OEUVRES COMPLÈTES DE VOLTAIRE LA
PUCELLE D'ORLÉANS
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VARIANTES DU CHANT IV
Vers 53:
Certain Anglais, écumant de colère.
(R.)
Vers 69:.
La froide crainte et la confusion
Sur les Anglais répandent leur poison.
Les cris perçants et les clameurs qu’ils jettent,
Les hurlements que les échos répètent,
Et la trompette, et le son des tambours,
Font un vacarme à rendre les gens sourds.
Le grand Chandos, toujours plein d’assurance,
Leur crie: « Enfants, conquérants de la
France,
*Marchez a droite... (K.) |
Vers 284. — Dans l’édition
de 1756, et dans presque toutes les autres, ce génie se nommait
Conculix(1). Après de sa double nature,
on
lisait:
Mais Conculix avait oublié net
*De demander un don plus nécessaire,
*Un don sans quoi nul plaisir n’est parfait,
*Un don charmant; eh quoi? celui de plaire.
Dieu, pour punir ce génie effréné,
Le rendit laid comme un diable incarné;
Et l’impudique avait dessous le linge
Odeur de bouc, et poil gris d’un vieux singe:
Pour comble enfin, de lui-même charmé,
Il se croyait tout fait pour être aimé.
De tous côtés on lui cherchait des belles,
Des bacheliers, des pages, des pucelles
Et si quelqu’un a ce monstre lascif
N’accordait pas le plaisir malhonnête
Bouchait son nez ou détournait la tête,
*Il était sûr d’être empalé
tout vif.
Le soir venu, Conculix étant femme,
Un farfadet, de la part de madame,
S’en vint prier monseigneur le bâtard
A manger, caille, oie, et boeuf au gros lard;
*Dans l’entresol, tandis qu’en compagnie
*Jeanne soupait avec cérémonie.
*Le beau Dunois tout parfumé descend;
Chez Conculix un souper fin l’attend.
*Madame avait prodigué la parure... (K.) |
Vers 387. — Édition
de 1756:
Lors Conculix, qui le crut impuissant,
Chassa du lit le guerrier languissant,
Et prononça la sentence fatale,
Criant aux siens: « Sergents, qu’on me l’empale.
»
Le beau Dunois vit faire incontinent
*Tous les apprêts de ce grand châtiment.
Ce fier guerrier, l’honneur de sa patrie,
S’en va périr au printemps de sa vie.
Dedans la cour il est conduit tout nu,
*Pour être assis sur un bâton pointu.
*Déjà du jour la belle avant-courrière...
(K.) |
Vers 403. — Édition
de 1756:
*. . . . . . . . . . . . Et lui fourrant au sein
Les doigts velus d’une gluante main,
Il a déjà l’héroïne empestée
D’un gros baiser de sa bouche infectée.
*Plus il s’agite, et plus il devient laid.
*Jeanne, qu’anime une chrétienne rage,
D’un bras nerveux lui décharge un soufflet,
*A poing fermé, sur son vilain visage.
Le magot tombe, et roule en bas du lit,
Les yeux se poche, et le nez se meurtrit.
Il crie, il hurle. Une troupe profane
Vient à son aide; on vous empoigne Jeanne:
On va punir sa fière cruauté
Par l’instrument chez les Turcs usité.
*De sa chemise aussitôt dépouillée...
(K.) |
Vers 472. — Manuscrit:
*Leur nudité, leur beauté, leur jeunesse,
Dans leur pitié mêlait trop de tendresse.
Leur feu secret, par un destin nouveau,
*Ne s’échappait qu’au bord de leur tombeau;
Même en Dunois l’aiguillon de la chair,
Pour Conculix si longtemps indocile,
Et qu’on eût cru de la plus molle argile,
En ce moment semblait forgé de fer.
Le négromant, piqué d’un tel outrage,
En redoubla son dépit et sa rage;
Et cependant l’animal amphibie
A son dépit joignit la jalousie,
Faisant aux siens l’effroyable signal
Qu’on embrochât ce couple déloyal.
*Dans ce moment... (R.) |
Vers 496:
Ainsi l’enfant de saint François d’Assise
De la Pucelle a suivi le fumet,
Et sur ses pas porté sur son mulet
Courut sans cesse, et ne lâcha point prise. (R.) |
Vers 506. — Édition
de 1756:
*Si ce guerrier et si cette pucelle
N’ont pu remplir avec toi leur devoir,
« Je tiendrai lieu de ce couple rebelle;
D’un cordelier éprouve le pouvoir.
*Tu vois... » (K.) |
Vers 512:
De ses exploits tu seras satisfait. (R.)
Vers 516:
Sur elle seule il faut nous signaler,
Et c’est à nous, seigneur, de l’empaler. (R.) |
Vers 518. — Édition
de 1756:
On vous dira qu’il n’est point de femelle,
Tant pudibonde et tant vierge fût-elle,
Qui n’eût été fort aise en pareille
cas;
Mais la Pucelle aimait mieux le trépas,
Et ce secours infernal et lubrique
Semblait horrible à son âme pudique.
*Elle pleurait... (K.) |
Vers 534. — Édition
de 1756 et manuscrits:
Pour Conculix, le discours énergique
Du cordelier fit sur lui grand effet;
Il accepta le marché séraphique.
« Ce soir, dit-il, vous et votre mulet
Tenez-vous prêts; cependant je pardonne
A ces marmots, et vous les abandonne.
Le moine alors, d’un air d’autorité,
Frappa trois coups sur l’animal bâté,
Puis fit un cercle, et prit de la poussière
*Que sur la bête... (K.) |
Vers 565. — Édition
de 1756:
*Denis voyait avec des yeux de père
De Jeanne d’Arc le triste et piteux cas;
Faire eût-il dû de Vulcain le faux pas,
Il eût voulu s’élancer sur la terre.
*Mais il était lui-même... (K.) |
Vers 576:
*Piqués au vif, en vinrent aux gros mots.
Chacun là-haut prit part à la querelle:
L’un pour Denis, l’autre pour George était
Le paradis entre eux se partageait,
L’un pour l’Anglais, l’autre pour la Pucelle.
*Les saints anglais... (R.) |
Vers 586:
Le dénoûment de cette grande affaire. (R.)
Note 1
Voltaire
avait conservé dans l’édition de 1762 ce nom, qu’il s’est
depuis décidé à changer. « Plusieurs vertueuses
dames ont été, disait-il, effarouchées du nom de Conculix;
mais nous croyons, avec tous les savants de l’Europe, que c’est une fausse
délicatesse: car il faudrait, sur ce principe, proscrire convive,
concurrence, concupiscence, et cent autres mots de cette espèce.
» (R.)
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