OEUVRES
D’HENRI BRÉMOND, (1865-1933)
HISTOIRE
LITTÉRAIRE DU SENTIMENT RELIGIEUX EN FRANCE AU XVIIe
Reprod.
en fac-sim. par A. Colin, 1971 de l’édition de Paris, Bould et Gay,
1928. 12 vol. 25 cm
1. L’Humanisme dévot. 1580-1660 (manque) - 2.L’Invasion mystique 1590-1620. - 3.La Conquête mystique : L’École française. - 4. La Conquête mystique : L’École de Port-Royal. - 5.La Conquête mystique : L’École du père Lallemant. - 6. La Conquête mystique : Marie de l’incarnation. Turba Magna. - 7. La Métaphysique des saints. - 8. La Métaphysique des saints. - 9.La Vie chrétienne sous l’Ancien Régime. - 10. La Prière et les prières de l’Ancien Régime. - 11.Le Procès des mystiques. - 12.Index alphabétique et analytique.
Oeuvres de Brémont sur Gallica.
| Tome 1. L'Humanisme dévot, 1580-1660 depuis la fin des guerres de religion. XXIV-553 p. |
Titre
|
| Préface de la nouvelle édition par René Taveneaux |
| Tome 3. La conquête mystique : l'École française 1. 2 vol. (253, 362 p.) | |
| Ch. I. Pierre de Bérulle | |
| I. L'école française. - Véritable école ; unanimité de tous ses maîtres. Pourquoi française ? - École de vie intérieure. - Exceptionnelle grandeur de Bérulle. - Bossuet, François de Sales, Madeleine de Saint-Joseph. - Il ne s'impose pas à première vue. - Raisons qui invitent plutôt à lui résister. - "L'oubli et le mépris auquel il a été après sa mort." | |
| II. Gravité précoce. - Petit garçon et vieux docteur. - La conversion de Mlle de Raconis. - Zèle et gaucherie. - L'entêtement des hommes doux. - Autodidactisme de Bérulle. - Mme Acarie. - Bérulle et les jésuites. - La retraite de 1600. - Sera-t-il jésuite ? - "Un parfait oubli de moi-même et de tous états." - Enchaîné à Dieu seul. - L'esprit des conseils, plutôt que la voie des conseils. - "Parce que la nature est de Dieu, nous la laisserons sans la ruiner." - Bérulle et l'hymanisme dévot | |
| Ch. II. La doctrine de Pierrre de Bérulle et de l'école française | |
| I. - Les principes | |
| A. - Le théocentrisme. - Religio restaurata. | |
| Bérulle et Copernic. - La révolution théocentrique. - Que, pendant longtemps, le point de vue anthropocentrique avait dominé. - Dieu pour nous. - Saint Augustin, saint François, et les Frères de la Vie commune. - Théocentrisme informulé du moyen âge. - "Il faut premièrement regarder Dieu, et non pas soi-même." - Quoerite primum. - Bérulle a "renouvelé en l'Église... l'esprit de religion." - Bourgoing et Amelote. - "Il n'est rien de plus rare que la vertu de religion." - "La civilité de la maison de Dieu." - L'Oratoire et la vertu de religion. - Religion, respect, mais non pas terreur. - "Le Dieu des chrétiens est grand." - Un sublime nouveau. - Bérulle et Gibieuf. - "Un souci constant d'exalter Dieu." La "mission" de Bérulle en Angleterre, la "mission" de l'Homme-Dieu, et la génération éternelle du Verbe. - Prestige de l'école française | |
| B. - Le Verbe incarné. | |
| "La principale application de la religion chrétienne ne va pas à la Trinité, mais à l'Incarnation." - Bérulle envoyé "pour montrer Jésus-Christ au doigt", et renouveler la dévotion au Verbe incarné. - "Le gros du christianisme... refroidi dans l'ancienne dévotion envers Jésus-Christ." - Continuellement "occupé de Jésus-Christ". - Don particulier de "lier" les âmes à Jésus-Christ. - Le bienheureux Jean Eudes et Bérulle | |
| § 1. Verbum caro factum est. - Jésus-Christ "lui-même, considéré en son être divinement humain". - Réalisation intense et constante du mystère de l'Incarnation. - Les mystères "passagers", et le mystère perpétuel. - Le "divin composé". - Vie divine et vie humaine du Verbe. - Bérulle n'est pas moins occupé "de la vie terrestre de Jésus" que du "Christ céleste". - Plus disciple de saint Jean que de saint Paul. - Bérulle et la dévotion médiévale. - "Attentif même aux moindres circonstances" des Synoptiques. - Bérulle et les Exercices de saint Ignace. - Composition du lieu ; Application des sens. - Bérulle et le Pseudo-Bonaventure. - Tendresse et gravité. - Bérulle et Lacordaire | |
| § 2. Le parfait adorateur. - L'Oratoire n'a pas le monopole de la dévotion au Verbe incarné, mais les autres écoles voient surtout le Christ en fonction des hommes, Bérulle en fonction de Dieu. - Les Exercices et la considération du "profit spirituel". - Le Christ "objet et moyen suprême de la religion". - "Grand sacrement de piété." - "L'Adorateur infini" | |
| § 3. Les "états" et l'intérieur" du verbe incarné. - Bérulle et le vocabulaire de la dévotion. - Sens nouveaux donnés aux mots ordinaires. - Actions, États, et excellence particulière des États. - Les États et le "fond" des mystères. - Le Christ, adorant par état. - Dévotion aux commencements de Jésus. - Le mois de mars. - Les prétendues abstractions de Bérulle. - Les participes présents multipliés et déclinés. - Permanence des mystères, même passagers ; "l'état... est toujours présent". - "L'état intérieur du mystère extérieur." - La "navrure d'éternité". - Bérulle et la dévotion au Sacré-Coeur. - Les "états" de l'homme. - Simplification de l'ascèse traditionnelle. - Chaque fidèle s'appropriant certains états de Jésus | |
| § 4. Christus totus. - "Tous ses jours et tous ses moments sont adorables." - La dévotion bérullienne a pour objet tout le connu et tout l'inconnu de l'être et de l'histoire du Christ. - Il faisait "comme l'anatomie" de tous les mystères. - "La Fête de Jésus-Christ." - Seule fête qui honore tout le "composé adorable de l'Homme-Dieu". - Esprit liturgique de l'école française | |
| § 5. Vivo ego, jam non ego, vivit vero in me Christus. - La théologie de saint Jean et de saint Paul sur la vie du Christ en nous. - Jésus "capacité divine des âmes". - Nous-mêmes, "capacité de Dieu". - Jésus "accomplissement de notre être". - Imperfection foncière et quasi-néant de notre être ; "vide qui a besoin d'être rempli". - "La substance de notre être... convertie en une relation pure vers Dieu." - Mystère de mort et de vie ; désappropriation et anéantissement du moi. - "Ne nous regardons pas nous-mêmes... car nous sommes morts." - Prémisses mystiques du bérullisme | |
| § 6. Jésus en Marie. - Jamais on n'avait lié les âmes à la Vierge "avec un sentiment plus profond de ses droits, fondé sur une conception plus haute de sa dignité". - Élévation sur "l'état de la très sainte Vierge avant l'Annonciation". - Les ascensions de la Vierge. - L'Annonciation. - Adieux à l'archange Gabriel, à la dévotion médiévale. - L'état et le nouvel être de la Vierge. - Indissolublement unie aux états du Verbe. - "Pure capacité de Jésus, remplie de Jésus." - "Parlant de vous, Marie, nous parlons de Jésus." | |
| § 7. Jésus dans les saints. - Honorer les saints "comme une portion" de Jésus. - Dévotion théocentrique. - Ils n'existent pour nous que dans la mesure où ils restent "liés" à la personne du Verbe. - Et liés à lui par ce qu'ils ont de plus personnel. - Élévation de Bérulle "vers sainte Madeleine". - Madeleine et l'ordre de l'amour. - Le P. Coton en consultation. - L'inaliénable "principauté" de Madeleine. - Le banquet chez le pharisien. - Le Calvaire. - Résurrection. - Madeleine "la première" en tout. - Style de Bérulle | |
| II. - La pratique | |
| L'école de Saint Ignace et celle de Bérulle, comparées au point de vue de la méthode. - Que Bérulle, à proprement parler, ne nous propose aucune méthode | |
| A. - Élévation ou adoration lyrique. | |
| Les deux éléments de l'adoration ; la part de l'intelligence et celle de la volonté. - Se soumettre "volontiers à tout ce que Dieu est". - Les calomniateurs de l'adoration bérullienne. - Que cette adoration est "un recueil des principales vertus chrétiennes". - Admiration, louange, amour, joie. - Caractère lyrique de cette religion. - Les O de Bérulle et de Bossuet | |
| B. - Adhérence. | |
| De l'adoration à l'adhérence. - "Se rendre", "se laisser" ; "application", "liaison", "adhérence". - Adhérence à l'être divin en lui-même, et aux états du Verbe incarné. - "Donnez-vous tout à l'esprit de Jésus." - Adhérer à l'inconnu de Jésus. - Cette adhérence, programme complet de vie chrétienne : tirant "l'âme hors de soi-même", elle "l'établit et l'ente en Jésus-Christ". - Originalité de ces directions ; l'ascèse traditionnelle et la bérullienne. - Critique de l'ascèse traditionnelle et des moralistes chrétiens. - Rechercher la vertu "selon l'esprit des philosophes païens". - Rodriguez et Jean Eudes. - Aimer la vertu "plus par relation et hommage à Jésus-Christ que par désir de la même vertu en soi-même". - Vertus chrétiennes", et vertus "morales". - Professeurs d'énergie, et professeurs d'abaissement. - "Plus on mêle de soi, moins on est avancé dans les oeuvres de la grâce." - Caractère pratique de l'ascèse bérullienne : actes qu'elle commande | |
| a. Désir et demande. - "Ouvrons la bouche de notre coeur." - J. Eudes et la formule-type de cette demande. - b. Ratification. - Vouloir ce que le Verbe a voulu pour nous, et à notre place. - "Vous avez fait un très saint usage de mon être." - c. Exposition. - S'exposer aux "influences", aux "impressions" de l'esprit de Dieu. - Galvanoplastie spirituelle. - "Les vertus divines sont opératives." - Les mystères et les états de Jésus envoient d'eux-mêmes leurs rayons. - Les vertus du Christ imprimées en nous, "quoique nous ne nous efforcions point d'en produire des actes". - d. L'état de servitude. - L'ascèse bérullienne exige des actes, mais de moins en moins nombreux ; elle tend à établir des états. - Que ces états sont actifs, mais d'une activité particulière. - L'état de servitude, fin suprême de cette ascèse. - Donation parfaite de l'intime de l'âme. - Le Suscipe de Saint Ignace. - Que nulle ascèse n'a de prise sur le fond de l'être, et par suite ne peut nous fixer dans un état quelconque. - Orientation nettement mystique de l'ascèse bérullienne. - Conclusion : Bérulle et le bérullisme | |
| Ch. III. L'Oratoire | |
| I. La fondation de l'Oratoire, point culminant de la Contre-Réforme en France. - Renouvellement de "l'état de prêtrise". - Il ne s'agissait pas de réformer, mais de sanctifier le clergé. - Une congrégation qui, "par un état perpétuel", honorera "le souverain sacerdoce de Jésus-Christ". - Le prêtre, en tant que prêtre, voué à une perfection au moins aussi haute que le religieux. - Condren et la véritable mission de l'Oratoire. - Témoignage du P. Amelote | |
| II. L'Oratoire rend "un hommage particulier" au Verbe incarné. - Il a pour mission de vivre et de répandre la doctrine spirituelle de Bérulle. - Le P. Coton et l'"Ordre qui manquait à l'Église". - Que la fin principale de l'Oratoire n'est pas "l'éducation" du clergé. - L'Oratoire et "la vertu de religion". - "Sans exception, toutes les fonctions du sacerdoce." - La sainte Vierge, l'Église, l'Écriture sainte. - Ferveur liturgique de l'Oratoire | |
| III. L'esprit et les constitutions dans les Ordres religieux. - Saint Ignace et Bérulle. - Constitutions sommaires de l'Oratoire. - Netteté du type oratorien. - La distinction oratorienne. - Simplicité et sérieux. - Indépendance : le P. François de Saint-Pé et la duchesse d'Orléans | |
| IV. Les trois facteurs qui ont contribué à fixer le type oratorien. 1) Les hautes études. - Goût pour les sciences et les belles-lettres. - Les conciles. - Avantages et inconvénients possibles de ce développement que Bérulle n'avait pas prévu. - Leur humanisme n'a jamais été un humanisme "séparé". - Thomassin et Bouhours. 2) L'antijésuitisme. - Qui a commencé ? - Bérulle et la Compagnie de Jésus ; services rendus ; premières hostilités. - Ce n'est pas la spiritualité bérullienne qui explique les premières antipathies des jésuites à l'endroit de l'Oratoire. - Ils ont cru que l'Oratoire méditait leur ruine. - Le mémoire des jésuites à Richelieu contre Bérulle. - Violence des premiers conflits. - Les paroles irréparables. - Les maladresses de Bérulle. - "Iste homo natus est ad pessima." - Trop long silence ; défense trop impétueuse. - Le Discours sur les grandeurs de Jésus et le branle-bas des Approbations. - L'offensive contre les jésuites ; epicurae turbae ; avant-goût des Provinciales. - La querelle éternisée dans un livre de dévotion, dans la somme officielle du bérullisme. - L'Oratoire et le jansénisme ; les ennemis de nos ennemis sont nos amis. - Que le véritable esprit de l'Oratoire résiste invinciblement au jansénisme : Gibieuf, Bourgoing et Saint-Pé. 3) La tradition bérullienne. - Dévotion particulière de l'Oratoire au Verbe incarné. - Batterel et la tradition oratorienne. - Lejeune. - Malebranche. - Quesnel. - "Nous aimions mieux Jésus-Christ." | |
| Ch. IV. Bérulle et Vincent de Paul | |
| I. Le portrait et la légende de Vincent de Paul. - Son prétendu "gros bon sens". - Aussi complexe, aussi peu "simple" que Fénélon. - Le paysan landais. - "Port grave, front majestueux." - La mimique du paysan. - Extrême délicatesse. - "Entrer dans les sentiments" du prochain. - Vains essais de rusticité. - Son prestige sur les femmes ; la Grecque de Tunis ; Mme de Gondi ; Mlle Le Gras ; Mme de Chantal. - Impressionnabilité presque féminine. - "M. Bourdaise, êtes-vous encore en vie ?" - Souplesse de sensibilité : les prières de la messe. - Haute raison ; "profondeur de son esprit". - Magnanimité : Vincent de Paul et les protestants : "Qu'on ne défie point les ministres en chaire." - Les censures. - Réalisation des maximes évangéliques. - Pas moins d'esprit que de coeur. - Le mépris constant et naturel de soi. - La prophétie de saint Vincent Ferrier. - "Il disait trop de mal de lui-même." - Les jansénistes aidant, on a fini par le croire sur parole et par le prendre pour un "esprit borné". - Ses Oeuvres complètes | |
| II. La conversion de Vincent de Paul. - Ce n'est pas sa charité qui a fait de lui un saint, mais sa sainteté qui l'a rendu vraiment charitable. - Détachement quasi naturel des choses d'ici-bas. - Converti par l'exemple des mystiques bérulliens. - Vincent de Paul et François de Sales. - Le mimétisme chez le paysan landais et la conversion de Vincent de Paul. - Il essaiera de reproduire en lui-même M. de Bérulle. - "Un des plus saints hommes que j'ai connus." - Théocentrisme. - Pessimisme augustinien. - "Tous les états" du Verbe incarné. - "L'état inconnu du Fils de Dieu" et "sa modération dans l'agir". - "Honorer l'état de son divin intérieur." - Vincent de Paul et le lexique bérullien. - Vincent de Paul et la providence particulière de Dieu. - Les oeuvres de Dieu "se font d'elles-mêmes". - Si l'on manque de vie intérieure "on manque de tout". - Vincent de Paul et les mystiques de l'école française | |
| Ch. V. Jésuites bérulliens | |
| I. Le Père J.-B. Saint-Jure et son autorité dans la Compagnie. - Humaniste dévot. - "Connais qui tu es... Igneus est ollis..." - Les lectures de Saint-Jure. - "Le Fils d'Aben Zomar est encore dehors." - Sébastianus Brant et sa Narragonia. - Ralliement de Saint-Jure au bérullisme. - Gaston de Renty. - Axiomes bérulliens. - "Singulièrement", saint Jean et saint Paul. - La raison n'est pas la règle de nos actions, en tant que nous sommes chrétiens. - Saint Ignace et Saint-Jure sur "l'indifférence". - L'exercice de l'union | |
| II. Le testament spirituel de Saint-Jure. - Filioli quos iterum parturio. - Le concile de Trente, Bérulle et Saint-Jure. - L'esprit et le corps des mystères. - "L'air spirituel et divin qui est Jésus-Christ." - Originalité de Saint-Jure |
| Tome 4. La conquête mystique : l'École de Port-Royal. 604 p. | |
| Avant-Propos. | |
| Ch. I. Du prétendu "Style Janséniste" | |
| I. La première rencontre de Sainte-Beuve avec Port-Royal ; les deux aspects du jansénisme. - M. Hamon préféré au grand Arnauld. - Une étude plus critique confirme cette première impression. - Déviation précoce : l'esprit d'Arnauld substitué à celui de Saint-Cyran ; le "prêtre" vaincu par le "docteur". - Cinq volumes sur six raconteront la décadence de Port-Royal. - Enthousiasme bien naturel de Sainte-Beuve ; il ne connaissait pas d'autres chrétiens | |
| II. Les reliures jansénistes. - Sainte-Beuve et le style janséniste. - Théories antilittéraires de Saint-Cyran. - Les stylistes de Port-Royal ; d'Andilly. - M. Le Maitre et les rythmes de la prose. - Nicole contre "l'éloquence d'eau chaude". - Tous gens de lettres | |
| III. S'ils ont créé le style janséniste ce fut malgré eux. - L'ont-ils créé ? - Le témoignage des contemporains. - Les Messieurs de Port-Royal écrivent comme les autres écrivains religieux de l'époque. - La prose après Balzac. - Le P. Crasset. - Voluptés perdues ; Le Maître et Flaubert. - Qu'il n'y a pas de style janséniste et que, soit pour le style, soit pour le reste, ils furent peut-être moins originaux qu'on ne l'a cru | |
| Ch. II. L'École française et le rigorisme de Port-Royal | |
| Une tête de Méduse : l'épitaphe d'Arnauld. - Le vrai talisman des jansénistes : leur grand air de religion et d'austérité. - Que l'école française présente la même "rigueur" et que par suite l'originalité de Port-Royal tient du mythe. - L'humanisme dévot et l'école française. - Les exagérations et le "pessimisme" de celle-ci. - Gibieuf et l'augustinisme de Bérulle. - Morale de la voie étroite. - Le P. Lejeune. - Saint-Cyran et l'école française. - Le jansénisme dénoncé dès le début par les maîtres de cette école. - Olier et Vincent de Paul. - A quel point ces maîtres diffèrent du jansénisme, malgré quelques ressemblances de surface. - Que leur mysticisme corrige leur pessimisme | |
| Ch. III. La misère de M. de Saint-Cyran | |
| I. Un malheureux. - Exagération de ses admirateurs et de ses adversaires. - Fascination exercée par lui. - Madame de Chantal. - Ce qui peut expliquer son prestige. - Illuminisme au moins apparent. - Banalité de ses oracles. - "Quand un prophète m'aurait parlé..." - Prodigieusement occupé de soi. - "Nous avons, Dieu merci, des pensées plus hautes". - Son héroïsme prétendu. - Le théâtre et la vie réelle | |
| II. Hérédité psychopathique. - La Question royale. - Récidive "grave de symptôme". - "On n'est pas fait comme cela ou on est extraordinaire". - Les lettres saisies. - L'esprit de Principauté. - Le rival de Richelieu. - Courbe de sa névrose. - Vers l'hébétude. - Les aphasies soudaines. - Les velléités. - Le cabinet d'Allemagne. - Inconstance : il n'achève rien. - Saint-Cyran à Port-Royal. - Les autres malades de la famille : obsession du jeune de Hauranne. - Mélancolie douce ; rien de sinistre. - Les enfants. - Délire de la persécution. - Les larmes. - Retour à l'enfance. - Mégalomanie morbide ; ataxie intellectuelle. - Un génie et un saint manqué | |
| III. Le réformateur. - "Sieyès spirituel en disponibilité". - Beaucoup de bruit pour rien. - Post hoc, ergo propter hoc. - Pourquoi pas le grand Arnauld ? - Témoignage de Vincent de Paul. - Leur intimité. - Il l'a vénéré, il n'a pas pris au sérieux ses boutades réformatrices. - Saint-Cyran à Vincennes. - Le beau cas de conscience pour Vincent de Paul. - Loin de charger le prétendu réformateur, il l'excusera de son mieux. - La déposition de Vincent. - Un cerveau mal fait, mais un saint homme. - Toute complaisance serait ici criminelle. - Second jugement de Vincent de Paul sur Saint-Cyran. - Comment peut s'expliquer ce revirement ? - Auquel des deux jugements faudra-il croire ? - Le premier, résultat d'une longue série d'observations ; le second, d'un raisonnement | |
| Ch. IV. Saint-Cyran conspirateur | |
| I. Note bibliographique et critique. - 1. Les lettres de Jansénius à Saint-Cyran. - La publication et l'éditeur de ces lettres. - Les suppressions. - Le commentaire du P. Pinthereau. - Impression que donnent ces lettres. - 2. Le procès de Vincennes. - Irrégularité du procès. - Principales pièces. - Les témoins à charge. - Dom Jouaud, abbé de Prières. - Son importance dans cette histoire. - Ses relations avec Rapin. - Ce que les jansénistes opposent à son témoignage, lequel d'ailleurs doit faire foi. - La dénonciation de Zamet. - Critique de cette pièce. - Lettres et mémoires qui ont servi au procès. - Interrogatoire de Saint-Cyran. - La défense. - Apologie pour Laubardemont | |
| II. Qu'on peut sans témérité soupçonner Saint-Cyran des pires desseins. - La consigne du secret. - Les secrets innocents. - Ce qu'il ne pouvait dire à d'Andilly qu'"à la faveur des ombres des arbres". - Procédés indécents qu'il emploie pour s'assurer le secret. - Que nul ne fut moins secret que lui. - Ses folles imprudences. - La scène devant les murailles de Maubuisson. - Les deux Saint-Cyran : à l'état normal et pendant les crises. - Le théologien et l'illuminé. - Lequel des deux est le vrai ? | |
| III. "La grande affaire", l'ultime secret. - Saint-Cyran et Jansénius. - Activité des conspirateurs de Louvain et importance de leur rôle. - Pilmot. - Qu'ils ne trament, pour l'instant rien contre l'Église. - Leur désir de rester en communion avec les Universités catholiques. - Leur soumission au Pontife romain. - Qu'ils désiraient gagner le Pape à leur conspiration. - Le Pilmot original, vague projet de contre-réforme. - L'évolution de Pilmot | |
| IV. § 1. La hiérarchie et la guerre aux réguliers. - "Nous défendons partout l'autorité épiscopale". - Que c'était là une des directions de la contre-réforme catholique. - Le P. Bourgoing, l'Oratoire et l'esprit hiérarchique. - Les conjurés soutiendront la même doctrine, mais en la prenant sous son aspect négatif et agressif. - L'assaut contre les jésuites. - Que Saint-Cyran n'avait aucune raison de leur en vouloir. - Ses neveux confiés aux Pères. - Acharnement de Jansénius et bientôt de tout le parti. - § 2. La restauration de l'augustinisme. - Que le premier projet des deux conjurés n'était certainement pas de répandre la fausse doctrine sur la grâce que Jansénius proposera dans l'Augustinus. - En 1619, ils sont déjà d'accord sur Pilmot et cependant ni l'un ni l'autre n'a la moindre idée des futures cinq propositions. - En 1620, Jansénius "découvre" saint Augustin et les cinq propositions. - Il fait part à Saint-Cyran de la bonne nouvelle, mais sans entrer à ce sujet dans le moindre détail. - La grande lettre du 5 mars 1621, document capital dans l'histoire du jansénisme. - "Voilà ce que je ne vous ai pas dit jusqu'à maintenant", et il ne le lui dit pas encore. - Caractère de sa découverte, et qu'elle n'a rien de religieux. - Que les deux fondateurs du jansénisme, Jansénius et Arnauld ne sont que des intellectuels. - Saint-Cyran, confident de tragédie, continue à ne rien savoir de la découverte. - Qu'avaient-ils donc fait pendant leur retraite de Bayonne ? - Saint-Cyran de moins en moins spéculatif, et plus érudit que théologien. - Excitateur plus que maître. - Qu'il n'a rien appris à Jansénius. - Enfantillages qui les occupaient. - Rendu à lui-même, Jansénius a pris son essor et fait la fameuse découverte. - Comment Saint-Cyran adopte l'Augustinus. - Renversement des rôles : Saint-Cyran à la remorque de Jansénius. - Qu'à partir de cette époque, Pilmot et l'Augustinus ne font qu'un | |
| Ch. V. La religion de Saint-Cyran | |
| I. Saint-Cyran et le rigorisme janséniste. - Vague de ses prétentions réformatrices. - Peu de sérieux que présente son rigorisme. - Il approuve des confesseurs molinistes. - Saint-Cyran, humaniste dévot. - Ne se mettre "en peine de rien". - Les expériences mystiques de Saint-Cyran. - Le "renouvellement" de Lancelot. - Saint-Cyran au confessionnal. - La direction de Port-Royal. - "La communion tous les dimanches ou même une fois de plus dans la semaine". - Le "renouvellement" à Port-Royal. - Déformation progressive de la doctrine de Saint-Cyran | |
| II. Semences d'hérésie dans la pensée confuse de Saint-Cyran. - La clairvoyance de Condren. - Vers un christianisme purement intérieur. - Individualisme mystique substitué au catholicisme. - Asacramentaire. - Indépendance absolue du chrétien intérieur. - Mais peut-être est-il imprudent de lui attribuer, même en puissance, une doctrine quelconque ? | |
| III. Le vrai et le meilleur Saint-Cyran. - Le solitaire, le contemplatif. - Les deux aspects de sa vie intérieure. - Méditation lyrique. - Tumulte et magnificence. - Le flux et le reflux de la grâce. - Intensité religieuse et humanité. - De la "coutume ancienne de suspendre le Saint-Sacrement." - Saint-Cyran précurseur du romantisme catholique. - La prière du pauvre. - Vers la contemplation. - Nul quiétisme. - Silence et flexibilité. - Le jansénisme trouvera Saint-Cyran trop mystique. - Ce qui l'empêche de parvenir au vrai mysticisme. - Les "témoignages de Dieu". - Grandeur et misère de Saint-Cyran | |
| Ch. VI. - La Mère Agnès | |
| I. Les deux soeurs. - Agnès nous représente mieux qu'Angélique la vie intérieure de Port-Royal. - Le tableau de Champaigne. - Il n'est pas janséniste. - Les pêches de Robert d'Andilly. - Sainte-Beuve et les deux soeurs. - Le Port-Royal franciscain et salésien des débuts. - Le P. Archange. - Rigorisme précoce d'Angélique. - Le P. Archange et la mère Agnès. - François de Sales à Port-Royal | |
| II. Agnès fidèle à ses premiers maîtres. - Contre les scrupules. - "Souffrez comme si vous étiez justes". - L'esprit des enfants. - L'humanisme dévot à Port-Royal. - La direction des novices. - Sainte et saine allégresse. - "Vous m'entendez bien, ma soeur". - Le "baptême du sang". - "Il faut avoir de bons sentiments de Dieu" | |
| III. Le Port-Royal oratorien. - Zamet et Condren. - Prompte initiation à la spiritualité de l'école française. - Angélique et l'extase qui dépend de nous. - Agnès et Condren. - La "désistance de l'âme". - L'empreinte oratorienne. - Le Chapelet secret. - La légende et l'histoire. - La protestation de la Mère Agnès. - Doctrine foncièrement oratorienne du chapelet secret. - "Cessez d'être, afin qu'il soit". - "Inapplication". - Que le Chapelet n'est pas un pamphlet contre la communion fréquente et qu'il ne traite pas de la communion. - La rancune d'O. de Bellegarde et sa vengeance. - Un autre Lutrin | |
| IV. Saint Cyran à Port-Royal. - Une expérience méthodiste. - La crise. - Le retour au bon sens et à la tradition. - La communion fréquente à Port-Royal. - Agnès et la communion fréquente. - "Les imparfaits ont droit de communier souvent". - Quiétisme apparent de la Mère Agnès. - Contre l'oraison qui "dépend du raisonnement". - Vers l'union mystique. - Quomodo obscuratum est aurum ? | |
| V. Le Port-Royal angevin. - Henry Arnauld. - Bourrigaut et Marie Constance. - Le théâtre au couvent ; une farce anti-moliniste. - Le grand Arnauld à Angers. - La fin du Vert-Vert. - Le Port-Royal pour rire, et les excuses du vrai Port-Royal. - Agnès essayant de lutter contre l'esprit de secte. - Avantages de l'humiliation. - Le pardon et le silence. - Agnès, sa nièce et la signature du formulaire. - "A Dieu ne plaise que je domine sur la foi d'autrui." - Port-Royal pendant l'exil de la Mère Agnès. - La guerre au couvent. - L'agonie de Madeleine Mechtilde. - Les nouvelles Provinciales. - Les derniers jours de la Mère Agnès et la décadence de Port-Royal | |
| Ch. VII. Les solitaires et Sébastien Le Nain de Tillemont | |
| I. Les "Messieurs de Port-Royal". - Nous reprenons notre bien. - Le Maître et Saci, absous par le P. Rapin. - La pénitence à Port-Royal. - Cella interrupta. - La dévotion. - La joie. - Retraités et gens de lettres. - L'encre à Port-Royal. - Les distractions. - Préludes sectaires. - Le manque d'humour. - Fatuité dévote. - Leur désert n'est pas catholique. - Ils ignorent la vraie communion des saints. - Cisternas dissipatas | |
| II. Archéologues, revenants et jacobites. - Pas encore jansénistes. - Leur Walter Scott. - Sainte-Beuve et M. Hamon. - Les confessions de M. de Tillemont. - Le rythme de sa vie intérieure : de l'angoisse à la paix. - Une prière critique. - La religion en fonction de la morale. - Tillemont peint par lui-même. - Les tentations des pacifiques. - "Tout homme est soldat". - Tentations des hommes d'étude. - Le savant chrétien | |
| III. Devoirs envers le prochain : l'indépendance du chrétien et du savant. - Les parents. - Manifestat eipsum mundo. - M. Le Nain. - Quid tibi et mihi mulier ? - Le commerce avec les méchants : libertins ou molinistes ? - Trajan et Marc-Aurèle. - Le scandale de l'histoire. - Commerce avec les justes. - Les médisants à Port-Royal. - Les domestiques. - Vers le mysticisme. - La piété intérieure et le silence du ciel. - L'élève de Port-Royal "en droiture et qui n'a pas dévié". - Sancte educatus, sancte vixit. - Le Port-Royal préjanséniste | |
| Ch. VIII.- Le Grand Arnauld. Le Jansénisme et le sentiment religieux en France pendant le Siècle de Louis XIV | |
| I. Que la poésie de Port-Royal n'est pas janséniste. - Ce que serait une poésie, un lyrisme janséniste. - Erreurs théologiques ; bizarreries ; esprit de secte. - Tout ce que nous admirons chez eux reste catholique | |
| II. Le grand Arnauld. - Un docteur qui n'est que docteur. - Ses jarretières. - Son innocence. - Ses martyrs. - Les "ballots". - Le "testament spirituel". - Tartufe et le pharisaïsme doctoral. - La messe de tous les jours et Vincent de Paul. - "Cela n'appartient qu'à M. Arnauld". - Qu'il nous aide à comprendre ce que n'est pas la religion. - "Ce qui s'appelle vraie spiritualité leur est entièrement inconnu". - Arnauld et Bossuet. - Du lyrisme au mysticisme | |
| III. Influence d'Arnauld. - Directement il fait des sectaires. - La fureur doctorale "dévorant le coeur de la charité qui fait vivre l'Église". - Bourdaloue, Jurieu, Malebranche, Quesnel. - Les bureaux de diffamation. - Jansénisme négatif. - Piété catholique des premières générations jansénistes ; - Peu à peu l'organe créera la fonction et la secte, l'hérésie. - Le jansénisme du XVIIIe siècle | |
| IV. Progrès et ravages de l'intellectualisme sectaire. - Un héros national. - Boileau et le grand Arnauld. - La guerre civile. - Prudence et modération des grands spirituels. - La bonne cause a eu ses Arnauld. - Influence fâcheuse de ces polémiques sur la vie intime du catholicisme français. - Les agités. - Le P. Rapin et les modérés. - Le P. Rapin et l'Évangile. - La retraite de M. Le Maître. - Les honnêtes gens et les mystiques. - "Polémiques déprimantes et stérilisantes". - Le jansénisme et la retraite des mystiques | |
| Ch. IX. La prière de Pascal | |
| La doctrine janséniste a-t-elle pénétré la vie intérieure de Pascal ? - Complexité particulière du problème. - Jansénius a été le premier maître de Pascal. - Les deux opinions reçues : la prière de Pascal toute janséniste ; - toute catholique. - Qu'il y a lieu de chercher une solution moyenne | |
| § 1. - La joie de Pascal. | |
| La vie intérieure de Pascal n'a pas été assombrie par le janséniste. - Maine de Biran. - "Joie, joie, pleurs de joie". - La doctrine "douce et savoureuse" de Calvin. - La piété jansénisme et la certitude, au moins implicite, du salut. - Formules dévotes à l'usage de Port-Royal. - Joie de "ceux qui, par un heureux sort, se trouvent du petit nombre" des élus. - Je t'aime, comme j'aime "mes élus... Ne t'inquiète donc pas". - Le sens catholique et le sens janséniste du "Je te veux guérir". - "Espérer extraordinairement". - "Non timeo quia amo" | |
| § 2. - Le "signe" donné à Pascal et la "consolation" sensible. | |
| Comment sait-il qu'il est aimé ? - "Ce que je te le dis est un signe", et un signe qui n'est pas donné à tous. - Ce n'est pas une révélation proprement dite, mais une grâce de dévotion sensible. - "Consolation" et "Désolation", d'après les spirituels catholiques. - La "Consolation" et l'ascèse ignacienne. - Développement tardif de la sensibilité religieuse chez Pascal. - La conversion de 1646. - Qu'il y a loin de "sentir Dieu" à l'aimer. - La rechute. - "Horribles attaches" et "mouvements" de ferveur. - L'automne de 1654 et la crise de "désolation". - "S'il avait les mêmes sentiments de Dieu qu'autrefois..." | |
| § 3. - Le "signe" de "feu". | |
| I. Caractère unique du "ravissement". - Hallucination ? expérience mystique ? simple ferveur ? Pourquoi pas les trois ensemble ? - La conversion de sainte Gertrude. - Une conversion méthodiste : Henry Alline. - Celle de Pascal est entre les deux. - Le "Feu" du Mémorial. Dominus Deus tuus ignis consumens. - Les deux moments de l'expérience. - Au ravissement succède une méditation ordinaire. - II. Encore la certitude du salut. - Pour les jansénistes, l'espérance chrétienne "consiste à se regarder comme étant du nombre des élus". - La joie du remords. - Certitude et crainte. - Sens catholique et sens janséniste du "Tu ne me chercherais pas...". - La tristesse de Pascal. - Les mystiques, les humanistes dévots et l'École française contre Pascal | |
| § 4. - La religion de Pascal. | |
| A. Le "Dieu" de Pascal.. - Joie tragique. - Un monde maudit. - L'"opposition invincible entre Dieu et nous". - Doctrine contraire de François de Sales. - La peur de Dieu. - Pascal et l'idée de Dieu. "Impossible, inutile, dangereux... de le connaître". - Nous ne devons nous représenter Dieu qu'en fonction de la faute originelle. - Pas d'autre Dieu que "le réparateur de notre misère". - La faute de Pascal "n'est pas de suivre une fausseté, mais de ne pas suivre une autre vérité". - Le Dieu des Pensées et le Dieu de la liturgie catholique | |
| B. Le devoir religieux. - "Marque d'orgueil que de vouloir aller à Dieu directement". - Que c'est là au contraire le devoir religieux par excellence. - "Pourquoi Dieu a établi la prière ?" ; Réponse de Pascal ; réponse des grands spirituels catholiques. - La prière est avant tout "adoration, louange". - "Premièrement regarder Dieu". - L'adorer "par ce qu'il est en soi plutôt que par ce qu'il est au regard de nous". - Dévotion de l'école française à la sainte Trinité. - Théocentrisme lyrique de Bossuet. - Que l'Église, dans sa liturgie, entend nous élever à cette religion parfaite | |
| C. « Jésus-Christ ! Jésus-Christ ! ». - Joubert et Sainte-Beuve : les Jansénistes "ôtent au Père pour donner au Fils". - Et cependant la christologie de Pascal diminue le Christ. - Le Christ de Pascal n'a pas su racheter le monde. - Combien plus grand le Christ de l'humanisme dévot ! - O felix culpa ! - Le Christ vaincu de Pascal et notre Christ-Roi. - Le cantique du Fortunat. - Le Christ de Pascal uniquement pour l'homme, celui de l'Église d'abord pour Dieu. - L'adorateur parfait. - L'École française et sa dévotion théocentrique au Verbe incarné | |
| D. Le meilleur Pascal. - Que le fond véritable de Pascal n'est pas janséniste. - Contradictions inconscientes que tôt ou tard il eût aperçues. - "Le Pape est premier". - La dernière conversion. - "Le coeur" de Pascal et la "cime de l'âme". - Mysticisme des Pensées - Pascal et la dévotion à la personne du Christ | |
| Ch. X. Pierre Nicole ou le Jansénisme malgré lui | |
| I. Pourquoi l'étudier dès maintenant ? - Récapitulation de ce qui a été dit plus haut sur le mouvement janséniste. - Importance capitale de l'intervention d'Arnauld. - Premières ambiguïtés et premières maladresses. - Nicole réparera les maladresses d'Arnauld ; grâce à lui, Arnauld n'aura pas à choisir entre la pleine révolte et la pleine soumission | |
| II. Nicole et la distinction entre le fait et le droit. - Habileté et loyauté. - Cette distinction apaise les angoisses intérieures de Port-Royal. - On avait peur que le jansénisme ne fût la vérité. - Tendances molinistes de Nicole. - La cour de Rome et le thomisme. - Les "cinq articles" thomistes de Nicole approuvés par le Pape. - Thomisme atténué. - Du prétendu "pouvoir" accepté par les jansénistes et qui n'est qu'"un pouvoir garrotté par des liens invincibles." - Une véritable grâce, et "surnaturelle" donnée à tous les hommes. - "Les ruines d'un édifice surnaturel sont surnaturelles". - Quam me delectat Theramenes ! Nicole et Pascal sur les vertus des "Lacédémoniens". - Curieuse sévérité de Sainte-Beuve à l'endroit du "psychologiste" Nicole. - La politesse en enfer. - Nicole et l'humanisme dévot | |
| III. Qu'il y a d'autres Pères que saint Augustin, et que saint Augustin à lui seul n'est pas l'Église. - "Comparant autorité à autorité, il semble juste de préférer celle du Pape". - Nicole suspect aux intransigeants du parti. - A-t-il joué double jeu, comme on l'en accuse des deux côtés ? - Que Nicole a toujours cru à l'orthodoxie foncière d'Arnauld. - A quelles enseignes ? - Psychologie de l'entêtement doctoral : "On combat un sentiment parce qu'on l'a combattu". - Arnauld thomiste, mais honteux. - Malentendu persistant entre les deux théologiens du parti. - Timidité et optimisme de Nicole. - Sa responsabilité dans la renaissance du jansénisme, après la "paix de l'Église" | |
| IV. Nicole essayant d'arrêter le développement de la secte. - Des "vues de conscience" qui d'abord lui avaient permis d'intervenir dans la lutte. - Polémiste malgré lui ; ses regrets. - Il ne se reconnaît pas le droit d'écrire contre les "ministres de l'Église". - Le droit de ne pas médire. - Les lois de la polémique chrétienne. - L'assurance de M. Arnauld. - "Je ne me puis appuyer... sur la vocation de M. Arnauld, puisque j'en doute". - L'utilité de cette lutte, "la chose du monde dont je doute le plus". - Dans quel esprit est-il permis de s'indigner contre l'injustice ? - Nicole et Gerbet. - Nicole n'est pas janséniste | |
| V. Dangers que peuvent présenter les Essais de morale. - Exagérations et déclamations pessimistes. - Indulgence foncière de Nicole. - Qu'il y a plus de "fautes d'obscurcissement" que de "fautes de passion". - La méthode morale de Nicole et l'inoculation du scrupule. - Plus moraliste que religieux. - Sainte-Beuve, Joubert et la véritable infériorité de Nicole. - "Quand le christianisme est raisonnable, il n'a plus de force". - Nicole n'est pas mystique | |
| Ch. XI. Pierre Nicole ou l'anti-mystique | |
| § 1. - Trente ans de campagne contre les mystiques. | |
| I. Stupeur croissante causée à Nicole par l'enseignement des mystiques. - Un courant mystique, même à Port-Royal. - Desmarets de Saint-Sorlin, les Délices de l'esprit et les Visionnaires. - Le succès de Desmarets révèle à Nicole les étranges progrès de la propagande mystique au XVIIe siècle. - Mystiques plus importants : J. de Bernières et Guilloré. - Indignation de Nicole. - Le Traité de L'Oraison rare mérite de cet ouvrage. - Période d'apaisement : Nicole entrevoit la difficulté et le sérieux du problème mystique. - Qu'on ne peut "raisonnablement" condamner l'oraison de quiétude. - Louables efforts, mais inutiles : il ne comprend pas. - Débuts de l'agitation anti-quiétiste ; Mme Guyon chez Nicole. - L'esprit de l'escalier. - Bossuet, Nicole et la Réfutation des principales erreurs du quiétisme. - Mort de Nicole | |
| II. La trilogie antimystique de Nicole et son importance. - Ne serait-ce pas uniquement une trilogie anti-quiétiste ? - Attitude de Nicole à l'endroit des mystiques modernes ; défiance respectueuse ; craignant d'avoir à les condamner, il ne veut pas les étudier. - "Gardons-nous de prendre ABSOLUMENT pour illusion" l'oraison "extraordinaire" dont ils parlent. - Saint Bernard et saint Jean de la Croix. - Est-il vrai que les Pères n'aient pas connu l'oraison mystique ? - Le vice fondamental de la méthode de Nicole ; il ne s'agissait pas de comparer les faux mystiques du XVIIe siècle aux Pères des premiers temps, mais aux vrais mystiques de l'époque moderne. - Balzac et le serment de Strasbourg. - Les spirituels qu'il a combattus sont-ils vraiment de faux mystiques ? - Bernières, Malaval, d'Estival, Guilloré, Mme Guyon. - Erreurs et imprudences, mais orthodoxie foncière des quatre premiers. - On lui abandonne Mme Guyon. - Lui abandonnerait-on les autres, qu'il resterait à savoir si les arguments que Nicole fait valoir contre eux, ne vont pas à exterminer tout aussi bien les vrais mystiques | |
| § 2. - L'anti-mysticisme de Nicole. | |
| I. Analyse de la prière chrétienne | |
| § 1. Dans toute prière, deux activités collaborent, celle de Dieu et celle de l'homme | |
| §. 2. D'où il faut conclure que l'on est exposé dans la prière commune à des illusions sans nombre | |
| § 3. Palinodie | |
| § 4. Nécessité de l'effort humain (intelligence, volonté) dans la prière. - Apologie de la méditation et de saint Ignace | |
| § 5. Critique de l'effort humain dans la prière. - L'illuminisme quiétiste de plusieurs jansénistes et le quiétisme prétendu des mystiques orthodoxes | |
| II. Le préjugé antimystique | |
| § 1. Obsession de la faute originelle | |
| § 2. Obsession morale | |
| § 3. Obsession rationaliste | |
| § 4. Obsession jansénisante ou rousseauiste. - La grâce conçue comme un divin plaisir, comme une délectation victorieuse | |
| III. Le roman mystique d'après Nicole | |
| § 1. Tout le mal est venu des livres | |
| § 2. La fascination de l'inertie | |
| § 3. Le sommeil réparateur | |
| § 4. Les pensées imperceptibles | |
| Appendice. L'investissement d'une abbaye bénédictine par le jansénisme ; Notre-Dame du Val-de-Gif | |
| Table analytique des matières |
| Tome 5. La Conquête mystique. L’École du père Lallemant. La tradition mystique chez les Jésuites. 411 p | |
| Ch. I. La doctrine spirituelle de Louis Lallemant | |
| I. Lallemant et son école. - Pierre Champion et la tradition de l'école. - Louis Lallemant. - Son curriculum vitae. - Ses épreuves. - Lallemant et les supérieurs de la Compagnie. - Ses disciples et leurs premières résistances. - "Pas d'autre maître que le Saint-Esprit". - Lallemant, Balthazar Alvarez et les mystiques dans la Compagnie. - Principaux caractères de l'école | |
| II. A. La seconde conversion. - La troisième année de noviciat chez les jésuites. - Trop de bon sens. - Les deux conversions. - Le salut dépend de la seconde. - Le "bon Père" des Provinciales. - Prétendues infiltrations jansénistes dans la Compagnie. - Les non-convertis. - Plus en danger que les séculiers. - Le monde au couvent. - Antinomies résolues par saint Ignace. - Les religieux et l'orgueil. - Le palliatif des "bonnes intentions". - Néant du zèle naturel. - "Franchir le pas". - Facilité d'une transformation soudaine et totale. - Caractère nettement mystique de la seconde conversion | |
| B. La critique de l'action. - Les jésuites et l'action. - "Le principal, qui est l'intérieur". - Qu'une vertu solide et pratique ne suffit pas à un Ordre actif et qu'il faut aller jusqu'au mysticisme. - Nulle initiative, "fort peu d'action au dehors". - Dosage de l'action. - L'action "pour la vie intérieure". - Primauté de l'obéissance. - "Par manière de divertissement". - Que l'apostolat n'a pas à souffrir de cette doctrine. - Instrumentum conjunctum cum Deo. - Critique du "moralisme". - L'action et la prière ; qu'il n'est pas nécessaire dans l'oraison de tout "rapporter à l'action". - "L'essence" des vertus. - Ne pas mettre "le but de toutes les inspirations divines, en l'action et en la pratique" | |
| C. La garde du coeur. - "Purgation" et "garde" du coeur. - "Ce n'est pas l'examen de conscience". - "En sentinelle". - Difficulté et nécessité de cet exercice. - Entraînement à l'analyse morale. - Pratique de la garde du coeur. - Les sacrements "exercices principaux de la perfection". - "La pureté du coeur, plutôt que l'exercice des vertus". - Alphonse Rodriguez et la doctrine contraire. - L'avocat de Marthe. - La présence de Dieu "moyen pour bien faire... nos actions". - Ascétiques et mystiques. - Ascèse plutôt négative de Lallemant, et qui conduit à "l'union divine" | |
| D. La conduite du Saint-Esprit. - Principe fondamental et clef de tout le système. - S'abandonner, "se lier" au Saint-Esprit. - "Dieu l'instruit lui-même". - "A peu près comme nous avons la lumière du soleil". - Le P. Lallemant et "l'esprit intérieur" des calvinistes. - Et le voeu d'obéissance. - "Prudence humaine" des supérieurs qui traitent cette doctrine d'illusion. - L'obéissance ne dirige que "pour le regard de l'extérieur". - La direction du Saint-Esprit et les cas de conscience. - Et la vie spirituelle. - Et les divers ministères. - L'oraison est "la principale préparation pour la chaire". - Les dons du Saint-Esprit. - Lallemant et Newman. - Don d'intelligence ou de réalisation. - Sagesse et science. - Le discernement des esprits. - Revanche des mystiques sur les moralistes. - Casuistique surnaturelle. - Les "lumières subites". - "Assurances certaines" du don mystique. - Contemplation ordinaire et extraordinaire. - "Un lion en peinture... un lion vivant". - "La vraie sagesse". - Contre la timidité des directeurs. - "Plus de vertu et plus tôt" que par les voies communes. - "Sans la contemplation, on n'avancera jamais beaucoup dans la vertu". - "On criera". - La vie mystique et la nécessité de "l'application" à Jésus-Christ. - Dieu unique souverain de l'intérieur. - "L'intérieur qui est sans bornes". - "Après l'Incarnation, nous ne devons rien admirer" | |
| Ch. II. Jean Rigoleuc, Julien Maunoir et les missions bretonnes | |
| I. La parole vivante du P. Lallemant. - Ses principaux disciples. - École discrète, à peine sensible au dehors, mais très active. - Carrière obscure de Jean Rigoleuc. - "Moins considéré que les autres". - Le vieux serviteur et son mauvais petit cheval. - Vie errante | |
| II. Premières impressions pieuses. - Comment il arrive à "la parfaite composition de son âme". - La seconde conversion. - La "sainte indétermination". - Toujours la critique de l'action. - Que la grâce n'est pas sensible. - Rigoleuc et Pascal. - "Il ne faut pas même le chercher, mais nous persuader qu'il nous a trouvés". - Élévation aux états mystiques. - Les épreuves : pendant six ans, il se croit damné. - Propagande mystique dans les couvents et parmi les jésuites. - Barthélemy de Fumechon et "la vraie spiritualité" | |
| III. La reévangélisation de la Bretagne au XVIIe siècle. - Caractère particulier de ces missions bretonnes. - Le biographe du P. Maunoir. - La peur du miracle. - Voyage du P. Boschet en Bretagne. - Les missions bretonnes et l'Église primitive. - Les miracles. - "L'Iniquité de la Montagne." - Génie des deux fondateurs des missions, Le Nobletz et Maunoir. - Renan, les missions bretonnes et la centralisation catholique | |
| IV. Entreprise essentiellement catéchétique. - Les "cartes peintes" de le Nobletz. - La baguette blanche. - La carte des conseils et le canal de Panama. - La carte du chevalier errant. - La bouline. - Les cahiers de le Nobletz. - L'Humanisme dévot et Bunyan. - La carte des malades. - M. Nigot et les doléances du Vilain. - Les tableaux vivants et la grande procession. - Les cantiques de le Nobletz et de Maunoir. - Le Nobletz et les cantiques de l'île d'Ouessant. - Les femmes catéchistes. - Utilité de cette innovation et opposition qu'elle soulève. - Grandeur et faiblesse de Michel le Nobletz | |
| V. Maunoir, moins original, peut-être plus grand. - Il organise la légende et le culte de le Nobletz. - Les supérieurs de Maunoir. - La "Confédération" des missionnaires. - La mission dans la mission. - Les missions bretonnes et la renaissance mystique | |
| Ch. III. JEAN RIGOLEUC ET LA BRETAGNE MYSTIQUE | |
| I. Le P. Surin et le coche de Rouen. - Les mystiques bretons. - Armelle Nicolas et l'école du P. Lallemant. - "Les voies intérieures ne furent jamais si connues" qu'au XVIIe siècle. - Difficultés particulières que présentait la "spiritualisation" d'Armelle. - Les premières places ; besoin maladif de changement. - Les Le Charpentier du Tertre. - Première initiation. - Les rues teintes de sang. - Tentations et cauchemars. - La compagne d'Armelle. - Persécution. - La scène du bain. - Le manoir de Roguédas. - Armelle et les jésuites de Vannes. - La servante. - Le Seigneur de Roguédas et la Bonne Armelle | |
| II. Développement spirituel. - "Chassée d'elle-même". - Le centre de l'âme. - Jeanne de la Nativité. - L'esprit devenant plus fort, le corps lui-même reçoit "moins d'incommodités". - Présence presque habituelle de Dieu. - Les dons naturels. - Divine solution de la controverse quiétiste. - "Dame et maîtresse de toutes choses" | |
| III. Catherine Daniélou et Marie-Amice Picard. - L'oeuvre des retraites. - Les jésuites et l'évolution du sentiment religieux. - Mme du Houx et les progrès du féminisme chrétien. - Le mariage de Jeanne Pinczon. - Mme du Houx envoyée par son évêque à Loudun, pour étudier Jeanne des Anges. - "Elle crut presque toujours que cette religieuse était dans l'illusion". - Mme du Houx et le P. Surin. - Vocation extraordinaire de Mme du Houx. - L'abbaye de La Joie. - Mission dans le diocèse de Tréguier. - La mission de Vannes et l'oeuvre des retraites. - Mme du Houx et le P. Huby | |
| Ch. IV. La formation et les débuts du P. Surin | |
| I. Les démons ligués contre Surin, même après sa mort. - Il n'a pas encore de biographe et ses oeuvres sont introuvables. - La composition de ses livres. - Éditions subreptices et plus ou moins suspectes. - Le P. Champion. - Le P. Surin au XVIIIe et au XIXe siècles. - Sous le boisseau. - Possession et aliénation mentale du P. Surin. - Que tous ses inédits ne doivent pas être publiés. - La réaction anti molinosiste ; le P. Surin à l'Index. - Défauts et mérites qui expliqueraient la réserve que les jésuites font paraître à l'endroit du P. Surin | |
| II. Famille pieuse et noble. - Égards particuliers qu'on aura plus tard pour le P. Surin. - Ses villégiatures. - Un gentilhomme. - La famille du P. Surin fascinée par le Carmel. - Sa soeur et sa mère carmélites. - Le jeune Surin et Isabelle des Anges. - Panégyrique du Carmel. - Sainte Thérèse et la Compagnie de Jésus. - Noviciat ; études ; troisième an | |
| III. Marennes et la Saintonge mystique. - La famille de Saujon. - Marthe de Saujon. - De l'attachement aux charges. - Marguerite de Saint-Xavier. - Vocation mystique de Marie Baron. - "Il semblait que son élément fût le feu". - La boutique des Du Verger. - Le "magnifique" M. Du Verger. - Mort et obsèques triomphales de Marie Baron. - Madeleine Boinet et la succession mystique de Marie Baron. - Sa conversion. - Institutrice. - Vie intérieure de Madeleine Boinet. - La veille du départ pour Loudun | |
| Ch. V. Le Père Surin et Jeanne des Anges | |
| I. - L'Église et les interventions surnaturelles. - Devoirs et droits des historiens catholiques. - Obscurités de l'histoire de Loudun. - Erreur manifeste des exorcistes de Loudun. - L'ancienne tradition et la pratique moderne de l'Église condamne leur méthode. - Les exorcismes publics et les dangers qu'ils présentent. - Les exorcistes au service de l'État et non de l'Église. - Aveugle confiance donnée au "Père du mensonge". - Excuses des exorcistes. - Nicole Aubry et la conversion des protestants. - Évolution moderne et regrettable de l'exorcisme. - Le rituel négligé. - Bavardages et interrogations curieuses. - Saint Hilarion et saint Jérôme témoins de la tradition. - Le public admis à conférer avec les démons. - Influence désastreuse des livres consacrés à l'histoire des possessions. - Sébastien de Michaelis. - L'affaire de Loudun, calquée sur l'affaire d'Aix. - Loudun et l'opinion. - Les supercheries | |
| II. Le P. Surin à Loudun. - Peines d'esprit et santé chancelante. - Opposition de son supérieur. - Surin s'offre à "être chargé du mal" de Jeanne des Anges. - La règle de saint Ignace. - L'exorciste exorcisé. - L'héroïque sacrifice est accepté. - Maladie du P. Surin | |
| III. Jeanne des Anges. - Une malade et qu'il ne convient pas d'assimiler aux saintes authentiques. - Mimétisme spirituel. - Enfance et jeunesse de Jeanne. - "Penchants déréglés". - Personne ne l'aime et elle n'aime personne. - Ses débuts dans la vie religieuse. - Premiers essais de cabotinage spirituel. - Travail parallèle de la grâce. - Elle intrigue pour être envoyée à Loudun. - Premiers succès au parloir. - Prieure. - Le couvent divisé. - "Affections déréglées". - Les commérages du parloir. - L'affaire de Loudun et la demi-responsabilité de Jeanne. - Christi bonus odor sumus ; Dieu jaloux de la réputation des vrais mystiques | |
| IV. Vues du P. Surin sur la possession et sur l'exorcisme. - Possession et vocation mystique. - Transformation de l'idée de possession. - Méthode nouvelle. - La direction spirituelle du possédé, préférée à l'exorcisme. - Jeanne des Anges peu pressée de voir la fin de sa possession. - Lutte contre le P. Surin. - Celui-ci aura le dessus. - Délicatesse de sa direction. - L'esprit bouffon. - Discours en latin sur la vie intérieure. - Premiers pas dans l'oraison. - Sincérité de Jeanne. - Son héroïsme. - Erreur du P. Surin : il encourage, à son insu, la secrète vanité de Jeanne. - Vers l'idée fixe. - Le petit parloir dans un grenier. - Suggestions mystiques. - Les supérieurs éloignent le P. Surin | |
| V. Il pouvait partir, Jeanne en sait assez long désormais pour le rôle qui lui reste à jouer. - Les stigmates. - Nouvelles absurdités. - La grande guérison de Jeanne et le baume de saint Joseph. - Le voyage triomphal. - Les exhibitions. - Richelieu et la Cour. - Critique de la relation de Jeanne. - Est-ce là le style des saints ? - Prestige spirituel de Jeanne. - Elle se mêle de diriger le P. Surin. - Le "bureau d'adresse". - Troubles persistants. - Expiation suprême. - Mme du Houx et Jeanne des Anges | |
| Ch. VI. Le Père Surin et le moralisme mystique | |
| I. L'agonie du P. Surin. - Les "deux âmes". - "Dieu occupant un étage et le démon l'autre". - Il se croit damné. - Ses confesseurs et ses supérieurs. - Surin et François de Sales. - "Il suffit que Dieu soit Dieu" | |
| II. Il continue son apostolat malgré cette épreuve. - Le sermon chez les carmélites. - Son oeuvre littéraire. - La dictée du "Catéchisme". - La main à la plume. - Vers la guérison. - L'esprit d'enfance. - Dernières extravagances. - Le beau soir d'un triste jour. - Surin et le prince de Conti | |
| III. Surin et les adversaires du mysticisme dans la Compagnie. - Un mystique de combat. - Que dans ses ouvrages il fait trop de place à la controverse. - Origines lointaines de cette opposition aux mystiques ; la libido sciendi qui fait perdre le sens de Dieu. - "L'effort de l'entendement" et "la voie de l'amour". - Le Saint-Esprit. - "Dilatation surnaturelle" de l'intelligence. - Les intellectualistes et leurs "formes". - La vraie mission du théologien et les limites de son domaine. - Les raisonneurs et les "visites de Dieu". - De l'inintelligence au persiflage. - Saint Ignace et la "loi intérieure" de charité. - L'obscurité et l'apparente insignifiance des ouvrages mystiques. - Non licet homini loqui. - Dabitur nosse cui dabitur experiri. - Les adversaires du P. Surin et leur excuse. - Nul homme sensé "qui ose blâmer l'usage de la contemplation". - Surin et l'indolence des faux mystiques | |
| IV. Surin et le style jésuite. - Emploi constant des termes les plus "ordinaires". - Dangers du phébus prétendu mystique. - La pratique des vertus. - La bénignité. - La crainte et "le style de Dieu". - Pratiquer les vertus communes, mais en les dépassant, en leur donnant "le goût général" du pur amour. - "Le motif divin... assujettissant à soi tous les autres motifs". - "L'ordre inférieur" et la perfection de l'amour. - L'envers ascétique de la contemplation. - Dénuement absolu. - Le dénuement et l'initiation mystique. - "Laissez opérer cette grandeur qui vous absorbe" | |
| V. La vie mystique elle-même tout abnégation. - La contemplation et "l'universelle vérité". - De la métaphysique du pseudo-Denis à l'ascétisme. - La lettre à la vicomtesse de Roussille. - L'humanisme dévot et l'oraison aisée. - Paradoxe sur les distractions. - Toujours "la notion universelle" et le "goût confus" de Dieu. - Confusion apparente entre méditation et contemplation. - "Ne s'arrêter qu'aux raisons générales". - Du brouillard à la lumière. - Lumen de caligine. - La vie mystique offerte aux plus humbles. - Liberté et joie du mystique. - Surin et Saint-Cyran. - Le moralisme mystique. - La névrose et le génie du P. Surin | |
| Ch. VII. Les Helyot et le Père Jean Crasset | |
| I. Le portrait de Mme Helyot. - "La plus aimable personne du monde." - Jean Crasset. - Une femme de qualité et sa maîtresse de lecture. - Mariage de Marie Hérinx. - La famille Helyot. - Ménage mondain. - Conversion de la jeune femme. - Un ballet au Louvre. - Excès de ferveur. - Complaisance de M. Helyot | |
| II. Vocation mystique de Mme Helyot. - De la méditation à la contemplation. - Le P. Crasset et les adversaires des mystiques. - "Elle voyait l'être de Dieu". - "Dieu seul, dans l'anéantissement de toutes les conceptions". - Le coup de sifflet du berger. - Critique des biographies religieuses. - Beaucoup de paroles, peu d'actions. - Contre les autobiographies. - Les années de silence. - L'apostolat. - Les mouches. - Chez les pauvres. - Les bouquetières du vieux Paris. - "Appuyez-moi de fleurs... parce que je languis d'amour" | |
| III. Le mari d'une sainte. - Un ménage mystique. - M. Helyot imite sa femme et la "surpasse". - "Travesti en gueux". - Inventions charitables de M. Helyot. - Les petits ramoneurs. - A l'enterrement d'un homme de métier. - Encore la contemplation et l'état passif. - Écrits de M. Helyot. - "L'aurore de la grâce" et le cantique du jeune amour. - Les silences de l'amour. - Le pur amour. - M. et Mme Helyot. - Le portrait de Mme Helyot | |
| Ch. VIII. Louise du Néant et le Père François Guilloré | |
| I. Louise du Tronchay et l'école du P. Lallemant. - Histoire ou roman ? - Les de Bellère du Tronchay. - Hérédité morbide. - Premières épreuves et première solitude. - Éclosion tardive, mais éclatante. - Les adorateurs de Louise. - Étrangetés de ses parents. - Crise de mondanité. - Rêves héroïques. - Départ pour l'inconnu. - Louise du Néant | |
| II. - La communauté de Charonne. - Délire et extravagances. - La Salpêtrière. - Le grand siècle et le traitement des fous. - Les cachots. - Commencement de guérison. - M. Guilloire et la confession d'une prétendue sorcière. - Louise reste à la Salpêtrière, peut-être en observation. - Fille de salle. - Sa journée. - Elle veut paraître folle. - Le beau monde en visite à la Salpêtrière. - Extases. - La correspondance de Louise. - Liberté et primesaut. - "Il faut vous faire rire". - "Frère l'âne". - Restes d'exaltation. - Les cris. - Madeleine. - "Je le tiens aussi bien que vous !" | |
| III. Mort de M. Guilloire. - Le P. Guilloré et M. Briard le remplacent. - Nécessité d'une direction plus ferme et plus suivie. - Guilloré et les illusions de la vie spirituelle. - Son premier jugement sur Louise : une Catherine de Sienne. - Il envoie ses dévotes à l'école de Louise. - Rudesse de sa direction. - Que plus une âme est élevée et plus elle doit être éprouvée. - Les faux mystiques et leur habileté à séduire. - Des directeurs qui se laissent éblouir par leurs pénitents et qui les montrent comme "des pièces de cabinet". - Le mépris, unique moyen de discernement. - Indulgence aux "âmes communes". - Direction "impitoyable". - "Il ne faut point de consolation sur la terre... Périssez". - Critique de cette direction | |
| IV. Louise quitte la Salpêtrière, mais garde ses habits de folle. - Attitude étrange de ses directeurs. - Indépendance et docilité de Louise. - Vie errante dans Paris. - Abris de fortune. - Humiliations et apostolat. - Le plan du P. Guilloré. - Les grands directeurs et la direction. - Louise au pinacle. - Retour à une existence normale | |
| V. Chez les pénitentes du P. Guilloré. - Mlle de Ténery. - Louise à l'hôpital de Loudun. - Via media entre le couvent et le monde. - Louise dans son vrai cadre. - Sa correspondance à cette époque. - L'hôpital de Parthenay. - La journée d'une hospitalière. - Paix et silence. - "Saint-Paul défend aux filles de prêcher". - Le don des miracles. - Mort de Louise. - La publication de sa vie et de ses lettres | |
| Appendice | |
| Lallemant et Rodriguez. - Le XVIIe siècle et les possessions diaboliques |
| Tome 6. La Conquête mystique : Marie de l’incarnation. Turba Magna. 529 p. | |
| Avant-propos | |
| PREMIÈRE PARTIE : MARIE DE L'INCARNATION | |
| Ch. I. Madame Martin | |
| I. Où placer Marie de l'Incarnation ? Deux grandes écoles (Bernières, Lallemant) ont des droits sur elle. - "La Thérèse de la Nouvelle-France" doit être étudiée à part. - Richesse et splendeur de nos documents. - Dom Claude Martin et sa vie par Dom Martène. - Curriculum vitae de Mme Martin | |
| II. La première de ses grâces. réalisation très vive des vérités de la foi. - Nullement visionnaire. - Les oraisons jaculatoires de Mme Guyard, sa mère. - Crise de "purification". - La grande grâce de 1620 : "porte ouverte" sur la vie mystique. - Dernières préparations. - Son directeur lui défend "de plus méditer". - A la tête d'une grande maison de commerce | |
| III. "La tendance" : pressentiments, attente d'une grâce plus sublime. - "Exubérance" affective ; appel à un "état plus épuré". - Possession et privation. - "L'Humanité de Notre-Seigneur" de moins en moins sensible | |
| IV. Le premier ravissement (1626). - "Vue de la très sainte Trinité". - Critique de cette expérience : elle ne lui a rien "appris". - De la science des théologiens à la connaissance-contact des mystiques. - Ravissement, non révélation. - On voit que "ce que l'on expérimente est conforme à la foi de l'Église". - "L'âme se trouvait dans la vérité". - "Ces grandes choses ne s'oublient jamais." | |
| V. Le second ravissement (1628). - en quoi il ressemble au premier et en quoi il s'en distingue. - "La grâce présente était pour l'amour et par l'amour." - Union des plus intimes avec le Verbe incarné. - Elle se croit arrivée au terme ; elle n'est pourtant qu'au premier pas de sa course. - De la quiétude aux transports et des transports à la quiétude. - Martyre du silence, et martyre des mots impuissants. - Épithalames. - Les cantiques de "la volonté seule". - Vers un état nouveau "au-dessus de tout sentiment" | |
| Ch. II. La Mère et le Fils | |
| I. Mme de Chantal et Mme Martin ; une mère a-t-elle le droit d'abandonner son fils pour entrer au couvent ? - Abraham et l'ordre de Dieu. - La véritable difficulté de ce cas de conscience : comment savoir que Dieu exige un pareil abandon ? - La vocation de Mme Martin. - Fugue du petit Claude. - Le départ pour le couvent | |
| II. Claude-bourreau de sa mère. - Le siège du couvent par une bande d'enfants. - "Rendez-moi ma mère !" - Marie devait-elle rebrousser chemin ? - Angoisse de la mère. - Vocation de Claude | |
| III. Le cas de conscience discuté de nouveau, dix et vingt ans après. - La revanche de Dom Claude. - "Je me suis fait mourir toute vive". - "J'ai eu des sentiments de contrition de vous avoir fait tant de mal." - La vraie pensée de Mme Martin sur ce cas de conscience. - A la place de son directeur, qu'eussions-nous décidé ? | |
| Ch. III. Les tentations de Dom Claude et son mariage avec la divine sagesse | |
| I. Claude Martin avant le départ de sa mère pour la Canada (1631-1639). - La famille de Mme Martin veut se servir de Claude pour empêcher ce départ. - Conversion de Claude. - Il veut entrer dans la Compagnie de Jésus. - Le P. Binet le refuse. - Sourd et faible d'esprit ? - Les traits malicieux de Dom Martène. - Essai d'apologie pour le P. Binet : s'il a refusé le fils de Marie de l'Incarnation, il a eu pour cela des raisons au moins plausibles. - Claude quelque peu singulier peut-être. - Claude ne pense plus à se faire religieux. - En quête d'une situation. - A la veille d'être pris comme secrétaire par Richelieu, il entre chez les bénédictins de Saint-Maur | |
| II. Épreuves extraordinaires de Dom Claude pendant vingt ans. - Tentations ; scrupules. - Il veut quitter l'étude, qui lui paraît trop distrayante. - Tentations plus importunes : "jamais aucun saint (n') en a souffert de plus horribles". - Dom Martène et l'étrange détail de ces tentations. - Martène et Rancé. - Sages conseils de Marie de l'Incarnation : "Ne désistez point de faire la charité à cette bonne dame". - Violents remèdes ; le buisson de groseilliers. - La corde soufrée. - Les orties. - Évolution de Dom Claude ; des Pères du désert aux mystiques du moyen âge ; de ceux-ci aux mystiques de la contre-réforme. - Il finira par où sa mère avait commencé | |
| III. - "Mariage avec la divine Sagesse". - Qui est-elle ? - Amour humain et amour divin. - "Talis conformitas maritat animam Verbo". - Les articles du contrat. - La solennité du mariage. - L'anneau d'or. - Notes intimes de Dom Claude ; Suso et Nicole. - Guérison de Dom Claude. - Le prestige de sa sagesse dans la Congrégation de Saint-Maur | |
| Ch. IV. Marie de l'Incarnation, d'après ses lettres et les témoins de sa vie | |
| I. Le voile levé. - Une vraie femme. - Marie et les scènes de son directeur. - Défaites successives de Dom Raymond. - Premiers projets de départ pour le Canada. - L'aigle et les petits oiseaux. - Marie s'adresse aux missionnaires jésuites. - Nouvelles scènes de Dom Raymond | |
| II. Le style des lettres. - Désir de plaire. - Enjouement et mélancolie : "Rires dans la rue ; pleurs à la maison". - Tout l'intéresse, l'attendrit ou l'amuse. - Un aventurier français. - M. de Repantigny, "courtisan" et mystique. - M. d'Argenson. - Marie et Mgr de Laval. - "Mort à tout ; s'il ne l'était pas tant, tout irait mieux." - "Cependant on roule" ; défrichons notre jardin. - Dévots et dévotes sauvages. - "Colloques à haute voix" devant les Hurons. - Les dix robes de serge rouge | |
| III. Son visage de tous les jours. - Contradictions et persécutions. - "En butte à tout le monde", et même au "monde saint". - Les "persécuteurs" ont des alliés dans le couvent. - Soupçons injustes ; humiliations ; froideurs. - Les vraies causes de l'antipathie que lui témoignent certaines de ses religieuses. - "L'huile et le vin." - L'histoire du petit brasseur : le grand exorde de Dom Claude ; la lettre-pastiche ; lecture publique de la lettre et "divertissement" des Soeurs. - L'inspirateur probable de la lettre et son témoignage. - Le portrait par Dom Claude | |
| Ch. V. La vie intense des mystiques d'après l'expérience et la doctrine de Marie de l'Incarnation | |
| I. L'agonie et la mort des puissances. - Activité intellectuelle des faux et des vrais mystiques : Antoinette Bourignon et le pseudo-Denis. - Tendance naturelle de Marie aux jeux de l'esprit. - L'intelligence maîtrisée d'abord par l'amour : "L'âme ne pense point à voir, mais à aimer". - L'intelligence mystiquement "suspendue" bien avant la volonté. - Anéantissement progressif, saillies intermittentes, et suspension de la volonté | |
| II. La vie souterraine des puissances pendant la suspension. | |
| A. Vie intellectuelle. - Le rythme mystique : aspiration, respiration. - "Je ne laissais pas d'être instruit", sans avoir reçu aucune "leçon". - "Je sens pulluler en mon esprit... une suite de passages de l'Ecriture sainte". - Acquisition mystérieuse de "nouvelles connaissances". - "Le tout est dans la substance de l'esprit." - Adhésion, non aux images du réel, mais au réel lui-même. - L'âme a vie dans le Verbe. - Les deux manières de se représenter le Verbe incarné. - Inertie et entretien continu de l'intelligence. - Activité surprenante qui suit la contemplation |
146.
|
| B. Vie morale. - Apathie scandaleuse des mystiques. - Malgré la suspension de la volonté, la vie morale n'est aucunement suspendue, et tout au contraire. - "Une espèce de nécessité... de l'imitation de Jésus-Christ." - "Pente continuelle" à toutes les vertus. - Adhésion, non à des idées de sainteté, mais à la sainteté même de Dieu. - Marie passe à l'offensive et critique l'ascèse commune. - Fragilité des résolutions ordinaires ; celles que prennent les mystiques "demeurent imprimées dans l'âme". - Comment l'expérience mystique supplée aux examens de conscience. - "Dieu me possédait par les maximes" de l'Évangile. - Efficacité morale des grâces mystiques. - Moralistes et mystiques | |
| III. Jeu normal et simultané de toutes les activités, mystiques et non mystiques, de l'âme. - Que la suspension des puissances n'est pas un bien en soi. - Et qu'il vaudrait mieux que l'ordre naturel fût maintenu. - Catherine de Sienne pâmée ; la sainte Vierge debout. - Possibilité et réalité d'une union mystique, plus haute qui ne paralyserait point les facultés. - "Les sens étant occupés..., l'âme en est plus libre." - "Dieu luit au fond de l'âme." - Deux âmes, deux vies parallèles. - Tentations et faiblesses des mystiques : video deteriora : meliora sequor - "Région de paix, qui semble séparée de l'âme même." - Les activités les plus divertissantes n'empêchant plus la vie mystique. - Promenade ; broderie d'art ; récréation ; chant des psaumes. - Courte psychologie des moralistes, comparée à la psychologie des mystiques. - "Interaction" des deux vies. - Marie de l'Incarnation et l'apologie des mystiques | |
| Ch. VI. Dom Martin et Dom Martène | |
| I. Dom Martène, le disciple-type. - Une réfutation vivante de M. de Rancé. - Première rencontre avec Dom Martin. - Il écrit au jour le jour la vie de son maître. - Les saints modernes de l'ordre bénédictin. - Le siège de Dom Claude et les premières interviews. - Les entretiens de Dom Claude et de Martène reproduits à l'heure même. - Martène s'exile pour suivre Dom Martin : adieux à Saint-Germain-des-Prés. - "On avait plus d'amitié pour moi que je ne me l'étais imaginé." - La Vie publiée malgré les supérieurs de Saint-Maur. | |
| II. Les défauts de cet ouvrage. - En faut-il regretter les "puérilités" ? - La vie réelle à Saint-Maur : "la hotte sur le dos". - Les récréations. - La cellule ouverte. - "Une loutre." - La casuistique des saints. - Le cardinal de Retz et le feu à Marmoutier. - Le voleur récompensé. - Rôties au vin d'Espagne et verjus confit. - La cuculle. - Parades d'humilité. - La mère et le fils | |
| III. Que les bénédictins ne font pas voeu d'érudition. - Dom Claude et les grandes éditions patristiques de Saint-Maur. - Le saint Augustin, les Pères grecs. - Dom Martin critique. - Étude et prière | |
| IV. Dom Claude et le gouvernement de Saint-Maur. Crise intérieure. - L'élection de 1687 de l'exclusion donnée par Louis XIV. - Loyalisme monarchique de Martène : tout est pour le mieux. - Ce que les mécontents pouvaient reprocher à Dom Claude. - Contre le luxe des bâtiments. - Les servants de messe. - Dilexi decorem domus tuae. - In pace locus ejus | |
| V. Les derniers jours. Le Phédon de Martène. - Les entretiens des deux moines et les lectures de Martène. - La dissipation de Martène : "Cela est-il plus beau que Jésus-Christ ?" - "Hé bien ! Dom Edmond..." - Le Viatique. - "Sancte Claudi, ora pro nobis." - "Je lui donnai encore un baiser." - Sancti Claudi et Edmunde, o. p. n. | |
| SECONDE PARTIE : TURBA MAGNA | |
| Ch. I. Autour de Jean de Bernières | |
| I. L'ouvrage de M. Souriau sur Bernières nous permet d'abréger beaucoup ce chapitre. - Originalité du groupe : son chef est un laïque. - Succès prodigieux des livres de Bernières. - Médiocrité littéraire du groupe. - Rigorisme. - Orthodoxie foncière | |
| II. Le vrai chef du groupe : le P. Jean-Chrysostome. - La "Société de la sainte abjection". - Chrysostome, son biographe Boudon, et les louanges du Pur Amour. - "Mourir à tout propre intérêt..., pour spirituel qu'il puisse être." | |
| III. Henri-Marie Boudon, grand archidiacre d'Évreux. - Son zèle pour la réforme ecclésiastique. - Haines qui le poursuivent. - Huit ans victime d'une infâme calomnie. - Son évêque, Mgr de Maupas, l'abandonne. - Sérénité de Boudon. - Il continue quand même sa mission réformatrice. - L'acharnement de Maupas | |
| IV. Les écrits de Boudon : coepit facere. - Ses méditations sur la calomnie, "la contradiction des bons", et "l'abandonnement... des amis". - "Il y a de leur faute à se laisser tromper." - Bienheureux les calomniés ! - "Dieu seul"... - Graves défauts de ses livres. - Que, malgré tout, il se laisse lire. - Belles pages. - Offensive contre les lettrés : inefficacité de leurs livres pieux, qui, souvent, ne se vendent pas. - Éditions innombrables des petits livres de Boudon | |
| V. Le voyage d'Allemagne, 1683. - Pour les punir, Dieu leur a donné "les délices de la vie". - Ferveur de la Bavière. - Des amis partout. - Autres missions ; rêves de solitude. - M. Boudon à Saint-Cyr. - M. Boudon, Mme de La Maisonfort, Bossuet et Fénelon | |
| Ch. II. Le mysticisme flamboyant et les mystiques du silence | |
| § 1. - Jeanne de Matel. | |
| I. Jeanne de Matel et le mysticisme flamboyant. - Les vues et les "états". - Oubli des consignes ordinaires de l'humilité. - Le silence de la Mère de Châtel. - La sainte chambrière de Billom. - Le P. Gibalin et l'indiscrétion apparente de Jeanne. - Pourquoi "un morne silence" ? - Les Apôtres ont-ils caché les faveurs de Dieu ? - Humilité vraie de Jeanne | |
| II. Un intellectuel converti à la mystique. - Jeanne et "l'éclaircissement des mystères de la foi". - Une théologienne précoce. - Elle sait miraculeusement le latin. - La "Parole substantielle du Père" lui donne l'intelligence des Ecritures. - Dedi te in lumen gentium. - Une "extension" de "l'Incarnation". - "Je veux te parler par l'Écriture". - Saint Michel, saint Jérôme, saint Denis. - Qu'il s'agit bien et expressément d'une mission doctrinale ; fausse honte et inconséquence des panégyristes de Jeanne | |
| III. Jeanne défendant elle-même sa mission. - "Ni la lecture, ni l'étude" ne suffiraient à expliquer un tel prodige. - Les écrits de Jeanne "témoignent à eux seuls d'une inspiration". - Jeanne se rencontre avec les théologiens qu'elle n'a pas lus. - "N'as-tu pas le sens littéral et l'Archive tout entière ?" - Sans lectures ; sans réflexions personnelles. Est-ce bien vrai ? - Ce que Jeanne a pu apprendre "hors de l'oraison" | |
| IV. L'or et le clinquant d'Ernest Hello. - Digression sur le style prophétique. - Définition insuffisante du génie de Jeanne. - Que Jeanne ressemble à tous les poètes chrétiens. - Qu'il ne faut pas la lire de trop près. - Cataractes de symboles : l'habit blanc, rouge et bleu des religieuses du Verbe incarné. - La Mère portière et le lion de Juda. - Marie et la colombe de l'Arche. - Du sublime au médiocre. - Mièvreries dévotes. - Les cheveux de Madeleine | |
| V. Le vrai génie de Jeanne ; spéculation et sensation théologiques. - Orchestration du Credo. - "Je dis." - Le "sabbat parfait" et la circumincession. - Ses vues sur l'Incarnation. - Une scotiste inspirée : In initio viarum suarum. - "Bien qu'Adam n'eût pas péché, le Verbe se fût incarné." - "Cette chair a servi à nous rendre palpable le Verbe." - Vexilla regis. - Rien d'imprévu. - L'illusion de Jeanne | |
| § 2. Marguerite Romanet et Catherine Ranquet. | |
| I. Nous ne savons rien de sa vie. - Son "style particulier". - La journée d'une contemplative vers 1650. - "Il me semble de ressusciter." - "Je le sens tout de myrrhe." - Son oraison. - Les "dilatations" de l'amour. - Les communions. - Les actes donnés et les actes voulus. - Prières pendant la journée. - Ingénuité et profondeur. - Elle dit ce qu'elle "sent" comme elle le sent | |
| II. Ses notes spirituelles. - "Celle qui a écrit." - La nuit mystique. - La connaissance mystique "qui est des mêmes vérités qu'elle a appris des hommes". - L'âme "qui roule autour de Dieu". - "Il lui ôte... sa propre pesanteur". - S'unir "à la vérité qui se cache". - La plus noble de toutes les vies | |
| III. Commentaire du Cantique. - "Séparez-moi du sang et de la chair." - Murenulas aureas ; "l'ouïe est le sens le plus utile dans la religion". - "Vos yeux sont comme ceux des colombes." - "Je suis la fleur des champs." - "La Judée ne portait que des épines." - L'ombre de Jésus. - Ses "bras étendus en forme d'ailes pour faire une ombre plus étendue". - Le témoignage de Marguerite | |
| IV. Catherine Ranquet. - Le don et le goût d'écrire. - Tentation de superbe. - L'empreinte bérullienne. - Plus occupée de la présence que de l'histoire de Notre-Seigneur. - Effets de connaissance rétroactive. - Plus d'autre mot que : oui, et encore celui-ci n'est-il ni "assez simple, ni assez court". - Contemplation plus facile en dehors de l'exercice de l'oraison. - Oubli apparent de la sainte Vierge. - Folie de la crèche et folie de la croix | |
| § 3. - Antoinette de Jésus. | |
| I. Naissance d'Antoinette Journel. - Son mariage. - Le soldat pendu. - Le groupe mystique de Compiègne : Condren, le P. Marin et la soeur Barbe. - L'initiation d'Antoinette. - Son indépendance. - L'abbaye de Sainte-Perrine. - Anne de Bonneuil et les deux simplicités. - Prestige d'Antoinette. - Personne ne l'a fait souffrir | |
| II. Le style d'Antoinette. - Une Sévigné cloîtrée. - A une religieuse qui avait pensé mourir. - Le don de n'y toucher pas. - L'éloquence. - Sa direction spirituelle. - Énergie, souplesse, tendresse. - "Moelle de lion." - L'impuissance des mots : "Le silence est notre langage". - Qu'on ne peut écrire la vie des mystiques | |
| III. Le développement d'Antoinette. - Première phase : Avant la retraite de 1649. - L'école française. - Extrême liberté d'esprit. - Les tentations. - La retraite de 1649. - Rien de nouveau que l'intelligence de ses voies. - "Je l'avais ignoré, mais beaucoup ressenti." - Antoinette et le panthéisme. - Angoisse intellectuelle. - Le "rideau" tiré. - Les "états" et "l'essentiel" du Verbe incarné. - Les trente dernières années (1649-1678). - Que la vocation particulière d'Antoinette s'adaptait merveilleusement à sa nature et ne doit pas nous surprendre. - En tout, "l'essentiel". - "Mort totale" à tout ce qui n'est pas Dieu. - Devoirs communs de la piété catholique. - Les sacrements et la vie mystique d'Antoinette. - Son credo. - Mystici in tuto. - Obéissance aux directeurs. - Le P. Le Sergent. - Étapes mystiques. - Le retour au "néant" sur l'ordre du P. Marin. - L'amour pur et l'inexprimable | |
| Ch. III. La France mystique | |
| I. Flandre, Picardie, Champagne, Lorraine. - Jeanne Deleloë et Martin Gouffart. - Marguerite Rondelet. - François Mathon. - Marie Dorizy. - Elisabeth de Ransain. - Agnès Dauvaine. - Catherine de Bar. - Marie-Thérèse Erard | |
| II. Paris. - Madeleine de Neuvillette ; - Elisabeth de Baillon | |
| III. Franche-Comté, Bourgogne. - Anne-Marguerite Clément. - Marguerite de Saint-Xavier. - Pierre Chaumonot. - Marguerite-Marie Alacoque et Claude de la Colombière. - Claude, précepteur des fils de Colbert. - Liaison avec Patru. - Discours académiques. - La Colombière et Bouhours. - Le parfait jésuite. - Que le P Claude n'est pas à proprement parler mystique. - Vers la fin de sa vie, orienté vers la contemplation. - Les visions de Paray-le-Monial. - Claude en Angleterre | |
| Lyonnais, Auvergne. - Jacques Crétenet. - Un autre Bernières. - "Frater" chirurgien. - Mariage. - Madeleine de Saint-François et sa propagande mystique. - Un chirurgien directeur spirituel. - La persécution. - La sainteté et la doctrine de Crétenet. - Marie Paret | |
| IV. Savoie, Dauphiné. - Françoise Monet. - Louise de Ballon. - Jeanne-Bénigne Gojoz et la Mère Élisabeth de Provane. - Marie Bon. - Benoîte Rencurel. - Lourdes au XVIIe siècle ; N.-D.-du-Laus. - "Quoi ! Monsieur, vous ne la voyez pas !" | |
| V. Comtat, Provence. - Julienne Morell. - Esprite Joussaud. - Antoine Yvan et Madeleine Martin. - Agnès d'Aguillenqui. - Catherine du Revest. - Christophe d'Authier de Susgaud, évêque de Bethléem. - Renée Fedon. - Jeanne Gautier | |
| VI. Languedoc, Guyenne, Périgord. - Germaine d'Armaing. - Marie de Sainte-Thérèse. - Alain de Solminiac | |
| VII. Les recueils. - Deux vocations : M. de Pontis et Fleurette de Casassus. - Anne de Beauvais et son professeur de piano | |
| Ch. IVI. La propagande mystique : Jean Desmarets et les délices de l'esprit | |
| § 1. - La conversion de Philédon. | |
| I. Le R. P. Poulain et Desmarets : "une vraie connaissance des états d'oraison". - Affabulation des Délices. - Desmarets tour à tour Eusèbe et Philédon. - Les étapes d'une conversion. - La cabane des plaisirs charnels ; les Arts ; les Sciences. - Le Palais de la Fortune : Desmarets chez le cardinal | |
| II. La mort de Richelieu et la conversion de Desmarets. - Avait-il perdu la foi ? - L'apologétique pascalienne et newmanienne avant Pascal et Newman : certitudes qui se forment "dans les plus hautes parties de l'âme". - "Je veux te prouver par ton goût même qu'il y a un Dieu". - "Je te le ferai connaître au-dessus de tout raisonnement". - "Tu es seulement fugitif de sa lumière". - Les "appartements de la Logique" et l'anti-intellectualisme de Philédon. - Croire ; goûter ; connaître. - Dialectique du goût : Gustate et videte quam suavis est. - Les Délices et le Génie du christianisme | |
| III. L'échelle des plaisirs. - Délices de la musique et rançon amère de ces délices. "Nous ne pouvons plus souffrir les médiocres". - De la Poésie. - Raisons mystiques et scrupules religieux qui ont présidé à la croisade menée par Desmarets contre les poètes païens. - La Philosophie morale. - Duel entre l'Amour et la Chasteté. - Infirmités de la morale séparée : ascétisme et mystique. - Suprêmes résistances de Philédon. - Découragement d'Eusèbe. - La conversion de Philédon : "Soudain je me suis senti frappé". - "Voilà devant vous ce cheval échappé..." | |
| § 2. - Lendemains de conversion. | |
| I. Les années mystiques (1645-1660). - Sérieux profond des Délices. - A peine converti, devint-il "un dévôt effréné" et fanatique ? - Longues années de recueillement. - "Les promenades de Richelieu." - Desmarets admis dans le petit monde des saints. - Directeur laïque. - Aucun indice d'exaltation morbide | |
| II. La crise (1660-1666). - Première croisade : l'Avis du Saint-Esprit au Roi. - L'armée qu'il veut lever est purement mystique ; elle ne compte pas sur "la force des armes temporelles". - Une confrérie de "victimes". - L'Avis et la Société pour les intérêts de Dieu. - La Compagnie du Saint-Sacrement et la Société. - Desmarets sera chargé de la police secrète. - Son coup d'essai : le bûcher de Simon Morin. - L'offensive contre le diable. - Desmarets se tourne contre Port-Royal. - Réponse à l'insolente apologie. - Arnauld mis en filature. - Heureux succès de cette chasse : M. de Saci à la Bastille. - Les délices de l'espionnage | |
| III. Les dernières années (1666-1675). - Difficulté de mener de front l'oraison de quiétude et des opérations de police. - Non in commotione Dominus | |
| § 3. - Initiation de Philédon à la vie mystique. | |
| I. L'architecture et les arts décoratifs dans leurs rapports avec la vie intérieure. - "Ce ne sont que festons..." - G. de Scudéry. - Desmarets, architecte, et poète de l'architecture. - Les Amours du Compas et de la Règle. - L'architecture dans les Délices | |
| II. Philédon accueilli dans la Cité de l'Intérieur. - Les appartements de la Foi. - La loge de l'Humilité et le Cachot du Néant. - Les balcons de l'Espérance. - Les trente-trois cavernes de l'Obéissance. - Chambre de la Pureté ; Desmarets directeur. - Grotte de la Patience. - Temple de l'Amour divin. - Les missions étrangères et le musée de la marine | |
| III. Les trois salles de la sainte Oraison. - Chambre de la Contemplation, de l'Union. - Suspension des puissances. - La conquête mystique et Jean Desmarets |
| Tome 7. La Métaphysique des saints 1. 415 p. | |
| Avant-propos | |
| PREMIÈRE PARTIE. LES MAITRES DES MAITRES : SAINT FRANÇOIS DE SALES ET PIERRE DE BÉRULLE | |
| Ch. I. François de Sales et la primauté de la prière | |
| I. Définitions de la prière. - Complexité de la prière concrète. - "Élévation" et "Demande". - "La prière en soi n'est pas nécessairement demande". - Le mendiant pur ne prie pas. - L'élévation fonde la demande et la précède. - Les tuum et les nostrum du Pater. - C'est parce qu'elle est d'abord acte de religion que la demande est aussi prière. - "Dieu est naturellement le plus cher." | |
| II. Le panhédonisme religieux. - La prière fin et la prière moyen. - Deux directions principales de l'anthropocentrisme. - La prière plaisir. - Préjugés sur la piété janséniste. - Pascal et Port-Royal ralliés à la psychologie panhédoniste des libertins. - "On ne quitte les plaisirs que pour d'autres plus grands." | |
| III. L'ascéticisme. - M. F. Vincent et la supériorité de l'"ascétisme moral" sur "l'ascétisme de religion". - Loi du progrès chrétien. - François de Sales et les jésuites auraient "identifié... le christianisme au progrès moral". - Parallèle entre le bénédictin et le jésuite. - Louange de Dieu et culture du moi. - La vraie religion ne serait pas autre chose que "la culture de nous-mêmes" | |
| IV. Le théocentrisme de François de Sales. - "Toutes choses sont créées pour l'oraison." - Le "culte du moi" constamment subordonné à la prière. - Aimer les vertus d'abord parce que Dieu les aime. - Oubli et dépouillement de soi | |
| Ch. II. François de Sales et la philosophie de la prière | |
| I. La fine pointe. - La distinction traditionnelle entre Animus et Anima. - Genèse de cette distinction dans l'esprit de François de Sales. - Le Saint des Saints | |
| II. La grâce sanctifiante et la passivité initiale. - Le don premier toujours, offert, et qu'il faut s'approprier | |
| III. L'activité humaine dans la prière : acquiescement ; adhérence. - L'acte religieux en soi. - Laisser "vouloir et faire à Dieu." - Bossuet et François de Sales. - "Cet acte comprend seul tous les actes." - L'extase de la volonté | |
| IV. - Critique de la volonté. - La volonté humaine "réduite et trépassée en volonté de Dieu". - Anéantissement volontaire | |
| V. Critique de la sensibilité. Le chantre sourd. - "Sentir n'est pas consentir". - La prière de sainte J. de Chantal. - Le chantre sourd | |
| VI. Directions pratiques. - "Si le coeur ne le voulait, la bouche n'en dirait pas un mot." - Credidimus charitati | |
| VII. Passivité terminale. L'état de prière. - Une fois "amorcée", l'âme demeure en la "présence divine". - La vraie quiétude. - La statue. | |
| Ch. III. François de Sales et Pierre de Bérulle. De la "fine pointe" aux "états" | |
| Condren ou Séguenot ?. - Une Somme bérullienne de la Prière. - Une maladie nouvelle dans les milieux dévots. - Idées fausses que l'on se forme de l'oraison. - On "s'en imagine des merveilles" | |
| § 1. De l'activité divine et de l'humaine dans la prière. - L'activité humaine incapable de nous "référer à Dieu". - Seule nous y réfère la grâce. - Une action "si peu nôtre". - "Soumettre" notre esprit à l'Esprit de Dieu. - Les "belles pensées" | |
| § 2. Les "actes" et les "états". - "Il se passe en vous des choses que vous ne connaissez pas." - Zone secrète de l'âme "où la grâce réside principalement". - Passage de la "fine pointe aux états". - Adhérence, par état, et "repos de Dieu". - Identité foncière de la philosophie salésienne et de la bérullienne | |
| Ch. IV. J. -P. Camus et le panmysticisme salésien | |
| Camus et la tradition orale de François de Sales | |
| § 1. L'originalité de la philosophie salésienne. - Proposer de la théologie mystique "le côté le plus... clair, le plus sain" | |
| § 2. Critique du mysticisme moderne. - Les grands trois, Ruyesbrock Tauler, Harphius, maniaques de la "passiveté" | |
| § 3. Réconciliation avec les mystiques modernes. - Rien de ce qu'ils enseignent qu'on "ne puisse pratiquer avec la grâce commune" | |
| § 4. La substitution libératrice. - "Infus" au lieu de "Passif" | |
| § 5. Critique de l'ascéticisme | |
| § 6. Facilité de la contemplation. - Le panmysticisme salésien | |
| DEUXIÈME PARTIE : DÉVELOPPEMENTS ET PROPAGANDE | |
| Ch. I. Le Père Hercule (1603-1655) | |
| I. Les papiers de Conrart. - L'oncle maternel de Fléchier. - Hercule et Godeau à Grasse | |
| II. Hercule et l'éloquence de la chaire. - Oraison funèbre de Marguerite de Jésus. - De profundis. - La voix de la prière. - Oraison funèbre de Jeanne de Lorraine. - "Moi qui découvrais son sentiment dans le son de sa voix" | |
| III. Les opuscules du P. Hercule. - La rhétorique des couvents. - Retraites par correspondance - Direction des religieuses | |
| IV. "La Science de l'oraison. Dialogue fait en Provence, vers la grotte de sainte Magdelaine." - "Unité de sujet et d'application." - Détresse d'Olympie - "Oraison d'état." - "Oraison de pénitence." - Ironies de Parthénope. - Le pur amour et la critique de la dévotion sensible. | |
| Ch. II. Jean-Baptiste Noulleau (1604-1672) et "L'Esprit du christianisme" | |
| I. Les épreuves de J. -B. Noulleau. - Noulleau et l'Oratoire. - Vilazel et Louis XIII. - Le "Sénat de l'Eglise". - Noulleau et son évêque. - L'interdiction | |
| II. "L'Esprit du christianisme." - § 1. Le tout de Dieu. - Adoration d'abord. - "Dévotion singulière à la Sainteté divine." | |
| § 2. "Dieu de Jésus-Christ." | |
| § 3. "Omnia et in omnibus Christus." - Les trois formules de la religion chrétienne - "Sainte superbe" du chrétien | |
| § 4. La Prière chrétienne. - "Trajet perpétuel de nos âmes à Dieu par Jésus-Christ." - "Adhérer à Jésus-Christ." - Méditation et prière. | |
| § 5. La "sainte Grandeur" et la "Politique chrétienne". - Le devoir social des grands. - "De la tragédie de ce monde." - Lois et obligations à part | |
| § 6. La "Conjuration conter les blasphémateurs". - Le blasphème pendant la première moitié du XVIIe siècle. - La croisade confiée à la Compagnie du Saint-Sacrement. - Organisation de la croisade. - Noulleau et le "Catholicisme social" | |
| § 7. Le pur Amour. - "Toute l'âme et tout l'esprit" du christianisme. - "Affectif" et "effectif". - "L'union sympathique des coeurs." - Supériorité des vertus "passives" | |
| § 8. Pur Amour et Pénitence. - L'espérance et l'amour désintéressé. - Que les pécheurs doivent tendre au pur amour | |
| Ch. III. Le Père Paul de Lagny ( ? - 1694) et le panmysticisme franciscain | |
| I. De Harphius à Canfeld. - Une somme de la mystique franciscaine. - Ouvrir la carrière mystique à toute âme en état de grâce. - Abondance de "chemins abrégés", de "secrets", de "moyens courts". - "Chemin abrégé" et non "voie large" | |
| II. Trois étapes : vertus morales ; théologales ; pur amour devenu comme habituel | |
| III. Distinction capitale entre "théologie mystique", ou haute contemplation, et "vie mystique", la première, privilège de quelques-uns, la seconde proposée et facile à tous | |
| Ch. IV. François de Clugny (1637-1694) et la mystique des pécheurs | |
| I. Boucs et corbeaux. - Aigues-Mortes. - Marguerite de Beaune. - Clugny oratorien. - Dijon. - Les Bénéfices. - Humour, vertus et orthodoxie | |
| II. La mystique des pécheurs. - § 1. "L'état de pécheur", qui n'est pas "le moins propre... à faire des saints". - L'Enfant prodigue et la Chananée. - A bas le péché, vive "le poids du péché" ! - Paradoxe sur les délais de la confession. - Les conversions orgueilleuses et les nouveaux riches de la sainteté | |
| § 2. L'oraison et l'activité mystique des pécheurs. - Pas de "belles pensées", pas de littérature. - Molière et Clugny - Il ne permet aux pécheurs que la prière même des saints. - Oraison des innocents et oraison des pécheurs. - Critique des méthodes ; de la sensibilité dévote ; des activités intellectuelles. - Les pécheurs et l'oraison de silence | |
| Ch. V. Le vigneron de Montmorency et l'école de l'oraison cordiale | |
| I. Querdu Le Gall et l'oratoire du coeur. - Le Gall et ses "feuilles" illustrées. - Sur la piste d'une école mystique oubliée. - La Pléiade de l'"Oraison cordiale". - Le Vigneron de Montmorency, et "L'ouverture du Royaume de l'Agneau occis". - Jean Aumont et ses "docteurs". | |
| II. La doctrine du vigneron. - § 1. La cave. - Allégories familières. - La cave et la fine pointe. - Le "palier" et l'intelligence. - Du grenier à la cave. - "Racine fontale", "vase central" | |
| § 2. L'Alambic. - L'âme "triple-essentiée" dans les "fourneaux", de l'amour. - Qu'il ne faut renoncer ni aux notions ni aux images | |
| § 3. Les renards et le jansénisme. - Le "museau pointu" de l'amour-propre. - L'anti-mysticisme de Port-Royal | |
| § 4. Violence et Prière. - Critique de l'ascéticisme. - L'ordre de Dieu renversé | |
| § 5. Les activités de prière et "l'amortissement du propre esprit naturel". - Méthode d'initiation à la vie mystique | |
| III. L'ÉCole de l'oraison cordiale. - La propagande. - Les autres méthodes. - La composition de lieu ignacienne. - "Des applications" progressives des puissances. - L'école et ses adversaires | |
| IV. Les images. - Celles d'Aumont et leurs symbolismes peu cohérents. - Celles de Le Gall qui se contentent de figurer le recueillement progressif de la prière. - Les "portes". - Les rééditions de 1774 et de 1839. | |
| Ch. VI. Le Père Louis Thomassin (1619-1695) et la prière pure | |
| I. De Platon à Bérulle. - Aix-en-Provence et les Thomassin - Saint Magloire et Port-Royal. - "L'Institution." - Les "méthodes d'étudier et d'enseigner chrétiennement" | |
| II. LE "TRAITÉ DE L'OFFICE DIVIN". - § 1. A la recherche de la prière pure. - Thomassin et la Liturgie. - La Fine pointe et la Grâce sanctifiante. - Charitas ipsa orat. - "L'oraison mentale", synonyme de "prière pure". - La prière du Désert et les pauses de silence. - Le panhédonisme de Thomassin | |
| § 2. Critique de l'activité intellectuelle dans la récitation de l'office. - Distinction entre "jubilation" et "psalmodie". - Alleluia et Amen. - "Prière pure" et "contemplation" | |
| § 3. Prière, musique et poésie | |
| § 4. L'état de prière. - Adhésion habituelle de l'âme. - Attention de l'esprit et attention du coeur. - Que les distractions n'interrompent pas nécessairement la prière | |
| § 5. L'évolution de la prière depuis les temps primitifs. - Avant les formules. - "L'oraison mentale de Noé." - Le Pater plus qu'une formule. - Décadence de la prière. - L'excellence du Rosaire. - De la vraie primauté de l'office liturgique. - Panmysticisme de Thomassin : ",." |
| Tome 8. La Métaphysique des saints 2. 415 p. | |
| TROISIÈME PARTIE. LA GRANDE SYNTHÈSE. CHARDON ET PINY. | |
| Ch. I. La croix de Jésus | |
| § 1. "La présence de Dieu naturelle en toutes choses par Immensité." | |
| § 2. "L'inclination à la Croix - pondus - produite par la grâce en l'âme de Jésus-Christ." - Le poids de la gloire et le poids de la souffrance. - L'excès de confusion préféré à l'excès de gloire. - Chardon styliste. "Huile pour la gloire..., Huile pour la Croix." | |
| § 3. L'état de grâce et l'inclination à la Croix. - Pour que le corps mystique ne paraisse point quelque chose de "monstrueux" il faut que "la grâce fasse" chez tous "la même pente" vers la Croix | |
| § 4. Présence active des trois Personnes divines dans l'âme du juste. - Les deux "Processions" et la "boucle" de l'amour | |
| § 5. Le "poids" crucifiant des "Missions divines". - Critique des consolations. - Désolation et Pur amour | |
| § 6. La catharsis "déiformante". - Vers la contemplation pure. - Mort progressive des activités de surface | |
| § 7. L'ancien Testament et la mystique de la Croix. - Elie et Jacob | |
| Ch. II. Alexandre Piny ou le maître du pur amour | |
| I. Aix-en-Provence. - Vie dominicaine du P. Piny. - Les approbateurs de ses livres. - Piny et Alexandrin de la Ciotat | |
| II. La Doctrine. - § 1. Idée générale du système. - Le "Pur Amour", acquiescement à la volonté de Dieu - Vouloir ce que Dieu veut ; ne vouloir que ce que Dieu veut ; le vouloir parce que Dieu le veut. - Amour de la croix | |
| § 2. Le premier commandement et la voie du pur amour. - Facilité des actes du pur amour ; héroïcité d'une vie de pur amour. - L'Église et le pur amour | |
| § 3. "Faire" et "Laisser-faire". - "Il vaut mieux le laisser-faire à Dieu que le faire par nous-mêmes." - L'objection. - Le champ précis du "laisser-faire". - "Laisser-faire", synonyme de "vouloir". Critique du "faire" | |
| § 4. Le combat spirituel et le "laisser-faire". - La lutte contre les imperfections. - Bienheureux les imparfaits ! | |
| § 5. Le supplice des tentations et le laisser-faire. - Refus et acceptation. - Les tentations contre la foi | |
| § 6. Le "laisser-faire" et l'amour désespéré. - Les mystiques et l'acceptation hypothétique de l'enfer. - Objet positif de l'acceptation. - Les prétendus "raffinements" des mystiques. - La tentation de désespoir guérie par le désintéressement absolu. - "L'oubli d'amour". - L'espérance restaurée. - Enfer et pur amour ne peuvent se regarder en face | |
| § 7. Activité intense du "laisser-faire". - Vraie définition du vouloir pinien. - La volonté "purement spirituelle". - Fine pointe et grâce sanctifiante. - Le "faire", amorçant le "laisser-faire" ou commandé par le "laisser-faire". - Rien de plus actif que le passif. - La voie héroïque | |
| § 8. Pur Amour et Prière Pure. - Ascèse et Prière. - Union d'attente et union de volonté. - Critique de l'ascéticisme. - La prière continuelle | |
| § 9. Le petit monde du P. Piny | |
| QUATRIÈME PARTIE : L'ANGOISSE DE BOURDALOUE ET LA GENÈSE. DE L'ASCÉTICISME | |
| Ch. I. Dans la Compagnie | |
| Saint Ignace et la prière. - Aucune ambition doctrinale dans les Exercices. - Ignace novateur à son insu. - Nadal et la liberté de la prière. - Les premiers spirituels de la Compagnie ne se réclament pas des Exercices. - Les Exercices menacés. - Extrême droite et extrême gauche | |
| Ch. II. Les "Alumbrados" d'Espagne et l'épouvantail de l'illuminisme | |
| I. Orientations antimystiques. - L'épouvantail de l'Illuminisme. - Les Alumbrados d'Espagne. - Cano et les chasseurs d'hérésie | |
| II. Un groupe d'illuminés parmi les jésuites d'Espagne. - Le franciscain Texeda, François de Borgia et le jésuite Oviedo. - Le duc de Gandie, jésuite. - La Vigne. - Les prophéties de Texeda. - Les extravagances d'Oviedo et les alarmes d'Ignace. - Ignace et Borgia. - Much ado about nothing. - La panique originelle | |
| III. Causes profondes du conflit. - Intellectualistes et mystiques. - Pour ou contre la vraie prière | |
| Ch. III. La condamnation de Balthazar Alvarez | |
| I. Une date critique dans l'histoire de la spiritualité. - Mercurian et la première offensive officielle contre la contemplation. - Cordeses approuvé par Borgia, condamné par Mercurian | |
| II. Balthazar Alvarez et son oraison. - Laqueus contritus est. - Heureuse influence d'Alvarez. - Davila et les premiers coups. - Jean Suarez et le bûcher de Villeverd | |
| III. Le panmysticisme d'Alvarez | |
| IV. Le procès et la sentence. - La "contemplation arrachée" par Mercurian, réhabilitée par Aquaviva | |
| V. Le R. P. Dudon et la "morale de cette histoire". - Indépendance de la prière : Sibi et Deo relinquatur. - La métaphysique implicite de Mercurian et l'ascéticisme | |
| VI. "Stérilité" de la contemplation, excellence de "l'Oraison pratique". - Grande nouveauté de cette oraison. - Critique de l'oraison pratique | |
| Ch. IV. D'Alvarez à Lallemant | |
| La lettre d'Aquaviva maintient et consacre la confusion initiale. - Développements de l'ascéticisme. - Alvarez de Paz et Le Gaudier. - Le "discours" supérieur à la contemplation, "quia ad praxim refertur". - Maria pejorem partem elegit. - André Baïole et la grâce sanctifiante, monopole des extatiques. - Lallemant, François de Sales, Bérulle, unanimes contre l'ascéticisme. - La "spiritualité nouvelle" de Surin, déclarée par le général Vitelleschi "peregrina,... non nostra". - La véritable unanimité des spirituels jésuites, et leur unanimité prétendue | |
| Ch. V. Le Père Crasset | |
| I. Balthazar Alvarez, Crasset et "la nouvelle voie". - Les chaînes brisées. - Derniers scrupules. - Mourir au "discours". - Françoise de la Mère de Dieu, Gibieuf, Lejeune et Crasset. - La "courtine de ténèbres qu'il ne faut point éclairer" | |
| II. "Une nouvelle forme de méditations". - Les commençants initiés à la vie mystique. - Les oraisons jaculatoires. - La "nouvelle forme" et les pauses de silence. - "Cantiques d'amour". - La "Congrégation des Laquais" | |
| Ch. VI. La spiritualité de Bourdaloue | |
| I. Le R. P. Daeschler et Bourdaloue méconnu. - Éléments tumultueux d'une doctrine spirituelle, mais non doctrine "parfaitement cohérente". - Le "terrible sermon sur la Prière" | |
| II. Critique du sermon. - L'auditoire coupé en deux. - L'imprudence de Bourdaloue. - "Je me suis senti inspiré". - Le semi-quiétisme français et les infamies du molinosisme. - Nouvelles imprudences : l'appel au bon sens. - "Oraison chimérique, celle dont l'Évangile ne parle pas". - Légèretés. - L'oraison "extraordinaire". - Encore "l'oraison pratique", la "plus parfaite", la seule parfaite. - Confusion perpétuelle entre prière et extase | |
| III. Le vrai Bourdaloue, tendre, impulsif, plus que "raisonnable". - Genèse du "terrible sermon". - L'ascéticisme de Bourdaloue. - La grâce habituelle | |
| IV. Le panhédonisme de Bourdaloue. - Pas de plaisir, pas de prière. - Nécessité de l'amour "senti". - Prime aux tempéraments affectifs. - La "sensibilité" de Madeleine | |
| V. L'échelle des "divins plaisirs". - Le "centuple". - La "paix de Dieux", température normale de Bourdaloue. - Justes noces du devoir et du plaisir. - Les consolations. - "Pour moi..., je suis content de vous" | |
| VI. Le troisième degré du centuple, les consolations extraordinaires. - Confusion entre les délices de la contemplation et la contemplation même. - De l'ascéticisme au panhédonisme. - Philosophie antimystique, vie mystique de Bourdaloue | |
| Éclaircissements | |
| Appendice |
| Tome 9. La Vie chrétienne sous l’Ancien Régime. 395 p. | |
| Avant propos. | |
| Ch. I. La dévotion au baptême | |
| I. En quel sens on peut parler d'une "dévotion au baptême". - La dévotion au baptême, l'École Française et la Métaphysique des Saints. - François de Saint-Pé | |
| II. La "consécration" baptismale. - Hugues Quarré. - "Un nouvel être et une nouvelle vie." - Le pneuma et la psyché | |
| III. La promesse du baptême, voeu d'adhérence : Consentio tibi, Christe. - Résistances de l'école ascéticiste. - Réponses de Saint-Pé. - Les deux sortes d'adhérence ou d'union. - "Animer son baptême." | |
| IV. L'ascèse mystique impliquée dans la dévotion au baptême. - Adhérer ou imiter. - Doctrine d'anéantissement. - Duguet et le Portrait d'un chrétien enseveli en Jésus-Christ | |
| V. Figures et symboles. - Ferebatur super aquas. - Le déluge et le passage de la mer rouge. - Bossuet et la poésie de l'ancienne liturgie baptismale | |
| VI. Simplicité du "baptême essentiel". - La critique des exorcismes. - Duguet et la défense des exorcismes. - Si, après le "baptême essentiel", le démon n'est plus dans le coeur, il reste fortifié aux alentours. - La partie de l'esprit non soumise à l'Esprit. - Le démon et ses droits sur l'imagination ; "le pays du mensonge est le sien". - Les exorcismes sauvés | |
| VII. Pratiques de la dévotion au baptême. - Le chrémeau et les petits "habits du baptême". - L'anniversaire du baptême. - La "pâque annotine". - Edme Calabre et les Fonts baptismaux. - Lazare Bocquillot et Fénelon. - Agonie de la dévotion au baptême | |
| EXCURSUS : Les litanies de l'office du baptême, p. 40. | |
| Ch. II. L'eucharistie | |
| § 1. La communion fréquente | |
| I. Le moyen âge et la communion très rare. - La Contre-Réforme rétablit l'usage de la communion fréquente. - Dès le début du XVIIe siècle, la cause est gagnée | |
| II. Antoine Arnauld, la Fréquente communion et le mythe de l'Infréquente. - Véritable objet du livre : confondre les casuistes qui ne veulent "point mettre de distance entre le crime commis et la communion". - Que tout le XVIIe siècle donnera raison à Arnauld. - La vraie doctrine d'Arnauld sur la communion fréquente | |
| III. Saint-Cyran et la communion fréquente. - Port-Royal. - Nicole ; Quesnel ; Treuvey ; Floriot ; les catéchismes jansénistes ; Boileau ; Duguet. - La tradition unanime du premier siècle jansénise sur la communion fréquente abandonnée par le jansénisme du XVIIIe siècle | |
| IV. Les jésuites et la communion fréquente. - Saint Ignace et Madridius. - Propagande extrémiste : la communion quotidienne conseillée à tous. - Résistance de sainte Thérèse et des jésuites. - Beaucoup d'abus en France et plus encore en Espagne. - Le préarnaldisme du P. Salazar. - Le théocentrisme de Salazar : "La première et la principale fin est de donner gloire à Jésus-Christ." - "La pureté de conscience ne suffit pas pour communier" tous les jours. - Que la communion soit avant tout "un acte de religion". - "Délai... faute de révérence." - La communion de tous les huit jours | |
| V. Les jésuites français et la campagne contre "la fréquentation démesurée". - Caussin et Suffren. - Leur axiome à tous : "Il vaut mieux se bien communier et plus rarement que moins bien et plus fréquemment." - Les règles de Suffren. - Saint-Jure et Lejeune. - Outrances et contradictions du P. Crasset. - La lettre du P. Daniel sur la fréquente communion. - Identité foncière entre cette lettre et le livre d'Arnauld. - Oscillations et embarras de Bourdaloue. - Avant tout l'honneur de Dieu. - Accorder à tous les chrétiens en état de grâce le "même accès à la table du Sauveur... à Dieu ne plaise que je tombe jamais dans une telle prévarication !" - L'humanité de Bourdaloue et la dialectique pure d'Arnauld | |
| VI. La doctrine des spirituels qui ne relèvent ni de Port-Royal ni de la Compagnie de Jésus. - François de Sales : "Pour communier tous les huit jours..., aucune affection au péché véniel." - Rigueur décroissante dans l'interprétation des règles salésiennes ; J. P. Camus. - Soyer et Barré. - La direction de Bossuet. - Vers la communion quotidienne dans les couvents. - L'évolution s'achève avec Fénelon : plus de différence entre les couvents et le monde : "Pourvu que le laïque vive en bon laïque, il peut et doit communier tous les jours." "Aux âmes saintes, appartient le pain quotidien." | |
| § 2. Le Saint Sacrifice | |
| I. La messe dans la littérature du XVIIe siècle. - Ligne de partage des eaux : dans la première moitié, la messe considérée comme un des "exercices" de la vie dévote ; dans la seconde, comme l'acte religieux par excellence, la "synthèse dans tout le culte". - Religion et Dévotion. - L'accent mis de plus en plus sur le sacrifice | |
| II. Amelote, Duguet et la théologie du Sacrifice. - Il n'est pour eux de vrai sacrifice que liturgique. - "L'hostie immolée en public". - Le sacrifice "partie essentielle du culte public". - Les figures du sacrifice du Christ : Caïn et Abel : Noé. - "Ce qui manquait au sacrifice de la Croix sur le Calvaire." - Jésus-Christ prêtre dès son incarnation, mais d'un "sacerdoce intérieur". - Le sacrifice du Calvaire, "vrai sacrifice dans l'usage intérieur que le Sauveur en a fait", n'est pas à proprement parler sacrifice liturgique. - Jésus-Christ a suppléé à ce défaut par l'institution de l'Eucharistie. Conformité essentielle entre l'Autel et la Croix. - Diffusion de la théologie sacrificielle | |
| III. Conclusions pratiques. - L'assistance à la messe. - Les sept méthodes de Suffren et la méthode de Letourneux. - "La messe est le sacrifice commun du prêtre et des fidèles." - L'Église ne veut pas que le prêtre se sépare de l'Assemblée. - Qu'on "s'occupe l'esprit et le coeur des paroles et des actions qui composent la liturgie" | |
| IV. Invraisemblable résistance opposée à la méthode liturgique. - On craint ou on feint de craindre que les fidèles s'imaginent "qu'ils sont prêtres au même sens que le prêtre". - Le sacrement de l'Ordre en péril ! - La messe pour tous ou la messe pour ceux-là seuls qui savent le latin. - Croisade pour le "Secret des Mystères". - Vallemont et Dom Guéranger. - Répliques de Letourneux. - Si l'Église célèbre la messe en latin, ce n'est pas du tout qu'elle veuille par là en "cacher les mystères aux peuples". - Ainsi pour la récitation submissa voce du Canon. - Excentricités sans importance de quelques réformateurs | |
| V. La bataille pour et contre les traductions de l'Ordinaire de la messe. - Le missel de Voisin condamné par l'Assemblée du Clergé en 1660, et par un Bref d'Alexandre VII. - Comment la bonne foi du pape a été surprise par Mazarin. - Contre-vérités dans la lettre de l'Assemblée au Pape : la traduction de l'Ordinaire en français n'était pas une "nouveauté". - Du XIVe siècle à 1660, le nombre de ces traductions va croissant. - "On n'a eu en France aucun égard à ce Bref" et les Assemblées de 1665 et de 1670 désavouent par leur silence l'Assemblée de 1660. - Le prétendu "Secret des Mystères" et le scandale des protestants. - Les traductions de l'Ordinaire répandues à deux cent mille exemplaires. - Pouvait-on refuser aux catholiques ce que l'on accordait aux protestants ? - La guerre contre les traductions recommence au lendemain de la Bulle Unigenitus. - Violence et démence | |
| VI. Les "livres de messe". - Traduction de paraphrases. - Le P. Judde, Antoine Montagnon et les "Courtes prières" de Pellison. - La paraphrase de Sanadon. - Le mouvement liturgique d'aujourd'hui et la victoire des traductions | |
| § 3. L'Adoration réparatrice | |
| I. Développement nouveau et logique. - Adoration et réparation. - La vocation de victime. - Mechtilde du Saint-Sacrement et l'Institut de l'Adoration perpétuelle. - L'amende honorable d'Anne d'Autriche. - Les innocents expient pour les coupables | |
| II. L'horloge mechtildienne et l'expiation des sacrilèges commis à toutes les heures du jour. - Minuit et la diane infernale. - Les premières messes et le "commerce des hosties". - Les "belles messes". - Détresse des églises rurales. - Les confréries diaboliques | |
| III. Litanies et Offices de la Réparation. - Vorat canis Sanctum Dei. - L'adoration perpétuelle dans les paroisses. - Iconographie de l'adoration réparatrice | |
| Excursus : Le Poème eucharistique de M. de Saci, p. 224. - La première communion, p. 225. - La question de la fréquente communion pendant le XVIIIe siècle, p. 227. - Le sermon de Bourdaloue sur la messe, p. 230. - Le prêtre et la messe de tous les jours, p. 232. - La Belle messe, p. 236. - Le désir de voir l'hostie, p. 237. - Christophe d'Authier de Sisgaud, évêque de Bethléem et le chapelet du Saint-Sacrement, p. 240. - La communion des quinze mardis et des quinze samedis, p. 244. - Les visites du Saint-Sacrement, p. 245. - Les saluts, p. 245. - Messes sèches, p. 246. | |
| Ch. III. La dévotion à la Sainte Vierge pendant la seconde moitié du XVIIe siècle. - Déclin ou progrès ? | |
| Charles Flachaire et la Dévotion à Marie pendant la première moitié du XVIIe siècle. - Qu'il n'est peut-être pas vrai qu'à une première renaissance de cette dévotion ait succédé un fâcheux déclin. | |
| I. Le renouveau. - Les deux tendances renouvelantes : la dévotion médiévale, restaurée par l'humanisme dévot ; la dévotion bérullienne. - Paul de Barry et les "abus" que dénoncera la IXe Provinciale. - "Extravagances", dont la seconde moitié du XVIIe siècle ne donnera plus le spectacle | |
| II. Le conflit entre les deux dévotions et la campagne contre "les Dévots indiscrets". - Pascal et Wendrock. - Le scandale des protestants. - Adam de Widenfelt et les Monita salutaria. - Qu'il n'y a pas eu de conspiration janséniste contre la dévotion à Marie. - "Ne point confondre le culte qui est dû à la sainte Vierge avec le culte qui est dû à Dieu." - Jugements téméraires du P. Crasset. - Gilbert de Choiseul et l'apologie de Widenfelt. - On se sert "du prétexte de la religion pour calomnier les gens de bien". - Le P. Crasset et la critique des faux dévots. - Des deux côtés, même doctine ; dénonciation des mêmes abus. - Pellisson et les Monita | |
| III. De la campagne contre les dévots indiscrets à l'apostolat marial de Grignion de Montfort. - Nicole et les dévotions populaires. - Newman et les déformations inévitables du culte marial. - Grignion de Montfort et les faux dévots. - Excellence de la dévotion populaire. - Les deux tendances réconciliées dans la propagande mariale de Grignion de Montfort | |
| Excursus : Marie d'Agréda, p. 273. - Duguet et la dévotion à Marie, p. 276. - La mère douloureuse et la critique du "spasimo", p. 276. - Pratiques dévotes, p. 281. | |
| Ch. IV. La mystique du mariage | |
| I. Réaction vigoureuse contre l'ancienne tendance à humilier le mariage. - De François de Sales à Fénelon : "honorable en tout". - Les fidèles initiés à la mystique du mariage. - L'instruction dialoguée de 1683 ; Paule et Pauline. - Les cérémonies du mariage | |
| II. Mystique paulinienne et bérullienne du mariage. - Le oui du mariage et l'adhérence au oui de l'Incarnation. - Anéantissement et esprit d'enfance | |
| III. "Péchés contre la sainteté du mariage." - Mariage et Pénitence | |
| IV. Étude comparée des "prières pour la femme enceinte" | |
| V. Les autres "croix" du mariage. - Lenteur et mauvaise grâce à réaliser la sainteté du sacrement. - Le pessimisme de Paule. - La consolation des mal mariés : à les voir si malheureux beaucoup se réfugieront dans les couvents. - Prière de la mal mariée. - Fénelon et les tribulationes hujus modi de saint Paul | |
| Ch. V. L'art de mourir | |
| I. Mme de Sévigné et la peur de la mort. - Les conversions in extremis. - Mourir en honnête homme et mourir en chrétien. - La curiosité publique et les agonies douteuses | |
| II. L'abbé Boileau et les derniers combats de la duchesse de Luynes. - A la limite du désespoir. - Justice et miséricorde. - Illusions intéressées sur la "mort du juste". - La "faute" de la duchesse et l'imbroglio pathétique. - Retour définitif à la confiance | |
| III. La conjuration du silence et le devoir des médecins. - La Bruyère. Théotime et les spécialistes du lit de mort. - Bourdaloue auprès des mourants. - La rhétorique des "exhortations aux malades". - Érasme et l'Art de bien mourir. - Les Préparations à la mort | |
| IV. La pensée de la mort : Spinoza, Saint-Évremond et Nicole. - Les exercices de la mort. - L'"Extrême-Onction spirituelle". - Paraphrase des prières rituelles : les yeux, les narines... | |
| V. Le P. Faber et la critique des "Exercices de la mort". - Le vrai sens, tout religieux et très sain que la plupart des spirituels attachent à ces pratiques. - Exprimer et fixer le moi profond. - Testaments spirituels. - L'exercice de la mort et le pur amour. - L'oubli de soi et la confiance. - De l'acceptation au désir de la mort. - Quesnel et le Bonheur de la mort chrétienne | |
| Excursus : "Catherine, fille morte de la peste à Nivelle" |
| TOME 10. La Prière et les prières de l’Ancien Régime. 353 p. | |
| Ch. I. Critique de la prière dite vocale | |
| I. Le problème de la prière vocale au XVIIe siècle. - Tendance moderne à déprécier les formules ; M. Vincent et "la disgrâce de n'être qu'une prière vocale". - Origines de cette tendance : diffusion foudroyante de la prière dite "mentale". - François de Sales a-t-il méprisé la prière vocale ? - Que pour lui, et pour toute la tradition, il n'y a pas de prière vocale qui ne soit mentale | |
| II. L'étude de la prière vocale tient peu de place dans la littérature spirituelle de cette époque. - Que la peur du psittacisme tourne à la phobie. - Guilloré et les illusions des prières vocales. - Bonnes pour les "trop bouchés" ou "trop grossiers". - Trois désastres. - Les alarmes de Guilloré et la prière liturgique. - Encore la "disgrâce" | |
| III. Arnauld et une critique plus philosophique des formules. - Facilité des actes de contrition ; difficultés de la contrition elle-même. - La psychologie janséniste de l'amour. - Les actes expriment bien des pensées, mais leur niveau est de n'exprimer que des pensées. - Les outrances d'Arnauld modérées par Nicole. - Dynamisme foncier des formules. - Qu'on ne saurait trop recommander la prière vocale | |
| IV. Les formules et l'angoisse des spirituels. - La prière vocale vengée par Duguet. - "Qu'il me soit fait selon votre parole", non selon la mienne. - Jésus-Christ est "tout l'esprit", et la vérité de nos formules | |
| Ch. II. L'Année chrétienne de Letourneux et la propagande liturgique | |
| I. La Liturgie sous l'ancien régime. - Trois mouvements qui intéressent l'histoire proprement religieuse : études critiques ; réformes ; propagande. | |
| - Les réformateurs et leur préoccupation foncièrement religieuse. - Urbain VIII et les quatre jésuites. - Les nouveaux offices : sainte Marie l'Égyptienne | |
| II. Nicolas Letourneux et l'Académie française. - Persécuté et calomnié. - L'Année chrétienne à l'Index. - Si l'Année chrétienne est une oeuvre janséniste. - Letourneux et le réquisitoire passionné du P. de Colonia. - Letourneux est-il presbytérien ? - Ou socinien ? - Le trouble du Christ ; Letourneux et Bossuet. - Orthodoxie foncière de l'Année chrétienne | |
| III. De Letourneux à Dom Guéranger. - Un même dessein ; initier les fidèles aux choses de la Liturgie. - In populo gravi laudabo te | |
| IV. Succès prodigieux de l'Année chrétienne, peu à peu délaissée par les catholiques. - Et remplacée par celle du P. Croiset. - Les trois Années : Letourneux ; Croiset ; Guéranger. - Que le livre du P. Croiset n'est pas un manuel d'initiation liturgique, mais un recueil de "méditations". - Deux dimanches de Croiset | |
| Ch. III. Hymni gallicani | |
| L'hymnaire gallican refuge de notre poésie religieuse pendant plus d'un siècle. - Raison d'étudier cette poésie oubliée | |
| § 1. La scola gallicane et l'évolution de l'hymne liturgique | |
| Originalité de la scola. - Méprise et injustice de Dom Guéranger. - Boileau et Santeul | |
| I. Différences entre l'hymnaire gallican et celui de la Renaissance. - Restaurer, à la manière d'Urbain VIII, et non détruire. - Un exemple de ces restaurations gallicanes : le Primo dierum de saint Grégoire et le Die dierum principe de Coffin | |
| II. Exégèse lyrique des Livres saints. - Ils ne prient et ils ne chantent que bibliquement | |
| III. Didactisme catéchétique de l'hymne gallicane. Letourneux et l'hymne apologétique de Pâques. - Coffin et les hymnes fériales. - Le symbolisme statique et spectaculaire des anciennes hymnes ; dynamique des nouvelles | |
| IV. Caractère populaire de nos hymnes | |
| V. La formule acceptée par toute la scola. - Les trois grands : Santeul, Besnault, Coffin | |
| VI. La scola gallicane et la résurrection des proses. - La longue disgrâce des proses. - L'hymne et la prose | |
| § 2. Le lyrisme liturgique de la scola gallicane | |
| Prière et poésie. - Les trois ferments lyriques | |
| A. Le lyrisme triomphal : a) Le triptyque santolien de la Purification : Templi sacratos... Fumant Sabaeis... Stupete gentes... Vaines critiques du Stupete. - Bossuet et le caractère proprement religieux du lyrisme triomphal | |
| b) La marche des saints. - Saint Pierre, saint Paul et les saints de France. - Le triomphe des Communs. - Les Apôtres : tonant, coruscant, perpluunt. - Le cortège des Docteurs. - Rancé et la Trappe. - Les Veuves. - Le tryptique santolien de la Toussaint. - Jam vos pascit Amor | |
| B. Le lyrisme dramatique : Du récit évangélique à l'hymne. Gourdan et Béthanie. - Defessus ad Martham Deus. - Le triptyque de Besnault pour la Circoncision. - Hors du temps et de l'espace : Intrat ; Stillat ; graditur. - La danse de Salomé | |
| C. Le lyrisme mystique : prière et poésie : Gourdan et les Proses de "l'Intérieur de Jésus". - Constant retour à l'intérieur : Intimus ; Inserit, Cordis penetratio. - Tendresse confiante des hymnes gallicanes : Opus tamen sumus tuum. - Dévotion à Marie : les hymnes de Claude Santeul pour l'Expectatio Partus : Nascere ! nascere ! - La Sainte Tunique. - Tendance à ne plus assez distinguer la prière liturgique de la prière privée | |
| Conclusion : Léonce Couture et l'excellence de l'hymnaire gallican. - O Christe dum fixus... O quando luces cet... Moraris heu... Que le rite romain aurait pu s'accommoder et de la prière et de la poésie française. - On préféra tout détruire. - Rupture funeste entre le classicisme dévot et le romantisme catholique | |
| Excursus : § 1. O luce qui mortalibus..., p. 147. - § 2. Santeul et Coffin, ou les deux péchés originels de l'hymnaire gallican, p. 150. - § 3. "Tombelaine" dans le bréviaire de Huet, p. 164. - § 4. Les hymnes rimées du P. Clairé, p. 164. - § 5. Les pièces liturgiques traduites en vers français, p. 168. - § 6. Le "lutrin" de Santeul, p. 179. | |
| Ch. IV. Les moules liturgiques. - I. Les litanies | |
| I. La litanie et la prière. - Développement de la prière litanistique. - Végétation litanistique de l'ancien régime | |
| II. La formule nouvelle : Madariaga et Jacques de Jésus. - "Litanies des saints anges mentionnés dans l'Écriture". - Les "Litanies tirées de l'Écriture Sainte", 1673. - Caractéristique ; excellence et succès de ce recueil. - Litanies du "Père éternel". - Les saints Anges. - Fénelon et la prière litanistique. - Edme Calabre. - Les désordres de la Régence et les litanies du P. Maugras. - Gourdan et les litanies du Sacré-Coeur. - Ferveur litanistique du siècle "gallican et janséniste" | |
| Excursus : § 1. Les litanies de la Providence, p. 205. - § 2. L'Anglicanisme et les Litanies, p. 206. - Psychologie et critique de la prière litanistique, p. 208. | |
| Ch. V. Le moule liturgique. II. Les offices de dévotion . Cristallisation liturgique des dévotions nouvelles : L'office de l'Enfance. - Les "petits Offices" pour chaque jour de la semaine : Suffren et l'Exercice spirituel. - Les grands Offices de dévotion. - Le Bon Pasteur. - La Pénitence. - Pour la Conversion des Juifs : Nobis micans, caecus sibi. - Office du Triomphe de la Foi | |
| Ch. VI. Les formes fixes et quasi-liturgiques de la prière privée | |
| I. Différences entre la prière liturgique, et la prière privée. - Comment celle-ci tend à se rapprocher de celle-là. - Naissance et développements extraordinaires des liturgies privées. - La littérature des "prières de dévotion" fâcheusement négligée, soit par les historiens, soit par les philosophes de la prière | |
| II. Le Thrésor de Jean de Ferrières, 1583. - Le Calendrier historial de l'humanisme dévot. - Traduction de plusieurs prières d'Érasme. - Particularisation croissante des formules. - "Avant d'étudier sa leçon." - "Pour la Paix de l'Église." - Esprit oecuménique et désintéressé de ces formules. - Les lacunes du Thrésor et la réédition de 1686 | |
| III. Le recueil de Godeau, 1646. - Godeau et les courants spirituels de son temps. - Nombre de formules bérulliennes. - Prière "d'un Officier de finance" | |
| IV. Multiplication croissante des recueils. - Les Avis de Suffren. - Plus de distinction entre religieux et laïcs. - L'Exercice spirituel de 1664. - Perfection et Pur Amour. - Échelles et Degrés. - L'Exercice du matin | |
| V. L'Exercice spirituel révisé en 1682, par les "habiles". - L'Académie française et les prières françaises de dévotion. - Les Prières propres de Pellisson. - Le rythme de la prière française. - Dévotion et Atticisme | |
| VI. Le recueil de Sanadon 1702, et les formules du XVIIIe siècle | |
| Excursus : Le Bouquet d'Eden, p. 260. - Huysmans et les "Oraisons" du XVIIe siècle, p. 262. | |
| Ch. VII. Les formules de prières, l'activité des "puissances" et la vie de l'âme | |
| I. Déjà si attaché aux formules soit liturgiques, soit quasi-liturgiques, l'Ancien Régime a aussi beaucoup de goût pour les formules plus étendues qui l'aident à pratiquer l'oraison dite mentale. - La prière écrite de Boivin l'aîné. - Difficultés de l'oraison méthodique. - Deux solutions : regarder l'oraison comme un exercice d'ascèse, se résigner, comme à une croix, à l'impossibilité où l'on se trouve de discourir. - Mme de Maintenon, Bourdaloue et l'oraison écrite. - Autre solution : les méditations toutes faites | |
| II. Les formules d'oraison. - Lois du genre. - Jacques de Jésus. - A la manière de saint Augustin. - L'Élévation oratorienne sur la Passion. - Via media entre la prière dite vocale et l'oraison discursive | |
| III. Les paraphrases de l'Écriture Sainte et les formules d'oraison. - Pierre de Cadenet. - Les effusions de Dom Morel. - Le maître des méditations bibliques, M. Duguet. - L'Agonie au jardin. - Application des sens et contemplation ignacienne. - Le Christ au tombeau. - Le christianisme mystique de Fénelon : bourgeois de Duguet | |
| IV. Lecture et prière. - Bienfait des formules d'oraison. - Que l'effort intellectuel dont elles dispensent n'est pas la prière même | |
| Excursus : I. De l'emploi littéraire et pédagogique des formules de prières, en dehors de recueils semi-liturgiques, p. 298. - II. Diffusion de la formule oratorienne : O Jesu vivens in Maria, p. 310. | |
| III. Jacques de Jésus et la contemplation imaginative ou romancée des mystères, p. 311. - IV. Les méthodes "faciles", p. 320. - VI. Les retraites, p. 331. | |
| Appendice | |
| I. Notes pour la Défense et l'Illustration de la prière vocale, p. 336. - II. Les gestes de la prière, p. 346. |
| Tome 11. Le procès des mystiques. 438 p. | |
| PREMIÈRE PARTIE. ANTICIPATIONS ET PRÉLUDES | |
| Ch. I. Isabelle Bellinzaga, Achille Gagliardi et la charte de l'amour | |
| Ch. II. Les illuminés de Séville (1623) | |
| Ch. III. Les premières paniques (1632) | |
| Ch. IV. Les illuminés de Picardie | |
| Ch. V. Nouvelles paniques : Les diableries de Louviers | |
| Ch. VI. Les Jésuites et la diffusion du Quiétisme au temps de Louis XIII | |
| Ch. VII. Les premiers assauts contre le pur amour | |
| Excursus | |
| DEUXIÈME PARTIE. DE LA QUIÉTUDE | |
| Ch. I. Le problème de la Quiétude | |
| I. Définitions négatives de la quiétude. - II. L'expérience fondamentale. - III. Le scandale ou la paradoxe de la quiétude. - IV. Activité de la quiétude. - V. Passiveté de la quiétude | |
| Ch. II. Dieu et l'homme dans la Quiétude | |
| I. Opération divine dans la quiétude. - II. De l'activité humaine dans la quiétude. - III. Des éclairs discursifs dans l'oraison de la quiétude | |
| Ch. III. Les noms de la Quiétude | |
| I. Les noms de la quiétude. - II. Quiétude et connaissance. - III. Quiétude et amour | |
| Ch. IV. La trace de Dieu dans la Quiétude | |
| I. La trace de Dieu dans la quiétude. - II. Quiétude et angoisse. - III. Éclairs de quiétude dans la prière commune | |
| Conclusion : Maine de Biran et la quiétude | |
| Excursus : Des quiétudes profanes |
| Tome 12. Index alphabétique et analytique. 256 p.. | |
| Index alphabétique et analytique. |