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Notes.
Note_1
Dans la compilation intitulée Mémoires de Mme de Maintenon,
on trouve tome III, page 23, ces mots: « Les réunions
des chambres de Mets et de Besançon. » Nous avons cru d’abord
qu’il y avait eu une chambre de Besançon réunie à
celle de Mets. Nous avons consulté tous les auteurs, nous avons
trouvé que jamais il n’y eut à Besançon de chambre
instituée pour juge, quelles terres voisines pouvaient appartenir
à la France. Il n’y eut, en 1680, que le conseil de Brisach et celui
de Metz, chargés de réunir à la France les terres
qu’on croyait démembrées de l’Alsace et des Trois-Évêchés.
Ce fut le parlement de Besançon qui réunit pour quelque temps
Montbéliard à la France.
Note_2
On a prétendu que ce fut alors que le prince d’Orange depuis roi
d’Angleterre dit publiquement: « Je n’ai pu avoir son amitié,
je mériterai son estime. » Ce mot a été recueilli
par plusieurs personnes, et l’abbé de Choisy le place vers l’année
1672. Il peut mériter quelque attention, parcs qu’il annonçait
de loin les ligues que forma Guillaume contre Louis XIV; mais il n’est
pas vrai que ce fut à la paix de Nimègue que le prince d’Orange
ait parle ainsi; il est encore moins vrai que Louis XIV eût écrit
à ce prince. « Vous me demandez mon amitié, je vous
l’accorderai quand vous en serez digne. » On ne s’exprime ainsi qu’avec
son vassal: on ne se sert point d’expressions si insultantes envers un
prince avec qui on fait un traité. Cette lettre ne se trouve que
dans la compilation des Mémoires de Maintenon; et nous apprenons
que ces Mémoires sont décriés par le grand
nombre d’infidélités qu’ils renferment.
Note_3
Cet appareil est plus effrayant que l’effet n’en est terrible. Les bombes
sont mal ajustées; les bâtiments qui les portent manoeuvrent
mal, sont aisément désemparés, le feu y prend fréquemment,
et les frais de ces armements excèdent de beaucoup le dommage qu’ils
peuvent causer. On prétend que le dey d’Alger ayant su ce que l’expédition
de Duquesne avait coûté à Louis XIV: « Il n’avait
qu’à m’en donner la moitié, dit-il, j’aurais brûlé
la ville tout entière. » (K.)
Note_4
Voyez les étranges particularités du siège de Vienne,
dans l’Essai sur les moeurs, et dans les Annales de l’empire.
Note_5
Léopold ne vit Sobieski qu’à cheval et en pleine campagne.
Il avait délibéré sur l’étiquette qu’il devait
observer avec son libérateur; et, ayant assemblé son conseil,
il demanda comment un empereur devait recevoir un roi électif: «
A bras ouverts, s’il a sauvé l’empire, » répondit le
duc de Lorraine. Il fut le seul de son avis. (K.)
Note_6
Dans l’Essai sur les moeurs.
Note_7
Au mois de mai.
Note_8
15 mai 1685.
Note_9
Deux ambassades: 28 septembre 1684 et juillet 1686.
Note_10
On trouve, dans la compilation des Mémoires de Maintenon, au
tome III, chapitre IV, intitulé Du roi et de le reine d’Angleterre,
un tissu étrange de faussetés. Il y est dit que les jurisconsultes
proposèrent cette question: « Un peuple a-t-il le droit de
se révolter contre l’autorité qui veut le forcer à
croire? » Ce fut précisément le contraire. On s’opposa
en Angleterre à la tolérance du roi pour la communion romaine.
On agita cette question: « Si le roi pouvait dispenser du serment
du test ceux qu’il admettait aux emplois? »
Le même auteur dit que le pape Innocent XI donna
au prince d’Orange deux cent mille ducats pour aller détruire la
religion catholique en Angleterre.
Le même auteur, avec la même témérité,
prétend qu’Innocent XI fit dire des milliers de messes pour l’heureux
succès du prince d’Orange. Il est reconnu que ce pape favorisa la
ligue d’Augsbourg; mais il ne fit jamais de démarches si ridicules
et si contraires aux bienséances de sa dignité. L’envoyé
d’Espagne à la Haye fit des prières publiques pour l’heureux
succès de la flotte hollandaise. M. d’Avaux le manda au roi.
Le même auteur fait entendre que le comte d’Avaux
corrompait des membres de l’État: il se trompe, c’est le comte d’Estrades.
Il se trompe encore sur le temps; c’était vingt-quatre ans auparavant.
Voyez la lettre de M. d’Estrades à M. de Lyonne, du 17 septembre
1665.
Le même auteur ose citer l’évêque Burnet,
et lui fait dire, pour exprimer un vice du prince d’Orange, que ce prince
n’aimait que les portes de derrière. Il n’y a pas un mot
dans toute l’histoire de Burnet qui ait le moindre rapport à cette
expression si basse et si indigne de l’Histoire. Et si quelque faiseur
d’anecdotes avait jamais prétendu que l’évêque Burnet
eût laissé échapper dans la conversation un mot aussi
indécent, ce témoignage obscur ne pourrait prévaloir
contre une histoire authentique.
Note_11
L’auteur des Mémoires de Maintenon avance que le prince d’Orange,
voyant que les États généraux refusaient des fonds,
entra dans l’assemblée, et dit ces mots: « Messieurs, il y
aura guerre au printemps prochain, et je demande qu’on enregistre cette
prédiction. » Il cite le comte d’Avaux.
Il dit que ce ministre pénétrait toutes
les mesures du prince d’Orange. Il est difficile d’entasser plus mal plus
de faussetés. Les neuf mille matelots étaient prêts
dès l’an 1687. Le comte d’Avaux ne dit pas un mot du prétendu
discours du prince d’Orange. Il ne soupçonna le dessein de ce prince
que le 20 mai 1688. Voyez sa lettre au roi du 20 mai.
Note_12
On peut consulter sur ces détails les Mémoires du chevalier
Dalrymple déjà cités. Nous n’en rapporterons ici
qu’une anecdote. Jacques, qui, sous le règne de son frère,
l’avait empêché de faire grâce au lord Russel, appels
auprès de lui le vieux comte de Bedford, père de Russel,
et le conjura d’employer en sa faveur son crédit sur les pairs.
« Sire, j’avais un fils, répondit le comte, il aurait pu vous
servir. » (K.)
Note_13
Voyez les
Lettres de Mme de Sévigné et les Mémoires
de Mme de La Fayette, etc.
Note_14
On attribue le même propos à Charles II. « Mon frère,
disait-il, perdra trois royaumes pour une messe, et le paradis pour une
fille. » On fit cette chanson, attribuée à Fontenelle:
Quand je veux rimer à Guillaume,
Je trouve aisément un royaume
Qu’il a su mettre sous ses lois;
Mais quand je veux rimer à Jacques,
J’ai beau rêver, mordre mes doigts,
Je trouve qu’il a fait ses pâques.
(K.)
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Note_15
On lisait dans les premières éditions: « La supériorité
que les blancs ont sur les nègres. » M. de Voltaire effaça
cette expression injurieuse. L’état presque sauvage où était
l’Irlande lorsqu’elle fut conquise, la superstition, l’oppression exercée
par les Anglais, le fanatisme religieux qui divise les Irlandais en deux
nations ennemies; telles sont les causes qui ont retenu ce peuple dans
l’abaissement et dans la faiblesse. Les haines religieuses se sont assoupies,
et il a repris sa liberté. Les Irlandais ne le cèdent plus
aux Anglais, ni en industrie, ni en lumières, ni en courage (K.)
Note_16
Les nouveaux Mémoires de Berwick disent le contraire; mais plusieurs
historiens, et entre autres le chevalier Dalrymple, sont d’accord avec
M. de Voltaire. Schomberg, qui avait quitté le service de France
à cause de sa religion, combattit les troupes françaises
à la tête des réfugiés français. Blessé
mortellement, il criait aux troupes qui passaient devant lui: « A
la gloire, mes amis! à la gloire! » Ces troupes ayant été
mises en désordre, Callemotte, qui remplaçait Schomberg,
les rallia et leur montrant les régiments français: «
Messieurs, voilà vos persécuteurs. » Ainsi les dragonnades
furent une des principales causes de la perte de la bataille de la Boyne,
et de l’oppression des catholiques dans les trois royaumes. (K.)
Note_17
On nie ce fait dans les Mémoires de Berwick, et Dalrymple
n’en parle point. On peut voir, dans ce dernier historien, les détails
de la conduite de Guillaume, qui fut politique et dur, beaucoup plus que
généreux. (K.)
Note_18
29 mai.
Note_19
Tourville avait ordre de combattre, et ce fut lui qui attaqua la flotte
anglaise. Seignelay lui avait reproché de n’avoir pas osé,
l’année précédente, aller brûler les vaisseaux
anglais dans leurs porte, après la défaite de leur flotte.
Tourville parut regarder ce reproche comme un soupçon sur sa bravoure.
« Vous ne m’avez pas entendu, répliqua le ministre; il y a
des hommes qui sont braves de coeur et poltrons de tête. »
Russel, qui commandait la flotte anglaise, avait une correspondance
secrète avec Jacques. Lui, Marlborough, plusieurs chefs du parti
populaire, avaient formé le projet de rétablir Jacques, en
lui imposant des conditions encore plus dures que celles qu’ils avaient
forcé le prince d’Orange d’accepter. Russel avait écrit à
Jacques de remettre la descente à l’hiver, et surtout d’éviter
que la flotte française n’attaquât la sienne qu’il le connaissait
incapable de sacrifier à aucun intérêt l’honneur du
pavillon britannique. Jacques avait encore d’autres intelligences dans
la flotte.
On a prétendu que Russel, voyant qu’on le forçait
à combattre, déconcerta ces intelligences en changeant les
capitaines suspects la veille de l’action. Dalrymple rapporte, au contraire,
qu’on en donna le conseil au prince d’Orange, mais qu’il prit le parti
de faire écrire par la reine à Russel qu’on avait cherché
à lui donner des soupçons sur la fidélité de
plusieurs officiers, et proposé de les changer, mais qu’elle ne
ferait aucun changement, regardant ces imputations comme l’ouvrage de ses
ennemis et des leurs. Russel lut publiquement la lettre, et tous jurèrent
de mourir pour leur reine et pour leur patrie.
On a dit que Jacques, placé sur le rivage, voyant
combattre les mêmes vaisseaux avec lesquels il avait gagné
des batailles, ne pouvait s’empêcher de s’intéresser à
eux contre lui-même. Cependant il avait demandé à combattre
sur la flotte française. (K.)
Note_20 On
a nié ce fait dans les Mémoires de Berwick. Nous observerons
que M. de voltaire a été lié intimement avec les personnes
qui connaissaient le mieux les petits détails de la cour de Saint-Germain.
(K.)
Note_21
En 1701.
Note_22
On a poussé le ridicule jusqu’à dire que ses reliques avaient
guéri un évêque d’Autun de la fistule.
Note_23
Le 29 octobre.
Note_24
Mémoires du maréchal de Luxembourg.
Note_25
Voyez les
Anecdotes à l’article de la Chambre ardente,
chap. XXVI. Il est aujourd’hui généralement regardé
par les militaires comme le premier homme de guerre qui ait connu l’art
de faire manoeuvrer et combattre de grandes armées.
Note_26
On voit par les Lettres de Mme de Maintenon, qu’elle n’aimait pas
le maréchal de Catinat. Elle n’espère rien de lui; elle appelle
sa modestie
orgueil. Il paraît que le peu de connaissance
qu’avait cette dame des affaires et des hommes, et les mauvais choix qu’elle
fit, contribuèrent depuis aux malheurs de la France.
Note_27
Dix-huit ans.
Note_28
Racine, dans sa lettre à Boileau, du 6 août 1693, rapporte
ces paroles un peu différemment, et les met dans la bouche du comte
de Solme. (B.)
Note_29
Voy. l’Ode de Boileau, et le Fragment historique de Racine.
L’expérience, dit Racine, avait fait connaître au prince d’Orange
combien il était inutile de s’opposer à un dessein que le
roi conduisait lui-même.
Note_30
Voy. chap.
xviii, année 1703.
Note_31
Ces Mémoires de Torcy ont été imprimés
depuis, et confirment combien l’auteur du Siècle de Louis XIV
était instruit de toit ce qu’il avance.
Note_32
Paix précipitée par le seul motif de soulager le royaume.
Mémoires de Torcy, t. Ier, p. 50, première édition.
Note_33
Giannone, si célèbre par son utile Histoire de Naples,
dit que ces tribunaux étaient établis à Tournai.
Il se trempe souvent sur toutes les affaires qui ne sont pas celles de
son pays. Il dit, par exemple, qu’à Nimègue, Louis XIV fit
la paix avec la Suède. Au contraire, la Suède était
son alliée.
Note_34
François Ier, époux de Marie-Thérèse.
Note_35
Dix-huit ans.
Note_36
Voy. les
Mémoires de Torcy, t. Ier, p. 52.
Note_37
L’auteur du Siècle de Louis XIV avait écrit la plupart
de ces particularités, alors aussi nouvelles qu’intéressantes,
longtemps avant que les Mémoires de marquis de Torcy parussent;
et ces Mémoires ont enfin confirmé tous les faits
rapportés dans cette histoire.
Note_38
Les bruits odieux répandus sur la mort du prince électoral
de Bavière ne sont plus répétés aujourd’hui
que par de vils écrivains sans aveu, sans pudeur, et sans connaissance
du monde, qui travaillent pour des libraires, et qui se donnent pour des
politiques. On trouve dans les prétendus Mémoires de Mme
de Maintenon, tome V, page 6, ces paroles: « La cour de Vienne,
de tout temps infectée des maximes de Machiavel, et soupçonnée
de réparer par ses empoisonneurs les fautes de ses ministres. »
Il semble, par cette phrase, que la cour de Vienne eût de tout temps
des empoisonneurs en titre d’office comme on a des huissiers et des drabans.
C’est un devoir de relever des expressions si indécentes, et de
combattre des idées si calomnieuses.
Note_39
Berlips.
Note_40
Reboulet suppose que cet ambassadeur fut reçu d’abord magnifiquement.
Il fait un grand éloge de sa livrée, de son beau carrosse
doré et de l’accueil tout à fait gracieux de Sa Majesté.
Mais le marquis, dans ses dépêches, avoue qu’on ne lui fit
nulle civilité, et qu’il ne vit le roi qu’un moment dans une chambre
très sombre, éclairée de deux bougies de peur qu’il
ne s’aperçût que ce prince était moribond. Enfin, les
Mémoires de Torcy démontrent qu’il n’y a pas un mot
de vrai dans tout ce que Reboulet, Limiers et les autres historiens, ont
dit de cette grande affaire.
Note_41
Il y avait toujours un parti français à la cour d’Espagne.
Les chefs de ce parti imaginèrent de faire accroire au roi qu’il
était ensorcelé, et l’on envoya consulter, en conséquence,
le plus habile sorcier qu’il y eût alors dans toute l’Espagne. Le
sorcier répondit comme on le désirait, mais il eut la maladresse
de compromettre dans sa réponse des personnes très considérables;
ce qui fournit à la reine, contre qui cette intrigue était
dirigée, et qui n’osait s’en plaindre, un prétexte pour perdre
le sorcier et ses protecteurs. (Mémoires de Saint-Philippe.)
(K.)
Note_42
Quelques mémoires disent que le cardinal Portocarrero arracha de
roi mourant la signature de ce testament; ils lui font tenir un long discours
pour y disposer ce monarque: mais on voit que tout était déjà
préparé et règle dès le mois de juillet. Qui
pourrait d’ailleurs savoir ce que dit le cardinal Portocarrero au roi tête
à tête?
Note_43
Voy. le chap.
xxvii des Anecdotes.
Note_44
Voy. les
Mémoires de Torcy, t.Ier, p. 12.
Note_45
Malgré le mépris où sont en France les prétendus
Mémoires de Mme de Maintenon, on est pourtant obligé
d’avertir les étrangers que tout ce qu’on y dit au sujet de ce testament
est faux. L’auteur prétend que lorsque l’ambassadeur d’Espagne vint
apporter à Louis XIV les dernières volontés de Charles
II, le roi lui répondit: Je verrai. Certainement le roi ne
fit point une réponse si étrange, puisque, de l’aveu du marquis
de Torcy, l’ambassadeur d’Espagne n’eut audience de Louis XIV qu’après
le conseil dans lequel le testament fut accepté.
Le ministre qu’en avait alors en Espagne s’appelait Blécour,
et
non pas Belcour. Ce que le roi dit à l’ambassadeur Castel
dos Rios, dans les Mémoires de Mme de Maintenon, n’a jamais
été dit que dans ce roman.
Note_46
Cinquante et un ans. Né le 14 octobre 1650, mort le 16 mars
1702.
Note_47
Du moins c’est ce que rapportent les Mémoires manuscrits du marquis
de Dangeau. Ils sont quelquefois infidèles.
Note_48
Il paraît, d’après les notes des Mémoires de Berwick,
que Louis XIV avait pris sa résolution avant la mort de Jacques,
et qu’ainsi le conseil, dont on a parlé ici, fut tenu avant la troisième
visite de Louis XIV à ce prince, celle où il déclara
au malheureux Jacques qu’il reconnaîtrait son fils pour roi d’Angleterre.
(K.)
Note_49
Entre antres, milord Bolingbroke, dont les Mémoires ont depuis
justifié ce que l’auteur du Siècle avance. Voy. ses
lettres, tome II, page 56. C’est ainsi que pense encore M. de Torcy dans
ses Mémoires.
Il dit, page 164 du tome Ier, première
édition: « La résolution que prit le roi, de reconnaître
le prince de Galles en qualité de roi d’Angleterre, changea les
dispositions qu’une grande partie de la nation témoignait à
conserver la paix, etc. » Le lord Bolingbroke avoue, dans ses Lettres,
que Louis XIV reconnut le prétendant par des importunités
de femmes. On voit, par ces témoignages, avec quelle exactitude
l’auteur du Siècle de Louis XIV a cherché la
vérité, et avec quelle candeur il l’a dite.
Note_50
Voy. ci-devant, la première note du chap. xv.
On a fait dire à Guillaume: « Le roi de France
ne devrait point me haïr: je l’imite en beaucoup de choses, je le
crains en plusieurs, et je l’admire en tout. » On cite sur cela les
Mémoires de M. de Dangeau. Je ne me souviens point d’y avoir
vu ces paroles: elles ne sont ni dans le caractère ni dans le style
du roi Guillaume. Elles ne se trouvent dans aucun mémoire anglais
concernant ce prince, et il n’est pas possible qu’il ait dit qu’il imitait
Louis XIV, lui dont les moeurs, les goûts, la conduite dans la guerre
et dans la paix, furent en tout l’opposé de ce monarque.
Note_51
Édouard Hyde, comte de Charendon.
Note_52
On lui déclara, lorsqu’il se proposait d’aller voir à Milan
son gendre Philippe V, qu’il ne serait reçu que comme un de ses
courtisans, et que le roi d’Espagne ne pourrait, sans manquer à
sa dignité, l’admettre à sa table. (K.)
Note_53
Voy. les
Mémoires manuscrits de Dangeau: on les cite ici,
parce que ce fait rapporté par eux a été souvent confirmé
par le maréchal de La Feuillade, gendre du secrétaire d’État
Chamillart. Louis XIV n’avait que trois ans plus que Louvois; à
la mort de Mazarin le roi avait vingt-trois ans; Louvois en avait vingt,
et était, depuis plusieurs années, adjoint de son père
dans la place de ministre de la guerre.
Note_54
Le maréchal de Berwick rapporte, dans ses Mémoires, que Louis
XIV l’ayant consulté sur un plan imaginé par Chamillart,
pour la campagne de 1708, et dont l’exécution devait être
confiée au maréchal, il n’eut pas de peine à en faire
voir le ridicule au roi, qui ne put s’empêcher de lui dire en riant:
« Chamillart croit en savoir beaucoup plus qu’aucun général,
mais il n’y entend rien du tout. » Cependant Chamillart resta encore
ministre; et, dans la même campagne, Louis XIV l’envoya en Flandre
pour prononcer entre le duc de Vendôme et le maréchal de Berwick,
sur les moyens d’empêcher la prise de Lille. (K.)
Note_55
Le compilateur des Mémoires de Mme de Maintenon dit que,
vers la fin de la guerre précédente, le marquis de Nangis,
colonel du régiment du roi, lui disait qu’on ne pourrait empêcher
la désertion de ses soldats qu’en faisant casser la tête aux
déserteurs. Remarquez que le marquis, depuis le maréchal
de Nangis, ne fut colonel de ce régiment qu’en 1711.
Note_56
Par les instructions à moi envoyées, et puisées dans
le dépôt des affaires étrangères, il est évident
que le prince Eugène était déjà parti en 1683,
et que le marquis de La Fare s’est mépris dans ses Mémoires,
quand il fait partir les deux princes de Conti avec le prince Eugène;
ce qui a induit les historiens su erreur.
Il y eut alors plusieurs jeunes seigneurs de la cour qui
écrivirent aux princes de Conti des lettres indécentes, dans
lesquelles ils manquaient de respect an roi, et d’égards pour Mme
de Maintenon qui n’était encore que favorite. Les lettres furent
interceptées, et ces jeunes gens disgraciés pour quelque
temps.
Le compilateur des Mémoires de Maintenon est
le seul qui avance que le duc de La Roche-Guyon dit à confrère,
le marquis de Liancourt: « Mon frère, si on intercepte votre
lettre, vous méritez la mort. » Premièrement on ne
mérite point la mort parce qu’une lettre coupable est interceptée,
mais parce qu’on l’a écrite; secondement, on ne mérite point
la mort pour avoir écrit des plaisanteries. Il parut bien que ces
seigneurs, qui tous rentrèrent en grâce, ne méritaient
point la mort. Tous ces prétendus discours qu’on débite avec
légèreté dans le monde, et qui sont ensuite recueillis
par des écrivains obscurs et mercenaires, sont indignes de croyance.
Note_57
L’auteur qui dans sa jeunesse eut l’honneur de le voir souvent, a droit
d’assurer que c’était là son caractère. La Beaumelle,
qui insulte les maréchaux de Villeroi et de Villars, et tant d’autres,
dans ses notes du Siècle de Louis XIV parle ainsi de feu
M. le maréchal de Villeroi, page 102, tome III des Mémoires
de Mme de Maintenon: « Villeroi le fastueux, qui amusait
les femmes avec tant de légèreté, et qui disait à
ses gens avec tant d’arrogance: A-t-on mis de l’or dans mes poches? »
Comment peut-il attribuer, je ne dis pas à un grand seigneur, mais
à un homme bien élevé, ces paroles qu’on attribuait
autrefois à un financier ridicule? comment peut-il parler de tant
d’hommes du siècle passé, du ton d’un homme qui les aurait
vus? et comment peut-on écrire si insolemment de telles indécences,
de telles faussetés et de telles sottises?
Note_58
Voy. les
Mémoires de Dangeau.
On chantait à la cour, à Paris et dans l’armée:
Français, rendez grâce à Bellone,
Votre bonheur est sans égal;
Vous avez conservé Cremone,
Et perdu votre général. |
Note_59
Tout ceci doit se trouver dans les Mémoires du maréchal
de Villars,
manuscrits; j’y ai lu ces détails. Le premier tome
imprimé de ces Mémoires est absolument de lui; les deux autres
sont d’une main étrangère et un peu différente.
On voit, par les dépêches du maréchal,
combien il avait à souffrir de la cour de Bavière: «
Peut-être valait-il mieux lui plaire que de le bien servir. Ses gens
en usent ainsi. Les Bavarois, les étrangers, tous ceux qui l’ont
volé, friponné au jeu, livré à l’empereur,
ont fait avec lui leur fortune, etc. »
Il entend par ces mots, livré à l’empereur,
une
intrigue que les ministres de l’électeur de Bavière formaient
alors pour faire sa paix avec l’Autriche, dans le temps que la France combattait
pour lui.
Note_60
Reboulet assure que l’empereur Léopold fit ériger cette pyramide:
on le crut en effet en France; le maréchal de Villars, en 1707,
envoya cinquante maîtres pour la détruire; on ne trouva rien.
Le continuateur de Thoyras (David Durand), qui n’a écrit que d’après
les journaux de la Haye, suppose cette inscription, et propose même
de la changer en faveur des Anglais. Elle fut imaginée en effet
par des Français réfugiés oisifs. Il était
très commun alors, et il l’est encore aujourd’hui, de donner ses
imaginations on des contes populaires pour des vérités certaines.
Autrefois les Mémoires manquaient à l’histoire, aujourd’hui
la multiplicité des Mémoires lui nuit. Le vrai est noyé
dans un Océan de brochures.
Note_61
Reboulet dit que la chancellerie allemande donnait aux rois le titre de
Dilection; mais c’est celui des électeurs.
Note_62
En 1740. — Cette place est restée aux Anglais à la paix de
1748, à celle de 1763, et enfin à celle de 1783, après
avoir essuyé un long blocus. Une armée combinée d’Espagnols
et de Français, commandée par M. le duc de Crillon, qui venait
de prendre Minorque, se préparait, en 1782, à tenter une
attaque contre Gibraltar du côté de la mer; mais les batteries
flottantes destinées à en détruire les défenses
furent brûlées par les boulets rouges de la place. (K.)
Note_63
L’histoire de Reboulet appelle ce prince chef des factieux, comme s’il
eût été un Espagnol révolté contre Philippe
V.
Note_64
C’était, à la vérité, un comte de Revontlan,
né en Danemark, qui commandait au combat de Calcinato; mais il n’y
avait que des troupes impériales.
La Beaumelle dit à ce sujet, dans ses Notes sur
l’Histoire du siècle de Louis XIV, que « les Danois
ne valent pas mieux ailleurs que chez eux. » Il faut avouer que c’est
une chose rare de voir un tel homme outrager ainsi toutes les nations.
Note_65
Voy. les
Mémoires de Feuquières.
Note_66
Frédéric Ier.
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