OEUVRES COMPLÈTES DE VOLTAIRE
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des Pièces en vers |
DISCOURS SUR L’HOMME.
VARIANTES DU DISCOURS V.
Vers 11:
Pascal se crut parfait alors qu’il n’aima rien.
Vers 47:
O moitié de notre être, amour-propre enchanteur,
Sans nous tyranniser, règne dans notre coeur;
Pour aimer un autre homme, il faut s’aimer soi-même.
Que Dieu soit notre exemple; il nous chérit, il
s’aime.
Nous nous aimons dans nous, etc. |
Vers 88:
Vous voulez changer l’homme, et vous le détruisez.
Un monarque de l’Inde, honnête homme et peu sage,
Vers les rives du Gange, après un long orage,
Voyant de vingt vaisseaux les débris dispersés,
Des mats demi-rompus et des morts entassés,
Fit fermer par pitié le port de son rivage,
Défendit que jamais, par un profane usage,
Les pins de ses forêts, façonnés
en vaisseaux,
Portassent sur les mers à des peuples nouveaux
Les fruits trop dangereux de l’humaine avarice.
Un bonze l’applaudit; on vanta sa justice:
Mais bientôt, triste roi d’un État indigent,
Il se vit sans pouvoir, ainsi que sans argent.
Un voisin moins bigot, et bien plus sage prince,
Conquit en peu de temps sa stérile province;
Il rendit la mer libre, et l’État fut heureux.
Je suis loin d’en conclure, orateur dangereux,
*Qu’il faut, etc. |
Vers 103. — Voici
la fin de ce discours dans les premières éditions:
Voilà mes passions. Vous qui les approuvez,
Vous, l’honneur de ces arts par vos mains cultivés,
Vous, dont la passion nouvelle et généreuse
Est d’éclairer la terre, et de la rendre heureuse;
Grand prince, esprit sublime, heureux présent
du ciel,
Qui connaît mieux que vous les dons de l’Éternel?
Aidez ma voix tremblante et ma lyre affaiblie
A chanter le bonheur qu’il répand sur la vie.
Qu’un autre en frémissant craigne ses cruautés;
Un coeur aimé de vous ne sent que ses bontés. |
Ce discours était adressé au roi de Prusse,
alors prince royal. M. de Voltaire changea ces vers, et au témoignage
de sa reconnaissance pour le prince royal il substitua le tableau des violences
exercées contre lui à Francfort au nom du roi, et les traça
avec ce burin qui, pour emprunter une de ses expressions, gravait pour
l’immortalité.
C’était la vengeance la plus grande et
la plus noble qu’un particulier pût exercer contre un souverain.
Voyez aussi la variante du vers 68, Deuxième Partie, du poème
sur la Loi naturelle.
(K.) — C’est à l’occasion des Mémoires
de La Chalotais,
et dans sa lettre à d’Alembert, du 7 auguste
1766, que Voltaire a employé l’expression de graver pour l’immortalité.
(B.)
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