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| Index Voltaire | Commande CDROM | Mélanges IV (1763-1766) | DÉCLARATION. (1766)
NOTICE: Je ne connais
de cette Déclaration
aucune impression antérieure
à celle qui est au tome II du Supplément au recueil des
lettres de M. de Voltaire; Paris, Xhrouet, 1808, deux volumes in-8°,
dont il existe aussi une édition in-12. (B.)
DÉCLARATION Le caractère d’un libelle est d’être imprimé sans permission des supérieurs et sous un titre supposé. Or le sieur Vernet a fait imprimer, sans permission et clandestinement, à Genève, sous le titre de Copenhague(78), un recueil de lettres ennuyeuses à un prétendu milord: donc le livre dudit Vernet porte le caractère d’un libelle. Ledit Vernet, dans son recueil, s’élève contre Rome et contre la France, quoiqu’il soit encore réputé sujet du roi de France, étant petit-fils d’un réfugié, et quoique les bienséances exigent qu’on n’insulte point Rome. Ledit Vernet se déchaîne contre les spectacles dans le temps qu’ils sont protégés par les seigneurs médiateurs et permis par le conseil de Genève, et cela pour rendre les seigneurs médiateurs suspects et le conseil odieux: donc ledit Vernet a fait un libelle très répréhensible. Ledit Vernet outrage dans cet ouvrage et nomme insolemment des personnes de considération qui ne lui ont jamais donné le moindre sujet de plainte: donc son libelle est punissable. Ledit Vernet dit que « le luxe autrefois avait un certain air de noblesse qui exerçait les grands talents, et qu’aujourd’hui le luxe est colifichet et volatil; qu’on se pique à Paris de montrer un génie imaginatif et pittoresque, etc. » Tout est écrit dans ce goût: donc le sieur Vernet a fait un libelle ridicule. Ledit Vernet se répand en invectives infâmes contre un ouvrage(79) qu’il a fait imprimer lui-même d’une manière subreptice et scandaleuse: donc ledit Vernet se condamne lui-même dans son libelle. Brocard, à Dijon, et les frères Périsse, à Lyon(80), ont imprimé une feuille où l’on se moque dudit libelle; mais je me réserve en temps et lieu d’en faire une justice exemplaire, comme d’un ouvrage de ténèbres sottement écrit contre ma patrie, contre ma religion, et contre mes amis. Fait au château de Ferney, le 5 juillet 1766. VOLTAIRE.
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