OEUVRES COMPLÈTES DE VOLTAIRE  MÉLANGES III 1753-1763
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REMARQUE AU SUJET D’UNE OMISSION QUI SE TROUVE
DANS LE JOURNAL ENCYCLOPÉDIQUE (1er janvier 1760).
Notice bibliographique.

Notice de Beuchot:Il parut, à la fin de 1759, une Critique de l’Histoire universelle de M. de Voltaire, au sujet de Mahomet et du mahométisme, in-4°, de quarante-trois pages, dont l’auteur ne m’est pas connu (voyez une note, tome XI). Le critique reprochait à Voltaire d’avoir dit qu’Ali succéda à Omar, et, conséquemment, d’avoir oublié Ottman. Cette faute existe dans le Mercure de juin 1745, page 9, où le morceau avait été imprimé, et dans l’édition de 1753 (désavouée par Voltaire) de l’Abrégé de l’histoire universelle. Mais elle n’est ni dans l’édition nouvelle de (1756) que cite aussi le critique, ni dans la réimpression de Hollande en sept volumes in-8°. Les auteurs du Journal encyclopédique, en rendant compte de la Critique, dans leur cahier du 1er janvier 1760, prirent la défense de Voltaire, mais avouèrent qu’il était difficile de le justifier sur le reproche de l’omission d’Ottman. Telle fut l’origine de la Remarque qui a été imprimée dans le cahier du 1er mars 1760, page 80. Le Journal encyclopédique, commencé à Liège en 1756, ayant été l’objet de persécutions en 1759, fut transporté à Bruxelles, et, en 1760, à Bouillon; il ne pouvait, dans ces circonstances, paraître exactement: voilà sans doute pourquoi une lettre, datée du 31 mars, se trouve dans un cahier daté du 1er. (B.) 

REMARQUE

Messieurs les auteurs du Journal encyclopédique sont priés de vouloir bien corriger la petite inadvertance où l’on est tombé dans leur journal, où (p. 79, mois de janvier) il est dit que, dans l’Essai sur l’Histoire générale, sur les Moeurs et l’Esprit des nations, depuis Charlemagne, l’auteur a oublié Ottman, troisième calife, et que cette omission est considérable; elle le serait en effet, quoique le but de l’auteur de cet Essai sur l’Histoire n’ait point du tout été de faire des mémoires chronologiques, mais de peindre les moeurs des hommes. Mais il s’en faut beaucoup que cette omission soit vraie; il n’y a qu’à jeter les yeux sur la page 47, on y trouvera ces mots: « Omar est assassiné par un esclave perse, en 603; Ottman, son successeur, l’est en 655, dans une émeute; Ali, ce fameux gendre de Mahomet, n’est élu et ne règne qu’au milieu des troubles, etc. » 

Les auteurs n’avaient point apparemment le livre devant les yeux quand ils ont fait l’extrait de la prétendue critique de cet Essai sur l’Histoire générale(59); ils se sont fiés à ce censeur téméraire; ils n’ont pas cru qu’un auteur qui critique un livre connu de tout le monde pût avancer une imputation si fausse, et se tromper si grossièrement. 

Au reste, on ne peut que remercier messieurs les auteurs du Journal encyclopédique de la candeur et de l’équité qui caractérisent leur excellent journal, approuvé de toutes les sociétés de gens de lettres et de toutes les religions de l’Europe; tous ceux qui lisent ce journal doivent des remerciements à M. le duc de Bouillon des instructions utiles et agréables que sa protection leur a procurées. 

Au château de Tournay, pays de Gex, ce 31 mars 1760.

 
Voltaire,
gentilhomme ordinaire de la chambre du roi.
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FIN DE LA REMARQUE, ETC.