Notes.

Note_1 Dans la compilation intitulée Mémoires de Mme de Maintenon, on trouve tome III, page 23, ces mots: « Les réunions des chambres de Mets et de Besançon. » Nous avons cru d’abord qu’il y avait eu une chambre de Besançon réunie à celle de Mets. Nous avons consulté tous les auteurs, nous avons trouvé que jamais il n’y eut à Besançon de chambre instituée pour juge, quelles terres voisines pouvaient appartenir à la France. Il n’y eut, en 1680, que le conseil de Brisach et celui de Metz, chargés de réunir à la France les terres qu’on croyait démembrées de l’Alsace et des Trois-Évêchés. Ce fut le parlement de Besançon qui réunit pour quelque temps Montbéliard à la France. 

Note_2 On a prétendu que ce fut alors que le prince d’Orange depuis roi d’Angleterre dit publiquement: « Je n’ai pu avoir son amitié, je mériterai son estime. » Ce mot a été recueilli par plusieurs personnes, et l’abbé de Choisy le place vers l’année 1672. Il peut mériter quelque attention, parcs qu’il annonçait de loin les ligues que forma Guillaume contre Louis XIV; mais il n’est pas vrai que ce fut à la paix de Nimègue que le prince d’Orange ait parle ainsi; il est encore moins vrai que Louis XIV eût écrit à ce prince. « Vous me demandez mon amitié, je vous l’accorderai quand vous en serez digne. » On ne s’exprime ainsi qu’avec son vassal: on ne se sert point d’expressions si insultantes envers un prince avec qui on fait un traité. Cette lettre ne se trouve que dans la compilation des Mémoires de Maintenon; et nous apprenons que ces Mémoires sont décriés par le grand nombre d’infidélités qu’ils renferment. 

Note_3 Cet appareil est plus effrayant que l’effet n’en est terrible. Les bombes sont mal ajustées; les bâtiments qui les portent manoeuvrent mal, sont aisément désemparés, le feu y prend fréquemment, et les frais de ces armements excèdent de beaucoup le dommage qu’ils peuvent causer. On prétend que le dey d’Alger ayant su ce que l’expédition de Duquesne avait coûté à Louis XIV: « Il n’avait qu’à m’en donner la moitié, dit-il, j’aurais brûlé la ville tout entière. » (K.) 

Note_4 Voyez les étranges particularités du siège de Vienne, dans l’Essai sur les moeurs, et dans les Annales de l’empire.

Note_5 Léopold ne vit Sobieski qu’à cheval et en pleine campagne. Il avait délibéré sur l’étiquette qu’il devait observer avec son libérateur; et, ayant assemblé son conseil, il demanda comment un empereur devait recevoir un roi électif: « A bras ouverts, s’il a sauvé l’empire, » répondit le duc de Lorraine. Il fut le seul de son avis. (K.) 

Note_6 Dans l’Essai sur les moeurs

Note_7 Au mois de mai. 

Note_8 15 mai 1685. 

Note_9 Deux ambassades: 28 septembre 1684 et juillet 1686. 

Note_10 On trouve, dans la compilation des Mémoires de Maintenon, au tome III, chapitre IV, intitulé Du roi et de le reine d’Angleterre, un tissu étrange de faussetés. Il y est dit que les jurisconsultes proposèrent cette question: « Un peuple a-t-il le droit de se révolter contre l’autorité qui veut le forcer à croire? » Ce fut précisément le contraire. On s’opposa en Angleterre à la tolérance du roi pour la communion romaine. On agita cette question: « Si le roi pouvait dispenser du serment du test ceux qu’il admettait aux emplois? » 

Le même auteur dit que le pape Innocent XI donna au prince d’Orange deux cent mille ducats pour aller détruire la religion catholique en Angleterre. 

Le même auteur, avec la même témérité, prétend qu’Innocent XI fit dire des milliers de messes pour l’heureux succès du prince d’Orange. Il est reconnu que ce pape favorisa la ligue d’Augsbourg; mais il ne fit jamais de démarches si ridicules et si contraires aux bienséances de sa dignité. L’envoyé d’Espagne à la Haye fit des prières publiques pour l’heureux succès de la flotte hollandaise. M. d’Avaux le manda au roi. 

Le même auteur fait entendre que le comte d’Avaux corrompait des membres de l’État: il se trompe, c’est le comte d’Estrades. Il se trompe encore sur le temps; c’était vingt-quatre ans auparavant. Voyez la lettre de M. d’Estrades à M. de Lyonne, du 17 septembre 1665. 

Le même auteur ose citer l’évêque Burnet, et lui fait dire, pour exprimer un vice du prince d’Orange, que ce prince n’aimait que les portes de derrière. Il n’y a pas un mot dans toute l’histoire de Burnet qui ait le moindre rapport à cette expression si basse et si indigne de l’Histoire. Et si quelque faiseur d’anecdotes avait jamais prétendu que l’évêque Burnet eût laissé échapper dans la conversation un mot aussi indécent, ce témoignage obscur ne pourrait prévaloir contre une histoire authentique. 

Note_11 L’auteur des Mémoires de Maintenon avance que le prince d’Orange, voyant que les États généraux refusaient des fonds, entra dans l’assemblée, et dit ces mots: « Messieurs, il y aura guerre au printemps prochain, et je demande qu’on enregistre cette prédiction. » Il cite le comte d’Avaux. 

Il dit que ce ministre pénétrait toutes les mesures du prince d’Orange. Il est difficile d’entasser plus mal plus de faussetés. Les neuf mille matelots étaient prêts dès l’an 1687. Le comte d’Avaux ne dit pas un mot du prétendu discours du prince d’Orange. Il ne soupçonna le dessein de ce prince que le 20 mai 1688. Voyez sa lettre au roi du 20 mai. 

Note_12 On peut consulter sur ces détails les Mémoires du chevalier Dalrymple déjà cités. Nous n’en rapporterons ici qu’une anecdote. Jacques, qui, sous le règne de son frère, l’avait empêché de faire grâce au lord Russel, appels auprès de lui le vieux comte de Bedford, père de Russel, et le conjura d’employer en sa faveur son crédit sur les pairs. « Sire, j’avais un fils, répondit le comte, il aurait pu vous servir. » (K.) 

Note_13 Voyez les Lettres de Mme de Sévigné et les Mémoires de Mme de La Fayette, etc. 

Note_14 On attribue le même propos à Charles II. « Mon frère, disait-il, perdra trois royaumes pour une messe, et le paradis pour une fille. » On fit cette chanson, attribuée à Fontenelle: 
 

Quand je veux rimer à Guillaume, 
Je trouve aisément un royaume 
Qu’il a su mettre sous ses lois; 
Mais quand je veux rimer à Jacques, 
J’ai beau rêver, mordre mes doigts, 
Je trouve qu’il a fait ses pâques. 
(K.)

Note_15 On lisait dans les premières éditions: « La supériorité que les blancs ont sur les nègres. » M. de Voltaire effaça cette expression injurieuse. L’état presque sauvage où était l’Irlande lorsqu’elle fut conquise, la superstition, l’oppression exercée par les Anglais, le fanatisme religieux qui divise les Irlandais en deux nations ennemies; telles sont les causes qui ont retenu ce peuple dans l’abaissement et dans la faiblesse. Les haines religieuses se sont assoupies, et il a repris sa liberté. Les Irlandais ne le cèdent plus aux Anglais, ni en industrie, ni en lumières, ni en courage (K.) 

Note_16 Les nouveaux Mémoires de Berwick disent le contraire; mais plusieurs historiens, et entre autres le chevalier Dalrymple, sont d’accord avec M. de Voltaire. Schomberg, qui avait quitté le service de France à cause de sa religion, combattit les troupes françaises à la tête des réfugiés français. Blessé mortellement, il criait aux troupes qui passaient devant lui: « A la gloire, mes amis! à la gloire! » Ces troupes ayant été mises en désordre, Callemotte, qui remplaçait Schomberg, les rallia et leur montrant les régiments français: « Messieurs, voilà vos persécuteurs. » Ainsi les dragonnades furent une des principales causes de la perte de la bataille de la Boyne, et de l’oppression des catholiques dans les trois royaumes. (K.) 

Note_17 On nie ce fait dans les Mémoires de Berwick, et Dalrymple n’en parle point. On peut voir, dans ce dernier historien, les détails de la conduite de Guillaume, qui fut politique et dur, beaucoup plus que généreux. (K.) 

Note_18 29 mai. 

Note_19 Tourville avait ordre de combattre, et ce fut lui qui attaqua la flotte anglaise. Seignelay lui avait reproché de n’avoir pas osé, l’année précédente, aller brûler les vaisseaux anglais dans leurs porte, après la défaite de leur flotte. Tourville parut regarder ce reproche comme un soupçon sur sa bravoure. « Vous ne m’avez pas entendu, répliqua le ministre; il y a des hommes qui sont braves de coeur et poltrons de tête. » 

Russel, qui commandait la flotte anglaise, avait une correspondance secrète avec Jacques. Lui, Marlborough, plusieurs chefs du parti populaire, avaient formé le projet de rétablir Jacques, en lui imposant des conditions encore plus dures que celles qu’ils avaient forcé le prince d’Orange d’accepter. Russel avait écrit à Jacques de remettre la descente à l’hiver, et surtout d’éviter que la flotte française n’attaquât la sienne qu’il le connaissait incapable de sacrifier à aucun intérêt l’honneur du pavillon britannique. Jacques avait encore d’autres intelligences dans la flotte. 

On a prétendu que Russel, voyant qu’on le forçait à combattre, déconcerta ces intelligences en changeant les capitaines suspects la veille de l’action. Dalrymple rapporte, au contraire, qu’on en donna le conseil au prince d’Orange, mais qu’il prit le parti de faire écrire par la reine à Russel qu’on avait cherché à lui donner des soupçons sur la fidélité de plusieurs officiers, et proposé de les changer, mais qu’elle ne ferait aucun changement, regardant ces imputations comme l’ouvrage de ses ennemis et des leurs. Russel lut publiquement la lettre, et tous jurèrent de mourir pour leur reine et pour leur patrie. 

On a dit que Jacques, placé sur le rivage, voyant combattre les mêmes vaisseaux avec lesquels il avait gagné des batailles, ne pouvait s’empêcher de s’intéresser à eux contre lui-même. Cependant il avait demandé à combattre sur la flotte française. (K.) 

Note_20 On a nié ce fait dans les Mémoires de Berwick. Nous observerons que M. de voltaire a été lié intimement avec les personnes qui connaissaient le mieux les petits détails de la cour de Saint-Germain. (K.) 

Note_21 En 1701. 

Note_22 On a poussé le ridicule jusqu’à dire que ses reliques avaient guéri un évêque d’Autun de la fistule. 

Note_23 Le 29 octobre. 

Note_24 Mémoires du maréchal de Luxembourg.

Note_25 Voyez les Anecdotes à l’article de la Chambre ardente, chap. XXVI. Il est aujourd’hui généralement regardé par les militaires comme le premier homme de guerre qui ait connu l’art de faire manoeuvrer et combattre de grandes armées. 

Note_26 On voit par les Lettres de Mme de Maintenon, qu’elle n’aimait pas le maréchal de Catinat. Elle n’espère rien de lui; elle appelle sa modestie orgueil. Il paraît que le peu de connaissance qu’avait cette dame des affaires et des hommes, et les mauvais choix qu’elle fit, contribuèrent depuis aux malheurs de la France. 

Note_27 Dix-huit ans. 

Note_28 Racine, dans sa lettre à Boileau, du 6 août 1693, rapporte ces paroles un peu différemment, et les met dans la bouche du comte de Solme. (B.) 

Note_29 Voy. l’Ode de Boileau, et le Fragment historique de Racine. L’expérience, dit Racine, avait fait connaître au prince d’Orange combien il était inutile de s’opposer à un dessein que le roi conduisait lui-même. 

Note_30 Voy. chap. xviii, année 1703. 

Note_31 Ces Mémoires de Torcy ont été imprimés depuis, et confirment combien l’auteur du Siècle de Louis XIV était instruit de toit ce qu’il avance. 

Note_32 Paix précipitée par le seul motif de soulager le royaume. Mémoires de Torcy, t. Ier, p. 50, première édition. 

Note_33 Giannone, si célèbre par son utile Histoire de Naples, dit que ces tribunaux étaient établis à Tournai. Il se trempe souvent sur toutes les affaires qui ne sont pas celles de son pays. Il dit, par exemple, qu’à Nimègue, Louis XIV fit la paix avec la Suède. Au contraire, la Suède était son alliée. 

Note_34 François Ier, époux de Marie-Thérèse. 

Note_35 Dix-huit ans. 

Note_36 Voy. les Mémoires de Torcy, t. Ier, p. 52. 

Note_37 L’auteur du Siècle de Louis XIV avait écrit la plupart de ces particularités, alors aussi nouvelles qu’intéressantes, longtemps avant que les Mémoires de marquis de Torcy parussent; et ces Mémoires ont enfin confirmé tous les faits rapportés dans cette histoire. 

Note_38 Les bruits odieux répandus sur la mort du prince électoral de Bavière ne sont plus répétés aujourd’hui que par de vils écrivains sans aveu, sans pudeur, et sans connaissance du monde, qui travaillent pour des libraires, et qui se donnent pour des politiques. On trouve dans les prétendus Mémoires de Mme de Maintenon, tome V, page 6, ces paroles: « La cour de Vienne, de tout temps infectée des maximes de Machiavel, et soupçonnée de réparer par ses empoisonneurs les fautes de ses ministres. » Il semble, par cette phrase, que la cour de Vienne eût de tout temps des empoisonneurs en titre d’office comme on a des huissiers et des drabans. C’est un devoir de relever des expressions si indécentes, et de combattre des idées si calomnieuses. 

Note_39 Berlips. 

Note_40 Reboulet suppose que cet ambassadeur fut reçu d’abord magnifiquement. Il fait un grand éloge de sa livrée, de son beau carrosse doré et de l’accueil tout à fait gracieux de Sa Majesté. Mais le marquis, dans ses dépêches, avoue qu’on ne lui fit nulle civilité, et qu’il ne vit le roi qu’un moment dans une chambre très sombre, éclairée de deux bougies de peur qu’il ne s’aperçût que ce prince était moribond. Enfin, les Mémoires de Torcy démontrent qu’il n’y a pas un mot de vrai dans tout ce que Reboulet, Limiers et les autres historiens, ont dit de cette grande affaire. 

Note_41 Il y avait toujours un parti français à la cour d’Espagne. Les chefs de ce parti imaginèrent de faire accroire au roi qu’il était ensorcelé, et l’on envoya consulter, en conséquence, le plus habile sorcier qu’il y eût alors dans toute l’Espagne. Le sorcier répondit comme on le désirait, mais il eut la maladresse de compromettre dans sa réponse des personnes très considérables; ce qui fournit à la reine, contre qui cette intrigue était dirigée, et qui n’osait s’en plaindre, un prétexte pour perdre le sorcier et ses protecteurs. (Mémoires de Saint-Philippe.) (K.) 

Note_42 Quelques mémoires disent que le cardinal Portocarrero arracha de roi mourant la signature de ce testament; ils lui font tenir un long discours pour y disposer ce monarque: mais on voit que tout était déjà préparé et règle dès le mois de juillet. Qui pourrait d’ailleurs savoir ce que dit le cardinal Portocarrero au roi tête à tête? 

Note_43 Voy. le chap. xxvii des Anecdotes.

Note_44 Voy. les Mémoires de Torcy, t.Ier, p. 12. 

Note_45 Malgré le mépris où sont en France les prétendus Mémoires de Mme de Maintenon, on est pourtant obligé d’avertir les étrangers que tout ce qu’on y dit au sujet de ce testament est faux. L’auteur prétend que lorsque l’ambassadeur d’Espagne vint apporter à Louis XIV les dernières volontés de Charles II, le roi lui répondit: Je verrai. Certainement le roi ne fit point une réponse si étrange, puisque, de l’aveu du marquis de Torcy, l’ambassadeur d’Espagne n’eut audience de Louis XIV qu’après le conseil dans lequel le testament fut accepté. 

Le ministre qu’en avait alors en Espagne s’appelait Blécour, et non pas Belcour. Ce que le roi dit à l’ambassadeur Castel dos Rios, dans les Mémoires de Mme de Maintenon, n’a jamais été dit que dans ce roman. 

Note_46 Cinquante et un ans. Né le 14 octobre 1650, mort le 16 mars 1702. 

Note_47 Du moins c’est ce que rapportent les Mémoires manuscrits du marquis de Dangeau. Ils sont quelquefois infidèles. 

Note_48 Il paraît, d’après les notes des Mémoires de Berwick, que Louis XIV avait pris sa résolution avant la mort de Jacques, et qu’ainsi le conseil, dont on a parlé ici, fut tenu avant la troisième visite de Louis XIV à ce prince, celle où il déclara au malheureux Jacques qu’il reconnaîtrait son fils pour roi d’Angleterre. (K.

Note_49 Entre antres, milord Bolingbroke, dont les Mémoires ont depuis justifié ce que l’auteur du Siècle avance. Voy. ses lettres, tome II, page 56. C’est ainsi que pense encore M. de Torcy dans ses Mémoires. Il dit, page 164 du tome Ier, première édition: « La résolution que prit le roi, de reconnaître le prince de Galles en qualité de roi d’Angleterre, changea les dispositions qu’une grande partie de la nation témoignait à conserver la paix, etc. » Le lord Bolingbroke avoue, dans ses Lettres, que Louis XIV reconnut le prétendant par des importunités de femmes. On voit, par ces témoignages, avec quelle exactitude l’auteur du Siècle de Louis XIV a cherché la vérité, et avec quelle candeur il l’a dite. 

Note_50 Voy. ci-devant, la première note du chap. xv

On a fait dire à Guillaume: « Le roi de France ne devrait point me haïr: je l’imite en beaucoup de choses, je le crains en plusieurs, et je l’admire en tout. » On cite sur cela les Mémoires de M. de Dangeau. Je ne me souviens point d’y avoir vu ces paroles: elles ne sont ni dans le caractère ni dans le style du roi Guillaume. Elles ne se trouvent dans aucun mémoire anglais concernant ce prince, et il n’est pas possible qu’il ait dit qu’il imitait Louis XIV, lui dont les moeurs, les goûts, la conduite dans la guerre et dans la paix, furent en tout l’opposé de ce monarque. 

Note_51 Édouard Hyde, comte de Charendon. 

Note_52 On lui déclara, lorsqu’il se proposait d’aller voir à Milan son gendre Philippe V, qu’il ne serait reçu que comme un de ses courtisans, et que le roi d’Espagne ne pourrait, sans manquer à sa dignité, l’admettre à sa table. (K.) 

Note_53 Voy. les Mémoires manuscrits de Dangeau: on les cite ici, parce que ce fait rapporté par eux a été souvent confirmé par le maréchal de La Feuillade, gendre du secrétaire d’État Chamillart. Louis XIV n’avait que trois ans plus que Louvois; à la mort de Mazarin le roi avait vingt-trois ans; Louvois en avait vingt, et était, depuis plusieurs années, adjoint de son père dans la place de ministre de la guerre. 

Note_54 Le maréchal de Berwick rapporte, dans ses Mémoires, que Louis XIV l’ayant consulté sur un plan imaginé par Chamillart, pour la campagne de 1708, et dont l’exécution devait être confiée au maréchal, il n’eut pas de peine à en faire voir le ridicule au roi, qui ne put s’empêcher de lui dire en riant: « Chamillart croit en savoir beaucoup plus qu’aucun général, mais il n’y entend rien du tout. » Cependant Chamillart resta encore ministre; et, dans la même campagne, Louis XIV l’envoya en Flandre pour prononcer entre le duc de Vendôme et le maréchal de Berwick, sur les moyens d’empêcher la prise de Lille. (K.) 

Note_55 Le compilateur des Mémoires de Mme de Maintenon dit que, vers la fin de la guerre précédente, le marquis de Nangis, colonel du régiment du roi, lui disait qu’on ne pourrait empêcher la désertion de ses soldats qu’en faisant casser la tête aux déserteurs. Remarquez que le marquis, depuis le maréchal de Nangis, ne fut colonel de ce régiment qu’en 1711. 

Note_56 Par les instructions à moi envoyées, et puisées dans le dépôt des affaires étrangères, il est évident que le prince Eugène était déjà parti en 1683, et que le marquis de La Fare s’est mépris dans ses Mémoires, quand il fait partir les deux princes de Conti avec le prince Eugène; ce qui a induit les historiens su erreur. 

Il y eut alors plusieurs jeunes seigneurs de la cour qui écrivirent aux princes de Conti des lettres indécentes, dans lesquelles ils manquaient de respect an roi, et d’égards pour Mme de Maintenon qui n’était encore que favorite. Les lettres furent interceptées, et ces jeunes gens disgraciés pour quelque temps. 

Le compilateur des Mémoires de Maintenon est le seul qui avance que le duc de La Roche-Guyon dit à confrère, le marquis de Liancourt: « Mon frère, si on intercepte votre lettre, vous méritez la mort. » Premièrement on ne mérite point la mort parce qu’une lettre coupable est interceptée, mais parce qu’on l’a écrite; secondement, on ne mérite point la mort pour avoir écrit des plaisanteries. Il parut bien que ces seigneurs, qui tous rentrèrent en grâce, ne méritaient point la mort. Tous ces prétendus discours qu’on débite avec légèreté dans le monde, et qui sont ensuite recueillis par des écrivains obscurs et mercenaires, sont indignes de croyance. 

Note_57 L’auteur qui dans sa jeunesse eut l’honneur de le voir souvent, a droit d’assurer que c’était là son caractère. La Beaumelle, qui insulte les maréchaux de Villeroi et de Villars, et tant d’autres, dans ses notes du Siècle de Louis XIV parle ainsi de feu M. le maréchal de Villeroi, page 102, tome III des Mémoires de Mme de Maintenon: « Villeroi le fastueux, qui amusait les femmes avec tant de légèreté, et qui disait à ses gens avec tant d’arrogance: A-t-on mis de l’or dans mes poches? » Comment peut-il attribuer, je ne dis pas à un grand seigneur, mais à un homme bien élevé, ces paroles qu’on attribuait autrefois à un financier ridicule? comment peut-il parler de tant d’hommes du siècle passé, du ton d’un homme qui les aurait vus? et comment peut-on écrire si insolemment de telles indécences, de telles faussetés et de telles sottises? 

Note_58 Voy. les Mémoires de Dangeau.

On chantait à la cour, à Paris et dans l’armée: 
 

Français, rendez grâce à Bellone, 
Votre bonheur est sans égal; 
Vous avez conservé Cremone, 

Et perdu votre général.

Note_59 Tout ceci doit se trouver dans les Mémoires du maréchal de Villars, manuscrits; j’y ai lu ces détails. Le premier tome imprimé de ces Mémoires est absolument de lui; les deux autres sont d’une main étrangère et un peu différente. 

On voit, par les dépêches du maréchal, combien il avait à souffrir de la cour de Bavière: « Peut-être valait-il mieux lui plaire que de le bien servir. Ses gens en usent ainsi. Les Bavarois, les étrangers, tous ceux qui l’ont volé, friponné au jeu, livré à l’empereur, ont fait avec lui leur fortune, etc. » 

Il entend par ces mots, livré à l’empereur, une intrigue que les ministres de l’électeur de Bavière formaient alors pour faire sa paix avec l’Autriche, dans le temps que la France combattait pour lui. 

Note_60 Reboulet assure que l’empereur Léopold fit ériger cette pyramide: on le crut en effet en France; le maréchal de Villars, en 1707, envoya cinquante maîtres pour la détruire; on ne trouva rien. Le continuateur de Thoyras (David Durand), qui n’a écrit que d’après les journaux de la Haye, suppose cette inscription, et propose même de la changer en faveur des Anglais. Elle fut imaginée en effet par des Français réfugiés oisifs. Il était très commun alors, et il l’est encore aujourd’hui, de donner ses imaginations on des contes populaires pour des vérités certaines. Autrefois les Mémoires manquaient à l’histoire, aujourd’hui la multiplicité des Mémoires lui nuit. Le vrai est noyé dans un Océan de brochures. 

Note_61 Reboulet dit que la chancellerie allemande donnait aux rois le titre de Dilection; mais c’est celui des électeurs. 

Note_62 En 1740. — Cette place est restée aux Anglais à la paix de 1748, à celle de 1763, et enfin à celle de 1783, après avoir essuyé un long blocus. Une armée combinée d’Espagnols et de Français, commandée par M. le duc de Crillon, qui venait de prendre Minorque, se préparait, en 1782, à tenter une attaque contre Gibraltar du côté de la mer; mais les batteries flottantes destinées à en détruire les défenses furent brûlées par les boulets rouges de la place. (K.) 

Note_63 L’histoire de Reboulet appelle ce prince chef des factieux, comme s’il eût été un Espagnol révolté contre Philippe V. 

Note_64 C’était, à la vérité, un comte de Revontlan, né en Danemark, qui commandait au combat de Calcinato; mais il n’y avait que des troupes impériales. 

La Beaumelle dit à ce sujet, dans ses Notes sur l’Histoire du siècle de Louis XIV, que « les Danois ne valent pas mieux ailleurs que chez eux. » Il faut avouer que c’est une chose rare de voir un tel homme outrager ainsi toutes les nations. 

Note_65 Voy. les Mémoires de Feuquières

Note_66 Frédéric Ier.