|
Notes.
Note_1
Cet alinéa et le suivant faisaient, en 1738, partie de l’Avant-propos
à Mme du Châtelet; voyez la note, page 400.
Note_2
Cette accélération est une conséquence de la théorie
de Newton. La théorie des ondulations conduit rationnellement à
un résultat inverse Les célèbres expériences
de M. L. Foucault ont montré que la vitesse était plus petite
dans les corps plus réfringents. Ce fait décide entre les
deux théories (D )
Note_3
Voltaire combat souvent, et tourne quelquefois en ridicule les opinions
de l’abbé Pluche, auteur du Spectacle de la nature et
de l’Histoire du ciel;$ voyez tomes XVII, page 27; XVIII, pages
20, 50, 489, 490, 329 et suivantes, 533; XIX, 65, 437, 558, 559; dans les
Mélanges année 1750 le Remerciement sincère,
et le paragraphe VII de l’Instruction du gardien des capucins
de Raguse.
Note_4
Ce qu’on sait de certain à ce sujet ne date que de 1838. On le doit
à Bessel, de Koenigsberg. La soixante-unième du Cygne, que
cet illustre astronome pense être une des plus rapprochées,
est encore à une telle distance qu’il faut plus de neuf ans à
sa lumière pour nous parvenir. A l’époque où Voltaire
écrivait, on ne pouvait avoir que des présomptions. (D.)
Note_5
Voltaire fait ici, comme plus haut, allusion au principe de Pascal sur
la transmission des pressions dans les fluides. (D.)
Note_6
Picard, longtemps auparavant, en cherchant de même la parallaxe du
grand orbe, trouva aussi dans l’étoile polaire un mouvement apparent
en sens contraire de celui que la parallaxe aurait dû causer. Roemer,
qui, en cherchant la même parallaxe, observa aussi ces mouvements
des étoiles, n’imagina point de les expliquer par le mouvement progressif
de la lumière, qu’il avait découvert. Il ne s’agissait cependant
que de cette remarque fort simple. Si le temps que la lumière met
à traverser l’orbite terrestre retarde l’apparition d’un phénomène,
il doit influer également sur le lieu apparent des étoiles.
(K.)
Note_7
Dans l’édition de 1756 et ses réimpressions, ce chapitre
se termine ainsi: « Toutes ces vérités sont aujourd’hui
reconnues elles furent toutes combattues en 1738, lorsque l’auteur publia
en France ces Éléments de Newton. C’est ainsi que
le vrai est toujours reçu par ceux qui sont élevés
dans l’erreur.
Note_8
On a trouvé quelque peu de chaleur rayonnée. Du temps de
Voltaire les appareils thermoscopiques étaient trop peu sensibles
pour l’indiquer. (D.)
Note_9
Josué, chap. X, verset 12.
Note_10
Saint Paul, I, Corint., xv, 36; Saint Jean, xii, 24.
Note_11
772 fois, seulement d’après M. Regnault. (D.)
Note_12
C’était l’opinion des pythagoriciens. Empédocle approche
de la vérité en considérant la lumière comme
émanant des corps, et l’oeil comme un miroir. S’il eût connu
la chambre noire, il eût peut-être trouvé la véritable
théorie de l’oeil. (D.)
Note_13
C’est la chambre noire. (D.)
Note_14
Les chapitres IV et V qui précèdent, n’étant pas dans
l’édition de 1756, ni dans ses réimpressions, ce qui forme
ici les chapitres vi-xi faisait les chapitres iv-ix. (B.)
Note_15
Cette explication montre que nous voyons l’objet AA précisément
comme nous verrions un objet semblable placé en DD, s’il n’y avait
point de miroir. Nous le rapportons donc à ce point parce que l’impression
est la même que si nous l’y voyions réellement. Ce secret
jugement de l’âme, qui nous fait conclure le lieu des objets de l’impression
qu’ils font sur nos sens, a été formé d’après
la vision directe; et c’est par conséquent comme si elle l’était
toujours que nous devons juger. (K.)
Note_16
M. l’abbé Rochon a prouvé rigoureusement que l’expérience
que, suivant la conjecture ingénieuse de M. d’Alembert, nous voyons
les objets dans la direction de la perpendiculaire mené de l’objet
au fond de l’oeil: d’ou il résulte que nous devons rapporter en
haut l’objet dont l’image est tracée dans le bas de l’oeil, et en
bas celui dont l’image est tracée dans le haut de l’oeil. Le jugement
de l’âme n’est donc pas nécessaire pour redresser les images
des objets, quoiqu’il puisse l’être pour nous apprendre à
les rapporter en général à un lieu de l’espace (K.)
Note_17
Voltaire donna, en 17l1, dans la quatrième partie de ses Questions
sur l’Encyclopédie (voyez tome XVIII), un article Distance,
qui était presque textuellement extrait de ce chapitre.
Note_18
Si vous examinez un objet avec un instrument qui en donne deux images à
très peu près égales, et que vous les placiez dans
une même ligne horizontale, vous les verrez toutes deux également
éloignées; si vous les placez dans une même ligne verticale,
l’objet supérieur paraîtra plus éloigné que
l’autre, précisément comme deux objets placés
sur un plan incliné, l’un en bas plus près de nous, l’autre
en haut et plus loin. Nous plaçons, par conséquent, ces deux
images dans l’espace comme deux objets réels, qui feraient la même
impression sur nos yeux, y seraient placés. Cette ingénieuse
observation est due à M l’abbé Rochon. (K.)
Note_19
Tout cela est vérifié par l’illusion que donne le stéréoscope.
(D.)
Note_20
Il est très vraisemblable qu’un être borné au sens
de la vue parviendrait d’abord à voir les objets comme placés
sur un même plan, mais avec l’étendue et les contours qu’ils
ont sur ce plan, puisque c’est là le seul moyen d’ordonner entre
elles les sensations successives qu’il éprouverait: ce tableau ne
lui paraîtrait pas difficile au premier instant, mais il apprendrait
par l’habitude à distinguer les objets et à les placer. Par
la même raison, du moment ou il aura une idée de l’espace
et du mouvement rapportés à ce plan, pourquoi, en ordonnant
ses sensations successives, en voyant le même objet devenir plus
visible, occuper plus d’espace sur ce plan, et couvrir successivement d’autres
objets, ou bien occuper moins d’espace, faire une impression moins forte,
et découvrir peu à peu de nouveaux objets, ne pourrait-il
pas se former une idée de l’espace en tout sens, et y ordonner tous
les objets qui frappent ses regards? Sans doute ses idées d’étendue,
de distance, ne seraient pas rigoureusement les mêmes que les nôtres,
puisque le sens du toucher n’aurait pas contribué à les former;
sans doute ses jugements sur le lieu, la forme, la distance, seraient plus
souvent erronés que les nôtres, perce qu’il n’aurait pu les
rectifier par le toucher; mais il est très probable que c’est à
quoi se bornerait toute la différence entre lui et nous. (K.)
Note_21
Cette solution de Smith revient exactement à celle du P. Malebranche,
puisque dans les deux opinions nous ne voyons les astres plus grands à
l’horizon que parce que nous les jugeons plus éloignés. Ces
deux philosophes ne diffèrent que dans la manière d’expliquer
pourquoi nous jugeons plus éloignés les astres placés
a l’horizon; mais ils se rapprochent encore beaucoup. Malebranche paraît
regarder comme la cause immédiate de ce jugement les objets interposés
dans le plan de l’horizon. Selon Smith, ces objets interposés nous
ont accoutumés à juger la voûte du ciel comme si elle
était surbaissée, et cette apparence est la cause immédiate
du jugement que nous formons sur la grandeur des astres. (K.)
Note_22
A cette condition toutefois que AE et ED seront égales. (D.)
Note_23
C’est la diffraction. Les lois de ce phénomène et sa théorie
complète sont dues à Fresnel. (D.)
Note_24
Jusqu’ici l’on n’a pu rien découvrir sur les lois de l’attraction
a de très petites distances. C’est dans l’examen des phénomènes
de la cristallisation que l’on pourra trouver un jour ces lois; mais jusqu’ici
ces phénomènes n’ont pas même été suffisamment
observés pour qu’on puisse connaître la manière dont
s’exécute cette opération. M. l’abbé Haüy vient
de donner sur la formation des cristaux plusieurs mémoires qui ont
répandu un grand jour sur cette matière importante. Cependant
on est peut-être encore bien éloigné d’en savoir assez
pour pouvoir y appliquer le calcul, et connaître les lois de la force
attractive qui préside à la cristallisation. (K.)
Note_25
$Voyez, tome XIX, page 119, ce que Voltaire disait en 1774 de la solution
qu’il donne ici.
Note_26
Un faisceau lumineux, quelque petit qu’il soit, est composé d’une
infinité de rayons différemment réfrangibles. Sans
cela, en employant un prisme dont l’angle serait plus grand, on aurait
sept cercles séparés, et non une image continue dont les
côtés sont sensiblement des lignes droites.
Il est vrai que ce spectre continu semble n’offrir que
sept couleurs distinctes; le passage d’une couleur à l’autre n’est
nuancé que sur un très petit espace, tandis que la couleur
paraît pure sur une plus grande étendue du spectre. On pourrait
donc soupçonner que la sensation de la couleur dépend d’une
propriété des rayons, différente de leur degré
de réfrangibilité. Newton paraît avoir cru qu’il n’y
avait réellement que sept rayons; il semble souvent raisonner dans
cette supposition; ses premiers disciples l’ont entendu dans ce sens; cependant,
comme il avait senti dans cette opinion des difficultés insurmontables,
il ne s’est jamais expliqué sur cet objet d’une manière précise.
Plusieurs auteurs n’ont admis que quatre couleurs: ils
supprimaient les trois couleurs intermédiaires, pourpre, vert, et
orangé, comme produites par le mélange des deux couleurs
voisines; ils étaient confirmés dans leur opinion par des
expériences où on ne voit réellement que quatre couleurs;
mais cette opinion est peu fondée: le bleu et le jaune font, à
la vérité, du vert; mais, si vous regardez sur un carton,
à travers un prisme, le vert formé par l’union des rayons
jaunes et bleus, les deux couleurs se séparent; mais si vous regardez
sur ce même carton, à travers un prisme, l’image éclairée
par les rayons verts d’un autre prisme, vous allongerez l’image, mais elle
restera verte.
Le prisme ne donne quatre couleurs seulement que lorsque
la lumière est faible, ou trop peu étendue par le prisme;
et si elle était encore plus faible, si l’image était moins
étendue, on ne verrait qu’un spectre d’un blanc sale ou rougeâtre.
C’est ainsi que la lumière d’une étoile paraît à
travers un prisme. Si vous armez le prisme d’une forte lunette, alors le
spectre de l’étoile vous montrera distinctement jusqu’à quatre
couleurs, rouge, jaune, bleu, et violet; avec une lunette plus faible,
le jaune et le blanc disparaissent, et l’on voit du vert à la place.
On doit à M. l’abbé Rochon ces expériences sur la
lumière des étoiles, qui prouvent que cette lumière
est de même nature que celle du soleil, que celle des corps terrestres
embrasés.
Non seulement la réfraction est différente
dans les différents milieux, mais la différence de la réfrangibilité
des différents rayons n’est point proportionnelle dans ces milieux
à la réfraction. Il en résulte que l’on peut, en combinant
différents milieux, former des prismes où les rayons se réfractent
sans se séparer, et détruire les couleurs dans les lunettes
en employant des lentilles composées de plusieurs verres de différente
nature. Cette idée, que l’on doit à M. Euler, a produit les
lunettes achromatiques que plusieurs artistes habiles ont portées
à un très grand degré de perfection. M. l’abbé
Rochon a trouvé, en appliquant les lunettes aux prismes, des moyens
de mesurer avec une grande précision le rapport de la force réfractive
des différents milieux avec leur force dispersive: précision
nécessaire pour la théorie des lunettes et pour leur construction.
Il y a des substances qui ont une double réfraction,
en sorte que les objets qu’on regarde à travers un prisme formé
de ces substances paraissent doubles. Tel est le cristal de roche, le cristal
d’Islande; et ces substances ont vraisemblablement cette propriété
parce qu’elles sont composées de lames hétérogènes
placées les unes sur les autres; du moins on produit le même
phénomène avec des verres artificiels ainsi disposés.
Cette double réfraction a été employée avec
beaucoup de succès par M. l’abbé Rochon, à la mesure
des petits angles. L’instrument qu’il a inventé pour cet objet est
très ingénieux, et donne ces mesures avec la plus grande
précision. Il peut servir aussi à mesurer des distances sans
avoir besoin d’employer des bases d’une grande étendue. (K.)
Note_27
Virgile, Aen., iv, 701.
Note_28
Antonio de Dominis fut une des plus illustres victimes de l’Inquisition
romaine. Il renonça à son archevêché et se retira,
vers 1603, en Angleterre, où il publia l’histoire du concile de
Trente de Fra-Paolo, son ami. Il s’occupa du projet de réconcilier
les communions chrétiennes projet qui fut celui d’un grand nombre
d’esprits sages et amis de la paix, dans un siècle où les
principes de la tolérance étaient inconnus. On trouva moyen
de l’engager, en 1612, à retourner en Italie, en lui promettant
qu’on se contenterait de la rétractation de quelques propositions
soi-disant hérétiques, qu’on l’accusait d’avoir soutenues.
Mais, peu de temps après cette rétractation, on lui supposa
d’autres crimes. Il fut mis au château Saint-Ange, où il mourut
en 1625, âgé de soixante quatre ans. Les inquisiteurs eurent
la barbarie de le faire déterrer et de brûler son cadavre.
Outre son ouvrage sur l’optique, il avait fait un livre intitulé
De Republica christiana, qui fut brûlé avec lui. Ce
livre fut condamné par la Sorbonne, parce qu’il contenait des principes
de tolérance et des maximes favorables à l’indépendance
des princes séculiers. Fra-Paolo, plus sage que l’archevêque
de Spalatto, resta toute sa vie à Venise, où il n’avait du
moins à craindre que les assassins. Peu de temps après, l’illustre
Galilée, l’honneur de l’Italie, fut forcé de demander pardon
d’avoir découvert de nouvelles preuves du mouvement de la terre,
et traîné en prison à l’âge de plus de soixante
et dix ans, par ordre des mêmes inquisiteurs. Ne soyons donc pas
étonnés si On ne trouve pas un seul Romain parmi les hommes
illustres en tout genre, qui, dans ces derniers siècles, ont fait
honneur à l’Italie. (K.)
Note_29
Ce chapitre est une très remarquable exposition de la théorie
de l’arc-en-ciel, telle que Descartes l’a donnée. Voltaire eût
pu insister sur la part qui revient a Newton par suite de la découverte
de l’inégale réfrangibilité des divers rayons. (D.)
Note_30
Voltaire entend deux lentilles. (D.)
Note_31
Il s’agit ici de l’épaisseur moyenne des lames d’air. Les diamètres
sont proportionnels aux racines carrées des épaisseurs. (D.)
Note_32
Dans les éditions de 1738, après le mot philosophie, on
lisait ici:
« Il a conjecturé que la lumière émane
du soleil et des corps lumineux par accès, par vibrations; que de
ces vibrations du corps lumineux la première opère une réflexion,
la seconde une transmission, et ainsi de suite à l’infini. Il avait
aussi préparé des expériences qui conduisaient à
faire voir en quoi ce jeu de la nature tient au grand principe de l’attraction;
mais il n’a pas eu le temps d’achever ses expériences. Il avait
conjecturé encore qu’il y a dans la nature une matière très
élastique et très rare, qui devient d’autant moins rare qu’elle
est plus éloignée des corps opaques; que les traits de lumière
excitent des vibrations dans cette matière élastique; et
il faut avouer que cette hypothèse rendrait raison de presque tous
les mystères de la lumière, et surtout de l’attraction et
de la gravitation des corps; mais une hypothèse, quand même
elle rendrait raison de tout, ne doit point être admise. Il ne suffit
pas qu’un système soit possible pour mériter d’être
cru, il faut qu’il soit prouvé. Si les tourbillons de Descartes
pouvaient se soutenir contre toutes les difficultés dont on les
accable, il faudrait encore les rejeter, parce qu’ils ne seraient que possibles;
ainsi nous ne ferons aucun fondement réel sur les conjectures de
Newton même.
« Si j’en parle, c’est plutôt pour faire connaître
l’histoire de ses pensées que pour tirer la moindre induction de
ses idées, que je regarde comme les rêves d’un grand homme:
il ne s’y arrête en aucune manière, il s’est contenté
des faits, sans rien oser déterminer sur les causes. Passons à
l’autre découverte sur le rapport qui existe entre les rayons de
la lumière et les tons de la musique. »
Dès l’édition de 1741, presque tout ce passage
était supprimé. L’auteur n’en avait conservé que les
quatre dernières lignes, à partir des mots: il ne s’y
arrête, etc. (B.)
Note_33
Voltaire ne fait que citer le nom de cette théorie célèbre.
Newton admet que les molécules lumineuses en lesquelles il fait
consister la matière lumineuse ont des bouts de formes différentes,
et qu’elles acquièrent un mouvement de rotation sur elles-mêmes,
outre le mouvement de translation; suivant l’extrémité qui
se présente, il y a facile réflexion ou facile transmission.
Cette théorie si ingénieuse est tombée avec le système.
(D.)
Note_34
Voir le Chapitre xiv ci après.
Note_35
Si Newton entend ici que les rayons calorifiques peuvent se croiser sans
se détruire, le fait est constant aujourd’hui, soit qu’on le considère
comme démontré par l’expérience, soit qu’on songe
à l’identité de la chaleur et de la lumière. (D.)
|