| Tome
1. 494 p. Page de Titre |
|
| Portrait d’A. Thiers |
|
| LIVRE
PREMIER. CONSTITUTION DE L'AN VIII. Novembre à Décembre 1799. |
|
| Entrée en fonctions des
Consuls provisoires. - Partage d'attributions entre M. Sieyès et
le général Bonaparte. - Le général s'empare
de l'administration des affaires, et laisse à M. Sieyès le
soin de rédiger la nouvelle Constitution. - État de la France
en brumaire au VIII. - Désordre de l'administration et des finances.
- Profonde misère des armées. - Troubles en Vendée.
- Agitation du parti révolutionnaire dans quelques villes du midi.
- Premiers efforts des Consuls provisoires pour remettre l'ordre dans les
diverses parties du gouvernement. - Nomination de MM. Cambacérès
au ministère de la justice, Laplace, au ministère de l'intérieur,
Fouché, au ministère de la police, de Talleyrand, au ministère
des affaires étrangères, Berthier, au ministère de
la guerre, Forfait, au ministère de la marine, Gaudin, au ministère
des finances. - Premières mesures financières. - Suppression
de l'emprunt forcé progressif. - Création de l'agence des
contributions directes, et confection immédiate des rôles
arriérés depuis plusieurs années. - Création
des obligations des receveurs généraux. - La confiance commence
à se rétablir, les banquiers de Paris prêtent au gouvernement
les premiers fonds dont il a besoin. - Envoi d'un secours aux armées.
- Actes politiques des Consuls provisoires. - Révocation de la loi
des otages, élargissement des prêtres détenus, et des
naufragés de Calais. - Pourparlers avec les chefs du parti royaliste.
- Suspension d'armes en Vendée, conclue avec MM. de Bourmont, d'Autichamp
et de Châtillon. - Commencement de relations avec les cabinets étrangers.
- État de l'Europe. - L'Angleterre et l'Autriche résolues
à continuer la guerre. - Paul Ier, irrité contre ses alliés,
est disposé à se retirer de la coalition, et à se
rattacher au système de neutralité, adopté par la
Prusse. - Importance de la Prusse en ce moment. - Le général
Bonaparte envoie à Berlin son aide-de-camp Duroc. - Bruits de paix.
- Sensible amélioration dans l'état matériel et moral
de la France, par suite des premiers actes des Consuls provisoires. - On
commence à s'occuper de la Constitution. - Projet de M. Sieyès
conçu et médité depuis longtemps. - Les listes de
notabilité, le Sénat conservateur, le Corps Législatif,
le Tribunat, le grand électeur. - Désaccord entre M. Sieyès
et le général Bonaparte, relativement à l'organisation
du pouvoir exécutif. - Danger d'une rupture entre ces deux personnages.
- Des intermédiaires les rapprochent. - Le grand électeur
est remplacé par trois consuls. - Adoption de la Constitution de
l'an VIII, et sa mise en vigueur fixée au 4 nivôse an VIII. |
|
| LIVRE
DEUXIÈME. ADMINISTRATION INTÉRIEURE. Déc. 1799 à
Mars 1800. |
|
| Constitution définitive
du gouvernement consulaire. - Composition du Sénat, du Corps Législatif,
du Tribunat et du Conseil d'État. - Déclaration du Premier
Consul aux puissances de l'Europe. - Offres publiques de paix à
l'Angleterre et à l'Autriche. - Proclamation adressée à
la Vendée. - Ouverture de la première session. - Opposition
naissante dans le Tribunat. - Discours des tribuns Duveyrier et Benjamin
Constant. - Une majorité considérable accueille les projets
des Consuls. - Nombreuses lois d'organisation. - Institution des préfectures
et des sous-préfectures. - Création des tribunaux de première
instance et d'appel. - Clôture de la liste des émigrés.
- Rétablissement du droit de tester. - Loi sur les recettes et les
dépenses. - Banque de France. - Suite des négociations avec
l'Europe. - Refus par l'Angleterre d'écouter les propositions de
paix. - Vive discussion à ce sujet dans le Parlement britannique.
- L'Autriche fait un refus plus doux, mais aussi positif que celui de l'Angleterre.
- Nécessité de recommencer les hostilités. - Ne pouvant
ramener les puissances belligérantes, le Premier Consul tâche
de s'attacher la Prusse, et s'explique franchement avec elle. - Il s'applique
à
terminer la guerre de la Vendée avant d'ouvrir la campagne de 1800.
- Situation des partis en Vendée. - Conduite de l'abbé Bernier.
- Paix de Montfaucon. - MM. d'Autichamp, de Châtillon, de Bourmont,
Georges Cadoudal se rendent à Paris et voient le Premier Consul.
- M. de Frotté est fusillé. - Soumission définitive
de la Vendée. - Les troupes sont acheminées vers la frontière.
- Fin paisible de la session de l'an VIII. - Règlement de police
relatif à la presse. - Cérémonie funèbre à
l'occasion de la mort de Washington. - Le Premier Consul va s'établir
au palais des Tuileries. |
|
| LIVRE
TROISIÈME. ULM ET GÈNES. Mars à Mai 1800. |
|
| Préparatifs de guerre.
- Forces de la coalition en 1800. - Armée du baron de Mélas
en Ligurie, du maréchal de Kray en Souabe. - Plan de campagne des
Autrichiens. - Importance de la Suisse dans cette guerre. - Plan du général
Bonaparte. - Il forme la résolution de se servir de la Suisse pour
déboucher dans le flanc de M. de Kray, et sur les derrières
de M. de Mélas. - Rôle qu'il destine à Moreau, et qu'il
se destine à lui-même. - Création de l'armée
de réserve. - Instructions à Masséna. - Commencement
des hostilités. - Le baron de Mélas attaque l'armée
de Ligurie sur l'Apennin, et la sépare en deux moitiés, dont
l'une est rejetée sur le Var, l'autre sur Gênes. - Masséna,
renfermé dans Gênes, s'y prépare à une résistance
opiniâtre. - Description de Gênes. - Combats héroïques
de Masséna. - Instances du Premier Consul auprès de Moreau,
pour l'engager à commencer les opérations en Allemagne, afin
de pouvoir secourir Masséna plus tôt. - Passage du Rhin sur
quatre points. - Moreau réussit à réunir trois corps
d'armée sur quatre, et tombe à Engen et Stokach sur les Autrichiens.
- Batailles d'Engen et de Moesskirch. - Retraite des Autrichiens sur le
Danube. - Affaire de Saint-Cyr à Biberach. - M. de Kray s'établit
dans le camp retranché d'Ulm. - Moreau manoeuvre pour l'en déloger.
- Plusieurs faux mouvements de Moreau, qui ne sont heureusement suivis
d'aucun résultat fâcheux. - Moreau enferme définitivement
M. de Kray dans Ulm, et prend une forte position en avant d'Augsbourg,
afin d'attendre le résultat des événements d'Italie.
- Résumé des opérations de Moreau. - Caractère
de ce général. |
|
| LIVRE
QUATRIÈME. MARENGO. Mai à Juillet 1800. |
|
| Le Premier Consul attend avec
impatience les nouvelles d'Allemagne. - Ces nouvelles arrivées et
annonçant des succès, il se décide à partir
pour l'Italie. - Détresse de la garnison de Gênes portée
au comble. - Constance de Masséna. - Le Premier Consul se hâte
de venir à son secours, en exécutant le projet de passer
les grandes Alpes. - Départ du Premier Consul, sa feinte apparition
à Dijon, son arrivée à Martigny, dans le Valais. -
Choix du Saint-Bernard pour franchir la grande chaîne. - Moyens imaginés
pour transporter l'artillerie, les munitions, les vivres et tout le matériel.
- Commencement du passage. - Difficultés inouïes surmontées
par le dévouement des troupes. - Obstacle imprévu du fort
de Bard. - Surprise et douleur de l'armée à la vue de ce
fort, jugé d'abord imprenable. - L'infanterie et la cavalerie font
un détour, et évitent l'obstacle. - L'artillerie, traînée
à bras, passe sous le feu du fort. - Prise d'Ivrée, et déploiement
de l'armée dans les plaines du Piémont avant que les Autrichiens
se soient doutés de son existence et de sa marche. - Passage simultané
du Saint-Gothard par le détachement formé des troupes d'Allemagne.
- Plan du général Bonaparte une fois descendu en Lombardie.
- Il se décide à se rendre à Milan pour rallier les
troupes venues d'Allemagne, et envelopper ensuite M. de Mélas. -
Longues illusions de M. de Mélas détruites tout à
coup. - Douleur de ce vieux général. - Ses ordres incertains
d'abord, puis positifs, d'évacuer les bords du Var et les environs
de Gênes. - Dernières extrémités de Masséna.
- L'impuissance absolue de nourrir les soldats et le peuple de Gênes
l'ont réduit à se rendre. - Belle capitulation. - Gênes
prise, les Autrichiens se concentrent en Piémont. - Importance de
la route d'Alexandre à Plaisance. - Empressement des deux armées
à occuper Plaisance. - Les Français y arrivent les premiers.
- Position de la Stradella, choisie par le Premier Consul pour envelopper
M. de Mélas. - Attente de quelques jours dans cette position. -
Croyant que les Autrichiens lui ont échappé, le Premier Consul
va les chercher, et les rencontre à l'improviste dans la plaine
de Marengo. - Bataille de Marengo, perdue et regagnée. - Heureuse
inspiration de Desaix et sa mort. - Regrets du Premier Consul. - Désespoir
des Autrichiens, et convention d'Alexandrie, par laquelle ils livrent l'Italie
et toutes ses places à l'armée française. - Quelques
jours employés à Milan, par le Premier Consul, à régler
les affaires d'Italie. - Conclave à Venise, et promotion de Pie
VII à la papauté. - Retour du Premier Consul à Paris.
- Enthousiasme excité par sa présence. - Suite des opérations
sur le Danube. - Passage de ce fleuve au-dessous d'Ulm. - Victoire d'Hochstëtt.
- Moreau conquiert toute la Bavière jusqu'à l'Inn. - Armistice
en Allemagne comme en Italie. - Commencement des négociations de
paix. - Arrivée à Paris de M. de Saint-Julien, envoyé
par l'empereur d'Allemagne. - Fête du 14 juillet aux Invalides. |
|
| |
|
| Tome
2. 458 p. Page de Titre |
|
| LIVRE
CINQUIÈME. HÉLIOPOLIS. Août 1799 à Juin 1800. |
|
| État de l'Égypte
après le départ du général Bonaparte. - Profond
chagrin de l'armée; son désir de retourner en France. - Kléber
excite ce sentiment au lieu de le contenir. - Rapport qu'il fait sur l'état
de la colonie. - Ce rapport, destiné au Directoire, parvient au
Premier Consul. - Faussetés dont il est plein. - Grandes ressources
de la colonie, et facilité de la conserver à la France. -
Kléber, entraîné lui-même par le sentiment qu'il
avait encouragé, est amené à traiter avec les Turcs
et les Anglais. - Coupable convention d'El-Arisch, stipulant l'évacuation
de l'Égypte. - Refus des Anglais d'exécuter la convention,
et leur prétention d'obliger l'armée française à
déposer les armes. - Noble indignation de Kléber. - Rupture
de l'armistice et bataille d'Héliopolis. - Dispersion des Turcs.
- Kléber les poursuit jusqu'à la frontière de Syrie.
- Prise du camp du visir. - Répartition de l'armée dans la
Basse-Égypte. - Retour de Kléber au Kaire, afin de réduire
cette ville qui s'était insurgée sur ses derrières.
- Temporisation habile de Kléber. - Après avoir réuni
ses moyens, il attaque et reprend le Kaire. - Soumission générale.
- Alliance avec Murad-Bey. - Kléber, qui croyait ne pouvoir garder
l'Égypte soumise, l'a reconquise en trente-cinq jours contre les
forces des Turcs et contre les Égyptiens révoltés.
- Ses fautes glorieusement effacées. - Émotion des peuples
musulmans en apprenant que l'Égypte est aux mains des infidèles.
- Un fanatique, parti de la Palestine, se rend au Kaire pour assassiner
Kléber. - Mort funeste de ce dernier, et conséquence de cette
mort pour la colonie. - Tranquillité présente. - Kléber
et Desaix avaient succombé le même jour. - Caractère
et vie de ces deux hommes de guerre. |
|
| LIVRE
SIXIÈME. ARMISTICE. Juillet à Octobre 1800. |
|
| Vastes préparatifs pour
secourir l'armée d'Égypte. - Arrivée de M. de Saint-Julien
à Paris. - Impatience du cabinet français de traiter avec
lui. - Malgré l'insuffisance des pouvoirs de M. de Saint-Julien,
M. de Talleyrand l'entraîne à signer des articles préliminaires
de paix. - M. de Saint-Julien signe, et part avec Duroc pour Vienne. -
État de la Prusse et de la Russie. - Démarche adroite du
Premier Consul à l'égard de l'empereur Paul. - Il lui renvoie
six mille prisonniers russes sans rançon, et lui offre l'île
de Malte. - Enthousiasme de Paul Ier pour le général Bonaparte,
et mission donnée à M. de Sprengporten pour Paris. - Nouvelle
ligue des neutres. - Les quatre grandes questions du droit maritime. -
Rapprochement avec le Saint-Siège. - La cour d'Espagne, et son intimité
avec le Premier Consul. - État intérieur de cette cour. -
Envoi du général Berthier à Madrid. - Ce représentant
du Premier Consul négocie un traité avec Charles IV, tendant
à donner la Toscane à la maison de Parme, et la Louisiane
à la France. - Érection du royaume d'Étrurie. - La
France reprend faveur auprès des puissances de l'Europe. - Arrivée
de M. de Saint-Julien à Vienne. - Étonnement de sa cour à
la nouvelle des articles préliminaires signés sans pouvoirs.
- Embarras du cabinet de Vienne, qui s'était engagé à
ne pas traiter sans l'Angleterre. - Désaveu de M. de Saint-Julien.
- Essai d'une négociation commune, comprenant l'Angleterre et l'Autriche.
- Le Premier Consul, pour admettre l'Angleterre dans la négociation,
exige un armistice naval, qui lui permette de secourir l'Égypte.
- L'Angleterre refuse, non pas de traiter, mais d'accorder l'armistice
proposé. - Le Premier Consul veut alors une négociation directe
et immédiate avec l'Autriche, ou la reprise des hostilités.
- Manière dont il a profité de la suspension d'armes pour
mettre les armées françaises sur un pied formidable. - Effroi
de l'Autriche, et remise des places de Philipsbourg, Ulm et Ingolstadt,
pour obtenir une prolongation d'armistice continental. - Convention de
Hohenlinden, accordant une nouvelle suspension d'armes de quarante-cinq
jours. - Désignation de M. de Cobentzel pour se rendre au congrès
de Lunéville. - Fête du 1er vendémiaire. - Translation
du corps de Turenne aux Invalides. - Le Premier Consul profite du temps
que lui laisse l'interruption des hostilités, pour s'occuper de
l'administration intérieure. - Succès de ses mesures financières.
- Prospérité de la Banque de France. - Payement des rentiers
en argent. - Réparation des routes. - Rentrée des prêtres.
- Difficultés pour la célébration du dimanche et du
décadi. - Nouvelle mesure à l'égard des émigrés.
- État des partis. - Leurs dispositions envers le Premier Consul.
- Les révolutionnaires et les royalistes. - Conduite du gouvernement
à leur égard. - Influences en sens contraires auprès
du Premier Consul. - Rôle que jouent auprès de lui MM. Fouché,
de Talleyrand et Cambacérès. - Famille Bonaparte. - Lettres
de Louis XVIII au Premier Consul, et réponse faite à ce prince.
- Complot de Ceracchi et Aréna. - Agitation des esprits en apprenant
ce complot. - Les amis imprudents du Premier Consul veulent en profiter
pour l'élever trop tôt au pouvoir suprême. - Pamphlet
écrit dans ce sens par M. de Fontanes. - Obligation où l'on
est de désavouer ce pamphlet. - Lucien Bonaparte, privé du
ministère de l'intérieur, est envoyé en Espagne. |
|
| LIVRE
SEPTIÈME. HOHENLINDEN. Octobre 1800 à Février 1801. |
|
| Paix avec les États-Unis
et les Régences Barbaresques. - Réunion du Congrès
de Lunéville. - M. de Cobentzel se refuse à une négociation
séparée, et veut au moins la présence d'un plénipotentiaire
anglais, pour couvrir la négociation réelle entre l'Autriche
et la France. - Le Premier Consul, afin de hâter la conclusion, ordonne
la reprise des hostilités. - Plan de la campagne d'hiver. - Moreau
est chargé de franchir l'Inn, et de marcher sur Vienne. - Macdonald
avec une seconde armée de réserve a ordre de passer des Grisons
dans le Tyrol. - Brune avec 80 mille hommes est destiné à
forcer l'Adige et le Mincio. - Plan du jeune archiduc Jean, devenu généralissime
des armées autrichiennes. - Son projet de tourner Moreau, manqué
par des fautes d'exécution. - Il s'arrête en route, et veut
assaillir Moreau dans la forêt de Hohenlinden. - Belle manoeuvre
de Moreau, supérieurement exécutée par Richepanse.
- Mémorable bataille de Hohenlinden. - Grands résultats de
cette bataille. - Passage de l'Inn, de la Salza, de la Traun, de l'Ens.
- Armistice de Steyer. - L'Autriche promet de signer la paix immédiatement.
- Opérations dans les Alpes et en Italie. - Passage du Splugen par
Macdonald, au milieu des horreurs de l'hiver. - Arrivée de Macdonald
dans le Tyrol italien. - Dispositions de Brune pour passer le Mincio sur
deux points. - Vice de ces dispositions. - Le général Dupont
essaie un premier passage à Pozzolo, et attire sur lui seul le gros
de l'armée autrichienne. - Le Mincio est forcé, après
une effusion de sang inutile. - Passage du Mincio et de l'Adige. - Heureuse
fuite du général Laudon au moyen d'un mensonge. - Les Autrichiens
battus demandent un armistice en Italie. - Signature de cet armistice à
Trévise. - Reprise des négociations à Lunéville.
- Le principe d'une paix séparée admis par M. de Cobentzel.
- Le Premier Consul veut faire payer à l'Autriche les frais de cette
seconde campagne, et lui impose des conditions plus dures que dans les
préliminaires de M. de Saint-Julien. - Il pose pour ultimatum
la limite du Rhin en Allemagne, la limite de l'Adige en Italie. - Courageuse
résistance de M. de Cobentzel. - Cette résistance, quoique
honorable, fait perdre à l'Autriche un temps précieux. -
Pendant qu'on négocie à Lunéville, l'empereur Paul,
à qui le Premier Consul avait cédé l'île de
Malte, la réclame des Anglais, qui la refusent. - Colère
de Paul Ier. - Il appelle à Pétersbourg le roi de Suède,
et renouvelle la ligue de 1780. - Déclaration des neutres. - Rupture
de toutes les cours du Nord avec la Grande-Bretagne. - Le Premier Consul
en profite pour être plus exigeant envers l'Autriche. - Il veut,
outre la limite de l'Adige, l'expulsion de l'Italie de tous les princes
de la maison d'Autriche. - Le grand-duc de Toscane doit avec le duc de
Modène être transporté en Allemagne. - M. de Cobentzel
finit par céder, et signe avec Joseph Bonaparte, le 9 février
1801, le célèbre traité de Lunéville. - La
France obtient pour la seconde fois la ligne du Rhin dans toute son étendue,
et reste à peu près maîtresse de l'Italie. - L'Autriche
est rejetée au delà de l'Adige. - La République Cisalpine
doit comprendre le Milanais, le Mantouan, le duché de Modène
et les Légations. - La Toscane destinée à la maison
de Parme, sous le titre de royaume d'Étrurie. - Le principe des
sécularisations posé pour l'Allemagne. - Grands résultats
obtenus par le Premier Consul dans l'espace de quinze mois. |
|
| LIVRE
HUITIÈME. MACHINE INFERNALE. Décembre 1800-Mars 1801. |
|
| Complots dirigés contre
la vie du Premier Consul. - Trois agents de Georges, les nommés
Carbon, Saint-Réjant, Limoëlan, forment le projet de faire
périr le Premier Consul par l'explosion d'un baril de poudre. -
Choix de la rue Saint-Nicaise et du 3 nivôse, pour l'exécution
de ce crime. - Le Premier Consul sauvé par la dextérité
de son cocher. - Émotion générale. - Le crime attribué
aux révolutionnaires, et aux faiblesses du ministre Fouché
pour eux. - Déchaînement des nouveaux courtisans contre ce
ministre. - Son silence et son sang-froid. - Il découvre en partie
la vérité, et la fait connaître; mais on n'en persiste
pas moins à poursuivre les révolutionnaires. - Irritation
du Premier Consul. - Projet d'une mesure arbitraire. - Délibération
à ce sujet dans le sein du Conseil d'État. - On se fixe après
de longues discussions, et on aboutit à la résolution de
déporter un certain nombre de révolutionnaires sans jugement.
- Quelques résistances, mais bien faibles, opposées à
cet acte arbitraire. - On examine s'il aura lieu par une loi, ou par une
mesure spontanée du gouvernement, déférée seulement
au Sénat, sous le rapport de la constitutionnalité. - Ce
dernier projet l'emporte. - La déportation prononcée contre
cent trente individus qualifiés de terroristes. - Fouché,
qui les savait étrangers à l'attentat du 3 nivôse,
consent néanmoins à la mesure qui les proscrit. - Découverte
des vrais auteurs de la machine infernale. - Supplice de Carbon et de Saint-Réjant.
- Injuste condamnation de Topino-Lebrun, Aréna, etc. - Session de
l'an IX. - Nouvelles manifestations de l'opposition dans le Tribunat. -
Loi des tribunaux spéciaux pour la répression du brigandage
sur les grandes routes. - Plan de finances pour la liquidation des années
V, VI, VII et VIII. - Budget de l'an IX. - Règlement définitif
de la dette publique. - Rejet par le Tribunat, et adoption par le Corps
Législatif, de ce plan de finances. - Sentiments qu'éprouve
le Premier Consul. - Continuation de ses travaux administratifs. - Routes.
- Canal de Saint-Quentin. - Ponts sur la Seine. - Travaux du Simplon. -
Religieux du grand Saint-Bernard établis au Simplon et au Mont-Cenis. |
|
| LIVRE
NEUVIÈME. LES NEUTRES. Mars à Avril 1801. |
|
| Suite des négociations
avec les diverses cours de l'Europe. - Traité avec la cour de Naples.
- Exclusion des Anglais des ports des Deux-Siciles, et obligation contractée
par le gouvernement napolitain, de recevoir à Otrante une division
française. - L'Espagne promet d'exiger par la force l'interdiction
aux Anglais des côtes du Portugal. - Vastes projets maritimes du
Premier Consul, tendant à faire agir de concert les forces navales
de l'Espagne, de la Hollande et de la France. - Moyens imaginés
pour secourir l'Égypte. - L'amiral Ganteaume, à la tête
d'une division, sort de Brest par une tempête, et se dirige vers
le détroit de Gibraltar, pour se rendre aux bouches du Nil. - Coalition
générale de toutes les nations maritimes contre l'Angleterre.
- Préparatifs des neutres dans la Baltique. - Ardeur belliqueuse
de Paul Ier. - Détresse de l'Angleterre. - Une affreuse disette
la tourmente. - Son état financier et commercial avant la guerre,
et depuis. - Ses charges et ses ressources également doublées.
- Déchaînement contre M. Pitt. - Son dissentiment avec Georges
III, et sa retraite. - Ministère Addington. - L'Angleterre, malgré
ses embarras, fait tête à l'orage, et envoie dans la Baltique
les amiraux Nelson et Parker, pour rompre la coalition des neutres. - Plan
de Nelson et de Parker. - Ils se décident à forcer le passage
du Sund. - La côte suédoise étant mal défendue,
la flotte anglaise passe le Sund, presque sans difficulté. - Elle
se porte devant Copenhague. - L'avis de Nelson, avant de s'engager dans
la Baltique, est de livrer bataille aux Danois. - Description de la position
de Copenhague, et des moyens adoptés pour défendre cette
importante place maritime. - Nelson fait une manoeuvre hardie, et vient
s'embosser dans la Passe royale , en face des bâtiments danois.
- Bataille meurtrière. - Vaillance des Danois, et danger de Nelson.
- Il envoie un parlementaire au prince régent de Danemark, et obtient
par ce moyen les avantages d'une victoire. - Suspension d'armes de quatorze
semaines. - Dans l'intervalle, on apprend la mort de Paul Ier. - Événements
qui se sont passés en Russie. - Exaspération de la noblesse
russe contre l'empereur Paul, et disposition à se débarrasser
de ce prince par tous les moyens, même par un crime. - Le comte Pahlen.
- Son caractère et ses projets. - Sa conduite avec le grand-duc
Alexandre. - Projet d'assassinat caché sous un projet d'abdication
forcée. - Scène affreuse au palais Michel, dans la nuit du
23 mars. - Mort tragique de Paul Ier. - Avènement d'Alexandre. -
La coalition des neutres dissoute par la mort de l'empereur Paul. - Armistice
de fait dans la Baltique. - Le Premier Consul essaie, en offrant le Hanovre
à la Prusse, de la retenir dans la ligue des neutres. - L'Angleterre,
satisfaite d'avoir dissous cette ligue par la bataille de Copenhague, et
d'être délivrée de Paul Ier, songe à profiter
de l'occasion, pour traiter avec la France, et pour réparer les
fautes de M. Pitt. - Le ministère Addington fait offrir la paix
au Premier Consul, par l'intermédiaire de M. Otto. - Acceptation
de cette proposition, et ouverture à Londres d'une négociation
entre la France et l'Angleterre. - La paix va devenir générale
sur terre et sur mer. - Progrès de la France depuis le 18 brumaire. |
|
| |
|
| TOME
3. 570 p. Page de Titre |
|
| LIVRE
DIXIÈME. ÉVACUATION DE L'ÉGYPTE. Avril à Août
1801 |
|
| Tous les yeux fixés sur
la négociation engagée à Londres. - On se demande
quelle influence exercera la mort de Paul Ier sur cette négociation.
- État de la cour de Russie. - Caractère d'Alexandre. - Ses
jeunes amis forment avec lui un gouvernement secret, qui dirige toutes
les affaires de l'empire. - Alexandre consent à réduire beaucoup
les prétentions apportées à Paris par M. de Kalitcheff,
au nom de Paul Ier. - Il accueille Duroc avec bienveillance. - Ses protestations
réitérées du désir de bien vivre avec la France.
- Commencements de la négociation entamée à Londres.
- Conditions mises en avant, de part et d'autre. - Conquêtes des
deux pays sur terre et sur mer. - L'Angleterre consent à restituer
une partie de ses conquêtes maritimes, mais subordonne toute la négociation
à la question de savoir si la France gardera l'Égypte. -
Les deux gouvernements sont tacitement d'accord pour temporiser, afin d'attendre
l'issue des événements militaires. - Le Premier Consul, averti
que la négociation dépend de ces événements,
pousse l'Espagne à marcher vivement contre le Portugal, et fait
de nouveaux efforts pour secourir l'Égypte. - Emploi des forces
navales. - Diverses expéditions projetées. - Navigation de
Ganteaume au sortir de Brest. - Cet amiral passe heureusement le détroit.
- Prêt à se diriger sur Alexandrie, il s'effraye de dangers
imaginaires, et rentre dans Toulon. - État de l'Égypte depuis
la mort de Kléber. - Soumission du pays, et situation prospère
de la colonie sous le rapport matériel. - Incapacité, anarchie
dans le commandement. - Déplorables divisions des généraux.
- Mesures mal conçues de Menou, qui veut toucher à tous les
objets à la fois. - Malgré l'avis réitéré
d'une expédition anglaise, il ne prend aucune précaution.
- Débarquement des Anglais dans la rade d'Aboukir, le 8 mars. -
Le général Friant, réduit à quinze cents hommes,
fait d'inutiles efforts pour les repousser. - Deux bataillons ajoutés
à la division d'Alexandrie auraient sauvé l'Égypte.
- Tardive concentration de forces ordonnée par Menou. - Arrivée
de la division Lanusse, et second combat livré avec des forces insuffisantes,
dans la journée du 13 mars. - Menou arrive enfin avec le gros de
l'armée. - Tristes conséquences de la division des généraux.
- Plan d'une bataille décisive. - Bataille de Canope, livrée
le 21 mars, et restée indécise. - Les Anglais demeurent maîtres
de la plage d'Alexandrie. - Longue temporisation, pendant laquelle Menou
aurait encore pu relever les affaires des Français, en manoeuvrant
contre les corps détachés de l'ennemi. - Il n'en fait rien.
- Les Anglais tentent une opération sur Rosette, et réussissent
à s'emparer d'une bouche du Nil. - Ils pénètrent dans
l'intérieur. - Dernière occasion de sauver l'Égypte,
à Ramanieh, perdue par l'incapacité du général
Menou. - Les Anglais s'emparent de Ramanieh, et séparent la division
du Kaire de celle d'Alexandrie. - L'armée française, coupée
en deux, n'a plus d'autre ressource que celle de capituler. - Reddition
du Kaire par le général Belliard. - Menou, enfermé
dans Alexandrie, rêve la gloire d'une défense semblable à
celle de Gênes. - L'Égypte définitivement perdue pour
les Français. |
|
| LIVRE
ONZIÈME. PAIX GÉNÉRALE. Mai à Novembre 1801. |
|
| Dernière et infructueuse
sortie de Ganteaume. - Il touche à Derne, n'ose débarquer
deux mille hommes qu'il avait à son bord, et rebrousse chemin vers
Toulon. - Prise en route du vaisseau le Swiflsure. - L'amiral Linois,
envoyé de Toulon à Cadix, est obligé de jeter l'ancre
dans la baie d'Algésiras. - Beau combat d'Algésiras. - Une
escadre composée de Français et d'Espagnols sort de Cadix,
pour venir au secours de la division Linois. - Rentrée des flottes
combinées dans Cadix. - Combat d'arrière-garde avec l'amiral
anglais Saumarez. - Affreuse méprise de deux vaisseaux espagnols,
qui, trompés par la nuit, se prennent pour ennemis, se combattent
à outrance, et sautent en l'air tous les deux. - Beau fait d'armes
du capitaine Troude. - Courte campagne du prince de la Paix contre le Portugal.
- La cour de Lisbonne se hâte d'envoyer un négociateur à
Badajos, pour se soumettre aux volontés de la France et de l'Espagne
réunies. - Marche des affaires européennes depuis le traité
de Lunéville. - Influence croissante de la France. - Séjour
à Paris des infants d'Espagne, destinés à régner
en Étrurie. - Reprise de la négociation de Londres, entre
M. Otto et lord Hawkesbury. - Nouvelle manière de poser la question
du côté des Anglais. - Ils demandent Ceylan dans les Indes,
la Martinique ou la Trinité dans les Antilles, Malte dans la Méditerranée.
- Le Premier Consul répond à ces prétentions, en menaçant
de conquérir le Portugal, et au besoin d'exécuter une descente
en Angleterre. - Vive polémique entre le Moniteur et les
journaux anglais. - Le cabinet britannique renonce à Malte, et résume
toutes ses prétentions en demandant l'île espagnole de la
Trinité. - Le Premier Consul, pour sauver les possessions d'une
cour alliée, offre l'île française de Tabago. - Le
cabinet britannique refuse. - Folle conduite du prince de la Paix, qui
fournit une solution inattendue. - Ce prince traite avec la cour de Lisbonne,
sans se concerter avec la France, et prive ainsi la légation française
de l'argument qu'on tirait des dangers du Portugal. - Irritation du Premier
Consul, et menaces de guerre à la cour de Madrid. - M. de Talleyrand
propose au Premier Consul de terminer la négociation aux dépens
des Espagnols, en livrant aux Anglais l'île de la Trinité.
- M. Otto reçoit l'autorisation de faire cette concession, mais
seulement à la dernière extrémité. - Pendant
qu'on négocie, Nelson tente les plus grands efforts pour détruire
la flottille de Boulogne. - Beaux combats devant Boulogne, soutenus par
l'amiral Latouche-Tréville contre Nelson. - Défaite des Anglais.
- Joie en France, inquiétudes en Angleterre, à la suite de
ces deux combats. - Dispositions réciproques à un rapprochement.
- On passe par-dessus les dernières difficultés, et la paix
se conclut, sous forme de préliminaires, par le sacrifice de l'île
de la Trinité. - Joie inouïe en Angleterre et en France. -
Le colonel Lauriston, chargé de porter à Londres la ratification
du Premier Consul, est conduit en triomphe pendant plusieurs heures. -
Réunion d'un congrès dans la ville d'Amiens pour conclure
la paix définitive. - Suite de traités signés coup
sur coup. - Paix avec le Portugal, la Porte-Ottomane, la Bavière,
la Russie, etc. - Fête à la paix, fixée au 18 brumaire.
- Lord Cornwallis, plénipotentiaire au congrès d'Amiens,
assiste à cette fête. - Accueil qu'il reçoit du peuple
de Paris. - Banquet de la Cité à Londres. - Témoignages
extraordinaires de sympathie que se donnent en ce moment les deux nations. |
|
| LIVRE
DOUZIÈME. CONCORDAT. |
|
| L'Église catholique pendant
la Révolution française. - Constitution civile du clergé
décrétée par l'Assemblée Constituante. - Cette
constitution avait voulu assimiler l'administration des cultes à
celle du royaume, établir un diocèse par département,
faire élire les évêques par les fidèles, et
les dispenser de l'institution canonique. - Serment à cette constitution
exigé de la part du clergé. - Refus de serment, et schisme.
- Diverses catégories de prêtres, leur rôle et leur
influence. - Inconvénients de cet état de choses. - Moyens
qu'il fournit aux ennemis de la Révolution, pour troubler l'État
et les familles. - Divers systèmes proposés pour porter remède
au mal. - Le système de l'inaction. - Le système d'une Église
française, dont le Premier Consul serait le chef. - Le système
d'un fort encouragement au protestantisme. - Opinions du Premier Consul
sur les divers systèmes proposés. - Il forme le projet de
rétablir la religion catholique, en appropriant sa discipline aux
nouvelles institutions de la France. - Il veut la déposition des
évêques anciens titulaires, une circonscription comprenant
60 siéges au lieu de 158, la création d'un nouveau clergé
composé de prêtres respectables de toutes les sectes, l'attribution
à l'État de la police des cultes, un salaire aux prêtres
au lieu d'une dotation territoriale, enfin la consécration par l'Église
de la vente des biens nationaux. - Relations amicales du pape Pie VII avec
le Premier Consul. - Monsignor Spina, chargé de négocier
à Paris, retarde la négociation dans un intérêt
temporel du Saint-Siège. - Désir secret de recouvrer les
Légations. - Monsignor Spina sent enfin le besoin de se hâter.
- Il s'abouche avec l'abbé Bernier, chargé de traiter pour
la France. - Difficultés du plan proposé à la cour
romaine. - Le Premier Consul envoie son projet à Rome, et demande
au Pape de s'expliquer. - Trois cardinaux consultés. - Le Pape,
après cette consultation, veut que la religion catholique soit déclarée
religion de l'État, qu'on le dispense de déposer les anciens
titulaires, et de consacrer autrement que par son silence la vente des
biens d'Église, etc. - Débats avec M. de Cacault, ministre
de France à Rome. - Le Premier Consul, fatigué de ces lenteurs,
ordonne à M. de Cacault de quitter Rome sous cinq jours, si le Concordat
n'est pas adopté dans ce délai. - Terreurs du Pape et du
cardinal Consalvi. - M. de Cacault suggère au cabinet pontifical
l'idée d'envoyer à Paris le cardinal Consalvi. - Départ
de celui-ci pour la France, et ses frayeurs. - Son arrivée à
Paris. - Accueil bienveillant du Premier Consul. - Conférences avec
l'abbé Bernier. - On s'entend sur le principe d'une religion d'État.
- On déclare la religion catholique, religion de la majorité
des Français. - Toutes les autres conditions du Premier Consul,
relativement à la déposition des anciens titulaires, à
la nouvelle circonscription, à la vente des biens d'Église,
sont acceptées, sauf quelques changements de rédaction. -
Accord définitif sur tous les points. - Efforts tentés au
dernier moment par les adversaires du rétablissement des cultes,
afin d'empêcher le Premier Consul de signer le Concordat. - Il persiste.
- Signature donnée le 15 juillet 1801. - Retour du cardinal Consalvi
à Rome. - Satisfaction du Pape. - Solennité des ratifications.
- Choix du cardinal Caprara, comme légat a latere. - Le Premier
Consul aurait voulu célébrer le 18 brumaire la paix de l'Église,
en même temps que la paix avec toutes les puissances de l'Europe.
- La nécessité de s'adresser aux anciens titulaires, pour
avoir leur démission, entraîne des retards. - Demande de leur
démission adressée par le Pape à tous les anciens
évêques, constitutionnels ou non constitutionnels. - Sage
soumission des constitutionnels. - Noble résignation des membres
de l'ancien clergé. - Admirables réponses. - Il n'y a de
résistance que de la part des évêques retirés
à Londres. - Tout est prêt pour le rétablissement du
culte en France, mais une vive opposition dans le sein du Tribunal fait
naître de nouveaux délais. - Nécessité de vaincre
cette opposition avant de passer outre. |
|
| LIVRE
TREIZIÈME. LE TRIBUNAT. Novembre 1801 à Janvier 1802. |
|
| Administration intérieure.
- Les grandes routes purgées du brigandage, et réparées.
- Renaissance du commerce. - Exportations et importations de l'année
1801. - Résultats matériels de la Révolution française,
relativement à l'agriculture, à l'industrie, à la
population. - Influence des préfets et sous-préfets sur l'administration.
- Ordre et célérité dans l'expédition des affaires.
- Conseillers d'État en tournée. - Discussion du Code civil
au Conseil d'État. - Brillant hiver de 1801 à 1802. - Affluence
extraordinaire des étrangers à Paris. - Cour du Premier Consul.
- Organisation de sa maison militaire et civile. - La garde consulaire.
- Préfets du palais et dames d'honneur. - Soeurs du Premier Consul.
- Hortense de Beauharnais épouse Louis Bonaparte. - MM. Fox et de
Calonne à Paris. - Bien-être et luxe de toutes les classes.
- Approches de la session de l'an X. - Une vive opposition s'élève
contre les plus belles oeuvres du Premier Consul. - Causes de cette opposition,
répandue non-seulement parmi les membres des assemblées délibérantes,
mais parmi quelques chefs de l'armée. - Conduite des généraux
Lannes, Augereau et Moreau. - Ouverture de la session. - Dupuis, l'auteur
de l'ouvrage sur l'origine de tous les cultes, est nommé président
du Corps Législatif. - Scrutins pour les places vacantes au Sénat.
- Nomination de l'abbé Grégoire, contrairement aux propositions
du Premier Consul. - Explosion violente au Tribunat, pour le mot sujets
, inséré dans le traité avec la Russie. - Opposition
au Code civil. - Irritation du Premier Consul. - Discussion au Conseil
d'État sur la conduite à tenir dans ces circonstances. -
On prend le parti d'attendre la discussion des premiers titres du Code
civil. - Le Tribunal rejette ces premiers titres. - Suite des scrutins
pour les places vacantes au Sénat. - Le Premier Consul a proposé
d'anciens généraux, qui ne sont pas pris parmi ses créatures.
- Le Tribunat et le Corps Législatif les repoussent, et se mettent
d'accord pour proposer M. Daunou, connu par son opposition au gouvernement.
- Vive allocution du Premier Consul à une réunion de sénateurs.
- Menaces d'un coup d'État. - Les opposants intimidés se
soumettent, et imaginent un subterfuge pour annuler l'effet de leurs premiers
scrutins. - Le consul Cambacérès dissuade le Premier Consul
de toute mesure illégale, et lui persuade de se débarrasser
des opposants, au moyen de l'article 38 de la Constitution, qui fixe en
l'an X la sortie du premier cinquième du Corps Législatif
et du Tribunat. - Le Premier Consul adopte cette idée. - Suspension
de tous les travaux législatifs. - On en profite pour réunir
à Lyon, sous le titre de Consulte, une diète italienne. -
Avant de quitter Paris le Premier Consul expédie une flotte chargée
de troupes à Saint-Domingue. - Projet de reconquérir cette
colonie. - Négociations d'Amiens. - Objet de la Consulte convoquée
à Lyon. - Diverses manières de constituer l'Italie. - Projets
du Premier Consul à ce sujet. - Création de la République
Italienne. - Le général Bonaparte proclamé Président
de cette république. - Enthousiasme des Italiens et des Français
réunis à Lyon. - Grande revue de l'armée d'Égypte.
- Retour du Premier Consul à Paris. |
|
| LIVRE
QUATORZIÈME. CONSULAT A VIE. Janvier à Août 1802. |
|
| Arrivée du Premier Consul
à Paris. - Scrutin du Sénat qui exclut soixante membres du
Corps Législatif et vingt membres du Tribunat. - Les membres exclus
remplacés par des hommes dévoués au gouvernement.
- Fin du congrès d'Amiens. - Quelques difficultés surgissent
au dernier moment de la négociation, par suite d'ombrages excités
en Angleterre. - Le Premier Consul surmonte ces difficultés par
sa modération et sa fermeté. - La paix définitive
signée le 25 mars 1802. - Quoique le premier enthousiasme de la
paix soit amorti en France et en Angleterre, on accueille avec une nouvelle
joie l'espérance d'une réconciliation sincère et durable.
- Session extraordinaire de l'an X, destinée à convertir
en loi le Concordat, le traité d'Amiens, et différents projets
d'une haute importance. - Loi réglementaire des cultes ajoutée
au Concordat, sous le titre d'Articles organiques. - Présentation
de cette loi et du Concordat au Corps Législatif et au Tribunat
renouvelés. - Froideur avec laquelle ces deux projets sont accueillis,
même après l'exclusion des opposants. - Ils sont adoptés.
- Le Premier Consul fixe au jour de Pâques la publication du Concordat,
et la première cérémonie du culte rétabli.
- Organisation du nouveau clergé. - Part faite aux constitutionnels
dans la nomination des évêques. - Le cardinal Caprara refuse,
au nom du Saint-Siège, d'instituer les constitutionnels. - Fermeté
du Premier Consul, et soumission du cardinal Caprara. - Réception
officielle du cardinal comme légat a latere. - Sacre des
quatre principaux évêques à Notre-Dame, le dimanche
des Rameaux. - Curiosité et émotion du public. - La veille
même du jour de Pâques et du Te Deum solennel qui doit
être chanté à Notre-Dame, le cardinal Caprara veut
imposer aux constitutionnels une rétractation humiliante de leur
conduite passée. - Nouvelle résistance de la part du Premier
Consul. - Le cardinal Caprara ne cède que dans la nuit qui précède
le jour de Pâques. - Répugnance des généraux
à se rendre à Notre-Dame. - Le Premier Consul les y oblige.
- Te Deum solennel et restauration officielle du culte. - Adhésion
du public, et joie du Premier Consul en voyant le succès de ses
efforts. - Publication du Génie du Christianisme. - Projet
d'une amnistie générale à l'égard des émigrés.
- Cette mesure, débattue au Conseil d'État, devient l'objet
d'un sénatus-consulte. - Vues du Premier Consul sur l'organisation
de la société en France. - Ses opinions sur les distinctions
sociales, et sur l'éducation de la jeunesse. - Deux projets de loi
d'une haute importance, sur l'institution de la Légion-d'Honneur,
et sur l'instruction publique. - Discussion de ces deux projets dans le
sein du Conseil d'État. - Caractère des discussions de ce
grand corps. - Paroles du Premier Consul. - Présentation des deux
projets au Corps Législatif et au Tribunat. - Adoption à
une grande majorité du projet de loi relatif à l'instruction
publique. - Une forte minorité se prononce contre le projet relatif
à la Légion-d'Honneur. - Le traité d'Amiens présenté
le dernier, comme couronnement des oeuvres du Premier Consul. - Accueil
fait à ce traité. - On en prend occasion de dire de toutes
parts, qu'il faut décerner une récompense nationale à
l'auteur de tous les biens dont jouit la France. - Les partisans et les
frères du Premier Consul songent au rétablissement de la
monarchie. - Cette idée paraît prématurée. -
L'idée du consulat déféré à vie prévaut
généralement. - Le consul Cambacérès offre
son intervention auprès du Sénat. - Dissimulation du Premier
Consul, qui ne veut jamais avouer ce qu'il désire. - Embarras du
consul Cambacérès. - Ses efforts auprès du Sénat,
pour obtenir que le consulat soit déféré au général
Bonaparte pour la durée de sa vie. - Les ennemis secrets du général
profitent de son silence, pour persuader au Sénat qu'une prolongation
du consulat pour dix années lui suffit. - Vote du Sénat dans
ce sens. - Déplaisir du Premier Consul. - Il veut refuser. - Son
collègue Cambacérès l'en empêche, et propose,
comme expédient, de recourir à la souveraineté nationale,
et de poser à la France la question de savoir si le général
Bonaparte sera consul à vie. - Le Conseil d'État chargé
de rédiger la question. - Ouverture de registres pour recevoir les
votes, dans les mairies, les tribunaux, les notariats. - Empressement de
tous les citoyens à porter leur réponse affirmative. - Changements
apportés à la constitution de M. Sieyès. - Le Premier
Consul reçoit le consulat à vie, avec la faculté de
désigner son successeur. - Le Sénat est investi du pouvoir
constituant. - Les listes de notabilité sont abolies, et remplacées
par des colléges électoraux à vie. - Le Tribunat réduit
à n'être qu'une section du Conseil d'État. - La nouvelle
constitution devenue tout à fait monarchique. - Liste civile du
Premier Consul. - Il est proclamé solennellement par le Sénat.
- Satisfaction générale d'avoir fondé enfin un pouvoir
fort et durable. - Le Premier Consul prend le nom de NAPOLÉON BONAPARTE.
- Sa puissance morale est à son apogée. - Résumé
de cette période de trois ans. |
|
| |
|
| Tome
4. 620 p. Page de Titre |
|
| LIVRE
QUINZIÈME. LES SÉCULARISATIONS. Août 1802 à
Février 1803. |
|
| Félicitations adressées
au Premier Consul par tous les cabinets, à l'occasion du Consulat
à vie. - Premiers effets de la paix en Angleterre. - L'industrie
britannique demande un traité de commerce avec la France. - Difficulté
de mettre d'accord les intérêts mercantiles des deux pays.
- Pamphlets écrits à Londres par les émigrés
contre le Premier Consul. - Rétablissement des bons rapports avec
l'Espagne. - Vacance du duché de Parme, et désir de la cour
de Madrid d'ajouter ce duché au royaume d'Étrurie. - Nécessité
d'ajourner toute résolution à ce sujet. - Réunion
définitive du Piémont à la France. - Politique actuelle
du Premier Consul à l'égard de l'Italie. - Excellents rapports
avec le Saint-Siège. - Contestation momentanée à l'occasion
d'une promotion de cardinaux français. - Le Premier Consul en obtient
cinq à la fois. - Il fait don au Pape de deux bricks de guerre,
appelés le Saint-Pierre et le Saint-Paul. - Querelle
promptement terminée avec le dey d'Alger. - Troubles en Suisse.
- Description de ce pays et de sa Constitution. - Le parti unitaire et
le parti oligarchique. - Voyage à Paris du landamman Reding. - Ses
promesses au Premier Consul, bientôt démenties par l'événement.
- Expulsion du landamman Reding, et retour au pouvoir du parti modéré.
- Établissement de la Constitution du 29 mai, et danger de nouveaux
troubles par suite de la faiblesse du gouvernement helvétique. -
Efforts du parti oligarchique pour appeler sur la Suisse l'attention des
puissances. - Cette attention exclusivement attirée par les affaires
germaniques. - État de l'Allemagne à la suite du traité
de Lunéville. - Principe des sécularisations posé
par ce traité. - La suppression des États ecclésiastiques
entraîne de grands changements dans la Constitution germanique. -
Description de cette Constitution. - Le parti protestant et le parti catholique;
la Prusse et l'Autriche; leurs prétentions diverses. - Étendue
et valeur des territoires à distribuer. - L'Autriche s'efforce de
faire indemniser les archiducs dépouillés de leurs États
d'Italie, et se sert de ce motif pour s'emparer de la Bavière jusqu'à
l'Inn et jusqu'à l'Isar. - La Prusse, sous prétexte de se
dédommager de ce qu'elle a perdu sur le Rhin, et de faire indemniser
la maison d'Orange, aspire à se créer un établissement
considérable en Franconie. - Désespoir des petites cours,
menacées par l'ambition des grandes. - Tout le monde en Allemagne
tourne ses regards vers le Premier Consul. - Il se décide à
intervenir, pour faire exécuter le traité de Lunéville,
et pour terminer une affaire qui peut à chaque instant embraser
l'Europe. - Il opte pour l'alliance de la Prusse, et appuie les prétentions
de cette puissance dans une certaine mesure. - Projet d'indemnité
arrêté de concert avec la Prusse et les petits princes d'Allemagne.
- Ce projet communiqué à la Russie. - Offre à cette
cour de concourir avec la France à une grande médiation.
- L'empereur Alexandre accepte cette offre. - La France et la Russie présentent
à la diète de Ratisbonne, en qualité de puissances
médiatrices, le projet d'indemnité arrêté à
Paris. - Désespoir de l'Autriche abandonnée de tous les cabinets,
et sa résolution d'opposer au projet du Premier Consul les lenteurs
de la Constitution germanique. - Le Premier Consul déjoue ce calcul,
et fait adopter par la députation extraordinaire le plan proposé,
moyennant quelques modifications. - L'Autriche, pour intimider le parti
prussien, que la France appuie, fait occuper Passau. - Prompte résolution
du Premier Consul, et sa menace de recourir aux armes. - Intimidation générale.
- Continuation de la négociation. - Débats à la diète.
- Le projet entravé un moment par l'avidité de la Prusse.
- Le Premier Consul, pour en finir, fait une concession à la maison
d'Autriche, et lui accorde l'évêché d'Aichstedt. -
La cour de Vienne se rend, et adopte le conclusum de la diète. -
Recès de février 1803, et règlement définitif
des affaires germaniques. - Caractère de cette belle et difficile
négociation. |
|
| LIVRE
SEIZIÈME. RUPTURE DE LA PAIX D'AMIENS. Février 1802 à
Mai 1803. |
|
| Efforts du Premier Consul pour
rétablir la grandeur coloniale de la France. - Esprit de l'ancien
commerce. - Ambition de toutes les puissances de posséder des colonies.
- L'Amérique, les Antilles et les Indes orientales. - Mission du
général Decaen dans l'Inde. - Efforts pour recouvrer Saint-Domingue.
- Description de cette île. - Révolution des noirs. - Caractère,
puissance, politique de Toussaint Louverture. - Il aspire à se rendre
indépendant. - Le Premier Consul fait partir une expédition
pour assurer l'autorité de la métropole. - Débarquement
des troupes françaises à Santo-Domingo, au Cap et au Port-au-Prince. |