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Notes.
Note_1
En France, le clergé est exempt, comme la noblesse, des tailles
et de quelques-uns des droits d’aides. La noblesse était censée
remplacer les impôts par son service personnel, et le clergé
par ses prières. Pendant quelque temps on demanda au pape la permission
d’imposer des décimes sur le clergé, toujours sous le prétexte
de combattre les infidèles ou les hérétiques. Enfin
l’usage de s’adresser au clergé assemblé, et de se passer
du consentement de Rome, a prévalu; mais pour ménager Rome,
qui excommuniait, il n’y a pas encore longtemps, chaque jeudi Saint, les
souverains qui obligeaient le clergé à contribuer aux charges
publiques, on donna aux décimes le nom de don gratuit. Lorsqu’à
la fin du règne de Louis XIV on ajouta la capitation et le dixième
aux impôts, déjà trop onéreux, on n’osa établir
ces nouvelles taxes d’uns manière trop rigoureuse; et le clergé
obtint facilement d’être exempt de ces impôts, en payant des
dons gratuits plus considérables il est donc évident qu’il
ne doit point ce dernier privilège aux anciens usages de la nation,
puisque jusqu’à ce moment il n’avait joui que des privilèges
de la noblesse, et que la noblesse a payé ces nouveaux impôts.
Cette exemption est donc une pure grâce accordée par Louis
XIV: grâce qui est une injustice à l’égard des citoyens,
grâce que ni le temps ni aucune assemblée nationale n’ont
consacrée. Nos souverains, mieux instruits de leurs droits et de
ceux de leurs peuples, sentiront sans doute un jour que leur intérêt
et la justice exigent également de soumettre aux taxes les biens
du clergé, dans la proportion qu’ont ces biens avec ceux du reste
de la nation; et qu’en général tout privilège en matière
d’impôt est une véritable injustice depuis que, la constitution
militaire ayant changé, il n’existe plus de service personnel gratuit,
et que les esprits s’étant éclairés, on sait que ce
ne sont point les processions des moines, mais les évolutions des
soldats qui décident du succès des batailles. (K.)
Note_2
En 1790, l’évêché de Strasbourg avait quatre cent mille
livres de rente; l’archevêché de Cambrai, deux cent mille.
(B.)
Note_3
Cet auteur fut excommunié pour avoir attaqué le pouvoir temporel
des papes. Il se sauva à Genève; le roi de Sardaigne se saisit
de lui par trahison, et il mourut dans la citadelle de Turin. Son Histoire
fut publiée en 1723. (G. A.)
Note_4
Un État ne s’appauvrit pas en payant chaque année un faible
tribut, comme un homme ne se ruine pas en payant une rente sur les revenus
de sa terre. Mais ce tribut payé à Rome est, en finance,
une diminution de la richesse annuelle, et, en théologie, une véritable
simonie, qui damne infailliblement dans l’autre monde celui qu’elle enrichit
sur la terre. (K.)
Note_5
Cet article est la meilleure réponse que l’on puisse faire à
ceux qui ont accusé M. de Voltaire d’avoir sacrifié la vérité
des détails historiques à ses opinions générales.
Il est ici très favorable au clergé. Cependant il résulte
de cette évaluation, portée seulement à quatre-vingt-dix
millions, que l’impôt des vingtièmes mis sur le clergé,
comme il l’est sur les particuliers, produirait dix millions, somme fort
au-dessus de celle où montent les dons gratuits évalués
en annuités. Cette même évaluation, en la supposant
aussi exacte que celle qui a servi à l’établissement des
vingtièmes, ne porterait la masse des biens du clergé qu’à
environ un huitième de la totalité des biens du royaume.
Cependant il y a des cantons très étendus où la dîme
seule est, pour la plus grande partie des terres, environ un cinquième
du produit net; et dans ces mêmes cantons le clergé a des
possessions immenses. (K.)
Note_6
Voyez le chapitre de Louis XIII, dans l’Essai sur les Moeurs et l’Esprit
des nations, chapitre clxxv.
Note_7
Son ouvrage est intitulé Declaratio pro jure regio, sceptrorum
que immunitate, adversus orationem cardinalis Perronii. Londres, 1616,
in-4°.
Note_8
Rome, prudence, mer.
Note_9
Voyez, dans le Dictionnaire philosophique, le mot APPEL COMME D’ABUS.
Note_10
Cette question n’était difficile que parce qu’on croyait alors devoir
décider toutes celles de ce genre d’après l’autorité
et l’usage. En ne consultant que la raison, il est évident que la
puissance législative a le pouvoir absolu de régler la manière
dont il sera pourvu à toutes les places, ainsi que de fixer les
appointements de chacune, et la nature de ces appointements. Les évêchés
peuvent être électifs comme les places de maires, ou nommés
par le roi comme les intendances, selon que la loi de l’État l’aura
réglé; cette loi peut être plus ou moins utile, mais
elle sera toujours légitime. La loi peut de même, sans être
injuste, substituer des appointements en argent aux terres dont on laisse
la jouissance aux ecclésiastiques; supprimer même ces appointements,
si elle juge ces places ecclésiastiques inutiles au bien public.
Toute loi qui n’attaque aucun des droits naturels des hommes est légitime;
et le pouvoir législatif de chaque État, en quelques mains
qu’il réside, a droit de la faire. Toute propriété
qui ne se perpétue point en vertu d’un ordre naturel, mais seulement
par une loi positive, n’est point une propriété, mais un
usufruit accordé pas la loi, dont, après la mort de l’usufruitier,
une autre loi peut changer la disposition. C’est par cette raison que les
biens des particuliers appartiennent de droit à leurs héritiers;
que les biens des communes leur appartiennent, et que ceux du clergé
et de tout autre corps sont à la nation. (K.)
Note_11
La Fontaine, dans sa lettre au duc de Vendôme, septembre 1689, attribue
ce bon mot au chevalier de Sillery.
Note_12
A Charonne.
Note_13
Voyez l’article Launoy, dans la Liste des écrivains.
Note_14
Gaston-Jean-Baptiste-Louis de Noailles, mort en 1720.
Note_15
« C’est ainsi que parlerait un hérétique: il faut honorée
», dit La Beaumelle. (B.)
Note_16
Voyez Essai sur les Moeurs et l’Esprit des nations. (Note
de Voltaire.) – C’est au chapitre De Calvin et de Servet,
ainsi qu’à celui De Jean Hus et de Jérôme de Prague,
que renvoie Voltaire; et peut-être aussi au chapitre où il
parle des puritains anglais. Sur Arius, voyez, dans le Dictionnaire
philosophique, le mot Arianisme.
Note_17
Dans l’édition de 1756, on lit: « A été dans
d’autres le dernier effort de l’indépendance. » Le texte actuel
est de 1768. (B.)
Note_18
Voltaire s’adresse encore ici en imagination à Mme du Châtelet.
(G. A.)
Note_19
L’édit fut donné à Nantes le jeudi 13 avril 1598,
et ne fut enregistré que le jeudi 25 février de l’année
suivante, à cause des difficultés que suscitèrent
le clergé, l’université et le parlement. (E. B.)
Note_20
Ils avaient à la cour deux députés généraux
qui étaient nommés tous les trois ans par des assemblées
de ministres, de gentilshommes et de gens du tiers, élus eux-mêmes.
(G. A.)
Note_21
Richelieu dit que, quand le conseil eût été huguenot,
il n’eût pu donner contentement à leurs demandes. (G.A.)
Note_22
Voyez une particularité qui le concerne dans le Dictionnaire
philosophique, à la fin de l’article Grégoire VII.
Note_23
Catherine Larchevêque de Parthenay, née en 1554, morte en
1631, avait épousé en premières noces Charles de Quellenec,
baron de Pont, auquel elle
intenta ce scandaleux procès dont parle Voltaire,
et qui épousa en secondes noces René de Rohan.
Note_24
Ou plutôt: prit part à la défense.
Note_25
Voltaire, dans l’Essai sur les Moeurs, chapitre clxxvi, donne à
cette digue quatre mille sept cents pieds de long.
Note_26
Voyez encore, sur la prise de la Rochelle, le chapitre clxxvi de l’Essai
sur les Moeurs.
Note_27
En 1629.
Note_28
D’autres prétendent qu’il n’eut jamais cette intention. (G. A.)
Note_29
Il avait fondé à Paris une maison de banque.
Note_30
Au lieu de réformés, les éditions antérieures
à 1768 portent religionnaires. (B.)
Note_31
On lit formes dans toutes les éditions. J’ai trouvé
le mot formalités écrit de la main de Voltaire à
la marge d’un exemplaire. (B.)
Note_32
Le prix moyen d’une conversion était de six francs. Ajoutons pourtant
que, les six francs une fois reçus, les nouveaux baptisés
revenaient au protestantisme: si bien qu’on dut publier une déclaration
contre les relaps. (G. A.)
Note_33
Henri d’Aguesseau, intendant du Limousin, puis du Languedoc, père
du chancelier.
Note_34
C’est-à-dire qu’il dut, par traité, garantir le maintien
des privilèges ecclésiastiques et politiques; mais la cathédrale
fut rendue au catholicisme, et il y alla en personne pour la cérémonie.
(G. A.)
Note_35
Et surtout Louvois.
Note_36
Le 21 octobre; un décret de l’Assemblée constituante, du
10 juillet 1790 annule l’édit de 1685, qui révoquait celui
de Nantes. (B.)
Note_37
Cantique de Siméon. Saint Luc, Il, 29-30.
Note_38
Si vous lisez l’Oraison funèbre de Le Tellier, par Bossuet, ce chancelier
est un juste, et un grand homme. Si vous lisez les Annales de l’abbé
de Saint-Pierre, c’est un lâche et dangereux courtisan, un calomniateur
adroit, dont le comte de Grammont disait, en le voyant sortir d’un entretien
particulier avec le roi: « Je crois voir une fouine qui vient d’égorger
des poulets, en se léchant le museau plein de leur sang. »
(Note de Voltaire.) – Cette note est
de 1750. (B.) – Toute la France, il faut bien le dire, applaudit à
l’enregistrement de l’ordonnance de révocation. On fit des sermons,
on composa des pièces de vers, on grava des tableaux et des médailles;
on éleva même des statues en l’honneur de destructeur de l’hérésie.
(G. A.)
Note_39
Lyon tomba de 18,000 métiers à 4,000 environ. (G. A.)
Note_40
Le comte d’Avaux, dans ses lettres, dit qu’on lui rapporta qu’à
Londres on frappa soixante mille guinées de l’or que les réfugiés
y avaient fait passer: on lui avait fait un rapport trop exagéré.
(Note de Voltaire.)
Note_41
Cinq cent mille, c’est peut-être trop dire; et prodigieuse
est un mot bien trop fort aussi. (G. A.)
Note_42
Vauban compte qu’il émigra neuf mille matelots, douze mille soldats,
et six cents officiers; parmi ces derniers, le maréchal de Schomberg.
Note_43
On a imprimé plusieurs fois qu’il y a encore en France trois millions
de réformés. Cette exagération est intolérable.
M. de Bâville n’en comptait pas cent mille en Languedoc, et il était
exact. Il n’y en a pas quinze mille dans Paris: beaucoup de villes et des
provinces entières n’en ont point. (Note
de Voltaire.) –Les protestants qui vivent à Paris sont
enterrés par ordre de la police. Le nombre des morts est donc connu
par ses registres, et il en résulte qu’ils forment environ la dixième
partie de la population, les étrangers compris. Il ne serait pas
surprenant que les protestants, relégués par les lois dans
les classes qui peuplent le plus, eussent beaucoup plus que doublé
depuis la révocation de l’édit de Nantes.
Bâville ne mérite aucune croyance. Il est
très vraisemblable que la terreur qu’il avait inspirée avait
forcé les huguenots à sortir du Languedoc, ou à dissimuler,
et à se cacher. Il était d’ailleurs intéressé
à en diminuer le nombre. C’était un moyen de plaire à
Louis XIV; et pourquoi, après avoir versé tant de sang pour
se frayer la route du ministère, se serait-il fait scrupule d’un
mensonge? (K.) – On porte aujourd’hui (1830) à onze ou douze cent
mille le nombre des protestants dans toute la France. (B.)
Note_44
Toutes ces violences, qui déshonorent le règne de Louis XIV,
furent exercées dans le temps où, dégoûté
de Mme de Montespan, subjugué par Mme de Maintenon, il commençait
à se livrer à ses confesseurs. Ces lois, qui violaient également
et les premiers droits des hommes et tous les sentiments de l’humanité,
étaient demandées par le clergé, et présentées
par les jésuites à leur pénitent comme le moyen de
réparer les péchés qu’il avait commis avec ses maîtresses.
On lui proposait pour modèles Constantin, Théodose, et quelques
autres scélérats du Bas-Empire. Jamais ses ministres, esclaves
des prêtres et tyrans de la nation, n’osèrent lui faire connaître
ni l’inutilité ni les suites cruelles de ses lois.
La nation aidait elle-même à le tromper au
milieu des cris de ses sujets innocents, expirant sur la roue et dans les
bûchers, on vantait sa justice, et même sa clémence.
Dans les lettres, dans les mémoires du temps, on parle souvent du
sanguinaire Bâville comme d’un grand homme. Tel est le malheureux
sort d’un prince qui accorde sa confiance à des prêtres, et
qui, trompé par eux, laisse gémir sa nation sous le joug
de la superstition. Louis aimait la gloire, et il marchandait honteusement
la conscience de ses sujets; il voulait faire régner les lois, et
il envoyait des soldats vivre à discrétion chez ceux qui
ne pensaient point comme son confesseur. Il était flatté
qu’on lui trouvât de la grandeur dans l’esprit, et il signait chaque
mois des édits pour régler de quelle religion devaient être
les marmitons, les maîtres en fait d’armes, et les écuyers
de ses États; il aimait la décence, et les soldats envoyés
par ses ordres donnaient le fouet aux filles protestantes pour les convertir.
Qu’il nous soit permis de faire ici quelques réflexions
sur les causes de nos derniers troubles de religion.
L’esprit des réformés n’a été
républicain que dans les pays où les souverains se sont montrés
leurs ennemis. Le clergé protestant de Danemark a été
un des principaux agents de la révolution qui a établi l’autorité
absolue. En France, sous Louis XIII, les ministres protestants les plus
éclairés écrivirent pour exhorter les peuples à
obéir aux lois du prince, n’exceptant que les cas où les
lois ordonnent positivement une action contraire à la loi de Dieu.
Mais on se plaisait à les contraindre à ce qu’ils regardaient
comme des actes d’idolâtrie. On les forçait, par une foule
de petites injustices, à se jeter entre les bras des factieux, tandis
qu’il n’aurait fallu qu’exécuter fidèlement l’édit
de Nantes pour ôter à ces factieux l’appui des réformés.
Cet édit de Nantes, à la vérité, ressemblait
plus à une convention entre deux partis qu’à une loi donnée
par un prince à ses sujets. Une tolérance absolue aurait
été plus utile à la nation, plus juste, plus propre
à conserver la paix qu’une tolérance limitée; mais
Henri IV n’osa l’accorder pour ne pas déplaire aux catholiques,
et les protestants ne comptaient point assez sur son autorité pour
se contenter d’une loi de tolérance, quelque étendue qu’elle
pût être.
Il eût été facile à Richelieu,
et plus encore à Louis XIV, de réparer ce désordre
en étendant la tolérance accordée par l’édit,
et en détruisant tout le reste. Mais Richelieu avait eu le malheur
de faire quelques mauvais ouvrages de théologie, et les protestants
les avaient réfutés. Louis XIV, élevé, gouverné
par des prêtres dans sa jeunesse, entouré de femmes qui joignaient
les faiblesses de la dévotion aux faiblesses de l’amour, et de ministres
qui croyaient avoir besoin de se couvrir du manteau de l’hypocrisie, ne
put jamais soulever un coin du bandeau que la superstition avait jeté
sur ses yeux. Il croyait que l’on n’était huguenot de bonne foi
que faute d’être instruit; et la bassesse de ses courtisans, qui,
en vendant leur conscience, faisaient semblant de se convertir par conviction,
l’affermissait dans cette idée.
Ses ministres semblaient choisir les moyens les plus surs
pour forcer les protestants à la révolte: on joignait l’insulte
à la violence, on outrageait les femmes, on enlevait les enfants
à leurs pères. On semblait se plaire à les irriter,
à les plonger dans le désespoir par des lois souvent opposées,
mais toujours oppressives, qu’on faisait succéder de mois en mois.
Il n’est donc pas étonnant qu’il y ait eu parmi les protestants
des fanatiques, et que ce fanatisme ait à la fin produit des révoltes.
Elles éclatèrent dans les Cévennes, pays alors impraticable,
habité par un peuple à demi sauvage, qui n’avait jamais été
subjugué ni par les lois ni par les moeurs; livré à
un intendant violent par caractère, inaccessible à tout sentiment
d’humanité, mêlant le mépris et l’insulte à
la cruauté, dont l’âme trouvait un plaisir barbare dans les
supplices longs et recherchés, et qui, instrument ambitieux et servile
du despotisme et de la superstition de son maître, voulait mériter
par des meurtres et par l’oppression d’une province l’honneur d’opprimer
en chef la nation.
Quel fut le fruit des persécutions de Louis XIV?
Une foule de ses meilleurs sujets emportant dans les pays étrangers
leurs richesses et leur industrie, les armées de ses ennemis grossies
par des régiments français, qui joignaient les fureurs du
fanatisme et de la vengeance à leur valeur naturelle; la haine de
la moitié de l’Europe, une guerre civile ajoutée aux malheurs
d’une guerre étrangère, la crainte de voir ses provinces
livrées aux étrangers par les Français, et l’humiliante
nécessité de faire un traité avec un garçon
boulanger.
Voilà ce que le clergé célébrait
dans des harangues, ce que la flatterie consacrait dans des inscriptions
et sur des médailles.
Après lui, les protestants furent tranquilles et
soumis. Albéroni forma inutilement le projet absurde de les engager
à se soulever contre le régent, c’est-à-dire contre
un prince tolérant par raison, par politique, et par caractère,
pour se donner un maître pénitent des jésuites, et
qui s’était soumis au joug honteux de l’Inquisition. Pendant le
ministère du duc de Bourbon, l’évêque de Fréjus,
qui gouvernait les affaires ecclésiastiques, fit rendre, en 1721,
contre les protestants, une loi plus sévère que celle de
Louis XIV; elle n’excita point de troubles, parce qu’il n’eut garde de
la faire exécuter à la rigueur Aussi indifférent pour
la religion que le régent, il ne voulait qu’obtenir le chapeau de
cardinal, malgré l’opposition secrète du duc de Bourbon.
Il trahissait, par cette conduite, et son pays, et le souverain qui lui
avait accordé sa confiance; mais quand le cardinalat est le prix
de la trahison, quel prêtre est resté fidèle?
Sous Louis XV, les protestants furent traités avec
modération, sans qu’on ait rien changé cependant aux lois
portées contre eux: leur fortune, leur état, celui de leurs
enfants, ne sont appuyés que sur la bonne foi. Ils ne peuvent faire
aucun acte de religion sans encourir la peine des galères; ils sont
exclus non seulement des places honorables, mais de la plupart des métiers.
Nous devons espérer que la raison, qui à la longue triomphera
du fanatisme, et la politique, qui dans tous les temps l’emporte sur la
superstition, détruiront enfin ces lois. La tolérance est
établie dans toute l’Europe, hors l’Italie, l’Espagne et la France;
l’Amérique appelle l’industrie, et offre la liberté, la tolérance
et la fortune, à tout homme qui, ayant un métier, voudra
quitter son pays; et la politique ne permettra point de laisser subsister
plus longtemps des lois qui mettent en contradiction l’amour naturel de
la patrie avec l’intérêt et la conscience; et elles pourraient
amener des émigrations plus funestes que celles du siècle
dernier, et nous faire perdre en peu d’années tous les avantages
du commerce dont la révolution de l’Amérique doit être
la source. (K.)
Note_45
Christophe Kotter, ou Cotterus, corroyeur et prophète, mort on 1617.
Note_46
Christine Poniatowia, fille d’un moine polonais converti au calvinisme,
morte on 1644.
Note_47
Justus Velsius, ou Welsens, né à la Haye, reçu docteur
en médecine à Louvain en 1641.
Note_48
Nicolas Drabicius, né en Moravie, et décapité à
Presbourg en 1671.
Note_49
Ubi enim sunt duo vel tres congregati in nomine meo, ibi sum in medio
eorum. Matthieu, xviii, 20.
Note_50
Si habueritis fidem, sicut granum sinapis, dicetis monti huic: Transi
hinc illuc; et transibit. Matthieu, xvii, 19.
Note_51
Un Abrégé de la vie de Claude Brousson se trouve en
tête de ses Lettres et opuscules, Utrecht, 1701.
Note_52
Cavalier a été le rival de Voltaire, et rival heureux. Ils
aimèrent l’un et l’autre Mlle Pimpette, fille de Mme Dunoyer, et
fille de beaucoup d’esprit et de coquetterie. Ce qui devait arriver arriva:
le héros l’emporta sur le poète, et la physionomie douce
et agréable sur la physionomie égarée et méchante.
(L.) – J’ai rapporté cette note de La Beaumelle parce qu’elle n’est
pas rapportée textuellement par Voltaire, et parce qu’elle m’a paru
nécessaire pour l’intelligence d’un passage du Supplément
au Siècle de Louis XIV, deuxième partie. Cavalier, né
à Ribaute, prés d’Anduze, en 1679, est mort à Chelsea,
prés de Londres, en 1740. (B.)
Note_53
Entre antres Roland, qui fut tué quelque temps après en défendant
le château de Castelnau. (G. A.)
Note_54
Ce trait doit se trouver dans les véritables Mémoires
du maréchal de Villars. Le premier tome est certainement de lui:
il est conforme au manuscrit que j’ai vu; les deux autres sont d’une main
étrangère et bien différente. (Note
de Voltaire.)
Note_55
Voir encore sur Cavalier le Supplément au Siècle de Louis
XIV.
Note_56
Voyez, dans le Dictionnaire philosophique, l’article FANATISME,
section v.
Note_57
En 1707.
Note_58
Grand-vicaire du cardinal Granvelle.
Note_59
Dans son traité qui parut à Lisbonne en 1588: De liberi
arbitrii cum gratioe donis Concordia.
Note_60
Il n’en fut pas l’inventeur, mais l’apôtre le plus fameux. (G. A.)
Note_61
En 1607.
Note_62
Corneille Jansen, dit Jansenius, était mort de la peste en 1638.
Loin de penser à être chef de secte, il hésitait à
publier son livre sur la doctrine de saint Augustin. Il voulait préalablement
le soumettre à l’examen de la cour pontificale, et dans sa dernière
maladie il écrivait au pape Urbain VIII: « Je sais qu’il est
difficile de faire des changements dans l’ouvrage; si cependant le saint-siège
juge à propos d’en faire, je suis fils obéissant de l’Église,
dans laquelle j’ai toujours vécu, et je lui obéis jusqu’au
lit de la mort. »
Les exécuteurs testamentaires de l’évêque
d’Ypres, Colenus et Louis Fromond, n’envoyèrent pas cette lettre
à Rome, et publièrent à Louvain, en 1640, l’Augustinus,
seu doctrina sancti Augustini, de humanae naturae sanitate, adversus pelagianos.
Il en parut une édition à Rouen, chez Berthalin, 1652, 2
tomes en 1 vol. (E. B.)
Note_63
Isaac Habert, évêque de Vabres en 1645, mort on 1668.
Note_64
Censuré en 1656, et ensuite exclu. (CL.)
Note_65
Les premières éditions portaient: « le plus pur et
le plus éloquent des poètes ». (B.)
Note_66
François Annat, dont le vrai nom paraît avoir été
Canard, fut le troisième confesseur de Louis XIV. Il abdiqua, après
seize ans de règne, en 1670, et mourut quelques mois après,
le 14 juin de la même année. (CL.)
Note_67
Voyez Histoire du Parlement, chapitre lxviii.
Note_68
Auteurs des plus piquantes Mazarinades.
Note_69
Du 9 février 1657. Voyez, ci-après, la deuxième partie
du Supplément au Siècle de Louis XIV.
Note_70
Louis XIV croyait que les jansénistes étaient ennemis du
roi et de son autorité. En cela, il ne se trompait guère.
S’ils ne l’étaient pas, ils devaient le devenir. (G. A.)
Note_71
Arnauld de Pomponne.
Note_72
Il mourut à Bruxelles.
Note_73
D’Argenson.
Note_74
Le 2 décembre, âgé de quatre-vingt-six ans.
Note_75
Née à Lille, morte en 1680.
Note_76
Michel Le Tellier, sixième et dernier confesseur de Louis XIV, était
fils d’un vigneron des environs de Coutances. Son homonyme le chancelier
Michel Le Tellier, mort plus de trente ans avant lui, était petit-fils
d’un marchand de vin à Aï. (CL.)
Note_77
Il est dit dans la Vie du duc d’Orléans, imprimée
en 1737, que le cardinal de Noailles accusa le P. Le Tellier de vendre
les bénéfices, et que le jésuite dit au roi: «
Je consens à être brûlé vif si l’on prouve cette
accusation, pourvu que le cardinal soit brûlé vif aussi en
cas qu’il ne la prouve pas. »
Ce conte est tiré des pièces qui coururent
sur l’affaire de la constitution, et ces pièces sont remplies d’autant
d’absurdités que la Vie du duc d’Orléans. La plupart
de ces écrits sont composés par des malheureux qui ne cherchent
qu’à gagner de l’argent: ces gens-là ne savent pas qu’un
homme qui doit ménager sa considération auprès d’un
roi qu’il confesse ne lui propose pas, pour se disculper, de faire brûler
vif son archevêque.
Tous les petits contes de cette espèce se retrouvent
dans les Mémoires de Maintenon. Il faut soigneusement distinguer
entre les faits et les ouï-dire. ( Note de Voltaire.) – On
proposa pour. confesseur à Louis XIV Le Tellier et Tournemine. Tournemine,
littérateur assez savant, pensait avec autant de liberté,
et avait aussi peu de fanatisme qu’il était possible à un
jésuite. Mais il était d’une naissance illustre, et Louis
XIV ne voulut pas d’un confesseur fait pour aspirer aux premières
places de l’Église et de l’État; il craignait d’ailleurs
l’ambition de sa famille. (K.)
Note_78
Consultez les Lettres de madame de Maintenon. On voit que ces Lettres
étaient connues de l’auteur avant qu’on les eût imprimées,
et qu’il n’a rien hasardé. (Note de Voltaire.)
Note_79
Quand on a des lettres aussi authentiques, on peut les citer: ce sont les
plus précieux matériaux de l’histoire. Mais quel fond faire
sur une lettre qu’on suppose écrite au roi par le cardinal de Noailles...
« J’ai travaillé le premier à la ruine du clergé
pour sauver votre État et pour soutenir votre trône... Il
ne vous est pas permis de demander compte de ma conduite. » Est-il
vraisemblable qu’un sujet aussi sage et aussi modéré que
le cardinal de Noailles ait écrit à son souverain une lettre
si insolente et si outrée? Ce n’est qu’une imputation maladroits;
elle se dans les Mémoires de Maintenon, et comme elle n’a
ni authenticité ni vraisemblance, on ne doit y ajouter aucune foi.
(Note de Voltaire.)
Note_80
Le commencement de cet alinéa est de 1751; la fin, de 1768. (B.)
Note_81
Novembre 1764.
Note_82
François de Mailly, né en 1658, cardinal en 1719, mort en
1721.
Note_83
C’est l’auteur de la Vie de Marie Alacoque. (G. A.)
Note_84
Voyez le Catalogue des écrivains, dans le siècle
de Louis XIV.
Note_85
Le système de Law.
Note_86
On verra, dans le Siècle de Louis XV, quelles furent les
vues et la conduite du régent. (Note de
Voltaire.)
Note_87
Il mourut sans vouloir se confesser; voyez le commencement du chapitre
III du Précis du Siècle de Louis XV.
Note_88
Voyez la lettre à d’Argental du 6, et celle à Richelieu du
13 février 1755.
Note_89
Voyez le chapitre II du Précis du Siècle de Louis XV.
¾ Le nom de Law, prononcé
en anglais Lâ, est généralement prononcé
Lâsse en français; on a expliqué ainsi cette
prononciation:
Law a dû être entouré d’Anglais dans
sa banque, et ceux-ci, parlant de son plan financier, de sa maison, de
ses propriétés, etc., etc., disaient, par exemple, en mettant
l’s, marque du génitif, après son nom comme le requérait
la construction de leur langue:
Law’s system is admirable. ¾
(Le système de Law est admirable.)
I am going te Law’s ¾
(Je vais chez Law.)
I spent the evening at Law’s. ¾
(J’ai passé la soirée chez Law.)
In some years, Law’s fortune wilI be considerable.
¾ (Dans quelques années, la fortune
de Law sera considérable.)
De sorte que les Français qui se trouvaient parmi
eux, entendent sans cesse Law’s par ci, Law’s par là,
finirent par croire que les compatriotes du célèbre étranger
prononçaient son nom Lâsse, et ils adoptèrent
comme véritable cette prononciation fautive que nos grammairiens
se sont, à la vérité, empressés de signaler,
mais contre laquelle ils ne se sont jamais élevés. (E. M.)
Note_90
Voyez Histoire du Parlement, chapitre lxiv.
Note_91
Ce fut l’origine d’une procession qu’on appelait procession de Mme Lafosse,
et qui s’est faite jusqu’à l’époque de la Révolution.
Le miracle est du 31 mai 1725, et fut le sujet d’un mandement de l’archevêque,
dans lequel Voltaire est cite; voyez les lettres à Mme de Bernières,
des 27 juin et 31 août 1725.
Note_92
Voyez, dans le Dictionnaire philosophique, le mot Convulsions.
Note_93
Voyez le chapitre lxv de l’Histoire du Parlement.
Note_94
Voyez Histoire du Parlement, chapitre lxv.
Note_95
La Vérité des miracles opérés par l’intercession
du diacre Pâris. Voyez, dans le Dictionnaire philosophique,
l’article CONVULSIONS.
Note_96
C’est la pensée de Pascal; voyez son texte et la remarque de Voltaire,
dans les Mélanges, à la date de 1728.
Note_97
Moyen court et très facile de faire l’oraison du coeur, Grenoble,
1685.
Note_98
Elle entend par torrents les âmes qui sont sorties de Dieu et qui
retourneront se perdre en lui. C’est un livre analogue au Château
intérieur de l’âme de sainte Thérèse. (G.
A.)
Note_99
Ces vers sont parodiés de Quinault, Thésée,
acte II, scène ière.
Note_100
Ce qu’on aurait dû remarquer, c’est que le quiétisme est dans
Don Quichotte. Ce chevalier errant dit qu’on doit servir Dulcinée,
sans autre récompense que celle d’être son chevalier. Sancho
lui répond: « Con esta manera de amor he oido yo predicar
que se ha de amar á nuestro señor por sí solo, sinque
nos mueva esperanza de gloria, ó temor de pena: aunque yo le querria
amar y servir por lo que pudiese. » (Note
de Voltaire.)
Note_101
Auteur du Guide spirituel (1675).
Note_102
Ce conte se retrouve dans l’Histoire de Louis XIV, imprimée
à Avignon. Ceux qui ont approché de ce monarque et de Mme
de Maintenon savent à quel point tout cela été éloigné
de la vérité. (Note de Voltaire.)
– C’est de l’ouvrage de Reboulet que parle Voltaire.
Note_103
Cet alinéa et le précédent sont de 1768. (B.)
Note_104
Le nonce Roverti disait: « Bisogna iufarinarrsi di teologia e fare
un fondo di politica. » (Note de Voltaire.)
Note_105
Pendant la campagne que le duc de Bourgogne fit en Flandre, il ne vit Fénelon
qu’une fois, et en public. (K.)
Note_106
Dans son Traité de la faiblesse de l’esprit humain.
Note_107
Le texte de Fénelon porte
Je n’ai plus en partage. (B.)
Note_108
Ces vers se trouvent dans les poésies de Mme Guyon; mais le neveu
de M. l’archevêque de Cambrai m’ayant assuré plus d’une fois
qu’ils étaient de son oncle et qu’il les lui avait entendu réciter
le jour même qu’il les avait faits, on a dû restituer ces vers
à leur véritable auteur. Ils ont été imprimés
dans cinquante exemplaires de l’édition de Télémaque,
faite par les soins du marquis de Fénelon en Hollande, et supprimés
dans les autres exemplaires.
Je suis obligé de répéter ici que
j’ai entre les mains une lettre de Ramsay, élève de M. de
Fénelon, dans laquelle il me dit: « S’il était né
en Angleterre, il aurait développé son génie et donné
l’essor à ses principes, qu’on n’a jamais bien connus. »
L’autour du Dictionnaire historique, littéraire
et critique, à Avignon, 1759, dit, à l’article FÉNELON,
« qu’il était artificieux, souple, flatteur, et dissimulé
». Il se fonde, pour flétrir ainsi sa mémoire, sur
un libelle de l’abbé Phélypeaux, ennemi de ce grand homme.
Ensuite il assure que l’archevêque de Cambrai était un
pauvre théologien, parce qu’il n’était pas janséniste.
Nous sommes inondés depuis peu de dictionnaires qui sont des libelles
diffamatoires. Jamais la littérature n’a été si déshonorée,
ni la vérité si attaquée. Le même auteur nie
que M. Ramsay m’ait écrit la lettre dont je parle, et il le nie
avec une grossièreté insultante, quoiqu’il ait tiré
une grande partie de ses articles du Siècle de Louis XIV.
Les plagiaires jansénistes ne sont pas polis: moi, qui ne suis ni
quiétiste, ni janséniste, ni moliniste, je n’ai autre chose
à lui répondre, sinon que j’ai la lettre. Voici les propres
paroles: « Were he born in a free country, he would have display’d
his whole genius, and given a full career te his own principles never known.
» (Note de Voltaire.) — Les vers
que Voltaire cite sont tout bonnement le second couplet d’un cantique sur
la simplicité de l’enfance chrétienne. On a trompé
voltaire. (G. A.) — Le Dictionnaire historique, etc., dont parle
voltaire, est celui de Barral et Guibaud; voyez dans le Dictionnaire
philosophique le mot Dictionnaire.
Note_109
Elles furent appuyées par les intrigues de la princesse des Ursins,
qui, après avoir été longtemps l’amie du cardinal,
s’était brouillée avec lui pour une ridicule querelle d’étiquette.
(K.)
Note_110
Quoi que dise Voltaire, il paraît qu’à Rome le cardinal de
Bouillon ne suivait pas ses instructions, et que, de retour, il entretint
des intelligences avec les ennemis du royaume. (G. A.)
Note_111
20 juin 1740.
Note_112
Matthieu Ricci est mort au commencement du xviie siècle (le 11 mai
1610); mais ce fut sur la fin du XVIe, en 1583, qu’il s’établit
en Chine. (B.)
Note_113
Voyez, dans le Dictionnaire philosophique, l’article CHINE, section
première.
Note_114
Il mourut à la fin de 1722, comme Voltaire le dit ailleurs; voyez
article CHINE, dans le Dictionnaire philosophique, et la Relation
du bannissement des jésuites de la Chine, dans les Mélanges.
Note_115
En 1768, date de cet alinéa, Voltaire avait fait l’éloge
de Parennin dans le Chapitre ier dans l’Essai sur les Moeurs, et
dans une note du paragraphe XVII de la Philosophie de l’histoire.
Il en a parlé depuis dans les Questions sur l’Encyclopédie,
dans les Fragments sur l’Inde, chapitre v, et dans les première
et septième Lettres chinoises. (B.)
Note_116
Voyez l’Essai sur les Moeurs, chapitre CXCV. (Note
de Voltaire.)
Note_117
Voltaire rappelle sans doute ici ce qu’il a dit dans l’Essai sur les
Moeurs.
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