Notes.

Note_1 Ces vers sont de Voltaire. Voyez sa lettre à d’Alembert, du 1er juillet 1766. Cet essai a été imprimé pour la première fois dans le tome IV des Prix de l’Académie des sciences, daté de 1739. Voltaire et Mme du Châtelet avaient chacun envoyé un ouvrage au concours pour 1738 (voyez plus loin, année 1739, le Mémoire sur un ouvrage de physique). Le prix fut partagé entre Léonard Euler, le jésuite Lozeran de Fiesc, et le comte de Créquy-Canaple. Les éditions de Kehl sont les premières des Oeuvres de Voltaire qui contiennent cet Essai. (B.)

Note_2 Personne n’en doute aujourd’hui. Mais le mouvement n’est pas celui de molécules lumineuses qui se transportent: c’est un mouvement vibratoire. Les différences d’effet tiennent à des différences de vitesse. (D.) 

Note_3 Cependant, quoi qu’en pense Voltaire, le feu est le résultat du mouvement. Voltaire serait bien étonné si, revenant aujourd’hui, il entendait exposer la théorie mécanique de la chaleur. (D.) 

Note_4 Optique, page 551, seconde édition. (Note de Voltaire.) 

Note_5 M. Boerhaave. (Note de Voltaire.) 

Note_6 L’eau est une substance qui reste dans l’état de liquidité à un degré de chaleur connu; il faudrait, pour qu’elle se changeât en terre, que, sans perdre aucun de ses principes, ou sans se combiner avec un principe étranger, elle perdit cette propriété, soit par l’action du feu, soit par l’effet de la végétation. Si on met de l’eau distillée dans un vase de verre fermé hermétiquement, et qu’on l’expose à une chaleur modérée pendant un longtemps, l’eau se trouble, diminue de volume, et on voit une terre fine et légère qui, après être restée répandue dans la liqueur, se précipite au fond du vase. Mais on a observé que le vase était attaqué par l’eau, qu’il avait perdu de son poids, et que cette terre était produite, du moins en très grande partie, par la combinaison de l’eau avec la substance du vase. Si l’on plante une branche de saule dans de l’eau distillée, et qu’on l’arrose avec de l’eau aussi distillée, elle croît, et acquiert par conséquent plus de terre qu’elle n’en contenait d’abord. Mais cette quantité de terre est très peu de chose; et comme l’eau distillée contient elle-même un peu de terre qui s’enlève dans la distillation, comme il peut s’en trouver aussi dans l’air que la plante absorbe, on peut expliquer cette augmentation de terre dans la plante, sans être obligé de recourir à une véritable transformation de l’eau. On pourrait dire aussi que l’eau, dans la végétation, perdant quelques-uns de ces principes, ou se combinant avec ceux que l’air peut fournir, devient une substance infusible à un degré de chaleur plus grand que celui qu’elle avait. 

Les expériences, les observations, ne prouvent donc point que l’eau se transforme en terre: cependant, dans les détails des expériences, il se présente plusieurs circonstances qui paraissent favorables à cette opinion. (K.) 

Note_7 Voltaire pressent la vérité. A l’époque où il écrivait, plusieurs chimistes avaient ainsi expliqué l’augmentation de poids des métaux calcinés peut-être Voltaire l’ignorait-il. (D.) 

Note_8 Plusieurs physiciens ont répété depuis les expériences sur la différence de poids qu’on peut soupçonner entre une masse de métal rouge et la même masse refroidie, et ils ont trouvé des conclusions opposées: ce qui devait arriver, parce que cette différence est nécessairement très petite, imperceptible dans de petites masses, et fort au-dessous de l’erreur qu’on peut commettre en pesant des masses considérables. 

Quant à l’augmentation de poids des métaux calcinés, la conjecture de M. de Voltaire a été confirmée par des expériences non douteuses. On sait à présent qu’il se combine avec les métaux, pendant la calcination, une certaine quantité d’air vital, ou air déphlogistiqué de Priestley, qui en augmente le poids. C’est par cette raison que la calcination des métaux est impossible dans les vaisseaux clos, quelque violent que soit le feu qu’on leur applique. (K.) — Voltaire est évidemment dominé par l’idée de la matérialité du feu, car il tire des conclusions d’expériences qui ne le comportent pas, ou en comportent de contraires. (D.) 

Note_9 Ces phénomènes paraissent indiquer un nouveau principe qu’on ne soupçonnait pas lorsque M. de Voltaire écrivait cet Essai. Les corps, en passant de l’état de solide à l’état de liquide, de celui de liquide à l’état de vapeurs, en se combinant, en se dissolvant dans les menstrues, paraissent acquérir la propriété de s’unir à une quantité de feu plus ou moins grande que dans leur état antérieur; en sorte qu’ils peuvent refroidir ou échauffer les corps avec lesquels ils communiquent, tandis que, s’ils étaient restés dans leur premier état, ils n’auraient rien changé à la température de ces mêmes corps. On a fait depuis quelques années des expériences très suivies et très bien faites sur cette classe de phénomènes. Il paraît donc que le feu s’applique aux corps de trois manières différentes: 1° en sorte qu’il puisse en être séparé sans y rien changer que leur température; 2° de manière à ne pouvoir en être séparé que lorsque l’état de ces corps vient à changer; 3° par une véritable combinaison qu’on ne peut détruire sans changer la nature de corps. On peut consulter sur cet objet les ouvrages de MM. Scheele, Black, Crawford; ou y trouvera des expériences bien faites, bien combinées, et des vues ingénieuses. (K.) 

Note_10 On pourrait cependant faire refroidir fortement un métal après t’avoir recuit. il ne reprendrait pas l’élasticité qu’il devait à l’écrouissage. (D.) 

Note_11 Ce qui est « exhalaisons de la terre, » dans l’air n’en est qu’une partie infime. Il est vrai qu’à l’état de brouillards, c’est ce qui seul frappe la vue. (D.) 

Note_12 M. de Voltaire est un des premiers qui aient annoncé que l’air, c’est-à-dire le fluide expansible qui entoure la terre, n’est point un élément simple, mais un composé d’un grand nombre de substances dans l’état d’expansibilité. On a prouvé depuis que cet air contenait non seulement une grande quantité d’eau, et d’autres substances dans l’état de dissolution, mais qu’il était encore le résultat du mélange ou de la combinaison d’un grand nombre de substances expansibles à tous les degrés de température connus. voyez l’article Air dans le Dictionnaire philosophique. (K.) 

Note_13 La chaleur de l’eau bouillante n’augmente l’élasticité de l’air que d’un tiers environ. (D.) 

Note_14 Il n’est point prouvé que la cause de l’élasticité des ressorts soit la même que celle de la force par laquelle les corps dans l’état d’expansion tendent à occuper un plus grand espace. Il semble que la première force peut être l’effet de celle qui produit la cohésion. Les molécules d’un corps ont pris un certain ordre un vertu de cette force; vous changez cet ordre en pressant le corps ou en le pliant; si vous cessez d’agir, les molécules dérangées de cet état, qui était, relativement à cette force, l’état d’équilibre, tendront à s’y restituer. Quant à la force des substances expansibles, elle paraît inexplicable par la force d’attraction, par la tendance à l’équilibre d’un système de molécules qui s’attirent; peut-être a-t-elle pour cause quelque propriété de feu encore inconnue. Du moins, comme la chaleur augmente cette force, et que le froid la diminue, comme le feu met dans l’état d’expansibilité des substances liquides ou solides, on ne peut nier qu’il n’agisse comme cause ou comme moyen dans les phénomènes que présente la force expansive. (K.) 

Note_15 Lorsqu’on approche deux corps dans lesquels l’électricité n’est pas en équilibre, il arrive qu’à l’instant où l’équilibre se rétablit, soit lentement, soit dans un seul instant, il se manifeste du feu; ce feu est visible dans l’air et dans le vide, produit de la chaleur, allume les corps inflammables, fond les métaux. Ce feu paraît moins simple que celui des rayons de lumière rassemblés au foyer d’un miroir: il a une odeur propre, et d’ailleurs il produit sur les corps qu’il traverse des effets chimiques que les rayons du miroir ardent ne paraissent point produire. On peut observer que, comme les corps changent de température sensible en passant de l’état solide à celui de liquide, de l’état de liquide à celui de vapeurs, de même ce changement influe sur leur état relativement à l’électricité. Le plus ou le moins de chaleur agit aussi sur l’électricité; la glace devient électrique par frottement comme le verre, à un certain degré de froid; le verre devient électrique par communication comme les métaux, à un certain degré de chaleur. 

On ne Savait presque rien sur l’électricité en 1735. (K.) 

— Les conclusions de la section V sont problématiques, au moins dans la forme. (D.) 

Note_16 La différence de réfrangibilité des milieux n’est point proportionnelle à leur densité, quoique dans des corps de la même nature elle paraisse en dépendre, du moins en partie. Elle dépend surtout de la nature de ces corps, mais sans qu’on ait pu assigner jusqu’ici les causes de cette dépendance, ni saisir aucun rapport entre cette force et la quantité de phlogistique contenu dans les corps, ou leur facilité à se combiner avec cette substance. 

On sait que des rayons différents sont différemment réfrangibles dans le même milieu, et chaque rayon ne suit pas dans les différents milieux la même loi de réfrangibilité. Autre phénomène plus compliqué dont on ignore absolument la cause et la loi. On peut consulter sur ces objets une suite de recherches sur l’optique, publiées par M. l’abbé Rochon. (K.) 

— Nous avons déjà fait observer que Voltaire, ou plutôt Newton, se trompe en croyant la vitesse de la lumière plus grande dans les milieux plus réfringents. (D.) 

Note_17 Ces idées sur la forme des éléments des corps sont un reste de cartésianisme dont M. de Voltaire n’avait pu se débarrasser totalement, quoiqu’il en fut alors plus dégagé que la plupart des savants de l’Europe. 

La seule manière plausible d’expliquer les phénomènes de la réflexion des surfaces opaques est de les considérer comme formées de corpuscules transparent, dans lesquels la réflexion se fait comme dans les sphères transparentes, comme dans les gouttes de l’arc-en-ciel. Mais il reste à expliquer ce dernier phénomène, qui semble dépendre de l’attraction, et dont on n’a point donné d’explication précise et calculée. (K.) 

Note_18 Voyez l’article IV de cette seconde partie. (Note de Voltaire.) 

Note_19 Ce chapitre est remarquable de tous points. Cet exemple des lamines de fer,s’explique en considérant la chaleur comme résultant du mouvement d’un fluide. Voltaire ne le voit pas; il sent, malgré lui, sa présence. (D.) 

Note_20 Cette loi est fausse. (D.) 

Note_21 L’énoncé de la loi est vrai, l’explication est inexacte. (D.) 

Note_22 Le feu n’augmente jamais le poids des corps. (D.) 

Note_23 Voltaire énonce une loi vraie. Le pouvoir absorbant et le pouvoir émissif se correspondent. La dernière phrase montre qu’il sent une lacune dans les connaissances de son temps. (D.) 

Note_24 On voit, par la lecture de toutes les pièces sur la nature du feu, envoyées à l’Académie en 1740, que la doctrine de Stahl sur le phlogistique était alors absolument inconnue en France. Le phlogistique, selon cet illustre chimiste, est un principe qui se retrouve le même dans tous les corps inflammables, qui est la cause de leur inflammabilité, ou plutôt la décomposition de ce principe produit le feu élémentaire, la lumière, dont l’action devient sensible dans le phénomène de l’inflammation. Stahl ne croyait pas en effet que le feu élémentaire, la lumière, se combinassent immédiatement avec l’acide vitriolique pour faire du soufre, avec une chaux métallique pour faire un métal; il regardait la substance qui se combinait comme étant déjà le produit, l’effet d’une première combinaison, qui échappait aux moyens et aux observations de l’art. 

On a trouvé depuis que dans les phénomènes où Stahl n’avait vu que la combinaison du phlogistique, il y avait dégagement d’un fluide aériforme qu’on nomme air vital, air déphlogistiqué; et que ces phénomènes, qu’il expliquait par le dégagement du phlogistique, étaient accompagnés d’une combinaison avec ce même fluide. Quelques chimistes en ont conclu que le phlogistique n’existait point dans les corps: cette assertion nous paraît hasardée; en effet la lumière qui est produite par l’inflammation appartenait ou au corps enflammé, ou à cet air nécessaire pour que l’inflammation ait lieu; dans le premier cas, il faut reconnaître un principe particulier dans le corps inflammable; dans le second, il faut le reconnaître dans cet air vital; mais l’air vital ne paraît point se décomposer dans plusieurs de ces opérations: il semble donc plus probable que le phlogistique, c’est-à-dire le principe auquel est due dans ces phénomènes l’apparition de la lumière, appartient aux corps inflammables, comme Stahl l’a imaginé. 

On pourrait, d’après plusieurs expériences, regarder le fluide aériforme, qu’on nomme air inflammable, et qui détone avec l’air vital, comme étant le principe de Stahl; mais d’autres expériences paraissent prouver que la lumière seule peut se combiner avec les corps, puisque la lune cornée, étant exposée aux rayons du soleil, et dans un flacon bouché, se colore en violet. Il faudrait, il est vrai, examiner si cet effet se produit dans le vide, ou sans que l’air du flacon soit diminué ou changé de nature. (K.) — $Voyez, ci-après, la note 3 de la page 321. 

Note_25 Cette septième loi n’existe pas. (D.) 

Note_26 Ce n’est pas la couleur qui différencie les corps sous ce rapport; c’est une propriété spéciale. Il y a cependant quelque pressentiment de la vérité. (D.) 

Note_27 Ceci est une manière de dire que la saison dans laquelle le feu agit est dépendante de la nature des corps. Voltaire ne pouvait guère s’exprimer autrement, puisqu’il ne connaissait pas la diversité de capacité calorifique des corps. (D.) 

Note_28 L’eau ne bout qu’à la température pour laquelle la tension de sa vapeur égale la pression qui s’exerce sur elle. C’est la même chose pour tous les liquides. (D.) 

Note_29 La pression atmosphérique est sans influence sur la dilatabilité des corps. (D.) 

Note_30 Ces méthodes, assez remarquables pour l’époque, sont sans précision et ne suffiraient pas aujourd’hui. (D.) 

Note_31 M. de Voltaire n’a point publié les tables qu’il annonce ici; ce fut vers ce temps qu’il renonça aux sciences physiques. (K.) 

Note_32 Il y a des effets composés de la conductibilité et de la capacité calorifique. Voltaire manquait des éléments nécessaires à l’appréciation de ces phénomènes. (D.) 

Note_33 Il y a là une erreur manifeste, de typographie peut-être. Un bon thermomètre de Réaumur, entièrement plongé, marque 80°. (D.) 

Note_34 Ces expériences sont curieuses; elles tendent au même but que celles de MM. Scheele, Black, Crawford, dont nous avons déjà parlé. Elles prouvent que les différents corps, mêlés ensemble, ne prennent point la température qu’ils devraient acquérir si les particules de feu qu’ils contiennent s’y répandaient proportionnellement à leurs masses. (K.) 

Note_35 En mettant à part ce qui est relatif à la propagation des incendies, il y a dans cette dernière partie le germe de la théorie des capacités calorifiques, découverte peu après. (D.) 

Note_36 Le pabulum ignis ne peut être que le phlogistique de Stahl; M. de Voltaire paraît le sentir. ($Voyez la note I de la page 313.) L’expression qui contient le feu dans ses pores tient à la physique d’un temps où l’on ne savait pas assez distinguer une véritable combinaison d’un simple mélange. Ce n’est point que nous sachions en quoi consiste essentiellement ce que l’on nomme combinaison. En ce genre nous avons fait peu de progrès dans la connaissance des causes, des lois mécaniques des phénomènes, mais nous en avons fait d’immenses dans la connaissance des faits; nous avons appris à les observer avec bien plus d’exactitude et de précision, et à en tirer des règles générales que l’on peut regarder comme des lois empiriques des phénomènes. (K.) 

Note_37 Ce qui précède est du chaos hermétique. (D.) 

Note_38 Ce n’est pas souvent, mais toujours. (D.) 

Note_39 Tout ceci se ressent de l’imperfection de l’art expérimental et de l’ignorance de l’époque sur les phénomènes chimiques. (D.) 

Note_40 Erreur. Que le lecteur n’essaye pas sans précaution. (D.) 

Note_41 On a ignoré jusqu’à ces dernières années la cause de l’observation si ancienne que la présence de l’air est nécessaire pour que les corps puissent brûler. C’est depuis peu qu’on a découvert qu’une espèce d’air, le seul dans lequel la vie des animaux se conserve, est aussi le seul dans lequel les corps puissent brûler; que dans la combustion il y a une grande quantité de cet air qui est absorbé, et qui se combine soit avec les parties fixes du corps inflammable, soit avec les parties volatiles; que le feu s’éteint du moment où cet air, en se combinant, cesse de favoriser le dégagement de la matière ignée; qu’un courant d’air augmente le feu, parce qu’il facilite ce dégagement en multipliant le nombre des parties de cet air qui touchent le corps embrasé, en sorte qu’en soufflant avec un courant de cet air dans son état de pureté on donne au feu une activité prodigieuse. Une masse d’air de l’atmosphère ne contient qu’environ un quart de cet air; la combustion, la respiration, l’absorbent; d’autres opérations de la nature le restituent. Sans cet équilibre, les animaux terrestres cesseraient bientôt de vivre. Il se dégage en grande quantité du nitre de la destruction de l’acide nitreux dont il paraît une des parties c’est à la production rapide de cet air, et à sa propriété de détoner quand il est mêlé avec l’air inflammable qui se dégage des corps qui brûlent, que l’on doit attribuer les effets terribles de la poudre à canon, et on général de toutes les combinaisons semblables. (K.) 

Note_42 Principe faux dans sa forme. Un petit feu a besoin d’air parce qu’il ne l’appelle pas assez par lui-même. Un grand feu en appelle beaucoup. (D.) 

Note_43 Voltaire a ici le doigt sur la vérité. (D.) 

Note_44 Il serait plus simple de dire que c’est parce qu’il n’y a plus d’air, et ce serait vrai. (D.)