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| Index Voltaire | Table du Siècle de Louis XIV | Commande CDROM | PRINCES ET PRINCESSES DU SANG ROYAL
JEAN-BAPTISTE GASTON, duc d’Orléans, second fils de Henri IV et de Marie de Médicis, né à Fontainebleau en 1608, presque toujours infortuné, haï de son frère, persécuté par le cardinal de Richelieu, entrant dans toutes les intrigues, et abandonnant souvent ses amis. Il fut la cause de la mort du duc de Montmorency, de Cinq-Mars, du vertueux de Thou. Jaloux de son rang et de l’étiquette, il fit un jour changer de place toutes les personnes de la cour à une fête qu’il donnait; et prenant le duc de Montbazon par la main pour le faire descendre d’un gradin, le duc de Montbazon lui dit: « Je suis le premier de vos amis que vous ayez aidé à descendre de l’échafaud. » Il joua un rôle considérable, mais triste, pendant la régence, et mourut relégué à Blois, en 1660.
ÉLISABETH, fille de Henri IV, née en 1602, épouse de Philippe IV, très malheureuse en Espagne, où elle vécut sans crédit et sans consolation. Morte en 1644.
CHRISTINE, seconde fille de Henri IV, femme de Victor-Amédée; duc de Savoie. Sa vie fut un continuel orage à la cour et dans les affaires. On lui disputa la tutelle de son fils, on attaqua son pouvoir et sa réputation. Morte en 1663. HENRIETTE-MARIE, épouse de Charles Ier, roi de la Grande-Bretagne, la plus malheureuse princesse de cette maison; elle avait presque toutes les qualités de son père. Morte en 1669. Mademoiselle de MONTPENSIER, nommée la Grande Mademoiselle, fille de Gaston et de Marie de Bourbon-Montpensier, dont nous avons les Mémoires, et dont il est beaucoup parlé dans cette histoire. Morte en 1693.
MARGUERITE-LOUISE, femme de Cosme de Médicis, laquelle abandonna son mari et se retira en France. FRANÇOISE-MAGDELEINE, femme de Charles-Emmanuel, duc de Savoie. PHILIPPE, Monsieur, frère unique de Louis XIV, mort le 9 juin 1701. Il épousa Henriette, fille de Charles Ier, roi d’Angleterre, petite-fille de Henri le Grand, princesse chère à la France par son esprit et par ses grâces, morte à la fleur de son âge en 1670. Il eut de cette princesse Marie-Louise, mariée à Charles II, roi d’Espagne, en 1679, morte à 27 ans, en 1689; et Anne-Marie, mariée à Victor-Amédée, duc de Savoie, depuis roi de Sardaigne. C’est à cause de ce mariage que, dans la plupart des mémoires sur la guerre de la succession, on nomme le duc d’Orléans oncle de Philippe V.
Ce fut lui qui commença la nouvelle maison d’Orléans. Il eut de la fille de l’électeur palatin, morte en 1722, PHILIPPE D’ORLÉANS, régent de France, célèbre par le courage, par l’esprit, et les plaisirs; né pour la société encore plus que pour les affaires; et l’un des plus aimables hommes qui aient jamais été. Sa soeur a été la dernière duchesse de Lorraine. Mort en 1723.
LA BRANCHE DE CONDÉ EUT UN TRÈS GRAND ÉCLAT. HENRI, prince de CONDÉ, second du nom, premier prince du sang, jouit d’un crédit solide pendant la régence, et de la réputation d’une probité rare dans ces temps de trouble. Possédant environ deux millions de rente selon la manière de compter d’aujourd’hui, il donna dans sa maison l’exemple d’une économie que le cardinal Mazarin aurait dû imiter dans le gouvernement de l’État, mais qui était trop difficile. Sa plus grande gloire fut d’être le père du grand Condé. Mort en 1646. Le GRAND CONDÉ, LOUIS II du nom, fils du précédent et de Charlotte-Marguerite de Montmorency, neveu de l’illustre et malheureux duc de Montmorency, décapité à Toulouse, réunit en sa personne tout ce qui avait caractérisé pendant tant de siècles ces deux maisons de héros. Né le 8 septembre 1621: mort le 11 décembre 1686.
Il eut de Clémence de Maillé de Brézé, nièce du cardinal de Richelieu, HENRI-JULES, nommé communément Monsieur le Prince, mort en 1709. HENRI-JULES eut d’Anne de Bavière, palatine du Rhin, LOUIS de BOURBON, nommé Monsieur le Duc, père de celui qui fut le premier ministre sous Louis XV. Mort en 1710.
BRANCHE DE CONTI. Le premier prince de CONTI, ARMAND, était frère du grand Condé; il joua un rôle dans la Fronde. Mort en 1666.
Il laissa d’Anne Martinozzi, nièce du cardinal Mazarin, LOUIS, mort sans enfant de sa femme Marie-Anne, fille de Louis XIV et de la duchesse de La Vallière, en 1685; Et FRANÇOIS-LOUIS, prince de la Roche-sur-Yon, puis de Conti, qui fut élu roi de Pologne en 1697; prince dont la mémoire a été longtemps chère à la France, ressemblant au grand Condé par l’esprit et le courage, et toujours animé du désir de plaire, qualité qui manqua quelquefois au grand Condé. Mort un 1709.
Il eut d’Adélaide de Bourbon, sa cousine, LOUIS-ARMAND, né en 1695, qui survécut à Louis XIV. BRANCHE DE BOURBON-SOISSONS. Il n’y eut de cette branche que LOUIS, comte du Soissons: tué à la bataille de La Marfée, su 1641. Toutes les autres branches de la maison de Bourbon étaient éteintes. Les COURTENAI n’étaient reconnus princes du sang que par la voix publique, et ils n’en avaient point le rang. Ils descendaient de Louis le Gros; mais leurs ancêtres ayant pris les armoiries de l’héritière de Courtenai, ils n’avaient pas eu la précaution de s’attacher à la maison royale, dans un temps où les grands terriens ne connaissaient de prérogative que celle des grands fiefs et de la pairie. Cette branche avait produit des empereurs de Constantinople, et ne put fournir un prince du sang reconnu. Le cardinal Mazarin voulut, pour mortifier la maison de Condé, faire donner aux Courtenai le rang et les honneurs qu’ils demandaient depuis longtemps; mais il ne trouva pas en eux un grand appui pour exécuter ce dessein. |