Notes.

Note_1 Le même à qui sont adressées plusieurs lettres de la Correspondance générale, années 1752 et 1753; voyez aussi la note de la page précédente. 

Note_2 Il n’y a que trois lettres, toutes les trois satiriques. Voici le début de la première, on jugera du reste « A monsieur de Voltaire. Je viens de lire, monsieur, votre Siècle de Louis XIV. Je l’ai trouvé, comme tout ce que vous faites, admirable, plein de feu, plein de sens. A la vivacité de votre style, on ne le croirait pas l’ouvrage de vingt années; l’esprit s’appesantit sur les matières à force de les manier; mais le vôtre ne se ressent ni du poids de l’âge ni de la longueur du travail: vous êtes même plus antithétique, plus saillant, plus décousu que jamais... » (G. A.) 

Note_3 Le roi de Prusse comble les gens de lettres de bienfaits, par les mêmes principes que les princes d’Allemagne comblent de bienfaits les nains et les bouffons, etc. Trait du Qu’en dira-t-on. (Note de Voltaire.) — Dans Mes Pensées (ouvrage de La Beaumelle), on lit sous le n° XLIX, éditions de 1752 et 1761: « Qu’on parcoure l’histoire ancienne et moderne, on ne trouvera point d’exemple de prince qui ait donné sept mille écus de pension à un homme de lettres, à titre d’homme de lettres. Il y a eu de plus grands poètes que Voltaire; il n’y en eut jamais de si bien récompensés, parce que le goût ne met jamais de bornes à ses récompenses. Le roi de Prusse comble de bienfaits les hommes à talents précisément par les mêmes raisons qui engagent un prince d’Allemagne à combler de bienfaits un bouffon ou un nain. » (B.) 

Note_4 La Beaumelle, dans sa Réponse au Supplément, déclare que cet extrait ne donne pas sa pensée. Il eût voulu que Voltaire citât toute la lettre, qui, du reste, fut écrite non pas « il y a six mois », mais après la Diatribe du docteur Akakia. (G. A.) 

Note_5 Voyez dans les Mélanges, à la date de 1752-1753, l’Histoire du docteur Akakia.

Note_6 Maupertuis. 

Note_7 La Beaumelle, dans sa Réponse, s’efforce de mettre Maupertuis hors de cause. Il déclare que le ressentiment seul lui a dicté sa critique. Et, faisant amende honorable, il ajoute: « J’ai manqué à moi-même au point de vous (Voltaire) traiter avec cette hauteur qui n’est pas même permise à la supériorité. » (G. A.) 

Note_8 La Beaumelle et M. Roques ne cessaient de correspondre ensemble. Et La Beaumelle annonce qu’ils s’entendaient sur les lettres à écrire et à montrer. (G. A.) 

Note_9 1749, deux volumes in-8°. La Beaumelle dit n’en avoir fait qu’une partie. 

Note_10 Dans quelques impressions que je ne crois pas authentiques, au lieu de cette dédicace ou lettre à M. Roques, on lit, en tête du Supplément au Siècle de Louis XIV, un Mémoire de M. F. de Voltaire, que La Beaumelle fit réimprimer avec des apostilles ou notes, et que voici (sans les apostilles): 

« Du jour que j’arrivai à Potsdam, Maupertuis m’a témoigné la plus mauvaise volonté. Elle éclata lorsque je le priai de mettre M. l’abbé Raynal de son Académie: il me refusa avec hauteur, et traita l’abbé Raynal avec mépris. Je lui fis ordonner par le roi d’envoyer des patentes à M. l’abbé Raynal; on peut croire que Maupertuis ne me l’a pas pardonné. 

« Un homme que je crois Genevois, ou du moins élevé à Genève, nommé La Beaumelle, ayant été chassé de Danemark, arrive à Berlin avec la première édition du Qu’en dira-t-on, ou de ses Pensées. Dans ce livre, devenu célèbre par l’excès d’insolences qui en fait le prix, voici ce qu’on trouve: 

« Le roi de Prusse a comblé de bienfaits les gens de lettres par les mêmes principes que les princes allemands comblent de bienfaits un bouffon et un nain . » 

« C’est cet homme proscrit dans tous les pays que Maupertuis recherche dès qu’il est arrivé, et qu’il va soulever contre moi: en voici la preuve dans une lettre écrite par La Beaumelle à M. le pasteur Roques, au pays de Hesse-Hombourg: 

Fragment de la lettre de La Beaumelle.

« Maupertuis vient chez moi, ne me trouve pas; je vais chez lui. Il me dit qu’un jour, au souper des petits appartements, M. de Voltaire avait parlé d’une manière violente contre moi; qu’il avait dit au roi que je parlais de lui peu respectueusement dans mon livre; que je traitais sa cour philosophe de nains et de bouffons; que je le comparais aux petits princes allemands, et mille faussetés de cette force. M. de Maupertuis me conseilla d’envoyer mon livre au roi en droiture, avec une lettre qu’il vit et corrigea lui-même. » 

« Le roi de Prusse, qui n’a su cette anecdote que depuis quelques jours, doit être convaincu de la méchanceté atroce de Maupertuis, puisque Sa Majesté sait très bien que je n’ai jamais dit à ses soupers ce qu’il m’impute. Elle me rend cette justice; et quand je l’aurais dit, ce serait toujours un crime à Maupertuis d’avoir manqué au secret qu’il doit sur tout ce qui s’est dit aux soupers particuliers du roi. 

« On sait quelle violence inouïe il a exercée depuis contre M. Koenig, bibliothécaire de Mme la princesse d’Orange; on connaît les lettres qu’il a fait imprimer, dans lesquelles il outrage tous les philosophes d’Allemagne, et fait dire à M. Volf ce qu’il n’a point dit, afin de le décrier. 

« On n’ignore pas par quelles affreuses manoeuvres il est parvenu à m’opprimer. J’ai remis à Sa Majesté ma clef de chambellan, mon cordon, tout ce qui m’est dû de mes pensions. Elle a eu la bonté de me rendre tout, et a daigné m’inviter à la suivre à Potsdam, où j’aurais l’honneur de la suivre si ma santé me le permettait. » 

Ce Mémoire est daté du 27 janvier 1753, dans la réimpression (avec apostilles) qu’en donna La Beaumelle, à la suite de la Réponse au Supplément. (B.)