Nulle proportion ni comparaison de l’assemblée des états généraux à pas une autre. Deux moyens de refréner les états, mais pernicieux l’un et l’autre. Refus. Danger de formation de troubles. Autorité royale à l’égard du jugement de l’affaire des princes. Troisième partie: premier ordre. La constitution Unigenitus. Juridiction ecclésiastique. Deuxième ordre. Le deuxième ordre voudra seul juger l’affaire des princes. Trait sur les mouvements de la prétendue noblesse et sur le rang de prince étranger. Partialités et leurs suites. Situation du second ordre, d’où naîtront ses représentations et ses propositions. Choc entre le second ordre et le troisième ordre inévitable, sur le soulagement du second. Mécontentement du militaire. Troisième ordre et ce qui le compose. Troisième ordre en querelle et en division. Confusion intérieure en laquelle le second ordre prendra partie; et [troisième ordre] commis d’ailleurs entre les deux premiers ordres. Grande et totale différence de la tenue des états généraux, à la mort du roi, d’avec leur tenue à présent. Tiers état peu docile, et dangereux en matière de finance. Péril de la banque du sieur Law. Trait sur le duc de Noailles. Exemples qui doivent dissuader la tenue des états généraux. États généraux utiles, mais suivant le temps et les conjonctures. Courte récapitulation des inconvénients d’assembler les états généraux. Conclusion. Trait sur le duc de Noailles. Vues personnelles à moi répandues en ce mémoire. Chapitre XVI.

14. Chapitre XVII. M. le duc d’Orléans, prêt à se rendre sur les états, se trouve convaincu par le mémoire, et on n’entend plus parler d’états généraux. Mémoire sur les finances annoncé par le duc de Noailles. M. le duc d’Orléans me parle du mémoire; d’un comité pour les finances; me propose à deux reprises d’en être, dont je m’excuse fortement. Le duc de Noailles lit son mémoire en plusieurs conseils de régence. Quelle cette pièce. Je suis bombardé du comité, au conseil de régence, où, malgré mes excuses, je reçois ordre d’en être. M. de Fréjus obtient personnellement l’entrée du carrosse du roi, où jamais évêque non pair, ni précepteur, ni sous-gouverneur n’était entré, lesquels sous-gouverneurs l’obtiennent aussi. Dispute sur la place du carrosse entre le précepteur et le sous-gouverneur, qui la perd. Mariage de Fresnel avec Mlle Le Blanc; de Flamarens avec Mlle de Beauvau; de La Luzerne avec Mme de La Varenne; du marquis d’Harcourt avec Mlle de Barbezieux, dont le duc d’Albert veut épouser la soeur et y trouve des obstacles. Arouet à la Bastille, connu depuis sous le nom de Voltaire. Mort du vieux prince palatin de Birkenfeld. Mort de la duchesse douairière d’Elboeuf. Mort de M. de Montbazon. Mort de la fameuse Mme Guyon. Six mille livres de pension au maréchal de Villars. Dix mille livres au duc de Brissac. Six mille livres de pension à Blancménil, avocat général. Canillac lieutenant général de Languedoc. Duel à Paris de Contade et de Brillac, dont il n’est autre chose. Je fais acheter ce diamant unique en tout, qui fut nommé le Régent. Chapitre XVII.

14. Chapitre XVIII. Le czar vient en France, et ce voyage importune. Origine de la haine personnelle du czar pour le roi d’Angleterre. Kurakin ambassadeur de Russie en France; quel. Motifs et mesures du czar qui veut, puis ne veut plus être catholique. Courte réflexion sur Rome. Il est reçu à Dunkerque par les équipages du roi, et à Calais par le marquis de Nesle. Il est en tout défrayé avec toute sa suite. On lui rend parfois les mêmes honneurs qu’au roi. On lui prépare des logements au Louvre et à l’hôtel de Lesdiguières, qu’il choisit. Je propose au régent le maréchal de Tessé pour le mettre auprès du czar pendant son séjour, qui l’attend à Beaumont. Vie que menait le maréchal de Tessé. Journal du séjour du czar à Paris. Verton, maître d’hôtel du roi, chargé des tables du czar et de sa suite, gagne les bonnes grâces du czar. Grandes qualités du czar; sa conduite à Paris. Sa figure; son vêtement; sa nourriture. Le régent visite le czar. Le roi visite le czar en cérémonie. Le czar visite le roi en toute pareille cérémonie. Le czar voit les places du roi en relief. Le czar visite Madame, qui l’avait envoyé complimenter; puis [va] à l’Opéra avec M. le duc d’Orléans, qui là lui sert à boire. Le czar aux Invalides. Mme la duchesse de Berry et Mme la duchesse d’Orléans, perdant espérance d’ouïr parler du czar, envoient enfin le complimenter. Il ne distingue les princes du sang en rien, et trouve mauvais que les princesses du sang prétendissent qu’il les visitât. Il visite Mme la duchesse de Berry. Dîne avec M. le duc d’Orléans à Saint-Cloud, et visite Mme la duchesse d’Orléans au Palais-Royal. Voit le roi comme par hasard aux Tuileries. Le czar va à Versailles. Dépense pour le czar. Il va à Petit-Bourg et à Fontainebleau; voit en revenant Choisy, et par hasard Mme la princesse de Conti un moment, qui y était demeurante. Le czar va passer plusieurs jours à Versailles, Trianon et Marly; voit Saint-Cyr; fait à Mme de Maintenon une visite insultante. Je vais voir le czar chez d’Antin tout à mon aise sans en être connu. Mme la duchesse l’y va voir par curiosité. Il en est averti; il passe devant elle, la regarde, et ne fait ni la moindre civilité, ni semblant de rien. Présents. Le régent va dire adieu au czar, lequel va dire adieu au roi sans cérémonie, et reçoit chez lui celui du roi de même. Départ du czar, qui ne veut être accompagné de personne. Il va trouver la czarine à Spa. Le czar visite le régent. Personnes présentées au czar. Maréchal de Tessé commande tous les officiers du roi servant le czar. Le czar, en partant, s’attendrit sur la France et sur son luxe. Il refuse le régent qui, à la prière du roi d’Angleterre, désirait qu’il retirât ses troupes du Mecklenbourg. Il désire ardemment de s’unir avec la France, sans pouvoir réussir, à notre grand et long dommage, par l’intérêt de l’abbé Dubois et l’infatuation de l’Angleterre funestement transmise à ses successeurs. Chapitre XVIII.

14. Chapitre XIX. Mort du palatin de Livonie. Nouveaux manèges d’Albéroni pour sa promotion. Giudice à Gènes, misère de ses neveux. Effet à Madrid de la promotion de Borromée. Patiño depuis premier ministre et grand. Vanteries d’Albéroni. Le roi de Sicile inquiet désire être compris dans le traité projeté de l’Espagne avec la Hollande. Réponse d’Albéroni. Albéroni change tout à coup de système et en embrasse un fort peu possible, et encore avec d’étranges variations. Ses ordres à Beretti là-dessus. Les Hollandais désirent l’union avec l’Espagne. Ils craignent la puissance et l’ambition de l’empereur et les mouvements du roi de Prusse. Plaintes et dépit du roi de Prusse contre le roi d’Angleterre. Cabales et changements en Angleterre. Beretti propose d’attacher à l’Espagne plusieurs membres principaux des états généraux, qu’il nomme, par des pensions. Lettre d’Albéroni à Beretti suivant son nouveau système, pour être montrée au Pensionnaire et à quelques autres de la république, et parle en même sens à Riperda. Riperda découvre un changement dans le dernier système d’Albéroni, et prévoit le dessein sur la Sicile. Esprit continuel de retour à la succession de France. Double friponnerie d’Albéroni et d’Aubenton sur la constitution. Artifices d’Albéroni pour sa promotion; ses éclats et ses menaces. Mauvais état des finances d’Espagne. Propos des ministres d’Angleterre et de Hollande à celui de Sicile, en conformité du dernier système d’Albéroni, et lui font une proposition étrange. Il élude d’y répondre et fait une curieuse et importante découverte. Albéroni, sous le nom de la reine, éclate en menaces, ferme l’Espagne à Aldovrandi, fait un reproche et donne une leçon à Acquaviva, avec l’air de le ménager. Nouveaux efforts d’Albéroni pour sa promotion. Rare bref du pape au P. Daubenton. Le roi d’Espagne parle trois fois à Riperda suivant le système d’Albéroni. L’ambassadeur de Sicile, alarmé sur la cession de cette île, élude de répondre aux propositions de l’ambassadeur de Hollande. Albéroni change de batteries et veut plaire au pape pour obtenir sa promotion. Embarras du pape. Vénitiens mal avec la France et avec l’Espagne. Acquaviva veut gagner le cardinal Ottobon. Vil intérêt des Romains. Réflexion sur les cardinaux français. Changement de plus en plus subit de la conduite d’Albéroni sur sa promotion. Ses raisons. Conduite et ordres d’Albéroni à Beretti suivant son dernier système. Raisonnements de Beretti. Agitations intérieures de la cour d’Angleterre. Chapitre XIX.

NOTES. 

I. Causes de la disgrâce de Fouquet. Son procès
II. Charles XII. Projets qu’il avait formés dans les derniers temps de son règne. Ses relations avec le régent. 
III. Assemblée de la noblesse en 1649
IV. Pays ou provinces d’états.
V. Tiers état aux états généraux de 1302.

QUINZIÈME VOLUME. 
Liste des Chapitres

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I
II
III
IV
V
VI
VII
VIII
IX
X
XI
XII
XIII
XIV
XV
XVI
XVII
XVIII
XIX
Notes
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15. Chapitre I. Attention générale sur le voyage du czar à Paris. Le roi de Prusse tenté et détourné d’y venir. Vues et conduite de ce prince. Liaison entre le roi de Prusse et le czar. Inquiétude du roi d’Angleterre sur le czar. Il est forcé de réformer dix mille hommes. Servitude de la Hollande pour l’Angleterre. Union et traité entre le czar et le roi de Prusse. Mesures du czar avec la France et avec le roi de Pologne. Mesures sur le séjour des troupes moscovites dans le Mecklembourg. Le pape veut lier le czar avec l’empereur contre le Turc. Manèges d’Albéroni en France pour son chapeau. Véritables raisons du changement de conduite d’Albéroni à l’égard du pape. Le pape écrit au czar; il le veut liguer avec l’empereur et obtenir le libre exercice de la religion catholique dans ses États. Le czar l’amuse et se moque de lui. Il en parle très sensément au maréchal de Tessé. Molinez, inquisiteur général d’Espagne, revenant de Rome en Espagne, arrêté à Milan. Embarras et caractère du pape. Promotion d’Albéroni est l’unique affaire. Il se moque de Molinez, s’assure du régent sur sa promotion. Ses vanteries. La cour d’Espagne à l’Escurial malgré la reine. Aldovrandi y arrive. Manèges d’Albéroni. L’Angleterre reprend la négociation de la paix entre l’empereur et l’Espagne. Divisions domestiques en Angleterre. Son inquiétude sur le czar. Troupes russiennes sortent du Mecklembourg. Le Danemark, inquiet sur le nord, éprouve le mécontentement de la Russie. Le czar veut traiter avec la France. Obstacles du traité. Le czar en mesure avec l’empereur à cause du czarowitz. Plaintes et avis du roi de Prusse. Offices du régent sur le nord. Scélératesse du nonce Bentivoglio. Le Prétendant à Rome; y sert Albéroni. Soupçons de nouveaux délais de sa promotion. Hauteurs et manèges du pape. Départ de Cadix de la flotte d’Espagne. Scélératesse d’Albéroni. Giudice à Rome. Misère de sa conduite, de sa position, de sa réputation. Friponnerie d’Ottobon. Chiaous à Marseille. Vie solitaire et pénitente de Ragotzi. Chapitre I.

15. Chapitre II. Le général et l’intendant de nos îles paquetés et renvoyés en France par les habitants de la Martinique. Mort de la duchesse de La Trémoille; du fils unique du maréchal de Montesquiou; de Busanval; d’Harlay, conseiller d’État. Caractère et singularités de ce dernier. Mort de Dongois, greffier en chef du parlement. Mort et deuil d’un fils du prince de Conti. Affaire de Courson, intendant de Bordeaux et conseiller d’État, et de la ville, etc. , de Périgueux. Courson, cause de la chute de des Forts, son beau-frère; et seul coupable, se soutient. Le maréchal de Tallard entre au conseil de régence. Question de préséance entre le maréchal d’Estrées et lui, jugée en sa faveur. Son aventure au même conseil. Duc d’Albert gouverneur d’Auvergne. Maréchal de Tessé quitte le conseil de marine. Grâces accordées aux conseillers du grand conseil. Le roi Stanislas près d’être enlevé aux Deux-Ponts; quelque temps après reçu en asile à Weissembourg en basse Alsace. Naissance du prince de Conti et d’un fils du roi de Portugal. fête donnée par son ambassadeur. La Forêt; quel; perd un procès de suite importante. Le régent assiste, à la royale, à la procession de Notre-Dame, le 15 août. Le parlement refuse d’enregistrer la création de deux charges dans les bâtiments. Fête de Saint-Louis. Rare leçon du maréchal de Villeroy. Chapitre II.

15. Chapitre III. Comité pour les finances. Ma conduite à cet égard. Je propose en particulier au chancelier la réforme de quelques troupes distinguées avec les raisons et la manière de la faire. Il l’approuve; mais elle demeure entre nous deux par la faiblesse du régent. Fin et résolution du comité des finances mises en édit. Démêlé ajusté entre le premier président avec les enquêtes pour le choix et le nombre des commissaires du parlement, quand il en faut nommer. Le parlement veut qu’on lui rendre compte des finances avant d’opiner sur l’enregistrement de l’édit, et l’obtient. Il l’enregistre enfin avec peine. Misère du régent; peur et valetage du duc de Noailles. Évêques prétendent inutilement des carreaux à l’anniversaire du feu roi. Entreprise de nouveau condamnée entre les princesses du sang, femmes et filles, au mariage de Chalmazel avec une soeur du maréchal d’Harcourt. Mme la duchesse d’Orléans achète Bagnolet. Maison donnée à Paris aux chanceliers; et Champ donné à la princesse de Conti pour La Vallière, aux dépens du financier Bourvalais. Ragotzi s’en va en Turquie; ce qu’il devient jusqu’à sa mort. Victoire du prince Eugène sur les Turcs. Prise de Belgrade. Mort de Villette et d’Estrade. Le fils du dernier obtient sa mairie de Bordeaux. Mme de Mouchy et Rion, dame d’atours et premier écuyer en second de Mme la duchesse de Berry. Changement parmi ses dames. Diverses grâces de M. le duc d’Orléans. Retour de Hongrie des Français. Mort du duc de Ventadour; extinction de son duché-pairie. Mort de Moncault. J’achète pour mes enfants deux régiments de cavalerie. Abbé Dubois repasse en Angleterre. Peterborough arrêté dans l’État ecclésiastique. Chapitre II.

15. Chapitre IV. Mépris d’Albéroni pour la détention de Molinez. Ses réflexions sur la situation de l’Europe. Son dégoût de Beretti. Conduite et pensée de cet ambassadeur. Inquiétude et avis de Beretti. Différents sentiments sur l’empereur en Angleterre. Manège intérieur de cette cour. Même diversité de sentiments sur l’union établie entre le régent et le roi d’Angleterre. Empressement et offres des ministres d’Angleterre au régent pour l’unir avec l’empereur et y faire entrer l’Espagne. Saint-Saphorin employé par le roi d’Angleterre à Vienne; quel. Son avis sur les traités à faire. Roi de Prusse suspect à Vienne et à Londres. Son caractère et sa conduite. Ministres hanovriens dévoués à l’empereur, qui veut tenir le roi d’Angleterre en dépendance. Complaisance de ce dernier à lui payer un reste de subsides, qui excite du bruit en Angleterre et dans le nord. Hauteur de l’empereur sur Peterborough. Secret profond de l’entreprise sur la Sardaigne. Conseils du duc de Parme au roi d’Espagne. Colère du pape sur l’accommodement signé en Espagne. Contre-temps du Prétendant. Adresse hardie d’Acquaviva. Congrégation consultée favorable à Albéroni, contraire à Aldovrandi, qui excuse Albéroni sur la destination de la flotte espagnole. L’entreprise de l’Espagne, au-dessus de ses forces sans alliés, donne lieu à beaucoup de divers raisonnements. Albéroni se moque d’Aldovrandi et de Mocenigo. L’entreprise généralement blâmée, colorée de l’enlèvement de Molinez. Vanteries et fausseté impudente d’Albéroni. Inquiétude pour la Sicile. Le secret confié au seul duc de Parme. Ses avis et ses conseils. Albéroni fait cardinal dans le consistoire du 12 juillet. Cris sur sa promotion. Giudice s’y distingue. Malaise du roi d’Angleterre dans sa cour et dans sa famille. Comte d’Oxford absous en parlement. Éclat entre le roi d’Angleterre et le prince de Galles. Inquiétude sur l’entreprise d’Espagne moindre en Hollande qu’à Londres. Applaudissements et avis de Beretti. Son intérêt personnel. Les Impériaux somment le roi d’Angleterre de secours avec peu de succès. Caractère du comte de Peterborough. Secret profond de la destination de l’entreprise de l’Espagne. Double hardiesse d’Albéroni. Plaintes et menaces de Gallas, qui font trembler le pape. Frayeur de toute l’Italie. Hauteur et sécurité d’Albéroni. Aldovrandi veut persuader que l’entreprise se fait malgré Albéroni. Mouvements partout contre cette entreprise, et opinions diverses. Chapitre IV.

15. Chapitre V. L’Espagne publie un manifeste contre l’empereur. Déclaration vague de Cellamare au régent. Efforts d’Albéroni pour exciter toutes les puissances contre l’empereur; veut acheter des vaisseaux dont il manque; en est refusé. Ses bassesses pour l’Angleterre inutiles. Singulières informations d’Albéroni sur Riperda. Cet ambassadeur cru vendu à Albéroni et soupçonné de vouloir s’attacher au service du roi d’Espagne. Aldovrandi cru, à Rome et ailleurs, vendu à Albéroni. Artifices de ce dernier sur son manque d’alliés. Ses offres à Ragotzi. Fureur d’Albéroni contre Giudice. Crainte et bassesse de ses neveux. Le roi d’Espagne défend à ses sujets de voir Giudice à Rome et tout commerce avec lui. Point de la succession de Toscane. Manèges des ministres hanovriens pour engager le régent à s’unir à l’empereur. L’Angleterre désire la paix de l’empereur et de l’Espagne, et veut envoyer faire des efforts à Madrid. Ruses à Londres avec Monteléon. Soupçons et vigilance de Koenigseck à Paris. Entreprise sur Ragotzi sans effet. Les Impériaux lui enlèvent des officiers à Hambourg. Baron de Goertz mis en liberté. Le czar plus que froid aux propositions du roi d’Angleterre, lequel rappelle ses vaisseaux de la mer Baltique. Situation personnelle du roi d’Angleterre avec les Anglais. Il choisit le colonel Stanhope, cousin du secrétaire d’État, pour aller en Espagne. Visite et singulier conseil de Châteauneuf à Beretti. Sentiment des ministres d’Angleterre sur l’entreprise de l’Espagne en soi. Wolckra rappelé à Vienne; Penterrieder attendu à Londres en sa place pour y traiter la paix entre l’empereur et l’Espagne avec l’abbé Dubois. Artifices de Saint-Saphorin auprès du régent de concert avec Stairs. Vaine tentative de l’empereur pour de nouveaux honneurs à son ambassadeur en France. Inquiétude de l’Angleterre; ses soupçons du roi de Sicile. Misérables flatteries à Albéroni. Cellamare excuse et confie le secret de l’entreprise de l’Espagne au régent; dont la réponse nette ne le satisfait pas. Nouveau complot des Impériaux pour se défaire de Ragotzi, inutile. Sèche réponse des ministres russiens aux propositions de l’Angleterre. La flotte espagnole en Sardaigne. Le pape, effrayé des menaces de Gallas, révoque les indults accordés au roi d’Espagne; lui écrit une lettre à la satisfaction des Impériaux; désire au fond succès à l’Espagne; offre sa médiation. Misérables flatteries à Albéroni. Il fait ordonner à Giudice d’ôter les armes d’Espagne de dessus la porte de son palais à Rome. Sa conduite et celle de ses neveux. Victoire du prince Eugène sur les Turcs. Il prend Belgrade, etc. Soupçons de l’empereur à l’égard de la France. Entreprise inutile sur la vie du prince Ragotzi. Deux Français à lui arrêtés à Staden. Séélératesse de Welez. Artifices de l’Angleterre et de Saint-Saphorin pour lier le régent à l’empereur, et en tirer des subsides contre les rois d’Espagne et de Sicile. Artifices du roi de Prusse auprès du régent sur la paix du nord. Goertz à Berlin; y attend le czar. Propositions de ce ministre pour faire la paix de la Suède. Soupçons du roi de Prusse à l’égard de la France, à qui il cache les propositions de Goertz. Hasard à Paris qui les découvre. L’Angleterre liée avec l’empereur par des traités précis, et craignant pour son commerce de se brouiller avec l’Espagne, y envoie par Paris le colonel Stanhope. Objet de cet envoi, et par Paris. Artifices de l’Angleterre pour unir le régent à l’empereur. Georges et ses ministres en crainte du czar et de la Prusse, en soupçon sur la France. Leur haine pour Châteauneuf. Bolingbroke secrètement reçu en grâce par le roi d’Angleterre. Opiniâtreté d’Albéroni. Leurres sur la Hollande. État et suite de la vie de Riperda. Venise se déclare pour l’empereur. Colère d’Albéroni. Ses étranges vanteries et ses artifices pour se faire un mérite de se borner à la Sardaigne cette année, sentant l’impossibilité de faire davantage. Sa fausseté insigne à Rome. Embarras et conduite artificieuse et opiniâtre d’Albéroni. Sa réponse à l’envoyé d’Angleterre. Albéroni se fait un bouclier d’un équilibre en Europe; flatte bassement la Hollande; n’espère rien de l’Angleterre. Plan qu’il se propose pour objet en Italie; il le confie à Beretti et lui donne ses ordres en conséquence. Propos d’Albéroni; vanteries et fourberies insignes et contradictoires. Conduite d’Aubenton et d’Aldovrandi, qui lui sont vendus pour leur intérêt personnel. Les Impériaux demandent qu’Aldovrandi soit puni; effrayent le pape. Il révoque ses indults au roi d’Espagne; lui écrit au gré des Impériaux; en même temps le fait ménager et adoucir par Aldovrandi, à qui il écrit, et à Daubenton, de sa main. Frayeurs du duc de Parme, qui implore vainement la protection du pape et le secours du roi d’Espagne. Plaisant mot du cardinal del Giudice au pape. Le pape dépêche à Vienne sur des propositions sauvages d’Acquaviva, comptant sur le crédit de Stella qui voulait un chapeau pour son frère. Molinez transféré du château de Milan dans un des collèges de la ville. Vastes projets d’Albéroni, qui en même temps sent et avoue sa faiblesse. Propos trompeurs entre del Maro et Albéroni. Ses divers artifices. La Hollande inquiète est touchée de l’offre de l’Espagne de reconnaître sa médiation. Cadogan à la Haye; son caractère. Ses plaintes, sa conduite. Inquiétude de l’Angleterre sur le nord. Ses ministres détrompés sur le régent, reprennent confiance en lui; font les derniers efforts pour faire rappeler Châteauneuf. Substance et but du traité entre la France, le czar et la Prusse. Abbé Dubois à Londres et le colonel Stanhope à Madrid. Le czar parti de Berlin sans y avoir rien fait ni voulu écouter sur la paix du nord. Le roi de Prusse réconcilié avec le roi d’Angleterre, cherche à la tromper sur la paix du nord; se plaint de la France, qui le contente. Poniatowski à Paris; confident du roi de Suède, consulté par Kniphausen, lui trace le chemin de la paix du nord. Ardeur du roi d’Angleterre, et sa cause, pour pacifier l’empereur et l’Espagne qui ne s’en éloigne pas. Sentiment de Monteléon sur les Anglais. Sa situation redevenue agréable avec eux. Caractère du roi d’Angleterre et de ses ministres. Bassesse du roi de Sicile pour l’Angleterre, inutile. Son envoyé à Londres forme une intrigue à Vienne pour y réconcilier son maître. Opinion prétendue de l’empereur sur le régent et sur le roi de Sicile. Crainte publique des princes d’Italie. Sages pensées de Cellamare. Avis envenimés contre la France de Welez à l’empereur. Conseils enragés de Bentivoglio au pape, qui fait entendre qu’il ne donnera plus de bulles sans conditions et précautions. Chapitre V.

15. Chapitre VI. Saint-Albin coadjuteur de Saint-Martin des Champs. Infamie de l’abbé d’Auvergne. Dispute encore entre le grand et le premier écuyer. Le duc de Noailles et Law, brouillés, se raccommodent en apparence. Noailles obtient le gouvernement et capitainerie de Saint-Germain par la mort de Mornay. Plénoeuf, relaissé à Turin de peur de la chambre de justice, imagine d’y traiter le mariage d’une fille de M. le duc d’Orléans avec le prince de Piémont, pour se faire de fête. Je suis chargé de ce commerce malgré moi, et je m’en décharge sur l’abbé Dubois, à son retour d’Angleterre. Querelle entre le maréchal de Villeroy et le duc de Mortemart, premier gentilhomme de la chambre en année, qui la perd. Autres disputes des premiers gentilshommes de la chambre. Le maréchal de Villeroy refuse la prolongation du don de cinquante mille livres de rente sur Lyon. Son motif; sa conduite; explication de ce qu’il n’y perd rien. Quatre-vingt mille livres au duc de Tresmes. Le prince électoral de Saxe se déclare catholique à Vienne. Abbé de Louvois refuse l’évêché de Clermont; quel. Rion gouverneur de Cognac. Mort d’Oppède, mari secret de Mme d’Argenton, et de l’abbé de Langlée. Mort et famille de la comtesse de Soissons. Appel du cardinal de Noailles devenu public. La Parisière, évêque de Nîmes, exilé dans son diocèse. Affaire du pays de Lalleu, où je sers adroitement le duc de Boufflers. Anecdote singulière de l’étrange indécision du chancelier. Capacité singulière de d’Antin. Reconnaissance des députés du pays de Lalleu. Les ducs de La Force et de Noailles brouillés. Mme d’Arpajon dame de Mme la duchesse de Berry, et Bonivet maître de sa garde-robe. Mort du cardinal Arias, archevêque de Séville. Mort de Mme de Monjeu et de Richard Hamilton. Caractère de ce dernier. Assassinats et vols. Teneurs de jeux de hasard mis en prison. États de Bretagne orageux et rompus. Mme d’Alègre entre avec moi en mystérieux commerce qui dure plus d’un an. Abbé Dubois revient pour peu de jours d’Angleterre à Paris; y laisse sa correspondance à Nancré; trouve le roi d’Angleterre et le prince de Galles fort brouillés. Cause originelle de leur éloignement. Chapitre VI.

15. Chapitre VII. Idées et précautions d’Albéroni. État embarrassant du roi d’Espagne. Capacité de del Maro odieuse à Albéroni, qui le décrie partout. Ses exhortations et ses menaces au pape en faveur d’Aldovrandi. Manèges d’Aldovrandi. Sagacité de del Maro. Première audience du colonel Stanhope peu satisfaisante. Chimères d’Albéroni. Craintes d’Albéroni parmi sa fermeté. Son espérance en la Hollande fomentée par Beretti. Découverte de ce dernier sur le roi de Sicile. Faux raisonnements de Beretti sur les Hollandais. Abbé Dubois à Londres. Monteléon y est leurré; cherche à pénétrer et à se faire valoir. Audacieux avis des Anglais au régent sur son gouvernement intérieur; qu’ils voudraient changer à leur gré. Réflexions. Projets du czar à l’égard de la Suède, et ceux du roi de Prusse. Offres de la Suède. Conduite suspecte de Goertz, et celle du czar et du roi de Prusse en conséquence. Avis de ce dernier au régent. Ses chimères. Objet du roi d’Angleterre dans son désir de moyenner la paix entre l’empereur et l’Espagne à Londres. Penterrieder y arrive. Divers sentiments en Hollande. Conditions fondamentales proposées à l’Espagne pour la paix. Albéroni, aigri contre Stairs, est contenté par Stanhope, qui l’amuse sur l’affaire principale par une équivoque. Grande maladie du roi d’Espagne. Solitude de sa vie. Albéroni veut interdire toute entrée à Villena, majordome-major, qui, dans la chambre du roi d’Espagne, la reine présente, donne des coups de bâton au cardinal, et est exilé pour peu de temps. Le roi d’Espagne fait un testament. Chapitre VII.

15. Chapitre VIII. Opiniâtreté d’Albéroni contre la paix. Le pape fait imprimer son bref injurieux au roi d’Espagne, qu’Aldovrandi n’avait osé lui présenter. Ce nonce fait recevoir la constitution aux évêques d’Espagne. Anecdote différée. Servitude du pape pour l’empereur, qui le méprise et fait Czaki cardinal. Le pape fait arrêter le comte de Peterborough; et, menacé par les Anglais, le relâche avec force excuses. Sa frayeur, et celle du duc de Parme, de l’empereur. Conseils furieux et fous contre la France de Bentivoglio au pape. Son extrême embarras entre l’empereur et l’Espagne. Ses tremblantes mesures. Le pape avoue son impuissance pour la paix. Avis à l’Espagne et raisonnements sur Naples. Mesures militaires d’Albéroni, et sur la paix qu’il ne veut point. Mystère du testament du roi d’Espagne. Faiblesse d’esprit du roi d’Espagne guéri. Vanteries des forces d’Espagne, et conduite d’Albéroni. Ses mesures. L’Angleterre arme une escadre. Forts propos entre le duc de Saint-Aignan et Albéroni. Chimères de ce cardinal. Riperda, tout à Albéroni, tient à del Maro d’étranges propos. Dons faits au cardinal Albéroni, qui est nommé à l’évêché de Malaga, puis à l’archevêché de Séville. Il montre à del Maro son éloignement de la paix, qui en avertit le roi de Sicile. Le cardinalat prédit à Albéroni. Aldovrandi, pensant bien faire d’engager les prélats d’Espagne d’accepter la constitution, est tancé avec ordre de détruire cet ouvrage comme contraire à l’infaillibilité. Aldovrandi fort malmené. Griefs du pape contre lui. Demandes énormes de l’empereur au pape. Hauteur incroyable de l’empereur avec le pape qui tremble devant lui et qui est pressé par l’Espagne. Reproches entre le cardinal Acquaviva et le prélat Alamanni de la part du pape. Mouvements inutiles dans le royaume de Naples. Soupçons sur le roi de Sicile, qui envoie le comte de Provane à Paris. Le duc de Modène n’ose donner sa fille au Prétendant qui est pressé de tous côtés de se marier. Les neveux du pape vendus à l’empereur. Faiblesse entière du pape pour le cardinal Albane, sans l’aimer ni l’estimer. Crainte de ce neveu à l’égard d’Aldovrandi. Gallas et Acquaviva également bien informés par l’intérieur du palais du pape. [Le pape] veut se mêler de la paix entre l’empereur et l’Espagne. Hauteur et menaces des Impériaux sur la paix, qui déplaisent eu Hollande. Manèges intéressés de Beretti. Friponnerie de l’abbé Dubois. Manèges intéressés de Monteléon, qui compte sur Chavigny, amené par l’abbé Dubois à Londres, et en est trompé. Inquiétude chimérique des Anglais d’un mariage du prince de Piémont avec une fille du régent. Même inquiétude, et personnelle, de La Pérouse. Il apprend de Penterrieder que l’empereur veut absolument la Sicile, avec force propos hauts et caressants. Il l’assure de tout l’éloignement de la France pour le roi de Sicile. Court voyage de l’abbé Dubois à Paris. Cajoleries du roi d’Angleterre à la reine d’Espagne et à Albéroni, en cas de mort du roi d’Espagne. Proposition du roi d’Espagne pour entrer en traité avec l’empereur par l’Angleterre. Manège des ministres du roi d’Angleterre. Ils n’ont point de secret pour Penterrieder. Résolution du régent sur le traité, mandée par l’abbé Dubois en Angleterre. Inquiétude des ministres de Sicile à Londres et à Paris. Éclat entre le roi d’Angleterre et le prince de Galles. Manège et embarras de La Pérouse. L’Angleterre arme doucement une escadre pour la Méditerranée. Plaintes de Monteléon. Réponse honnête, mais claire, des ministres anglais. Chimère imaginée par les ennemis du régent, qu’il voulait obtenir de l’empereur la succession de la Toscane pour M. son fils. Beretti, trompé par de faux avis, compte avec grande complaisance sur la Hollande, dont il écrit merveilles en Espagne, et de la partialité impériale des Anglais. Chapitre VIII

15. Chapitre IX. Mouvements du roi de Prusse à divers égards. Son caractère et ses embarras. Tentatives pleines d’illusions de Cellamare, qui découvre avec art la vraie disposition du régent sur les affaires présentes. Mouvements en Bretagne. Idées d’Albéroni. Il s’emporte contre les demandes de l’empereur au pape, surtout sur celle qui le regarde personnellement. Déclaration du roi d’Espagne sur la paix. Propos, sentiment, conduite d’Albéroni. Ses préparatifs. Son profond secret. Sa toute-puissance en Espagne. Monti à Madrid. Le roi d’Espagne inaccessible. Souverain mépris d’Albéroni pour Rome. Sa conduite sur le bref injurieux au roi d’Espagne. Aldovrandi occupé de rapprocher les deux cours et de se justifier à Rome sur ce qu’il avait fait à l’égard de l’acceptation de la constitution en Espagne. Délicatesse de Rome étrangement erronée. Anecdote importante sur la constitution entre l’archevêque de Tolède et moi. Son caractère. La nonciature chassée de Naples. Le pape, n’osant rien contre l’empereur, s’en prend à l’Espagne. Rare expédient du pape sur la non-résidence d’Albéroni en son évêché de Malaga. Réflexion. Délicatesse horrible de Rome. Fureurs de Bentivoglio qui dégoûtent de lui les siens mêmes. Il donne au pape des conseils extravagants sur les affaires temporelles. D. Alexandre Albane passe pour vendu à l’Espagne. Mauvais gouvernement du pape. Il refuse les bulles de Séville à Albéroni. Frayeur du duc de Parme et ses conseils à l’Espagne. Conduite et sentiments d’Albéroni. Forces de l’Espagne diversement regardées. Sage avis de del Maro au roi de Sicile. Riperda, vendu à Albéroni, lui propose l’union du roi de Sicile au roi d’Espagne. Singulière aventure d’argent entre Bubb, Riperda et Albéroni. Triste état personnel du roi d’Espagne et du futur [roi]. Insolentes vanteries d’Albéroni. Ses efforts auprès des Hollandais. Son opinion de l’Angleterre. Ses bravades. Riche arrivée des galions. Haute déclaration des ambassadeurs d’Espagne en France, en Angleterre et ailleurs. Propos d’Albéroni sur l’Angleterre et la Hollande. Mesures militaires d’Albéroni. Il veut engager une guerre générale. Les Anglais ne laissent pas de le ménager. Triste état personnel du roi d’Espagne, quoique rétabli. Mesures d’Albéroni pour être seul et bien le maître de sa personne. Docteur Servi, médecin parmesan. Proposition en l’air de marier le prince des Asturies à une fille du prince de Galles. Roideur de l’empereur soutenu des Anglais. Inquiétude du roi de Sicile. Propos de son envoyé en Angleterre avec Stanhope, qui l’augmente. La Pérouse est la dupe de Penterrieder sur la France. Le czar prend la protection du duc de Mecklembourg, et rassure le roi de Prusse sur un traité particulier avec la Suède. Mort de la maréchale de Duras. Quatre gentilshommes de Bretagne mandés par lettre de cachet pour venir rendre compte de leur conduite. Chapitre IX

15. Chapitre X. Année 1718. Manèges du duc de Noailles à l’égard de Law. Mort de Mornay. Duc de Noailles obtient sur-le-champ le gouvernement et la capitainerie de Saint-Germain. Liaison de l’abbé Dubois et de Law, et sa cause. Duc de Noailles, agité de crainte pour sa place, veut me regagner, et me propose de rétablir le temporel ruiné de La Trappe. Sourds préparatifs à déposter le duc de Noailles et son ami le chancelier. Édit en faveur de la compagnie d’Occident; quel. Le régent travaille à la Raquette avec Law, le chancelier et le duc de Noailles, sur lequel il achève de s’indisposer. La Raquette et les Biron. Grâce pécuniaire au Languedoc, d’où Bâville se retire avec douze mille livres de pension. Inondations vers le nord. Mme la Duchesse enlève à Mme la maréchale d’Estrées une loge à l’Opéra. Morville ambassadeur en Hollande. Mariage de Chauvelin depuis si haut et si bas. Grâces pécuniaires aux comtes de Roncy et de Médavy. Le comte de Rieux s’excuse au régent de ses pratiques. Son caractère. Mouvements, lettres et députation de Bretagne. Incidents du maréchal de Montesquiou. Gentilshommes bretons, mandés, puis exilés. Embarras et projets sur les tailles. On me fait; par deux différentes fois, manquer la suppression de la gabelle. Tout bien impossible en France. Manèges d’Effiat et du premier président. Duperie du régent. Conspiration très organisée pour le culbuter. Mouvements du parlement. Singulière colère et propos entre M. le duc d’Orléans et moi sur les entreprises du parlement. Manèges contre Law du duc de Noailles et du chancelier. Ma conduite à cet égard. Abbé Dubois lié de plus en plus avec Law contre le duc de Noailles. Son double intérêt. Caractère d’Argenson. Raisons qui me déterminent pour Argenson, à qui je fais donner les sceaux et les finances. Je l’en avertis la veille, et tâche de le capter en faveur du cardinal de Noailles. Le chancelier perd les sceaux; est exilé à Fresnes. Le duc de Noailles se démet des finances; entre au conseil de régence. Argenson a les finances et les sceaux. Politesse fort marquée d’Argenson à mon égard. Courte digression sur le chancelier. Survivance de la charge et des gouvernements du duc de Noailles donnée à son fils enfant, sans l’avoir demandée. Rouillé quitte les finances avec douze mille livres de pension. Marchault lieutenant de police; son caractère. Grâces faites à Châteauneuf; à Torcy, qui marie sa fille à Duplessy-Châtillon; au duc d’Albret, qui veut épouser la fille de Barbezieux. Chapitre X

15. Chapitre XI. M. le duc d’Orléans mène M. le duc de Chartres aux conseils de régence et de guerre, sans y opiner. Entreprises du parlement. Mort et dépouille de Simiane et du grand fauconnier des Marais. Madame assiste scandaleusement à la thèse de l’abbé de Saint-Albin. Ballet du roi, qui s’en dégoûte pour toujours. M. [le duc] et Mme la duchesse de Lorraine à Paris. Bassesse de courtisan du duc de Lorraine. M. le Duc et ensuite Mme la duchesse de Berry donnent une fête à M. et à Mme de Lorraine. Insolence de Magny punie; quel il était et ce qu’il devint. M. de Lorraine va voir plaider à la grand’chambre, puis à la Bastille, et dîner chez le maréchal de Villeroy. Objet et moyens du duc de Lorraine dans ce voyage. Il est ennemi de la France. Ses demandes sans droit ni prétexte. Ses lueurs mises au net par moi au régent. Altesse royale, pourquoi et quand accordée au duc de Savoie. Le régent entraîné à tout accorder au duc de Lorraine. Ses mesures pour l’exécution. Caractère de Saint-Contest, nommé pour faire le traité avec le duc de Lorraine, qui obtient un grand démembrement en Champagne en souveraineté, et le traitement d’Altesse Royale. Misère du conseil de régence. Le régent tâche inutilement, par Saint-Contest et par lui-même, de vaincre ma résistance au traité; vient enfin à me prier de m’absenter du conseil de régence le jour que ce traité y sera porté. J’y consens. Il m’en arriva de même lorsque le régent accorda le traitement de Majesté au roi de Danemark, et celui de Hautes Puissances aux États généraux des Provinces-Unies. Le traité passe sans difficulté au conseil de régence; est de même aussitôt après enregistré au parlement. Départ de M. et de Mme de Lorraine. Audacieuse conduite du duc de Lorraine, qui ne voit point le roi. Le grand-duc [de Toscane] et le duc de Holstein-Gottorp, sur l’exemple du duc de Lorraine, prétendent aussi l’Altesse Royale, et ne l’obtiennent pas. Bagatelles entre M. le duc d’Orléans et moi. Mme de Sabran; quelle. Son-bon mot au régent. Conduite [du régent] avec ses maîtresses.  Chapitre XI

15. Chapitre XII. Mouvement du parlement à l’occasion d’arrêts du conseil sur les billets d’État et les monnaies. Lettres de cachet à des Bretons. Députation et conduite du parlement de Bretagne. Breteuil intendant de Limoges. Conférence du cardinal de Noailles avec le garde des sceaux chez moi, dont je suis peu content. Sommes données par le régent aux abbayes de la Trappe et de Septfonts. Ma conduite à cet égard avec le duc de Noailles et avec M. de Septfonts, avec qui je lie une étroite amitié. Mariage de Maurepas avec la fille de La Vrillière. Mort de Fagon, premier médecin du feu roi. Mort et dispositions de l’abbé d’Estrées. Conversion admirable de la marquise de Créqui. Cambrai donné au cardinal de La Trémoille, et Bayeux à l’abbé de Lorraine. Promotion et confusion militaire. J’obtiens un régiment pour le marquis de Saint-Simon; qui meurt trois mois après; puis pour son frère. Broglio l’aîné; son caractère. Il engage le régent à un projet impossible de casernes et de magasins, et à l’augmentation de la paye des troupes. Sagesse de l’administration de Louvois. Les chefs des conseils mis dans celui de régence sans perdre leurs places dans les leurs. Survivances du gouvernement de Bayonne, etc., et du régiment des gardes, accordées au fils aîné du duc de Guiche, et autres grâces faites à Rion, Maupertuis, La Chaise, Heudicourt. Nouvelles étrangères. Légèreté du cardinal de Polignac, qui tâche inutilement de se justifier au régent de beaucoup de choses. Désordre des heures d’Argenson. Law et lui font seuls toute la finance. Il obtient le tabouret pour sa femme, à l’instar de la chancelière, premier exemple dont Chauvelin profita depuis. Mort de Menars, président à mortier. Meaupeou, aujourd’hui premier président, a sa charge. Querelles domestiques du parlement suspendues par des considérations plus vastes. Beaufrémont, de concert avec ceux qui usurpaient le nom collectif de noblesse, insulte impunément les maréchaux de France, qui en essuient l’entière et publique mortification. Caractère de Baufremont, qui se moque après et aussi publiquement de M. le Duc, et aussi impunément. Catastrophe de Monasterol. Mort de La Hire et de l’abbé Abeille. Mort de Poirier, premier médecin du roi. Dodart mis en sa place. Prudente conduite du régent en cette occasion. Caractère de Dodart et de son père. Caractère et infamie de Chirac. Chapitre XII

15. Chapitre XIII. Mort de la duchesse de Vendôme. Adresses et ruses pour l’obscure garde de son corps, sur même exemple de Mlle de Condé; ce qui n’a pas été tenté depuis. Le grand prieur sert à la cène le jeudi saint pour la dernière fois, et s’absente, le lendemain, de l’adoration de la croix. Cardinal de Polignac prétend présenter au roi l’évangile à baiser, de préférence au premier aumônier; est condamné. Le roi visite Mme la Princesse et Mmes ses deux filles sur la mort de Mme de Vendôme. Douglas obscur, misérable, fugitif. Mme la duchesse de Berry parle fort mal à propos au maréchal de Villars; se hasarde de faire sortir Mme de Clermont de l’Opéra, etc; se raccommode bientôt après avec elle et avec Mme de Beauvau. Abbé de Saint-Pierre publie un livre qui fait grand bruit, et qui le fait exclure de l’Académie française dont il était. Incendie au Petit-Pont à Paris. Mort et caractère de Mme de Castries. Mme d’Épinai dame d’atours de Mme la duchesse d’Orléans en sa place. Mort de la reine d’Angleterre à Saint-Germain. Mort, extraction et famille du duc de Giovenazzo. Bureau de cinq commissaires du conseil de régence pour examiner les moyens de se passer de bulles. La peur en prend à Rome qui les accorde toutes, et sans condition, aussitôt. Mort du comte d’Albemarle. Sa fortune fatale à celle de Portland. Mort, caractère, faveur de M. le Grand. Mort de Mme de Chalmazel et de la duchesse de Montfort. Mariage du duc d’Albret avec une fille de Barbezieux, et du fils du prince de Guéméné avec une fille du prince de Rohan. Origine des fiançailles dans le cabinet du roi de ceux qui ont rang de prince étranger. Mariage du comte d’Agenois et de Mlle de Florensac. Prince et princesse de Carignan à Paris, où ils se fixent incognito. Triste éclat de l’évêque de Beauvais. Yolet, ayant quitté le service depuis treize ou quatorze ans, étant mestre de camp, fait maréchal de camp. Bruit des mestres de camp de cavalerie sur le style des lettres que le comte d’Évreux leur écrivait, qui finit par un mezzo-termine. Augmentation de pension à la duchesse de Portsmouth. Grandes grâces pécuniaires à M. le prince de Conti. Origine de ce débordement de finances du roi aux princes et princesses du sang. D’Antin obtient pour ses deux petits-fils les survivances de ses gouvernements, et Silly une place dans le conseil du dedans du royaume. Grande sédition à Bruxelles. Affaires étrangères. Chapitre XIII

15. Chapitre XIV. État de la négociation à Londres pour traiter la paix entre l’empereur et le roi d’Espagne. Deux difficultés principales. Staremberg le plus opposé à la cession future de la Toscane. Propositions des Impériaux pleines de jalousie et de haine. Plaintes artificieuses des Impériaux du régent. Point de la tranquillité de l’Italie pendant la négociation. Partialité ouverte des Anglais pour l’empereur. Leurs hauteurs et leurs menaces au régent. Le roi d’Angleterre, inquiet sur le nord, s’assure du czar; méprise le roi de Prusse. La czarine veut s’assurer de la Suède pour la transmission de la succession de Russie à son fils. Agitations et reproches du czar sur cette affaire. Le régent pressé par l’Angleterre. L’Espagne ne pense qu’à se préparer à la guerre; déclare à l’Angleterre qu’elle regardera comme infraction tout envoi d’escadre anglaise dans la Méditerranée. Albéroni ennemi de la paix. Ses efforts; ses manèges; sa politique. Il veut gagner le régent et le roi de Sicile. Forte conversation d’Albéroni avec le ministre d’Angleterre. Plaintes et chimères d’Albéroni. Il écrit au régent avec hardiesse. Inquiétude sur Nancré. Albéroni espère du régent, pressé par Cellamare et Provane, d’augmenter l’infanterie et d’envoyer un ministre à Vienne. Le régent élude enfin leurs demandes. Reproches de Cellamare à la France; sort peu content d’une audience du régent. Cellamare, pour vouloir trop pénétrer et approfondir, se trompe grossièrement sur les causes de la conduite du régent. Chapitre XIV

15. Chapitre XV. Sage avis de Cellamare au roi d’Espagne. Est inquiet du prétendu mariage du prince de Piémont avec une fille du régent, dont le régent et le roi de Sicile sont aussi éloignés l’un que l’autre. Erreur aveugle de Beretti. Proposition des Anglais sur la Toscane. Inquiétudes mutuelles. Division dans la famille du roi d’Angleterre, qui retranche quarante mille livres sterling de rente au prince de Galles, et fait payer cent trente mille livres sterling à l’empereur, qui est fort recherché. Visions d’Albéroni. Préliminaires demandés par l’Espagne à l’empereur. Folle conduite d’Albéroni. Il fait faire une déclaration menaçante aux Hollandais pour en acheter des vaisseaux. Riperda rappelé; résolu depuis longtemps de revenir s’établir en Espagne. Mauvais état de la personne du roi d’Espagne. Pouvoir sans bornes d’Albéroni. Aubenton et Aldovrandi excitent l’Espagne en faveur de la constitution. Fortes démarches et menaces terribles de l’empereur au pape. Consternation de Rome. Ses soumises et basses résolutions. Politique et ruse odieuse de Vienne. Le pape, dans sa frayeur de l’empereur, tombe pour l’apaiser sur l’Espagne et sur Aldovrandi. Brefs ne sont point reçus par l’empereur ni par les rois de France et d’Espagne, sans que leurs copies n’aient été vues par leurs ministres, qui les admettent ou les rejettent. Opinion générale prise du pape à l’égard de l’Espagne. Les Impériaux veulent qu’Aldovrandi soit rappelé et châtié. Faibles manèges du pape à cet égard; jugement qu’ils en font porter. Chapitre XV

15. Chapitre XVI. Negroni, odieux à la France, nommé vice-légat d’Avignon sans participation de la France, contre la coutume établie. Ottobon veut lier avec Albéroni. Nouvelles scélératesses de Bentivoglio. Le pape refuse au cardinal Albéroni les bulles de l’archevêché de Séville. Audace, plan, propos d’Albéroni uni d’attachement et de sentiment au duc de Parme. Manèges réciproques entre le régent et Cellamare, qui le veut entraîner dans la guerre avec l’Espagne contre l’empereur. Concert entre Cellamare et Provane. Ils découvrent le mariage proposé de M. le duc de Chartres avec une soeur du roi de Portugal sans succès par les difficultés du rang. Objets des ministres d’Espagne. Corsini envoyé du grand-duc à Paris; quel; passe à Londres pour y faire des représentations inutiles. Le régent s’ouvre à Provane de l’état de la négociation de Londres. Sentiment de Cellamare là-dessus. Plaintes de la cour de Vienne de la France, et ses propositions sur la Toscane appuyées des Anglais. Quel était Schaub. L’empereur répond par de fortes demandes aux demandes préliminaires de l’Espagne, et y est appuyé par l’Angleterre. Manèges et souplesses de Stanhope. Langage de l’abbé Dubois à Monteléon. Il lui envoie avec précaution le modèle d’un billet à Albéroni en faveur de Nancré et de sa négociation, qu’Albéroni méprise, averti par Monteléon. Conversation de Monteléon avec Stanhope qui le veut tromper, puis éblouir sur la destination de l’escadre anglaise. Monteléon tâche à prendre d’autres mesures pour arrêter l’effet de cet armement. Sagacité de Monteléon. Fermes réponses des ministres de Sicile à Paris et à Londres à l’égard de la conservation de cette île à leur maître. Plaintes et mouvements de Cellamare. Monti peu satisfait du régent. Monteléon, sur des ordres réitérés, fait à Londres les plus fortes déclarations sur la destination de l’escadre. Efforts d’Albéroni en Hollande. Ses sentiments sur les traités d’Utrecht. Ses vanteries. Cache bien où il veut attaquer. Sagacité de l’abbé del Maro. Beretti trompé ou trompeur sur la Hollande. Sage avis de Cellamare à Albéroni sur la France. Propos publics de Cellamare; retient sagement Provane; dit à Nancré qu’il ne réussira pas.  Chapitre XVI

15. Chapitre XVII. Albéroni continue à poursuivre Giudice; lui fait redoubler les ordres d’ôter les armes d’Espagne de dessus la porte de son palais. Malice et toute-puissance de ce premier ministre. État personnel du roi d’Espagne. Manèges du pape et d’Albéroni sur les bulles de Séville et sur le neveu d’Aldovrandi. Avidité et prodigalité du cardinal Ottobon. Avidité et dérèglement des neveux du pape. Tracasseries à cette occasion, où Giudice se barbouille. Propos, mémoires, menaces, protestation, forte lutte par écrit entre Acquaviva et le pape sur le refus des bulles de Séville. Querelle d’Acquaviva avec le gouverneur de Rome. Hauteur et faiblesse du roi d’Espagne à l’égard de Rome. Adresse d’Aldovrandi à servir Albéroni. Le pape embarrassé sur deux ordres venus d’Espagne. Giudice se déchaîne contre Albéroni, et Giudice et Acquaviva l’un contre l’autre. Albéroni se méfie de tous les deux. Del Maro seul va droit au but du dessein militaire d’Albéroni. Manèges d’Albéroni, résolu à la guerre, à Londres et à Paris; s’ouvre à Cellamare. Remises et avis d’Albéroni au duc de Parme; se plaint à l’abbé Dubois, par Monteléon, de l’ignorance où on le tient des conditions du traité, et fait des reproches. Plaintes amères contre le régent des agents anglais entièrement impériaux. Leur audace et leur imposture. Sage adresse de Monteléon pour oser donner de bons conseils à Albéroni. Singulières ouvertures de l’abbé Dubois à Monteléon. L’empereur veut les successions de Parme et de Toscane pour le duc de Lorraine; on leurre le duc de Modène. Penterrieder déclare à Londres, à l’envoyé de Sicile, que l’empereur veut la Sicile absolument. Il indispose tant qu’il peut cet envoyé et son maître contre le régent. Caractère de Monteléon. Le grand-duc et le duc de Parme envoient à Londres faire des représentations inutiles. Désirs des Florentins de retourner en république, et non sans quelque espérance. Monteléon reçoit des ordres réitérés de faire des menaces sur l’escadre; les communique à Stanhope. Adresse de celui-ci pour l’amuser. Adresse de l’autre pour amener l’Espagne au traité. Points sensibles à Vienne sur le traité. Monteléon, persuadé du danger de rompre pour l’Espagne, n’oublie rien pour l’en dissuader. Bruits d’une révolution prochaine en Angleterre, où le ministère est changé. Ruse inutile d’Albéroni pour opposer la nation anglaise à son roi. Mécompte de Monteléon. Cellamare plus au fait. Stairs s’explique nettement sur l’escadre. Mouvements contraires dans le parlement d’Angleterre. Nuages sur la fermeté de la cour de Vienne tournés à Londres avec adresse. Demandes bien mesurées du grand-duc. Effort d’Albéroni auprès du régent. Conduite publique et sourdes cabales de Cellamare. Il cherche d’ailleurs a remuer le nord contre l’empereur.  Chapitre XVII

15. Chapitre XVIII. Affaires du nord. La France paraît vouloir lier étroitement avec la Prusse. Hollandais, fort en brassière entre l’Espagne et les autres puissances, veulent conserver la paix. Adresse de Monteléon dans ses représentations à Albéroni, sous le nom de l’abbé Dubois, en faveur de la paix. Menaces de l’Espagne méprisées en Angleterre, dont le parlement accorde au roi tout ce qu’il demande pour les dépenses de mer. Insolence de Penterrieder. Ses manèges et ses propositions à l’envoyé de Sicile très dangereuses pour la France. Vanteries et bévues de Beretti. Le roi de Sicile soupçonné de traiter secrètement avec l’empereur. Raisonnements d’Albéroni sur ce prince, sur les Impériaux et sur la France. Fortes protestations et déclarations de l’Espagne à Paris et à Londres. Efforts et préparatifs d’Albéroni. Ses plaintes. Albéroni imagine de susciter la Suède contre l’empereur. Nancré échoue à Madrid. Albéroni le veut retenir jusqu’à la réponse de Vienne. Concert entre Nancré et le colonel Stanhope. Adresse de ce dernier repoussée par Albéroni. Grands préparatifs hâtés en Espagne. Le marquis de Lede et Patiño mandés à Madrid. Chapitre XVIII

15. Chapitre XIX. Menaces d’Albéroni sur le refus de ses bulles de Séville. Il s’emporte contre le cardinal Albane. Manèges d’Aldovrandi pour le servir et soi-même. L’empereur s’oppose aux bulles de Séville; accuse Albéroni de traiter avec les Turcs. Acquaviva embarrasse le pape par une forte demande et très plausible. Prétendues preuves de l’accusation contre Albéroni. Secret et scélérat motif d’Albéroni pour la guerre. Conduite de Cellamare en conséquence. L’empereur consent à tous les points du traité de Londres. Cellamare déclare que l’Espagne n’acceptera point le traité. Le régent dépêche à Londres. Manèges, inquiétudes, fougues, menaces d’Albéroni. Ses déclamations. Son emportement contre le traité de la paix d’Utrecht. Fureur d’Albéroni sur les propositions de Nancré, surtout contre la cession de la Sicile à l’empereur. Il proteste que le roi d’Espagne n’acceptera jamais le traité, quoi qu’il en puisse arriver. Ses vanteries; ses imprécations. Ne laisse pas de traiter Nancré avec beaucoup de distinction et d’apparente confiance. Fureur, menaces et manèges d’Albéroni sur le refus de ses bulles de Séville. Albéroni dépité sur l’achat des vaisseaux en Hollande, ou Beretti se trompe de plus en plus, déclare qu’il n’en a plus que faire; menace. Manège sur l’escadre anglaise. Sage conduite de Monteléon. Négociation secrète du roi de Sicile à Vienne. Propos de l’abbé Dubois à Monteléon. Doubles manèges des Anglais sur la paix, avec l’Espagne et avec l’empereur. Sentiment de Monteléon. Dangereux manèges du roi de Sicile. Le roi d’Angleterre s’oppose ouvertement à son désir d’obtenir une archiduchesse pour le prince de Piémont. Chapitre XIX.

NOTES. 

I. Le garde des sceaux d’Argenson.
II. Difficulté des réformes au XVIIIe siècle.
III. Journal inédit de Nicolas-Joseph Foucault
IV. Les chanceliers pendant le règne de Louis XIV.

SEIZIÈME VOLUME. 
Liste des Chapitres

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I
II
III
IV
V
VI
VII
VIII
IX
X
XI
XII
XIII
XIV
XV
XVI
XVII
XVIII
XIX
XX
XXI
Notes
Note 1
Note 2
 
.
16. Chapitre I. L’empereur accepte le projet de paix. Les Anglais haïssent, se plaignent, demandent le rappel de Châteauneuf de Hollande. Leur impudence à l’égard du régent. Guidés par Dubois, ils pressent et menacent l’Espagne. L’empereur ménage enfin les Hollandais. Erreur de Monteléon. Difficulté et conduite de la négociation du roi de Sicile à Vienne. Énormité contre M. le duc d’Orléans des agents du roi de Sicile à Vienne, qui échouent en tout. Sage conduite et avis de Monteléon. La Hollande, pressée d’accéder au traité, recule. Beretti, par ordre d’Albéroni, qui voudrait jeter le Prétendant en Angleterre, tâche à lier l’Espagne avec la Suède et le czar prêts à faire leur paix ensemble. Sages réflexions de Cellamare. Son adresse à donner de bons avis pacifiques en Espagne. Dangereuses propositions pour la France du roi de Sicile à l’empereur. Provane les traite d’impostures; proteste contre l’abandon de la Sicile, et menace la France dans Paris. Nouvelles scélératesses du nonce Bentivoglio. Fortes démarches du pape pour obliger le roi d’Espagne de cesser ses préparatifs de guerre contre l’empereur. Autres griefs du pape contre le roi d’Espagne. Menaces de l’Espagne au pape. Souplesses et lettres de Sa Sainteté en Espagne. Fortes démarches de l’Espagne sur les bulles de Séville. Manége d’Aldovrandi.  Chapitre I.

16. Chapitre II. Étrange caractère du roi de Sicile. Entretien curieux entre le secrétaire de son ambassade et Albéroni. Lascaris, envoyé de Sicile, malmené par Albéroni. Plaintes hypocrites d’Albéroni. Il déclame contre le traité et tâche de circonvenir le maréchal d’Huxelles. Albéroni menace; veut reculer le traité et gagner les Hollandais. Caractère de Beretti. Embarras des ministres d’Espagne au dehors. La France et l’Angleterre communiquent ensemble le projet du traité aux États généraux. Conduite de Beretti. Son avis à Albéroni et sa jalousie contre Monteléon. La nation anglaise et la Hollande partagées pour et contre la traité. Triste prodige de conduite de la France. Conduite de Châteauneuf en Hollande. Duplicité des ministres d’Angleterre à l’égard du régent. Hauteur de Craggs à l’égard du ministre de Sicile. Efforts du roi de Sicile pour lier avec l’empereur et obtenir une archiduchesse pour le prince de Piémont. Conduite de la cour de Vienne. Artificieuse conduite des ministres anglais à l’égard du régent. Manéges de Penterrieder à Londres. L’Espagne voudrait au moins conserver la Sardaigne; mal servie par la France. L’Angleterre s’y oppose avec hauteur. Triste état de Monteléon. Les ministres anglais plus impériaux que les Impériaux mêmes. Ministres espagnols protestent dans toutes les cours que l’Espagne ne consent point au traité. Efforts de Beretti pour détourner les Hollandais d’y souscrire. Cris de cet ambassadeur contre la France. Ses plaintes. Fâcheuse situation de la Hollande. Le roi d’Espagne rejette avec hauteur le projet du traité communiqué enfin par Nancré, et se plaint amèrement. Conduite et avis de Cellamare. Son attention aux affaires de Bretagne. Chapitre II.

16. Chapitre III. La Sardaigne en achoppement à la paix. Attention de Cellamare aux affaires de Bretagne. Adresse de l’avis de Monteléon à Albéroni. Manége du roi de Sicile. Penterrieder en profite. Bassesse du roi de Sicile pour l’Angleterre, qui le méprise et qui veut procurer la Sicile à l’empereur. Sage avis de Monteléon. Erreur de Beretti. Cadogan le désabuse. Intérêt personnel de l’abbé Dubois. Plaintes malignes des Piémontais. Cellamare déclare, tant qu’il peut, que l’Espagne n’acceptera point le projet de traité. Beretti et Cadogan vont, l’un après l’autre, travailler à Amsterdam pour mettre cette ville dans leurs intérêts contraires. Nancré rend le roi de Sicile suspect à l’empereur. Albéroni raisonne sainement sur la Sicile et sur le roi Georges; très malignement sur le régent; artificieusement sur le roi de Sicile; déclame contre le traité, contre lequel il fait faire partout les déclarations les plus fortes; presse les préparatifs. Secret impénétrable sur la destination de son entreprise. Continue à bien traiter Nancré et à conférer avec lui et avec le colonel Stanhope. Le colonel Stanhope pense juste sur l’opiniâtreté d’Albéroni. Réponse de ce cardinal à une lettre du comte Stanhope, qui le pressait d’accepter le traité. Plaintes et vanteries d’Albéroni. Forces actuelles de l’Espagne. Crédit de ce premier ministre sur Sa Majesté Catholique. Albéroni menace Gallas, les Allemands et le pape. Vanteries de ce cardinal. Vaines espérances de Giudice qui s’indispose contre Cellamare. Bassesses de ce neveu. Chimères attribuées à Giudice, qui font du bruit et du mal à Madrid. Il les désavoue et déclame contre les chimères et le gouvernement d’Albéroni. Fausse et basse politique du pape. Cellamare se fait bassement, gratuitement et mal à propos l’apologiste d’Albéroni à Rome. Il en reçoit de justes reproches de son oncle. Esprit de la cour de Vienne. Chapitre III.

16. Chapitre IV. Forces d’Espagne en Sardaigne. Disposition de la Sicile. Le roi Jacques fait proposer au roi d’Espagne un projet pour gagner l’escadre anglaise et tendant à son rétablissement. Le cardinal Acquaviva l’appuie en Espagne. Albéroni fait étaler les forces d’Espagne aux hollandais. Albéroni continue ses déclamations contre le traité et contre le régent; accuse Monteléon, qu’il hait, de lâcheté, de paresse; lui fait d’autres reproches; en fait d’assez justes à l’Angleterre et au régent. Le roi d’Espagne veut demander compte aux États généraux du royaume de la conduite du régent; ne se fie point aux protestations du roi de Sicile. Divers faux raisonnements. Malignité insultante et la plus partiale des ministres anglais pour l’empereur sur la Sardaigne et sur les garnisons. Monteléon de plus en plus mal en Espagne. Friponnerie anglaise de l’abbé Dubois sur les garnisons. Maligne et insultante partialité des ministres anglais pour l’empereur sur la Sicile. Fausseté insigne d’Albéroni à l’égard de la Sardaigne, ainsi qu’il avait fait sur les garnisons. Les Impériaux inquiets sur la bonne foi des ministres anglais, très mal à propos. Efforts de Cadogan et de Beretti pour entraîner et pour détourner les hollandais d’entrer dans le traité. Tous deux avouent que le régent seul en peut emporter la balance. Beretti appliqué à décrier Monteléon en Espagne. Ouverture et plainte, avis et réflexions du grand-duc, confiés par Corsini à Monteléon pour le roi d’Espagne. Faible supériorité impériale sur les États de Toscane. Roideur des Anglais sur la Sardaigne, et leur fausseté sur les garnisons espagnoles. Mouvements de Beretti et de Cellamare. Fourberie d’Albéroni. Sa fausseté sur la Sardaigne. Fureur d’Albéroni contre Monteléon; aime les flatteurs; écarte la vérité. Chimères, discours, étalages d’Albéroni. Friponnerie d’Albéroni sur les garnisons. Il fait le marquis de Lede général de l’armée, et se moque de Pio et l’amuse.  Chapitre IV.

16. Chapitre V. Riche prise de contrebandiers de Saint-Malo dans la mer du Sud. Albéroni inquiet de la santé du roi d’Espagne. Adresse d’Aldovrandi pour servir Albéroni à Rome. Faiblesse singulière du roi d’Espagne; abus qui s’en fait. Frayeur du pape. Cellamare fait des pratiques secrètes pour soulever la France contre le régent. Sentiment de Cellamare sur le roi de Sicile. Il confie à son ministre l’ordre qu’il a de faire une étrange déclaration au régent. Forte déclaration de Beretti en Hollande. Scélératesse d’Albéroni à l’égard du roi de Sicile. Audace des Impériaux, et sur quoi fondée. Nouvelle difficulté sur les garnisons. Scélératesse de Stairs. Fausseté et pis des ministres anglais à l’égard de l’Espagne. Le czar s’offre à l’Espagne. Intérêt et inaction des Hollandais. Vanteries, conseils, intérêt de Beretti. Succès des menées de Cadogan en Hollande. Menteries, avis, fanfaronnades, embarras de Beretti qui tombe sur Cellamare. Le duc de Lorraine demande le dédommagement promis du Montferrat. Manéges de Beretti. Sa coupable envie contre Monteléon. Manéges et bas intérêt de Beretti qui veut perdre Monteléon. Audace des ministres impériaux. Abbé Dubois bien connu de Penterrieder. Embarras du roi de Sicile et ses vaines démarches et de ses ministres au dehors. Monteléon intéressé avec les négociants anglais. Ses bons avis en Espagne lui tournent à mal; il s’en plaint. Superbe de l’empereur. Partialité des ministres anglais pour lui. Leur insigne duplicité à l’égard de l’Espagne. Les ministres anglais pensent juste sur le traité d’Utrecht, malgré les Impériaux. L’Angleterre subjuguée par le roi Georges. Les ministres anglais contents de Châteauneuf. Conduite et manéges de Beretti. Conduite, avis et manéges de Cellamare. Vagues raisonnements. Monteléon en vient aux menaces. Stanhope emploie en ses réponses les artifices les plus odieux; lui donne enfin une réponse par écrit, devenue nécessaire à Monteléon. Surveillants de Monteléon à Londres; sa conduite avec eux.  Chapitre V.

16. Chapitre VI. Départ de l’escadre anglaise pour la Méditerranée. Fourberie de Stanhope à Monteléon. Propos d’Albéroni. Maladie et guérison du roi d’Espagne. Vanteries d’Albéroni. Secret du dessein de son expédition. Défiance du roi de Sicile de ceux même qu’il emploie au dehors. Leurs différents avis. Ministres d’Espagne au dehors déclarent que le roi d’Espagne n’acceptera point le traité. Détail des forces d’Espagne fait en Angleterre avec menaces. Albéroni déclame contre le roi d’Angleterre et contre le régent. Albéroni se loue de Nancré; lui impose silence sur le traité; peint bien l’abbé Dubois; menace; donne aux Espagnols des louanges artificieuses. Il a un fort entretien avec le colonel Stanhope, qui avertit tous les consuls anglais de retirer les effets de leurs négociants. Inquiétude des ministres de Sicile à Madrid. Fourberie insigne d’Albéroni. Forte et menaçante déclaration de l’Espagne aux Hollandais. Avis contradictoire d’Aldovrandi au pape sur Albéroni. Plaintes du pape contre l’Espagne qui rompt avec lui, sur le refus des bulles de Séville pour Albéroni. Conduite de Giudice à l’occasion de la rupture de l’Espagne, avec Rome. Il ôte enfin les armes d’Espagne de dessus sa porte; craint les Impériaux et meurt d’envie de s’attacher à eux; avertit et blâme la conduite de Cellamare à leur égard. Le pape menacé par l’ambassadeur de l’empereur. Malice d’Acquaviva contre les Giudice. Dangereuses pratiques de Cellamare en France. Secret et précautions. Ses espérances. Embarras domestiques du régent, considérés différemment par les ministres étrangers à Paris. Koenigseck, ambassadeur de l’empereur à Paris, gémit de la cour de Vienne et de ses ministres. Garnisons. Conduite insolente de Stairs.  Chapitre VI.

16. Chapitre VII. Avis peu uniformes de Monteléon en Espagne sur l’escadre anglaise. Forfanteries de Beretti. Les ministres d’Angleterre veulent faire rappeler Châteauneuf de Hollande. Comte de Stanhope à Paris, content du régent, mécontent des Hollandais. Le czar se veut réunir aux rois de Suède et de Prusse contre l’empereur et l’Angleterre. Conférence de Monteléon avec les ministres d’Angleterre sur les ordres de l’escadre anglaise, qu’il ne lui déguise pas. Ils résistent à toutes ses instances. Faux et odieux discours du colonel Stanhope à Albéroni. Opinion des Anglais du régent, de ceux qu’il employait et d’Albéroni. Albéroni tente de surprendre le roi de Sicile et de le tromper cruellement, en tâchant de lui persuader de livrer ses places de Sicile à l’armée espagnole. Artificieuses lettres d’Albéroni à ce prince. Albéroni compte sur ses pratiques dans le nord, encore plus sur celles qu’il employait en France contre le régent. Il les confie en gros au roi de Sicile. Albéroni envoie à Cellamare la copie de ses deux lettres au roi de Sicile. Il propose frauduleusement au colonel Stanhope quelques changements au traité pour y faire consentir le roi d’Espagne, et, sur le refus, éclate en menaces. Lui seul veut la guerre et a besoin d’adresse pour y entraîner le roi et la reine d’Espagne, fort tentés d’accepter le traité pour la succession de Toscane et de Parme. Albéroni s’applaudit au duc de Parme d’avoir empêché la paix, et lui confie le projet de l’expédition de Sicile et sur les troubles intérieurs à exciter en France et en Angleterre. Artifices et menaces d’Albéroni sur le refus des bulles de Séville. Aldovrandi, malmené par Albéroni sur le refus des bulles de Séville, lui écrit; n’en reçoit point de réponse; s’adresse, mais vaguement, à Daubenton sur un courrier du pape, et ferme la nonciature, sans en avertir. Sur quoi il est gardé à vue, et Albéroni devient son plus cruel ennemi, quoiqu’il l’eût toujours infiniment servi. Étranges artifices d’Albéroni sur Rome et contre Aldovrandi. Reproches réciproques des cours de Rome et de Madrid. La flotte espagnole arrivée en Sardaigne; crue aller à Naples. Triste état de ce royaume pour l’empereur. Chapitre VII.

16. Chapitre VIII. Scélératesses semées contre M. le duc d’Orléans. Manéges et forte déclaration de Cellamare. Manége des Anglais pour brouiller toujours la France et l’Espagne, et l’une et l’autre avec le roi de Sicile. Cellamare se sert de la Russie. Projet du czar. Son ministre en parle au régent et lui fait inutilement des représentations contre la quadruple alliance. Cellamare s’applique tout entier à troubler intérieurement la France. Le traité s’achemine à conclusion. Manéges à l’égard du roi de Sicile. Le régent parle clair au ministre de Sicile sur l’invasion prochaine de cette île par l’Espagne, et peu confidemment sur le traité. Convention entre la France et l’Angleterre de signer le traité sans changement, à laquelle le maréchal d’Huxelles refuse sa signature. Cellamare présente et répand un peu un excellent mémoire contre le traité, et se flatte vainement. Le ministre de Sicile de plus en plus alarmé. Folie et présomption d’Albéroni. Efforts de l’Espagne à détourner les Hollandais de la quadruple alliance. Albéroni tombe rudement sur Monteléon. Succès des intrigues de Cadogan et de l’argent de l’Angleterre en Hollande. Châteauneuf non suspect aux Anglais, qui gardent là-dessus peu de mesures. Courte inquiétude sur le nord. Le czar songe à se rapprocher du roi Georges. Intérêt de ce dernier d’être bien avec le czar et d’éviter toute guerre. Ses protestations sur l’Espagne. Les Anglais veulent la paix avec l’Espagne, et la faire entre l’Espagne et l’empereur, mais à leur mot et au sien. Monteléon y sert le comte Stanhope outre mesure. Le régent, par l’abbé Dubois, aveuglément soumis en tout et partout à l’Angleterre, et le ministère d’Angleterre à l’empereur. Embarras de Cellamare et de Provane. Bruits, jugements et raisonnements, vagues instances et menées inutiles. Menées sourdes du maréchal de Tessé avec les Espagnols et les Russes. Le régent les lui reproche. Le régent menace Huxelles de lui ôter les affaires étrangères, et le maréchal signe la convention avec les Anglais, à qui Châteauneuf est subordonné en tout en Hollande. Efforts de Beretti à la Haye. Embarras de Cellamare à Paris.  Chapitre VIII.

16. Chapitre IX. Albéroni confie à Cellamare les folles propositions du roi de Sicile au roi d’Espagne, qui n’en veut plus ouïr parler. Duplicité du roi de Sicile. Ragotzi peu considéré en Turquie. Chimère d’Albéroni. Il renie Camock au colonel Stanhope. Albéroni dément le colonel Stanhope sur la Sardaigne. Éclat entre Rome et Madrid. Raisons contradictoires. Vigueur du conseil d’Espagne. Sagesse et précautions d’Aldovrandi. Ses représentations au pape. Sordide intérêt du cardinal Albane. Timidité naturelle du pape. Partage de la peau du lion, avant qu’il soit tué. Le secret de l’entreprise demeuré secret jusqu’à la prise de Palerme. Déclaration menaçante de l’amiral Bing à Cadix, sur laquelle Monteléon a ordre de déclarer l’artificieuse rupture en Angleterre et la révocation des grâces du commerce. Sentiments d’Albéroni à l’égard de Monteléon et de Beretti. Albéroni, dégoûté des espérances du nord, s’applique de plus en plus à troubler l’intérieur de la France; ne peut se tenir de montrer sa passion d’y faire régner le roi d’Espagne, le cas arrivant. Aventuriers étrangers dont il se défie. Rupture éclatante entre le pape et le roi d’Espagne. Raisonnements. Chapitre IX.

16. Chapitre X. Soupçons mal fondés d’intelligence du roi de Sicile avec le roi d’Espagne. Frayeurs du pape, qui le font éclater contre l’Espagne et contre Albéroni, pour se réconcilier l’empereur avec un masque d’hypocrisie. Ambition d’Aubenton vers la pourpre romaine. Albéroni, de plus en plus irrité contre Aldovrandi, est déclaré par le pape avoir encouru les censures. Rage, réponse, menaces d’Albéroni au pape. Les deux Albane, neveux du pape, opposés de parti. Le cadet avait douze mille livres de pension du feu roi. Vanteries d’Albéroni et menaces. Secret de l’expédition poussé au dernier point. Vanité folle d’Albéroni. Il espère et travaille de plus en plus à brouiller la France. Le régent serre la mesure et se moque de Cellamare et de ses croupiers, qui sont enfin détrompés. Conduite du roi de Sicile avec l’ambassadeur d’Espagne, à la nouvelle de la prise de Palerme. Cellamare fait le crédule avec Stanhope, pour éviter de quitter Paris et d’y abandonner ses menées criminelles. Ses précautions. Conduite du comte de Stanhope avec Provane. Situation du roi de Sicile. Abandon plus qu’aveugle de la France à l’Angleterre. Rage des Anglais contre Châteauneuf. Pratiques, situation et conduite du roi de Sicile sur la garantie. Blâme fort public de la politique du régent. Il est informé des secrètes machinations de Cellamare. Triste état du duc de Savoie. Infatuation de Monteléon sur l’Angleterre. Albéroni fait secrètement des propositions à l’empereur, qui les découvre à l’Angleterre et les refuse. Le roi de Sicile et Albéroni crus de concert, et crus de rien partout. Chapitre X.

16. Chapitre XI. Belle et véritable maxime, et bien propre à Torcy. Les Anglais frémissent des succès des Espagnols en Sicile et veulent détruire leur flotte. Étranges et vains applaudissements et projets d’Albéroni. Son opiniâtreté. Menace le régent. Ivresse d’Albéroni. Il menace le pape et les siens. Son insolence sur les grands d’Espagne. Le pape désapprouve la clôture du tribunal de la nonciature faite par Aldovrandi. Exécrable caractère du nonce Bentivoglio. Sagesse d’Aldovrandi. Représentations d’Aubenton à ce nonce pour le pape. Audacieuse déclaration d’Albéroni à Nancré. Le traité entre la France, l’Angleterre et l’empereur, signé à Londres. Trêve ou paix conclue entre l’empereur et les Turcs. Idées du régent sur le nord. Cellamare travaille à unir le czar et le roi de Suède pour rétablir le roi Jacques. Artifices des Anglais pour alarmer tous les commerces par la jalousie des forces maritimes des Espagnols. Attention d’Albéroni à rassurer là-dessus. Inquiétude et projets d’Albéroni. Albéroni se déchaîne contre M. le duc d’Orléans. Fautes en Sicile. Projets d’Albéroni. Il se moque des propositions faites à l’Espagne par le roi de Sicile. Albéroni pense à entretenir dix mille hommes de troupes étrangères en Espagne; fait traiter par leurs Majestés Catholiques, comme leurs ennemis personnels, tous ceux qui s’opposent à lui. Inquiet de la lenteur de l’expédition de Sicile, il introduit une négociation d’accommodement avec Rome. Son artifice. Les Espagnols dans la ville de Messine. qui les découvre à l’Angleterre et les refuse. Le roi de Sicile et Albéroni crus de concert, et crus de rien partout. qui les découvre à l’Angleterre et les refuse. Le roi de Sicile et Albéroni crus de concert, et crus de rien partout. Chapitre XI.

16. Chapitre XII. Court exposé depuis 1716. Négociation secrète de Cellamare avec le duc d’Ormond caché dans Paris, où cet ambassadeur continue soigneusement ses criminelles pratiques, que le régent n’ignore pas. Avis, vues et conduite de Cellamare. Fâcheux état du gouvernement en France. Quadruple alliance signée à Londres le 2 août, puis à Vienne et à la Haye. Ses prétextes et sa cause. Dubois. Morville en Hollande très soumis aux Anglais. Conduite de Beretti et de Monteléon. Plaintes réciproques des Espagnols et des Anglais sur le commerce. Violence du czar contre le résident de Hollande. Plaintes et défiances du roi de Sicile. Conduite de l’Angleterre à son égard, et de la Hollande à l’égard du roi d’Espagne. Projets de l’Espagne avec la Suède contre l’Angleterre. Mouvements partout causés par l’expédition de Sicile. Vues, artifices, peu de ménagement de l’abbé Dubois pour M. le duc d’Orléans. Conduite et propos d’Albéroni. Sa scélérate duplicité sur la guerre, aux dépens du roi et de la reine d’Espagne. Ses artificieux discours au comte de Stanhope, qui n’en est pas un moment la dupe. Albéroni et Riperda en dispute sur un présent du roi d’Angleterre au cardinal. Embarras de Rome. Le pape et le roi d’Espagne fortement commis l’un contre l’autre. Poison très dangereux du cardinalat. Lit de justice des Tuileries qui rend au régent toute son autorité. Les Espagnols défaits; leur flotte détruite par Bing. Fausse joie de Stairs. Sages et raisonnables désirs. Cellamare de plus en plus appliqué à plaire en Espagne par ses criminelles menées à Paris. Galions arrivés à Cadix. Demandes du roi d’Espagne impossibles. Le comte de Stanhope part de Madrid pour Londres, par Paris. Fin des nouvelles étrangères. Chapitre XII.

16. Chapitre XIII. J’ai pris tout ce qui est d’affaires étrangères de ce que M. de Torcy m’a communiqué. Matériaux indiqués sur la suite de l’affaire de la constitution, très curieux par eux-mêmes et par leur exacte vérité. Religion sur la vérité des choses que je rapporte. Réflexions sur ce qui vient d’être rapporté des affaires étrangères. Albéroni et Dubois. État de la France et de l’Espagne avant et après les traités d’Utrecht. Fortune d’Albéroni. Caractère du roi et de la reine d’Espagne. Gouvernement d’Albéroni. Court pinceau de M. le duc d’Orléans et de l’abbé Dubois, des degrés de sa fortune. Perspective de l’extinction de la maison d’Autriche, nouveau motif à la France de conserver la paix et d’en profiter. Considération sur l’Angleterre, son intérêt et ses objets à l’égard de la France, et de la France au sien. Folle ambition de l’abbé Dubois de se faire cardinal, dès ses premiers commencements. Artifices de Dubois pour se rendre seul maître du secret de la négociation d’Angleterre, et son perfide manége à ne la traiter que pour son intérêt personnel, aux dépens de tout autre. Dubois vendu à l’Angleterre et à l’empereur pour une pension secrète de quarante mille livres sterling et un chapeau, aux dépens comme éternels de la France et de l’Espagne. Avantages que l’Angleterre en tire pour sa marine et son commerce, et le roi d’Angleterre pour s’assurer de ses parlements. Chapitre XIII.

16. Chapitre XIV. Gouvernement de M. le Duc, mené par Mme de Prie, à qui l’Angleterre donne la pension de quarante mille livres sterling du feu cardinal Dubois. Époque et cause de la résolution de renvoyer l’infante et de marier brusquement le roi. Gouvernement du cardinal Fleury. Chaînes dont Fleury se laisse lier par l’Angleterre. Fleury sans la moindre teinture des affaires, lorsqu’il en saisit le timon. Aventure dite d’Issy. Fleury parfaitement désintéressé sur l’argent et les biens. Lui et moi nous nous parlons librement de toutes les affaires. Avarice sordide de Fleury, non pour soi, mais pour le roi, l’État et les particuliers. Fleury met sa personne en la place de l’importance de celle qu’il occupe, et en devient cruellement la dupe. Walpole, ambassadeur d’Angleterre, l’ensorcelle. Trois objets des Anglais. Avarice du cardinal ne veut point de marine, et, à d’autres égards, encore pernicieuse à l’État. Il est personnellement éloigné de l’Espagne, et la reine d’Espagne et lui brouillés sans retour jusqu’au scandale. Premiers ministres funestes aux États qu’ils gouvernent. L’Angleterre ennemie de la France, à force titres anciens et nouveaux. Intérêt de la France à l’égard de l’Angleterre. Perte radicale de la marine, etc., de France et d’Espagne; l’empire de la mer et tout le commerce passé à l’Angleterre, fruits du gouvernement des premiers ministres de France et d’Espagne, avec bien d’autres maux. Comparaison du gouvernement des premiers ministres de France et d’Espagne, et de leur conseil, avec celui des conseils de Vienne, Londres, Turin, et de leurs fruits. Sarcasme qui fit enfin dédommager le chapitre de Denain des dommages qu’il a soufferts du combat de Denain. Chapitre XIV.

16. Chapitre XV. Mouvements audacieux du parlement contre l’édit des monnaies. Le parlement rend un arrêt contre l’édit des monnaies, lequel est cassé le même jour par le conseil de régence. Prétextes du parlement, qui fait au roi de fortes remontrances. Conseils de régence là-dessus. Ferme et majestueuse réponse au parlement en public, qui fait de nouvelles remontrances. Le don gratuit accordé à l’ordinaire, par acclamation, aux états de Bretagne. Leurs exilés renvoyés. Question d’apanages jugée en leur faveur au conseil de régence. Absences singulières. Cinq mille livres de menus plaisirs par mois, faisant en tout dix mille livres, rendues au roi. Manéges du parlement pour brouiller, imités en Bretagne. Saint-Nectaire, maréchal de camp, fait seul lieutenant général longtemps après avoir quitté le service. Son caractère. Mme d’Orléans fait profession à Chelles fort simplement. Arrêt étrange du parlement en tous ses chefs. Le parlement de Paris a la Bretagne en cadence. Le syndic des états est exilé. Audacieuse visite de la duchesse du Maine au régent. Fureur et menées du duc et de la duchesse du Maine et du maréchal de Villeroy. Commission étrange sur les finances donnée aux gens du roi par le parlement. Bruits de lit de justice; sur quoi fondés. Mémoires de la dernière régence fort à la mode, tournent les têtes. Misère et léthargie du régent. L’abbé Dubois, Argenson, Law et M. le Duc, de concert, chacun pour leur intérêt, ouvrent les yeux au régent et le tirent de sa léthargie. M. le duc d’Orléans me force à lui parler sur le parlement. Duc de La Force presse contre le parlement par Law, espère par là d’entrer au conseil de régence. Mesures du parlement pour faire prendre et pendre Law secrètement, en trois heures de temps. Le régent envoie le duc de La Force et Fagon conférer avec moi et Law. Frayeur extrême et raisonnable de Law. Je lui conseille de se retirer au Palais-Royal, et pourquoi. Il s’y retire le jour même. Je propose un lit de justice aux Tuileries, et pourquoi là. Plan pris dans cette conférence. Abbé Dubois vacillant et tout changé.  Chapitre XV.

16. Chapitre XVI. Le régent m’envoie chercher. Conférence avec lui tête à tête, où j’insiste à n’attaquer que le parlement, et point à la fois le duc du Maine, ni le premier président, comme M. le Duc le veut. Marché de M. le Duc, moyennant une nouvelle pension de cent cinquante mille livres. Conférence entre M. le duc d’Orléans, le garde des sceaux, La Vrillière, l’abbé Dubois et moi, à l’issue de la mienne tête à tête. M. le Duc survient; M. le duc d’Orléans le va entretenir, et nous nous promenons dans la galerie. Propos entre M. le duc d’Orléans, M. le Duc et moi, seuls, devant et après la conférence recommencée avec lui. Je vais chez Fontanieu, garde-meuble de la couronne, pour la construction très secrète du matériel du lit de justice. Contre-temps que j’y essuie. Effroi de Fontanieu, qui fait après merveilles. M. le Duc m’écrit, me demande un entretien dans la matinée chez lui ou chez moi, à mon choix. Je vais sur-le-champ à l’hôtel de Condé. Long entretien entre M. le Duc et moi. Ses raisons d’ôter à M. du Maine l’éducation du roi. Les miennes pour ne le pas faire alors. M. le Duc me propose le dépouillement de M. du Maine. Je m’y oppose de toutes mes forces; mais je voulais pis à la mort du roi. Mes raisons. Dissertation entre M. le Duc et moi sur le comte de Toulouse. M. le Duc propose la réduction des bâtards, si l’on veut, à leur rang de pairs parmi les pairs. M. le Duc veut avoir l’éducation du roi, sans faire semblant de s’en soucier. Raisons que je lui objecte. Discussion entre M. le Duc et moi, sur l’absence de M. le comte de Charolais. M. le Duc me sonde sur la régence, en cas que M. le duc d’Orléans vînt à manquer, et sur les idées de Mme la duchesse d’Orléans là-dessus pour faire M. son fils régent, et le comte de Toulouse lieutenant général du royaume. Je rassure M. le Duc sur ce qu’en ce cas la régence lui appartient. Conclusion de la conversation. M. le Duc déclare que son attachement au régent dépend de l’éducation. Je donne chez moi à Fontanieu un nouvel éclaircissement sur la mécanique dont il était chargé.  Chapitre XVI.

16. Chapitre XVII. Contre-temps au Palais-Royal. Je rends compte au régent de ma longue conversation avec M. le Duc. Reproches de ma part; aveux de la sienne. Lit de justice différé de trois jours. Le régent tourne la conversation sur le parlement; convient de ses fautes, que je lui reproche fortement; avoue qu’il a été assiégé, et sa faiblesse. Soupçons sur la tenue du lit de justice. Contre-temps, qui me fait manquer un rendez-vous aux Tuileries avec M. le Duc. Ducs de La Force et de Guiche singulièrement dans la régence. M. le duc d’Orléans me rend sa conversation avec M. le Duc, qui veut l’éducation du roi et un établissement pour M. le comte de Charolais. Découverte d’assemblées secrètes chez le maréchal de Villeroy. Je renoue, pour le soir, le rendez-vous des Tuileries. Dissertation entre M. le Duc et moi sur M. le comte de Charolais, sur l’éducation du roi qu’il veut ôter sur-le-champ au duc du Maine, et l’avoir. Point d’Espagne sur M. de Charolais. M. le Duc me charge obstinément de la plus forte déclaration, de sa part, au régent sur l’éducation. M. le Duc convient avec moi de la réduction des bâtards en leur rang de pairie, au prochain lit de justice. Nous nous donnons le même rendez-vous pour le lendemain. Chapitre XVII.

16. Chapitre XVIII. Je rends compte au régent de ma conversation avec M. le Duc. Hoquet du régent sur l’élévation des sièges hauts comme à la grand’chambre, qui m’inquiète sur sa volonté d’un lit de justice. Récit d’une conversation du régent avec le comte de Toulouse, bien considérable. Probité du comte, scélératesse de son frère. Misère et frayeur du maréchal de Villeroy. Nécessité de n’y pas toucher. Je tâche de fortifier le régent à ne pas toucher à M. du Maine. Propos sur le rang avec Son Altesse Royale. Mes réflexions sur le rang. Conférence chez le duc de La Force. Sage prévoyance de Fagon et de l’abbé Dubois. Inquiétude de Fontanieu pour le secret. Il remédie aux sièges hauts. Entretien entre M. le Duc et moi dans le jardin des Tuileries, qui veut l’éducation plus fermement que jamais. Je lui fais une proposition pour la différer, qu’il refuse. Sur quoi je le presse avec la dernière force. Outre l’honneur, suites funestes des manquements de parole. Disposition de Mme la Duchesse sur ses frères toute différente de Mme la duchesse d’Orléans. Prince de Conti à compter pour rien. J’essaye à déranger l’opiniâtreté de M. le Duc sur avoir actuellement l’éducation, par les réflexions sur l’embarras de la mécanique. Je presse vivement M. le Duc. Il demeure inébranlable. Ses raisons. Je fais expliquer M. le Duc sur la réduction des bâtards au rang de leur pairie. Il y consent. Je ne m’en contente pas. Je veux qu’il en fasse son affaire, comme de l’éducation même, et je le pousse fortement. Trahison des Lassai. M. le Duc désire que je voie les trois divers projets d’édits, qu’il avait donnés au régent. Millain; quel. Je déclare à M. le Duc que je sais du régent que la réduction du rang des bâtards est en ses mains, et que le régent la trouve juste. Je presse fortement M. le Duc. M. le Duc me donne sa parole de la réduction des bâtards au rang de leur pairie. Je propose à M. le Duc de conserver le rang sans changement au comte de Toulouse par un rétablissement uniquement personnel. Mes raisons. M. le Duc consent à ma proposition en faveur du comte de Toulouse, et d’en faire dresser la déclaration. Je la veux faire aussi, et pourquoi. Raisonnement encore sur la mécanique. Renouvellement de la parole de M. le Duc de la réduction susdite des bâtards. Dernier effort de ma part pour le détourner de l’éducation et de toucher au duc du Maine.  Chapitre XVIII.

16. Chapitre XIX. Millain chez moi, avec ses trois projets d’édits, me confirme la parole de M. le Duc sur le rang; me promet de revenir le lendemain matin. Satisfaction réciproque. Je rends compte au régent de ma conversation avec M. le Duc. Son Altesse Royale déterminée à lui donner l’éducation. Je proteste avec force contre la résolution de toucher au duc du Maine; mais, ce parti pris, je demande alors très vivement la réduction des bâtards au rang de leur pairie. Cavillations du régent. Je le force dans tous ses retranchements. Je propose au régent le rétablissement du comte de Toulouse, qu’il approuve. Reproches de ma part. Je propose au régent les inconvénients mécaniques, et les discute avec lui. Je l’exhorte à fermeté. Avis d’un projet peu apparent de finir la régence, que je mande au régent. M. le Duc vient chez moi me dire qu’il a demandé au régent la réduction des bâtards au rang de leurs pairies, et s’éclaircir de sa part sur l’avis que je lui avais donné. J’apprends chez moi au duc de La Force à quoi en sont les bâtards à notre égard, et le prie de dresser la déclaration en faveur du comte de Toulouse. Frayeur du parlement. Ses bassesses auprès de Law. Infamie effrontée du duc d’Aumont. Frayeur et bassesses du maréchal de Villeroy. Conférence chez moi avec Fagon et l’abbé Dubois sur tous les inconvénients et leurs remèdes. Fagon m’avise sagement de remettre au samedi d’arrêter les membres du parlement, qui le devaient être le vendredi. Le duc de La Force et Millain chez moi avec la déclaration en faveur du comte de Toulouse. Millain m’avertit de la part de M. le Duc, chargé par le régent, de me trouver le soir à huit heures chez le régent, pour achever de tout résumer avec lui et M. le Duc en tiers, et d’y mener Millain. Je parle à Millain sur la réduction des bâtards à leur rang de pairie avec la dernière force, et je le charge de le dire mot pour mot à M. le Duc. Contre-temps à la porte secrète de M. le duc d’Orléans. Je lui fais approuver le court délai d’arrêter quelques membres du parlement. Discussion entre le régent et moi sur plusieurs inconvénients dans l’exécution du lendemain. M. le Duc survient en tiers. Je les prends tous deux à témoin de mon avis et de ma conduite en toute cette affaire. Je les exhorte à l’union et à la confiance réciproque. Je leur parle de la réduction des bâtards au rang de leur pairie avec force et comme ne pouvant plus en douter, en ayant leur parole à tous les deux. Ils m’avertissent de ne pas manquer à revenir le soir au rendez-vous avec eux deux. M. le Duc m’envoie par Millain la certitude de la réduction des bâtards au rang de leur pairie, dont j’engage M. le Duc à s’assurer de plus en plus. Conférence chez moi avec le duc de La Force, Fagon et l’abbé Dubois. Tout prévu et remédié autant que possible. Conférence, le soir, entre M. le duc d’Orléans, M. le Duc et moi, seuls, où Millain fut en partie seul avec nous, où tout se résume pour le lendemain et les derniers partis sont pris. Je suis effrayé de trouver le régent au lit avec la fièvre. Solutions en cas de refus obstiné du parlement d’opiner. Pairs de France, de droit, et officiers de la couronne, de grâce et d’usage, ont seuls voix délibérative au lit de justice et en matière d’État, et les magistrats au plus consultative, le chancelier ou garde des sceaux excepté. Je confie, avec permission de Son Altesse Royale, les événements si prochains au duc de Chaulnes. Contade fait très à propos souvenir du régiment des gardes suisses. Frayeur du duc du Maine d’être arrêté par lui. On avertit du lit de justice à six heures du matin ceux qui y doivent assister. Le parlement répond qu’il obéira. Discrétion de mon habit de parlement. Je fais avertir le comte de Toulouse d’être sage et qu’il ne perdra pas un cheveu. Valincourt; quel.  Chapitre XIX.

16. Chapitre XX. J’arrive aux Tuileries. Le lit de justice posé promptement et très secrètement. J’entre, sans le savoir, dans la chambre où se tenaient, seuls, le garde des sceaux et La Vrillière. Tranquillité du garde des sceaux. Le régent arrive aux Tuileries. Duc du Maine en manteau. J’entre dans le cabinet du conseil. Bon maintien et bonne résolution du régent. Maintien de ceux du conseil. Divers mouvements en attendant qu’il commence. Le comte de Toulouse arrive en manteau. Le régent a envie de lui parler. Je tâche de l’en détourner. Colloque entre le duc du Maine et le comte de Toulouse, puis du comte de Toulouse avec le régent, après du comte de Toulouse avec le duc du Maine. Le régent me rend son colloque avec le comte de Toulouse; me déclare qu’il lui a comme tout dit. Les bâtards sortent et se retirent. Le conseil se met en place. Séance et pièce du conseil dessinée pour mieux éclaircir ce qui s’y passa le vendredi matin 26 août 1718. Remarques sur la séance. Discours du régent. Lecture des lettres du garde des sceaux. Tableau du conseil. Discours du régent et du garde des sceaux. Lecture de l’arrêt du conseil de régence en cassation de ceux du parlement. Opinions marquées. Légers mouvements au conseil sur l’obéissance du parlement. Discours du régent sur la réduction des bâtards au rang de leurs pairies. Effet du discours du régent. Lecture de la déclaration qui réduit les bâtards au rang de leur pairie. Effet de cette lecture dans le conseil. Je mets devant moi sur la table la requête des pairs contre les bâtards ouverte à l’endroit des signatures. Opinions. Je fais au régent le remercîment des pairs de sa justice, et je m’abstiens d’opiner. Le régent saute de moi au maréchal d’Estrées. Discours de M. le duc d’Orléans sur le rétablissement du comte de Toulouse, purement personnel. Impression de ce discours sur ceux du conseil. Lecture de la déclaration en faveur du comte de Toulouse. Opinions. M. le duc d’Orléans dit deux mots sur M. le Duc, qui demande aussitôt après l’éducation du roi. Mouvements dans le conseil. Opinions. Le maréchal de Villeroy se plaint en deux mots du renversement des dispositions du feu roi et du malheur du duc du Maine, sur lequel le régent lance un coup de tonnerre qui épouvante la compagnie. Le garde des sceaux, et par lui le régent, est averti que le premier président tâche d’empêcher le parlement d’obéir. Le régent le dit au conseil; montre qu’il ne s’en embarrasse pas. Mouvements et opinions là-dessus. Le parlement, en marche à pied, pour venir aux Tuileries. Attention du régent pour le comte de Toulouse et pour les enregistrements. Le maréchal de Villars, contre son ordinaire, rapporte très bien une affaire du conseil de guerre. Le conseil finit. Mouvements. Divers colloques. D’Antin obtient du régent de n’assister point au lit de justice. Je parle à Tallard sur le maréchal de Villeroy. La Vrillière bien courtisan. La Maintenon désolée. Mouvements dans la pièce du conseil. Je propose au régent d’écrire à Mme la duchesse d’Orléans, etc.  Chapitre XX..

16. Chapitre XXI. Le parlement arrive aux Tuileries. Attention sur les sorties du cabinet du conseil et sur ce qui s’y passe. On va prendre le roi. Marche au lit de justice. Le roi sans manteau ni rabat. Séance et pièce du lit de justice aux Tuileries dessinée, pour mieux éclaircir ce qui s’y passa le vendredi matin 26 août 1718. J’entre au lit de justice, et, allant en place, je confie l’affaire des bâtards à quelques pairs. Spectacle du lit de justice. Maintien de M. le duc d’Orléans, de M. le Duc et de M. le prince de Conti. Maintien du roi et du garde des sceaux. Lettres de garde des sceaux. Discours du garde des sceaux au parlement sur sa conduite et ses devoirs. Cassation de ses arrêts. Présence d’esprit et capacité d’esprit de Blancmesnil, premier avocat général. Remontrance envenimée du premier président, confondue. Réduction des bâtards au rang de leurs pairies. Rétablissement uniquement personnel du comte de Toulouse. M. de Metz et quelques autres pairs mécontents sur le rétablissement du comte de Toulouse. Je refuse d’une façon très marquée d’opiner, tant moi que tous les pairs, comme étant parties, dans l’affaire des bâtards. Discours du régent et de M. le Duc pour demander l’éducation du roi. Lourde faute d’attention de ces deux princes en parlant. M. le Duc obtient sa demande. Enregistrement en plein lit de justice de tout. Le roi très indifférent pour le duc du Maine. Levée du lit de justice.  Chapitre XXI.

NOTES. 

I. Comparaison entre les parlements de France et d’Angleterre. 
II. Querelle entre les présidents du parlement et les ducs-pairs.

DIX-SEPTIÈME VOLUME. 
Liste des Chapitres

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I
II
III
IV
V
VI
VII
VIII
IX
X
XI
XII
XIII
XIV
XV
XVI
XVII
XVIII
XIX
XX
XXI
XXII
Notes
Note 1
Note 2
.
17. Chapitre I. Message étrange que M. le duc d’Orléans m’envoie par le marquis de Biron, au sortir du lit de justice. Dispute entre M. le duc d’Orléans et moi, qui me force d’aller à Saint-Cloud annoncer à Mme la duchesse d’Orléans la chute de son frère, interrompue par les conjouissances de l’abbé Dubois et les nouvelles de l’abattement du parlement. La dispute fortement reprise après; puis raisonnements et ordres sur ce voyage. Ma prudence confondue par celle d’un page. Folie de Mme la duchesse d’Orléans sur sa bâtardise. On ignore à Saint-Cloud tout ce qui s’est passé au lit de justice. J’entre chez Mme la duchesse d’Orléans. Je quitte Mme la duchesse d’Orléans et vais chez Madame. Menace folle et impudente de la duchesse du Maine au régent, que j’apprends par Madame. Mme la duchesse d’Orléans m’envoie chercher chez Madame, qui me prie de revenir après chez elle. Lettre de Mme la duchesse d’Orléans, écrite en partie de sa main, en partie de la mienne (dictée par elle), singulièrement belle. J’achève avec Madame, que Mme la duchesse d’Orléans envoie prier de descendre chez elle. J’entretiens la duchesse Sforze. Je rends compte de mon voyage à M. le duc d’Orléans. Conversation sur l’imminente arrivée de Mme la duchesse d’Orléans de Saint-Cloud. Entrevue de M. [le duc] et de Mme la duchesse d’Orléans, arrivant de Saint-Cloud, et de Mme la duchesse de Berry, après avoir vu ses frères qui l’attendaient chez elle. Force et but de Mme la duchesse d’Orléans, qui sort après de toute mesure. Misère de M. le duc d’Orléans. Je demeure brouillé de ce moment avec Mme la duchesse d’Orléans, sans la revoir, depuis Saint-Cloud. Je vais à l’hôtel de Condé; tout m’y rit. Mme de L’Aigle me presse inutilement de lier avec Mme la Duchesse. Chapitre I.

17. Chapitre II. Conduite des bâtards. O et Hautefort détournent le comte de Toulouse de suivre la fortune de son frère. Caractère et propos d’Hautefort à son maître. Conversation entre Valincourt et moi sur le comte de Toulouse et les bâtards. Il revient aussi me faire les remercîments du comte de Toulouse et m’assurer qu’il s’en tiendra à sa conservation. Le comte de Toulouse voit le régent, vient au conseil. Le duc et la duchesse du Maine se retirent à Sceaux. Le comte de Toulouse et Mme Sforze blâment fortement et souvent Mme la duchesse d’Orléans de ne me point voir. Elle est outrée qu’il n’ait pas suivi le duc du Maine, qui est fort mal traité par sa femme. Séditieux et clandestin usage de feuilles volantes en registres secrets du parlement. Le premier président mandé et cruellement traité par la duchesse du Maine. Blamont, président aux enquêtes, et deux conseillers enlevés et conduits en diverses îles du royaume. Mouvements inutiles du parlement. Effet de ce lit de justice au dehors et au dedans du royaume Raisons qui me détournèrent de penser alors à l’affaire du bonnet. M. le Duc en possession de la surintendance de l’éducation du roi. Sage avis de Mme d’Aligre. Mauvaise sécurité du régent. Création personnelle d’un second lieutenant général des galères en faveur du chevalier de Rancé. Folie du duc de Mortemart, qui envoie au régent la démission de sa charge pour la seconde fois. Je la fais déchirer avec peine, et j’obtiens après la survivance de sa charge pour son fils. Ma dédaigneuse franchise avec le duc de Mortemart. Survivances des gouvernements du duc de Charost à son fils; de grand maître de la garde-robe; des gouvernements de Normandie et de Limousin, aux fils des ducs de La Rochefoucauld, de Luxembourg et de Berwick, et du pays de Foix au fils de Ségur, qui épouse une bâtarde, non reconnue, de M. le duc d’Orléans. La Fare, lieutenant général de Languedoc, et l’abbé de Vauréal maître de l’oratoire. Gouvernement de Douai à d’Estaing. Mme la duchesse d’Orléans, qui s’était tenue enfermée depuis le lit de justice, revoit le monde et joue. Chapitre II.

17. Chapitre III. Efforts du duc du Maine, inutiles, pour obtenir de voir M. le duc d’Orléans et se justifier. Députation du parlement au régent sur ses membres prisonniers. Le parlement de Bretagne écrit en leur faveur au régent. Le parlement de Bretagne écrit à celui de Paris, qui lui répond. Le régent demeure ferme. Menées en Bretagne. Le régent entraîné maintient très mal à propos Montaran, trésorier des états de Bretagne, qui le voulaient faire compter et lui ôter cet emploi. Le comte Stanhope passe trois semaines à Paris revenant d’Espagne en Angleterre. Riche flotte d’Amérique arrivée à Cadix. Les conseils sur leur fin, par l’intérêt de l’abbé Dubois et de Law. Appel du cardinal de Noailles, etc., de la constitution Unigenitus. Il se démet de sa place de chef du conseil de conscience. Tous les conseils particuliers cassés. L’abbé Dubois fait secrétaire d’État des affaires étrangères, et Le Blanc secrétaire d’État de la guerre. Brancas et le premier écuyer conservent leurs départements; plusieurs des conseils leurs appointements. Canillac entre au conseil de régence. La Vrillière a la feuille des bénéfices. Le comte d’Évreux, Coigny, Biron, Asfeld, demeurent comme ils étaient. Admirable mandement publié par le cardinal de Noailles sur son appel de la constitution. Fêtes données à Chantilly à Mme la duchesse de Berry. Le frère du roi de Portugal incognito à Paris. Mariage du roi Jacques d’Angleterre, dit le chevalier de Saint-Georges, avec une Sobieska, qui, en allant le trouver avec la princesse sa mère, est arrêtée à Inspruck par ordre de l’empereur. Tyrannie étendue à cet égard. Faiblesse du régent pour le traitement du duc du Maine. Autres gens des conseils récompensés. Bonamour et sept membres du parlement de Bretagne exilés, puis quatre autres encore. Mme la duchesse d’Orléans à l’Opéra. Curiosité sur les tapis. Mort du maréchal-duc d’Harcourt et de l’abbé de Louvois. Conseillers d’État pointilleux et moqués. Koenigseck ambassadeur de l’empereur à Paris. Époque singulière de l’entier silence de tout ce qui eut trait à la constitution au conseil de régence. Retour des conseillers du parlement de Paris exilés, non du président Blamont. Faux sauniers nombreux excités. Mézières avec des troupes est envoyé contre eux. Le duc du Maine achète une maison à Paris. Meudon donné à Mme la duchesse de Berry. Rion en a d’elle le gouvernement. Du Mont, qui l’avait, en conserve les appointements. Chauvelin, longtemps garde des sceaux si puissant, et chassé, devient président à mortier; Gilbert avocat général, et l’abbé Bignon bibliothécaire du roi. Nangis veut se défaire du régiment du roi. J’en obtiens l’agrément pour Pezé, et aussitôt Nangis ne veut plus vendre. Le duc de Saint-Aignan, ambassadeur en Espagne, reçoit ordre du régent de revenir. Je lui assure à son insu une place en arrivant au conseil de régence. Berwick accepte de servir contre l’Espagne. Asfeld s’en excuse. Six mille livres de pension à Mlle d’Espinoy; autant à Mlle de Melun; quatre mille livres à Meuse; autant à Béthune le Polonois. Six mille livres à Méliant, maître des requêtes, en mariant sa fille unique au fils aîné du garde des sceaux. Dix mille livres au marquis de La Vère, frère du prince de Chimay. Huit mille livres à Vertamont, premier président du grand conseil. Mme la duchesse de Berry en reine à l’Opéra, une seule fois. Elle donne audience de cérémonie à l’ambassadeur de Venise sur une estrade de trois marches. Force plaintes. Elle n’y retourne plus.  Chapitre III.

17. Chapitre IV. Conversation entre M. le duc d’Orléans [et moi], sur ses subsides secrets contre l’Espagne, qui la voulut avoir enfermé seul avec moi dans sa petite loge à l’Opéra. Conversation forte entre M. le duc d’Orléans et moi, dans son cabinet, tête à tête, sur la rupture avec l’Espagne. Faiblesse étrange du régent, qui rompt avec l’Espagne, contre sa persuasion et sa résolution. Launay gouverneur de la Bastille. Projet d’Albéroni et travail de Cellamare contre le régent. Précautions de Cellamare pour pouvoir parler clairement à Madrid, et prendre les dernières mesures. Je suis mal instruit de la grande affaire dont je vais parler. Cause étrange de cette ignorance. Les dépêches de Cellamare, envoyées avec tant de précautions, arrêtées à Poitiers et apportées à l’abbé Dubois, qui, dans cette affaire surtout, en fait un pernicieux usage; et le secret de tout enfoui. Résultat bien reconnu des ténèbres de cette affaire. Instruments de la conjuration pitoyables. Cellamare arrêté; sa conduite. J’apprends de M. le duc d’Orléans ce qui vient d’être raconté de Cellamare, du duc et de la duchesse du Maine, et du projet vaguement. Conseil de régence sur l’arrêt de l’ambassadeur d’Espagne, où deux de ses lettres au cardinal Albéroni sont lues. Pompadour et Saint-Geniez mis à la Bastille. Députation du parlement au régent, inutile, en faveur du président de Blamont. Abbé Brigault à la Bastille. D’Aydie et Magny en fuite. La charge du dernier donnée à vendre à son père. Tous les ministres étrangers, au Palais-Royal, sans aucune plainte. On leur donne à tous des copies des deux lettres de Cellamare à Albéroni, qui avoient été lues au conseil de régence. Chapitre IV.

17. Chapitre V. Évêques et cardinaux en débat sur les carreaux à la chapelle du roi, pour le sacre de Massillon, évêque de Clermont, qui s’y fit devant le roi, qui lui donna trente mille livres de gratification, en attendant une abbaye. Le parlement refuse d’enregistrer la banque royale. Le régent s’en passe, le méprise, la publie et l’établit. Menille à la Bastille. Cellamare écrit très inutilement aux ministres étrangers résidant à Paris. Conseil secret au Palais-Royal, qui se réduit après à M. le Duc et à moi, à qui le régent confie que le duc et la duchesse du Maine sont des plus avant dans la conspiration, et qui délibère avec nous ce qu’il doit faire. Nous concluons tous trois à les faire arrêter; conduire M. du Maine à Dourlens, et Mme du Maine au château de Dijon, bien gardés et resserrés. M. le Duc dispute un peu sur Dijon et se rend. M. et Mme du Maine et leurs affidés ont tout le temps de mettre leurs papiers à couvert et en profitent. Perfidie de l’abbé Dubois. Conseil secret entre M. le duc d’Orléans, M. le Duc, l’abbé Dubois, Le Blanc et moi, où tout est résolu pour le lendemain. Le duc du Maine arrêté à Sceaux par La Billarderie, lieutenant des gardes du corps, et conduit dans la citadelle de Dourlens. Mme la duchesse du Maine arrêtée par le duc d’Ancenis, capitaine des gardes du corps, et conduite au château de Dijon. Enfants du duc du Maine exilés. Cardinal de Polignac exilé à Anchin. Un gentilhomme ordinaire du roi est mis auprès de lui. Davisard et autres gens attachés ou domestiques du duc et de la duchesse du Maine, mis à la Bastille. Excellente et nette conduite du comte de Toulouse. Le duc de Saint-Aignan se retire habilement d’Espagne, où on voulait le retenir. Mort du comte de Solre, sans nulle prétention toute sa vie. Son fils et sa belle-fille s’en figurent de toutes nouvelles et inutiles. Mort de Nointel, conseiller d’État, et du vieux Heudicourt. Belle-Ile; sa famille; son île. Caractère de Belle-Ile. Caractère du chevalier de Belle-Ile. Union des deux frères Belle-Ile; leur conduite domestique; leur liaison avec moi. L’aîné commence à pointer et fait avec le roi l’échange de Belle-Ile. Raison de s’être étendu sur les deux frères Belle-Ile.  Chapitre V.

17. Chapitre VI. Année 1719. Conduite du duc du Maine. Conduite de Mme du Maine. Mme la Princesse obtient quelques adoucissements à Mme du Maine, et à Mme de Chambonnas, sa dame d’honneur, de s’aller enfermer avec elle; puis son médecin. Commotion de la découverte de la conspiration. Conduite du duc de Noailles. Netteté de discours et de procédé du comte de Toulouse. Faux sauniers soumis d’eux-mêmes. Adresse de l’abbé Dubois. Il fait faire par Fontenelle le manifeste contre l’Espagne. Il est examiné dans un conseil secret au Palais-Royal, passé après en celui de régence, et suivi aussitôt de la publication de la quadruple alliance imprimée, et de la déclaration de guerre contre l’Espagne. Le tout très mal reçu du public. Pièces répandues contre le régent sous le faux nom du roi d’Espagne, très faiblement tancées par le parlement. Incendie du château de Lunéville. Conspiration contre le czar découverte. Le roi de Suède tué. Prétendants à cette couronne, qui redevient élective, et la soeur du feu roi élue reine avec peu de pouvoir, qui obtient après l’association au trône du prince de Hesse, son époux, mais avec force entraves contre l’hérédité et le pouvoir. Baron de Goertz est décapité, et le baron Van der Nath mis en prison perpétuelle. M. le duc de Chartres a voix au conseil de régence, où il entrait depuis quelque temps. Saint-Nectaire ambassadeur en Angleterre. Rareté de son instruction et de celle des autres ministres de France au dehors. Maligne plaisanterie du duc de Lauzun fait cinq ans après le vieux Broglio maréchal de France. Officiers généraux et particuliers nommés pour l’armée du maréchal de Berwick. M. le prince de Conti obtient d’y servir de lieutenant général et de commandant de la cavalerie, et de monstrueuses gratifications. Prodigalités immenses aux princes et princesses du sang, excepté aux enfants du régent. Prodigalités au grand prieur. Il veut inutilement entrer au conseil de régence; mais ce fut quelque temps après être revenu d’exil; et cela avait été oublié ici en son temps. L’infant de Portugal retourne de Paris à Vienne. Le duc de Saint-Aignan entre en arrivant au conseil de régence. Mort et caractère de Saint-Germain Beaupré. Mort du prince d’Harcourt. Mort et aventure de Mme de Charlus. Mort de M. de Charlus. Jeux de hasard défendus. Blamont, président aux enquêtes revient de son exil en une de ses terres. Le grand prévôt obtient la survivance de sa charge pour son fils qui a six ans. Milice levée.  Chapitre VI.

17. Chapitre VII. Quatre pièces, soi-disant venues d’Espagne, assez faiblement condamnées par le parlement; discutées. Prétendue lettre circulaire du roi d’Espagne aux parlements. Prétendu manifeste du roi d’Espagne adressé aux trois états. Prétendue requête des états généraux de France au roi d’Espagne. Prétendue lettre du roi d’Espagne au roi. Philippiques. La Peyronie premier chirurgien du roi. Belle entrée de Stairs, ambassadeur d’Angleterre. Ses vaines entreprises, et chez le roi et à l’égard des princes du sang. Mort de Mme de Seignelay. La bibliothèque de feu M. Colbert achetée par le roi. Archevêque de Malines; quel. L’empereur lui impose silence sur la constitution. Sage et ferme conduite du roi de Sardaigne sur la même matière. Le P. Tellier exilé à la Flèche, où il meurt au bout de six mois. Ingratitude domestique des jésuites. Promotion d’officiers généraux. Duc de Mortemart vend au duc de Saint-Aignan le gouvernement du Havre. Dix mille livres de pension au vicomte de Beaune, et vingt mille livres au duc de Tresmes, au lieu de son jeu, qui se rétablit après, et la pension lui demeure. L’abbaye de Bourgueil à l’abbé Dubois. Mariage de M. de Bournonville avec Mlle de Guiche. Profusion au graud prieur. Mariage du prince électoral de Saxe déclaré avec une archiduchesse. Le roi Jacques en Espagne. Retour de Turin et grâce faite à M. de Prie. Rémond; quel; son caractère. Mimeur; quel; son caractère; sa mort. Mort et caractère de Térat. La Houssaye, conseiller d’État, lui succède. Mort d’un fils de l’électeur de Bavière, élu évêque de Munster. Mort et caractère de Puysieux. Belle-Ile s’accommode lestement de son gouvernement d’Huningue. Cheverny a sa place de conseiller d’État d’épée. Chapitre VII.

17. Chapitre VIII. Inquiétude des maréchaux de Villeroy, Villars et HuxellesVillars, dans la frayeur, me prie de parler à M. le duc d’Orléans. Je le fais, et le veux rassurer. Manége et secret sur les prisonniers. Politique de l’abbé Dubois sur l’affaire du duc et de la duchesse du Maine et des leurs. La même politique fausse et très dangereuse pour M. le duc d’Orléans. Je le lui représente très fortement, ainsi que l’énorme conduite à son égard du duc du Maine et de ses principaux croupiers, et le danger d’une continuelle impunité. Je ne trouve que défaites et misères. Trois crimes du duc du Maine à punir à la fois: premièrement, attentat d’usurper l’habilité de succéder à la couronne; secondement, les moyens pris pour soutenir cette usurpation; troisièmement, sa conspiration avec l’Espagne. Conduite à tenir à l’égard du duc et de la duchesse du Maine, de leurs principaux complices et des enfants du duc du Maine. Mollesse, faiblesse, ensorcellement du régent par Dubois. Je cesse de parler au régent du duc du Maine, qui peu à peu est rétabli. Adroit manége de Le Blanc et de Belle-Ile. Duc de Richelieu et Saillant à la Bastille. Leur folie. Traité du premier. Ils sont bientôt élargis. Singularité de la promotion de l’ordre, dont je fus moins de dix ans après. Chapitre VIII.

17. Chapitre IX. Conduite étrange de Mme la duchesse de Berry, de Rion et de la Mouchy. Conduite de Mme de Saint-Simon. Scandaleuse maladie de Mme la duchesse de Berry, à [au] Luxembourg. Rion, conduit par le duc de Lauzun, son grand-oncle, épouse secrètement Mme la duchesse de Berry. Mme la duchesse de Berry rouvre le jardin de Luxembourg; se voue au blanc pour six mois; change de capitaine des gardes. Canillac et le marquis de Brancas entrent au conseil des parties. Prince Clément de Bavière est [élu] évêque de Munster et de Paderborn. Le cardinal Albano est fait camerlingue. Le duc d’Albret épouse de nouveau la fille de feu Barbezieux. Mort de Mme de Maintenon. Sa vie et sa conduite à Saint-Cyr. Mort d’Aubigny, archevêque de Rouen. Besons, archevêque de Bordeaux, lui succède; et le frère du garde des sceaux, à Besons. Érection de grands officiers de l’ordre de Saint-Louis à l’instar de ceux de l’ordre du Saint-Esprit. Nouveaux règlements sur l’ordre de Saint-Louis, et leurs inconvénients. Extraction, caractère, fortune de Monti. Laval, dit la Mentonnière, mis, à la Bastille. Cellamare, duc de Giovenazzo, arrive en Espagne; est aussitôt fait vice-roi de Navarre. Rare baptême de Marton. L’abbesse de Chelles, soeur du maréchal de Villars, se démet et se retire dans un couvent à Paris avec une pension de douze mille livres du roi. Mme d’Orléans lui succède, se démet, se retire à la Madeleine. Leur caractère. Diminution d’espèces. Élargissement du quai du Louvre. Guichet, place et fontaine du Palais-Royal. Efforts peu heureux sur l’Écosse. Tyrannie maritime des Anglais. Cilly prend le port du Passage et y brûle toute la marine renaissante de l’Espagne. Les plus confidents du duc et de la duchesse du Maine sortent de la Bastille et sont mis en pleine liberté. Merveilles du Mississipi. Law et le régent me pressent d’en recevoir. Je le refuse, mais je reçois le payement d’anciens billets de l’épargne. Blamont, rappelé à sa charge, devient l’espion du régent, et le mépris et l’horreur du parlement. Mort de Pécoil père, digne d’un avare, mais affreuse. Digne refus, belle et sainte retraite, curieuse, mais inintelligible déclaration, de l’abbé Vittement, sur le règne sans bornes et sans épines du cardinal Fleury. Douze mille livres d’augmentation d’appointements et de gouvernement à Castries.  Chapitre IX.

17. Chapitre X.Mme la duchesse de Berry va demeurer à Meudon, où sa maladie empire, et sa volonté de déclarer son mariage augmente. M. le duc d’Orléans me le confie et fait subitement partir Rion pour l’armée du maréchal de Berwick. Mme la duchesse de Berry, déjà considérablement mal, se fait transporter à la Muette. Mort d’Effiat. Singularité étrange de sa dernière maladie. Biron premier écuyer de M. le duc d’Orléans. Mort de La Vieuville et de Mme de Leuville; quelle elle était. Pensions données à Coettenfao, à Fourille, à Ruffey, à Savine, à Béthune, à La Billarderie. La duchesse du Maine à Châlon-sur-Saône, presque en pleine liberté. L’épouse du roi Jacques se sauve d’Inspruck, est reçue à Rome en reine. Le roi en pompe à Notre-Dame. Étrange arrangement de son carrosse. Siège de Fontarabie. Folle lettre anonyme à M. le prince de Conti. Mort du fils de Lestaing. Prise de Fontarabie, puis de Saint-Sébastien. On brûle à Santona trois vaisseaux espagnols prêts à être lancés à la mer. Mort, fortune et caractère de La Berchère, archevêque de Narbonne. Beauveau, archevêque de Toulouse, lui succède. Mort, caractère et infortune de Dupin. Misère de notre conduite à l’égard de Rome. Impudence des Te Deum. Mort, fortune et caractère de Nyert. Le roi à l’hôtel de ville, voit le feu de la Saint-Jean. Fatuités du maréchal de Villeroy. Mort et caractère de Chamlay. La cour des monnaies obtient la noblesse. Le chevalier de Bouillon obtient trente mille livres de gratification. Sainte-Menehould brûlée. Autre incendie à Francfort-sur-le-Mein. Mort et caractère de Nancré. Mort de la duchesse d’Albret (Le Tellier). Clermont-Chattes; quel; est capitaine des Suisses de M. le duc d’Orléans. Le garde des sceaux marie son second fils; perd sa femme; pousse ses deux fils. Mort de Chauvelin, conseiller d’État. Mort, extraction, fortune du duc de Schomberg. Mort, fortune et caractère de Bonrepos. Chapitre X.

17. Chapitre XI. Mme la duchesse de Berry se fait transporter de Meudon à la Muette. Conduite de Mme de Saint-Simon à l’égard de Mme la duchesse de Berry. Raccourci de Mme la duchesse de Berry. Mme la duchesse de Berry reçoit superbement ses sacrements, fait après à Mme de Mouchy présent d’un baguier de deux cent mille écus. M. le duc d’Orléans le prend, et elle demeure perdue. Mme la duchesse de Berry reçoit une seconde fois ses sacrements, et pieusement. Scélératesse insigne de Chirac, impunie. Ma conduite à l’égard de Mme la duchesse de Berry en sa dernière extrémité. Je vais à la Muette auprès de M. le duc d’Orléans. Il me charge de ses ordres sur tout ce qui devait suivre la mort. J’empêche toute cérémonie et l’oraison funèbre. Mort de Mme la duchesse de Berry regrettée, sans exception, de personne que de M. le duc d’Orléans, et encore peu de jours. Scellés mis par La Vrillière, secrétaire d’État. Convois du coeur et du corps. Ni manteaux ni mantes au Palais-Royal. Les appointements et logements continués à toutes les dames de Mme la duchesse de Berry. Mouchy et sa femme chassés. Gouvernement de Meudon rendu à du Mont. Désespoir de Rion, qui à la fin se console. Maladie de Mme de Saint-Simon à Passy. Le régent nous prête le château neuf de Meudon. Deuil de la cour prolongé six semaines au delà de celui du roi. Il visite Madame, M. [le duc] et Mme la duchesse d’Orléans. Le roi au Louvre, en visite toutes les académies pendant qu’on nettoie les Tuileries. M. et Mme du Maine fort relâchés. Aveux de la duchesse du Maine. Misérable comédie entre elle et son mari. Le secrétaire du prince de Cellamare mis au château de Saumur. MM. d’Allemans, Renaud et le P. Malebranche; quels. Mémoires d’Allemans sur la manière de lever la taille. La Muette donnée au roi, et le gouvernement à Pezé. Vingt mille livres de pension à Mme la princesse de Conti la mère. Cent cinquante mille livres de brevet de retenue à Lautrec sur la lieutenance générale de Guyenne. Toutes pensions se payent. Forte augmentation de troupes. M. le duc d’Orléans achète pour M. le duc de Chartres le gouvernement de Dauphiné, de La Feuillade, qu’il accable d’argent. La Vrillière présente au roi les députés des états de Languedoc, de préférence à Maillebois, lieutenant général de la province. Extraction de Maillebois. Belle action des moines d’Orcamp. Mme la duchesse d’Orléans refuse audience à tous députés d’états, depuis la prison du duc du Maine. Le duc de Richelieu peu à peu en liberté.  Chapitre XI.

17. Chapitre XII. Paix de la Suède avec l’Angleterre. Le duc de Lorraine échoue pour l’érection de Nancy en évêché. Vaudémont en tombe fort malade à Paris. Maximes absurdes, mais suivies toujours et inhérentes, du parlement sur son autorité. J’empêche le régent d’en rembourser toutes les charges avec le papier de Law. Raisons secrètes contre le remboursement des charges du parlement. Seconde tentative du projet du remboursement des charges du parlement finalement avortée. Le parlement informé du risque qu’il a couru, qui le lui a paré, et qui y a poussé. Duchesse du Maine à Chamlay, où Mme la Princesse la visite. Officiers du sang, et leur date. Usurpations et richesses. Le chevalier de Vendôme vend au bâtard reconnu de M. le duc d’Orléans le grand prieuré de France, et veut inutilement se marier. Retour de Plénoeuf en France. Raisons d’en parler. Plénoeuf, sa femme et sa fille; quels. Courte reprise de sa négociation de Turin avortée par l’intérêt personnel et la ruse singulière de l’abbé Dubois. Étrange trait de franchise de Madame, qui rompt tout court la négociation de Turin. Digression sur les maisons d’Este et Farnèse. Maison d’Este. Bâtards d’Este, ducs de Modène et de Reggio jusqu’à aujourd’hui. Maison Farnèse. Farnèse bâtards, duc de Parme et de Plaisance.  Chapitre XII.

17. Chapitre XIII. Le roi Jacques repasse en Italie. Le prince électoral de Saxe épouse une archiduchesse, Joséphine. Bénédiction de Mme de Chelles. Mort de Marillac, doyen du conseil; de Mme de Croissy; son caractère. Mort de Courcillon; de Louvois, capitaine des Cent-Suisses. Sa charge donnée à son fils à la mamelle. Mort du comte de Reckem, du duc de Bisaccia; sa famille. Mort du marquis de Crussol; de l’évêque d’Avranches, Coettenfao; d’Orry; de Mme de Bellegarde, puis de son mari; du duc de La Trémoille. Mort de Mme de Coigny; extraction de son mari. Mort de l’abbé de Montmorel. Mort du président Tambonneau. M. le comte de Charolais comblé d’argent du roi, fait gouverneur de Touraine. Comte d’Évreux achète le gouvernement de l’Ile-de-France et la capitainerie de Monceaux, où il désole le cardinal de Bissy. Le nonce Bentivoglio, près d’être cardinal, prend congé et part. Ses horreurs. L’abbé de Lorraine et l’abbé de Castries obtiennent enfin leurs bulles de Bayeux et de Tours, et sont sacrés par le cardinal de Noailles. Commission de juges du conseil envoyée à Nantes. Bretons arrêtés; d’autres en fuite. Berwick en Roussillon, prend la Ceu-Urgel; y finit la campagne. Le Guerchois gouverneur d’Urgel. M. le duc d’Orléans se fait appeler mon oncle. Le feu roi n’apparentait que lui, Monsieur et la vieille Mademoiselle. Conseil de régence entièrement tombé. Besons, archevêque de Rouen, puis l’abbé Dubois, y entrent. Je propose à M. le duc d’Orléans un conseil étroit, en laissant subsister celui de régence; [chose] que l’abbé Dubois empêcha. Davisard mis en liberté. La Chapelle; quel; exilé, aussitôt rappelé, mort peu après. Quatre millions payés en Bavière; trois en Suède. Quatre-vingt mille livres données à Meuse, et huit cent mille francs à Mme de Châteauthiers, dame d’atours de Madame. Abbé Alary; quel; obtient deux mille livres de pension. Le marquis de Brancas obtient quatre mille livres de pension pour son jeune frère, et la survivance de sa lieutenance générale de Provence à son fils, à neuf ans. Maréchal de Matignon obtient six mille livres d’augmentation d’appointements de son gouvernement. Fureur du Mississipi et de la rue Quincampoix. Diminution d’espèces; refonte. Prince de Conti retire Mercoeur à Lassai. Largesses aux officiers employés contre l’Espagne. Affaires de cour à Vienne. Prince d’Elboeuf: quel; obtient son abolition et revient en France. Nominations d’évêchés où l’abbé d’Auvergne et le jésuite Lafitau sont compris. Conduite de ce dernier.  Chapitre XIII.

17. Chapitre XIV. Mississipi tourne les têtes. Law se veut pousser, et pour cela se faire catholique. L’abbé Tencin l’instruit et reçoit sans bruit son abjuration. Digression sur cet abbé et sa soeur la religieuse. Caractère de celle-ci. Elle devient maîtresse de l’abbé Dubois. Caractère de l’abbé Tencin. Il va à Rome pour le chapeau de l’abbé Dubois; est admonesté en plein parlement en partant. Law achète l’hôtel Mazarin et y établit sa banque. Mort de Conflans; du célèbre P. Quesnel; de Blécourt dont Louville obtient le gouvernement de Navarreins. Mort de la princesse de Guéméné. Retour du maréchal de Berwick. Porteurs de lettres en Espagne arrêtés. Vaisseaux espagnols aux côtes de Bretagne. Bretons en fuite; d’autres arrêtés. Profusions du régent. Prince d’Auvergne épouse une aventurière anglaise. Law se fait garder chez lui. Caractère et fortune de Nangis et de Pezé, qui obtient le régiment du roi d’infanterie, et Nangis force grâces. Ma situation avec Fleury, évêque de Fréjus, avant et depuis qu’il fut précepteur. Caractère de Mme de Lévi. Je propose à M. de Fréjus une manière singulière, aisée, agréable et utile d’instruction pour le roi, et je reconnais tôt qu’il ne lui en veut donner aucune. Je m’engage à faire Fréjus cardinal. Grâces pécuniaires au duc de Brancas. Six mille livres de pension à Béthune, chef d’escadre. Torcy obtient l’abbaye de Maubuisson pour sa soeur. Madame de Bourbon, depuis abbesse de Saint-Antoine; quelle. Mort et état de l’abbé Morel.  Chapitre XIV.

17. Chapitre XV. Promotion de dix cardinaux. Leur discussion. Spinola, Althan, Perreira. Gesvres. Sagesse et dignité des évêques polonais. Bentivoglio. Bossu, dit Alsace, et comment; est malmené par l’empereur. Belluga; sa double et sainte magnanimité. Salerne. Mailly; son ambition; sa conduite. Pourquoi les nonces de France, devenant cardinaux, n’en reçoivent plus les marques qu’en rentrant en Italie. Tout commerce étroitement et sagement défendu aux évêques, etc., de France avec Rome, et comment enfin permis. Haine de Mailly contre le cardinal de Noailles, et ses causes. Sentiments de Mailly étranges sur la constitution. Comment transféré d’Arles à Reims. Sa conduite dans ce nouveau siège.  Chapitre XV.

17. Chapitre XVI. M. le duc d’Orléans, fort irrité de la promotion de l’archevêque de Reims, me mande, me l’apprend et dispute cette affaire avec Le Blanc et moi, où La Vrillière, gendre du frère de l’archevêque, survient. Velleron dépêché à l’archevêque avec défense de porter aucune marque de cardinal et de sortir de son diocèse. Ridicule aventure et dépit de Languet, évêque de Soissons. Son état, son ambition, ses écrits, sa conduite. Conduite de l’archevêque de Reims. Il obéit aux ordres que Velleron lui porte. Quel était Velleron. Ma conduite avec le régent sur l’archevêque de Reims. Rare et insigne friponnerie des abbés Dubois et de La Fare-Lopis à l’égard l’un de l’autre. L’archevêque de Reims clandestinement à Paris. Mystère très singulier de ce retour. Faiblesse et ambition de l’archevêque de Reims. Son premier succès et ma duperie. Manége de Dubois à l’égard de l’archevêque de Reims, dont je suis encore parfaitement la dupe. Comment Mailly, archevêque de Reims, obtint enfin de recevoir des mains du roi sa calotte rouge, où je le conduisis.  Chapitre XVI.

17. Chapitre XVII. Sécheresse où ces Mémoires vont tomber, et ses causes. Chute du cardinal Albéroni qui se retire en Italie. Dona Laura Piscatori nourrice et assafeta de la reine d’Espagne. Son caractère. Albéroni arrêté en chemin, emportant le testament original de Charles II et quelques autres papiers importants, qu’il ne rend qu’à force de menaces. Joie publique en Espagne de sa chute, et dans toute l’Europe. Marcieu garde honnêtement à vue le cardinal Albéroni jusqu’à son embarquement à Marseille, qui ne reçoit nulle part ni honneur ni civilité. Sa conduite en ce voyage. Folles lettres d’Albéroni au régent sans réponse. Aveuglement étrange de souffrir dans le gouvernement aucun ecclésiastique, encore pis des cardinaux. Cause de la rage d’Albéroni. But de tout ministre d’État ecclésiastique ou qui parvient à se mêler d’affaires. Disposition du roi très différente, et sa cause, pour M. le duc d’Orléans et pour l’abbé Dubois, également haïs du maréchal de Villeroy et de l’évêque de Fréjus. Conduite de tout cet intérieur. M. le duc d’Orléans résolu de chasser le maréchal de Villeroy et de me faire gouverneur du roi. Il me le dit. Je l’en détourne. Chapitre XVII.

17. Chapitre XVIII. Année 1720. Comédie entre le duc et la duchesse du Maine, qui ne trompe personne. Changement de dame d’honneur de Mme la Duchesse la jeune; pourquoi raconté. Caractère de M. et de Mme de Pons. Abbé d’Entragues; son extraction; son singulier caractère; ses aventures. Law, contrôleur général des finances. Grâces singulières faites aux enfants d’Argenson. Machaut et Angervilliers conseillers d’État en expectative. Law maltraité par l’avidité du prince de Conti, qui en est fortement réprimandé par M. le duc d’Orléans. Ballet du roi. Force grâces pécuniaires. J’obtiens douze mille livres d’augmentation d’appointements sur mon gouvernement de Senlis, qui n’en valait que trois mille. Je fais les derniers efforts pour un conseil étroit, fort inutilement. Mariage de Soyecourt avec Mlle de Feuquières. Réflexions sur les mariages des filles de qualité avec des vilains. Mort du comte de Vienne; son caractère, son extraction. Mort du prince de Murbach. Mort de l’impératrice mère, veuve de l’empereur Léopold. Son deuil et son caractère. Mort du cardinal de La Trémoille. Étrange friponnerie et bien effrontée de l’abbé d’Auvergne pour lui escroquer son archevêché de Cambrai. Digression sur les alliances étrangères du maréchal de Bouillon et de sa postérité. Abbé d’Auvergne; comment fait archevêque de Tours, puis de Vienne.  Chapitre XVIII.

17. Chapitre XIX. Comte Stanhope à Paris. Paix d’Espagne. Grimaldo supplée presque en tout aux fonctions de premier ministre d’Espagne, sous le titre de secrétaire des dépêches universelles. Sa fortune, son caractère. Digression déplacée, mais fort curieuse, sur le premier président de Mesmes. Duchesse de Villars et dames nommées pour conduire la princesse de Modène jusqu’à Antibes. Remarques sur le cérémonial, le voyage et l’accompagnement. Fiançailles et mariage de cette princesse. Désordre du système et de la banque de Law se manifeste et produit des suites les plus fâcheuses et infinies. Commencements et fortune des quatre frères Pâris. Nouveaux prisonniers à Nantes. Vingt-six présidents ou conseillers remboursés et supprimés, choisis dans le parlement de Bretagne.  Chapitre XIX.

17. Chapitre XX. Abbé Dubois obtient l’archevêché de Cambrai. L’abbé Dubois refusé d’un dimissoire par le cardinal de Noailles, en obtient un de Besons, archevêque de Rouen, et va dans un village de son diocèse, près de Pontoise, recevoir tous les ordres à la fois de Tressan, évêque de Nantes; se compare là-dessus à saint Ambroise. Mot du duc Mazarin. Singulière anecdote sur le pouvoir de l’abbé Dubois sur M. le duc d’Orléans, à l’occasion du sacre de cet abbé. Sacre de l’abbé Dubois par le cardinal de Rohan. Les Anglais opposés au roi Georges, ou jacobites, chassés de France à son de trompe. Politique terrible de la cour de Rome sur le cardinalat. Mort de Mme de Lislebonne. Douze mille livres de pension, qu’elle avait, [sont] données à Mme de Remiremont, sa fille. Mort et successeur du grand maître de Malte. Mort et caractère du P. Cloche, général de l’ordre de Saint-Dominique. Mort de Fourille; sa pension donnée à sa veuve. Mort et caractère de Mme de La Hoguette. Mort de Mortagne, chevalier d’honneur de Madame. Mort de Mme la Duchesse, brusquement enterrée. Visites et manteaux chez M. le Duc. Testament, etc.  Chapitre XX.

17. Chapitre XXI. Maison de Horn ou Hornes. Catastrophe du comte de Horn à Paris. Jugement et exécutions à Nantes. Mort, famille et extraction du prince de Berghes. Mort du duc de Perth. Mariage du comte de Grammont avec une fille de Biron. Mariage de Mailly avec une soeur de la duchesse de Duras, [Mlle de] Bournonville. Mariage du duc de Fitz-James avec Mlle de Duras. Mariage de Chalmazel avec Mlle de Bonneval. Mariage du prince d’Isenghien avec la seconde fille du prince de Monaco. Mariage du marquis de Matignon avec Mlle de Brenne, et de sa soeur à lui avec Basleroy. Naissance de l’infant don Philippe. Maulevrier-Langeron, envoyé en Espagne, lui porte le cordon bleu. Affaire et caractère de l’abbé de Gamaches, auditeur de rote. Sa conduite à Rome, où il mourut dans cet emploi. Ce que c’est que la rote.  Chapitre XXI.

17. Chapitre XXII.Débordement de pensions, et pensions fixées au grade d’officier général. M. le duc d’Orléans m’apprend le mariage du duc de Lorges avec la fille du premier président. Ma conduite là-dessus. Édit de réduction des intérêts des rentes. Mouvements du parlement là-dessus. Remontrances. Retour de Rion à Paris, où il tombe dans l’obscurité. Enlèvements pour peupler le pays dit Mississipi, et leur triste succès. La commission du conseil, de retour de Nantes, s’assemble encore à l’Arsenal; peu après le maréchal de Montesquiou rappelé de son commandement de Bretagne. Retour du comte de Charolais de ses voyages. Bon mot de Turménies. Quel était Turménies. Retrait de l’hôtel de Marsan. Mariage de La Noue avec Mme de Chevry. Quelles gens c’étaient. Fruits amers du Mississipi. Rare contrat de mariage du marquis d’Oyse. Dreux obtient la survivance de sa charge de grand maître des cérémonies pour son fils, et le marie malheureusement. Mort du prince Vaïni. Mort et caractère du comte de Peyre. Sa charge de lieutenant général de Languedoc donnée pour rien à Canillac. Mort de la comtesse du Rouvre; curiosités sur elle. Mort et singularités de la marquise d’Alluy. Mort de l’abbé Gautier. Mort et détails du célèbre Valero y Losa, de curé de campagne devenu, sans s’en être douté, évêque, puis archevêque de Tolède. Éloge du P. Robinet, confesseur du roi d’Espagne, et son renvoi. Division entre le roi d’Angleterre et le prince de Galles; sa cause; leur apparent raccommodement. Duc de La Force, choisi pour aller faire les compliments à Londres, n’y va point, parce que le roi d’Angleterre ne veut point de cet éclat. Masseï à Paris, depuis nonce en France; sa fortune, son caractère. Les Vénitiens se raccommodent avec le roi et rétablissent les Ottobon. État, intrigues, audace des bâtards du prince de Montbéliard, qui veulent être ses héritiers et légitimes.  Chapitre XXII.

NOTES. 

I. Taille.
II. Vénalité des charges. 

DIX-HUITIÈME VOLUME. 
Liste des Chapitres

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I
II
III
IV
V
VI
VII
VIII
IX
X
XI
XII
XIII
XIV
XV
XVI
       
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18. Chapitre I. Le roi commence à monter à cheval et à tirer. L’Espagne remet la Sicile à l’empereur, et le roi de Sicile devient roi de Sardaigne. Mariage du duc d’Albret avec Mlle de Gordes. Suite de ses mariages. Fortune prodigieuse de M. et de Mme de Beauvau par le duc de Lorraine. Pension de dix mille livres à la nouvelle duchesse d’Albret. Survivance du gouvernement de Franche-Comté au duc de Tallard, et de sous-gouverneur du roi au fils aîné de Saumery. Mariage de M. de Mailloc avec une fille de la maréchale d’Harcourt. Duc de Noailles s’accommode avec Bloin, pour son second fils, de la survivance d’intendant des ville, châteaux et parcs de Versailles et de Marly. M. le comte de Charolais et le maréchal de Montesquiou entrent au conseil de régence. Mort de Mme de Coetquen, et curiosités sur elle. Chabot. Mort et caractère de l’abbé de Chaulieu. Mort de Sousternon. Arrêt du conseil du 22 mai 1720, qui manifeste le désordre des actions de la banque, et qui a de tristes suites. Malice noire d’Argenson. Mouvements du parlement. L’arrêt est révoqué, dont l’effet entraîne à la fin la perte de Law. Conduite de l’abbé Dubois à l’égard de Law. M. le duc d’Orléans me confie, et à deux autres avec moi, l’arrêt avant de le donner. Je tâche en vain de l’en détourner. Conduite du parlement et de M. le duc d’Orléans. Arrêt qui révoque au bout de six jours celui du 22 mai. Law est ôté du contrôle général des finances. Beuzwaldt, avec seize Suisses, en garde chez lui. Il voit le régent après un refus simulé; travaille avec lui et en est traité avec la bonté ordinaire. La garde se retire de chez lui. L’agio est transféré de la rue Quincampoix en la place de Vendôme. M. le duc d’Orléans me veut donner les sceaux, et m’en presse deux jours durant. Je tiens ferme à les refuser. Law et le chevalier de Conflans envoyés sonder et persuader le chancelier. Ils réussissent et le ramènent de Fresnes. Les sceaux redemandés à Argenson et rendus au chancelier. Retraite d’Argenson en très bon ordre et fort singulière. Chapitre I.

18. Chapitre II. Conférence de finance singulière au Palais-Royal. Création de rentes à deux et demi pour cent enregistrées. Diminution des espèces. Des Forts presque contrôleur général. Les quatre frères Pâris exilés. Papiers publics solennellement brûlés à l’hôtel de ville. Caractère de Trudaine, prévôt des marchands. M. le duc d’Orléans m’apprend sa résolution d’ôter le prévôt des marchands, de mettre Châteauneuf en sa place, de chasser le maréchal de Villeroy et de me faire gouverneur du roi; à quoi je m’oppose avec la dernière force, et je l’emporte: mais il ne me tient parole que sur le dernier. Trudaine remercié. Châteauneuf prévôt des marchands. Trudaine et le maréchal de Villeroy sont tôt informés au juste de tout ce tête-à-tête, sans qu’on puisse imaginer comment, et avec des sentiments bien différents l’un de l’autre. Conduite étrange du maréchal de Villeroy. Il est visité par les harengères dans une attaque de goutte. Emplois des enfants d’Argenson. Baudry lieutenant de police. M. le duc d’Orléans renvoie gracieusement les députés du parlement au chancelier. Arrêt célèbre sur les pierreries. Sutton succède à Stairs. Courtes réflexions. Continuation de la brûlerie par le nouveau prévôt des marchands. Édit pour rendre la compagnie des Indes, connue sous le nom de Mississipi, compagnie exclusivement de commerce. Effets funestes de cet édit. Gens étouffés à la banque. Le Palais-Royal menacé. Law insulté par les rues; ses glaces et ses vitres cassées. Il est logé au Palais-Royal. Le parlement refuse d’enregistrer l’édit. Ordonnance du roi étrange. Précautions; troupes approchées de Paris. Conférence au Palais-Royal entre M. le duc d’Orléans et moi. Petit conseil tenu au Palais-Royal. Impudence de Silly. Translation du parlement à Pontoise. Effronterie du premier président, qui tire plus de trois cent mille livres de la facilité de M. le duc d’Orléans, pour le tromper, s’en moquer, et se raccommoder avec le parlement à ses dépens. Le parlement refuse d’enregistrer sa translation, puis l’enregistre en termes les plus étranges. Arrêt de cet enregistrement. Conduite du premier président. Dérision du parlement à Pontoise, et des avocats pareille. Foule d’opérations de finance. Des Forts en est comme contrôleur général. Profusion de pensions. Maréchal de Villars cruellement hué dans la place de Vendôme. L’agiotage qui y est établi transporté dans le jardin de l’hôtel de Soissons. Avidité sans pareille de M. et de Mme de Carignan. Law, retourné du Palais-Royal chez lui, fort visité. Les troupes approchées de Paris renvoyées. Peste de Marseille.  Chapitre II.

18. Chapitre III. Déclaration pour recevoir la constitution Unigenitus lue au conseil de régence sans prendre là-dessus les avis de personne. Mort, fortune et caractère du chevalier de Broglio. Comte de Saxe entre au service de France; fait presque aussitôt maréchal de camp. Mariage d’Alincourt et de Mlle de Boufflers. Cellamare, ou le duc de Giovenazzo, disgracié depuis son retour, rappelé à la cour d’Espagne et bien traité. La place du parlement absent laissée vide par les autres cours à la procession de l’Assomption. Le parlement refuse d’enregistrer la déclaration en faveur de la constitution Unigenitus. Le régent la porte au grand conseil, y fait trouver les princes du sang, les ducs et pairs et maréchaux de France, me prie de ne m’y point trouver, et l’y fait enregistrer à peine. Nullité de cet enregistrement. Mort et caractère de La Brue, évêque de Mirepoix; de l’évêque-comte de Châlon, frère du cardinal de Noailles; de Heinsius, pensionnaire de Hollande. Hoornbeck, pensionnaire de Rotterdam, fait pensionnaire de Hollande. Mort de Saint-Olon. Mort de Mme Dacier. Mort, extraction, fortune, famille, caractère et Mémoires de Dangeau. Raisons de s’y étendre. Duc de Chartres grand maître des ordres de Notre-Dame du mont Carmel et de Saint-Lazare. Mort du duc de Grammont; son nom et ses armes. Mort de Mme de Nogent, soeur du duc de Lauzun. Réflexion. Chapitre II.

18. Chapitre IV. Lede, fait grand d’Espagne, est victorieux en Afrique. Mortification du cardinal del Giudice à Rome dépouillé de la protection d’Allemagne en faveur du cardinal d’Althan, qu’il courtise bassement. Princesse des Ursins à Rome pour toujours, où elle est considérée. Barbarigo, Borgia et Cienfuegos faits cardinaux, quels. Saint-Étienne de Caen au cardinal de Mailly. La survivance des gouvernements du duc d’Uzès à son fils. Voyage et retour à Paris de la duchesse d’Hanovre. Sa nullité à Vienne; son changement de nom; son état ambigu et délaissé à Paris. Nouveautés étranges, mais sans suite à son égard. La Houssaye contrôleur général; quel. Triste fin et mort de Guiscard. Mort et caractère de Caumartin. Époque du velours en habits ordinaires pour les gens de robe. Le parlement enregistre la déclaration pour recevoir la constitution, et revient à Paris. Chambre établie aux Grands-Augustins pour vider force procès. Mariage du duc de Lorges avec Mlle de Mesmes. Mariage du duc de Brissac avec Mlle Pécoil. Mort étrange du vieux Pécoil. Ambassadeur du Grand Seigneur en France. Congrès de Cambrai inutile. Saint-Contest et Morville y vont ambassadeurs plénipotentiaires. Sage pensée du cardinal Gualterio. Maulevrier-Langeron en Espagne. Law sort enfin du royaume. Son caractère; sa fin; sa famille. Chapitre IV.

18. Chapitre V. Année1721. Chaos des finances. Retraite de Pelletier de Sousy. Conseil de régence curieux sur les finances et la sortie de Law du royaume. Réflexions sur ce conseil de régence. Prince de Conti débanque Law. Continuation de ce conseil de régence, orageux entre le régent et M. le Duc, à l’occasion de la retraite de Law. M. le duc d’Orléans veut de nouveau ôter au maréchal de Villeroy la place de gouverneur du roi et me la donner. Il s’y associe M. le Duc. Je refuse. Le combat dure plus d’un mois. Je demeure si ferme, que le maréchal de Villeroy conserve sa place auprès du roi, faute de qui la remplir. Sa misère là-dessus. Le maréchal de Villeroy découvre le péril qu’il a couru pour sa place. Il ne me pardonne pas d’avoir pu la remplir, si je l’avais voulu. Je le méprise.  Chapitre V.

18. Chapitre VI. Forte conversation entre M. le duc d’Orléans et moi, qui ébranle l’abbé Dubois fortement, mais inutilement. Faiblesse étrange de M. le duc d’Orléans, qui dit tout à l’abbé Dubois, se laisse irriter contre moi jusqu’à me faire de singuliers reproches, dont à la fin il demeure honteux; m’avoue sa faiblesse et défend à l’abbé Dubois de lui jamais parler de moi. Étrange trait sur le chapeau de Dubois entre M. le duc d’Orléans et Torcy. Naissance du prince de Galles à Rome. Sentiments anglais sur cette naissance. Mort du comte de Stanhope et de Craggs, secrétaires d’État d’Angleterre, succédés (sic) par Townsend et Carteret. Leur caractère. Mort du docteur Sachewerell. Mort et caractère de Huet, ancien évêque d’Avranches; de la duchesse de Luynes; de la duchesse de Sully (Coislin); de la duchesse de Brissac (Vertamont). Embrasement de Rennes. Cailloux singuliers.  Chapitre VI.

18. Chapitre VII. Affaire du duc de La Force. Saint-Contest et Morville, plénipotentiaires au congrès de Cambrai. Mort, fortune et caractère de Foucault, conseiller d’État. Méliant, Harlay, Ormesson, conseillers d’État. Alliance des Neuville et des Harlay. Mort de Coettensao; de Joffreville; d’Ambres; son caractère. Mort de la comtesse de Matignon. Ambassadeur extraordinaire du Grand Seigneur à Paris. Son entrée. Sa première audience. Vienne, en Autriche, archevêché. Mort de la reine de Danemark (Mecklembourg). Dix-huit jours après, le roi épouse la Rewenclaw, sa maîtresse. Duperie étrange du cardinal de Rohan par Dubois. Mort de Clément XI (Albane). Innocent XIII (Conti) élu. Condition étrange de son exaltation. Albéroni à Rome et rétabli. Intérêt des cardinaux. Robert Walpole comme grand trésorier d’Angleterre. M. le duc de Chartres colonel général de l’infanterie. Survivance [de la charge] de premier écuyer et du gouvernement de Marseille au fils de Beringhen, et des bâtiments au fils de d’Antin. Perfidie du maréchal de Villeroy à Torcy et à moi.  Chapitre VII.

18. Chapitre VIII. Le duc de Sully déclare son mariage secret avec Mme de Vaux. Leur caractère. Mort de Chamillart; raccourci de sa fortune et de son caractère. Mort de Desmarets; abrégé de son caractère. Mort d’Argenson; abrégé de son caractère. Mort de Maupertuis; abrégé de son caractère. Mort de Mézières; son caractère. Mort de Serignan; de l’abbé de Mornay; son caractère et sa fortune. Mort de l’abbé de Lyonne; de Bullion. Le grand écuyer se sépare pour toujours de sa femme, qu’il renvoie au duc de Noailles, son père. Breteuil, maître des requêtes, prévôt et maître des cérémonies de l’ordre. La Houssaye, contrôleur général, en a le râpé. Breteuil, frère du précédent, tué en duel par Gravelle. Traité d’Angleterre, à son mot, avec l’Espagne. M. le duc d’Orléans me confie le traité fait du mariage du roi avec l’infante d’Espagne, et de sa fille avec le prince des Asturies. Conversation curieuse entre lui et moi là-dessus. J’obtiens l’ambassade d’Espagne pour faire mon second fils grand d’Espagne. J’obtiens pour ma dernière belle-soeur l’abbaye de Saint-Amant de Rouen. Audience de congé, caractère et traitement de l’ambassadeur turc. Prince de Lixin fait grand maître de Lorraine en épousant une fille de M. et de Mme de Craon. Son caractère et sa fin. Mariage du marquis de Villars avec une fille du duc de Noailles. Caractère de cette dame. Mariage du duc de Boufflers avec une fille du duc de Villeroy.  Chapitre VIII.

18. Chapitre IX. Dubois enfin cardinal. Sa conduite en cette occasion. Conduite réciproque entre lui et moi. Il sort à merveille de ses audiences. Croix pectorale. Embarras de M. de Fréjus. Imprudence de Mme de Torcy. Dubois, informé de mon ambassade, me rapproche par Belle-Ile pour me tromper et me nuire. Je le sens et ne puis l’éviter. Liaison plus qu’intime de Belle-Ile avec Le Blanc. Leur servitude sous Dubois. Maladie du roi. Audace pestilentielle de la duchesse de La Ferté. Conduite étrange du maréchal de Villeroy. Affectation de Te Deum sans fin. Instruction abominable et publique du maréchal de Villeroy au roi. Excellente conduite de M. le duc d’Orléans et des siens dans la maladie du roi. Mort de Trudaine; du duc de Bouillon; son caractère. Mort de Thury; son caractère. Mort du P. Lelong, de l’Oratoire. Armenonville obtient la survivance de sa charge de secrétaire d’État pour son fils; la duchesse celle de gouvernante des enfants de France pour Mme de Soubise, sa petite fille; Saumery, de la sienne de sous-gouverneur du roi pour son fils aîné, chose sans exemple. Leur caractère. Mort et caractère, vie et conduite de Mme la grande-duchesse [de Toscane]. La conduite avec moi du cardinal Dubois m’affranchit des conditions de notre raccommodement. Familiarité, liberté, confiance conservée entre M. le Duc et moi, depuis le lit de justice des Tuileries. Conversation importante et très curieuse entre M. le Duc et moi. Chapitre IX.

18. Chapitre X. Mort, caractère, conduite du cardinal de Mailly. Il obtient que son neveu de Nesle porte la queue du grand manteau de l’ordre du roi à Reims. Il ne va point à Rome, arrêté par une opération instante au moment de son départ. Réflexions. Reims persévéramment offert à Fréjus, obstinément refusé. Motifs de l’un et de l’autre. Sa conduite à l’égard du roi, du régent, du maréchal de Villeroy, du monde. Raison à moi particulière de désirer que Fréjus acceptât Reims. Sagacité très singulière d’une femme de chambre. Fréjus accepte à grand’peine l’abbaye de Saint-Étienne de Caen. Fréjus point avide de biens. Fréjus, parfaitement ingrat, empêche que Reims soit donné à Castries, archevêque d’Albi. Abbé de Guéméné archevêque de Reims. Retraite et caractère du duc de Brancas. Mort, fortune et caractère de l’abbé de Camps. Mort de l’évêque-duc de Laon, Clermont-Chattes. Ses deux premiers successeurs. Mort et caractère de l’archevêque de Rouen, Besons. Son successeur. Mort du duc de Fitz-James; de Mlle de La Rochefoucauld; de Mme de Polignac, mère du cardinal; de Prior, à Londres.  Chapitre X.

18. Chapitre XI. Raisons qui terminent les longs troubles du Nord. Paix de Nystadt entre la Russie et la Suède. Réflexions. Mesures pour apprendre au roi son mariage et le déclarer. Le régent, en cinquième seulement dans le cabinet du roi, lui apprend son mariage, et le déclare en sa présence au conseil de régence. Détail plus étendu de la scène du cabinet du roi sur son mariage. Déclaration du mariage du prince des Asturies avec une fille de M. le duc d’Orléans. Réflexions. Abattement et rage de la cabale opposée au régent. Ses discours; son projet. Frauduleux procédé du cardinal Dubois avec moi, qui veut me ruiner et me faire échouer. Mon ambassade déclarée. Ma suite principale. Sartine; quel. Je consulte utilement Amelot et les ducs de Berwick et de Saint-Aignan. Utilité que je tire des ducs de Liria et de Veragua. Leur caractère. Mon instruction. Remarques sur icelle. Valouse; son caractère et sa fortune. La Roche; sa fortune; son caractère. Estampille; ce que c’est. Laullez; sa fortune; son caractère. Mon utile liaison avec lui. Scélératesse du cardinal Dubois et faiblesse inconcevable de M. le duc d’Orléans, dans les ordres nouveaux et verbaux que j’en reçois sur préséance et visites. Duc d’Ossone; quel. Nommé ambassadeur d’Espagne pour le mariage du prince des Asturies. On lui destine le cordon bleu. Je ne veux point profiter de la nouveauté de cet exemple. Continuation de l’étrange procédé du cardinal Dubois à mon égard, qui fait hasarder à M. le duc d’Orléans une entreprise d’égalité avec le prince des Asturies. La Fare envoyé en Espagne de la part de M. le duc d’Orléans. Son caractère. Malice grossière à mon égard du cardinal Dubois, suivie de la plus étrange impudence. Il prend à Torcy la charge des postes. Bon traitement fait à Torcy. La duchesse de Ventadour, et Mme de Soubise en survivance, gouvernantes de l’infante, et le prince de Rohan chargé de l’échange des princesses.  Chapitre XI.

18. Chapitre XII. Mon départ de Paris pour Madrid. Je rencontre et confère en chemin avec le duc d’Ossone. Je passe et séjourne à Ruffec, à Blaye et à Bordeaux, et y fais politesse aux jurats. Arrivée à Bayonne. Adoncourt et Dreuillet, commandant et évêque de Bayonne; quels. Pecquet père et fils; quels. Impatience de Leurs Majestés Catholiques de mon arrivée, qui la pressent par divers courriers. Audience de la reine douairière d’Espagne. Son logement. Elle me fait traiter à dîner. Son triste état. Adoncourt fort informé. Passage des Pyrénées. Je vais voir Loyola. Arrivée à Vittoria. Présent et députation de la province. Trois courriers l’un sur l’autre pour presser mon voyage. Je laisse mon fils aîné fort malade à Burgos, et poursuis ma route sans m’arrêter. Cause de l’impatience de Leurs Majestés Catholiques. Basse et impertinente jalousie de Maulevrier. Arrivée à Madrid, où je suis incontinent visité des plus grands, sans exception de ceux à qui je devais la première visite. Je fais ma première révérence à Leurs Majestés Catholiques et à leur famille. Conduite très singulière et tout opposée des ducs de Giovenazzo et de Popoli avec moi. Visite à Grimaldo, particulièrement chargé des affaires étrangères. Succès de cette visite. Il connaît parfaitement le cardinal Dubois. Esquisse du roi d’Espagne; de la reine d’Espagne; du marquis de Grimaldo. Le roi et la reine d’Espagne consentent, contre tout usage, de signer eux-mêmes le contrat du futur mariage du roi et de l’infante. Ils y veulent des témoins, que je conteste et que je consens enfin. Signature des articles. Office à Laullez. Chapitre XII.

18. Chapitre XIII. Audience solennelle pour la demande de l’infante en mariage futur pour le roi. Audience de la reine d’Espagne. Audience du prince des Asturies et des infants. Bêtise de Maulevrier, qui ne se couvrit point. Conduite énorme de Maulevrier avec moi, bien pourpensée et bien exécutée jusqu’au bout, pour me jeter dans le plus Fâcheux embarras sur les raisonnements du contrat de mariage, de guet-apens, en pleine cérémonie de la signature. Ma conduite pour y précéder, comme je fis, le nonce et le majordome-major du roi, sans les blesser. Signature solennelle du contrat du futur mariage du roi et de l’infante. Le prince des Asturies cède partout à l’infante depuis la déclaration de son futur mariage avec le roi. Je me maintiens adroitement en la place que j’avais prise. Difficulté poliment agitée sur la nécessité ou non d’un instrument en français. Maulevrier forcé de laisser voir toute sa scélératesse, de laquelle je me tire avec tout avantage, sans montrer la sentir. Autre honte à Maulevrier chez Grimaldo. Politesse de ce ministre. Facilité pleine de bonté du roi d’Espagne. Ma conduite égale avec Maulevrier, et mes raisons pour cette conduite. Bonté de Leurs Majestés Catholiques. Conclusion de mon désistement d’un instrument en français. Chapitre XIII.

18. Chapitre XIV. Forme de demander les audiences particulières du roi d’Espagne. Jalousie de la reine pour y être toujours présente. Trait important d’amitié pour moi de Grimaldo. Illumination de la place Major, admirable et surprenante. Bal superbe chez le roi d’Espagne. Leurs Majestés Catholiques y dansent et m’y font danser. Échappé avec tout avantage de tous les pièges du cardinal Dubois, j’en aperçois son dépit à travers ses louanges. Audience particulière que j’eus seul le lendemain de la signature. Manége de la reine. Service de Grimaldo. Office à don Patricio Laullez. Attachement du roi d’Espagne aux jésuites, peu conforme au goût de la reine. Bontés ou compliments singuliers de la reine pour moi. Audience particulière du comte de Céreste. Je consulte Grimaldo sur les bontés ou les compliments de la reine. J’en reçois un bon conseil. Confiance et amitié véritable entre ce ministre et moi. Pompe de Leurs Majestés Catholiques allant à Notre-Dame d’Atocha. Compétence entre les deux majordomes-majors, uniquement aux audiences publiques de la reine, qui en exclut celui du roi, et entre les mêmes et les deux grands écuyers, uniquement dans les carrosses du roi et de la reine, qui en exclut les deux majordomes-major. Départs (18 novembre) de Mlle de Montpensier de Paris. Leurs Majestés Catholiques donnent une longue audience à Maulevrier et à moi seuls, étant au lit, contre tout usage d’y être vus par qui que ce soit. Maulevrier en étrange habitude de montrer au ministre d’Espagne les dépêches qu’il devais de sa cour. Départ de Leurs Majestés Catholiques pour Lerma. Je présente enfin une lettre du roi à l’infante au moment de son départ pour Lerma. Je reçois chez moi les compliments de la ville de Madrid. Lettre curieuse du cardinal Dubois à moi, sur l’emploi de l’échange des princesses. Santa-Cruz chargé par le roi d’Espagne de l’échange des princesses. Je prends avec lui d’utiles précautions à l’égard du prince de Rohan, chargé par le roi du même échange. Chapitre XIV.

18. Chapitre XV. Arrivée, réception, traitement, audiences, magnificence du duc d’Ossone. Signature des articles du prince des Asturies et de Mlle de Montpensier chez le chancelier de France. Signature du contrat de mariage du prince des Asturies et de Mlle de Montpensier. Elle est visitée par le roi. Fêtes. Départ de Mlle de Montpensier. La ville de Paris complimente le duc d’Ossone chez lui. Mort du comte de Roucy. Mort de Surville. Mort de Torcy, des chevau-légers. Arrivée de La Fare chargé des compliments de M. le duc d’Orléans sur le mariage de Mlle sa fille. Vaines prétentions de La Fare, que son maître n’avait point. Conduite que je me suis proposé d’avoir en Espagne. Tentative du P. Daubenton auprès de moi pour faire rendre aux jésuites le confessionnal du roi. Droiture et affection de Grimaldo pour moi. L’empereur fait une nombreuse promotion de l’ordre de la Toison d’or, dont il met le prince héréditaire de Lorraine. Omission de plusieurs affaires peu importantes et des embarras étranges d’argent où la malice du cardinal Dubois m’attendoit et me jeta. Courte description de Lerma et de Villahalmanzo. Grands mandés avec quelques autres personnes distinguées pour assister au mariage du prince des Asturies. Pour quelles personnes ont été faites les érections des duchés de Pastrane, Lerma et l’Infantade, et comment tombés au duc de l’Infantade, de la maison de Silva. Caractère et famille du duc de l’Infantade, et leur conduite à l’égard de Philippe V. Richesses de ce duc. Sa folie en leur emploi. Maisons du prince et de la princesse des Asturies. Je vais par l’Escurial joindre la cour à Lerma. Pouvoir du nonce. Hiéronimites; leur grossièreté et leur superstition. Appartement où Philippe II est mort. Pourrissoir. Sépultures royales. Petite scène entre un moine et moi sur la mort du malheureux don Carlos. Fanatisme sur Rome. Panthéon. J’arrive à mon quartier près de Lerma, où je tombe malade tout aussitôt de la petite vérole. Indication pour se remettre sous les yeux tout ce qui regarde les personnages, charges, emplois, grandesses d’Espagne. Précis sur les grandesses. Chapitre XV.

18. Chapitre XVI. Grands d’Espagne constamment de la première origine. Liste alphabétique de tous les grands d’Espagne existant pendant que j’y étois, en 1722, où les maisons et les personnages sont courtement expliqués. Duc d’Alencastro. Duc d’Albe. Duc d’Albuquerque. Duc del Arco. Duc d’Arcos. Duc d’Aremberg. Duc d’Arion. Duc d’Atri. Duc d’Atrisco. Duc de Baños. Duc de Bejar. Duc de Berwick. Duc de Bournonville. Duc Doria. Duc d’Estrées, maréchal de France. Duc de Frias, connétable héréditaire de Castille. Titres de connétable et d’amirante de Castille supprimés par Philippe V. Duc de Gandie. Duc de Giovenazzo. Duc de Gravina. Duc d’Havré. Duc d’Hijar. Duc del Infantado. Duc de Licera. Duc de Liñarez. Duc de Liria. Ducs de Medina-Coeli. La Cerda, seigneurs de Medina-Coeli. Dernier direct comte de Foix, etc. Succession de ses États après lui. Ses deux bâtards. Fin malheureuse du cadet. Fortune énorme de l’aîné. Bâtards de Foix, comtes, puis ducs de Medina-Coeli. Figuerroa, ducs de Medina-Coeli. Amirante de Castille. Duc de Medina-Sidonia. Duc de Saint-Michel. Duc de La Mirandole. Duc et duchesse de Monteillano. Duc de Monteléon. Duc de Mortemart. Duc de Najera. Duc de Nevers. Duc de Noailles. Duc d’Ossone. Duc et duchesse de Saint-PierreDuc de Popoli; son caractère; son fils et sa belle-fille; leur caractère. Duc de Sessa; duc de Saint-Simon et son second fils conjointement. Duc de Solferino; sa fortune. Duc de Turcis. Duc de Veragua. Maréchal-duc de Villars. Duc d’Uzeda; sa défection. Prince de Bisignano. Prince de Santo-Buono. Remède sûr et sans inconvénient pour la goutte, au Pérou. Prince de Butera. Prince de Cariati. Prince de Chalais; sa fortune. Prince de Chimay. Prince de Castiglione. Connétable Colonne. Prince Doria. Prince de Ligne. Prince de Masseran; son caractère; sa fortune. Prince de Melphe. Prince de Palagonia. Prince de Robecque. Prince de Sermonetta. Prince de Sulmone. Prince de Surmia. Prince d’Ottaïano. Marquis d’Arizza. Marquis d’Ayétone. Marquis de Los Balbazès. Marquis de Bedmar. Marquis de Camaraça. Marquis de Castel dos Rios. Marquis de Castel-Rodrigo. Prince Pio. Marquis de Castromonte. Marquis de Clarafuente. Marquis de Santa-Cruz; sa fortune. Marquis de Laconi. Marquis de Lede. Marquis de Mancera. Marquis de Mondejar. Marquis de Montalègre. Marquis de Pescaire. Marquis de Richebourg. Marquis de Ruffec. Marquis de Torrecusa; caractère de son épouse. Marquis de Villena, duc d’Escalona; sa naissance, ses actions, son éloge, sa famille. Marquis Visconti. Comte d’Aguilar; ses faits. Grandeur de la maison d’Avellano. Grandeur de la maison de Manrique de Lara. Comte d’Altamire; sa famille, son caractère. Comte d’Aranda. Comte de Los Arcos. Comte d’Atarès. Comte de Baños. Comte de Benavente; grandeur de la maison de Pimentel; jésuites. Comte de Castrillo. Comte d’Egmont. Comte de San-Estevan de Gormaz. Comte de San-Estevan del Puerto. Comte de Fuensalida. Comte de Lamonclava. Comte de Lemos; son caractère et celui de la comtesse sa femme. Comte de Maceda; son fils et sa belle-fille. Comte de Miranda. Comte de Montijo. Comte d’Oñate. Comte d’Oropesa. Comte de Palma. Comte de Parcen. Comte de Parédes. Comte de Peñeranda. Comte de Peralada. Comte de Priego; son adresse à obtenir la grandesse; son caractère. Comte de Salvatierra. Comte de Tessé. Comte Visconti. Grands d’Espagne par charge ou état, mais imperceptibles. Oubli. Marquis de Tavara. Marquis de Villafranca. Mystère des classes et des dates des grandesses. Impossibilité sur les classes. Difficultés sur les dates. Comment reconnues pour la plupart. État des grands, suivant l’ancienneté entre eux qu’on a pu reconnaître, et par règnes de leurs érections, et les maisons pour qui elles ont été faites, et les maisons où elles se trouvent en 1722. Medina-Coeli. Benavente. Amirante de Castille. Lemos. Medina-Sidonia. Miranda. Albuquerque. Villena et Escalona. Origine de dire les rois jusqu’à aujourd’hui, lorsqu’on a à dire le roi et la reine. Albe. Oñate. Infantado. Oropesa. Najera. Gandie. Sessa. Bejar. Frias. Villafranca. Egmont. Veragua. Pescaire. Ayétone. Ossone. Terranova et Monteléon. Santa-Cruz; cause horrible de cette érection. Aranda. Uzeda. Peñeranda. Mondejar. Hijar. Havré. Sulmone. Los Balbazès. Altamire. Abrantès et Liñares. Bisignano. Castel-Rodrigo. Torrecusa. Colonne. Camaraça. Aguilar. Aremberg. Ligne. Fuensalida. Saint-Pierre. Palma. Nevers. Santo-Buono. Surmia. Liñares. Baños C. Parédes. Lamonclava. San-Estevan del Puerto. Montalègre. Los Arcos. Montijo. Baños D. Castromonte. Castiglione. Ottaïano. Castel dos Rios. Mortemart, éteint. Estrées, éteint. Liria. Gravina. Bedmar. Tessé. La Mirandole. Atri. Chimay. Monteillano. Priego. Noailles. Popoli. Masseran. Richebourg. Chalais. Robecque. Maceda. Solfarino. San-Estevan de Gormaz. Bournonville. Villars. Lede. Saint-Michel. Del Arco. Ruffec. Arion. Oubli sur Mancera avec quelque éclaircissementChapitre XVI.

DIX-NEUVIÈME VOLUME. 
Liste des Chapitres

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I
II
III
IV
V
VI
VII
VIII
IX
X
XI
XII
XIII
XIV
XV
XVI
XVII
XVIII
XIX
 
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19. Chapitre I. Rang observé toujours dans l’ordre de la Toison d’or. Quel est l’état de capitaine général des armées d’Espagne. Médiannates et lansas des grands. Appointements des maisons royales, des capitaines généraux et des conseils. Explication sur les serments. Quelles de ces personnes n’en prêtent point; quelles en prêtent, et entre quelles mains. Buen-Retiro. Casa del Campo. L’Escurial. Aranjuez. Le Pardo. La Sarçuela. Le Pardillo. Don Gaspard Giron; sa naissance, son caractère. Du marquis de Villagarcias. De Cucurani. De Villafranca, introducteur des ambassadeurs. Hyghens, premier médecin du roi d’Espagne; son caractère. Hyghens m’engage à conférer secrètement avec le duc d’Ormond; son caractère. Legendre, premier chirurgien; son caractère. Ricoeur, premier apothicaire; son caractère. Marquis del Surco et sa femme; leur fortune, leur caractère. Valouse; sa fortune, son caractère. Hersent; son état, son caractère. Cardinal Borgia; son caractère. Garde et livrée. Armendariz, lieutenant-colonel du régiment des gardes espagnoles; son caractère. Titolados. L’Excellence. Comtesse d’Altamire; son caractère. Caractère de quelques señoras de honor. Don Domingo Guerra, confesseur de la reine; son caractère. MM. de Saint-Jean père et fils; leur fortune et leur caractère. Capitaines des gardes du corps et colonels des régiments des gardes prêtent seuls serment entre les mains du roi d’Espagne. Salazar; sa fortune et sa réputation. Chapitre I.

19. Chapitre II. Miraval, gouverneur du conseil de Castille; son caractère. Caractère du grand inquisiteur. Conseils. Deux marquis de Campoflorido extrêmement différents à ne pas les confondre. Archevêque de Tolède. Constitution. Inquisition. Le nonce ni les évêques n’ont point l’Excellence. Premier et unique exemple en faveur de l’archevêque de Tolède, de mon temps. Conseillers et conseil d’État, nuls. Ce qu’ils étaient. Don Michel et don Domingo Guerra; leur fortune et leur caractère. Fortune et caractère du marquis de Grimaldo et de sa femme. Riperda. Fortune et caractère du marquis de Castellar et de sa femme. Jalousie du P. Daubenton [à l’égard] du P. d’Aubrusselle; caractère de ce dernier. Jésuites tous puissants, mais tous ignorants en Espagne, et pourquoi. Fortune et caractère du chevalier Bourck. Caractère et fortune du nonce Aldobrandin en Espagne. Caractère et fortune du colonel Stanhope, ambassadeur d’Angleterre en Espagne. Bragadino, ambassadeur de Venise en Espagne. Ambassadeur de Hollande. Ambassadeurs de Malte traités en sujets en Espagne. Guzman, envoyé de Portugal. Caractère de Maulevrier. Duc d’Ormond; son caractère, sa situation en Espagne. Marquis de Rivas, jadis Ubilla; sa triste situation en Espagne; je le visite. ChapitreI I.

19. Chapitre III. Situation de la cour d’Espagne. Goût et conduite de la reine. Elle hait les Espagnols, qui la haïssent publiquement. Cabale nationale à la cour d’Espagne. Fortune de Caylus. Importance de la mécanique journalière. Plan de la reine arrivant à Madrid. Sa conduite. Fortune d’Albéroni; son règne, sa chute. Vie journalière du roi et de la reine d’Espagne. Déjeuner. Prière. Travail avec Grimaldo. Lever. Toilette. Heures des audiences particulières des seigneurs et des ministres étrangers. De l’audience publique et sa description. De l’audience du conseil de Castille. Des audiences publiques des ambassadeurs et de la couverture des grands. La messe et confession et communion. Dîner. Sortie et rentrée de la chasse. Collation, et travail de Grimaldo. Temps de la confession de la reine; sa contrainte. Souper et coucher. Voyages. La reine présente à toutes les audiences particulières des ministres étrangers et des sujets. Raisons de l’explication du détail des journées. Jalousie réciproque du roi et de la reine. Difficulté extrême de la voir en particulier, et de tout commerce d’affaires avec elle seule. Caractère de Philippe V. Éducation et sentiments de la reine d’Espagne pour sa famille et pour son pays. Fortune de Scotti. Caractère, vie, vues, art, manéges, conduite, pouvoir, contrainte de la reine d’Espagne. Extinction par la princesse des Ursins des étiquettes; des conseils où le roi se trouvait; des fonctions des charges principales, qui a toujours duré depuis. Oubli réparé d’une fonction du grand et du premier écuyer.  Chapitre III

19. Chapitre IV. Chasse. L’Atoche. Impudence monacale. Le Mail. Vie ordinaire de Madrid. Recao; ce que c’est. Usage dans les visites. Vie des gens employés dans les affaires. Politesse et dignité des Espagnols. Mesures pour la grandesse et la Toison. Lettres de M. le duc d’Orléans au roi d’Espagne, et du cardinal Dubois à Grimaldo pour ma grandesse, d’une telle faiblesse, que Grimaldo ne voulut pas remettre au roi celle de M. le duc d’Orléans, ni lui parler de celle du cardinal Dubois.  Chapitre IV

19. Chapitre V. Année 1722. Échange des princesses (9 janvier). Usurpation des Rohan. Ruses, artifices, manèges du prince de Rohan, tous inutiles auprès du marquis de Santa-Cruz, qui le force à céder sur ses chimères dans l’acte espagnol, dont j’ai la copie authentique et légalisée. Présents du roi aux Espagnols, pitoyables. Grands d’Espagne, espagnols, n’en prennent point la qualité dans leurs titres, et pourquoi. Avances singulières que le cardinal de Rohan me fait faire de Rome; leur motif. Sottise énorme du cardinal de Rohan partant de Rome. Échange des princesses dans l’île des Faisans. Présents et prostitution de rang de la reine douairière d’Espagne, à qui je procure un payement sur ce qui lui était dû. Je vais faire la révérence à Leurs Majestés Catholiques. Matière de cette audience. Conte singulièrement plaisant par où elle finit. Le roi, la reine et le prince des Asturies vont, comme à la suite du duc del Arco, voir la princesse à Cogollos. Je vais saluer la princesse à Cogollos, puis à Lerma, à son arrivée. Chapelle. J’y précède tranquillement le nonce, sans faire semblant de rien. Rare et plaisante ignorance du cardinal Borgia, qui célèbre le mariage, dont la cérémonie extérieure est différente en Espagne. Célébration du mariage, l’après-dîner du 20 janvier. Je suis fait grand d’Espagne de la première classe, conjointement avec un de mes fils à mon choix, pour en jouir actuellement l’un et l’autre; et la Toison donnée à l’aîné, sans choix. Je donne à l’instant la grandesse au cadet. Remercîment. Compliments de toute la cour. Je me propose, sans en avoir aucun ordre et contre tout exemple en Espagne, de rendre public le coucher des noces du prince et de la princesse des Asturies; et je l’exécute, et je l’obtiens. Bonté et distinction sans exemple du roi d’Espagne pour moi et pour mon fils aîné au bal, dont je m’excuse par ménagement pour les seigneurs espagnols. Mesures que je prends pour éviter que le coucher public ne choque les Espagnols. Vin et huile détestablement faits en Espagne, mais admirablement chez les seigneurs. Jambons de cochons nourris de vipères, singulièrement excellents. Évêques debout au bal, en rochet et camail. Cardinal Borgia n’y paraît point. Vélation; ce que c’est. J’y précède encore le nonce, sans faire semblant de rien. Maulevrier n’y paraît point, parti furtivement dès le matin de son quartier pour Madrid, qui en est fort blâmé. Conduite réciproque entre lui et moi pendant les jours du mariage. Étrange conduite et prétentions de La Fare. Ma conduite à cet égard.  Chapitre V

19. Chapitre VI. Ma conduite en France sur les grâces reçues en Espagne. Parrains de mes deux fils. Princesse des Asturies fort incommodée. Inquiétude du roi et de la reine, qui me commandent de la voir tous les jours, contre tout usage en Espagne. Ils me confient les causes secrètes de leurs alarmes, sur lesquelles je les rassure. Couverture de mon second fils. Le cordon bleu donné au duc d’Ossone. Je prouve à M. le duc d’Orléans qu’il pouvoit et qu’il devait faire lui-même le duc d’Ossone chevalier de l’ordre, et lui propose sept ou huit colliers pour l’Espagne, lors de la grande promotion, dont un pour Grimaldo. L’ordre offert au cardinal Albane et refusé par lui. Office au cardinal Gualterio, à qui le feu roi l’avait promis. Chavigny en Espagne, mal reçu; son caractère. Chavigny à Madrid. Sa mission, et de qui. Vision du duc de Parme la plus inepte sur Castro et Ronciglione. Fausseté puante de Chavigny sur le duc de Parme. Chavigny chargé par le duc de Parme de proposer le passage actuel de l’infant don Carlos à Parme avec six mille hommes, dont le duc de Parme aurait le commandement, les subsides, et l’administration du jeune prince. Chavigny sans ordre ni aucune réponse du cardinal Dubois sur le passage de don Carlos en Italie; sans lettre de créance ni instruction du cardinal Dubois pour la cour d’Espagne. Ordre de lui seulement d’y servir le duc de Parme, mais sans y entrer en trop de détails sur Castro et Ronciglione. Tableau de la cour intérieure d’Espagne. Chavigny se montre à Pecquet vouloir un établissement actuel à don Carlos en Italie. Multiplicité à la fois des ministres de France à Madrid publiquement odieuse et suspecte à la cour d’Espagne. Dangers et absurdité du passage actuel de don Carlos en Italie, sans aucun fruit à en pouvoir espérer. Chimère ridicule de l’indult. Mon embarras du silence opiniâtre du cardinal Dubois sur le projet du passage de don Carlos en Italie. Mesures que je prends en France et en Espagne pour faire échouer la proposition du passage de don Carlos en Italie, qui réussissent. Je mène Chavigny au marquis de Grimaldo, et le présente au roi et à la reine d’Espagne, desquels il est extrêmement mal reçu. Il échoue sur les deux affaires qu’il me dit l’avoir amené à Madrid. Chapitre VI

19. Chapitre VII. Le duc de Bournonville, nommé à l’ambassade de France, en est exclus. Je tente en vain d’obtenir la restitution de l’honneur des bonnes grâces de Leurs Majestés Catholiques au duc de Berwick. Je tente en vain d’obtenir la grandesse pour le duc de Saint-Aignan. Conduite étrange de la princesse des Asturies à l’égard de Leurs Majestés Catholiques. Bal de l’intérieur du palais. La Pérégrine, perle incomparable. Illuminations; feux d’artifice admirables. Leurs Majestés Catholiques en cérémonie à l’Atoche. Raison qui me fait abstenir d’y aller. Fête de la course des flambeaux. Fête d’un combat naval.  Chapitre VII

19. Chapitre VIII. Buen-Retiro. Morale et pratique commode des jésuites sur le jeûne en Espagne. Je veux voir la prison de François Ier. Délicate politesse de don Gaspard Giron. Expédient de Philippe III contre l’orgueil des cardinaux. Prison de François Ier. Je vais voir Tolède. Causes particulières de ma curiosité. Contes et sorte de forfait des cordeliers de Tolède. Différence de notre prononciation latine d’avec celle de toutes les autres nations. Le carême fort fâcheux dans les Castilles. Vesugo, excellent poisson de mer. Église métropolitaine de Tolède. Humble sépulture du cardinal Portocarrero. Beauté admirable des stalles du choeur. Chapelle et messe mosarabiques. Évêques mêlés avec les chanoines sans aucune distinction. Drapeau blanc au clocher de l’église de Tolède pour chaque archevêque ou chanoine devenu cardinal, qui n’en est ôté qu’à sa mort. Députation du chapitre de Tolède pour me complimenter. Ville et palais de Tolède. Aranjuez. Amusement de sangliers. Haras de buffles et de chameaux. Lait de buffle exquis.  Chapitre VIII

19. Chapitre IX. Réception de mon fils aîné dans l’ordre de la Toison d’or. Indécence du défaut des habits de la Toison, et de la manière confuse des chevaliers d’accompagner le roi les jours de collier, qui sont fréquents. Manière dont le roi prend toujours son collier. Sa Majesté et tous ceux qui ont la Toison et le Saint-Esprit ne portent jamais un collier sans l’autre. Nulle marque de l’ordre dans ses grands officiers, quoique d’ailleurs pareils en tout à ceux du Saint-Esprit. Rang dans l’ordre; d’où se prend. Le prince des Asturies est le premier infant qui ait obtenu la préséance. Les chevaliers, grands ou non, couverts au chapitre. Les grands officiers découverts. Différence très marquée de leur séance d’avec celle des chevaliers. Préliminaires immédiats à la réception. Réception. Épée du grand capitaine devenue celle de l’État. Son usage aux réceptions des chevaliers de la Toison. Singuliers respects rendus à cette épée. Courte digression sur le grand capitaine. Accolade. Imposition du collier. Révérences et embrassades. Visites et repas. Cause du si petit nombre de chevaliers espagnols. Expédient qui rend enfin les ordres anciens et lucratifs d’Espagne compatibles avec ceux de la Toison, du Saint-Esprit, etc. Fâcheux dégoût donné sur la Toison à Maulevrier, qui rejaillit sans dessein sur La Fare. Mon fils aîné s’en retourne à Paris; voit l’Escurial. Sottise des moines.  Chapitre IX

19. Chapitre X. Honneurs prodigués à l’infante, et fêtes à son arrivée à Paris. J’obtiens une expédition en forme de la célébration du mariage du prince et de la princesse des Asturies, dont il n’y avait rien par écrit. Baptême de l’infant don Philippe. L’infant don Philippe reçoit le sacrement de confirmation et l’ordre de Saint-Jacques. Voyage très solitaire de quatre jours, à Balsaïm, de Leurs Majestés Catholiques. Je reçois un courrier sur l’entrée des cardinaux de Rohan et Dubois au conseil de régence, et sur la sortie des ducs, du chancelier et des maréchaux de France du conseil de régence. Manége du cardinal Dubois. Il présente au régent un périlleux fantôme de cabale. Lettre curieuse du cardinal Dubois à moi sur l’affaire du conseil de régence. Néant évident de la prétendue cabale. Dubois, par une lettre à part, veut que sur-le-champ j’en fasse part à Leurs Majestés Catholiques, en quelque lieu qu’elles fussent. Second usage du fantôme de cabale pour isoler totalement M. le duc d’Orléans. Artifices de la lettre du cardinal Dubois à moi. Sa crainte de mon retour. Moyens qu’il tente de me retenir en Espagne. Autres pareils artifices du cardinal Dubois, qui me fait écrire avec plus d’étendue et de force par Belle-Ile. Remarques sur la lettre de Belle-Ile à moi. Je prends le parti de taire la prétendue cabale, de ne dire que le fait existant, et d’aller à Balsaïm. Conversation avec Grimaldo. Chapitre X

19. Chapitre XI. Voyage à Balsaïm. Fraîche réception tôt réchauffée. Audience à Balsaïm. Je couche à Ségovie. Ségovie. Cordelier de M. de Chalais. Je dîne à Balsaïm, et suis Leurs Majestés Catholiques à la Granja. Comment la Granja devenue Saint-Ildephonse. Saint-Ildephonse. Superbe et riche chartreuse. Manufactures de Ségovie fort tombées. Je réponds aux lettres du cardinal Dubois et de Belle-Ile. Bruit ridicule que fait courir mon voyage de Balsaïm. Hardiesse étrange de Leurs Majestés Catholiques allant et venant de Balsaïm. Autres lettres curieuses du cardinal Dubois à moi. Vif sentiment du duc d’Arcos sur la préséance des cardinaux au conseil de régence. Cardinaux, chanoines de Tolède, mêlés avec les autres chanoines en leur rang d’ancienneté entre eux.  Chapitre XI.

19. Chapitre XII. Mon audience de congé. Singularité unique de celle de la princesse des Asturies. Maulevrier reçoit enfin le collier de l’ordre de la Toison d’or, mais avec un dégoût insigne. Je pars de Madrid. Alcala de Henarez. Guadalajara. Agreda. Pampelune. Roncevaux. Bayonne. Réponse curieuse du cardinal Dubois et de Belle-Ile. Trois courriers me sont dépêchés. Je me détourne pour passer à Marmande, où le duc de Berwick était venu m’attendre de Montauban, où il commandait en Guyenne. Bordeaux. Blaye. Loches. Chastres. Belle-Ile vient à Chastres me proposer, de la part du cardinal Dubois, le dépouillement du duc de Noailles, et me presse d’y entrer, auquel je m’oppose. Je vais au Palais-Royal. Long entretien entre le régent, le cardinal Dubois et moi. Friponnerie sur la restitution aux jésuites du confessionnal du roi. Je me démets de ma pairie à mon fils aîné, et lui fais présent des pierreries du portrait du roi d’Espagne. Je visite pendant la tenue du premier conseil de régence tous ceux qui en étaient sortis, et vais à Fresnes voir le chancelier exilé.  Chapitre XII.

19. Chapitre XIII. Façon plus que singulière dont l’officier dépêché avec le contrat de mariage du roi fut enfin expédié de tout ce que j’avais demandé pour lui. Mort de Mme de Broglio (Voysin). Mort du comte de Chamilly. Mort de Mme de Montchevreuil, abbesse de Saint-Antoine. Cette abbaye donnée à Mme de Bourbon. Mort de l’abbé et du marquis de Saint-Hérem. Mort du comte de Cheverny, de l’abbé de Verteuil; de l’évêque de Carcassonne (Grignan); de Saint-Fremont; sa fortune. Mort du marquis de Montalègre à Madrid, et sa dépouille. Mort de la princesse Ragotzi (Hesse-Rhinfels); de la duchesse de Zell (Desmiers-Olbreuse); sa fortune. Mort du comte d’Althan, grand écuyer et favori de l’empereur. Mariage du prince palatin de Soultzbach avec l’héritière de Berg-op-Zoom; du prince de Piémont avec la princesse palatine de Soultzbach; du marquis de Castries avec la fille du duc de Lévy; de Puysieux avec la fille de Souvré; du duc d’Épernon avec la seconde fille du duc de Luxembourg; de Mlle d’Estrées, déclarée, avec d’Ampus. P. de Linières, jésuite, confesseur de Madame, fait confesseur du roi, avec des pouvoirs du pape, au refus de ceux du cardinal de Noailles. Armenonville garde des sceaux. Morville secrétaire d’État. Le chancelier, sur le point immédiat de son exil, marie sa fille au marquis de Chastelux. Caractère de ce gendre. Cruel bon mot de M. le duc d’Orléans. Broglio l’aîné et Nocé exilés. Mme de Soubise gouvernante des enfants de France en survivance de la duchesse de Ventadour. Dodun contrôleur général des finances en la place de La Houssaye. Pelletier de Sousy se retire à Saint-Victor. Duc d’Ossone retourné à Madrid. Translations d’archevêchés et d’évêchés. Reims donné à l’abbé de Guéméné. Ruses inutiles des Rohan pour lui procurer l’ordre avant l’âge. Mariage de ma fille avec le prince de Chimay. Mariage du comte de Laval avec la soeur de l’abbé de Saint-Simon: l’un depuis évêque-comte de Noyon, puis de Metz, en conservant le rang et les honneurs de son premier siège; l’autre depuis maréchal de France. Mort de Courtenvaux. Sa charge de capitaine des Cent-Suisses donnée à son fils, à peine hors du berceau, et l’exercice à son frère. La cour retourne pour toujours à Versailles. Je m’oppose à l’exil du duc de Noailles, enfin inutilement. Bassesses du cardinal Dubois pour se gagner le maréchal de Villeroy, inutiles. Fatuité singulière de ce maréchal. Comte de La Mothe fait grand d’Espagne. Mort de Plancy. Le pape donne à l’empereur l’investiture des Deux-Siciles. Mort du duc de Marlborough; de Zondedari, grand maître de Malte. Manoel lui succède. Mort de la duchesse de Bouillon (Simiane); de l’épouse du prince Jacques Sobieski.  Chapitre XIII.

19. Chapitre XIV. Extrême embarras du cardinal Dubois, qui tente encore de se ramener le maréchal de Villeroy, qu’il ne pouvoit perdre, et y emploie le cardinal de Bissy. Le cardinal de Bissy persuade le maréchal de Villeroy, qui veut prévenir le cardinal Dubois, et va chez lui avec le cardinal de Bissy, où, passant des compliments aux injures, il fait la plus terrible scène qui se puisse imaginer au cardinal Dubois. Le cardinal Dubois, hors de lui, arrive tout de suite dans le cabinet de M. le duc d’Orléans, m’y trouve seul, lui conte devant moi la scène qu’il venoit d’essuyer du maréchal de Villeroy, et déclare qu’il faut opter entre l’un ou l’autre. M. le duc d’Orléans me presse de dire mon avis. J’opine à l’exil du maréchal de Villeroy. Conférence entre M. le duc d’Orléans, M. le Duc et moi, où il est convenu d’arrêter et d’exiler le maréchal de Villeroy. M. le duc d’Orléans m’envoie chez le cardinal Dubois, au sortir de notre conférence, examiner et convenir de la mécanique pour arrêter le maréchal de Villeroy. Compagnie que je trouve chez le cardinal Dubois. Le duc de Charost, en mue, pour être déclaré gouverneur du roi. Chapitre XIV

19. Chapitre XV. Piège tendu au maréchal de Villeroy, qui y donne en plein. Le maréchal de Villeroy arrêté et conduit tout de suite à Villeroy. Le roi fort affligé. Fuite inconnue de l’évêque de Fréjus, découvert à Bâville, mandé et de retour aussitôt. Fureurs du maréchal de Villeroy. Le roi un peu apaisé par le retour si prochain de l’évêque de Fréjus. Mesures à prendre avec cet évêque, et prises en effet. Le duc de Charost déclaré gouverneur. Désespoir du maréchal de Villeroy. Il dévoile la cause de la fuite de Fréjus, dont cet évêque se tire fort mal. Sa joie et ses espérances fondées sur l’éloignement du maréchal. Maréchal de Villeroy exilé à Lyon, mais avec ses fonctions de gouverneur de la ville et de la province. Crayon léger de ce maréchal. Le roi tout consolé du maréchal de Villeroy. Art et ambition de la conduite de Fréjus. Confirmation et première communion du roi. Cardinal Dubois, sans plus d’obstacle, tout occupé de se faire brusquement déclarer premier ministre, emploie Belle-Ile pour m’en parler. Conversation singulière entre M. le duc d’Orléans et moi sur faire un premier ministre, dont je ne suis point d’avis. Ennui du régent le porte à faire un premier ministre; à quoi je m’oppose. Comparaison du feu prince de Conti, gendre du dernier M. le Prince. Aveu sincère de M. le duc d’Orléans. Considérations futures. Cardinal Dubois bien connu de son maître. Faiblesse incroyable du régent. Belle-Ile resté en embuscade. Réponse que je lui fais. Chapitre XV

19. Chapitre XVI. Autre conversation singulière et curieuse entre M. le duc d’Orléans et moi sur faire un premier ministre, dont je persiste à n’être pas d’avis. Malheur des princes indiscrets et peu fidèles au secret. Exemples des premiers ministres en tous pays depuis Louis XI. Quel est nécessairement un premier ministre. Quel est le prince qui fait un premier ministre. Embuscade de Belle-Ile. Le cardinal Dubois déclaré premier ministre. Il me le mande et veut me faire accroire qu’il m’en a l’obligation, et n’oublie rien pour en persuader le public. Conches; quel. Je vais le lendemain à Versailles, où je vois le cardinal Dubois chez M. le duc d’Orléans. Indignité des Rohan. Épisode nécessaire. Plénoeuf, sa femme et sa fille, depuis marquise de Prie, et maîtresse déclarée de M. le Duc. Infamie du marquis de Prie. Liaison intime de Belle-Ile et de Le Blanc entre eux et avec Mme de Plénoeuf. Elle leur attire la haine, puis la persécution de Mme de Prie et de M. le Duc. Le cardinal Dubois, fort avancé dans son projet d’élaguer entièrement M. le duc d’Orléans, se propose de perdre Le Blanc et peut-être Belle-Ile. Conduite qu’il y tient. Désordre des affaires de La Jonchère, trésorier de l’extraordinaire des guerres, dévoué à M. Le Blanc. Belle-Ile toujours mal avec M. le duc d’Orléans. Mariage futur de Mlle de Beaujolais avec l’infant don Carlos, déclaré. Mariage du prince électoral de Bavière avec une archiduchesse, Joséphine. Fort pour amuser le roi. Mort de Ruffé. Étrange licence en France. Mort de Dacier. Érudition profonde de sa femme, et sa modestie. Mort, famille et caractère de la duchesse de Luynes (Aligre). Mort de Reynold. Mariage de Pezé avec une fille du premier écuyer. Chapitre XVI

19. Chapitre XVII. Préparatifs du voyage de Reims, où pas un duc ne va, excepté ceux de service actuel et indispensable, et de ceux-là mêmes aucun ne s’y trouva en pas une cérémonie sans la même raison. Désordres des séances et des cérémonies du sacre. Étranges nouveautés partout. Bâtards ne font point le voyage de Reims. Remarques de nouveautés principales. Cardinaux. Conseillers d’État, maîtres des requêtes, secrétaires du roi. Maréchal d’Estrées non encore alors duc et pair. Secrétaires d’État. Mépris outrageux de toute la noblesse, seigneurs et autres. Mensonge et friponnerie avérée qui fait porter la première des quatre offrandes au maréchal de Tallard, duc vérifié. Barons, otages de la sainte ampoule. Peuple nécessaire dans la nef dès le premier instant du sacre. Deux couronnes; leur usage. Esjouissance des pairs très essentiellement estropiée. Le couronnement achevé, c’est au roi à se mettre sa petite couronne sur la tête et à se l’ôter quand il le faut, non à autre. Festin royal; le roi y doit être vêtu de tous les mêmes vêtements du sacre. Trois évêques, non pairs, suffragants de Reims, assis en rochet et camail à la table des paris ecclésiastiques vis-à-vis-les trois évêques-comtes pairs. Tables des ambassadeurs et du grand chambellan placées au-dessous de celles des pairs laïques et ecclésiastiques. Lourdise qui les fait placer sous les yeux du roi. Cardinal de Rohan hasarde l’Altesse dans ses certificats de profession de foi à MM. les duc de Chartres et comte de Charolais; est forcé sur-le-champ d’y supprimer l’Altesse, qui l’est en même temps pour tous certificats et tous chevaliers de l’ordre nommés, avec note de ce dans le registre de l’ordre. Ce qui est observé depuis toujours. Grands officiers de l’ordre couverts comme les chevaliers. Ridicule et confusion de la séance. Princes du sang s’arrogent un de leurs principaux domestiques près d’eux à la cavalcade, où [il y a] plus de confusion que jamais. Fêtes à Villers-Cotterets et à Chantilly. La Fare et Belle-Ile à la Ferté. Leur inquiétude, et mon avis que Belle-Ile ne peut se résoudre à suivre. Survivance du gouvernement de Paris du duc de Tresmes à son fils aîné. Signature du contrat du futur mariage de Mlle de Beaujolais avec l’infant don Carlos. Départ et accompagnement de cette princesse. Laullez complimenté par la ville de Paris, qui lui fait le présent de la ville. Mort à Rome de la fameuse princesse des Ursins. Mort de Madame; son caractère. Famille et caractère de la maréchale de Clerembault. Sa mort. Mariage de Mme de Cani avec le prince de Chalais, et du prince de Robecque avec Mlle du Bellay. Paix de Nystadt entre le czar et la Suède. Chapitre XVII

19. Chapitre XVIII. Année 1723. Stérilité des récits de cette année; sa cause. Mort de l’abbé de Dangeau. Mort du prince de Vaudémont; du duc de Popoli à Madrid, et sa dépouille. Mort et caractère de M. Le Hacquais. Obsèques de Madame à Saint-Denis. Mort, famille, caractère, obsèques de Mme la Princesse. Biron, Lévi et La Vallière faits et reçus ducs et pairs à la majorité. Majorité du roi. Lit de justice. Il visite les princesses belle-fille, filles, même la soeur de feu Mme la Princesse, et point ses petites-filles, quoique princesses du sang. Conseil de régence éteint. Forme nouvelle du gouvernement. Survivance de la charge de secrétaire d’État de La Vrillière à son fils. Mariage secret du comte de Toulouse avec la marquise de Gondrin. Fin de la peste de Provence, et le commerce universellement rétabli. Mlle de Beaujolais remise à la frontière par le duc de Duras au duc d’Ossone, et reçue par Leurs Majestés Catholiques, etc., à une journée de Madrid, où il se fait de belles fêtes. Le chevalier d’Orléans, grand prieur de France, et le comte de Bavière, bâtard de l’électeur, faits grands d’Espagne. Explication des diverses sortes d’entrées chez le roi, et du changement et de la nouveauté qui s’y fit. Rétablissement des rangs et honneurs des bâtards, avec des exceptions peu perceptibles, dont ils osent n’être pas satisfaits. Cardinal Dubois éclate sans mesure contre le P. Daubenton. Cause de cet éclat sans retour. Mort du prince de Courtenay. Détails des troupes et de la marine rendus aux secrétaires d’État. Duc du Maine conserve ceux de l’artillerie et des Suisses, et y travaille chez le cardinal Dubois. Maulevrier arrivé de Madrid, où Chavigny est chargé des affaires, sans titre. Mariage de Maulevrier-Colbert avec Mlle d’Estaing, et du comte de Peyre avec Mlle de Gassion. Mort de la princesse de Piémont (palatine Soultzbach); du duc d’Aumont; de Beringhen, premier écuyer du roi; de la marquise d’Alègre; de Mme de Châteaurenaud et de Mme de Coëtquen, soeur de Noailles; du fils aîné du duc de Lorraine. Cardinal Dubois préside à l’assemblée du clergé. La Jonchère à la Bastille. Le Blanc exilé. Breteuil secrétaire d’État de la guerre. Cause singulière et curieuse de sa fortune. Son caractère. Chapitre XVIII

19. Chapitre XIX. Bâtards de Montbéliard. Mezzabarba, légat a latere à la Chine, en arrive à Rome avec le corps du cardinal de Tournon, et le jésuite portugais Magalhaens. Succès de son voyage et de son retour. Le roi à Meudon pour la convenance du cardinal Dubois, dont la santé commence visiblement à s’affaiblir. Belle-Ile, Conches et Séchelles interrogés. La Vrillière travaille à se faire duc et pair par une singulière intrigue. Mort du marquis de Bedmar à Madrid. Maréchal de Villars grand d’Espagne. Chapitre XIX

VINGTIÈME VOLUME
Liste des Chapitres

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Ier
II
III
IV
Testament
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20. Chapitre I. Mort de la duchesse d’Aumont (Guiscard). Mort et caractère de l’abbé Fleury. Mort du duc d’Estrées; du comte de Saillant. Marquis d’Alègre gouverneur des Trois-Évêchés. Mort de la comtesse de Châtillon; de l’abbé de Camps; du P. Daubenton à Madrid. Le P. Bermudez confesseur du roi d’Espagne; son caractère. Mort du cardinal Dubois. Ses richesses. Ses obsèques. Son esquisse. Sa conduite à s’emparer de M. le duc d’Orléans. Ses négociations à Hanovre et en Angleterre, et son énorme grandeur. Sa négociation en Espagne; causes de sa facilité. Son gouvernement. Ses folles incartades. M. le duc d’Orléans, fort soulagé par la mort du cardinal Dubois, est fait premier ministre. Le roi l’aimait, et point du tout le cardinal Dubois. Chapitre I

20. Chapitre II. Mort du premier président de Mesmes. Je retrouve et revois M. le duc d’Orléans comme auparavant. Compagnie d’Ostende. Mort de La Houssaye; sa place de chancelier de M. le duc d’Orléans donnée à Argenson, et les postes à Morville. Le mariage du prince et de la princesse des Asturies consommé. Mariage des deux fils du duc de Bouillon avec la seconde fille du prince Jacques Sobieski, par la mort de l’aîné. Succès de ce mariage. Inondation funeste à Madrid, et incendie en même moment. Nocé, Canillac et le duc de Noailles rappelés. Le premier bien dédommagé. Translation de l’évêque-duc de Laon à Cambrai; sa cause. Laon donné à La Fare, évêque de Viviers, au pieux refus de Belsunce, évêque de Marseille. Quel était ce nouvel évêque de Laon. Mort et caractère de Besons, archevêque de Rouen. Rouen donné à Tressan, évêque de Nantes; Besançon à l’abbé de Monaco; Luçon à l’abbé de Bussy, etc. Mme de Chelles écrit fortement à M. le duc d’Orléans sur ses choix aux prélatures. Mort du prince de Croï. Absurdité de cette nouvelle chimère de princerie. Mort de la duchesse d’Aumont (Brouilly). Mort du jeune duc d’Aumont; sa dépouille. Triste et volontaire état de la santé de M. le duc d’Orléans. J’avertis l’évêque de Fréjus de l’état de M. le duc d’Orléans, et l’exhorte à prendre ses mesures en conséquence. Fausseté et politique de ce prélat, qui veut se rendre le maître de tout à l’ombre d’un prince du sang, premier ministre de nom et d’écorce. Mort de La Chaise, capitaine de la porte Torcy obtient cette charge pour son fils. Secondes charges de la cour, proie des enfants des ministres. Mort de Livry. Mort du grand-duc de Toscane; sa famille, son caractère. Mort de l’électeur de Cologne. Mort et caractère de la maréchale de Chamilly. Mort de Mme de Montsoreau, femme du grand prévôt. Chapitre II

20. Chapitre III. Mort du duc de Lauzun; sa maison; sa famille. Raisons de m’étendre sur lui. Son caractère. Sa rapide fortune. Il manque l’artillerie par sa faute. Son inconcevable hardiesse pour voir clair à son affaire. Il insulte Mme de Montespan, puis le roi même. Belle action du roi. Lauzun, conduit à la Bastille, en sort peu de jours après avec la charge de capitaine des gardes de corps, qu’avait le duc de Gesvres, qui est premier gentilhomme de la chambre en la place du comte du Lude, fait grand maître de l’artillerie à la place du duc Mazarin. Aventures de Lauzun avec Mademoiselle, dont il manque follement le mariage public. Il fait un cruel tour à Mme de Monaco, et un plus hardi au roi et à elle. Patente de général d’armée au comte de Lauzun, qui commande un fort gros corps de troupes en Flandre à la suite du roi. Le comte de Lauzun conduit à Pignerol. Sa charge donnée à M. de Luxembourg, et son gouvernement à M. de La Rochefoucauld. Sa précaution pour se confesser, fort malade. Il fait secrètement connaissance avec d’autres prisonniers; ils trouvent moyen de se voir. Lauzun entretient de sa fortune et de ses malheurs le surintendant Fouquet, prisonnier, qui lui croit la tête entièrement tournée. Fouquet a grand peine à l’en croire sur tous les témoignages d’autrui, et à la fin ils se brouillent pour toujours. Soeurs du comte de Lauzun. Caractère et deuil extrême de Mme de Nogent, toute sa vie, de son mari; imitée de deux autres veuves. Mademoiselle achète bien cher la liberté de Lauzun, à leurs communs dépens, en enrichissant forcément le duc du Maine, qui, à son grand dépit, prend ses livrées et les transmet aux siens et à son frère. Lauzun en liberté en Anjou et en Touraine. Lauzun à Paris, sans approcher la cour de deux lieues; se jette dans le gros jeu; y gagne gros; passe avec permission à Londres, où il est bien reçu, et n’est pas moins heureux. Lauzun sauve la reine d’Angleterre et le prince de Galles. Rappelé à la cour avec ses anciennes distinctions, il obtient la Jarretière, est général des armées en Irlande, enfin duc vérifié en 1692. Splendeur de la vie du duc de Lauzun, toujours outré de l’inutilité de tout ce qu’il emploie pour rentrer dans la confiance du roi. Ses bassesses sous un extérieur de dignité. Son fol anniversaire de sa disgrâce. Son étranger singularité. Il est craint, ménagé, nullement aimé, quoique fort noble et généreux. Étrange désespoir du duc de Lauzun, inconsolable, à son âge, de n’être plus capitaine des gardes, et son terrible aveu. Réflexion. Combien il était dangereux. Il était reconnaissant et généreux. Quelques-uns de ses bons mots à M. le duc d’Orléans. Il ne peut s’empêcher de lâcher sur moi un dangereux trait. Il tombe fort malade et se moque plaisamment de son curé, de son cousin de La Force et de sa nièce de Biron. Sa grande santé. Ses brouilleries avec Mademoiselle. Leur étrange raccommodement à Eu. Ils se battent dans la suite et se brouillent pour toujours. Son humeur solitaire. Son incapacité d’écrire ce qu’il avait vu, même de le raconter. Sa dernière maladie. Sa mort courageuse et chrétienne. Causes de prolixité sur le duc de Lauzun. Chapitre III

20. Chapitre IV. Mort subite de M. le duc d’Orléans. Diligence de La Vrillière à se capter M. le Duc. Le roi affligé. M. le Duc premier ministre. Lourdise de M. le duc de Chartres. Je vais au lever du roi et j’y prends un rendez-vous avec M. le Duc. Je vais parler à la duchesse Sforze, puis chez Mme la duchesse d’Orléans et chez M. le duc de Chartres. Leur réception. Conversation entre M. le Duc et moi dans son cabinet tête à tête. Je m’en retourne à Meudon. Mme de Saint-Simon à Versailles pour voir le roi, etc., sans y coucher; y reçoit la visite de l’évêque de Fréjus et de La Vrillière; entrevoit que le premier ne me désire pas à la cour, et que le dernier m’y craint. Je me confirme dans la résolution de longtemps prise: nous allons à Paris nous y fixer. Monseigneur et M. le duc d’Orléans morts au même âge. Effet de la mort de M. le duc d’Orléans chez les étrangers, dans la cour, dans l’Église, dans le parlement et toute la magistrature, dans les troupes, dans les marchands et le peuple. Obsèques de M. le duc d’Orléans. Visites du roi. Maréchal de Villars entre dans le conseil. Indépendance [à l’égard] du grand écuyer confirmée au premier écuyer. Faute du grand écuyer par dépit, dont le grand maître de France profite. Mécanique des comptes des diverses dépenses domestiques du roi à passer à la chambre des comptes. Mort de Beringhen, premier écuyer. Fortune de son frère, qui obtient sa charge. Nangis chevalier d’honneur de la future reine. Le maréchal de Tessé premier écuyer de la future reine, avec la survivance pour son fils, et va ambassadeur en Espagne. Mort de la maréchale d’Humières. Comte de Toulouse déclare son mariage. Novion fait premier président avec force grâces. Sa famille, son caractère, sa démission, sa mort. Crozat et Montargis vendent à regret leurs charges de l’ordre à Dodun et à Maurepas, dont le râpé est donné à d’Armenonville, garde des sceaux, et à Novion, premier président. Conclusion; vérité; désapprobation; impartialité. Chapitre IV

20. Testament olographe du duc de Saint-Simon