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PARIS, DESOER, LIBRAIRE, RUE CHRISTINE, 1820, 16 volumes. | Table de Bayle | Index Voltaire | Études sur Voltaire | A SON ALTESSE ROYALE MONSEIGNEUR LE DUC D’ORLÉANS, RÉGENT DE FRANCE. (62)Monseigneur, Personne n’ignore que Votre Altesse Royale redoute les Louanges autant qu’elle les mérite; tandis que les plus grands hommes les regardent comme la récompense de la vertu, il semble que pour vous elles n’en soient que l’inconvénient: mais, Monseigneur, plus on est instruit là-dessus de votre goût, plus on a de peine à se conformer; la modestie qui refuse l’encens, opiniâtre, pour ainsi dire, à l’offrir; l’admiration secoue le joug qu’on lui impose; et c’est ce sentiment de liberté qui vous attire aujourd’hui l’ouvrage d’un républicain. J’ose donc, Monseigneur, mettre sous les auspices de Votre Altesse Royale, le fameux ouvrage que je donne au public; mais, avec toute la liberté de mon pays, et toute la franchise de mon auteur, je vous avouerai, Monseigneur, que je n’aurais pas réclamé votre protection si je connaissais dans l’Europe un prince plus éclairé et plus zélé pour l’avancement des lettres. Cet ouvrage, Monseigneur, a été déjà imprimé deux fois à Rotterdam; il n’a eu jusques ici d’autre recommandation que lui-même ; il a plu jusque dans les choses qui n’en ont pas été approuvées; et si l’auteur y est quelquefois digne de censure, il est toujours curieux et agréable, ou par la rare subtilité de ses raisonnements, ou par les seules grâces de son style. Mais, Monseigneur, cet ouvrage déjà si goûté est devenu en quelque sorte nouveau, et en même temps plus digne d’être offert à Votre Altesse Royale, par le grand nombre d’additions de la main de l’auteur que j’ai recueillies dans cette édition. Tout ce qui sort d’un pareil écrivain sera toujours précieux au public, et l’on me saura gré sans doute des nouvelles richesses que je répands dans la littérature. Pour moi, Monseigneur, je me féliciterai, toujours de l’occasion qui s’est présentée de vous rendre mes très humbles hommages, et de mettre votre nom à la tête d’un ouvrage presque aussi célèbre dans le monde que vos vertus ; car où les ignore-t-on, Monseigneur ? où ne sait-on pas ce qu’elles ont fait pour la France ? Votre valeur l’a servie longtemps aux dépens de votre sang même, sous les ordres du plus grand de ses rois; aujourd’hui dépositaire de l’autorité royale, vous la servez par toutes les qualités qui distinguent les souverains : votre prudence, ou plutôt votre droiture, a dissipé toutes les inquiétudes de vos voisins; votre justice et votre bonté vous ont fait trouver pour acquitter les dettes de l’état, et pour y répandre de nouveaux trésors, ces prodigieuses ressources qui étonnent les nations, et dont elles seraient jalouses, si votre équité, et celle que fait attendre le jeune monarque qui s’élève sous votre exemple, ne les rassuraient contre votre puissance. C’est ainsi, Monseigneur, qu’un Hollandais, dans le sein de sa république, se fait honneur de rendre justice à vos vertus, et qu’il croit faire des voeux pour la prospérité de sa patrie, en priant le ciel de bénir vos intentions et de conserver vos jours. Je suis avec le plus profond respect, Monseigneur, De Votre Altesse royale, Le très humble et très obéissant serviteur, Michel BOHM
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