OEUVRES COMPLÈTES DE VOLTAIRE LA
PUCELLE D'ORLÉANS
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VARIANTES DU CHANT XIV
Vers 11. — Après
ce vers on lit, dans quelques éditions, ceux-ci, qui se rapportent
à l’épisode de Corisandre:
Calmes les flots, fais naître sous tes pas
Tous les plaisirs qui consolent la terre;
Tendre Vénus, c’est par un muletier
Que tu formas l’esprit de Corisandre:
Depuis ce jour, spirituelle et tendre,
A tes autels prompte à sacrifier,
Son coeur instruit ne se laissa pas prendre
Que dans des noeuds dignes de la lier.
Ainsi l’on voit un artisan grossier
Tourner, polir, d’une main rude et noire,
L’or, le rubis, et le jaspe, et l’ivoire,
Que porte ensuite un galant chevalier.
D’un air modeste et mêlé d’assurance,
Noble, engageant, poli, respectueux,
Elle reçoit le monarque de France.
Un feu charmant anime ses beaux yeux;
Les grâces sont dans sa démarche leste,
Dans son maintien, dans son ris, dans son geste;
Puis ayant fait les honneurs du château
Au possesseur du bon sens de Bonneau,
Aux beaux Français dont la troupe aguerrie
Unit l’audace à la galanterie,
Sur les Anglais elle étendit ses soins,
Selon leurs goûts, leurs moeurs et leurs besoins.
Un gros rostbeef que le beurre assaisonne,
Des plum-puddings, des vins de la Garonne,
Leur sont offerts; et les mets plus exquis,
Les ragoûts fins dont le jus pique et flatte,
Et les perdrix à jambe d’écarlate,
Sont pour le roi, les belles, les marquis.
Elle fit plus: son heureuse entremise
Sut ménager avec douce accortise
Les deux partis; obtint que chacun d’eux,
Mettant à part sa folie héroïque,
Fît de chez elle un départ pacifique,
A droite, à gauche, et la Loire entre deux,
Sans nul reproche et sans forfanterie,
Selon les lois de la chevalerie.
Le preux Chandos, suivant les mêmes lois,
Sur son beau page a repris son empire;
Charle et Chandos sont rentrés dans leurs droits.
Agnès Sorel tout doucement soupire;
Son tendre coeur, près du plus grand des rois,
Du page heureux se souvient quelquefois,
Toujours docile au roi qui toujours l’aime.
Heureux ceux-là qu’on peut tromper de même!
Quand le château fut bien débarrassé
Du grand dégât qu’avaient fait de tels hôtes,
La belle alors n’eut rien de plus pressé
Que de songer à réparer ses fautes.
Elle appela les plus jeunes amants
Qui, l’ayant vue, avaient couru les champs.
Le dieu d’Amour voulut une vengeance;
Elle honora d’un choix plein de prudence
Un bachelier beau, bien fait, et dispos;
Mais revenons, lecteurs, à nos héros.
Le roi des Francs avec sa garde bleue... (R.) |
Vers 43. — Édition
de 1756:
*Des ennemis qui l’ont persécutée.
Tendre Vénus, c’est par un muletier
Que tu forças le coeur de Corisandre.
Depuis ce jour, douce, avisée et tendre,
A tes autels prompte à sacrifier,
Elle sut plaire, et jouir, et se rendre
A tous les noeuds dignes de la lier.
Ainsi l’on voit un artisan grossier
Tourner, polir, d’une main rude et noire,
L’or, le rubis, et le jaspe, et l’ivoire
Dont se pavane un brillant chevalier.
Aux beaux Français, dont la troupe aguerrie
Unit l’audace à la galanterie,
Au possesseur du bon sens de Bonneau,
La belle fait les honneurs du château,
Et puis conclut un accord pacifique
Entre Charlot et Chandos le cynique.
*Elle obtint d’eux... (K.) |
Vers 85:
Elle descend, se détrousse, entre vite.
Vers 96:
Cette beauté fidèle à La Trimouille.
Dans un autre manuscrit, on lit:
Cette beauté qu’adore son amant,
*Cette beauté, dévote à La Trimouille,
Et derrière elle en sifflant s’agenouille. |
Vers 104. — Édition
de 1756:
Son court jupon, retroussé par mégarde,
Offrait aux yeux de Chandos qui regarde,
A découvert, deux jambes que l’Amour
Refit depuis pour porter Pompadour,
Cette beauté que pour Louis Dieu garde,
Et qu’au couvent il mettra quelque jour
Jambes d’ivoire... |
Ces deux derniers vers sont des éditeurs. (K.)
Vers 110:
Chandos alors, suivant peu l’oraison.
Vers 114. - Manuscrit:
*Sous le jupon qui couvre un blanc satin.
Il la dirige, il découvre sans peine
Ce bel autel où s’adressent ses voeux,
Autel charmant, autel à la romaine,
A deux envers, pour lui sacrés tous deux.
*Je ne veux point... (K.) |
Vers 185. — Édition
de 1756:
*« De nos combats c’est la loi respectée.
Venez! je veux que ce héros vaincu
Soit en un jour et captif et cocu.
Le juste ciel... (K.) |
Vers 245:
Débarrassés de leurs fardeaux pesants.
Vers 264 et 265. —
On lit dans toutes les éditions:
Les deux héros fièrement se relèvent,
Les yeux en feu, se regardent, s’observent. |
Ces vers ne riment point ensemble. J’ai reporté
dans le texte les deux premiers vers de la variante qui suit, et qu’avaient
notée les éditeurs de Kehl d’après un manuscrit:
Pareils aux flots que les autans soulèvent,
Avec fureur nos guerriers se relèvent.
Leurs coups pressés font jaillir ce éclairs
L’acier poli dont tous deux sont couverts.
*Déjà le sang... |
Un éditeur du poème de la Pucelle s’est
trompé en présentant comme défectueuse la rime des
mots soulèvent
et relèvent; car, par une bizarrerie
inexplicable, les dérivés riment entre eux sans rimer avec
le radical. (R.)
Vers 347, 348. — Manuscrit:
Quand par Chandos, hélas! si maltraitée,
Elle se vit abattue et ratée. (K.) |
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