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Notes.
Note_1
Dans l’édition de 1759, cette préface commençait ainsi:
« Qui aurait dit, en 1700, qu’une cour magnifique
et polie serait établie au fond du golfe de Finlande; que les habitants
du Solikam, de Casan et des bords du Volga et du Saïk, seraient au
rang de nos troupes les plus disciplinées, qu’ils remporteraient
des victoires en Allemagne après avoir vaincu les Suédois
et les Ottomans; qu’un empire de deux mille lieues, presque inconnu de
nous jusqu’alors, serait policé en cinquante années; que
son influence s’étendrait sur toutes nos cours, et qu’en 1759, le
plus zélé protecteur des lettres en Europe serait un Russe?
Qui l’aurait dit eût passé pour le plus chimérique
de tous les hommes. Pierre le Grand ayant fait et préparé
seul toute cette révolution, que personne n’avait pu prévoir,
est peut-être de tous les princes celui dont les faits méritent
le plus d’être transmis à la postérité.
« La cour de Pétersbourg a fait parvenir
à l’historien chargé de cet ouvrage tous les documents authentiques.
Il est dit dans le corps de cette histoire que ces mémoires sont
déposés dans la bibliothèque publique de Genève,
ville assez fréquentée, et voisine des terres ou cet l’historien
demeure. Mais comme toutes les instructions et tout le journal de Pierre
le Grand ne lui ont pas encore été communiqués, il
a pris le parti de garder chez lui ces archives, qui seront montrées
à tous les curieux, avec la même facilité qu’elles
le seraient par les gardes de la bibliothèque de Genève;
et le tout y sera déposé quand le second volume sera achevé.
« Le public a quelques prétendues histoires,
etc. »
Dans l’édition in-4° de 1768, le second alinéa
est réduit à ces mots: « La cour de Pétersbourg
a fait parvenir à l’historien chargé de cet ouvrage tous
les documents authentiques. Il n’a écrit que sur des preuves incontestables.
Le public, etc. »
Le début actuel est de 1775, ainsi que la disposition
des paragraphes. Jusque-là, ce qui forme aujourd’hui le paragraphe
II faisait partie du paragraphe Ier. Le paragraphe III actuel
n’était que le II, et successivement pour les quatre suivants. Quant
au paragraphe VIII, il fut et est composé d’une partie de l’avis
Au lecteur, qui se lisait en tête de la première édition
de la seconde partie. (B.)
Note_2
Contrat social de J.-J. Rousseau, livre II, chapitre VIII.
Note_3
Nous ne croyons pas que jamais les Tartares se rendent les maîtres
de l’Europe. Les lumières, dont il ne faut pas confondre les progrès
avec la perfection des arts, de la poésie, de l’éloquence,
ne peuvent manquer de s’accroître et de se répandre; et elles
opposent aux Tartares une barrière que la férocité
ne peut vaincre.
Mais le célèbre Jean-Jacques avait pris
le parti de soutenir que plus on était ignorant, plus on avait de
raison et de vertu. Nous sommes fâchés que, dans ce passage
et dans quelques autres, M. de Voltaire ait paru refuser à un homme
libre le droit de parler avec liberté des souverains, et de juger
leurs actions; mais si l’on examine ces passages, on verra que dans tous
il défend un prince qu’il regarde comme un homme supérieur,
contre un écrivain qu’il n’estime point. Ce n’est donc pas à
un citoyen qu’il refuse le droit de juger les rois, c’est à un déclamateur
qu’il refuse celui de juger un grand homme. On peut croire qu’il s’est
trompé dans son jugement sur le mérite d’un philosophe ou
d’un historien, mais on ne doit pas l’accuser d’avoir commis envers le
genre humain le crime de s’être élevé contre un de
ses droits. (K.)
— Voici le passage de Rousseau auquel Voltaire est revenu
bien souvent:
« Tel peuple est disciplinable en naissant, tel
autre ne l’est pas au bout de dix siècles. Les Russes ne seront
jamais vraiment policés parce qu’ils l’ont été trop
tôt. Pierre avait le génie imitatif; il n’avait pas le vrai
génie, celui qui crée et fait tout de rien. Quelques-unes
des choses qu’il fit étaient bien, la plupart étaient déplacées.
Il a vu que son peuple était barbare, il n’a point vu qu’il n’était
pas mûr pour la police; il l’a voulu civiliser quand il ne fallait
que l’aguerrir. Il a d’abord voulu faire des Allemands, des Anglais, quand
il fallait commencer par faire des Russes. Il a empêché ses
sujets de jamais devenir ce qu’ils pourraient être en leur persuadant
qu’ils étaient ce qu’ils ne sont pas. C’est ainsi qu’un précepteur
français forme son élève pour briller un moment dans
son enfance, et puis n’être jamais rien. L’empire de Russie voudra
subjuguer l’Europe et sera subjugué lui-même. Les Tartares,
ses sujets ou ses voisins, deviendront ses maîtres et les nôtres:
cette révolution me parait infaillible. Tous les rois de l’Europe
travaillent de concert à l’accélérer. »
Note_4
Le czar Pierre avait des États immenses, beaucoup d’hommes et de
productions; il forma une armée et une flotte, et dès lors
il eut formé un puissant empire. Rome n’était qu’un village,
et en quatre siècles de victoires continuelles elle forma un empire
six fois plus peuplé que celui de Russie et six rois plus grand,
si on ne compte pas les déserts pour des provinces. (K.)
Note_5
Il était, archevêque de Twer; voyez la lettre de Voltaire
à Catherine, du 15 mai 1771.
Note_6
Dans l’article ÉGLISE de ses Questions sur l’Encyclopédie,
publié en 1771, et faisant partie du Dictionnaire philosophique,
Voltaire avait parlé des « sermons que l’ancien Platon grec
n’aurait pas désavoués »; mais il n’en citait aucun
trait. (B.)
Note_7
Jean Schouvaloff, fils du favori de la czarine Élisabeth, Pierre
Schouvaloff, avait la direction des arts en Russie. Il vint saluer Voltaire
à Ferney de la part de Catherine II en 1763. (G. A.) — On trouvera
dans la Correspondance, aux années 1757 à 1762, 1767,
1768, 1769, 1771 et l773, un assez grand nombre de lettres de Voltaire
à ce seigneur russe.
Note_8
Les Mémoires du règne de Pierre Ier, 5
vol., 1728, sont de Rousset de Missy, protestant réfugié
en Hollande. (G. A.)
Note_9
Dans l’édition originale, ou de 1759, il y avait: « Ordonna
un de ses grands officiers de dresser l’acte suivant. » Puis était
rapportée la lettre du comte de Tressan, qu’on a lue à la
page 142 du présent volume, et qu’il était inutile de répéter
ici. Cette disposition et le texte actuel sont de 1768, dans l’édition
in-4°. (B.)
Note_10
Le Siècle de Louis XIV avait paru depuis huit ans (1751).
Note_11
Mairan (1678-1771), physicien, mathématicien, littérateur
et ami de Voltaire, auteur des Lettres au P. Parennin. Voyez la
Correspondance, 9 août 1760.
Note_12
Ceci est contre de Guignes (1721-1800), auteur d’un Mémoire dans
lequel on prouve que les Chinois sont une colonie égyptienne
(1759). « J’ai été obligé en conscience, écrit
Voltaire à Mairan, le 9 auguste 1760, de me moquer de lui, sans
le nommer pourtant, dans la Préface de l’Histoire de Pierre Ier.
On imprimait cette histoire l’année passée, lorsqu’on m’envoya
cette plaisanterie de M. de Guignes. Je vous avoue que j’éclatai
de rire… »
Note_13
Voltaire écrivait cela en l759: c’était en 1745, après
la bataille de Fontenoy, que le maréchal de Saxe, de retour à
Paris, assistant dans les balcons de l’Opéra à une représentation
d’Armide, s’était vu présenter une couronne de laurier
par Mlle de Metz, qui faisait le rôle de la Gloire.
Note_14
Voyez l’Histoire de Charles XII.
Note_15
L’abbé de Montgon. (K.)
Note_16
Dans l’édition de 1759, et dans toutes celles qui ont paru du vivant
de l’auteur, on lisait de plus ici:
« On ne voit pas que le législateur de la
Russie doive céder à Lycurgue et à Solon. Les lois
de l’un, qui recommandent l’amour des garçons aux bourgeois d’Athènes,
et qui le défendent aux esclaves; les lois de l’autre, qui ordonnent
aux filles, de combattre toutes nues à coups de poing dans la place
publique, sont-elles préférables aux lois de celui qui a
formé les hommes et les femmes à la fermeté, qui a
créé la discipline militaire sur terre et sur mer, et qui
a ouvert à son pays la carrière de tous les arts? — Cette
histoire contient sa vie publique, laquelle, etc. » (B.)
Note_17
Voltaire s’était engagé à glisser sur les détails
de la vie privée du czar. Voyez sa correspondance avec Schouvaloff
(année 1757). (G. A.)
Note_18
Voltaire, qui avait déjà dit cela en 1736, dans son Discours
préliminaire en tête d’Alzire, y est encore revenu en
1773, dans l’article XIII de ses Fragments sur l’histoire générale.
Note_19
La Beaumelle. Voyez Supplément au Siècle de Louis XIV.
Note_20
Levassor est auteur d’une Histoire de Louis XIII (voyez son article
dans la Liste des écrivains, en tête du Siècle
du Louis XIV). L’Histoire de la vie et du règne de Louis
XIV (par La Motte), 1740, cinq volumes in-4°; id., six volumes
in-4°, a fourni plusieurs remarques à Voltaire: voyez les chapitres
XXI, XXV, XXVI, XXVII et XXX du Siècle de Louis XIV; et,
dans les Mélanges, 1749-1750, le paragraphe XIV de l’opuscule
intitulé Des mensonges imprimés. (B.)
Note_21
Roman de Mlle Scudéry, en dix volume, dont la première
édition est de l656.
Note_22
C’est-à-dire au commencement du règne de Louis XIV.
Note_23
Ce qui forme aujourd’hui le paragraphe VIII est une partie de ce qui formait,
en 1763, la préface Au lecteur, de la seconde partie. Voici
ce qui précédait le passage conservé:
« L’empire de Russie est devenu de notre temps si
considérable pour l’Europe que Pierre, son vrai fondateur, en est
encore plus intéressant. C’est lui qui a donné au Nord une
nouvelle face; et, après lui, sa nation a été sur
le point de changer le sort de l’Allemagne, et son influence s’est étendue
sur la France et sur l’Espagne, malgré l’immense distance des lieux.
L’établissement de cet empire est peut-être la plus grande
époque pour l’Europe, après la découverte du nouveau
monde. C’est uniquement ce qui engage l’auteur de la première partie
de l’Histoire de Pierre le Grand à donner la seconde.
« Il y a quelques fautes dans plusieurs exemplaires
du premier tome, dont on doit avertir le lecteur.
……………………………………………………………………………………………………….
« Page 26, Russie rouge, lisez: avec
une partie de la Russie rouge. Au reste, il est bon d’apprendre aux
critiques mal instruits que la Voltaire, la Podolie, et quelques contrées
voisines, ont été appelées Russie rouge par
tous les géographes.
……………………………………………………………………………………………………….
« On peut laisser au pays d’Orembourg l’épithète
de petit, parce qu’en effet ce gouvernement est petit en comparaison
de la Sibérie à laquelle il touche. On peut substituer une
peau d’ours à la peau de mouton que plusieurs voyageurs
prétendent être adorée par les Ostiaks. Si ces bonnes
gens rendent un culte à ce qui leur est utile, une fourrure d’ours
est encore plus adorable qu’une peau de mouton, et il faut avoir une peau
d’âne pour s’appesantir sur ces bagatelles.
« Que les barques construites par le czar Pierre
Ier aient été appelées ou non demi-galères;
que Pierre ait logé d’abord dans une maison de bois ou dans une
maison de briques, cela est., je crois, fort indifférent.
« Il y a des choses moins indignes des yeux d’un
lecteur sage. Il est dit, par exemple, au premier volume, que les peuples
du Kamtschatka sont sans religion. Des mémoires récents,
etc. »
Voyez les sept alinéas du chapitre Ier que
j’indique comme ajoutés en 1763, et fondus dans le texte en 1768;
après quoi l’auteur reprenait:
« Au reste, il est bon d’avertir que l’illustre
géographe Delisle appelle ce pays Kamshat. Nous retranchons
d’ordinaire les ka et les koy qui sont à la fin des
noms russes et c’est ainsi qu’en usent les Italiens.
« Il y a un article plus important qui peut intéresser,
etc. »
C’est dès 1768 que ce qui forme aujourd’hui le
paragraphe VIII a été mis à la suite de la préface
de 1759. (B.)
Note_24
Le prince A. Labanoff, dans sa Lettre à M. le rédacteur
du Globe, 1827, in-8°, dit qu’il faut lire 1635, et que 1634 est
une faute d’impression. La faute de Voltaire vient de ce que la date de
1634 se trouve dans une phrase d’Oléarius, qui précède
celle où il est question du marquis d’Exideuil. (B.)
Note_25
L’ouvrage allemand d’Oléarius, intitulé Nouvelle Relation
d’un voyage en Moscovie et en Perse, a eu plusieurs éditions;
la traduction française, par A. de Vicquefort, a été
aussi imprimée plusieurs fois. L’édition de 1727 est celle
qu’a consultée Voltaire. Car c’est dans cette édition, page
207, qu’on nomme Henri IV le roi de France au nom duquel on suppose
la mission de Talleyrand. M. le prince A. Labanoff dit qu’Oléarius
parle simplement du roi de France (sans le nommer). L’édition de
1656, de la traduction française d’Oléarius, porte: le
roi défunt, expression qui désigne évidemment
Louis XIII, qui d’ailleurs est nommé en toutes lettres dans le passage
d’Oléarius que vient de transcrire Voltaire. Charles de Talleyrand
avait été envoyé en Russie par Bethlem-Gabor, prince
de Transylvanie; c’est ce qu’explique le prince Labanoff dans un Post-scriptum
de sa Lettre à M. le rédacteur du Globe, post-scriptum
qui contient une lettre de Louis XIII, du 3 mars 1635, par laquelle le
monarque français demande au czar la liberté de Talleyrand.
Cette lettre de Louis XIII avait été publiée, dès
1782, par G.-F. Muller, comme je l’ai dit dans mon Avertissement. (B.)
Note_26
« Voltaire ayant ainsi prouvé l’invraisemblance du fait rapporté
par Oléarius, on n’y songea plus pendant longtemps (dit M. le prince
A. Labanoff dans sa Lettre déjà citée); Levesque est
même le seul qui en ait parlé depuis en 1796, dans un mémoire
qu’il lut à l’Institut sur les anciennes relations de la France
avec la Russie. Il voulut combattre l’opinion de Voltaire et rétablir
le fait supposé; mais il échoua entièrement, et cette
fable retomba dans l’oubli comme elle le méritait. »
Note_27
C’est au czar Ivan Basilovitz qu’on attribue cette cruauté; voyez
dans la Correspondance, la lettre à Schouvaloff, du 11 juin
1761. (B )
Note_28
Sa Géographie universelle avait
été traduite en français en 1761. (B.)
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