OEUVRES COMPLÈTES DE VOLTAIRE ANNALES
DE L’EMPIRE
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ANNALES DE L’EMPIRE (SUITE)
VERS TECHNIQUES
QUI CONTIENNENT LA SUITE CHRONOLOGIQUE
DES EMPEREURS,
ET LES PRINCIPAUX ÉVÉNEMENTS
DEPUIS CHARLEMAGNE.
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NEUVIÈME SIÈCLE.
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Charlemagne en huit cent renouvelle l’empire,
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Fait couronner son fils; en quatorze il expire.
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Louis, en trente-trois par des prêtres jugé,
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D’un sac de pénitent dans Soissons est chargé:
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Rétabli, toujours faible, il expire en quarante.
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Lothaire est moine à Prum, cinq ans après cinquante.
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On perd après vingt ans le second des Louis:
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Le Chauve lui succède, et meurt au Mont-Cenis.
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Le Bègue, fils du Chauve, a l’empire une année.
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Le Gros, soumis au pape, o dure destinée!
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En l’an quatre-vingt-sept dans Tribur déposé,
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Cède au bâtard Arnoud son trône méprisé.
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Arnoud, sacré dans Rome ainsi qu’en Lombardie,
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Finit avec le siècle en quittant l’Italie.
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DIXIÈME SIÈCLE.
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Louis, le fils d’Arnoud, quatrième du nom,
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Du sang de Charlemagne avorté rejeton,
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Termine en neuf cent douze une inutile vie.
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On élit en plein champ Conrad de Franconie.
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On voit en neuf cent vingt le Saxon l’Oiseleur,
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Henri, roi des Germains bien plutôt qu’empereur.
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Othon, que ses succès font grand prince et grand homme,
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En l’an soixante-deux se rend maître de Rome.
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Rome, au dixième siècle en proie à trois
Othons,
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Gémit dans le scandale et dans les factions.
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ONZIÈME SIÈCLE.
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Saint Henri de Bavière, en l’an trois après
mille,
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Puis Conrad le Salique, Henri trois dit le Noir,
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Henri quatre, pieds nus, sans sceptre, sans pouvoir.
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Demande au fier Grégoire un pardon inutile:
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Meurt en l’an mil cent six à Liège son asile,
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Détrôné par son fils et par lui déterré.
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DOUZIÈME SIÈCLE.
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Le cinquième Henri, ce fils dénaturé,
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Sur le trône soutient la cause de son père.
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Le pape en vingt et deux soumet cet adversaire.
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Lothaire le Saxon, en vingt-cinq couronné,
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Baise les pieds du pape, à genoux prosterné,
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Tient l’étrier sacré, conduit la sainte mule.
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L’empereur Conrad trois, par un autre scrupule,
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Va combattre en Syrie, et s’en revient batttu;
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Et l’empire romain pour son fils est perdu.
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C’est en cinquante-deux que Barberousse règne;
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Il veut que l’Italie et le serve et le craigne;
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Détruit Milan, prend Rome, et cède au pape
enfin;
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Il court dans les saints lieux combattre Saladin;
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Meurt en quatre-vingt-dix: sa tombe est ignorée.
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Par Henri six son fils Naples au meurtre est livrée:
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Il fait périr le sang de ses illustres rois,
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Et huit ans à l’empire il impose des lois.
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TREIZIÈME SIÈCLE.
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Philippe le régent se fait bientôt élire,
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Mais en douze cent huit il meurt assassiné.
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Othon quatre à Bouvine est vaincu détrôné:
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C’est en douze cent quinze. Il fuit et perd l’Empire.
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De Frédéric second les jours trop agités,
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Par deux papes hardis longtemps persécutés,
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Finissent au milieu de ce siècle treizième
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Après lui Conrad quatre a la grandeur suprême.
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C’est en soixante-huit que la main d’un bourreau
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Dans Conradin son fils éteint un sang si beau.
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Après les dix-huit ans qu’on nomme d’anarchie.
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Dans l’an soixante et treize Habsbourg, plein de vertu.
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Du bandeau des Césars a le front revêtu:
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Il défait Ottocare, il venge la patrie,
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Et de sa race auguste il fonde la grandeur.
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Adolphe de Nassau devient son successeur:
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En quatre-vingt-dix-huit une main ennemie
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Finit dans un combat son empire et sa vie.
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QUATORZIÈME SIÈCLE.
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Albert, fils de Habsbourg, est cet heureux vainqueur.
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Il meurt en trois cent huit et par un parricide.
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On dit qu’en trois cent treize une main plus perfide
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Au vin de Jésus Christ mêlant des sucs mortels,
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Fit périr Henri sept aux pieds des saints autels.
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Déposant, déposé, Louis cinq de Bavière,
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Fait contre Jean vingt-deux l’antipape Corbière;
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Meurt en quarante-sept. Charles quatre après lui
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Fait cette bulle d’or qu’on observe aujourd’hui.
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De l’an cinquante-six elle est l’époque heureuse:
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De ce père si sage héritier insensé,
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Venceslas est connu par une vie affreuse;
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Mais en quatorze cent il se voit déposé.
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QUINZIÈME SIÈCLE.
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Robert règne dix ans; Josse moins d’une année.
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Venceslas traîne encor sa vie infortunée.
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Son frère Sigismond, moins guerrier que prudent,
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Dans l’an quinze finit le schisme d’Occident.
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Son gendre Albert second, sage, puissant, et riche.
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Fixe le trône enfin dans la maison d’Autriche.
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Frédéric son parent en quarante est élu;
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Mort en quatre-vingt-treize, et jamais absolu.
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SEIZIÈME SIÈCLE.
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De Maximilien le riche mariage,
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Et de Jeanne à la fin l’Espagne en héritage,
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Font du grand Charles-Quint un empereur puissant;
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Vainqueur heureux des lis, de Rome, et du croissant,
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Il meurt en cinquante-huit, las des grandeurs suprêmes.
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Son frère Ferdinand porte trois diadèmes:
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Et l’an soixante-quatre il les laisse à son fils.
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Rodolphe en quitta deux.
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DIX-SEPTIÈME SIÈCLE.
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Mathias fut assis
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En douze après six cent au trône de l’Empire.
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Gustave, Richelieu, la fortune conspire
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Contre le puissant roi second des Ferdinands,
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Qui laisse en trente-sept ses États chancelants,
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Munster donne la paix à Ferdinand troisième.
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DIX-HUITIÈME SIÈCLE.
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Léopold, délivré du fer des Ottomans,
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Expire en sept cent cinq; et Joseph l’an onzième.
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Charles VI en quarante: et le sang des Lorrains
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S’unit au sang d’Autriche, au trône des Germains.
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