Notes.

Note_1 Voyez tomes XII, ; XV. 

Note_2 Par Harvey, en 1619; voyez tome XXI,. 

Note_3 Par Copernic; voyez tomes XII,; XIII,. 

Note_4 L’émétique; voyez, tome IX, une des notes du chant III de la Pucelle.

Note_5 Ceci était écrit en 1738. (Note de Voltaire.) — Cette note a été ajoutée en 1756. 

Note_6L’Essai politique sur le commerce parut en 1734, sous la date de 1735; une nouvelle édition est de 1736; Melon, secrétaire du régent, est mort le 24 janvier 1738. Il en a été question au tome XVIII. Voyez aussi, dans le tome X, sa Lettre, à la suite du Mondain.

Note_7 Dans la Bibliothèque française, la pièce commence ainsi: 

« Je vous remercie, mon cher ami, de m’avoir fait connaître le livre de M. Dutot sur les finances; c’est un Euclide pour la vérité et l’exactitude. Il me semble qu’il fait, à l’égard de cette science, qui est le fondement des bons gouvernements, ce que Lémery a fait en chimie: il a rendu très intelligible un art sur lequel, avant lui, les artistes jaloux de leurs connaissances, souvent erronées, n’avaient point écrit, ou n’avaient donné que des énigmes. 

« Je viens de relire aussi le petit livre de feu M. Melon, qui a été l’occasion de l’ouvrage plus détaillé et plus approfondi qu’a donné M. Dutot. 
 

Nardi parvus onyx eliciet cadum. 
(HOR., IV, ode xii, vers 17.)

« L’Essai de M. Melon me paraît toujours digne d’un ministre et d’un citoyen, même avec ses erreurs. Il me semble, toute prévention à part, qu’il y a beaucoup à profiter dans ces lectures car je veux croire, pour l’amour du genre humain. que ces livres, et quelques-uns de ceux de M. l’abbé de Saint-Pierre, pourront, dans des temps difficiles, servir de conseils aux ministres à venir, comme l’histoire est la leçon des rois. 

« Parmi les choses que je remarque sur l’Essai de M. Melon, il me sera bien permis, en qualité d’homme de lettres et d’amateur de la langue française, de me plaindre qu’il en ait trop négligé la pureté. L’importance des matières ne doit point faire oublier le style. Je me souviens que, lorsque l’auteur me fit l’honneur de me donner sa seconde édition, il me dit qu’il était bien difficile d’écrire on français, et qu’on lui avait corrigé plus de trente fautes dans son livre je lui en montrai cent dans les vingt premières pages de cette seconde édition corrigée. Passons à des inadvertances plus importantes. Il me semble que, dans ces écrits que l’intérêt public a dictés, il ne faut souffrir aucune erreur. Voici quelques propositions, etc. » 

Note_8 Le produit des colonies a été d’abord une richesse réelle pour le roi d’Espagne; mais le produit des mines est maintenant si peu au-dessus des frais d’exploitation que l’impôt sur ces mines est presque nul. La mauvaise législation du commerce de ces colonies et les vices de leur administration intérieure les empêchent d’être utiles à la nation, soit comme moyen d’y augmenter la culture et l’industrie, soit comme des provinces dont l’union augmente la puissance de l’empire. Il n’y aurait d’ailleurs rien d’étonnant qu’une nation sacrifiât pendant deux siècles ses intérêts réels à ses préjugés et à son orgueil. Mais il est très vrai de dire que la dépopulation et la faiblesse de l’Espagne sont l’ouvrage de ses mauvaises lois, et non la suite de la possession de ses colonies. (K.) 

Note_9 Voyez, sur les effets politiques du luxe, le traité de Smith Sur la nature et les causes de la richesse des nations, l’un des ouvrages les plus profonds et les plus utiles que ce siècle ait produits. La Bruyère paraît un homme supérieur toutes les fois qu’il s’agit de démêler ou de peindre les faiblesses du coeur humain et les petitesses de l’amour-propre. Alors il approche de La Rochefoucauld, quoique moins original et moins profond dans les idées, et moins naturel dans l’expression. Mais lorsque La Bruyère veut s’élever au-dessus de ces observations de détail, il tombe au-dessous du médiocre. (K.) — Le livre de Smith est intitulé Recherches sur la nature et les causes de la richesse des nations. Il a été traduit en français par Blavet, 1788, six volumes in-12; id., deux volumes in-8°; 1800, quatre volumes in-8°; par Roucher, 1790, quatre volumes m-8°; par G. Carnier, 1802, cinq volumes in-8°, 1822, six volumes in-8°. 

Note_10 Dans la Bibliothèque française, après ces mots on lisait: « Mais n’opposons point ici déclamation à déclamation. Je me hâte d’arriver aux points importants qui font l’objet de l’excellent livre de M. Dutot: les augmentations de monnaies, si fréquentes avant notre heureux ministère, sont-elles utiles à l’État, ou préjudiciables? M. Dutot démontre que toute mutation de monnaie, etc. » 

En 1745 fut ajouté l’alinéa qui est dans le texte; et c’était aux mots notre siècle que se terminait la première lettre. La seconde commençait par les mots: M.Dutot démontre que toute mutation, etc. Ce fut en 1756 que l’auteur mit: On sait que toute mutation, etc. (B.) 

Note_11 Le livre de M. Dutot est intitulé Réflexions politiques sur les finances et le commerce, etc., 1738, deux volumes in-12. 

Note_12 Ce livre de M. Duverney n’a jamais paru. M. de Voltaire parle ici suivant l’opinion publique du temps où il écrivait. (K.) — Pâris-Duverney n’a pas, il est vrai, publié sous son nom l’ouvrage dont on parle ici mais il est généralement regardé comme l’auteur de l’Examen du livre intitulé Réflexions politiques sur les finances et le commerce. A La Haye, chez les frères Vaillant et Nicolas Prévost, 1740, deux volumes in-12, dont la rédaction toutefois fut confiée à F.-M.-G. Deschamps. (B.) 

Note_13 Voyez, sur cet objet, une note des éditeurs sur le Siècle de Louis XlV (chapitre ii). Nous observerons seulement que si, au lieu d’obliger à observer les conventions à la lettre, la loi se croyait en droit de les interpréter, il serait permis tout au plus d’obliger les créanciers à recevoir leur remboursement proportionnellement au prix moyen du blé, aux différentes époques. Les lois ridicules des Égyptiens avec leur jubilé ne méritent point d’être citées dans un ouvrage sérieux. (K.) 

Note_14 Horace, livre II, épître 1ère, vers 160. 

Note_15 Après ces mots, on lisait dans la Bibliothèque française (et c’était la fin de la lettre): « En un mot, la nation est plus riche; pourquoi le roi l’est-il moins? C’est que Louis XIV a laissé en mourant plus de vingt fois cent millions de dettes, et que ces dettes ne sont pas encore acquittées. Je conclurai mes remarques sur cet ouvrage en avouant avec l’auteur qu’il vaut mille fois mieux pour une nation payer pendant la guerre, ou dans des cas urgents, de très forts impôts, proportionnellement répartis, que d’être livrée aux traitants et aux mutations de monnaies: car les mutations de monnaies ruinent le commerce, et les traitants oppriment le peuple; et les impôts bien répartis soulagent l’État. 

« Pourquoi donc les ministres éclairés de Louis XIV, et surtout ce grand Colbert lui-même, ont-ils mieux aimé recourir aux traitants qu’à la dîme proportionnelle du maréchal de Vauban, à laquelle il a fallu avoir recours en partie? C’est que les peuples sont très ignorants, et que l’intérêt les aveugle; c’est que ce mot d’impôt les effarouche. On avait fait la guerre de la Fronde pour je ne sais quel édit du tarif qui ne devait pas être regardé comme un objet. Ce préjugé subsista dans sa force sous Louis XIV, malgré l’obéissance la plus profonde. Un paysan ou un bourgeois, quand il paye une taxe, s’imagine qu’on le vole, comme si cet argent était destiné à enrichir nos ennemis. On ne songe pas que payer des taxes au roi, c’est les payer à soi-même; c’est contribuer à la défense du royaume, à la police des villes, à la sûreté des maisons et des chemins; c’est mettre en effet une partie de son bien à entretenir l’autre. Il est honteux que les Parisiens ne se taxent pas eux-mêmes pour embellir leur ville, peur avoir de l’eau dans les maisons, des théâtres publics dignes de ce qu’on y représente; des places, des fontaines. L’amour du bien public est une chimère chez nous. Nous ne sommes pas des citoyens, nous ne sommes que des bourgeois. 

« Le grand point est que les taxes soient proportionnellement réparties. On peut aisément reconnaître la justesse de la proportion quand la culture des terres, le commerce et l’industrie, sont encouragés. S’il, languissent, c’est la faute du gouvernement; s’ils prospèrent, c’est à lui qu’on en est redevable. 

« Au reste, que Louis XIV soit mort avec deux milliards de dettes; qu’il y ait eu depuis un système, un visa; que quelques familles aient été ruinées; qu’il y ait eu des banqueroutes; qu’on ait mis de trop forts impôts; j’appelle tout cela les malheurs d’un peuple heureux: c’était du temps de la Fronde, du temps des Guises, du temps des Anglais, que les peuples étaient malheureux en effet; mais cela mènerait trop loin, et un écrit trop long est un impôt très rude qu’on met sur la patience du lecteur. » 

Le texte actuel est de 1745. 

Note_16 C’est la supposition que fait M. Dutot. Mais en 1750 les revenus du roi montaient à près de trois cents millions, à quarante-neuf livres dix sous le marc. (Note de Voltaire.) — Cette note a été ajoutée en 1756. (B.) 

Note_17 Ceci n’est pas exact: 1° parce que lorsque la dette nationale est considérable, il est impossible que des étrangers ne soient pour des capitaux considérables parmi les créanciers de l’État; 2° parce que les créanciers de l’État ne sont point directement intéressés comme les propriétaires de terres, ou ceux qui font valoir leurs fonds dans les manufactures, à faire servir une partie de leurs capitaux aux progrès de l’agriculture et de l’industrie. (K.)