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Notes.
Note_1
Les éditions antérieures à 1748 portent: Je crois
même. ( B.)
Note_2
L’un de ces livres est sans doute la Vérité de
la religion chrétienne prouvée par les faits, de l’abbé
Houteville; voyez tome XX, et tome XXI.
Note_3
Les éditions antérieures à 1748 portent: « ...au-dessous
de l’infini. Je suis métaphysicien avec Locke, mais chrétien
avec saint Paul. » (B.)
Note_4
C’est bien là la pensée de Pascal, mais le texte n’est pas
exact. On a même abrégé. Voyez l’édition Faugère,
tome II, page 152.
Note_5
Pascal a écrit: « Sera-ce les philosophes qui nous proposent
pour tout bien les biens qui sont en nous? Est-ce là le vrai bien?
»
Note_6
La transmission du péché originel.
Note_7
Essais:, livre II, chapitre ier.
Note_8
Pascal a écrit: « Le juste est de ne point parier... Oui,
mais il faut parier cela n’est pas volontaire, vous êtes embarqué.
Lequel prendrez-vous donc? Peser le gain et la perte, en prenant croix
que Dieu est. Estimons ces deux cas: si vous gagnez, vous gagnez tout;
si vous perdez, vous ne perdez rien. Gagez donc qu’il est sans hésiter.
— Cela est admirable: oui, il faut gager, mais je gage peut-être
trop.— Voyons. Puisqu’il y a pareil hasard de gain et de perte, si vous
n’aviez qu’à gagner deux vies pour une vous pourriez encore gager.»
Note_9
Pascal est un des inventeurs du calcul des probabilités; mais il
abuse ici des principes de ce calcul. si vous proposez de parier pour croix
ou pour pile, en ne promettant un écu si je gagne en pariant pour
pile, et cent mille écus si je gagne en pariant pour croix, je parierai
pour croix; mais je ne croirai point pour cela que croix soit plus probable
que pile.
Si l’on se bornait à dire: « Conduisez-vous
selon les règles de la morale, que votre raison et votre conscience
vous prescrivent; il y a beaucoup à parier que vous en serez plus
heureux; et si vous y perdez quelques plaisirs, songez au risques auxquels
vous vous exposeriez si ceux qui croient qu’il existe un Dieu vengeur du
crime avaient raison »; ce discours serait très philosophique
et très raisonnable; mais il suppose que la croyance n’est pas nécessaire
pour être à l’abri de la punition. Tout homme qui professe
une religion où la foi est nécessaire ne peut se servir de
l’argument de Pascal.
Cet argument a encore un autre vice quand on veut l’appliquer
aux religions qui prescrivent d’autres devoirs que ceux de la morale naturelle.
Il ressemble alors au raisonnement d’Arnoult: « Il n’est pas prouvé
que mes sachets ne guérissent point quelquefois de l’apoplexie,
il faut donc en porter pour prendre parti le plus sûr. »
Enfin cet argument s’appliquant à toutes les religions
dont la fausseté ne sera pas démontrée conduirait
à un résultat absurde. il faudrait les pratiquer toutes à
la fois. (K.)
Note_10
Ce membre de phrase a été intercalé.
Note_11
Pascal avait d’abord écrit: comme un enfant.
Note_12
Il a depuis été ambassadeur, et est devenu un homme très
considérable. Sa lettre est de 1728; elle existe en original. (Note
de Voltaire. )— Cette note de Voltaire est de 1739. L’ami
dont il parle, et qui fut ambassadeur, est Falkener, à qui il dédia
Zaïre.
Note_13
Texte exact : Où ils font voir. Pascal avait en outre écrit
Appien.
Note_14
Texte exact : qui a traité de l’histoire de tant d’États.
Note_15
De Provinciis consularibus, V; et Pro Flacco, XXVIII.
Note_16
Pascal a écrit parmi.
Note_17
Cette même soeur de Pascal en est l’auteur. (K.)
Note_18
C’est, croyons-nous, la première fois (1728) que Voltaire écrit
cette phrase, qu’il répéta si souvent depuis. (G. A.)
Note_19
Texte exact : ses pensées.
Note_20
Texte exact: la lumière.
Note_21
Ces derniers mots que Voltaire va critiquer ne se trouvent pas dans le
manuscrit de Pascal, qui a écrit seulement: Rien ne peut nous
consoler lorsque nous y pensons de bien près.
Note_22
Chapitre v, verset 7. La dernière phrase de cet alinéa fut
ajoutée par Voltaire, en 1778.
Note_23
Il y a perpétuellement ici des équivoques. Quelques personnes
poursuivent le plaisir dans les divertissements, dans le travail même,
pour se dérober à l’ennui ou à des sentiments douloureux;
mais ce n’est point le plus grand nombre, ce n’est point là l’état
naturel de l’homme. Je m’ennuierais si je passais ma vie à
ne rien faire, ou Je travaille pour ne pasm’ennuyer, ne sont
point deux phrases synonymes. Le bonheur n’est ni dans l’action ni dans
le repos, mais dans une suite de sentiments ou de sensations agréables
que, suivant la constitution particulière d’un homme, ou les circonstances
de sa vie, l’action ou le repos peuvent lui procurer. (K.)
Note_24
Texte exact: sans aucune cause d’ennui, par l’état propre de sa
complexion.
L’ennui n’est qu’un dégoût de l’état
où l’on se trouve, causé par le souvenir vague de plaisirs
plus vifs qu’on ne peut se procurer. Les hommes qui n’ont guère
connu de sentiments agréables que ceux qu’on éprouve en satisfaisant
aux besoins de la nature connaissent peu l’ennui. (K.)
Note_25
Il est vraisemblable qu’un homme à qui les divertissements font
oublier ses douleurs n’en aurait pas été longtemps tourmenté:
ce n’est un remède que pour les petits maux (K.)
Note_26
Les n° XXIX et XXX ont été ajoutés en 1739: voici
ce qui, dans l’édition de 1734, formait le n° XXX. Texte
de Pascal. « Les défauts de Montaigne sont grands.
Il est plein de mots sales et déshonnêtes. Cela ne vaut rien.
Ses sentiments sur l’homicide volontaire et sur la mort sont horribles.
Remarque de Voltaire.
« Montaigne parle en philosophe, non en chrétien; il dit le
pour et le contre de l’homicide volontaire. Philosophiquement parlant,
quel mal fait à la société un homme qui la quitte
quand il ne peut plus la servir? Un vieillard a la pierre et souffre des
douleurs insupportables; on lui dit: si vous ne vous faites tailler, vous
allez mourir; si l’on vous taille, vous pourrez encore radoter, baver et
traîner pendant un an, à charge à vous-même et
aux vôtres. Je suppose que le bonhomme prenne alors le parti de n’être
plus à charge à personne; voilà à peu près
le cas que Montaigne expose.
Note_27
Le second nombre, qui est entre parenthèses, indique l’ordre des
Remarques dans l’édition de 1734.
Note_28
Le mot astres n’est pas dans le texte de Pascal. voici ce qu’il
a écrit:
« Combien les lunettes nous ont-elles découvert
d’êtres qui n’étaient point pour nos philosophes d’auparavant!
On entreprenait méchamment l’Écriture sainte sur le grand
nombre des étoiles, en disant: il n’y en a que mille vingt-deux,
nous le savons. »
Note_29
Genèse, chap. xv, 5.
Note_30
Célèbre astronome, né en 1646, mort en 1719. Son catalogue
mentionne 2,866 étoiles.
Note_31
Josué, chap. X, verset 12.
Note_32
Saint Paul, Corinth., chap. xv, verset 36, et saint Jean, chap.
xii, verset 24.
Note_33
Voici l’expression exacte de cette fameuse pensée: Je ne crois que
les histoires dont les témoins se feraient égorger.
Note_34
Cette pensée ne se trouve que dans les copies du manuscrit autographe
de Pascal.
Note_35
Texte exact: et ils ne se piquent jamais tant de savoir rien du reste
comme d’être honnêtes hommes.
Note_36
C’est de cette pensée que Voltaire parle, tome XVII.
Note_37
Texte exact: si jamais il n’y eût eu remède à aucun
mal...
Note_38
Le texte dit encore: et cela s’étant connu possible, on a conclu
de là que cela était. Car le peuple raisonne ordinairement
ainsi : une chose est possible, donc elle est, parce que la chose, etc...
Note_39
Dans les éditions antérieures à 1750, on lit seulement:
« C’est des Catalans que Tacite a dit cela; mais il n’y en a point
dont on ait dit et dont on puisse dire : Elle aime mieux la mort que
la guerre. »
Note_40
Cet article est aussi le XLVIe dans l’édition de 1734. voici ce
qui y formait l’article XLV:
Texte de Pascal. « Il y a donc deux sortes
d’esprits: l’un, de pénétrer vivement et profondément
les conséquences des principes, et c’est là l’esprit de justesse;
l’autre, de comprendre un grand nombre de principes sans les confondre,
et c’est là l’esprit de géométrie. »
Note de Voltaire:
« L’usage veut, je crois, aujourd’hui, qu’on appelle esprit géométrique
l’esprit méthodique et conséquent. »
Note_41
Pascal entend apparemment les douleurs qu’on éprouve à l’instant
de la mort, et dans ce sens sa pensée est vraie. Sans les idées
religieuses, les terreurs de la mort seraient bien peu de chose on serait
fâché de mourir, si on se trouvait heureux dans le monde,
comme on l’est d’aller se coucher au lieu d’aller au bal, même avec
la certitude de bien dormir; on serait affligé de mourir lorsque
le bonheur des personnes qu’on aime, leur sort, leur bien-être, dépendraient
de notre existence. (K.)
Note_42
Voici ce qui, dans l’édition de 1734, formait l’article XLVII.
Texte de Pascal. « Nous supposons que tous
les hommes conçoivent et sentent de la même sorte les objets
qui se présentent à eux; mais nous le supposons bien gratuitement,
car nous n’en avons aucune preuve. Je vois bien qu’on applique les mêmes
mots dans les mêmes occasions, et que toutes les fois que deux hommes
voient, par exemple, de la neige, ils expriment tous deux la vue de ce
même objet par les mêmes mots, en disant l’un et l’autre qu’elle
est blanche; et de cette conformité d’application on tire une puissante
conjecture d’une conformité d’idée; mais cela n’est pas absolument
convaincant, quoiqu’il y ait bien à parier pour l’affirmative.
Note de Voltaire. Ce
n’était pas la couleur blanche qu’il fallait apporter en preuve.
Le blanc, qui est un assemblage de tous les rayons, paraît éclatant
à tout le monde, éblouit un peu à la longue, fait
à tous les yeux le même effet; mais on pourrait dire que peut-être
les autres couleurs ne sont pas aperçues de tous les yeux de la
même manière.
Voltaire est revenu sur cette pensée; voyez le
n° XXX des Dernières Remarque sur les Pensées de Pascal,
ci-après, à l’année 1778.
Note_43
Il faut lire: Ceux qui jugent d’un ouvrage sans règle sont au regard
des autres comme ceux qui n’ont pas de montre à l’égard des
autres. Cela est plus clair.
Note_44
Texte exact: à Auguste ou à Alexandre: c’étaient
des jeunes gens.
Note_45
Pascal ajoute: les soldats de Mahomet, les hérétiques,
etc., et ainsi les logiciens.
Note_46
Ceci est à l’adresse même du janséniste Pascal. (G.
A.)
Note_47
Texte exact: Les bêtes ne s’admirent point. Un cheval n’admire
point son compagnon. Ce n’est pas qu’il n’y ait entre eux de l’émulation...
Note_48
A la place de la phrase qui suit, on lit seulement dans le manuscrit :
comme les hommes veulent qu’on leur fasse. Leur vertu se satisfait d’elle-même.
Note_49
Horace, livre I, épître I, 28-29.
Note_50
Texte exact: De là vient que presque tous les philosophes confondent
les idées des choses et parlent des choses corporelles spirituellement
et des spirituelles corporellement.
Note_51
.... et qu’il consiste en preuves.
Note_52
.... et qu’il consiste en la guérison.
Note_53
Texte exact: Mais qui s’imaginera une femme sur ce modèle-là,
qui consiste à dire de petites choses avec de grands mots, verra
une jolie demoiselle toute pleine de miroirs et de chaînes dont il
rira, parce qu’on sait mieux en quoi consiste l’agrément d’une femme
que l’agrément des vers.
Note_54
Les huit remarques qui suivent (LVII à LXIV) ont paru pour la première
fois en 1742; elles étaient numérotées LVIII à
LXV, parce qu’on avait conservé dans cette édition de 1742
la remarque qui portait, en 1734, le n° XLV.
Note_55
Cette pensée est curieuse; elle prouve que les talents, même
distingués, avilissaient alors dans l’opinion, lorsqu’on s’y livrait
hautement et sans mystère. Le président de Ris craignait
que le nom d’auteur ne fût une tache dans sa famille; et Pascal
est presque de l’avis du président de Ris; il ne mettait pas son
nom à ses livres, parce qu’il trouvait cela trop bourgeois. (K.)
— Voltaire et Condorcet ont raisonné sur un texte qui n’est pas
exact. Pascal a écrit : On ne passe point dans le monde pour
se connaître en vers, si l’on n’a mis l’enseigne de poète,
de mathématicien, etc. Mais les gens universels ne veulent point
d’enseigne et ne mettent guère de différence entre le métier
de poète et celui de brodeur. — Voyez, à propos du président
de Ris, l’article Charleval, dans le Catalogue des écrivains,
en tête du Siècle de Louis XIV.
Note_56
Pascal a écrit: Quelque condition qu’on se figure, si l’on assemble
tous les biens qui peuvent nous appartenir, la royauté est le plus
beau poste du monde et cependant qu’on s’imagine un roi accompagné
de toutes les satisfactions qui peuvent le toucher, s’il est sans divertissement,
etc.
Note_57
Le dernier membre de phrase n’est pas dans le texte manuscrit.
Note_58
Voici ce qu’écrit textuellement Pascal : Pourquoi une vierge ne
peut-elle enfanter? une poule ne fait-elle pas des oeufs sans coq? Qui
les distingue par dehors d’avec les autres, et qui nous a dit que la poule
n’y peut former ce germe aussi bien que le coq? Qu’ont ils à dire
contre la résurrection, et contre l’enfantement de la Vierge? Est-il
plus difficile de produire un homme ou un animal, que de le reproduire?
et s’ils n’avaient jamais vu une espèce d’animaux, pourraient-ils
deviner s’ils se produisent sans la compagnie les uns des autres?
Note_59
Les huit remarques qui suivent ont paru aussi en 1742, à la suite
des précédentes, mais avec un numérotage particulier.
La date de leur publication prouve que c’est à tort que parfois
on les a datées de 1743. La date que j’ai mise est celle qu’on lit
dans l’édition de 1742. (B.)
Note_60
Les Pensées de Pascal qui n’avaient pas encore paru sont celles
que le P. Desmolets publia, en 1728, dans la seconde partie du tome V de
la Continuation des mémoires de littérature et d’histoire.
Note_61
Desmolets, oratorien, né en 1678, mort en 1760.
Note_62
Comment une proposition est-elle inconcevable, tandis que la proposition
contradictoire (c’est le sens de Pascal, ou sa pensée n’en a aucun)
est manifestement fausse? ou comment sait-on qu’une proposition est fausse,
quand on ne l’entend point? Il est impossible de croire véritablement
ce qu’on ne conçoit pas; mais on peut ignorer les liaisons, les
causes d’un fait observé; on peut ne pas entendre parfaitement certaines
conséquences d’une vérité prouvée. (K.)
Note_63
Voltaire est revenu sur cette pensée; voyez le n° LXVI des Dernières
Remarques, année 1778 des Mélanges.
Note_64
Le P. Hardouin a intitulé son livre Athei detecti. Les athées
démasqués par Hardouin sont C. Jansénius, Ambroise
Victor (c’est-à-dire André Martin), L. Thomassin, Fr. Malebranche,
P. Quesnel, Ant. Arnauld, P. Nicole, R. Descartes, Ant. Legrand, Silyain
Régis, et B. Pascal.
Note_65
... ni aucune des choses de cette nature; non seulement parce que je
ne me sentirais pas assez fort pour trouver dans la nature de quoi convaincre
des athées endurcis, mais encore parce que cette connaissance, sans
Jésus-Christ, est inutile et stérile.
Note_66
Dans l’édition de 1734, cet alinéa terminait les remarques
alors existantes. C’est l’auteur qui, dans l’édition de 1742, l’a
transporté après ses remarques alors nouvelles, et à
la place où il est aujourd’hui. (B.) - Pour d’autres Remarques
sur les Pensées de Pascal, voyez, ci-après, l’année
1778.
Note_67
Les premières Remarques sur les Pensées de Pascal ont
été l’objet de plusieurs écrits. La Réponse,
ou Critique des Lettres philosophiques, par le R. P. D. P. B***, Basle,
1735, in-12, contient (douzième lettre) une critique des remarques
de Voltaire. Un quart de la Réponse aux lettres de M. de Voltaire,
Paris, 1735, in-12; La Haye, 1735, in-12, est consacré à
Pascal. Je reparlerai de ces deux ouvrages dans mon Avertissement en tête
des Lettres philosophiques.
La Défense des Pensées de Pascal, par
D. R. Boullier, parut d’abord en 1741, dans le tome II des Lettres sur
les vrais principes de la religion (par Mlle Hubert); elle a été
réimprimée dans le volume intitulé Lettres critiques
sur les Lettres philosophiques (Saint-Omer), 1753, in-12, dont il existe
des exemplaires avec l’adresse de Paris, Duchesne, 1754; et encore (sous
le titre de Sentiments de M*** sur la critique des Pensées
de Pascal dans le volume intitulé Apologie de la métaphysique,
à l’occasion du Discours préliminaire de l’Encyclopédie,
Amsterdam, 1753, petit in-8°. Les Pièces philosophiques
et littéraires, par M. B. (Boullier), 1759, in-12, contiennent
des corrections, additions et supplément aux Lettres publiées
en 1753.
C’est de Boullier que sont extraites les observations
qu’on trouve dans le Dictionnaire de Chaufepié, à
l’article Pascal. (B.)
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