OEUVRES COMPLÈTES DE VOLTAIRE  LA PUCELLE D'ORLÉANS
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VARIANTES DU CHANT XI

Vers 34:

Vous embrassez de vos mains impuissantes.

Vers 42:

Qu’au doux Jésus votre bouche a jurée.

Vers 55:.

Mêlent l’horreur avec la volupté,
Et font l’amour avec férocité.

Vers 61:

Et qu’on prendrait, dans leurs fureurs étranges,
Pour des démons qui violent des anges.

Vers 64:

Contemple à nu ces dévotes beautés.
Soeur Rebondi si discrète et si sage.

Vers 71:

Se débattant entre Bard et Curton.

Vers 89:

Crut échapper aux soupçons inquiets.

J’ai adopté le texte de l’édition de 1756, qui est conforme à celui de quelques manuscrits. L’édition de 1762 et les suivantes portent:

Sut échapper aux soupçons inquiets.

Le sens de la leçon que j’ai rétablie me semble préférable. En effet, on voit un peu plus bas, vers 203 et suivants, que saint George n’avait point abandonné ses soupçons, et que saint Denis avait cru, mais n’avait pas su y échapper. (R.)

Vers 95:

Il s’en alla vers le dieu du mystère.

Ce vers et les suivants sont, à quelques mots près, empruntés à la lettre en vers et en prose que Voltaire adressa, en 1716, au prince de Vendôme; on y lit:

Il alla donc vers ce dieu du mystère,
Dieu des Normands, par moi très peu fêté,
Qui parle bas quand il ne peut se taire,
Baisse les yeux et marche de côté.
Il favorise (et certes c’est dommage)
Force fripons; mais il conduit le sage.
Il est au bal, à l’église, à la cour;
Au temps jadis il a guidé l’amour. (R.)

Vers 125:

Qui polluaient ces vénérables dames.

Vers 158:

*Le fier Warton dont la lubrique rage
Avait en bref consommé son ouvrage,
Le fier Warton fut le seul écuyer
Qui de sa nonne...

Vers 179. — Édition de 1756:

*Prit cette armure et s’en couvrit le dos;
Et Dieu permit qu’en ce jour la Pucelle
Contre Warton combattit pour icelle.
*Le fier Anglais, de fer enharnaché,
Eut à son tour l’âme bien stupéfaite
Quand il se vit si vivement chargé
Par une jeune... (K.)

Un manuscrit porte:

*Prit cette armure et s’en couvrit le dos;
Et Dieu permit qu’en ce jour la Pucelle
Contre Warton combattît pour icelle.
Le bras tendu, le corps en son profil,
La tête haute, et le fer de droit fil,
Jeanne d’abord combat avec mesure;
Car son épée était sa seule armure.
L’Anglais recule, et la belle en courroux
Du fer tranchant lui porte de grands coups.
*Au mont Etna... (R.)

Vers 198:

La voyant nue, il eut de grands remords
De ferrailler contre ce gentil corps.

Vers 199:

*Sa main tremblait de blesser ce beau corps.
Et de sa belle admirant les trésors,
Saisi d’amour, de crainte, et de colère,
Il recula quatre pas en arrière.
Bref, il croit voir un ange de lumière.

Vers 253:

Lui répondit d'un ton tendre et piteux.

Vers 284:

*Son âne ailé, sa joie et son secours,
Sur qui monté Denis combat toujours. 
« Viens, criait-il, viens défendre ma vie;
Contre un méchant viens protéger mes jours. »
L’animal saint revenait d’Italie.

Vers 301:

Et de ses coups fait tomber la tempête.

Vers 309:

Par tant d’efforts ces rivaux plus ardents
Tenaient tous deux la victoire en suspens.

Vers 310. — Édition de 1756:

Paul pour Denis gageait contre Vincens,
*Quand de sa voix...

Vers ridicule de l’éditeur Maubert. (K.)

Vers 384:

*Où de nectar on leur verse rasade;
Et tous les saints, attroupés autour d’eux,
Le verre en main chantaient une enfilade
De Te Deum, Sabaoth, Hosanna,
Te laudamus, Amen, Alleluia.
Jusques au soir dura la sérénade.
*Peu de lecteurs croiront...

Vers 386:

N’a-t-on pas vu chez le sage Milton.

Vers 390. — Édition de 1756:

*Et qui pis est avoir du gros canon?
Pardonnez-moi ce peu de fiction,
Qui, sous les noms de Denis et de George,
Vous a dépeint le peuple d’Albion
Et les Français qui se coupaient la gorge.
*Mais dans le ciel... (K.)

Vers 395:

*Mais dans le ciel si la paix revenait,
Si des bons saints la cohorte chantait,
*Il en était autrement... (R.)

Vers 404:

Dont cet Anglais pollua le couvent.

Vers 413:

*Soeur Rebondi, qui dans la sacristie
A succombé sous ce vainqueur impie,
Dessous son voile en secret larmoyait;
Elle avait su ce que Warton valait,
Pleurait le traître... (R.)