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| Index Voltaire | Commande CDROM | Mélanges X (1777-1778) | LETTRE DE M. HUDE, ÉCHEVIN D'AMSTERDAM
ÉCRITE EN 1620.
Notice de Beuchot: Ce fragment, que je publie pour la première fois, est écrit de la main de Wagnière. Les cinq mots que j'ai imprimés en italique étaient en interligne, et de la main de Voltaire. (Beuchot.) LETTRE ... Quiconque est dans son bon sens sait assez que toutes les institutions humaines, soit civiles, soit religieuses, ne peuvent être que l'ouvrage des hommes, et que par conséquent toutes ont changé et changeront. Il n'y a personne d'assez fou parmi nous pour vouloir faire croire que notre stathouder, notre grand-pensionnaire, nos bourgmestres, soient établis de droit divin. Je ne crois pas non plus qu'il se trouve un homme assez absurde pour penser que le pédant Gomar, ou le pédant Arminius, ait été inspiré de Dieu(82): et si ces deux pédants factieux n'ont été que de misérables disputeurs qui voulaient avoir du crédit, il est bien vraisemblable que tous ceux qui les ont précédés dans tous les pays du monde n'ont pas été plus estimables. Si toutes les institutions et toutes les opinions humaines ont changé, il est clair qu'elles ne peuvent avoir rien de divin il n'est pas moins évident qu'il n'y a aujourd'hui sur la terre aucune nation qui n'ait changé plusieurs fois de gouvernement et de religion; et il est à présumer que celle qui a conservé le plus longtemps et qui conserve encore son ancienne constitution est celle dont les principes sont les meilleurs. Les pyramides d'Égypte subsistent; mais il ne reste plus la moindre trace ni du gouvernement, ni de la religion, ni de la langue des anciens Égyptiens. Rome, sous les papes, ne ressemble pas plus à la Rome de Numa que nous ne ressemblons aux anciens Bataves. Non seulement tous les peuples ont éprouvé tôt ou tard ces révolutions entières, mais la religion que chaque peuple professe a changé de siècle en siècle, et la secte chrétienne est celle qui, sans contredit, a éprouvé le plus d'altérations. Je suppose, par exemple, que Jacques, André, Barthélemy, Judde, et les autres premiers chrétiens, vinssent faire aujourd'hui un tour à Rome ou dans quelque autre ville chrétienne que ce fût, n'est-il pas vrai qu'ils seraient fort étonnés des dogmes et des rites dont ils seraient les témoins? On leur présenterait du boudin et du cochon à manger; on leur ferait faire la cène le matin; ils verraient des temples, des autels, des cérémonies, dont ils n'avaient pas la moindre idée, et je ne crois pas qu'ils... (Le reste manque.) FIN DES MÉLANGES.
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