Notes.

Note_a  Voltaire, dans la quatrième parlie de ses Questions sur l’Encyclopédie en 1771 avait un article CONFIANCE EN SOI-MÊME, qui n’était autre chose que le conte de Memnon, précédé de quatre vers et de quelques lignes de prose, que les éditeurs de Kehl ont intitulés: Avertissement de l’auteur. B.

Note_1 Billard et l’abbé Grizel, fameux directeurs de conscience. K. — Sur ces deux personnages, voyez la note des Stances à Saurin (dans les Poésies.)

Note_b  Pope. B.

Note_c  Platon, Shaftesbury, Bolingbroke, Leibnitz. B.

Note_2 Quand les fakirs veulent voir la lumière céleste, ce qui est très commun parmi eux, ils tournent les yeux vers le bout de leur nez. 

Note_d De micros, petit, et de megas, grand. B.

Note_e C’est ainsi qu’on lit dans les premières éditions. D’autres, au lieu de géomètres, portent algébristes. B.

Note_f  Au lieu de le plus célèbre, qu’on lit dans la première édition, les éditions postérieures portent: des jésuites. B.

Note_3 Pascal devint un très grand géomètre, non dans la classe de ceux qui ont contribué par de grandes découvertes au progrès des sciences, comme Descartes, Newton, mais dans celle des géomètres qui ont montré par leurs ouvrages un génie du premier ordre. (K.) 

Note_4 M. de Voltaire avait été persécuté par le théatin Boyer, pour avoir dit dans ses Lettres philosophiques que les facultés de notre âme se développent en même temps que nos organes, de la même manière que les facultés de l’âme des animaux (K.) 

Note_5 Savant anglais, auteur de la Théologie astronomique, et de quelques autres ouvrages qui ont pour objet de prouver l’existence de Dieu par le détail des merveilles de la nature: malheureusement lui et ses imitateurs se trompent souvent dans l’exposition de ces merveilles; ils s’extasient sur la sagesse qui se montre dans l’ordre d’un phénomène, découvre que ce phénomène est tout différent de ce qu’ils ont supposé; alors c’est ce nouvel ordre qui leur paraît un chef-d’oeuvre de sagesse. Ce défaut, commun à tous les ouvrages de ce genre, les a décrédités. On sait trop d’avance que, de quelque manière que les choses soient, l’auteur finira toujours par les admirer. (K.) 

Note_g   L’édition de 1775 est la première qui porte cent; toutes les éditions précédentes portent: deux cents. B.

Note_6 Huygens. 

Note_h  Voyez les notes du discours en vers sur la Modération, et celles du Russe à Paris. B.

Note_i  L’édition que je crois originale porte: soixante millième. B.

Note_7 Expression heureuse et plaisante de Fontenelle, en rendant compte de quelques observations d’histoire naturelle. (K.) 

Note_8 Il s’agit ici de la guerre entre la Turquie et la Russie, de 1736 à 1739. B.

Note_9 La Crimée. Elle n'a été réunie à la Russie qu'en 1783. B.

Note_10 Anagramme de Roi, poète né avec des talents que son penchant pour la satire, les aventures qui en furent la suite, sa jalousie contre les hommes de la littérature qui lui étaient supérieurs, avilirent et rendirent malheureux. Le ballet des Éléments et l’opéra de Callirhoé sont les seuls de ses ouvrages qui lui aient survécu: il mourut vieux, et avait fini par se faire dévot. (K.) 

Note_11 Las Cases.

Note_12 Voici ce passage tel qu’il est transcrit dans l’édition datée de 1750:
Entelšcei£ tij ™jˆ kaˆ lÒgoj toà dÚnamin œcovtoj toioudˆ e‡nai. Ce passage d’Aristote de l’Ame, livre II, chapitre II, est ainsi traduit par Casaubon: Anima quaedam perfectio et actus ac ratio est quod potentiam habet ut ejusmodi sit. B.

Note_13 L’édition qne je crois l’originale, et celle qui est datée de 1750, portent: « livre de philosophie, qui leur apprendrait des choses admirables, et qui leur montrerait le bon des choses. » B

Note_14 Quoique la scène se passe en 1737 on pouvait donner l’épithète de vieux à Fontenelle, qni avait alors quatre-vingts ans, et qui mourut vingt ans après. Il s’était démis en 1740, de la place de Secrétaire perpétuel. B.

Note_15  Louis XIII eut dès son enfance , dit Voltaire, le surnom de Juste, parcequ’il était né sous le signe de la Balance. Voyez le Siècle de Louis XIV, chapitie 2. B.

Note_16  Sur les querelles des cérémonies chinoises, voyez le chapitre XXXIX du Siècle de Louis XIV. B.

Note_17  Innocent X, qui a régné de 1644 à 1655. B.

Note_18  M. de Voltaire s’est égayé quelquefois sur Platon, dont le galimatias, regar-dé autrefois comme sublime a fait plus de mal au genre humain qu’on ne le croit communément.
Il est difficile de comprendre comment un philosophe qui écrivit sur la porte de son école, Que celui qui ignore la géometrie n’entre point ici; qui fit lui-même des découvertes dans cette science, dont les premies disciples inventé-rent les sections coniques, dont l’école produisit presque tous les géomètres et les astronomes de la Grèce, qui enfin fut le fondateur d’une secte de scepti-ques; comment Platon, en un mot, put débiter si sérieusement tant de rêveries dans ses Dialogues, écrits d’ailleurs avec tant d’éloquence, et où l’on trouve souvent tant d’esprit, de bon sens, et de finesse.
On peut croire qu’effrayé par l’exemple de Socrate, il ne voulut révéler dans ses Dialogues que la demi-philosophie, qu’il croyait à la portée du vulgaire. Il espérait qu’à la faveur de ses systèmes, des tableaux par lesquels il amusait l’imagination, des détours agréables par lesquels il conduisait ses lecteurs, il pourrait faire passer un petit nombre de vérités utiles, sans s’exposer aux per-sécutions des prêtres et des aréopagites. Mais, par une fatalité singulière le sage esprit de doute, ce goût pour l’astronomie et les mathématiques, conser-vés dans l’école de Platon, tombèrent avec cette école: ses rêveries seules subsistèrent, devinrent des mystères sacrés, et règnent encore sur des esprits auxquels le nom de Platon n’est pas même parvenu.
Aristote, son disciple et son rival, prit une autre route; il se bornait à exposer avec simplicité ce qu’il croyait vrai. Son Histoire des animaux, et même sa Physique, pouvaient apprendre aux Grecs à connaître la nature et à l’étudier. L’idée de réduire le raisonnement à des formes techniques est une des choses les plus ingénieuses que jamais l’esprit humain ait découvertes. Sa Morale est le premier ouvrage où l’on ait essayé d’appuyer les idées de vice, de vertu, de bien et de mal, sur l’observation et sur la nature. Ses ouvrages sur l’éloquence et la poésie renferment des règles puisées dans la raison et dans la connais-sance du coeur humain.
Mais, comme Pythagore, il fut trop au-dessus de son siècle. On sait que ce philosophe avait enseigné à ses disciples le vrai système du monde, et que peu de temps après lui cette doctrine fut oubliée par les Grecs, qui ne paraisaient s’en souvenir dans leurs écoles que pour la combattre. Mais les rêveries attri-buées à Pythagore eurent des partisans jusqu’à la chute du paganisme. Aris-tote eut un sort semblable. Sa méthode de philosopher ne passa point à ses disciples; on ne chercha point à étudier la nature, à son exemple, dans les phénomènes qu’elle présente. Quelques subtilités métaphysiques bonnes ou mauvaises, extraites de ses ouvrages, des principes vagues de physique, tribut qu’il avait payé à l’ignorance de son siècle, devinrent le fondement d’une secte qui, s’étendant des Arabes atix chrétiens, régna souverainement pendant quelques siècles dans les écoles de l’Europe, n’ayant plus rien de commun avec Aristote que son nom.
Ainsi Platon et Aristote, après avoir été longtemps l’objet d’une espèce de culte, dûrent  devenir presque ridicules aux premières lueurs de la vraie philo-sophie. On ne les connaissait plus que par leurs erreurs et par quelques rêve-ries qui servaient de base à des sottises sans nombre. C’est contre ces rêveries seules que M. de Voltaire s’est permis de s’élever quelquefois, et aux dépens desquelles il ne croyait pas que le respect qu’on doit au génie de Platon ou d’Aristote dût l’empêcher de faire rire ses lecteurs. K.