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| Index Voltaire | Commande CDROM | Mélanges III | LETTRE DE PARIS DU 20 FÉVRIER 1763.
Voici(34) ce qui vient d’arriver au sujet du marquisat de Pompignan. On a porté à M. le garde des sceaux les lettres patentes à sceller; il les a lues, et il a trouvé: Que le roi désirant reconnaître les services importants que la maison de Lefranc avait rendus à l’État, depuis la fondation de la monarchie, soit dans la robe, soit dans l’épée; désirant récompenser personnellement les services que M. Lefranc avait rendus à sa patrie et à la religion, soit en qualité de magistrat, et à la tête d’une cour souveraine, soit en qualité d’homme de lettres, et nommément le soin qu’il a pris d’immortaliser la mémoire de M. le duc de Bourgogne par le bel éloge qu’il en a fait(35); Sa Majesté, en attendant mieux, avait jugé à propos d’ériger en marquisat sa terre de Pompignan, n’entendant néanmoins Sa Majesté que ce fût là une récompense, mais une faible marque de satisfaction, etc. M. le garde des sceaux(36) a cru que la tête avait tourné au secrétaire du roi qui avait rédigé ces patentes; il l’a envoyé chercher (ce secrétaire du roi est M. Carpot). M. de Brou lui a demandé s’il avait perdu l’esprit, disant que quand ce seraient les Montmorency, les Châtillon, les La Trimouille, il n’en eût pas mis davantage. « Il est vrai, monseigneur, lui a dit M. Carpot, que c’est moi qui ai dressé les lettres; mais la formule m’en a été envoyée... — Et par qui?... — Par M. Lefranc; il y en avait bien
davantage, mais j’en ai retranché les trois quarts... - Eh bien!
lui a dit M. de Brou, retranchez l’autre quart, et nous verrons »
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