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| Index Voltaire | Commande CDROM | Mélanges II (1738-1753) | COMPLIMENT FAIT AU ROI LE 21 Février
1749
Notice de Beuchot:
Longchamp, dans ses Mémoires sur Voltaire, publiés
en 1826, raconte que Richelieu, chargé par l’Académie de
complimenter Louis XV à l’occasion de la paix d’Aix-la-Chapelle,
signée le 18 octobre 1748, s’adressa à Voltaire pour avoir
un petit discours. Voltaire l’écrivit sur-le-champ; mais, avant
de l’envoyer à Richelieu, il le fit passer à Mme du Châtelet.
Cette dame, au moment où elle reçut le manuscrit, était
à sa toilette, et avait près d’elle la marquise de Boufflers.
Cette dernière, après en avoir pris lecture, en fit une copie
qu’elle communiqua le lendemain à plusieurs amis. Les copies se
multiplièrent, et (si l’on en croit Longchamp) le jour même
où il devait débiter son discours, Richelieu ayant entendu
des courtisans le réciter, il ne le prononça pas. Cependant
les recueils de l’Académie donnent le discours comme prononcé
par Richelieu au nom de l’Académie; et tout en rejetant la fin du
récit de Longchamp, il est permis d’en adopter la première
partie. (B.)
COMPLIMENT ... SIRE, L’Académie, destinée à célébrer la véritable gloire, n’a jamais eu de plus digne objet de ses soins. Faible interprète de ses sentiments, je dois l’honneur qu’elle m’a fait au bonheur dont je jouis d’être plus à portée de connaître cette grande âme, le principe de ce que nous admirons. Témoin des actions héroïques de Votre Majesté, comme de la simplicité qui les embellit, je vous ai vu, sire, dans les batailles, préparer par des victoires cette paix qu’on s’obstinait à ne pas accepter; cette paix, le fruit de votre modération et de la fidélité à vos promesses; cette paix, que l’amour du bien public a dictée, et que la reconnaissance doit bénir à jamais. C’est à mes confrères, sire, à transmettre à la postérité vos triomphes sur vos ennemis et sur vous-même, l’amour que vous avez pour vos peuples, le bien que vous faites au monde, l’exemple que vous donnez aux rois. Que l’Académie célèbre le grand homme qu’on admire, je ne vois que le maître qui se fait aimer. Le récit des grandes choses exige de l’éloquence; le coeur n’en a pas besoin: il parle avec confiance, et ne craint point de faire rougir celui qui ne craint que les louanges. Les bouches de la renommée diront ce que vous avez fait; la mienne, ce que vous inspirez. FIN DU COMPLIMENT AU ROI.
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