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Notes.
Note_1
Il paraît que le cardinal avait de l’ambition et de l’avidité,
et qu’il ne montra dans les affaires qu’une habileté très
médiocre. Mais comme il ne fut ni sanguinaire ni déprédateur,
et surtout qu’il fut souvent trompé, il a laissé la réputation
d’un homme vertueux; réputation facile a obtenir dans le siècle
des Ferdinand et des Borgia.
M. de Voltaire l’a trop loué dans la Henriade
(chant vii); le dernier des quatre vers où il en parle est peut-être
le seul qui soit rigoureusement vrai. Mais M. de Voltaire, encore très
jeune lorsqu’il fit la Henriade, parlait alors d’après l’opinion
générale, et non d’après ses propres recherches sur
l’histoire. (K.)
Note_2
Isaïe, xiv, 22.
Note_3
Sous Louis XV, on n’en paya plus depuis 1771; le chancelier de Maupeou,
en abolissant l’infâme vénalité des offices de judicature
introduite par le chancelier Duprat, supprima aussi l’opprobre des épices;
mais la vénalité et les épices ont été
rétablies en 1774. (Note ajoutée en 1775.)
Note_4
Chap. xciv.
Note_5
Ces derniers mots ont été ajoutés en 1772.
Note_6
Chap. lxxxix.
Note_7
Tout ceci avait été écrit vers 1780; et souvent, tandis
qu’on parle de la constitution d’un État, cette constitution change.
Note_8
Chap. xliii.
Note_9
Chap. lxiii.
Note_10
Chap. lxix.
Note_11
Chap. lxxxix.
Note_12
Ceci était écrit en 1740.
Note_13
Chap. clxix.
Note_14
Voyez le chap. c, Des Duels.
Note_15
Voyez le chap. xcix, Des Tournois.
Note_16
Chap. xciv.
Note_17
Toute loi somptuaire est injuste en elle-même. C’est pour le maintien
de leurs droits que les hommes se sont réunis en société,
et non pour donner aux autres celui d’attenter à la liberté
que doit avoir chaque individu de s’habiller, de se nourrir, de se loger
à sa fantaisie; en un mot, de faire de sa propriété
l’usage qu’il veut en faire, pourvu que cet usage ne blesse le droit de
personne.
Les lois somptuaires ont été très
communes chez les nations anciennes; elles eurent pour cause l’envie que
les citoyens pauvres portaient aux riches, ou la politique des riches mêmes,
qui ne voulaient pas que les hommes de leur parti dissipassent en frivolités
des richesses qu’on pouvait employer à l’accroissement de la puissance
commune. Les anciens, qui, dans plusieurs de leurs institutions politiques,
ont montré une sagacité et une profondeur de vues que nous
admirons avec raison, ignoraient les vrais principes de la législation,
et comptaient pour rien la justice. Ils croyaient que la volonté
publique a droit d’exiger tout des individus, et de les soumettre à
tout; opinion fausse, dangereuse, funeste aux progrès de la civilisation
et des lumières, et qui ne subsiste encore que trop parmi nous.
L’histoire a prouvé que toutes les lois somptuaires
des anciens et des modernes ont été partout, après
un temps très court, abolies, éludées, ou négligées:
la vanité inventera toujours plus de manières de se distinguer
que les lois n’en pourront défendre.
Le seul moyen permis d’attaquer le luxe par les lois,
et en même temps le seul qui soit vraiment efficace, est de chercher
à établir la plus grande égalité entre les
fortunes, par le partage égal des successions, la destruction ou
la restriction du droit de tester, la liberté de toute espèce
de commerce et d’industrie; et ces lois sont précisément
celles qu’indépendamment du désir d’abolir le luxe, la justice,
la raison, et la nature, conseilleraient à tout législateur
éclairé. (K.)
Note_18
Trissino n’était ni archevêque, ni prêtre. Il se maria
deux fois. Il fut employé par les papes dans la diplomatie.
Note_19
Comparez le chap. xciv, et l’Histoire du parlement, à la
fin du chap. xi.
Note_20
Ginguené fait observer qu’ici Voltaire se trompe. Les Italiens appellent
Seicento le siècle pendant lequel on compte six cents après
mille, c’est-à-dire le xviie Siècle (de 1601 à
1700). Le siècle auquel appartiennent les années du règne
de Léon X est appelé par les Italiens Cinquecento (de
1501 à 1600), et non Seicento. (B.)
Note_21
Voyez l’Histoire de Parlement, chap xvi.
Note_22
Cette phrase est passée en proverbe; mais elle n’est pas tout à
fait telle que l’a écrite le monarque français. L’autographe
qui est parvenu jusqu’à nous, porte: De toutes choses non mest
demure que lhonn et la vie qui est sayne; ce qui est un peu moins noble.
(B.)
Note_23
Voyez l’Histoire du Parlement, chap. xix.
Note_24
Les abus de la puissance ecclésiastique en Occident commencèrent
à devenir sensibles vers la fin de la première race de nos
rois; les réclamations qui s’élevèrent contre elle
datent du même temps, et elles ont continué sans interruption.
Jusqu’aux guerres contre les Albigeois, le clergé
n’eut besoin, pour conserver sa puissance, que de livrer au supplice comme
hérétiques tous ceux qui, par ces réclamations, se
faisaient un petit parti dans le peuple. Cet usage barbare de punir de
mort pour les opinions, introduit dans l’Église chrétienne,
à la fin du ive siècle, par le tyran Maxime, a
subsisté depuis plus constamment qu’aucun autre point de la discipline
ecclésiastique. Les Albigeois ne s’étaient répandus
que dans quelques provinces; une croisade prêchée contre eux
étouffa cette hérésie dans le sang de deux ou trois
cent mille hommes; les souverains de la Bohême commirent la faute
de risquer leur trône, et de détruire leur pays pour assurer
au clergé le maintien de sa puissance, et l’hérésie
des hussites fut anéantie. Ces événements avaient
peu influé sur le reste de l’Europe. Chaque opinion n’était
répandue que dans le pays où elle avait pris naissance. L’invention
de l’imprimerie vint tout changer. Un auteur se faisait entendre à
la fois de tous les pays où sa langue était connue. Un livre
écrit en latin était lu dans toute l’Europe. Le clergé
crut pouvoir employer au xvie siècle les mêmes
armes qu’au xiiie, et il se trompa: ceux qu’il persécutait
plaidèrent leur cause au tribunal de toutes les nations, et la gagnèrent
auprès de quelques-unes.
La destruction des abus de la puissance ecclésiastique
était le voeu secret de tous les hommes instruits et vertueux, de
tous les princes, de tous les magistrats de l’Europe. Mais par malheur
ceux qui attaquèrent ces abus étaient théologiens
par état; ils mêlèrent à leurs réclamations
des opinions théologiques. Ces questions, sur lesquelles presque
personne n’avait d’opinion précise ou bien arrêtée,
et auxquelles le plus grand nombre n’avait jamais pensé, occupèrent
bientôt tous les esprits, et chacun prit ou garda l’opinion qu’il
crut la plus vraie.
Les hommes ne changèrent pas d’opinion, comme on
le croit communément; mais chacun en adopta une, ou garda celle
qu’il avait auparavant, sans savoir que ses voisins en eussent une autre.
Il eût été facile aux princes d’étouffer
ces disputes en ne paraissant point y attacher d’importance, et de faire
le bien de leurs peuples en augmentant leur puissance et leurs propres
richesses par la destruction des abus. L’indépendance de leur couronne
et de leur personne assurée, tant d’ecclésiastiques inutiles
rendus à la population et au travail, les biens de l’Église
réunis au domaine de l’État, le peuple délivré
de l’impôt qui se levait sur lui en frais de culte, en aumônes
aux moines, en fêtes, en pèlerinages, en achats de dispenses
ou d’indulgences; la superstition bannie avec la férocité,
l’ignorance et la corruption, qui en sont les suites: que d’avantages pour
les souverains très peu riches de provinces dépeuplées,
sans industrie, et sans culture! Il n’eût fallu que vouloir, on n’eût
trouvé dans les peuples, au premier moment, que de l’horreur pour
les scandales et les extorsions du clergé, et de l’indifférence
pour les dogmes. Cela est si vrai, que tous les princes qui ont voulu se
séparer de Rome et réformer leur clergé y ont réussi.
La fausse politique de Charles-Quint et de François Ier empêcha
la révolution d’être générale et paisible. Ils
ne songèrent qu’à l’intérêt qu’ils croyaient
avoir de se ménager l’appui du pape pour leurs guerres d’Italie,
et ils se disputèrent à qui lui immolerait le plus de victimes
humaines. Cependant ni la protection du pape, ni les États qu’ils
se disputaient, ne pouvaient augmenter leur puissance réelle autant
que la réunion à leur domaine des bénéfices
inutiles. La sécularisation des évêchés et des
abbayes d’Allemagne eût donné à Charles, dans l’empire,
une puissance plus grande que celle qu’il se flatta vainement d’acquérir
en allumant les guerres funestes qui ont manqué deux fois de causer
la ruine de sa maison. Le rescrit de la diète de Nuremberg, en 1523,
et sa réponse au pape, prouvent que Charles eût alors été
le maître d’établir la réforme sans exciter le moindre
trouble. Peut-être l’opinion eût-elle eu la force de l’emporter
sur la mauvaise politique de ces princes; mais malheureusement une grande
partie de ceux qui dominaient alors sur les opinions, restèrent
attachés à la religion romaine qu’ils méprisaient
au fond du coeur autant que les subtilités théologiques des
nouveaux sectaires; les uns par crainte, par amour de la paix, d’autres
dans l’idée que la réforme des abus devait être la
suite infaillible, mais tranquille, du progrès des lumières,
et qu’il ne fallait pas se hâter de peur de tout perdre. Ils se trompèrent,
et leur indifférence ou leur erreur a plongé l’Europe dans
des malheurs auxquels nulle autre époque de l’histoire ne présente
rien de comparable.
A la vérité, l’intolérance des protestants
rend plus excusable la conduite de ceux qui refusèrent de se joindre
à eux. Ils ne virent point que le principe d’examen adopté
par les protestants conduisait nécessairement à la tolérance,
au lieu que le principe de l’autorité, point fondamental de la croyance
romaine en écarte non moins nécessairement; qu’enfin l’intolérance
des protestants, et même ce qu’ils avaient conservé de dogmes
théologiques, n’était qu’un reste de papisme que les principes
mêmes sur lesquels la réforme était fondée devaient
détruire un jour. Ils crurent que, puisqu’ils n’avaient que le choix
de leurs chaînes, il valait mieux porter celles que la naissance
leur avait données, que d’en prendre de nouvelles, et ne se mêler
de ces querelles que pour adoucir l’erreur des partis, puisque dans tous
ceux qui partageaient l’Europe, quiconque voulait penser d’après
lui-même n’avait que le choix du silence ou du bûcher. (K.)
Note_25
Bolingbroke.
Note_26
Chap. cxxxviii.
Note_27
Matth., xxvi, 27.
Note_28
Chap. cxix.
Note_29
L’anarchie en politique est un grand mal, parce qu’il est important au
bonheur commun que la force publique se réunisse pour la protection
du droit de chacun; au contraire, l’anarchie dans la religion non seulement
est indifférente, mais elle est même presque nécessaire
au repos public. Il est difficile que deux sectes rivales subsistent sans
causer de troubles, et presque impossible que deux cents sectes en puissent
causer jamais. La tolérance absolue, la destruction de toute juridiction
ecclésiastique, de toute influence du cierge sur les actes civils,
sont les seuls moyens d’assurer la tranquillité.
D’ailleurs, il faut observer que le droit d’examiner ce
qu’on doit croire, et de professer ce qu’on croit, est un droit naturel
qu’aucune puissance ne peut limiter sans tyrannie, et que personne ne peut
attaquer sans violer les premières lois de la conscience.
Tout homme de bonne foi, qui raisonnerait juste, ne pourrait
proposer une loi d’intolérance, sans poser pour premier principe
que la religion n’est et ne peut jamais être qu’un établissement
politique. Aussi compte-t-on, parmi les fauteurs de l’intolérance,
plus d’hypocrites encore que de fanatiques. (K.)
Note_30
Voyez le Dictionnaire philosophique, article Femme.
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