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NOTES
Note_1 Cet
Avis existe dans les éditions de 1767, in-8° de 230 pages;
de 1771, in-8° de viii et 190 pages; de 1775, in-8° de viii et
148 pages; de 1776, in-8° de viii et 246 pages. (B.)
Note_2 Non;
milord Bolingbroke va trop loin: on vit et on meurt comme on veut chez
nous. Il n’y a que les lâches et les superstitieux qui envoient chercher
un prêtre. Et ce prêtre se moque d’eux. Il sait bien qu’il
n’est pas ambassadeur de Dieu auprès des moribonds.
Mais, dans les pays papistes, il faut qu’au troisième
accès de fièvre on vienne vous effrayer en cérémonie,
qu’on déploie devant vous tout l’attirail d’une extrême-onction
et tous les étendards de la mort. On vous apporte le Dieu des papistes
escorté de six flambeaux. Tous les gueux ont le droit d’entrer dans
votre chambre; plus on met d’appareil à cette pompe lugubre, plus
le bas clergé y gagne. Il vous prononce votre sentence, et va boire
au cabaret les épices du procès. Les esprits faibles sont
si frappés de l’horreur de cette cérémonie que plusieurs
en meurent. Je sais que M. Falconet, un des médecins du roi de France,
ayant vu une de ses malades tourner à la mort au seul spectacle
de son extrême-onction, déclara au roi qu’il ne ferait jamais
plus administrer les sacrements à personne. (Note
de Voltaire , 1771)
Note_3 Je
crois que Voltaire veut ici parler de Samuel Clarke (né en 1675,
mort en 1729), qui a publié une réfutation de l’ouvrage de
Collins sur la liberté de l’homme. (B.)
Note_4 Guillaume
Whiston, né en 1667, mort en 1752. Il vivait encore à la
date où l’Examen important
est censé avoir été
composé.
Note_5 Pascal
a dit: « Que ceux qui combattent la religion apprennent au moins
quelle elle est avant de la combattre. » (B.)
Note_6 L’Examen
important est censé écrit en 1730. Meslier était
mort en 1733. Voyez, tome XXIV, l’Extrait des sentiments de Jean Meslier.
Note_7 Cela
est très vrai; il était curé d’Étrépigny,
près Rocroi, sur les frontières de la Champagne. Plusieurs
curieux ont des extraits de son testament. (Note
de Voltaire , 1776.)
Note_8 Voyez
son article dans la neuvième des
Lettres à S. A. monseigneur
le prince de ***.
Note_9 Supposé,
par un impossible, qu’une secte aussi absurde et aussi affreuse que le
judaïsme fût l’ouvrage de Dieu, il serait démontré
en ce cas, et par cette seule supposition, que la secte des galiléens
n’est fondée que sur l’imposture. Cela est démontré
en rigueur.
Dès qu’on suppose une vérité quelconque,
énoncée par Dieu même, constatée par les plus
épouvantables prodiges, scellée du sang humain; dès
que Dieu, selon vous, a dit cent fois que cette vérité, cette
loi, sera éternelle; dès qu’il a dit dans cette loi qu’il
faut tuer sans miséricorde celui qui voudra retrancher de sa loi
ou y ajouter; dès qu’il a commandé que tout prophète
[Deut., xiii, 1, 5, 6] qui ferait des miracles pour substituer une
nouveauté à cette ancienne loi fût mis à mort
par son meilleur ami, par son frère: il est clair comme le jour
que le christianisme, qui abolit le judaïsme dans tous ses rites,
est une religion fausse et directement ennemie de Dieu même.
On allègue que la secte des chrétiens est
fondée sur la secte juive. C’est comme si on disait que le mahométisme
est fondé sur la religion antique des Sabéens: il est né
dans leur pays; mais, loin d’être né du sabisme, il l’a détruit.
Ajoutez à ces raisons un argument beaucoup plus
fort: c’est qu’il n’est pas possible que l’Être immuable, ayant donné
une loi à ce prétendu Noé, ignoré de toutes
les nations, excepté des Juifs, en ait donné ensuite une
autre du temps d’un Pharaon, et enfin une troisième du temps de
Tibère. Cette indigne fable d’un Dieu qui donne trois religions
différentes et universelles à un misérable petit peuple
ignoré serait ce que l’esprit humain a jamais inventé de
plus absurde, si tous les détails suivants ne l’étaient davantage.
(Note de Voltaire ,1771.)
Note_10 Deutéronome,
xxix, 5.
Note_11 viii,
32.
Note_12 Deutéronome,
i, 1.
Note_13 Deutéronome,
iii, 27, et xxxi, 2; Dieu dit à Moïse: « Vous ne
passerez pas le Jourdain. » Voyez aussi ibid., xxxiv, 4; et
Nombres, xx, 12.
Note_14 Deutéronome,
chap. xiv. (Note de Voltaire .)
Note_15 Nombres,
chap. xxxv, verset 7. (Note de Voltaire .)
Note_16 Milord
Bolingbroke s’est contenté d’un petit nombre de ces preuves; s’il
avait voulu, il en aurait rapporté plus de deux cents. Une des plus
fortes, à notre avis, qui font voir que les livres qu’on prétend
écrits du temps de Moïse et de Josué sont écrits
en effet du temps des rois, c’est que le même livre est cité
dans l’histoire de Josué, et dans celle des rois juifs. Ce livre
est celui que nous appelons le Droiturier, et que les papistes appellent
l’Histoire des Justes,
ou le Livre du Roi.
Quand l’auteur du Josué parle du soleil
qui s’arrêta sur Gabaon, et de la lune qui s’arrêta sur Aïalon
en plein midi, il cite ce Livre des Justes. (Josué, chap.
x, verset 13.)
Quand l’auteur des chroniques ou des Livres des Rois
parle du cantique composé par David sur la mort de Saül et
de son fils Jonathas, il cite encore ce Livre des Justes. (Rois,
livre
II, chapitre i, verset 18.)
Or, s’il vous plaît, comment le même livre
peut-il avoir été écrit dans le temps qui touchait
à Moïse, et dans le temps de David? Cette horrible bévue
n’avait point échappé au lord Bolingbroke; il en parle ailleurs.
C’est un plaisir de voir l’embarras de cet innocent de dom Calmet, qui
cherche en vain à pallier une telle absurdité. (Note
de Voltaire , 1774.) — Le mot ailleurs, employé
dans l’avant-dernière phrase de cette note, désigne probablement
le chapitre xv de Dieu et les Hommes, ouvrage qui est de 1769, et
conséquemment antérieur à cette note. (B.)
Note_17 Voyez
tome XX; et les chapitres xxii à xxvii de Dieu et les Hommes.
Note_18 Voyez
tome XI, page 79.
Note_19 Il
faut observer que Bacchus était connu en Égypte, en Syrie,
dans l’Asie Mineure, dans la Grèce, chez les Étrusques, longtemps
avant qu’aucune nation eût entendu parler de Moïse, et surtout
de Noé et de toute sa généalogie. Tout ce qui ne se
trouve que dans les écrits juifs était absolument ignoré
des nations orientales et occidentales, depuis le nom d’Adam jusqu’à
celui de David.
Le misérable peuple juif avait sa chronologie et
ses fables à part, lesquelles ne ressemblaient que de très
loin à celles des autres peuples. Ses écrivains, qui ne travaillèrent
que très tard, pillèrent tout ce qu’ils trouvèrent
chez leurs voisins, et déguisèrent mal leurs larcins: témoin
la fable de Moïse, qu’ils empruntèrent de Bacchus; témoin
leur ridicule Samson, pris chez Hercule; la fille de Jephté, chez
Iphigénie; la femme de Loth, imitée d’Eurydice, etc. (Note
de Voltaire , 1774.) — Eusèbe nous a conservé de
précieux fragments de Sanchoniathon, qui vivait incontestablement
avant le temps où les Juifs placent leur Moïse. Ce Sanchoniathon
ne parle pas de la horde juive. Si elle avait existé, s’il y avait
eu quelque chose de vrai dans la Genèse, certainement il
en aurait dit quelques mots. Eusèbe n’aurait pas manqué de
les faire valoir. Le Phénicien Sanchoniathon n’en a rien dit: donc
la horde juive n’existait pas alors en corps de peuple; donc les fables
de la Genèse n’avaient encore été inventées
par personne. (Note de Voltaire ,
1776.)
Note_20 Frédéric
II, auquel Voltaire (voyez tome XXIV) voulut faire attribuer le Sermon
des cinquante, ou se trouve ce que Voltaire rapporte ici. Il est possible,
au reste, que l’idée soit de Frédéric.
Note_21 Lady
Blackacre est un personnage extrêmement plaisant dans la comédie
du Plain dealer. (Note de Voltaire ,
1767.) — Le Plain dealer est une comédie de Wicherley. Voltaire
en a tiré le sujet de la Prude.
Note_22 Voilà
le plus fort argument contre la loi juive, et que le grand Bolingbroke
n’a pas assez pressé. Quoi! les législateurs indiens, égyptiens,
babyloniens, grecs, romains, enseignèrent tous l’immortalité
de l’âme; on la trouve en vingt endroits dans Homère même;
et le prétendu Moïse n’en parle pas! il n’en est pas dit un
seul mot ni dans le Décalogue
juif, ni dans tout le Pentateuque!
Il a fallu que des commentateurs ou très ignorants, ou aussi fripons
que sots, aient tordu quelques passages de Job, qui n’est point Juif, pour
faire accroire à des hommes plus ignorants qu’eux-mêmes que
Job avait parlé d’une vie à venir, parce qu’il dit [xix,
25,26]: « Je pourrai me lever de mon fumier dans quelque temps; mon
protecteur est vivant; je reprendrai ma première peau, je le verrai
dans ma chair; gardez-vous donc de me décrier et de me persécuter.
»
Quel rapport, je vous prie, d’un malade qui souffre et
qui espère de guérir, avec l’immortalité de l’âme,
avec l’enfer et le paradis? Si notre Warburton s’en était tenu à
démontrer que la loi juive n’enseigna jamais une autre vie, il aurait
rendu un très grand service. Mais, par la démence la plus
incompréhensible, il a voulu faire accroire que la grossièreté
du Pentateuque était une preuve de sa divinité; et,
par l’excès de son orgueil, il a soutenu cette chimère avec
la plus extrême insolence. (Note de Voltaire ,
1771.)
Note_23 Le
doyen Swift disait que, selon le Pentateuque,
Dieu avait eu bien
plus soin du derrière des Juifs que de leurs âmes. (Note
de Voltaire ,1771.) — Voyez le Deutéronome, chap.
xxiii [12,43]; vous jugerez que le doyen avait bien raison. (Note
de Voltaire , 1776.) — Dans une note sur le Deutéronome
(voyez la Bible enfin expliquée),Voltaire attribue à
Collins la plaisanterie qu’il rapporte ici comme étant de Swift.
Note_24 Ce
chapitre a été ajouté en 1767.
Note_25 Le
Conte du Tonneau, ouvrage facétieux de Swift, a été
traduit en français par Van Effen, 1721, trois volumes in-12.
Note_26 Hershalaïm
était le nom de Jérusalem, et Kedusha était son nom
secret. Toutes les villes avaient un nom mystérieux que l’on cachait
soigneusement aux ennemis, de peur qu’ils ne mêlassent ce nom dans
des enchantements, et par là ne se rendissent les maîtres
de la ville. A tout prendre, les Juifs n’étaient peut-être
pas plus superstitieux que leurs voisins; ils furent seulement plus cruels,
plus usuriers, et plus ignorants. (Note de Voltaire ,
1771.)
Note_27 Cette
vie de Moïse a été imprimée à Hambourg,
en hébreu et en latin. (Note de Voltaire ,
1767.)
Note_28 Voyez
tome XXIII.
Note_29 Bedlam,
la maison des fous à Londres. (Note de
Voltaire , 1767.)
Note_30 Addition
de 1767.
Note_31 Voyez
tome XI et XX.
Note_32 M’avez-vous
offert sacrifice au désert durant quarante ans? Avez-vous porté
le tabernacle de Moloch et de votre dieu Remphan? (Actes, vii, 43;
Amos, v, 26; Jérémie,
xxxii, 35.) Voilà
de singulières contradictions. Joignez à cela l’histoire
de l’idole de Michas, adorée par toute la tribu de Dan, et desservie
par un petit-fils de Moïse même, ainsi que le lecteur peut le
vérifier dans le livre des Juges,
chap. xvii et xviii. C’est
pourtant cet amas d’absurdités contradictoires qui vaut douze mille
guinées de rente à milord de Kenterbury, et un royaume à
un prêtre qui prétend être successeur de Céphas,
et qui s’est mis sans façon dans Rome à la place de l’empereur.
(Note de Voltaire , 1766.)
Note_33 Chapitre
vii.
Note_34 Voyez
le § xiii de l’Introduction à l’Essai sur les Moeurs.
Note_35 Voici
les paroles de Philon: « Les Chaldéens donnent aux justes
le nom d’Israël, voyant Dieu. » (Note
de Voltaire , 1771.)
Note_36 xii,
24.
Note_37 Josué,
chap. x, versets 11, 12, 13.
Note_38 L’illustre
auteur a oublié de parler des anges de Sodome. Cependant cet article
en valait bien la peine. Si jamais il y eut des abominations extravagantes
dans l’histoire du peuple juif, celle des anges que les magistrats, les
portefaix, et jusqu’aux petits garçons d’une ville, veulent absolument
violer, est une horreur dont aucune fable païenne n’approche, et qui
fait dresser les cheveux à la tête. Et on ose commenter ces
abominations! et on les fait respecter à la jeunesse! et on a l’insolence
de plaindre les brames de l’Inde et les mages de Perse, à qui Dieu
n’avait pas révélé ces choses, et qui n’étaient
pas le peuple de Dieu! et il se trouve encore parmi nous des âmes
de boue assez lâches à la fois et assez impudentes pour nous
dire: Croyez ces infamies, croyez, ou le courroux d’un Dieu vengeur tombera
sur vous; croyez, ou nous vous persécuterons, soit dans le consistoire,
soit dans le conclave, soit à l’officialité, soit dans le
parquet, soit à la buvette. Jusqu’à quand des coquins feront-ils
trembler des sages? (Note de Voltaire ,
1771.) Quel est l’homme de bien qui ne se sente ému de tant
d’horreurs? et on les souffre! que dis-je? on les adore! Que d’imbéciles,
mais que de monstres! (Note de Voltaire ,
1776.)
Note_39 Juges,
xx, 2. (Note de Voltaire .)
Note_40 I.
Rois, chap. viii. (Note de Voltaire .)
Note_41 Rois,
liv. Ier, chap. vi, v. 5. (Note de Voltaire .)
Note_42 I.
Rois, chap. xi, v. 8. (Note de Voltaire .)
Note_43 Ibid.,
chap. xv. (Note de Voltaire .)
Note_44 Ibid.,
chap. xv, v. 19. (Note de Voltaire .)
Note_45 I.
Rois, chap. xxii, v. 2. (Note de Voltaire .)
Note_46 Ibid.,
chap. xxv. (Note de Voltaire .)
Note_47 Ibid.,
chap. xxvii. (Note de Voltaire .)
Note_48 On
sait que les théologiens chrétiens font passer ce livre impudique
pour une prédiction du mariage de Jésus-Christ avec son Église.
Comme si Jésus prenait les tétons de son Église, et
mettait la main à son ouverture; et sur quoi cette belle explication
est-elle fondée? sur ce que Christus est masculin, et ecclesia
féminin. Mais si, au lieu du féminin ecclesia, on
s’était servi du mot masculin coetus, conventus, que serait-il
arrivé? Quel notaire aurait fait ce contrat de mariage? (Note
de Voltaire .) — Les huit derniers mots de cette note
ont paru, pour la première fois, dans les éditions de Kehl.
Le reste est de 1771. (B.)
Note_49 Voyez
tome XI, XX, et XXIV.
Note_50 Voltaire
lui-même; voyez tome XI.
Note_51 Grub-street
est la rue où l’on imprime la plupart des mauvais pamphlets qu’on
fait journellement à Londres. (Note de
Voltaire , 1707.)
Note_52 Osée,
chapitre ix, v. 7. (Note de Voltaire .)
Note_53 Soph.,
chapitre iii, 4. (Note de Voltaire .)
Note_54 II.
Paralip., xviii, 23. (Note de Voltaire .)
Note_55 Jérémie,
xxvii, 2.
Note_56 Ibid.,
xxviii, 10.
Note_57 Osée,
chapitre i. (Note de Voltaire .)
Note_58 Ibid.,
chapitre iii. (Note de Voltaire .)
Note_59 Remarquez
que le prophète se sert du mot propre fodi eam: je la f....
O abomination! Et on met ces livres infâmes entre les mains des jeunes
garçons et des jeunes filles, et des séducteurs entraînent
ces jeunes victimes dans des couvents! (V., 1771.)
Note_60 Ézéch.,
chapitre iv. (Note de Voltaire .)
Note_61 Un
sir révérend, en anglais, est un étron. (Note
de Voltaire , 1767.)Quoi! Dieu aurait ordonné de sa bouche
à un prophète de manger de la merde pendant trois cent quatre-vingt-dix
jours, couché sur le côté gauche! Quel fou de Bedlam,
couché dans son ordure, pourrait imaginer ces dégoûtantes
horreurs? Et on les débite chez un peuple qui a calculé la
gravitation et l’aberration de la lumière des étoiles fixes!
(V., 1776.)
Note_62 Ézéch.,
chapitre xxiii. (Note de Voltaire .)
Note_63 Voyez,
dans la Bible enfin expliquée,
une des notes sur le second
livre des Rois.
Note_64 Isaïe,
xx, 2.
Note_65 Ézéchiel,
v, 2.
Note_66 Jonas,
ii, 1.
Note_67 Cette
secte des hérodiens ne dura pas longtemps. Le titre d’envoyé
de Dieu était un nom qu’ils donnaient indifféremment a quiconque
leur avait fait du bien, soit à Hérode l’Arabe, soit à
Judas Machabée, soit aux rois persans, soit aux Babyloniens. Les
Juifs de Rome célébrèrent la fête d’Hérode
jusqu’au temps de l’empereur Néron. Perse le dit expressément
(sat. v, v. 180) (Note de Voltaire ,
1771.)
Herodis venere dies, unctaque fenestra
Dispositae pinguem nebulam vomuere lucernae;
. . . . . . . . . . . . . . . . . . Tumet alba fidelia
vino. |
Note_68 Isaïe,
xlv, 1.
Note_69 C’est
dans II. Paralip., xxii, 7.
Note_70 IV.
Rois, viii, 13.
Note_71 xxviii,
12, 14, 16.
Note_72 Voyez
tome XXII.
Note_73 Voyez
tome XII.
Note_74 Ces
chrétiens de saint Jean sont principalement établis à
Mosul, et vers Bassora. (V, 1771.)
Note_75 Voyez
tome XX.
Note_76 Matthieu,
xii, 34.
Note_77 Marc,
xxiii, 27.
Note_78 Matth.,
xxiii.
Note_79 On
trouve d’autres particularités dans Suidas, au mot Jésus.
L’article est curieux, et, de plus, est un exemple singulier de ces fraudes
pieuses si multipliées dans les siècles d’ignorance. Cela
paraît avoir été écrit un peu après le
règne de Justinien Ier, mort en 565, et l’on connaîtrait vers
quel temps vivait Suidas s’il était le véritable auteur de
cet article mais on en trouve dans son Lexique beaucoup d’autres
qui semblent être de différentes mains, et plusieurs qui ne
peuvent y avoir été ajoutés avant la fin du xie siècle.
C’est ce qui a donné lieu aux diverses conjectures des critiques
sur cet ouvrage et sur son auteur. (Note de Decroix.)
Note_80 voyez
tome XXIV.
Note_81 Matth.,
iv, 8; Luc, iv, 5.
Note_82 Matth.,
xvii, 2; Marc, ix, 2.
Note_83 Jean,
ii, 9.
Note_84 Il
est difficile de dire quel est le plus ridicule de tous ces prétendus
prodiges. Bien des gens tiennent pour le vin de la noce de Cana. Que Dieu
dise à sa mère juive [Jean, ii, 4]: Femme, qu’y a-t-il
entre toi et moi? c’est déjà une étrange chose;
mais que Dieu boive et mange avec des ivrognes, et qu’il change six cruches
d’eau en six cruches de vin pour ces ivrognes, qui n’avaient déjà
que trop bu, quel blasphème aussi exécrable qu’impertinent!
L’hébreu se sert d’un mot qui répond au mot grisés;
la Vulgate, au chapitre ii, v. 10, dit inebriati, enivrés.
Saint Chrysostome, bouche d’or, assure que ce fut le meilleur
vin qu’on eût jamais bu; et plusieurs Pères de l’Église
ont prétendu que ce vin signifiait le sang de Jésus-Christ
dans l’Eucharistie. O folie de la superstition, dans quel abîme d’extravagances
nous avez-vous plongés! (V, 1771.)
Note_85 Matth.,
xi, 19; Marc,, xi, 13.
Note_86 Jean,
xii, 2.
Note_87 Matth.,
xviii, 17.
Note_88 Jean,
ii, 15-18.
Note_89 Jean,
ii,19, 20.
Note_90 Matth.,
viii; Marc, v; Luc, viii.
Note_91 Voyez
tome XXV, pages 510, 534.
Note_92 Matth.,
xii, 34.
Note_93 Marc,
xxiii, 27.
Note_94 Actes,
i, 9, 10.
Note_95 Monter
au ciel en ligne perpendiculaire, pourquoi pas en ligne horizontale? Monter
est contre les règles de la gravitation. Il pouvait raser l’horizon,
et aller dans Mercure, ou Vénus, ou Mars, ou Jupiter, ou Saturne,
ou quelque étoile, ou la lune, si l’un de ces astres se couchait
alors. Quelle sottise que ces mots aller au ciel, descendre du ciel!
comme si nous étions le centre de tous les globes, comme si
notre terre n’était pas l’une des planètes qui roulent dans
l’étendue autour de tant de soleils, et qui entrent dans la composition
de cet univers, que nous nommons le ciel si mal à propos. (Note
de Voltaire ,1771.)
Note_96 Vous
voyez évidemment, lecteur, qu’on n’osa pas imaginer d’abord tant
de fictions révoltantes. Quelques adhérents du Juif Jésus
se contentent, dans les commencements, de dire que c’était un homme
de bien injustement crucifié, comme depuis nous avons, nous et les
autres chrétiens, assassiné tant d’hommes vertueux. Puis
on s’enhardit; on ose écrire que Dieu l’a ressuscité. Bientôt
après on fait sa légende. L’un suppose qu’il est allé
au ciel et aux enfers; l’antre dit qu’il viendra juger les vivants et les
morts dans la vallée de Josaphat; enfin on en fait un Dieu. On fait
trois dieux. On pousse le sophisme jusqu’à dire que ces trois dieux
n’en font qu’un. De ces trois dieux on en mange un, et on en boit un; on
le rend en urine et en matière fécale. On persécute,
on brûle, on roue ceux qui nient ces horreurs; et tout cela, pour
que tel et tel jouissent en Angleterre de dix mille pièces d’or
de rente, et qu’ils en aient bien davantage dans d’autres pays. (Note
de Voltaire , 1771.)
Note_97 Ce
chapitre n’était pas dans les éditions de Kehl. Il me fut
communiqué en manuscrit, et je le croyais inédit lorsque
je le publiai en 1818. Depuis je l’ai trouvé dans l’édition
de 1776, dont j’ai parlé précédemment. (B.)
Note_98 Voyez
page 221.
Note_99 Évêque
de Cork, dont il est parlé tome XVIII.
Note_100 Bartholomew-fair,
où il y a encore des charlatans et des astrologues. (Note
de Voltaire , 1767.)
Note_101 Il
est fort douteux que Lucien ait vu Paul, et même qu’il soit l’auteur
du chapitre intitulé Philopatris.
Cependant il se pourrait
bien faire que Paul, qui vivait du temps de Néron, eût encore
vécu jusque sous Trajan, temps auquel Lucien commença, dit-on,
a écrire.
On demande comment ce Paul put réussir à
former une secte avec son détestable galimatias, pour lequel le
cardinal Bembo avait un si profond mépris? Nous répondons
que sans ce galimatias même il n’aurait jamais réussi auprès
des énergumènes qu’il gouvernait. Pense-t-on que notre Fox,
qui a fondé chez nous la secte des primitifs appelés quakers,
ait eu plus de bon sens que ce Paul? Il y a longtemps qu’on a dit que ce
sont les fous qui fondent les sectes, et que les prudents les gouvernent.
(Note de Voltaire , 1774.) — Sur le
Philopatris,
voyez la note, tome XIX.
Note_102 Aux
Romains, ii, 25.
Note_103 Ibid.,
iii, 31.
Note_104 Ibid.,
iv, 2.
Note_105 I.
Cor., x, 2.
Note_106 Ce
n’est pas dans l’épître aux Thessaloniciens, mais dans la
Ire aux Corinthiens, xvi, 34.
Note_107 Ibid.,
xi, 5.
Note_108 v,
2.
Note_109 Versets
1-7.
Note_110 Verset
13.
Note_111 21-25.
Note_112 1-2.
Note_113 Actes,
xvi, 37.
Note_114 Voyez
tome XVII.
Note_115 Actes,
xxii, 3.
Note_116 ix,
4.
Note_117 Ce
qu’il faut, ce me semble, remarquer avec soin dans ce Juif Paul, c’est
qu’il ne dit jamais que Jésus soit Dieu. Tous les honneurs possibles,
il les lui donne, mais le mot de Dieu n’est jamais pour lui. Il
a été prédestiné dans l’Épître
aux Romains, chap. i. Il veut qu’on ait la paix avec Dieu, par Jésus,
chap. v. Il compte sur la grâce de Dieu par un seul homme, qui est
Jésus. Il appelle ses disciples héritiers de Dieu, et cohéritiers
de Jésus, même chapitre. Il n’y a qu’un seul verset dans tous
les écrits de Paul où le mot de Dieu pourrait tomber
sur Jésus: c’est dans cette Épître aux Romains,
chap.
ix. Mais Érasme et Grotius ont prouvé que cet endroit est
falsifié et mal interprété. En effet, il serait trop
étrange que Paul, reconnaissant Jésus pour Dieu, ne lui eût
donné ce nom qu’une seule fois. C’eût été alors
un blasphème.
Pour le mot de Trinité, il ne se trouve
jamais dans Paul, qui cependant est regardé comme le fondateur
du christianisme. (Note de Voltaire ,
1771.)
Note_118 Voyez
la Collection d’anciens évangiles.
Note_119 Le
massacre des innocents est assurément le comble de l’ineptie, aussi
bien que le conte des trois mages conduits par une étoile. Comment
Hérode, qui se mourait alors, pouvait-il craindre que le fils d’un
charpentier, qui venait de naître dans un village, le détrônât?
Hérode tenait son royaume des Romains. Il aurait donc fallu que
cet enfant eût fait la guerre à l’empire. Une telle crainte
peut-elle tomber dans la tête d’un homme qui n’est pas absolument
fou? Est-il possible qu’on ait proposé à la crédulité
humaine de pareilles bêtises qui sont si au-dessous de Robert
le Diable et de Jean de Paris?
L’homme est donc une espèce
bien méprisable, puisqu’elle est ainsi gouvernée. (Note
de Voltaire , 1771.)
Note_120 Matthieu,
xxiii, 35.
Note_121 Matthieu,
xxiii, 35.
Note_122 Matthieu,
xviii, 17.
Note_123 Voyez
la Collection d’anciens évangiles.
Note_124 Voilà
de plaisants noms pour des Égyptiens. (Note
de Voltaire , 1771.)
Note_125 Il
n’est point dit dans saint Matthieu que Jésus-Christ dansa avec
ses apôtres, mais il est dit dans saint Matthieu, chap. xxvi, v.
30: « Ils chantèrent un hymne, et allèrent au mont
Olivet. »
Il est vrai que dans cet hymne on trouve ce couplet: «
Je veux chanter, dansez tous de joie. » Ce qui fait voir qu’en effet
on mêla la danse au chant, comme dans toutes les cérémonies
religieuses de ce temps-là. Saint Augustin rapporte cette chanson
dans sa Lettre à Cérétius.
Il est fort indifférent de savoir si en effet cette
chanson rapportée par Augustin fut chantée ou non, la voici:
Je veux délier, et je veux être délié.
Je veux sauver, et je veux être sauvé.
Je veux engendrer, et je veux être engendré.
Je veux chanter, dansez tous de joie.
Je veux pleurer, frappez-vous tous de douleur.
Je veux orner, et je veux être orné.
Je suis la lampe pour vous qui me voyez.
Je suis la porte pour vous qui y frappez.
Vous qui voyez ce que je fais, ne dites point ce que
je fais.
J’ai joué tout cela dans ce discours, et je n’ai
point du tout été joué. |
Voilà une étrange chanson; elle est peu
digne de l’Être suprême. Ce petit cantique n’est autre chose
que ce qu’on appelle du persiflage en France, et du non sense chez
nous. Il n’est point du tout prouvé que Jésus ait chanté
après avoir fait la Pâque; mais il est prouvé, par
tous les Évangiles, qu’il fit la pâque à la
juive, et non pas à la chrétienne. Et nous dirons ici en
passant ce que milord Bolingbroke insinue ailleurs, qu’on ne trouve dans
la vie de Jésus-Christ aucune action, aucun dogme, aucun rite, aucun
discours qui ait le moindre rapport au christianisme d’aujourd’hui, et
encore moins au christianisme de Rome qu’à tous les autres. (Note
de Voltaire .) — Toute cette note est de 1771, sauf la première
phrase du dernier alinéa, qui fut ajoutée en 1775. Voltaire
cite encore ailleurs la chanson rapportée par saint Augustin; voyez
tome XVII.
Note_126 Voyez,
plus loin, le Discours de l’empereur Julien.
Note_127 Il
est étrange que l’empereur Julien ait appelé Sergius un homme
de néant, un gueux. Il faut qu’il eût lu avec peu d’attention
les Évangiles, ou qu’il manquât de mémoire dans
ce moment, ce qui est assez commun à ceux qui, étant chargés
des plus grandes affaires, veulent encore prendre sur eux le fardeau de
la controverse. Il se trompe, et les Actes des apôtres, qu’il
réfute, se trompent évidemment aussi. Sergius n’était
ni un homme de néant, comme le dit Julien, ni proconsul, ni gouverneur
de Chypre, comme le disent les Actes [XIII, 7].
Il n’y avait qu’un proconsul en Syrie, dont l’île
de Chypre dépendait, et c’était ce proconsul de Syrie qui
nommait le propréteur de Chypre. Mais ce propréteur était
toujours un homme considérable.
Peut-être l’empereur Julien veut-il parler d’un
autre Sergius, que les Actes des apôtres auront maladroitement
transformé en proconsul ou en propréteur. Ces Actes sont
une rapsodie informe, remplie de contradictions, comme tout ce que les
Juifs et les Galiléens ont écrit.
Ils disent que Paul et Barnabé trouvèrent
à Paphos un Juif magicien, nommé Bar-Jésu, qui voulait
empêcher le propréteur Sergius de se faire chrétien
c’est au chap. xiii. Ensuite ils disent que ce Bar-Jésu s’appelait
Élymas, et que Paul et Barnabé le rendirent aveugle pour
quelques jours, et que ce miracle détermina le propréteur
à se faire chrétien. On sent assez la valeur d’un pareil
conte. On n a qu’à lire le discours que tient Paul à ce Sergius
pour voir que Sergius n’aurait pu y rien comprendre.
Ce chapitre finit par dire que Paul et Barnabé
furent chassés de l’île de Chypre. Comment ce Sergius, qui
était le maître, les aurait-il laissé chasser s’il
avait embrassé leur religion? Mais comment aussi ce Sergius, ayant
la principale dignité dans l’île, et par conséquent
n’étant point un imbécile, se serait-il fait chrétien
tout d’un coup?
Tous ces contes du Tonneau ne sont-ils pas d’une
absurdité palpable?
Remarquons surtout que Jésus, dans les Actes
des apôtres et dans tous les discours de Paul, n’est jamais regardé
que comme un homme, et qu’il n’y a pas un seul texte authentique où
il soit question de sa prétendue divinité. (Note de Voltaire,
1771.) — Le Conte du Tonneau est un ouvrage facétieux de
Swift.
Note_128 Matthieu,
x, 4; Marc, iii, 15; Luc, ix, 1.
Note_129 Par
quelle impudente mauvaise foi les christicoles ont-ils soutenu qu’alma
signifiait toujours vierge? Il y a dans l’Ancien Testament vingt passages
où alma est pris pour femme,
et même pour concubine,
comme dans le Cantique des cantiques, Chap. vi; Joël, Chap.
ier. Jusqu’à l’abbé Trithême, il n’y a eu aucun docteur
de l’Église qui ait su l’hébreu, excepté Origène,
Jérôme et Éphrem, qui étaient du pays. (Note
de Voltaire , 1771.)
Note_130 vii,
14-20. La Vulgate ne dit pas alma,
mais virgo.
Note_131 viii,
1-2.
Note_132 Voyez
la note 2 de la page 206.
Note_133 Genèse,
xlix, 11.
Note_134 Matth.,
ii, 23. (Note de Voltaire .)
Note_135 25-32.
Note_136 Voyez
le Dîner du comte de Boulainvilliers (second entretien).
Note_137 iv,
17.
Note_138 On
fut si longtemps infatué de cette attente de la fin du monde qu’aux
vie, viie, et viiie siècles, beaucoup de chartes, de donations aux
moines, commencent ainsi: « Christ régnant, la fin du monde
approchant, moi, pour le remède de mon âme, etc. » (Note
de Voltaire , 1771.)
Note_139 Jean,
xiii, 34 (Note de Voltaire .)
Note_140 Lévitique,
xix, 18. (Note de Voltaire .)
Note_141 Chap.
iv, 6.7. (Note de Voltaire .)
Note_142 Chap.
iii, 13. (Note de Voltaire .)
Note_143 ii,
18.
Note_144 Jude,
xv, 14, 15. (Note de Voltaire .)
Note_145 xxi,
2.
Note_146 Ci-dessus,
chap. x.
Note_147 Voyez
la Collection d’anciens évangiles.
Note_148 On
accuse plusieurs sociétés chrétiennes d’avoir fait
de ces agapes des scènes de la plus infâme dissolution, accompagnées
de mystères. Et ce qu’il faut observer, c’est que les chrétiens
s’en accusaient les uns les autres. Épiphane est convaincu que les
gnostiques, qui étaient parmi eux la seule société
savante, étaient aussi la plus impudique. Voici ce qu’il dit d’eux
au livre Ier, contre les hérésies:
« Après qu’ils se sont prostitués
les uns aux autres, ils montrent au jour ce qui est sorti d’eux. Une femme
en met dans ses mains. Un homme remplit aussi sa main de l’éjaculation
d’un garçon, et ils disent à Dieu: « Nous te présentons
cette offrande qui est le corps de Christ. » Ensuite hommes et femmes
avalent ce sperme, et s’écrient: « C’est la pâque. »
Puis on prend du sang d’une femme qui a ses ordinaires, on l’avale, et
on dit: « C’est le sang de Christ. »
Si un Père de l’Église a reproché
ces horreurs à des chrétiens, nous ne devons pas regarder
comme des calomniateurs insensés, des adorateurs de Zeus, de Jupiter,
qui leur ont fait les mêmes imputations. Il se peut qu’ils se soient
trompés. Il se peut aussi que les chrétiens aient été
coupables de ces abominations, et qu’ils se soient corrigés dans
la suite, comme la cour romaine substitue depuis longtemps la décence
aux horribles débauches dont elle fut souillée pendant prés
de cinq cents ans. (Note de Voltaire ,
1771.)
Note_149 Voyez
tome XVII.
Note_150 C’est
une chose étonnante qu’il soit toujours parlé de la bestialité
chez les Juifs. Nous n’avons, dans les auteurs romains, qu’un vers de Virgile
(Buc., III, 8.):
Novimus et qui te...
et des passages d’Apulée où il soit question
de cette infamie. (Note de Voltaire ,
1774.)
Note_151 La
fable du péché des anges vient des Indes, dont tout nous
est venu; elle fut connue des Juifs d’Alexandrie, et des chrétiens,
qui l’adoptèrent fort tard. C’est la première pierre de l’édifice
du christianisme. (Note de Voltaire .)
— Le commencement de cette note jusqu’au mot adoptèrent
inclusivement
est de 1771; le reste, de 1775. (B.)
Note_152 Verset
14.
Note_153 Milord
Bolingbroke a bien raison. C’est ce mortel ennui qu’on éprouve à
la lecture de tous ces livres qui les sauve de l’examen auquel ils ne pourraient
résister. Où sont les magistrats, les guerriers, les négociants,
les cultivateurs, les gens de lettres même, qui aient jamais seulement
entendu parler des Gestes du bienheureux apôtre André, de
la Lettre de saint Ignace le martyr à la vierge Marie, et de la
Réponse de la Vierge? Connaîtrait-on même un seul des
livres des Juifs et des premiers chrétiens, si des hommes gagés
pour les faire valoir n’en rebattaient pas continuellement nos oreilles,
s’ils ne s’étaient pas fait un patrimoine de notre crédulité?
Y a-t-il rien au monde de plus ridicule et de plus grossier que la fable
du voyage de Simon Barjone à Rome? C’est cependant sur cette impertinence
qu’est fondé le trône du pape: c’est ce qui a plongé
tous les évêques de sa communion dans sa dépendance;
c’est ce qui fait qu’ils s’intitulent évêques par la permission
du saint-siège, quoiqu’ils soient égaux à lui par
les lois de leur Église. C’est enfin ce qui a donné aux papes
les domaines des empereurs en Italie. C’est ce qui a dépouillé
trente seigneurs italiens pour enrichir cette idole. (Note
de Voltaire , 1771.)
Note_154 Il
est très vraisemblable que ces paroles ont été en
effet ajoutées au texte de Justin, car comment se pourrait-il que
Justin, qui vivait si longtemps avant Lactance, eût parlé
ainsi de la Trinité, et que Lactance n’eût jamais parlé
que du Père et du Fils?
Au reste, il est clair que les chrétiens n’ont
jamais mis en avant ce dogme de la Trinité qu’à l’aide des
platoniciens de leur secte. La Trinité est un dogme de Platon, et
n’est certainement pas un dogme de Jésus, qui n’en avait jamais
entendu parler dans son village. (Note de Voltaire, 1771.)
Note_155 Abbadie
et Houteville n’étaient-ils pas aussi fous que Tertullien? (Note
de Voltaire , 1776.)
Note_156 Peut-on
rien voir de plus ridicule que ce reproche de Tertullien aux Romains, de
ce que les Carthaginois ont éludé la sagesse et la bonté
de leurs lois en immolant des enfants secrètement?
Mais ce qu’il y a de plus horrible, c’est qu’il prétend,
dans ce même chapitre ix, que plusieurs dames romaines avalaient
le sperme de leurs amants. Quel rapport cette étrange impudicité
pouvait-elle avoir avec la religion?
Tertullien était réellement fou; son livre
du Manteau en est un assez bon témoignage. Il dit qu’il a
quitté la robe pour le manteau, parce que les serpents changent
leur peau, et les paons leurs plumes. C’est avec de pareilles raisons qu’il
prouve son christianisme. Le fanatisme ne veut pas de meilleurs raisonnements.
(Note de Voltaire , 1771.)
Note_157 Milord
Bolingbroke se trompe ici. Rutilius vivait plus d’un siècle après
Justin; mais cela même prouve combien tous les honnêtes Romains
étaient indignés des progrès de la superstition. Elle
fit des progrès prodigieux au iiie siècle; elle devint un
État dans l’État, et ce fut une très grande politique
dans Constance Chlore et dans son fils de se mettre à la tête
d’une faction devenue si riche et si puissante. Il n’en était pas
de même du temps de Tertullien. Son Apologétique, faite
par un homme si obscur, en Afrique, ne fut pas plus connue des empereurs
que les fatras de nos presbytériens n’ont été connus
de la reine Anne. Aucun Romain n’a parlé de ce Tertullien. Tout
ce que les chrétiens d’aujourd’hui débitent avec tant de
faste était alors très ignoré. Cette faction a prévalu:
à la bonne heure; il faut bien qu’il y en ait une qui l’emporte
sur les autres dans un pays. Mais que du moins elle ne soit point tyrannique;
ou, si elle veut toujours ravir nos biens et se baigner dans notre sang,
qu’on mette un frein à son avarice et à sa cruauté.
(Note de Voltaire, 1771.)
Note_158 Ces
vers se trouvent dans le premier livre du poème de Claudius Rutilius
Numatianus, intitulé Itinerarium,
ou De Reditu. L’auteur
était Gaulois, et florissait au commencement du ve siècle
Il ne reste de son ouvrage que le premier livre et soixante-huit vers du
second. J.-J. Lefranc de Pompignan l’a traduit en français. (B.)
Note_159 Ananias;
voyez Actes des apôtres, chap. v.
Note_160 Stromat.,
vi. (Note de Voltaire , 1767.)
Note_161 Chaque
cep produisait dix mille grappes; chaque grappe, dix mille raisins; chaque
raisin, dix mille amphores. (Note de Voltaire ,
1771.)
Note_162 Irénée,
liv. II, chap. xxii, édition de Paris, 1710. (Note
de Voltaire , 1767.)
Note_163 viii,
56.
Note_164 viii,
57.
Note_165 Épiphane,
Haeres. 64, chap. ii. (Note de Voltaire ,
1707.)
Note_166 Ire
épître de saint Jean, v. 7.
Note_167 On
se tourmente beaucoup pour savoir si ces paroles sont de Jean, ou si elles
n’en sont pas. Ceux des christicoles qui les rejettent attestent l’ancien
manuscrit du Vatican, où elles ne se trouvent point; ceux qui les
admettent se prévalent de manuscrits plus nouveaux. Mais, sans entrer
dans cette discussion inutile, ou ces lignes sont de Jean, ou elles n’en
sont pas. Si elles en sont, il fallait enfermer Jean dans le Bedlam de
ces temps-là, s’il y en avait un; s’il n’en est pas l’auteur, elles
sont d’un faussaire bien sot et bien impudent.
Il faut avouer que rien n’était plus commun chez
les premiers christicoles que ces suppositions hardies. On ne pouvait en
découvrir la fausseté, tant ces oeuvres de mensonge étaient
rares, tant la faction naissante les dérobait avec soin à
ceux qui n’étaient pas initiés à leurs mystères!
Nous avens déjà remarqué que le crime
le plus horrible aux yeux de cette secte était de montrer aux Gentils
ce qu’elle appelait les saints livres. Quelle abominable contradiction
chez ces malheureux! Ils disaient: Nous devons prêcher le christianisme
dans toute la terre; et ils ne montraient à personne les écrits
dans lesquels ce christianisme est contenu. Que diriez-vous d’une douzaine
de gueux qui viendraient dans la salle de Westminster réclamer le
bien d’un homme mort dans le pays de Galles, et qui ne voudraient pas montrer
son testament? (Note de Voltaire , 1771.)
— C’est ci-dessus, page 247, et tome xix, page 42, que Voltaire avait fait
la remarque dont il parle au commencement du dernier alinéa.
Note_168 Luc,
xxii, 44.
Note_169 Quelle
malheureuse équivoque que ce Saint-Esprit, cet agion pneuma,
dont ces christicoles ont fait un troisième Dieu! ce mot ne
signifiait que souffle. Vous trouverez dans l’Évangile
attribué
à Jean, chapitre xx, v. 22: « Quand il dit ces choses, il
souffla sur eux, et leur dit: Recevez le Saint-Esprit. »
Remarquez que c’était une ancienne cérémonie
des magiciens, de souffler dans la bouche de ceux qu’ils voulaient ensorceler.
Voilà donc l’origine du troisième dieu de ces énergumènes;
y a-t-il rien au fond de plus blasphématoire et de plus impie? et
les musulmans n’ont-ils pas raison de les regarder comme d’infâmes
idolâtres? (Note de Voltaire ,
1771.)
Note_170 C’était
une très ancienne croyance superstitieuse, chez presque tous les
peuples, qu’on ne pouvait voir les dieux tels qu’ils sont, sans mourir.
C’est pourquoi Sémélé fut consumée pour avoir
voulu coucher avec Jupiter tel qu’il était. Une des plus fortes
contradictions innombrables dont tous les livres juifs fourmillent se trouve
dans ce verset de l’Exode [xxxiii, 23]: « Tu ne pourras voir
que mon derrière. » Le livre des Nombres,
chapitre
xii [verset 8], dit expressément que Dieu se faisait voir à
Moïse comme un ami à un ami; qu’il voyait Dieu face à
face, et qu’ils se parlaient bouche à bouche.
Nos pauvres théologiens se tirent d’affaire en
disant qu’il faut entendre un passage dans le sens propre, et l’autre dans
un sens figuré. Ne faudrait-il pas leur donner ses vessies de cochons
par le nez, dans le sens figuré et dans le sens propre? (Note
de Voltaire , 1771.)
Note_171 Il
n’y a rien certainement à répondre à cette assertion
de milord Bolingbroke. Il est démontré que les anciens Romains
ne persécutèrent personne pour ses dogmes. Cette exécrable
horreur n’a jamais été commise que par les chrétiens,
et surtout par les Romains modernes. Aujourd’hui même encore, il
y a dix mille Juifs à Rome qui sont très protégés,
quoi qu’on sache bien qu’ils regardent Jésus comme un imposteur.
Mais si un chrétien s’avise de crier dans l’église de Saint-Pierre,
ou dans la place Navone, que trois font trois, et que le pape n’est pas
infaillible, il sera brûlé infailliblement.
Je mets en fait que les chrétiens ne furent jamais
persécutés que comme des factieux destructeurs des lois de
l’empire; et ce qui démontre qu’ils voulaient commettre ce crime,
c’est qu’ils l’ont commis. (Note de Voltaire ,
1771)
Note_172 Voyez
tome XVIII et XXIV.
Note_173 Voyez
tome XIV.
Note_174 Il
contrefaisait le malade, disent les Actes sincères. «
Je suis bien lourd, disait Genest. — Veux-tu qu’on te fasse raboter? —
Non, je veux qu’on me donne l’extrême-onction des chrétiens.
» Aussitôt deux acteurs l’oignirent, et il fut converti sur-le-champ.
Vous remarquerez que, du temps de Dioclétien, l’extrême-onction
était absolument inconnue dans l’Église latine. (Note
de Voltaire , 1771.)
Note_175 Voyez
tome XX.
Note_176 Matthieu,
iv, 8; Luc, iv, 9.
Note_177 Jean,
ii, 9.
Note_178 Matthieu,
xxi, 19; Marc, xi, 13.
Note_179 Matthieu,
viii, 32; Marc, v, 13; Jean, ii, 9.
Note_180 Actes,
chap. v.
Note_181 Augustin,
tome III, page 189. (Note de Voltaire .)
Note_182 Alexandre,
évêque de Comane.
Note_183 Voltaire
désigne ici Biord, petit-fils d’un maçon et évêque
d’Annecy, mais qui n’avait pas le mortier liant, dit Voltaire dans sa lettre
à d’Alembert, du 24 mai 1769. (B.) — Voyez aussi tome XIX et XX;
et la Lettre à l’évêque d’Annecy.
Note_184 Voyez,
sur tous ces miracles, les sixième et septième livres de
Fleury. Voyez plutôt le Recueil des miracles opérés
à Saint-Médard, à Paris,
présenté
au roi de France Louis XV, par un nommé Carré de Montgeron,
conseiller au parlement de Paris. Les convulsionnaires avaient fait ou
vu plus de mille miracles; Fatio et Daudé ne prétendirent-ils
pas ressusciter un mort chez nous en 1707? La cour de Rome ne canonise-t-elle
pas encore tous les jours, pour de l’argent, des saints qui ont fait des
miracles dont elle se moque? Et combien de miracles faisaient nos moines
avant que, sous un Henri VIII, on eût étalé dans la
place publique tous les instruments de leurs abominables impostures? (Note
de Voltaire .) — La première phrase de cette note est
de 1767; tout le reste, de 1771.
Note_185 Cette
Hélène, dont on a fait une sainte, était stabularia,
préposée à l’écurie chez Constance-Chlore,
comme l’avouent Eusèbe, Ambroise, Nicéphore, Jérôme.
La Chronique d’Alexandrie appelle Constantin bâtard; Zosime
le certifie; et certainement on n’aurait point fait cet affront à
la famille d’un empereur si puissant s’il y avait eu le moindre doute sur
sa naissance. (Note de Voltaire ,
1767.)
Note_186 Si,
dans le ive siècle de notre ridicule computation, il y eut quelques
chrétiens punis pour les crimes et pour les abominations qu’on leur
imputait, faut-il s’en étonner? N’avons-nous pas vu que des évêques
leur reprochaient les choses les plus monstrueuses? [Voyez chapitre xix]
Le savant Hume nous a fait remarquer la plus horrible abomination, que
milord Bolingbroke avait oubliée, et qui est rapportée par
saint Épiphane. Vous la trouverez dans l’édition de Paris,
1564, page 185. Il y est question d’une société de chrétiens
qui immolent un enfant païen à l’enfant Jésus, en le
faisant périr à coups d’aiguilles. J’avoue que je ne suis
point étonné de ce raffinement d’horreur, après les
incroyables excès où se portèrent les papistes contre
les protestants dans les massacres d’Irlande. La superstition est capable
de tout. (Note de Decroix.)
Note_187 Ces
deux vers, qui ont été conservés par Sidoine Apollinaire
(livre V, épître viii) sont tout ce qui existe d’Ablavius.
Note_188 Ce
Credo, ce symbole appelé le Symbole des apôtres,
n’est pas plus des apôtres que de l’évêque de Londres.
Il fut composé au ve siècle par le prêtre Rufin. Toute
la religion chrétienne a été faite de pièces
et de morceaux: c’est là qu’il est dit que Jésus, après
sa mort, descendit aux enfers. Nous eûmes une grande dispute, du
temps d’Édouard VI, pour savoir s’il y était descendu en
corps et en âme; nous décidâmes que l’âme seule
de Jésus avait été prêcher en enfer, taudis
que son corps était dans son sépulcre: comme si en effet
on avait mis dans un sépulcre le corps d’un supplicié, comme
si l’usage n’avait pas été de jeter ces corps à la
voirie. Je voudrais bien savoir ce que son âme serait allée
faire en enfer. Nous étions bien sots du temps d’Édouard
VI. (Note de Voltaire , 1771.)
Note_189 Jean,
xviii, 11.
Note_190 Cela
est rapporté dans l’Appendix des actes du concile, pièce
qui a toujours été réputée authentique. (Note
de Voltaire , 1771.)
Note_191 Voyez
tomes XVII et XIX; voyez le Portrait de Julien, à la tête
du Discours de l’empereur Julien; et les chapitres xx et xxi de
l’Histoire de l’établissement du christianisme.
Note_192 Tome
Xl; tome XXV; et, dans les Questions de Zapata, le n° 10.
Note_193 Deutéronome,
xviii, 18.
Note_194 Entre
ce chapitre et celui qui précède, l’édition de 1776,
dont j’ai parlé précédemment (voir la Notice), en
contient un intitulé Du prétendu miracle arrivé
sous Julien dans les fondements du temple de Jérusalem.
Mais
ce n’est que la reproduction du morceau ayant pour titre: Des Globes
de feu, etc., que l’auteur avait donné en 1770, dans ses Questions
sur l’Encyclopédie (voyez tome xvii, pages 319-3.21). Toutefois
le dernier alinéa de 1770 ne faisait pas partie de la réimpression
de 1776, qui se terminait par les mots hauteur révoltante. (B.)
Note_195 Voyez
tome XV et XXV.
Note_196 Voyez
tome XIX.
Note_197 Rien
ne caractérise mieux les prêtres du christianisme que les
louanges prodiguées par eux si longtemps à Théodose
et à Constantin. Il est certain que ce Théodose, surnommé
le Grand et quelquefois le Saint, était un des plus méchants
hommes qui eussent gouverné l’empire romain, puisque, après
avoir promis une amnistie entière pendant six mois aux citoyens
de Thessalonique, ce Cantabre, aussi perfide que cruel, invita, en 390,
ces citoyens à des jeux publics dans lesquels il fit égorger
hommes, femmes, enfants, sans qu’il en réchappât un seul.
Peut-on n’être pas saisi de la plus violente indignation contre les
panégyristes de ce barbare, qui s’extasient sur sa pénitence?
Il fut vraiment, disent-ils, plusieurs mois sans entendre la messe. N’est-ce
pas insulter à l’humanité entière que d’oser parler
d’une telle satisfaction? Si les auteurs des massacres d’Irlande avaient
passé six mois sans entendre la messe, auraient-ils bien expié
leurs crimes? En est-on quitte pour ne point assister à une cérémonie
aussi idolâtre que ridicule, lorsqu’on est souillé du sang
de sa patrie?
Quant à Constantin, je suis de l’avis du consul
Ablavius, qui déclara que Constantin était un Néron.
(Note de Voltaire , 1771.) — Voyez précédemment
le chapitre xxix.
Note_198 Chapitre
ajouté en 1767; voyez la notice en tête de l’Examen Important.
Note_199 Appelons
les choses par leur nom. On a poussé le blasphème jusqu’à
faire un article de foi que Dieu est venu chier et pisser sur la terre;
que nous le mangeons après qu’il a été pendu; que
nous le chions et que nous le pissons. Et on dispute gravement si c’était
la nature divine ou la nature humaine qui chiait et qui pissait! grand
Dieu! (Note de Voltaire .) — Cette
note est de 1776, sauf les deux derniers mots, qui ont été
ajoutés dans les éditions de Kehl. (B.)
Note_200 Quel
athanasien, quel bon catholique que ce Clovis, qui fit massacrer trois
rois, ses voisins, pour voler leur argent comptant! Quels bons catholiques
que ses fils, qui égorgèrent de leurs propres mains leurs
neveux au berceau! By God! En lisant l’histoire des premiers rois
chrétiens, on croit lire l’histoire des rois de Juda et d’Israël,
ou celle des voleurs de grands chemins. (Note
de Voltaire .) — Ce qui forme cette note fut ajouté en
1776, mais faisait alors partie du texte. (B.)
Note_201 Addition
de 1767.
Note_202 Milord
ne parle pas assez de la tyrannie des papes. Grégoire surtout, surnommé
le Grand, brûla tous les auteurs latins qu’il put trouver. Il y a
encore de lui une lettre à un évêque de Cagliari, dans
laquelle il lui dit: « Je veux qu’on force tous les païens de
la Sardaigne à se convertir. » (Note
de Voltaire , 1774.)
Note_203 Le
légat foula à ses pieds l’argent avant de l’emporter. Notre
île était alors un pays d’obédience. Nous étions
réellement serfs du pape. Quel infâme esclavage! grand Dieu!
Nous ne sommes pas assez vengés. Nous avons envoyé des vaisseaux
de guerre à Gibraltar, et nous n’en avons pas envoyé au Tibre!
(Note de Voltaire .) — La première
phrase de cette note est de 1771; le reste, de 1776.
Note_204 Cette
phrase est peut-être une plaisanterie de Voltaire: je n’ai trouvé
ce traité dans aucune des trois éditions du recueil de Rymer,
intitulé Foedera, Conventiones,
etc. (B.)
Note_205 Addition
de 1767.
Note_206 Nous
appelons hocus pocus un tour de gobelets, un tour de gibecière,
un escamotage de charlatan. Ce sont deux mots latins abrégés,
ou plutôt estropiés, d’après ces paroles de la messe
latine: hoc est corpus meum. (Note
de Voltaire , 1771.)
Note_207 Est-il
possible que cette horrible proscription, cette Saint-Barthélemy
anticipée soit si peu connue! Elle s’est perdue dans la foule. Cependant
Fleury n’omet pas cette horreur dans son livre quarante-huitième,
sous l’année 850; il en parle comme d’un événement
très ordinaire. Bayle, à l’article Pauliciens, aurait bien
dû en faire quelque mention; d’autant plus que les pauliciens échappés
à ce massacre se joignirent aux musulmans, et les aidèrent
à détruire ce détestable empire d’Orient, qui savait
proscrire et qui ne savait pas combattre. Mais ce qui met le comble à
l’atrocité chrétienne, c’est que cette furie de Théodora
fut déclarée sainte, et qu’on a longtemps célébré
sa fête dans l’Église grecque. (Note
de Voltaire , 1771.)
Note_208 Milord
Bolingbroke a bien raison de comparer les massacres d’Irlande à
ceux de la Saint-Barthélemy en France; je crois même que le
nombre des assassinats irlandais surpassa celui des assassinats français.
Il fut prouvé juridiquement par Henri Shampart,
James Show, et autres, que les confesseurs des catholiques leur avaient
dénoncé l’excommunication et la damnation éternelle
s’ils ne tuaient pas tous les protestants, avec les femmes et les enfants
qu’ils pourraient mettre à mort; et que les mêmes confesseurs
leur enjoignirent de ne pas épargner le bétail appartenant
aux Anglais, afin de mieux ressembler au saint peuple juif, quand Dieu
lui livra Jéricho.
On trouva dans la poche du lord Macguire, lorsqu’il fut
pris, une bulle du pape Urbain VIII, du 25 mai 1643, laquelle promettait
aux Irlandais la rémission de tous les crimes, et les relevait de
tous leurs voeux, excepté de celui de chasteté.
Le chevalier Clarendon et le chevalier Temple disent que,
depuis l’automne de 1641 jusqu’à l’été de 1643, il
y eut cent cinquante mille protestants d’assassinés, et qu’on n’épargna
ni les enfants ni les femmes. Un Irlandais nommé Brooke, zélé
pour son pays, prétend qu’on n’en égorgea que quarante mille.
Prenons un terme moyen, nous aurons quatre-vingt-quinze mille victimes
en vingt et un mois. (Note de Voltaire ,
1771.)
Note_209 Les
auto-da-fé.
Note_210 Chapitre
ajouté en 1771.
Note_211 N.
B. Ces paroles sont prises des Caractéristiques
de lord
Shaftesbury. (Note de Voltaire , 1767.)
Note_212 Matthieu,
xv, 34.
Note_213 Il
n’est pas possible à l’esprit humain, quelque dépravé
qu’il puisse être, de répondre un mot raisonnable à
tout ce qu’a dit milord Bolingbroke. Moi-même, avec un des plus grands
mathématiciens de notre île, j’ai essayé d’imaginer
ce que les christicoles pourraient alléguer de plausible, et je
ne l’ai pu trouver. Ce livre est un foudre qui écrase la superstition.
Tout ce que nos divines (divine, en anglais, signifie théologien)ont
à faire, c’est de ne prêcher jamais que la morale, et de rendre
à jamais le papisme exécrable à toutes les nations.
Par là, ils seront chers à la nôtre. Qu’ils fassent
adorer un Dieu, et qu’ils fassent détester une secte abominable
fondée sur l’imposture, la persécution, la rapine, et le
carnage; une secte l’ennemie des rois et des peuples, et surtout l’ennemie
de notre constitution, de cette constitution la plus heureuse de l’univers.
Il a été donné à milord Bolingbroke de détruire
des démences théologiques, comme il a été donné
à Newton d’anéantir les erreurs physiques. Puisse bientôt
l’Europe entière s’éclairer à cette lumière!
Amen. A Londres, le 18 mars 1767. Mallet. (Note
de Voltaire , 1774.) — Mallet était mort en 1765.
Note_214 Cette
Lettre de milord Bolingbroke, et celle de milord Cornsbury qui
la suit, sont dans les éditions de 1767 de l’Examen important.
Note_215 Voyez
tome XXII.
Note_216 Il
n’est pas impossible qu’en vertu des perturbations que les planètes
causent dans l’orbite de la terre, elle ne se rapproche continuellement
du soleil, qu’il n’existe pour la terre une équation séculaire.
Cette question ne peut être encore décidée, et il s’en
fallait beaucoup qu’on pût en savoir quelque chose du temps de Grotius.
(K.)
Note_217 Voyez
une note, tome XXI.
Note_218 Mot
anglais qui signifie saltimbanques.
Note_219 Fantin;
voyez, tome IX, une note du chant Xviii de la Pucelle; t.
XVIII,; XIX; XXIII, XXIV.
Note_220 Voyez
le texte de cette lettre, tome XVII. |