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| Index Voltaire | Commande CDROM | Mélanges I | Éléments de la Philosophie | FRAGMENT D’UNE LETTRE SUR DIDON, TRAGÉDIE.
(1736)
NOTICE: La tragédie
de Didon,
par Lefranc de Pompignan, jouée le 21 juin 1734,
fut imprimée la même année; l’approbation du censeur
LETTRE ... Plusieurs personnes ayant à l’envi rendu M. Lefranc
de Pompignan célèbre, et tout Paris parlant de lui, j’ai
voulu le lire; j’ai trouvé sa Didon: je n’ai pu encore aller
au delà de la première scène; mais j’espère
poursuivre avec le temps. Cette première scène m’a paru un
chef-d’oeuvre. Iarbe déclare d’abord
Madherbal, officier de la reine étrangère, lui répond Vos feux! que dites-vous? ciel, quelle est ma surprise! Ce Madherbal en effet peut être surpris, pour peu
qu’il sache la langue française, que des ambassadeurs subissent
des
refus, etc.; que le prince Iarbe,
car ce Madherbal doit croire que ces ambassadeurs ont
un faux nom, et que ce Iarbe prend les noms de trois ou quatre ambassadeurs
à la fois. Iarbe lui réplique:
C’est comme si on disait: J’ai quitté les bords
de
Quercy, qui est au milieu des terres. Ensuite il apprend à cet officier
Apparemment que la tentation n’a pas réussi, car
il ajoute que ses soldats et ses vaisseaux
Madherbal, toujours étonné de ce qu’il entend, et surtout d’une haine qui va suivre les pas de Iarbe, lui répond: Non, je ne reviens point de ma surprise extrême. Je suis comme Madherbal; je ne reviens point de ma surprise
de lire de tels discours et de tels vers: le style est un peu de Gascogne.
L’auteur, qui fut de Montauban à Paris donner cet ouvrage, fut assez mal conseillé; je ferai ce que je pourrai pour achever la pièce; je suis déjà édifié de son Épître dédicatoire, dans laquelle il se compare, avec sa modestie ordinaire, au cardinal de Richelieu(1); et j’avoue qu’en fait de vers le Gascon peut s’égaler au Poitevin...
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