Notes.

Note_1 Chapitre v. 

Note_2 Ibid.

Note_3 Le 29 auguste 1756; voyez dans les Poésies mêlées, la pièce qui commence par ce vers: 

O Salomon du Nord! ô philosophe roi!

Note_4 Ulysse-Maximilien, comte de Brown, né à Bâle en 1705, d’abord simple soldat, était feld-rnaréchal quand il fut blessé mortellement à la journée de 6 mai 1757. Il mourut le 20 juin suivant dans Prague même. On l’a confondu quelquefois avec George, comte de Brown, général au service de Russie, mort en 1792. (CL.) 

Note_5 Toutes les éditions portaient juillet, avant que M. Clogenson publiât son édition, dans laquelle, avec raison, il a mis juin.

Note_6 Bouchard de Bussy, frère de Bussy-Castelnau. Sa traduction d’Élien parut à Paris en 1757, deux volumes petit in-12. (CL.) 

Note_7 La pièce fut adressée au marquis d’Argens. En voici quelques vers: 
 

Ami, le sort en est jeté! 
Las de plier dans l’infortune 
Sous le joug de l’adversité, 
J’accourcis le temps arrêté 
Que la nature, notre mère, 
A mes jours remplis de misère 
A daigné prodiguer par libéralité, 
……………………………… 
……………………………… 
Je disais au matin, les yeux couverts de pleurs: 
Le jour dans peu va renaître 
M’annonçant de nouveaux malheurs. 
Je disais à la nuit: Tu vas bientôt paraître 
Pour éterniser ma douleur. 
Vous, de la liberté héros que je révère, 
O mânes de Caton, ô mânes de Brutus, 
Votre illustre exemple m’éclaire!…

Puis, ayant recommandé sa mémoire à d’Argens: 

Chaque printemps, disait-il pour finir, 
 
                      de fleure écloses 
Souviens-toi d’orner mon tombeau.

Non seulement d’Argens, mais aussi Voltaire, lui écrivirent pour combattre son projet, et les remontrances de ces amie opérèrent si bien qu’à la veille de la bataille du Rosbach il ne rêvait plus la mort que glorieuse: 
 

Pour moi, menacé du naufrage, 
Je veux, en affrontant l’orage, 
Penser, vivre et mourir en roi.

C’est ainsi qu’il écrit à Voltaire. Encore une fois, c’est dans la Correspondance qu’il faut lire toute cette histoire héroïque. Voltaire y joua le rôle de confident et celui d’intermédiaire. Il fut chargé par Frédéric de proposer la paix. (G. A.) 

Note_8 Charles de Rohan, prince de Soubise, né peu de temps avant la mort de Louis XIV. Il s’était distingué à Fontenoy; mais les Prussiens lui durent la victoire de Rosbach; voyez la lettre de Voltaire à d’Argental, du 2 décembre 1757. (CL.) 

Note_9 C’est à la bataille de Rosbach, le 5 novembre 1757, que fut tué le marquis de La Fayette, laissant un enfant âgé de soixante-cinq jours, qui est aujourd’hui le général Lafayette (mars 1831). (B.) 

Note_10 C’est contre le colonel Diesbach qu’il a plu au nommé La Beaumelle de se déchaîner dans un libelle intitulé Mes Pensées, ainsi que contre les d’Erlach, les Sinner, et toutes les illustres familles de la Suisse, qui prodiguent leur sang depuis deux siècles pour les rois de France. La grossièreté impudente de cet homme doit être réprimée dans toutes les occasions. (Note de Voltaire.) 

Note_11 Dans l’Éloge funèbre des officiers qui sont morts dans la guerre de 1741; voyez aux Mélanges.

Note_12 Bataille de Lissa ou Leuthen. 

Note_13 Il y eut trois conspirations tramées à la lois contre lui par sa femme, et qui toutes trois éclatèrent le même jour. Catherine n’avait cessé de préparer sa perte. Frédéric avait même averti souvent le czar. (G. A.) 

Note_14 Pierre III (Charles-Pierre-Ulric), petit-fils de Pierre Ier et de Catherine Ire, après avoir été proclamé, le 5 janvier 1762, successeur de sa tante Élisabeth, fut détrôné par sa femme, Catherine II, dans la nuit du 8 au 9 juillet suivant, et étranglé dans la citadelle de Ropschen le 17, par Alexis Orloff, que l’impératrice n’avait peut-être pas chargé de commettre ce crime, mais qu’elle récompensa magnifiquement. Le lendemain Catherine fut proclamée impératrice, après avoir déclaré officiellement que son mari était mort d’une colique hémorroïdale.

Ou voit par sa lettre adressée, le 1er avril 1768, au duc de Choiseul, à l’époque où il s’occupait à publier la première édition de son Précis, que Voltaire ne croyait pas Catherine II si coupable qu’on le disait, et qu’il n’avait pas encore vu le manuscrit de Rulhière, publié seulement après la mort de l’impératrice (1797), avec le titre d’Histoire de la révolution de Russie en 1762. (CL.) 

Note_15 Le même à qui sont adressées les Lettres à S. A. monseigneur le prince de….

Note_16 Dans l’édition originale et dans une édition de 1769, en deux volumes in-12, immédiatement après ces mots venait l’alinéa (aujourd’hui l’avant-dernier) qui commence ainsi: Ces succès divers, etc. Mais l’édition in-4° de 1769 contenait déjà la plus grande partie de l’addition qui suit. (B.) 

Note_17 Ce fut le chevalier de Lorry, lieutenant-colonel au régiment d’Auvergne, qui fit connaître à Voltaire le dévouement du chevalier d’Assas. Voyez, dans la Correspondance, la lettre au chevalier de Lorry, du 26 octobre 1768, imprimée dans le Mercure dès le mois d’avril 1769. Feu Lombard de Langres, dans ses Mémoires anecdotiques, publiés en 1823, tome Ier, page 234, fait honneur à un sergent du régiment d’Auvergne, nommé Dubois, de l’action généralement attribuée à d’Assas. En 1828 a été inaugurée, dans la ville du Vigan, patrie de d’Assas, la statue pédestre de ce militaire, faite par M. Gatteaux. 

La phrase où Voltaire parle de la pension est posthume. Cette pension, supprimée pendant la Révolution, fut rétablie vers 1810 par Napoléon. (B.) 

Note_18 Louis-Joseph de Bourbon, prince de Condé, né à Chantilly le 9 auguste 1739, mort à Paris le 13 mai 1818. 

Note_19 Il s’agit du combat de Johansberg, près de Friedberg, en Vétéravie. 

Note_20 Ou mieux, Chunda-Saëb. (G. A.) 

Note_21 Tout cela est peu clair. Chunda-Saëb était prisonnier à Pounah. Dupleix lui avança la somme nécessaire pour sa rançon. Libre, Chunda-Saëb se mit à la tête de trois mille Maharattes et tint campagne dans la nababie qu’il réclamait, et que lui promit Muzafer-Singh, lequel disputait à son oncle Nazer-Singh la soubahbie du Dekkan. Dupleix se joignit à eux. 

Note_22 Il ne fut pas assassiné. Voyez au chapitre XXIX. 

Note_23 Cela est encore bien embrouillé. Tout au fait d’armes de l’officier La Touche, qu’il signale le premier, Voltaire a oublié de mentionner la bataille que gagna Nazer-Singh sur son neveu Muzafer-Singh, grâce à une sédition qui éclata dans les troupes françaises. (G. A.) 

Note_24 La Johanna Begum, comme on l’appelait, entretenait avec l’Inde entière une correspondance diplomatique. (G. A.) 

Note_25 Bourcet, dans la lettre à voltaire mentionnée en mon Avertissement, dit: « Ce n’est pas la capitale de Maduré que fit assiéger M. Dupleix; c’était la ville de Trichenapalli, capitale d’un ancien royaume tributaire d’Arcate, où Mahomet-Alikam, fils d’Anaverdikam, s’était retiré avec ses trésors. » (B.) 

Note_26 L’Angleterre avait eu l’habileté de faire ressortir le scandale que présentaient les hostilités des compagnies dans l’Inde, à une époque où les deux mères-patries étaient en paix. Au lieu de conquêtes, la compagnie ne voulut plus qu’un commerce d’échange. On rappela donc Dupleix comme obstacle à la paix. (G. A.) 

Note_27 Godeheu. « Ce misérable, dit M. Henri Martin, après s’être glissé, d’échelon en échelon, jusqu’au rang de directeur de la compagnie, avait suivi, depuis plusieurs années, tout un plan de trahison contre Dupleix. » 

Note_28 Joseph Dupleix est mort en 1763, dix ans après La Bourdonnais. 

Note_29 Voltaire reparle avec détail de Lally et des événements de l’Inde dans les Fragments historiques sur l’Inde, articles XIII-XIV. 

Note_30 Voltaire passe sous silence les cruautés que Lally exerça sur les Indiens, qu’il faisait attacher à la bouche des canons. (G. A.) 

Note_31 Par ses emportements et son arrogance, Lally tua tout esprit public. Les particuliers, loin de lui venir en aide dans sa détresse, riaient de ses embarras et applaudissaient à ses revers. (G. A.) 

Note_32 La fin de cet alinéa a été corrigée d’après la lettre de Bourcet dont je parle dans mon Avertissement. 

Note_33 A Vandavachi. (G. A.) 

Note_34 Voltaire ne mentionne pas la plus grande faute de Lally, qui fut de rappeler du Dekkan son rival Bussy. (G. A.) 

Note_35 L’auteur avait d’abord mis à l’île de Bourbon. C’est encore d’après Bourcet qu’il s’est corrigé. (B.) 

Note_36 C’était revenir enfin au système de Dupleix. (G. A.) — Les premières éditions portaient: « avec les Marattes, qui l’avaient battu. » Les derniers mots ont été supprimés d’après les observations de Bourcet. (B.) 

Note_37 Il s’appelait Dubois. – Voyez l’article XVII des Fragments historiques sur l’Inde.

Note_38 Voyez la note sur la lettre à Frédéric II, roi de Prusse, août 1740. 

Note_39 On trouva chez Lavaur deux mémoires: l’un en faveur de Lally, et l’autre contre lui. Suivant les circonstances, le jésuite devait faire usage de l’un d’eux. On brûla l’écrit apologétique, et on remit l’autre au procureur général. (G. A.) 

Note_40 Le 6 mai 1766; voyez l’Histoire du Parlement, chapitre LXIX. 

Note_41 Presque tous les journaux ont débité que le parlement de Paris avait député au roi pour le supplier de ne point accorder de grâce au condamné. Cela est très faux. Un tel acharnement, incompatible avec la justice et avec l’humanité, aurait couvert le parlement d’un opprobre éternel. Il est vrai seulement que l’exécution fut accélérée de quelques heures, parce qu’on craignait que cet infortuné général ne mourut, et qu’on envoya un courrier au roi, à Choisy, pour l’en prévenir (voyez les chapitres XVIII et XIX des Fragments sur l’Inde). (Note de Voltaire.) — Sur la circonstance que le parlement députa au roi pour le prier de ne pas faire grâce au condamné, Voltaire dit: Cela est très faux. M. Clogenson observe que cela est très vrai, si l’on s’en rapporte à ce qui est dit sur ce point dans la Biographie universelle, article Lally; mais il est à remarquer que l’article anonyme de la Biographie universelle est de feu Lally fils. (B.) 

Note_42 On sait avec quelle énergie Voltaire s’employa à la réhabilitation du général. Au moment de mourir, le philosophe apprit que le fils de Lally avait obtenu la cassation de l’arrêt de son père. Il lui écrivit: « Je meurs content! » Ce fut le parlement de Bourgogne qui révisa le procès. 

Note_43 Louis-Joseph de Montcalm-Gozon, blessé le 13 septembre, périt le 14; et quatre jours après tout le Canada tomba au pouvoir des Anglais. (CL.) 

Note_44 Dans une lettre à d’Argental, qui voulait que Voltaire retranchât certaines choses de son histoire, le philosophe dit: « Le gouvernement ne me pardonnera donc pas d’avoir dit que les Anglais ont pris le Cattada que j’avais, par parenthèse, offert, il y a quatre ans, de vendre aux Anglais: ce qui aurait tout fini, et ce que le frère de M. Pitt m’avait proposé. » 

Note_45 Le munitionnaire général du Canada était prévenu d’avoir volé six millions; il donna trente mille francs à l’avocat Gerbier, qui sut prouver que l’État lui devait au contraire dix millions. Un autre fournisseur avait une jolie femme; il fut condamné au simple bannissement, etc. (G. A.) 

Note_46 La flotte anglaise, après s’être montrée le 3 septembre à une lieue au nord de Saint-Malo, et y avoir mouillé, mit à terre à Saint-Briac, le 4, un corps de douze à treize mille hommes. La bataille de Saint-Cast est du 11 septembre. (B.) 

Note_47 Voltaire fait la part trop belle à ce neveu du duc de Richelieu, qu’il donne comme un martyr. Ce personnage montra, au contraire, une grande hésitation dans l’affaire de Bretagne. Ce fut un officier, d’Aubigny, qui attaqua sans ordre, et tout le monde suivit. (G. A.) 

Note_48 Dans le Panégyrique de Louis XV.

Note_49 Le duc de Choiseul. 

Note_50 Par la conclusion du Pacte de famille, qui est du 15 auguste 1761. (B.) 

Note_51 Dans la première édition, Voltaire disait: « Le comte de La Lippe-Schombourg, l’un des seigneurs de Vestphalie, encore jeune, qui n’avait commandé jusqu’alors aucune troupe, qui même avait servi à peine, envoyé au secours du Portugal par le roi d’Angleterre, à la tête de quelques Hanovriens et de très peu d’Anglais, repousse toujours les Espagnols au delà de leurs frontières; et une flotte d’Angleterre leur a fait payer cher en Amérique leur déclaration tardive en faveur de la France. La Havane, etc. » 

Une réclamation fut insérée dans le Journal encyclopédique du 1er avril 1769 (tome III, page 122) où l’on racontait les services militaires du comte régnant de Schombourg La Lippe, et où l’on niait qu’il eût des troupes hanovriennes en Portugal. 

Voltaire fit insérer dans le tome V du même Journal (15 juin 1769, page 466) la déclaration que voici: 

« L’auteur s’est servi d’un terme très impropre en disant que le comte régnant de La Lippe-Schombourg n’avait point encore commandé de troupes, lorsqu’il se signala, en 1762, dans la défense du Portugal. Il est vrai que sa campagne du Portugal n’en serait que plus glorieuse; mais il fallait dire qu’il n’avait point encore été général d’armée. Cette petite méprise est corrigée dans les éditions nouvelles auxquelles on travaille actuellement. A Ferney, le 30 avril 1769. » 

La correction fut faite en effet dans l’édition in-4°, tome XII, datée de 1769. (B.) 

Note_52 L’archevêque de Manille était gouverneur de la place; mais il ne se conduisit point comme l’évêque Goslin, qui défendit Paris contre les Normands. Il resta dans son palais. En vain quelques officiers français qui étaient dans la ville lui annoncèrent-ils que la brèche était praticable, les conseillers lui soutinrent qu’il ne fallait pas que Sa Seigneurie s’exposât à l’aller visiter; qu’ils savaient bien qu’elle ne l’était pas; on délibérait encore, que l’assaut était donné et la ville prise. Elle fut pillée pendant quarante heures, et rançonnée ensuite. Il y avait alors à Manille une illuminée, nommée la mère Paul; elle assurait que les Anglais n’étaient venus que pour se convertir. Les moines annonçaient que saint François paraîtrait sur la brèche, et mettrait les Anglais en fuite avec son cordon. Personne, à Manille, ne doutait que cette ville n’eût été sauvée par lui, lorsque les Chinois tentèrent de s’en emparer, en l603: on l’avait vu sur les murailles combattre à la tête des Espagnols. Les Anglais firent leurs approches, et établirent leurs batteries, couvertes par deux églises qui étaient hors de la ville. Le gouverneur Arandia, prédécesseur de l’archevêque, avait voulu faire abattre ces églises, sachant bien le tort qu’elles feraient à la ville en cas de siège; les moines menacèrent de l’excommunier, mais sa mort les délivra bientôt d’un gouverneur qui préférait le salut de la colonie à l’amitié des moines, et cette mort fut regardée généralement à Manille comme l’effet du poison. Voyez le Voyage dans les mers des Indes, tome II, par M. Le Gentil. (K.) 

Note_53 Dans les éditions de 1768 et 1769, au lieu de cet alinéa, ajouté en 1775, on lisait celui que j’ai rapporté dans ma note. (B.) 

Note_54 Le ministre anglais, en 1768, ne crut pas plus à cette prophétie qu’à celles de Franklin. Boston s’affranchit du joug en 1774; et, en 1777, La Fayette se réunit à Washington, près d’un an avant la mort de Voltaire. (CL.) 

Note_55 Voltaire veut désigner Marie-Thérèse d’Autriche, Élisabeth de Russie, la marquise de Pompadour, ainsi que le cardinal de Bernis. (G. A.) 

Note_56 Après le chapitre consacré au général Lally et celui où le procès de Damiens est rapporté, nulles pages n’étaient plus propres à irriter les parlementaires que les suivantes. « Messieurs devraient cependant me ménager un peu, écrivait Voltaire à d’Argental; Car, en vérité, pourront-ils empêcher que leur refus de rendre justice au peuple ne soit consigné dans toutes les gazettes? Pourront-ils empêcher que ce refus ne soit aussi ridicule qu’injuste? Plairont-ils beaucoup au gouvernement en proscrivant des ouvrages où la conduite du roi se trouve, par le seul exposé et sans aucune louange, le modèle de la modération et de la sagesse, et où leurs irrégularités paraissent, sans aucun trait de satire, le comble de la mauvaise humeur, pour ne pas dire plus? » On devine, à ces paroles, toute la tactique de Voltaire dans ce chapitre. (G. A.) 

Note_57 Voyez, dans les Mélanges, la Voix du sage et du peuple.

Note_58 Belzunce, alors âgé de près de quatre-vingts ans, celui-là même qu’à l’occasion de son dévouement à l’époque de la peste de Marseille, Voltaire, dans son Ode sur le Fanatisme, appelait, en 1736, pasteur vénérable. Dans la lettre de Voltaire à d’Alembert, du 8 juillet 1757, il appelle Maire le jésuite qu’il nomme ici Lemaire. (B.) 

Note_59 Voyez les notes sur le Siècle de Louis XIV. Le contrôleur général des finances était M. de Machault. Cette entreprise, qui lui fit perdre sa place lui mérite la reconnaissance de la nation; on le fit ministre de la marine. Au reste le clergé n’eut le crédit d’empêcher la réussite du plan de M. de Machault que parce qu’il se ligua avec les ennemis que ce ministre avait dans le conseil. Les corps, en France, ne peuvent influer dans aucune révolution que comme les instruments de l’ambition de quelques hommes en place, ou d’une cabale de courtisans (K ) 

Note_60 Voyez l’Histoire du Parlement, chapitre LXII et le mot Bulle, dans le Dictionnaire philosophique.

Note_61 Il s’appelait Boitin ou Bouettin; voyez l’Histoire du Parlement, chapitre LXV. 

Note_62 Ce curé se nommait Boutord; voyez l’Histoire du Parlement, chapitre LXV. 

Note_63 « Entre nous, écrit encore Voltaire à d’Argental, y aurait-il rien de plus tyrannique et de plus absurde que d’oser condamner un homme pour avoir représenté le roi comme un père qui veut mettre la paix entre ses enfants?... Je n’ai d’ailleurs rien à craindre du parlement de Paris, et j’ai beaucoup à m’en plaindre. Il ne peut rien ni sur mon bien ni sur ma personne. Ma réponse est toute prête, et la voici: Il y avait un roi de la Chine qui dit un jour à l’historien de l’État: « Quoi! vous voulez écrire mes fautes? — Sire, répondit le griffonnier chinois, mon devoir m’oblige d’aller écrire tout à l’heure le reproche que vous venez de me faire. » 

Note_64 Voyez Histoire du Parlement, chapitre LXVI. 

Note_65 Le roi ménageait le parlement pour avoir des fonds. Le jour où Messieurs eurent enregistré la continuation des taxes pour six ans, Louis XV se démasqua aussitôt, et déclara que son grand conseil était la cour suprême. (G. A.) 

Note_66 Il s’agissait cette fois de prolonger le payement des taxes pendant dix ans après la paix, c’est-à-dire pour toujours. (G. A.) 

Note_67 Une première version de cette phrase est citée par Voltaire, qui se la reproche comme contenant des choses trop flatteuses pour le parlement (voyez la lettre à d’Argental, du 6 février 1763). Mais on a lieu de croire qu’avant l’émission du volume Voltaire supprima cette première version trop flatteuse; je ne l’ai pas trouvée dans l’édition de 1763, où le texte est conforme à ce qu’on lit ici. (B.) 

Note_68 C’est dans ces circonstances que Louis XV dit: « Ces grandes robes et le clergé me désolent par leurs querelles; mais je déteste bien plus les grandes robes: mon clergé, au fond, m’est attaché et fidèle; les autres voudraient me mettre en tutelle. Le régent a eu bien tort de leur rendre le droit de faire des remontrances: ils finiront par perdre l’État... c’est une assemblée de républicains!... » Et, pour terminer: « Au reste, en voilà assez: les choses comme elles sont dureront autant que moi. » 

Note_69 Voyez I’ Histoire du Parlement chapitre LXVI. 

Note_70 Il est très vrai que tonte taxe annuelle n’est payée en réalité que par les propriétaires de terres; la petite partie qui peut l’être par les profits du commerce étranger ne mérite point d’être comptée; mais il n’en est pas de même des taxes extraordinaires levées en temps de guerre. Celles qui portent sur les consommations de peuple ne font pas augmenter ses salaires, parce que les propriétaires alors font moins travailler. Le peuple souffre donc directement de ces taxes. Il souffre par la même raison de celles qui paraissent ne porter directement que sur les propriétaires. Celles-là ne seraient indifférentes au peuple que dans le cas où le produit de ces taxes serait employé en entier à lui procurer des salaires; encore faudrait-il qu’elles ne fussent payées que par les propriétaires riches: le peuple, la populace même, souffrent donc réellement des impôts extraordinaires. (K.) 

Note_71 Deux chambres des enquêtes, et plus de soixante conseillers. On mutilait le parlement dans sa partie active. (G. A.) 

Note_72 Lorsqu’en 1763 ce morceau faisait partie du chapitre lix du Siècle de Louis XIV, Voltaire avait d’abord mis: « Cent quatre-vingts membres se démirent de leurs charges, les murmures furent grands dans la ville, et le roi fut assassiné, etc. » (Voyez le chapitre suivant.) Mais la fatale feuille qui contenait cette phrase ne fut point tirée ainsi: « Je sentis, écrit malignement Voltaire à d’Argental, que ces mots pourraient faire soupçonner à des grammairiens que cet assassinat fut le fruit immédiat du lit de justice, comme en effet Damiens l’avoua dans ses interrogatoires à Versailles et à Paris. Je sais bien qu’il est permis de dire une vérité que le parlement a fait imprimer lui-même; mais j’ai bien senti aussi que le parlement serait fâché qu’on vit dans l’histoire ce qu’on voit dans le procès-verbal. » Et il annonce que « malgré son juste ressentiment contre l’infâme condamnation de la Loi naturelle », il a mis à la place: « Ces émotions furent bientôt ensevelies, etc. » C’est la phrase qui commence le chapitre xxxvii. (G. A.) 

Note_73 Tout ce chapitre est fait contre les parlementaires. Voltaire présente Damiens comme ayant été fanatisé par le jansénisme de Messieurs. « Dans toute l’histoire de Damiens, écrivait-il pour se justifier, je me borne à citer les interrogatoires. » 

Note_74 En 1715. 

Note_75 Le physique gouverne toujours le moral, a dit Voltaire dans l’article Femme de ses Questions sur l’Encyclopédie. (B.) 

Note_76 Voyez chapitre XXXVIII. 

Note_77 Voyez Histoire du Parlement, chapitre LXVII, comme on suivit les intentions du roi. 

Note_78 SIRE, 

Je suis bien fâché d’avoir eu le malheur de vous approcher; mais si vous ne prenez pas le parti de votre peuple, avant qu’il soit quelques années d’ici, vous et monsieur le Dauphin, et quelques autres, périront; il serait fâcheux qu’un aussi bon prince, par la trop grande bonté qu’il a pour les ecclésiastiques, dont il accorde toute sa confiance, ne soit pas sûr de sa vie; et si vous n’avez pas la bonté d’y remédier sous peu de temps, il arrivera de très grands malheurs, votre royaume n’étant pas en sûreté: par malheur pour vous que vos sujets vous ont donné leur démission, l’affaire ne provenant que de leur part. Et si vous n’avez pas la bonté, pour votre peuple, d’ordonner qu’on leur donne les sacrements à l’article de la mort, les ayant refusés depuis votre lit de justice, dont le Châtelet a fait vendre les meuble du prêtre qui s’est sauvé; je vous réitère que votre vie n’est pas en sûreté, sur l’avis qui est très vrai, que je prends la liberté de vous informer par l’officier porteur de la présente, auquel j’ai mis toute ma confiance. L’archevêque de Paris est la cause de tout le trouble, par les sacrements qu’il a fait refuser. Après le crime cruel que je viens de commettre contre votre personne sacrée, l’aveu sincère que je prends la liberté de vous faire me fait espérer la clémence des bonté de Votre Majesté. 

Signé: Damiens. Cette lettre se trouve page 69 du Procès de Damiens, donné au public par le greffier criminel du parlement, avec la permission de ses supérieurs. 

Au dos de ladite lettre est écrit: Paraphé, ne varietur, suivant et au désir de l’interrogatoire du nommé François Damiens, en date du neuf janvier mil sept cent cinquante-sept, à Versailles, le roi y étant. 

Signé: DAMIENS
LE CLERC DU BRILLET, et DUVOIGNE, avec paraphe.
Et plus bas est écrit:
AU ROI. 
Suit la teneur d’un écrit signé DAMIENS. 

COPIE DU BILLET.

MM. Chagrange. Seconde. Baisse de Lisse*. De la Guyomie. Clément. Lambert. 
Le président de Rieux Bonnainvilliers. 
Président du Massy, et presque tous. 

Il faut qu’il remette son parlement, et qu’il le soutienne avec promesse de ne rien faire aux ci-dessus et compagnie. 

Signé: DAMIENS.
Plus bas est écrit: 
Paraphé, ne varietur, suivant et au désir de l’interrogatoire de ce jour neuf janvier mil sept cent cinquante-sept. 
Signé: DAMIENS. 
LE CLERC DU BRILLET, et DUVOIGNE, avec paraphe.

Ladite lettre, ainsi que ledit écrit, annexés à la minute dudit interrogatoire. 

* Ce misérable estropie presque tous les noms de ceux dont il parle. (Note de Voltaire.) 

¾ J’ai rétabli presque tous ces noms dans une note du chapitre LXVII de l’Histoire du Parlement. Le président appelé Du Massy par Damiens est, avec raison, nommé Mazi par Voltaire, dans son Histoire du Parlement. Voltaire, en rapportant ci-dessus la lettre de Damiens au roi (Sire, je suis bien fâché, etc.), a supprimé un Post-scriptum où l’accusé rend compte des cruautés commises sur sa personne par Machault. Voici ce Post-scriptum:

« J’oublie à avoir l’honneur de représenter à Votre Majesté que, malgré les ordres que vous avez donnés, en disant que l’on ne me fasse pas de mal, cela n’a pas empêché que monseigneur le garde des sceaux a fait chauffer deux pinces dans la salle des gardes, me tenant lui-même, et ordonné à deux gardes de me brûler les jambes, ce qui fut exécuté en leur promettant récompensa, en disant à ces deux gardes d’aller chercher deux fagots, et de les mettre dans le feu, afin de m’y faire jeter dedans, et que sans M. Le Clerc, qui à empêché leur projet, je n’aurais pas pu avoir l’honneur de vous instruire de ce que dessus. DAMIENS. » 

Le Clerc du Brillet était lieutenant du grand prévôt. (B.) 

– Machault, le garda des sceaux, voulait à toute force que Damiens se dit jésuite. Le patient lui cria: « C’est toi qui n’es qu’un misérable! Si tu avais soutenu la compagnie (le parlement), tout cela ne fût pas arrivé! » Alors Machault: « Deux fagots! » et il voulait le brûler vif. Voltaire, qui a omis à dessein le post-scriptum, s’enhardira pourtant à signaler les cruautés de Machault dans son Histoire du Parlement. (G. A.) 
 
 

Note_79 Voyez les atroces détails du supplice dans le Dictionnaire philosophique, à l’article Curiosité. 

Note_80 La ville d’Amiens présenta une requête au roi dans laquelle elle demandait à changer de nom et à s’appeler Louisville. Gresset composa à ce sujet une pièce de vers qui n’est pas dans ses Oeuvres. (B.) 

Note_81 L’abbé de Chauvelin. (Note de Voltaire.) 

Note_82 Il ne sera pas inutile d’observer ici que tous ces troubles n’eurent d’éclat et d’importance que par les divisions du ministère. Toute opération du gouvernement qui n’est pas de nature de soulever le peuple ne peut exciter aucun trouble dans une monarchie tant qu’il subsiste de la force et de l’union dans le conseil du prince. 

Rien n’est funeste aux rois que leur propre faiblesse. Ce vers renferme toute la politique des monarques dans ce qui intéresse la tranquillité de l’État, leur autorité, leur sûreté. 

Mais comment se flatter que la tranquillité se rétablisse, lorsque chaque parti contre lequel le gouvernement se déclare est sûr d’avoir des protecteurs dans le gouvernement même, et peut espérer de les voir bientôt s’emparer du premier crédit? Comment s’assurer qu’il n’y aura pas de troubles si ceux mêmes qui devraient les réprimer s’unissent en secret avec les brouillons qui les excitent? 

Dans une monarchie, c’est à la cour seule que se forment les orages; c’est là que sont les vrais perturbateurs; c’est de là que partent les intrigues qui excitent les factions, ou les ordres violents qui soulèvent les peuples. A la Chine, on rend ceux qui gouvernent responsables des troubles quelle qu’en soit la cause ou le prétexte; cette loi n’est pas injuste en elle-même, mais elle est absurde. C’est donner un moyen de plus à ceux qui veulent déplacer un gouverneur ou un ministre; le seul remède à ce mal est de n’avoir pour ministres que des hommes honnêtes et guidés par les mêmes principes de politique. (K.) 

Note_83 Lisez Joseph Ier, voyez le chapitre III. Il n’y a encore eu qu’un monarque portugais de nom de Joseph. 

Note_84 C’est ce qui est rapporté dans l’acordao, ou déclaration authentique du conseil royal de Lisbonne. (Note de Voltaire.) 

Note_85 Comme il est dit dans l’Avertissement de Beuchot, ce qui forme aujourd’hui le chapitre XXXVIII du Précis du Siècle de Louis XV formait, en 1763, le chapitre LX du Siècle de Louis XIV, imprimé à la suite de l’Essai sur l’Histoire générale et sur les Moeurs et l’Esprit des nations; et dans le chapitre cxxxv de cet Essai, Voltaire parlait de plusieurs assassinats commis après confession. Le chapitre cxxxv est aujourd’hui le clxiv; voyez l’article Confession du Dictionnaire philosophique.

Note_86 Voyez l’Histoire du Parlement, chapitre lxviii

Note_87 Les collèges des jésuites furent fermés le 1er avril 1762, le 6 août de la même année leurs voeux furent déclarés abusifs, et la société fut dissoute. Les jésuites n’en restèrent pas moins dans le royaume en portant l’habit séculier jusqu’en 1764. (G. A.) 

Note_88 Novembre; voyez l’Histoire du Parlement, chapitre LXVIII. 

Note_89 C’était ici qu’en 1763 finissait ce chapitre, alors le lxe. Il était suivi de deux chapitres dont il est parlé dans l’Avertissement de Beuchot, et qui sont placés dans les Mélanges. Les trois alinéas qui suivent ont paru dans l’édition in-4° de 1769. Le dernier alinéa du chapitre est de 1775. (B.) 

Note_90 Ce chapitre a été ajouté, en 1769, dans l’édition in-4°. (B.) 

Note_91 Ce ministre était un Français nommé du Tillot, et créé, par l’infant, marquis de Felino. C’est sous ce dernier nom qu’il est connu. (K.) 

Note_92 Voyez, sur cette bulle, l’article Bulle dans le Dictionnaire philosophique

Note_93 Dans l’édition in-4° le chapitre se terminait ainsi: « Ce pape, qui avait été franciscain, était réputé un homme sage, au-dessus des préjugés monastiques, et, capable de soutenir par sa sagesse le colosse du pontificat, qui semblait menacé de sa chute. » Le texte actuel est dans l’édition de l775. (B.) 

Note_94 Ce chapitre fut aussi ajouté en 1769 dans l’édition in-4° (B.) 

Note_95 Il faut considérer cette date de l553 comme une faute d’impression, et lui substituer celle de 1528. (CL.) 

Note_96 En 1553. 

Note_97 La requête fut remise à Fleury le 9 novembre 1737. (G. A.) 

Note_98 Voici le premier article de règlement du 30 janvier 1735: 

« Le royaume se met sous la protection de l’immaculée conception de la bienheureuse vierge Marie, dont on peindra l’image sur les armes et les drapeaux, et dont on célébrera la fête par quelques décharges de mousqueterie et d’artillerie, conformément au règlement que la junte dressera à cet effet. » (G. A.) 

Note_99 Neuhoff avait eu une entrevue à Gênes des 1732 avec Giafferi, prisonnier, puis plus tard, à Livourne, avec Orticone. Mais il faut dire que, depuis lors, les chefs corses l’avaient perdu de vue. 

Note_100 Mathieu Dammi, fils d’un marbrier de Gênes. Cet aventurier, après avoir fait grand bruit à Paris, se retira en Autriche vers 1725, et laissa des Mémoires, imprimée, in-8°, en 1739.( CL.) 

Note_101 C’est bien à l’instigation du sénat de Gênes que Gaffori, et non pas Giafferi, fut assassiné par son propre frère et d’autres conjurés. (G. A.) 

Note_102 Choiseul. 

Note_103 Paoli s’embarqua pour l’Angleterre avec son frère et environ trois cents hommes. Il ne revint en corse qu’en 1790. Mais hors la loi par la Convention nationale comme traître à la république, il livra aux Anglais son île, et retourna en exil à Londres. (G A.) 

Note_104 C’était ici la fin du chapitre en 1769. Les cinq alinéas qui suivent sont posthumes, et ont paru, pour la première fois, dans les éditions de Kehl. Les deux derniers alinéas de chapitre étaient dans l’édition de 1775. (B.) 

Note_105 Mme du Barry. 

Note_106 Le 24 décembre 1770. 

Note_107 Ajouté dans l’édition de 1775. (B.) 

Note_108 Voyez le Siècle de Louis XIV, chapitre V. 

Note_109 Voyez ibid., chapitre XIV. 

Note_110 Ce reproche à Louis XV de ne s’être pas fait inoculer est en contradiction avec ce que dit Voltaire ailleurs, que le roi avait eu la petite vérole à quatorze ans. Voyez l’opuscule intitulé De la Mort de Louis XV, et de la Fatalité.

Note_111 Ce chapitre a été ajouté en 1769. Près de la moitié est extraite textuellement du Commentaire que Voltaire avait publié en l766 sur le livre Des Délits et des Peines. Voyez les Mélanges

Note_112 Cette restriction se retrouve encore dans l’article QUESTION, TORTURE, des Questions sur l’Encyclopédie, publié en 1771; voyez Dictionnaire philosophique, mêmes mots. 

Note_113 L’empire de Russie. 

Note_114 On employait en France la torture: 1° pour tirer de l’accusé l’aveu de son crime; 2° pour forcer un criminel condamné à mort à révéler ses complices. La première espèce de torture a été abolie en 1780, mais on a conservé la seconde, qui n’est cependant ni moins inutile ni moins barbare. Le crime d’un homme en devient-il plus grand, mérite-t-il une peine plus cruelle, parce qu’on imagine qu’il a pu avoir des complices? Si l’on connaît d’avance ceux qu’il nomme, son témoignage peut également servir à tromper comme à éclairer le juge sur la nature des recherches qui lui restent à faire. S’il nomme de nouveaux complices, on s’expose à compromettre des innocents sur la parole d’un homme à qui et sa vie précédente et les moyens qu’on emploie pour l’obliger à parler ne permettent pas d’accorder la moindre créance. Mais en voilà trop sur cet article; jamais un homme qui aura quelques restes de bon sens ou d’humanité ne comptera la torture parmi les moyens de découvrir la vérité. (K.) 

Note_115 La fin de cet alinéa et les neuf qui le suivent sont extraits de paragraphe XXI du Commentaire sur le livre Des Délits et des Peines. (B.) 

Note_116 Voyez l’édit de 1724, 14 mai, publié à la sollicitation du cardinal de Fleury, et revu par lui. (Note de Voltaire.) 

Note_117Journal du Palais, tome Ier, page 444. (Note de Voltaire.) 

Note_118 Cet alinéa et les quatre qui le suivent sont extraits de paragraphe XXII du Commentaire sur le livre Des Délits et des Peines.

Note_119 Voyez Bornier, titre VI, article XI, Des Informations. (Note de Voltaire.) 

Note_120 Cet alinéa était presque mot à mot dans le paragraphe XXII de Commentaire sur le livre Des Délits et des Peines. (B.) 

Note_121 Idem. 

Note_122 Cet alinéa et le suivant sont extraits de paragraphe XXII du Commentaire sur le livre Des Délits et des Peines. (B.) 

Note_123Procès-verbal de l’ordonnance, page 163. (Note de Voltaire.) 

Note_124 Cet alinéa est extrait du paragraphe XXIII de Commentaire sur le livre Des Délits et des Peines. (B.) 

Note_125 Voyez sur cela le président Bouhier. (Note de Voltaire.) 

Note_126Dialogue entre un plaideur et un avocat; voyez aux Mélanges, et la XVIIe des Remarques de l’Essai sur les Moeurs. (B.) 

Note_127 Cet alinéa est extrait du paragraphe XXIII du Commentaire sur le livre Des Délits et des Peines. (B.) 

Note_128 On lit domination dans les éditions de 1769 (in-4°), de l775 et dans celle de Kehl. Un éditeur récent a mis dénomination

Voltaire, reparlant de la mainmorte, met dans la bouche d’un syndic des habitants du Mont-Jura ces paroles: « Lorsque autrefois nos maîtres n’étaient pas contents des dépouilles dont ils s’emparaient dans nos chaumières après notre mort, ils nous faisaient déterrer; on coupait la main droite à nos cadavres, et on la leur présentait ce cérémonie comme une indemnité de l’argent qu’ils n’avaient pu ravir à notre indigence, et comme un exemple terrible qui avertissait les enfants de ne jamais toucher aux effets de leurs pères, qui devaient être la proie des moines nos souverains. » Voyez la Voix du curé sur le procès des serfs du Mont-Jura. (B.) 

Note_129 Quelle que soit la première origine de la servitude de la glèbe, on ne peut la regarder dans l’état actuel que comme une condition sous laquelle la propriété d’une habitation, d’une terre, a été cédée au serf. Cette propriété a pu sans doute être usurpée par le seigneur; mais la prescription a couvert presque partout le vice du premier titre de propriété. C’est donc sous ce point de vue qu’il faut considérer la servitude. Toute convention dont l’exécution embrasse un temps indéterminé rentre nécessairement dans la dépendance du législateur; il peut la rompre ou la modifier en conservant les droits primitifs de chacun. Ce droit du législateur dérive de la nature même des choses, qui changent continuellement. Le consentement de législateur ne peut même lui enlever ce droit, parce qu’il est également contre la nature qu’il puisse prendre un engagement éternel. Il n’est obligé alors que de se conformer aux droits primitifs des hommes, antérieurs aux lois civiles, et indépendants de ces lois. Dans le cas particulier que nous examinons, tout ce qu’on doit au seigneur est un dédommagement d’une valeur égale à ce qu’il perd par la suppression de la servitude, et, autant qu’il est possible, d’une nature semblable. Ainsi le législateur doit substituer aux corvées, aux droits éventuels, un revenu égal levé sur la terre et évalué en denrées, et non un remboursement ou une rente en monnaie. Sans doute le législateur a également le droit de rendre toute rente foncière remboursable à un taux fixé par la loi, mais il n’est ici question que de l’abolition de la servitude; celle des rentes féodales est un objet plus étendu, mais beaucoup moins pressant, parce qu’il n’en résulte qu’une perte pour l’État, et non une injustice. 

Quant aux servitudes qui tombent sur ceux qui ne tiennent aucune terre du seigneur, elles doivent être abolies sans accorder aucun dédommagement, puisqu’elles sont une violation du droit naturel, contre lequel aucun usage, aucune loi ne peut prescrire. 

Le dédommagement dont nous avons parlé ne peut au reste regarder que les seigneurs laïques; les biens ecclésiastiques appartiennent à la nation, et le législateur, qui a le droit absolu d’en disposer, peut faire pour leurs serfs tout ce qu’il peut faire pour ceux de domaine direct de l’État. 

Observons enfin que jamais le dédommagement ne peut aller au delà du revenu net de la terre qui a été abandonnée par le seigneur, et doit être fixé un peu au-dessous. Quant aux opérations nécessaires pour former toutes les évaluations avec une justice rigoureuse, elles dépendent des principes connus de l’arithmétique politique. (K.) 

Note_130 Cet alinéa et la première phrase du suivant sont extraits du paragraphe XXIII du Commentaire sur le livre Des Délits et des Peines. (B.) 

Note_131 Cette dernière phrase est extraite de paragraphe XXIII de Commentaire sur le livre Des Délits et des Peines. (B.) 

Note_132 Ce chapitre est de 1768. (B.) 

Note_133 Voyez les discours de MM. de Montolar, de La Chalotais, de Castilhon, de Servan, et d’autres. (Note de Voltaire.) 

Note_134 M. Vaucanson. (Note de Voltaire.) 

Note_135 M. Duhamel du Monceau. (Note de Voltaire.) 

Note_136 Turgot; voyez le Petit Écrit (daté du 1er janvier 1775) sur l’arrêt du conseil du 13 septembre 1774, qui permet le libre commerce des blés dans le royaume

Note_137 M. de Parcieux.(Note de Voltaire.) 

Note_138 M. Poissonnier. (Note de Voltaire.) 

Note_139 M. Leroi. (Note de Voltaire.) 

Note_140 Voyez l’article intitule D’un Fait singulier concernant la littérature; la huitième des Lettres à Son Altesse Monseigneur le prince de ***

Note_141 Qu’il nous soit permis d’ajouter ici quelques traits au tableau tracé par M. de Voltaire. C’est dans ce siècle que l’aberration des étoiles fixes a été découverte par Bradley; que les géomètres sont parvenus à calculer les perturbations des comètes, et à prédire le retour de ces astres; que les mouvements des planètes ont été soumis à des calculs sinon rigoureux, du moins certains, et d’une exactitude égale à celle qu’on peut attendre des observations. Les principes généraux du mouvement des corps solides et des fluides ont été découverts par M. d’Alembert. Le problème de la précession des équinoxes, dont Newton n’avait pu donner qu’une solution incomplète, a été résolu par le même géomètre, et on lui doit encore la découverte d’un nouveau calcul nécessaire dans la théorie du mouvement des fluides et des corps flexibles. Les lois de la gradation de la lumière, trouvées par Bouguer; la découverte des lunettes acromatiques, dont la première idée est due à M. Euler; la méthode d’appliquer le prisme aux lunettes, de décomposer par ce moyen la lumière des étoiles, de mesurer avec plus d’exactitude les lois de la réfraction et de la diffraction, que l’on doit à M. l’abbé Rochon, avec de nouvelles méthodes de mesurer les angles et les distances, et des observations importantes sur la théorie de la vision: tous ces travaux sont autant de monuments du génie des savants qui ont illustré ce siècle. 

Quels progrès n’avons-nous point faits dans la chimie, devenue une des branches les plus utiles et les plus étendues de nos connaissances! Nous avons su découvrir, analysé, soumettre aux expériences, ces fluides élastiques connus sous le nom d’airs, et dont le siècle dernier soupçonnait à peine l’existence; les phénomènes électriques ont encore été une source féconde de découvertes; la nature de la foudre a été connue grâce à M. Franklin, et il nous a instruits à nous préserver de ses ravages. L’histoire naturelle est devenue une science nouvelle par les travaux des Linnée, des Rouelle, des Daubenton, et de leurs disciples, tandis que l’éloquent historien de la nature en répandait le goût parmi les hommes de tous les états et de tous les pays. Les mathématiques ont fait par le génie des Bernouilli, des Euler, des d’Alembert, et des La Grange, d’immenses progrès dont Newton et Leibnitz seraient eux-mêmes étonnés. Le calcul des probabilités, qui ne servaient presque dans le siècle dernier qu’à calculer les chances des jeux de hasard, a été appliqué à des questions utiles au bonheur des hommes. 

Les principes généraux de la législation, de l’administration des L’États, ont été découverts, analysés, et développés dans un grand nombre d’excellents ouvrages. 

L’art tragique enfin, perfectionné par M. de Voltaire, est devenu un art vraiment moral; il a fait du théâtre une école d’humanité et de philosophie. 

Si nous examinons ensuite les progrès des arts, nous compterons au nombre des avantages du même siècle la perfection de l’art de construire les vaisseaux, la méthode de les doubler de cuivre; l’art d’instruire les muets et de les rendre en quelque sorte à la société; les secours établis pour les hommes frappés d’une mort apparente; l’art militaire enfin, dont le génie de Frédéric a fait en quelque sorte une science nouvelle. 

Enfin nous avons vu tous les arts mécaniques, toutes les manufactures, toutes les branches de l’agriculture, se perfectionner, s’enrichir de méthodes nouvelles, se diriger par des principes plus sûrs et plus simples, fruits d’une application heureuse des sciences à tous les objets de l’industrie humaine. (K.) 

Note_142 Maupertuis. 

Note_143 Ceci à l’adresse de d’Holbach. (G. A.) 

Note_144 Dans la Dissertation sur les changements arrivés dans notre globe, et dans la Dissertation du physicien de Saint-Flour, qui fait partie des Colimaçons.

Note_145 J.-J. Rousseau, dans son Discours sur les fondements de l’inégalité.

Note_146 Ces propres paroles se trouvent dans le livre intitulé Émile, tome IV, page l78. — Voici le texte d’Émile, livre V: « Il y a une telle convenance de goûts, d’humeurs, de sentiments, de caractères, qui devrait engager un père sage, fût-il prince, fût-il monarque, à donner, sans balancer, à son fils la fille avec laquelle il aurait toutes ces convenances, fût-elle née dans une famille déshonnête, fût-elle la fille du bourreau ». 

Note_147 Le 24 septembre 1756 la chambre des vacations rendit un arrêt portant défense de publier et d’imprimer un mandement de l’archevêque de Paris (Beaumont), de 19 du même mois, daté de Conflans où le prélat était exilé depuis le 2 décembre 1754; voyez ci-dessus, chapitre XXXVI, etc., et le Dictionnaire philosophique, au mot Confession, in fine

Note_148 La Bletterie. 

Note_149 Crébillon, dont Voltaire a dit: 

On préfère à mes vers Crébillon le barbare. 

Voyez l’Épître à d’Alembert

Note_150 Par Saint-Lambert. 

Note_151 Par Marmontel.