Notes.

Note_1 Louis XIV est né le 5 septembre 1638; l’établissement de l’Académie française est de 1635. (B.) 

Note_2 Il n’y a plus dans ce moment (julllet,1782) que huit électeurs, les deux électorats de la maison de Bavière étant réunis; et de ces huit électeurs trois sont rois. (K.) 

Note_3 Essai sur les moeurs et l’esprit des nations.

Note_4 Essai sur les moeurs, chap. CLXXXV. 

Note_5 Vers le milieu du règne de Louis XIV, les sciences ont été cultivées en Suisse. Ce pays a produit depuis quatre grands géomètres de nom de Bernouilli, dont les deux premiers appartiennent au siècle passé, et le célèbre anatomiste Haller. C’est actuellement une des contrées de l’Europe où il y a le plus d’instruction, où les sciences physiques sont le plus répandues, et les arts utiles cultivés avec le plus de succès. La philosophie proprement dite, la science de la politique, y ont fait moins de progrès; mais leur marche doit nécessairement être plus lente dans de petites républiques que dans les grandes monarchies. (K.

Note_6 Comme, dans la suite, il sera souvent question de cette opération sur les monnaies, et que M. de Voltaire n’en a discuté les effets dans aucun de ses ouvrages, on nous pardonnera d’entrer ici dans quelques détails. 

La livre numéraire n’est qu’une dénomination arbitraire qu’on emploie pour exprimer une certaine partie d’un marc d’argent. Cette proposition, le marc d’argent vaut cinquante livres, est l’équivalent de celle-ci: j’appelle livre la cinquantième partie du marc d’argent. Ainsi, un édit qui prononcerait que le marc d’argent vaudrait cent livres ne ferait autre chose que déclarer que, dans la suite, on donnera dans les actes le nom de livre à la centième partie du marc d’argent, au lieu de donner ce nom à la cinquantième. Cette opération est donc absolument indifférente en elle-même; mais elle ne l’est pas dans ses effets. 

Il est d’un usage général d’exprimer en livres la valeur de tous les engagements pécuniaires; si donc on change cette dénomination de livre, et qu’au lieu d’exprimer la cinquantième partie d’un marc d’argent, par exemple, elle n’en exprime que la centième, tout débiteur, en payant le nombre de livres qu’il s’est engagé de payer, ne donnera réellement que la moitié de ce qu’il devait. 

Ainsi, ce changement, purement grammatical, devient l’équivalent de retranchement de la moitié des dettes ou des obligations payables en argent. 

D’où il résulte pour un État qui ferait une opération semblable: 

1° Une réduction de la dette publique à la moitié de sa valeur, ce qui est faire une banqueroute à cinquante pour cent de perte. 

2° Une diminution de moitié dans ce que l’État paye en gages, en appointements, en pensions, ce qui fait une économie de moitié sur les places inutiles ne jugées telles, et une diminution sur les places utiles et trop payées car on sent que, pour les places utiles, une augmentation de gages devient une suite nécessaire de cette opération. 

3° Une diminution aussi de moitié dans les impôts qui ont une évaluation fixe en argent: on les augmente proportionnellement dans la suite; mais cette augmentation se fait moins promptement que le changement des monnaies. Souvent un gouvernement faible a profité de cette circonstance pour faire, dans la forme des impôts, des changements qu’il n’aurait osé tenter directement. 

4° Une perte de moitié pour les particuliers créanciers d’autres particuliers; injustice qu’on leur fait sans aucun avantage pour l’État. 

5° Un mouvement dans les prix des denrées, qui dérange le commerce, parce que les denrées ne peuvent pas doubler de prix sur-le-champ, ni aussi promptement que l’argent. 

Ainsi, cette opération est une manière de faire une banqueroute, et de manquer à ses engagements, qui entraîne de plus avec elle une injustice envers un très grand nombre de citoyens, même de ceux qui ne sont pas créanciers de l’État, une secousse dans le commerce, et du désordre dans la perception des impôts. 

Mais si, dans quelque État de l’Europe, on établissait un système plus raisonnable sur les monnaies que celui qui est adopté chez presque toutes les nations, et qu’on fût obligé, pour donner à ce système plus de perfection et de simplicité, de changer la valeur de la livre numéraire, alors on éviterait les inconvénients dont nous venons de parler, et on se mettrait à l’abri de toute injustice, en déclarant que tout ce qui devait être payé en livres anciennes ne pourrait être acquitté qu’en payant, non le même nombre de livres nouvelles, mais un nombre de ces livres qui représenterait un égal poids d’argent. 

Voici maintenant en quoi nous croyons que devraient consister las changements dans les monnaies: 

1° A rapporter toutes les évaluations en monnaies à un certain poids d’un seul des deux métaux précieux, à l’argent, par exemple, et à ne fixer aucun rapport entre la valeur de ce métal et celle de l’autre, de l’or, par exempte. En effet, toute différence entre la proportion fixée et celle du commerce est une source de profit pour quelques particuliers, et de perte pour les antres. 

2° A changer les dénominations et les monnaies, de manière que chaque monnaie répondît à un nombre exact des divisions de la livre numéraire et du marc d’argent, et que les divisions de la livre numéraire et celles du marc d’argent eussent entre elles des rapports exprimés par des nombres entiers et ronds. L’usage contraire a concentré entre un petit nombre de personnes la connaissance de la valeur réelle des monnaies; et dans tout ce qui a rapport au commerce, toute obscurité, toute complication est un avantage accordé au petit nombre sur la plus grand. On pourrait joindre à l’empreinte, sur chaque monnaie, un nombre qui exprimerait son poids, et sur celle d’argent (voy. n°1), sa valeur numéraire. 

3° A faire les monnaies d’un métal pur: 1° parce que c’est un moyen de faciliter la connaissance du rapport de leur valeur avec celui des monnaies étrangères, et de procurer à sa monnaie la préférence dans le commerce sur tontes les autres; 2° parcs que c’est le seul moyen de parvenir à l’uniformité du titre des monnaies entre les différentes nations, uniformité qui serait d’un grand avantage. L’uniformité, dans un seul État, s’établit par la loi: elle ne peut s’établir entre plusieurs que lorsque la loi ne s’appuie que sur la nature, et ne fixa rien d’arbitraire. 

4° A ne prendre de profit sur les monnaies que ce qui est nécessaire pour faire la dépense de leur fabrique. Cette fabrique a deux parties; les opérations nécessaires pour préparer le métal à un titre donné, et celles qui réduisent le métal en pièces de monnaie. Ainsi on rendrait pour cent marcs d’argent en lingots, cent marcs d’argent monnayé, moins le prix de l’essai et celui de leur conversion en monnaie. On rendrait pour cent marcs d’argent allié à un centième quatre-vingt-dix-neuf marcs d argent monnayé, moins les frais nécessaires pour l’affiner et la réduire ensuite en monnaie. 

Ces moyens très simples auraient l’avantage de rendre si clair tout ce qui regarde le commerce des matières d’or et d’argent et la monnaie, que les mauvaises lois sur ce commerce, et les opérations pernicieuses sur les monnaies, deviendraient absolument impossibles. (K.) 

Note_7 Les lettres patentes sont du 10 février 1638; ce fut le 15 août, jour de la procession, qu’eut lieu la bataille entre le parlement et la cour des comptes. (B.) 

Note_8 VARIANTE: « Et que le conseiller Courtin, interrogeant cette femme infortunée, lui demanda de quel sortilège elle s’était servie pour gouverner l’esprit de Marie de Médicis, que la maréchale lui répondit: « Je me suis servie du « pouvoir qu’ont les âmes fortes sur les esprits faibles » et qu’enfin cette réponse ne servit qu’à précipiter l’arrêt de sa mort. » 

« On voit encore, »,etc. 

Note_9 VARIANTE: « Accusés tous deux de sortilèges. Dans cette disette d’arts, de police, de raison, de tout ce qui fait fleurir un empire, il s’élevait de temps en temps des hommes de talent, et le gouvernement se signalait par des efforts qui rendaient la France redoutable. Mais ces hommes rares et ces efforts passagers, sous Charles VIII, sous François Ier, à la fin du règne de Henri le Grand, servaient à faire remarquer davantage la faiblesse générale. 

« Ce défaut de lumières, », etc. 

Note_10 Riancouri, dans son Histoire de Louis XIV, dit que le testament de Louis XIII fut vérifié au parlement. Ce qui trompa cet écrivain, c’est qu’en effet Louis XIII avait déclaré la reine régente, ce qui fut confirmé mais il avait limité son autorité, ce qui fut cassé. 

Note_11 Le cardinal pouvait avoir un secret le motif que lui prête M. de Voltaire; mais cette guerre avait un objet très important, celui d’empêcher la maison d’Autriche de s’emparer de l’Allemagne et de l’Italie. (K.) 

Note_12 Torstenson était page de Gustave-Adolphe, en 1524. Le roi, prêt d’attaquer un corps de Lithuaniens, en Livonie, et n’ayant point d’adjudant auprès de lui, envoya Torstenson porter ses ordres à un officier général, pour profiter d’un mouvement qu’il vit faire aux ennemis; Torstenson part et revient. Cependant les ennemis avaient changé leur marche; le roi était désespéré de l’ordre qu’il avait donné: « Sire, dit Torstenson, daignez me pardonner; voyant les ennemis faire un mouvement contraire, j’ai donné un ordre contraire. » Le roi ne dit mot; mais le soir, ce page servant à table, il fit souper à côté de lui, et lui donna une enseigne aux gardes, quinze jours après une compagnie, ensuite un régiment, Torstenson fut un des grands capitaines de l’Europe. 

Note_13 Son père était mort en 1646. 

Note_14 La prise de Courtray est de juin 1646; la prise de Mardick est de août 1640. (B.) 

Note_15 Le Mémoires manuscrits du duc de La Rochefoucauld confirment le même fait. Il était un des confidents de la reine dans les derniers temps de la vie de Louis XIII. (K.) 

Note_16 Cette évaluation a été faite avant la guerre de 1775. (K.) 

Note_17 Révolte de Masaniello, 7 juillet 1647. 

Note_18 Voy. Histoire du Parlement, chap.XXX. 

Note_19 Le 9 février d’après l’ancien calendrier que les Anglais ont conservé jusqu’en 1752. Cette date correspond au 30 janvier 1649. 

Note_20 Ces vers sont tirés d’une tragédie de du Ryer; le duc de La Rochefoucauld les écrivit au-dessus d’un portrait de Mme de Longueville: s’étant aperçu qu’elle le trompait, il en parodia les deux derniers hémistiches: 
 

Pour mériter son coeur, qu’enfin je connais mieux, 
J’ai fait la guerre aux rois; j’en ai perdu les yeux.

Note_21 Le prince de Condé fut d’abord conduit à Vincennes, avec une escorte commandée par le comte de Miossens. L’abbé de Choisy rapporte dans ses Mémoires que, la voiture du prince ayant cassé, Condé dit à Miossens: « Voilà une belle occasion pour un cadet de Gascogne; » mais que Miossens fut fidèle à la reine. Cette anecdote ne peut être vraie: Miossens était d’Albret, du même nom que la mère de Henri IV, et ce n’était pas du prince de Condé qu’il pouvait attendre sa fortune. C’est le même que le maréchal d’Albret, qui fut depuis un des premiers protecteurs de Mme de Maintenon. 

Le comte d’Harcourt, de la maison de Lorraine, conduisit ensuite Condé au Havre; le prince, étant avec lui dans la même voiture, lui fit cette chanson: 
 

Cet homme gros et court 
Si fameux dans l’histoire, 
Ce grand comte d’Harcourt 
Tout rayonnant de gloire, 
Qui secourut Casal, et qui reprit Turin, 

Est devenu recors de Jules Mazarin. (K.)

Note_22 Des hommes très instruits des anecdotes de ce temps prétendent que le prince de Condé n’avait insulté Rieux que de paroles ou de gestes: celui-ci donna le premier coup, que les amis du prince lui rendirent avec usure. Les deux avocats généraux du parlement, Omer Talon et Jérôme Bignon, furent consultés: Talon voulait poursuivre le comte de Rieux; Bignon, plus sage, s’y opposa, et fit revenir son collègue à son avis. (K.) 

Note_23 C’est le père du maréchal de Villars, à qui Louis XIV, dans ses malheurs, a dû la victoire et la paix. (K.) 

Note_24 Ce fut pendant cet exil que le cardinal écrivit au roi: « Il ne me reste pas un asile dans un royaume dont j’ai reculé toutes les frontières. » 

Note_25 Mémoires de Gourville.

Note_26 Dunkerque fut perdue eu septembre 1652; Barcelone et Casal en octobre. (B.) 

Note_27 Datée de Vincennes, du 11 septembre 1654. 

Note_28 Mai 1657. 

Note_29 La Calderona. 

Note_30 Charles II et Jacques II. 

Note_31 Cinquante-neuf. Né à Huntingdon; le 25 avril 1599. 

Note_32 Dans l’Essai sur les moeurs, chap. CLXXXI. 

Note_33 Un nommé La Beaumelle qui falsifia le siècle de Louis XIV et qui le fit imprimer à Francfort avec des notes aussi scandaleuses que fausses dit à ce sujet que Christine était un droit de faire assassiner Monaldeschi parce qu’elle ne voyageait pas incognito; et il ajoute que Pierre le Grand, entrant dans un café à Londres, tout écumant de colère, parce que, disait-il, un de ses généraux lui avait menti s’écria qu’il avait été tenté de le fendre un deux d’un coup de sabre; qu’alors un marchand anglais avait dit au czar qu’on aurait condamné Sa Majesté à être pendue. 

On est obligé de relever ici l’insolence absurde d’un pareil conte. Peut-on imaginer que le czar Pierre aille dire dans un café, qu’un de ses généraux lui a menti? fend-on aujourd’hui un homme un deux d’un coup de sabre? un empereur va-t-il se plaindre à un marchand anglais de ce qu’un général lui a menti? en quelle langue parlait-il à ce marchand, lui qui ne parlait pas l’anglais? comment ce faiseur de notes peut-il dire que Christine, après son abdication, était en droit de faire assassiner un Italien à Fontainebleau, et ajouter, pour le prouver, qu’on aurait pendu Pierre le Grand à Londres? On sera forcé de remarquer quelquefois les absurdités de ce même éditeur. En fait d’histoire, il ne faut pas dédaigner le répondre; il n’y a que trop de lecteurs qui se laissent séduire par les mensonges d’un écrivain sans pudeur, sans retenue, sans science, et sans raison. 

Note_34 Né le 17 octobre 1629, mort le 9 octobre 1646. 

Note_35 La renonciation d’Anne d’Autriche avait été présentée aux états de Castille et d’Aragon, et acceptée par eux. Celle de Marie-Thérèse ne leur fut pas présentée; et c’est une des principales raisons sur lesquelles les casuistes et les jurisconsultes, auxquels Charles II s’adressa, se fondèrent pour décider que les descendants de Marie-Thérèse étaient les héritiers légitimes de la couronne d’Espagne. (K.)