Notes.

Note_1 On trouve un récit détaillé de cette anecdote dans une des pièces des Mémoires de Villeroi. Il paraît que la malheureuse femme de Philippe II servit à la découverte du projet. Cette action de justice et de générosité fut peut-être une des causes de sa mort précipitée. Le duc d’Albe et les princes de la maison de Guise étaient les chefs de l’entreprise. Leur agent, qui se trouvait à Paris, se sauva. Lorsque Charles IX raconta cette conspiration, dont il venait d’être instruit, au vieux connétable, et lui dit qu’il en avait instruit le secrétaire d’État l’Aubespine: « En ce cas, répondit Montmorency, le traître ne sera pas arrêté. » Ce mot et l’événement prouvent que Philippe avait déjà des pensionnaires dans le conseil de France. (K.) 

Note_2 Ni Mézeray ni Daniel n’ont rapporté fidèlement ce traité. 

Note_3 Chap. cxl. 

Note_4 Les troubles religieux, qui ont si longtemps déchiré l’Europe, ont pour première origine la faute que firent les premiers empereurs chrétiens de se mêler des affaires ecclésiastiques, à la sollicitation des prêtres, qui, n’ayant pu sous les empereurs païens que diffamer ou calomnier leurs adversaires, espérèrent avoir sous ces nouveaux princes le plaisir de les punir. Soit mauvaise politique, soit vanité, soit superstition, on vit le féroce Constantin, non encore baptisé, paraître à la tête d’un concile. Ses successeurs suivirent son exemple, et les troubles qui ont depuis agité l’Europe furent la suite nécessaire de cette conduite. En effet, dès que l’on établit pour principe que les princes sont obligés en conscience de sévir contre ceux qui attaquent la religion, de statuer une peine quelle qu’elle soit, contre la profession ouverte ou cachée, l’exercice public ou secret d’aucun culte; la maxime que les peuples ont le droit et même sont dans l’obligation de s’armer contre un prince hérétique ou ennemi de la religion, en devient une conséquence nécessaire. Les droits des princes peuvent-ils balancer ceux de la Divinité même? la paix temporelle mérite-t-elle d’être achetée aux dépens de la foi? Il n’est pas question ici d’accorder à des particuliers le droit dangereux de se révolter; il existe un tribunal régulier qui prononce si le prince a mérité ou non de perdre ses droits; ainsi les objections qu’on fait contre le droit de résistance soutenu par plusieurs publicistes, les restrictions qui rendent ce droit, pour ainsi dire, nul dans la pratique, ne peuvent s’appliquer à celui de se révolter contre un prince hérétique. 

Je sais que les partisans de l’intolérance religieuse ont soutenu, suivant leurs intérêts, tantôt les maximes séditieuses, tantôt les maximes contraires. Mais entre deux opinions opposées, soutenues suivant les circonstances par un même corps, celle qui s’accorde avec ses principes constants ne doit-elle pas être regardée comme sa vraie doctrine? Cette proposition: Tout prince doit employer sa puissance pour détruire l’hérésie; et celle-ci: Toute nation a droit de se soulever contre un prince hérétique, sont les conséquences d’un même principe. Il faut, si l’on veut raisonner juste, ou les admettre, ou les rejeter ensemble. Tout ce qu’on a dit, pour prouver que des prêtres intolérants peuvent être de bons citoyens, se réduit à un pur verbiage: faire jurer à un prince d’exterminer les hérétiques, c’est lui faire jurer, en termes équivalents, qu’il se soumet à être dépouillé de son trône, si lui-même devient hérétique. 

L’intérêt des princes a donc été, non de chercher à régler la religion, mais de séparer la religion de l’État, de laisser aux prêtres la libre disposition des sacrements, des censures, des fonctions ecclésiastiques; mais de ne donner aucun effet civil à aucune de leurs décisions, de ne leur donner aucune influence sur les mariages, sur les actes qui constatent la mort ou la naissance, de ne point souffrir qu’ils interviennent dans aucun acte civil ou politique, et de juger les procès qui s’élèveraient entre eux et les citoyens pour des droits temporels relatifs à leurs fonctions, comme on déciderait les procès semblables qui s’élèveraient entre les membres d’une association libre, ou entre cette association et des particuliers. Si Constantin eût suivi cette politique, que de sang il eût épargné! Dans tous les pays où le prince s’est mêlé de la religion, à moins que, comme celle de l’ancienne Rome, elle ne fût bornée à de pures cérémonies, l’État a été troublé, le prince exposé à tous les attentats du fanatisme; et l’indifférence seule pour la religion a pu amener une paix durable. (K.) 

Note_5 Ces mêmes Anglais, si dociles sous la maison de Tudor firent une guerre opiniâtre à Charles Ier, par zèle de religion; ils chassèrent Jacques II, son fils, sur le simple soupçon qu’il songeait à rétablir la religion romaine; mais les circonstances avaient changé. Henri VIII éprouva peu de résistance, parce qu’il n’attaqua que la hiérarchie ecclésiastique, dont les abus avaient révolté tous les peuples sous Édouard, la religion protestante devint aisément la dominante; elle avait fait des progrès rapides sous le règne de Henri VIII, malgré les persécutions; et Rome ne reconnaissant pour catholiques que ceux qui reconnaissaient son autorité, tous ceux qui avaient approuvé la révolution de Henri VIII se trouvèrent protestants sans le vouloir. Le règne de Marie fut court; elle étonna la nation par des supplices; mais elle ne la changea point; et il fut aisé à Élisabeth de rétablir le protestantisme. Enfin, lorsqu’à force de disputes on eut bien établi la distinction entre les différentes croyances, lorsque les persécutions eurent forcé les dissidents à se réunir en sectes bien distinctes, tout changement de religion devint plus difficile en Angleterre qu’ailleurs; elle n’eut la paix qu’après que la tolérance de toutes les communions chrétiennes fut bien établie; et même tant que les lois pénales contre les catholiques subsisteront, tant que l’entrée du parlement restera fermée aux non conformistes, cette paix ne sera fondée que sur l’indifférence pour la religion: indifférence qui est moins grande en Angleterre que dans aucun autre pays. En 1780, les compatriotes de Locke et de Newton ont donné à l’Europe étonnée le spectacle d’un incendie allumé au nom de Dieu. (K.) 

Note_6 L’opinion que l’imagination des mères influe sur le foetus a été longtemps admise presque généralement; les philosophes même se croyaient obligés de l’expliquer. L’impossibilité de cette influence n’est pas sans doute rigoureusement prouvée, mais c’est tout ce qu’on peut accorder; et pour établir une opinion de ce genre, il faudrait une suite de faits bien constatés quant à leur existence, et tels qu’ils ne puissent être attribués au hasard; et c’est ce qu’on est bien éloigné d’avoir. Les exemples qu’on cite sont bien plus propres à montrer le pouvoir de l’imagination sur nos jugements, sur notre manière de voir, qu’à prouver le pouvoir de celle de la mère sur le foetus. (K.) 

Note_7 Ces fonctions n’ont pu être confondues que chez des peuples où les lois étaient simples, et qui n’avaient point de troupes réglées toujours subsistantes. Alors un même homme remplissait tour à tour toutes les fonctions de la société, comme chaque philosophe embrassait toute l’étendue des sciences, lorsque les détails de chacune étaient très peu étendus. A Rome, les fonctions de militaire et de magistrat commencèrent à se séparer longtemps avant la destruction de la république, quoique jamais elles n’aient appartenu à des ordres séparés. Un général était le juge suprême des provinces qu’il gouvernait; un jurisconsulte, devenu préteur ou proconsul, commandait les troupes de sa province. Mais ce mélange n’avait lieu que pour les personnages de cet ordre: les jurisconsultes se formaient au barreau, et les guerriers dans les camps. Le mal n’est donc pas en France d’avoir séparé ces fonctions, mais d’avoir formé deux ordres de ceux qui les remplissent. Il serait ridicule que les militaires voulussent juger, comme il le serait qu’un géomètre voulut enseigner la chimie; mais toute distinction légale, toute exclusion en ce genre est nuisible à la société. (K.) 

Note_8 Il fut le chef et l’allié des rebelles de France, car un roi de Navarre, souverain d’un royaume indépendant de la France, même féodalement, n’était pas plus un rebelle en faisant la guerre à Charles que Philippe II, souverain de l’Artois et de la Flandre, et en cette qualité vassal de la couronne. Il faut observer aussi que Louis XII ne fit la guerre que pour soutenir ses prérogatives et ses projets d’ambition, au lieu que Henri IV défendait les lois de la nation et les droits des citoyens. Les moyens qu’il employait pouvaient être illégitimes, mais c’était en faveur d’une cause juste qu’il les employait. Ni les catholiques ni les protestants n’avaient certainement le droit de faire la guerre civile; mais les protestants ne la firent jamais que pour soutenir la liberté de conscience, ce droit légitime de tous les hommes; et les catholiques ne la faisaient au contraire que pour maintenir une intolérance tyrannique. (K.) 

Note_9 Il n’y a jamais eu aucune preuve que L’Hospital ait eu un Juif pour père; son père, médecin du cardinal de Bourbon, professait la religion chrétienne. Cependant, d’un autre côté, beaucoup de Juifs exerçaient la médecine; et jamais, quelle qu’en soit la cause, on n’a su le nom ni l’état du grand-père du chancelier. Il est très vraisemblable d’ailleurs qu’il n’était ni protestant ni catholique, mais de la religion de Cicéron, de Caton, de Marc-Aurèle, admettant un Dieu, et regardant toutes les religions particulières comme des fables adorées par le peuple; mais persuadé qu’il est impossible de les détruire sans que d’autres les remplacent, et qu’ainsi le devoir de l’homme d’État éclairé est de chercher à les rendre le plus utiles, ou plutôt le moins nuisibles qu’il est possible au bonheur commun. (K.) 

Note_10 Cet évêque avait plus raison qu’il ne croyait; car Jésus ne prêcha rien que l’obéissance à la religion juive, et ne commanda jamais rien de ce que l’on pratique chez les chrétiens: cela est évident. 

Note_11 Il paraît, d’après les mémoires du temps, que la voix publique accusait Henri III d’avoir aidé sa mère à vaincre la résistance que Charles IX opposait au massacre de la Saint-Barthélemy. Les remords de ce malheureux prince, sa mort extraordinaire, avaient rejeté toute la haine de ce forfait sur Catherine et sur Henri III, d’ailleurs avili par sa superstition et par ses moeurs. 

Dans son passage en Dauphiné, Montbrun pilla les équipages de sa petite armée; et lorsqu’on lui reprocha cette action, il répondit: « La guerre et le jeu rendent les hommes égaux. » (K.) 

Note_12 Ce passage du Dictionnaire de Bayle, ainsi qu’un grand nombre d’autres, ne peut être regardé que comme une plaisanterie. 

Il est certain qu’un prince qui profite de l’impunité que son rang lui assure, pour priver un de ses sujets de sa femme, commet un acte de tyrannie: l’adultère est un crime pour un souverain comme pour un particulier; mais les circonstances qui augmentent ou diminuent la gravité du crime, sans en changer la nature, rendent celui-ci bien plus grave dans un roi que dans un homme privé. 

Il faut avouer encore qu’un prince dont les passions sont publiques peut s’avilir, soit par l’influence que sa faiblesse donne à ses maîtresses, soit par les actions indignes de lui où l’amour peut l’entraîner, soit même par le ridicule dont peuvent le couvrir les infidélités ou l’insolence de ses maîtresses. 

Cependant, de toutes les passions des rois, l’amour est encore la moins funeste à leurs peuples. Ce n’est point Marie Touchet qui a conseillé la Saint-Barthélemy; Mme de Montespan n’a point contribué à la révocation de l’édit de Nantes; ce ne sont point les maîtresses de Louis XV ou de son premier ministre qui ont fait donner l’édit de 1724. Les confesseurs des rois ont fait bien plus de mal à l’Europe que leurs maîtresses. 

Observons enfin que l’amour des plaisirs et la chasteté sont également compatibles avec toutes les vertus et tous les vices, toutes les grandes actions et tous les crimes. (K.) 

Note_13 Les apologistes des jésuites ont reproché ces arrêts aux parlements, lorsqu’ils détruisaient les jésuites, en les accusant de ces mêmes excès. La justice oblige d’observer qu’on ne doit reprocher à un corps que les crimes qui lui ont été inspirés par l’intérêt ou par l’esprit de corps. On peut alors dire à ceux qui le composent: « Voilà ce que vos prédécesseurs ont fait, voilà ce que dans les mêmes circonstances on pourrait attendre de vous: l’esprit qui les animait n’est point éteint, votre intérêt n’a pas changé. » Mais il n’est pas plus raisonnable de reprocher à des corps séculiers les crimes du fanatisme ou de la superstition dont leurs prédécesseurs se sont souillés, que de reprocher les excès de la Saint-Barthélemy aux descendants des Tavanne ou des Guises. (K.) 

Note_14 Ce que nous avons dit dans la note précédente peut s’appliquer ici. La Sorbonne agissait alors d’après les principes d’intolérance admis par tous les théologiens, d’après l’intérêt de l’autorité ecclésiastique, l’esprit général du clergé; ainsi, tant qu’elle n’enseignera pas dans ses écoles que tout acte de violence temporelle exercé contre l’hérésie ou l’impiété est contraire à la justice, et par conséquent à la loi de Dieu, tant qu’elle n’enseignera point que le clergé ne peut avoir d’autre juridiction que celle qu’il reçoit de la puissance séculière, et qui conserve le droit de l’en priver, on est en droit de croire que la Sorbonne a conservé ses principes d’intolérance et de révolte. 

D’ailleurs il n’est que trop public qu’elle n’a point rougi d’avancer hautement dans la censure de Bélisaire, et plus récemment dans celle de l’Histoire philosophique du commerce des Deux-Indes, les principes des assassins et des bourreaux du xvie siècle. 

Ainsi, autant il serait injuste de reprocher aux parlements leurs arrêts contre Henri IV, autant est-il raisonnable de reprocher à la Sorbonne son décret contre Henri III, ses décisions contre Henri IV, ses instructions au P. Matthieu, etc., etc., etc. (K.) 

Note_15 Tiré du tome III des manuscrits de Bèze, no viii. 

Note_16 Idem.

Note_17 Il y avait deux cent vingt mille âmes à Paris au temps du siège que fit Henri IV, en 1590. Il ne s’en trouva que cent quatre-vingt mille en 1593. 

Note_18 Daniel raconte une particularité qui paraît bien extraordinaire, et il est le seul qui la raconte. Il prétend que Henri IV, après avoir réconcilié le pape avec la république de Venise, gâta lui-même cet accommodement, en communiquant au nonce, à Paris, une lettre interceptée d’un prédicant de Genève, dans laquelle ce prêtre se vantait que le doge de Venise et plusieurs sénateurs étaient protestants dans le coeur, qu’ils n’attendaient que l’occasion favorable de se déclarer, que le P. Fulgentio, de l’ordre des Servites, le compagnon et l’ami du célèbre Sarpi, si connu sous le nom de fra-Paolo, « travaillait efficacement dans cette vigne. » Il ajoute que Henri IV fit montrer cette lettre au sénat par son ambassadeur, et qu’on en retrancha seulement le nom du doge accusé. Mais après que Daniel a rapporté la substance de cette lettre, dans laquelle le nom de fra-Paolo ne se trouve pas, il dit cependant que ce même fra-Paolo fut cité et accusé dans la copie de la lettre montrée au sénat. Il ne nomme point le pasteur calviniste qui avait écrit cette prétendue lettre interceptée. Il faut remarquer encore que dans cette lettre il était question des jésuites, lesquels étaient bannis de la république de Venise. Enfin Daniel emploie cette manoeuvre, qu’il impute à Henri IV, comme une preuve du zèle de ce prince pour la religion catholique. C’eût été un zèle bien étrange dans Henri IV de mettre ainsi le trouble dans le sénat de Venise, le meilleur de ses alliés, et de mêler le rôle méprisable d’un brouillon et d’un délateur au personnage glorieux de pacificateur. Il se peut faire qu’il y ait eu une lettre vraie ou supposée, d’un ministre de Genève, que cette lettre même ait produit quelques petites intrigues fort indifférentes aux grands objets de l’histoire; mais il n’est point du tout vraisemblable que Henri IV soit descendu à la bassesse dont Daniel lui fait honneur: il ajoute que « quiconque a des liaisons avec les hérétiques est de leur religion, ou n’en a point du tout. » Cette réflexion odieuse est même contre Henri IV, qui, de tous les hommes de son temps, avait le plus de liaisons avec les réformés. Il eût été à désirer que le P. Daniel fût entré plutôt dans les détails de l’administration de Henri IV et du duc de Sully que dans ces petitesses qui montrent plus de partialité que d’équité, et qui décèlent malheureusement un auteur plus jésuite que citoyen. 

Note_19 M. de Voltaire connaissait mieux que personne la liaison étroite et nécessaire qui existe entre ces maximes séditieuses et celles de l’intolérance religieuse; mais il fait ici au clergé de France, à la Sorbonne, aux jacobins l’honneur de croire qu’ils les ont également abjurées. 

Il n’est peut-être pas inutile d’observer que dans les ouvrages où les curés de Paris reprochèrent aux jésuites la doctrine de l’homicide, ils avancèrent que l’assassinat n’est permis que dans le cas d’une révélation particulière, et que le droit de vie et de mort est le plus illustre avantage des souverains; le génie de Pascal s’abaissait à mettre en bon français ces maximes non moins insensées qu’abominables. 

Observons encore qu’avant les troubles religieux du xvie siècle, les papes et le clergé exhortaient les princes à employer les supplices contre les novateurs, sous prétexte que de l’indépendance religieuse on voudrait passer à l’indépendance politique. Quelques années après, ils enseignèrent aux sujets à se révolter contre les princes hérétiques ou excommuniés. Maintenant ils sont revenus à la première maxime qu’ils cherchent à faire valoir contre les libres penseurs; nous laissons aux princes à tirer la conséquence, et à juger quelle confiance ils doivent avoir à une société d’hommes qui prêche tour à tour le pour et le contre, et n’a été constante que dans les principes qui font un devoir de conscience d’employer la guerre ou les supplices pour maintenir son autorité. (K.) 

Note_20 La Medulla Theologiae moralis, dont la première édition est de 1645. 

Note_21 Le Franc de Pompignan. 

Note_22 Rien n’est si curieux que cette anecdote. Ce Sacremore était Birague de son nom. Cette aventure prouve que le duc de Mayenne était bien plus méchant et plus cruel que tous les historiens ne le dépeignent; ce qui n’est pas extraordinaire dans un chef de parti. La lettre est de 1587. 

Note_23 Mars 1588. 

Note_24 Celle-ci est du mois de mars 1588. 

Note_25 Brillant, contrôleur de la maison du prince de Condé, est mal à propos nommé Brillaud par les historiens. 

Note_26 Il fut écartelé à Saint-Jean d’Angély. sans appel, par sentence du prévôt; et par cette même sentence la princesse de Condé fut condamnée à garder la prison jusqu’après son accouchement. Elle accoucha au mois d’auguste de Henri de Condé, premier prince du sang. Elle appela à la cour des pairs; mais elle resta prisonnière, sous la garde de Sainte-Même, dans Angély, jusqu’en l’an 1595. Henri IV fit supprimer alors les procédures. 

Note_27 C’est à Nérac qu’on découvrit un assassin, Lorrain de nation, envoyé par les prêtres de la Ligue. On attenta plus de cinquante fois sur la vie de ce grand et bon prince: 

« Tantum relligio potuit suadere malorum! »

Lucrèce, I, 102. 

Note_28 Celle-ci n’est point dans le Mercure. 

Note_29 Cette lettre doit être écrite trois ou quatre jours après l’assassinat du duc de Guise; mais on le trompa sur l’exécution prétendue du président Neuilly et de La Chapelle-Marteau. Henri III les tint en prison; ils méritaient d’être pendus, mais ils ne le furent pas. Il ne faut pas toujours croire ce que les rois écrivent; ils ont souvent de mauvaises nouvelles. Cette erreur fut probablement corrigée dans les lettres qui suivirent, et que nous n’avons point. Ce Neuilly et ce Marteau étaient des ligueurs outrés, qui avaient massacré beaucoup de réformés et de catholiques attachés au roi, dans la journée de la Saint-Barthélemy. Rose, évêque de Senlis, ce ligueur furieux, séduisit la fille du président Neuilly, et lui fit un enfant. Jamais on ne vit plus de cruautés et de débauches. 

Note_30 C’est de sa femme qu’il parle; elle était liée avec les Guise; et la reine Catherine, sa mère, était alors malade à la mort. 

Note_31 Celle-ci n’est point dans le Mercure. 

Note_32 C’est sûrement sur la fin d’avril 1589. Il était alors à Blois avec Henri III. 

Note_33 Ce combat est celui du 18 mai 1589, où le comte de Châtillon défit les ligueurs dans une mêlée très acharnée. 

Note_34 C’était un fils qu’il avait de Corisande. 

Note_35 Voilà une anecdote bien singulière, et que tous les historiens ont ignorée: cela veut dire qu’il serait un jour roi d’Angleterre, parce que la reine Élisabeth n’avait point d’enfants. c’est ce même roi que Henri IV appela toujours depuis maître Jacques. Cette lettre doit être de 1583. 

Note_36 Cet usage était moins un abus que le faible correctif d’un abus très important. Le prince devrait sans doute réunir à son domaine et employer au service public les biens possédés par le clergé, en payant aux seuls ecclésiastiques utiles, même suivant les principes de la religion, c’est-à-dire aux évêques et aux curés, des appointements réglés par l’État, comme ceux de toutes les autres fonctions publiques, ou bien en laissant à la piété des fidèles le soin de pourvoir à leurs besoins, comme dans les premiers siècles de l’Église: mais tant que ce nouvel ordre ne sera point établi, n’est-il pas évident qu’il est plus raisonnable d’employer une abbaye à doter une fille ou à lever un régiment, qu’à enrichir un prêtre, un moine, ou une religieuse? 

N’est-il pas étrange que la construction des églises et des presbytères, l’entretien des moines mendiants, les appointements des aumôniers des troupes ou des vaisseaux, soient à la charge des peuples; qu’un clergé d’une richesse immense ait recours, pour bâtir des églises, à la ressource honteuse des loteries; qu’il se fasse payer de toutes les fonctions qu’il exerce; qu’il vende pour douze ou quinze sous, à qui veut les acheter, les mérites infinis du corps et du sang de Jésus-Christ? 

Une partie des biens de l’Église a été destinée par les donateurs au soulagement des pauvres: y aurait-il une meilleurs manière de les soulager que de vendre ces biens pour payer les dettes de l’État, et pouvoir abolir des impôts onéreux? 

Une autre partie a été donnée dans des vues d’instruction publique: pourquoi donc ne doterait-on pas avec des abbayes des établissements nécessaires pour l’éducation? pourquoi n’en donnerait-on pas aux académies, aux collèges de droit ou de médecine? pourquoi ne récompenserait-on pas avec une abbaye l’auteur d’un livre utile, d’une découverte importante, sans l’assujettir à la ridicule obligation de porter l’habit d’un état dont il ne fait aucune fonction, ou de se faire sous-diacre dans l’espérance d’avoir part aux grâces ecclésiastiques; ce qui est une véritable simonie? (K.)