OEUVRES COMPLÈTES DE VOLTAIRE PETITS
POÈMES.
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VARIANTES DE LA MULE DU PAPE.
Vers 15:
Depuis longtemps: et tout sera pour toi;
Tu tiendras tout de ma pleine puissance. |
Vers 47. — Dans les
oeuvres de Grécourt, on trouve de ce conte une autre version que
voici:
Frères très chers, on lit en saint Matthieu
Qu’un jour le diable emporta le bon Dieu
Sur la montagne, et là lui dit: « Beau sire,
Vois-tu ces mers, vois-tu ce vaste empire,
Ce nouveau monde inconnu jusqu’ici,
Rome la grande et sa magnificence?
Je te ferai maître de tout ceci,
Si tu me veux faire la révérence.
Lors le Seigneur, ayant un peu rêvé,
Dit au démon que, quoique en apparence
Avantageux le marché fût trouvé,
Il ne pouvait le faire en conscience;
Qu’étant trop riche on fait mal son salut.
Un temps après, notre ami Belzébut
S’en fut à Rome. Or c’était l’heureux âge
Où Rome était fourmilière d’élus:
Le pape était un pauvre personnage,
Pasteur de gens, évêque, et rien de plus.
L’Esprit malin s’en va droit au saint-père,
Dans son taudis l’aborde, et lui dit: « Frère,
Si tu voulais tâter de la grandeur?...
— Si j’en voudrais? oui, parbleu! monseigneur. »
Marché fut fait: or voilà mon pontife
Aux pieds du diable, et lui baisant la griffe.
Le farfadet, d’un air de sénateur,
Lui met au chef une triple couronne:
« Ci prenez, dit-il, ce que Satan vous donne;
Servez-le bien! vous aurez sa faveur. »
Or, papagais, voilà l’unique source
De tous vos biens, comme savez; et pour ce
Que le saint-père avait en ce tracas
Baisé l’ergot de messer Satanas,
Ce fut depuis chose à Rome ordinaire
Que l’on baisât la mule du saint-père.
Que s’il advient, etc. |
Cette pièce n’est pas la seule de Voltaire que
l’on ait attribuée à Grécourt. (B.)
FIN DES PREMIERS CONTES EN VERS.
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