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NOTES
Note_1
Notice de Beuchot:
Voltaire avait conçu, en janvier 1767, le projet de ce poème
(voyez ses lettres au landgrave de Hesse-Cassel, du 13 janvier, et à
d’Alembert, du 18 janvier l767). Le premier chant fut envoyé à
Damilaville le 27 février. Les Mémoires secrets parlent
de quatre chants à la date du 6 avril, et des cinquième et
sixième chants à la date du 2 mai; mais il n’y a jamais eu
que cinq chants à ce poème. Voici peut-être la cause
de cette erreur.
L’ouvrage de Voltaire n’arrivait à Paris que par
fragments, on était d’autant plus avide de se les procurer. On n’avait
encore que les quatre premiers chants manuscrits, lorsque Cazotte imagina
d’en composer un septième, qui augmenta encore l’impatience
d’avoir la suite des quatre premiers. Ce fut, dit-on, l’affaire d’une nuit;
et les conteurs d’anecdotes ajoutent que tout le monde fut la dupe de Cazotte,
et prit ses vers pour ceux de Voltaire. Cela paraît d’autant plus
difficile à croire que, dans ce septième chant (qui est imprimé
dans les Oeuvres de Cazotte), il y a quelques plaisanteries
sur le philosophe de Ferney.
Voltaire donna depuis un cinquième chant; il n’a
jamais fait de sixième. La première édition des cinq
chants est du commencement de 1768. Mais elle n’était pas
arrivée à Paris à la fin de mars 1768 (voyez la lettre
à Panckoucke, de mars 1768, qui, jusqu’à ce jour, avait été
classée en 1769). Une note manuscrite que j’ai vue sur un exemplaire
imprimé porte: « Reçu le 21 avril. »
Il est mention d’une nouvelle édition dans la
lettre à d’Argental, du 6 juin 1768. Cette nouvelle édition
doit être celle qui porte le titre de dernière édition,
et le millésime 1768. Elle est in-16. L’édition in-8°,
qui a la même date, me paraît être la première,
puisque la note sur Rosimond au cinquième chant est plus étendue
dans l’in-16.
Quelques passages de la Guerre civile de Genève
sont imprimés dans le Mercure de la même année,
tome Ier, de juillet, pages 5-13. (B.)
Note_2
La Correspondance de Grimm, novembre 1708,
donne quelques détails sur ce personnage, qui était horloger,
et bourgeois de Genève. (B.)
Note_3
Dans la cinquième de ses Lettres écrites
de la montagne, J.-J. Rousseau présente Voltaire comme auteur
du Sermon des Cinquante, ouvrage auquel il n’avait pas mis son nom.
(B.)
Note_4
L’épigramme de J.-B. Rousseau commence
par ce vers:
Près de sa mort une vieille incrédule. (B.)
Note_5
Inspecteur de police de la librairie de Paris.
(K.)
Note_6
Horace, livre Ier, sat. x, vers 74.
Note_7
Horace, livre II, ép. i, vers 160.
Note_8
Note de Voltaire: Voyez le Pauvre Diable, ouvrage
en vers aisés de feu mon cousin Vadé:
Je m’accostai d’un homme à lourde mine,
Qui sur sa plume a fondé sa cuisine,
Grand écumeur des bourbiers d’Hélicon,
De Loyola chassé pour ses fredaines,
Vermisseau né du cul de Desfontaines,
Digne en tous sens de son extraction,
Lâche Zoïle, autrefois laid giton
Cet animal se nommait Jean Fréron.
« J’étais tout neuf, j’étais
jeune, sincère,
Et j’ignorais son naturel félon
Je m’engageai, sous l’espoir d’un salaire,
A travailler à son hebdomadaire,
Qu’aucuns nommaient alors patibulaire.
Il m’enseigna comment on dépeçait
Un livre entier, comme on le recousait,
Comme on jugeait du tout par la préface,
Comme on louait un sot auteur en place,
Comme on fondait avec lourde roideur
Sur l’écrivain pauvre et sans protecteur.
Je m’enrôlai, je servis le corsaire;
Je critiquai, sans esprit et sans choix,
Impunément le théâtre, la chaire,
Et je mentis pour dix écus par mois.
« Quel fut le prix de ma plate manie?
Je fus connu, mais par mon infamie,
Comme un gredin que la main de Thémis
A diapréde nobles fleurs de lis,
Par un fer chaud gravé sur l’omoplate.
Triste et honteux, je quittai mon pirate,
Qui me vola, pour fruit de mon labeur,
Mon honoraire, en me parlant d’honneur.
(Édit. de 1768.)
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¾ Le Pauvre Diable
est dans le tome X de la présente édition. (B.)
Note_9
Voyez le Discours aux Welches, qui faisait
partie du volume intitulé Contes de Guillaume Vadé. Voyez
aussi tome VI du Théâtre.
Note_10
Fontenelle disait que l’Almanach royal était
le livre qui contenait le plus de vérités. (B.)
Note_11
Vers 172 du Pauvre Diable.
Note_12
Plaisanterie contre Lefranc de Pompignan. (B.)
Note_13
L’édition in-4° des Oeuvres de Voltaire,
entreprise par Panckoucke, était en trente volumes, 1768-1777.
On imprima, en 1796, quinze volumes de supplément; ce qui la porte
à quarante-cinq volumes. (B.)
Note_14
Le Scribendi cacoethes n’est pas d’Horace,
mais de Juvénal, satire vii, v. 52. (B.)
Note_15
D’Aquin de Châteaulyon avait donné,
en 1752, des Lettres sur les hommes célèbres... sous le
règne de Louis XV: c’est lui qui avait été éditeur
du Portefeuille trouvé, dont j’ai parlé tome V du
Théâtre. (B.)
Note_16
Homère, qui a fait le combat des grenouilles
et des rats. (Note de Voltaire, 1768.)
Note_17
L’auteur de la Secchia rapita, ou de la
terrible guerre entre Bologne et Modène, pour un seau d’eau. (Note
de Voltaire, 1768.)
Note_18
Nicolas Boileau. (Note
de Voltaire, 1768.)
Note_19
La montagne de Salève, partie des Alpes.
(Note de Voltaire, 1768.)
Note_20
Les seuls citoyens de Genève ont quatre
millions cinq cent mille livres de rentes sur la France, en divers effets.
Il n’y a point de ville en Europe qui, dans son territoire, ait autant
de jolies maisons de campagne, proportion gardée. Il y a cinq cents
fourneaux dans Genève, où l’en fond l’or et l’argent: on
y poussait autrefois des arguments théologiques. (Note
de Voltaire, 1768.)
Note_21
Dans sa lettre à Frédéric,
du 17 octobre 1740, Voltaire, lui annonçant la prochaine arrivée
d’une troupe de comédiens, s’exprime ainsi:
Bientôt a Berlin vous l’aurez
Cette cohorte théâtrale,
Race gueuse, fière et vénale. (B.) |
Note_22
Auteur des Comptes faits. (Note
de Voltaire, 1768.)
Note_23
Ces vers sont dignes de la musique; on y chante
les commandements de Dieu sur l’air Réveillez-vous, belle endormie.
(Note de Voltaire, 1768.)
Note_24
Prédicant genevois. (Note
de Voltaire, 1768.)
Note_25
Tout le monde connaît ce vers de Boileau
(sat. viii, v. 208.):
Jamais surintendant ne connut de cruelle. (B.)
Note_26
Calvin, chanoine de Noyon. (Note
de Voltaire, 1768.)
Note_27
Le Soleil, comme on sait, découvrit Vénus
couchée avec Mars, et Vulcain porta sa plainte au consistoire de
là-haut. (Note de Voltaire, 1768.)
Note_28
Vernet, professeur en théologie, très
plat écrivain, fils d’un réfugié. Nous avons ses lettres
originales par lesquelles il pria l’auteur de l’Essai sur les moeurs
de le gratifier de l’édition, et de l’accepter pour correcteur
d’imprimerie. Il fut refusé, et se jeta dans la politique. (Note
de Voltaire, 1768.) ¾
(Voyez parmi les Satires, la note de la pièce intitulée
l’Hypocrisie.)
Note_29
Broun, prédicant écossais, qui a
écrit des sottises et des injures, de compagnie avec Vernet. Ce
prédicant écossais venait souvent manger chez l’auteur sans
être prié, et c’est ainsi qu’il témoigna sa reconnaissance.
Needham est un jésuite irlandais, imbécile qui a cru faire
des anguilles avec de la farine. On a donné quelque temps dans sa
chimère, et quelques philosophes même ont bâti un système
sur cette prétendue expérience, aussi fausse que ridicule.
(Note de Voltaire, 1768.)
¾ Robert Brown, pasteur
de l’Église anglaise à Utrecht, avait été éditeur
de l’ouvrage de Vernet, intitulé Lettres critiques d’un voyageur
anglais. (B.)
Note_30
Chausson, fameux partisan d’Alcibiade, d’Alexandre,
de Jules César, de Giton, de Desfontaines, de l’âne littéraire,
brûlé chez les Welches au xviie siècle. (Note
de Voltaire, 1768.)
Note_31
Voyez l’article Genève dans l’Encyclopédie.
Jamais Vernet n’a signé que Jésus est bien consubstantiel
à Dieu le père. A l’égard de l’Esprit, il n’en parle
pas. (Note de Voltaire, 1768.)
Note_32
Voyez l’histoire de l’Empire et de France. (Note
de Voltaire, 1768.)
Note_33
Il est très vrai que les ministres citèrent
à Covelle l’exemple de Louis le Débonnaire ou le Faible,
et qu’il leur fit cette réponse. (Note
de Voltaire, 1768.)
Note_34
Céthégus, complice de Catilina.
(Note de Voltaire, 1768.)
Note_35
Maître Aliboron, dit Fréron, était
à la première représentation de l’Écossaise.
Il fut hué pendant toute la pièce, et reconduit chez
lui par le public avec des huées. (Note
de Voltaire, 1768.)
Note_36
Au lieu de Paul Gallatin, la première édition
porte: « Pierre Aguelin. » (B.)
Note_37
C’est le refrain d’une chanson grivoise: Et
lon, lan, la, les genoux n’y font rien. (Note
de Voltaire, 1768.)
Note_38
Les sermons de Saurin, prédicant à
la Haye, connu pour une petite espièglerie qu’il fit à milord
Portland, en faveur d’une fille: ce qui déplut fort au Portland,
lequel ne passait cependant pas pour aimer les filles. (Note
de Voltaire, 1768.)
Note_39
L’escalade de Genève, le 12 décembre
1602. (Note de Voltaire, 1768.)
Note_40
C’est l’expression de Molière dans le
Malade imaginaire, acte III,scène iv. « On voit bien que
vous n’avez pas accoutumé de parler à des visages. »
Note_41
Voyez les Paralipomènes, liv. II,
ch. xviii, v. 23. Or Sédékia, fils de Kanaa, s’approcha de
Michée, lui donna un soufflet, et lui dit: « Par où
l’esprit du Seigneur a-t-il passé pour aller de ma main à
ta joue (et, selon la Vulgate, de toi à moi)? (Note
de Voltaire, 1768.)
Note_42
Amédée, duc de Savoie, retiré
à Ripaille, devenu antipape sous le nom de Félix V, en 1440.
(Note de Voltaire, 1768.)
Note_43
Le comte de Bonneval, général en
Allemagne, et bacha en Turquie, sous le nom d’Osman. (Note
de Voltaire, 1768.)
Note_44
L’abbé Macarty, Irlandais, prieur en Bretagne,
sodomite, simoniaque, puis turc. Il emprunta, comme on sait, à l’auteur
de ce grave poème 2,000 livres, avec lesquelles il s’alla faire
circoncire. Il a rechristianisé depuis, et est mort à Lisbonne.
(Note de Voltaire, 1768 )
Note_45
Celui que l’auteur désigne par le nom de
Grillet est en effet un homme d’esprit, qui joint à une dialectique
profonde beaucoup d’imagination. (Note de Voltaire,
1768.)
¾ J’ai dans le texte
rétabli Grillet, d’après toutes les éditions du vivant
de l’auteur que j’ai pu voir. Le véritable nom du personnage est
Rilliet. Il est mort en 1782. C’est celui que Voltaire recommandait à
Tressan, dans sa lettre du 16 auguste 1760. Ce Théodore Rilliet
eut un procès très scandaleux avec sa femme. Ce fut le sujet
de trois brochures sur le faux-titre desquelles on lit: Procès
romanesque, offrant un sujet de comédie très riche et très
heureux. La collection forme plus de 600 pages; cependant Senebier
l’a omise dans son Histoire littéraire de Genève. Le
marquis de Florian, devenu veuf de la nièce de Voltaire, épousa
une Mlle Rilliet, qui, d’après Laharpe (voyez sa Correspondance
littéraire),avait été la femme de Th. Rilliet.
(B.)
Note_46
Jean-Jacques Rousseau communiait en effet alors
dans le village de Moutier-Travers, diocèse de Neuchâtel.
Il imprima une lettre dans laquelle il dit qu’il pleurait de joie à
cette sainte cérémonie. Le lendemain, il écrivit
une lettre sanglante contre le prédicant, qui l’avait, dit-il, très
mal communié; le surlendemain, il fut lapidé par les petits
garçons, et ne communia plus. Il avait commencé par se faire
papiste à Turin, puis il se refit calviniste à Genève;
puis il alla à Paris faire des comédies; puis il écrivit
à l’auteur qu’il le ferait poursuivre au consistoire de Genève,
pour avoir fait jouer la comédie sur terre de France, dans son château
à deux lieues de Genève; puis il écrivit contre M.
d’Alembert en faveur des prédicants de Genève; puis il écrivit
contre les prédicants de Genève, et imprima qu’ils étaient
tous des fripons, aussi bien que ceux qui avaient travaillé au dictionnaire
de l’Encyclopédie, auxquels il avait de très grandes
obligations. Comme il en avait davantage à M. Hume, son protecteur,
qui le mena en Angleterre et qui épuisa son crédit pour lui
faire obtenir cent guinées d’aumône du roi, il écrivit
bien plus violemment contre lui: « Premier soufflet, dit-il,
sur la joue de mon protecteur; second soufflet, troisième soufflet.
» Apparemment, a-t-on dit, que le quatrième était pour
le roi. (Note de Voltaire, 1768)
¾ C’est dans sa lettre
à d’Alembert que J.-J. Rousseau prend le parti des ministres de
Genève; c’est dans ses Lettres écrites de la montagne
qu’il se prononce contre eux
Note_47
C’est dans une note de la troisième de
ses Lettres écrites de la montagne que J.-J. Rousseau parle
de ses miracles ou sortilèges à Venise.
Note_48
Hume avait obtenu du roi d’Angleterre une pension
pour J.-J. Rousseau.
Note_49
C’est ici que le deuxième chant finissait
en 1768 et même en 1772 (Nouveaux Mélanges, tome XII,
page 216); le reste fut donné dans l’édition in-4°, tome
XXVI, qui est de 1777. (B.)
Note_50
Son nom est Vacheur; c’est de là que l’auteur
a tiré le nom de la fée Vachine. (Note
de Voltaire, 1768.) ¾ Il n’est
pas difficile de voir que, sous le nom de Vachine, Voltaire désigne
Thérèse Levasseur, d’abord gouvernante puis femme de J.-J.
Rousseau. (B.)
Note_51
Saint-Maurice dans le Valais, à quelques
milles de la source du Rhône. C’est en cet endroit que la légende
a prétendu que Dioclétien, en 287, avait fait martyriser
une légion composée de six mille chrétiens à
pied, et de sept cents chrétiens à cheval, qui arrivaient
d’Égypte par les Alpes. Le lecteur remarquera que Saint-Maurice
est une vallée étroite entre deux montagnes escarpées,
et qu’on ne peut pas y ranger trois cents hommes en bataille. Il remarquera
encore qu’en 287 il n’y avait aucune persécution; que Dioclétien
alors comblait tous les chrétiens de faveurs; que les premiers officiers
de son palais, Gorgonios et Dorotheos, étaient chrétiens,
et que la femme Prisca était chrétienne, etc. Le lecteur
observera surtout que la fable du martyre de cette légion fut écrite
par Grégoire de Tours, qui ne passe pas pour un Tacite, d’après
un mauvais roman attribué à l’abbé Eucher, évêque
de Lyon, mort en 454; et dans ce roman il est fait mention de Sigismond,
roi de Bourgogne, mort en 523.
Je veux et je dois apprendre au public qu’un nommé
Nonotte, ci-devant jésuite, fils d’un brave crocheteur de notre
ville, a depuis peu, dans le style de son père, soutenu l’authenticité
de cette ridicule fable avec la même impudence qu’il a prétendu
que les rois de France de la première race n’ont jamais eu plusieurs
femmes, que Dioclétien avait toujours été persécuteur,
et que Constantin était, comme Moïse, le plus doux de tous
les hommes. Cela se trouve dans un libelle de cet ex-jésuite, intitulé
lesErreurs de Voltaire, libelle aussi rempli d’erreurs que de mauvais
raisonnements. Cette note est un peu étrangère au texte,
mais c’est le droit des commentateurs. ¾
Cette note est de M. C*** avocat à Besançon. (Note
de Voltaire, 1768.)
Note_52
Il est mort depuis peu. Il faut avouer qu’il aimait
fort à boire; mais il n’en avait pas moins de pratiques. Il disait
plus de bons mots qu’il ne guérissait de malades. Les médecins
ont joué un grand rôle dans toute cette guerre de Genève.
M. Jori, mon médecin ordinaire, a contribué beaucoup à
la pacification; il faut espérer que l’auteur en parlera dans sa
première édition de cet important ouvrage. A l’égard
des chirurgiens, ils s’en sont peu mêlés, attendu qu’il n’y
a pas eu une égratignure, excepté le soufflet donné
par un prédicant dans l’assemblée qu’on nomme la vénérable
compagnie. Les chirurgiens avaient cependant préparé de la
charpie, et plusieurs citoyens avaient fait leur testament. Il faut que
l’auteur ait ignoré ces particularités. (Note
de Voltaire, 1768.)
Note_53
Dans quelques copies manuscrites, au lieu de Bonnet
on avait mis « Tissot », et Voltaire se plaignait de cette
altération; voyez sa lettre à d’Argence de Dirac, du 10 juillet
1767. (B.)
Note_54
Imitation de ces mots de Térence:
Homo sum: humani nihil a me alienum puto.
Note_55
Milord Abington s’est distingué depuis
dans le sénat britannique par son patriotisme, et une haine constante
pour la corruption, la tyrannie, et les restes de superstition que l’Angleterre
conserve encore. Il a fait un discours très raisonnable et très
plaisant contre des lois ridicules sur l’observation du dimanche, imitées
des lois juives sur le sabbat, qui s’observent à Londres avec rigueur,
et pour lesquelles le conseil de la Cité et même les chambres
du parlement font semblant d’avoir beaucoup de zèle, afin de faire
leur cour à la populace, qui, en Angleterre comme ailleurs, s’amuse
beaucoup des persécutions exercées au nom de Dieu. Milord
Abington consultait un jour pour un mal d’yeux Tronchin, qui lui recommanda
de ne pas trop lire. « Je ne lis jamais, dit milord il y a quelques
années que j’essayai de parcourir un livre qui s’appelait, je crois,
la Genèse; mais, après avoir lu quelques pages, je
le laissai là. » Il paraissait à Genève tel
qu’on le peint ici. (K.)
Note_56
Observez, cher lecteur, combien le siècle
se perfectionne. On n’avait donné qu’une trompette à la Renommée
dans la Henriade, on lui en a donné deux dans la divine Pucelle,
et aujourd’hui on lui en donne trois dans le poème moral de
la guerre genevoise. Pour moi, j’ai envie d’en prendre une quatrième
pour célébrer l’auteur, qui est sans doute un jeune homme
qu’il faut bien encourager. (Note de Voltaire,
1768.)
Note_57
Deluc, d’une des plus anciennes familles de la
ville; c’était le Paoli de Genève: il est d’ailleurs physicien
et naturaliste. Son père entend merveilleusement saint Paul, sans
savoir le grec et le latin: on dit qu’il ressemble aux apôtres, tels
qu’ils étaient avant la descente du Saint-Esprit. (Note
de Voltaire, 1768.)
Note_58
Les bourgeois voulaient avoir le droit de destituer
quatre syndics. (Note de Voltaire,
1768.)
Note_59
Le ministre Verne, homme d’un esprit cultivé,
et fort aimable. Il a beaucoup servi à la conciliation: ce fut lui
qui releva la garde posée par les bourgeois dans l’antichambre du
procureur général Tronchin pour l’empêcher de sortir
de la ville. La Renommée, qui est menteuse, dit ici le contraire
de ce qu’il a fait. (Note de Voltaire,
1768.)
Note_60
Il existe de ce passage une variante que voici:
Le roi de France à Genève affligée
Par ses bontés rend enfin le repos;
Las de la voir par le chagrin rongée,
Il a daigné mettre fin à ses maux.
Il a voulu que tout soit dans la joie:
Pour cet effet, ce bon roi nous envoie
Un doux ministre, un brave chevalier,
*Ange de paix etc. |
Note_61
Le chevalier de Beauteville, ambassadeur en Suisse,
lieutenant général des armées. Il contribua plus que
personne à la prise de Berg-op-Zoom. (Note
de Voltaire) 1768.)
Note_62
Érostrate brûla, dit-on, le temple
d’Éphèse pour se faire de la réputation. (Note
de Voltaire, 1768.)
Note_63
Nous ne savons pas qui est ce Le Brun. Il y a
tant de plats poètes connus deux jours à Paris, et ignorés
ensuite pour jamais! (Note de Voltaire.)
¾ Les éditions
de 1768, 1772,1777, portaient dans le texte Brunet au lieu de Le
Brun. J’ai même vu une édition où il était
dit en note: « Il (Brunet) a fait les Noms changés, comédie
qui eut quelque succès. » Un nommé Brunet fit en effet
jouer, en 1758, au Théâtre-Français, une comédie
en trois actes, intitulée les Noms changés; mais
la cinquième des notes de Voltaire lui-même sur son Épître
à d’Alembert, qui est de 1771 (voyez tome X), prouve que c’est
de Le Brun (Ponce-Denis Écouchard) que Voltaire a voulu parler sous
le nom de Brunet. (B.)
Note_64
C’est apparemment un mandement de l’évêque
du Puy-en-Velay, qui, adressant la parole aux chaudronniers de son diocèse,
leur parla de Lamotte et de Fontenelle. (Note
de Voltaire, 1768.)
Note_65
Le Chiniac nous est aussi inconnu que Le Brun.
Nous apprenons dans le moment que c’est un commentateur des discours de
Fleury, qui a été assez indigent pour voler tout ce qui se
trouve sur ce sujet dans un livre très connu, et assez impudent
pour insulter ceux qu’il a volés.
De telles gens il est assez:
Priez Dieu pour les trépassés. (Note
de Voltaire, 1768)
¾ On a de Chiniac: Discours
sur les libertés de l’Église gallicane, par M. l’abbé
Fleury, avec un commentaire, 1765, in-12. (B.)
Note_66
Ce fut le 5 février 1768 qu’on mit le feu
à la salle des spectacles. (Note de Voltaire,
1768.)
Note_67
Vénus est nommée en grec Aphrodite.
Notre auteur l’appelle Aphrodise: c’est apparemment par euphonie, comme
disent les doctes. (Note de Voltaire,
1768.)
Note_68
M. Rosimond, entrepreneur des spectacles à
Genève. Il a perdu plus de quarante mille francs à cet incendie.
(Note de Voltaire, 1768.)
¾ Dans les éditions
in-8° et in-16 de 1768, et dans celle de 1772, après le mot
Genève, on lisait: Un des plus honnêtes hommes du
monde. Dans l’édition in-16 la note se terminait ainsi: «
De sorte qu’il est encore plus à plaindre que celui du théâtre
de la Haye, au gros Dindon. » (B.)
Note_69
On accusa de cet incendie le fanatisme religieux
ou patriotique des bons Genevois, qui croyaient que, si la comédie
s’établissait à Genève, ils seraient ruinés
dans ce monde et damnés dans l’antre. C’est par une fiction poétique
qu’on l’attribue ici à ceux qui avaient mis cette idée dans
la tête de ces pauvres gens. (Note de Voltaire.)
Note_70
Expression si familière à l’un d’entre
eux que, l’ayant répétée vingt fois dans un sermon,
un de ses parents lui dit: « Je te rends des grâces infinies
d’avoir fini. » (Note de Voltaire,
1768.)
Note_71
Voltaire dit dans son conte les Trois Manières
(voyez tome X):
Le théâtre instruit mieux que ne fait un
gros livre.
Note_72
Genève fait un commerce de montres qui
va par année à plus d’un million. Les horlogers ne sont pas
des artisans ordinaires; ce sont, comme l’a dit l’auteur du Siècle
de Louis XIV, des physiciens de pratique. Les Graham et les Le Roy
ont joui d’une grande considération; et M. Le Roy d’aujourd’hui
est un des plus habiles mécaniciens de l’Europe. Les grands mécaniciens
sont aux simples géomètres ce qu’un grand poète est
à un grammairien. (Note de Voltaire,
1768.)
¾ C’est dans sa liste
des Artistes célèbres que Voltaire appelle les horlogers
des physiciens de pratique. (B.)
Note_73
C’est un Français réfugié,
qui, par une honnête industrie et par un travail estimable, s’est
procuré une fortune de plus de deux millions. Presque toutes les
familles opulentes de Genève sont dans le même cas. Les enfants
de M. Hervart, contrôleur général des finances sous
le cardinal Mazarin, se retirèrent dans la Suisse et en Allemagne,
avec plus de six millions, à la révocation de l’édit
de Nantes. La Hollande et l’Angleterre sont remplies de familles réfugiées
qui, ayant transporté les manufactures, ont fait des fortunes très
considérables, dont la France a été privée.
La plupart de ces familles reviendraient avec plaisir dans leur patrie,
et y rapporteraient plus de cent millions, si l’on établissait en
France la liberté de conscience, comme elle l’est dans l’Allemagne,
en Angleterre, en Hollande, dans le vaste empire de la Russie, et dans
la Pologne.
Cette note nous a été fournie par un descendant
de M. Hervart. (Note de Voltaire, 1768.)
Note_74
Quand les citoyens sont convoqués, le premier
syndic les appelle souverains et magnifiques seigneurs. (Note
de Voltaire, 1768.)
Note_75
Les filets de saint Pierre. Les curieux ne cessent
d’admirer que des cordeliers et des dominicains aient régné
sur les descendants des Scipions. (Note de Voltaire,
1768.)
Note_76
Le cardinal Albéroni, n’ayant pu bouleverser
l’Europe, voulut détruire la république de Saint-Marin en
1739. C’est une petite ville perchée sur une montagne de l’Apennin,
entre Urbin et Rimini. Elle conquit autrefois un moulin; mais, craignant
le sort de la république romaine, elle rendit le moulin, et demeura
tranquille et heureuse. Elle a mérité de garder sa liberté.
C’est une grande leçon qu’elle a donnée à tous les
États. (Note de Voltaire, 1768.)
Note_77
Dans les éditions in-8° et in-16 de
1768, et dans celle de 1772. au lieu de Cramer on lit Brimer. Une note
de la page 57 de l’édition in-16 dit de substituer Cramer à
Brimer. Dans l’édition de 1772, on lit en note: « Voici encore
un nom propre défiguré: la véritable orthographe demandait
un C au lieu d’un B, et un a au lieu d’un i. Au reste,
on ignore pourquoi l’auteur ne fait point ici au cadet Cram.. l’honneur
de parler de lui; il n’est pas moins bon acteur que son frère, ayant
acquis dans ses voyages à Paris toutes les grâces plaisantes
et l’élégance des Français de meilleur ton. »
Dans l’édition in-4° il y a Hébert, et Hébert
le beau. (B.)
Note_78
Plainpalais, promenade entre le Rhône et
l’Arve aux portes de la ville, cou verte de maisons de plaisance, de jardins,
et d’excellents potagers d’un très grand rapport. C’était
autrefois un marais infect, plana palus, du temps qu’il n’était
question dans Genève que de la grâce prévenante accordée
à Jacob, et refusée à son frère le pate-pelu;
qu’on ne parlait que des supralapsaires, des infralapsaires, des universalistes,
de la perception de Dieu différente de sa vision, de plusieurs autres
visions; de la manducation supérieure, de l’inutilité des
bonnes oeuvres, des querelles de Vigilantius et de Jérôme,
et autres controverses sublimes extrêmement nécessaires à
la santé, et par le moyen desquelles on vit fort à l’aise,
et on marie avantageusement ses filles.
N. B. ¾ On a
souvent donné à Plainpalais de très agréables
rendez-vous avec toute la discrétion requise. (Note
de Voltaire, 1768.)
Note_79
Voltaire n’a pas donné plus de cinq chants.
Note_80
J.-F. de Montillet, archevêque d’Auch, signa
dans son palais archiépiscopal le 23 janvier 1764, un libelle
diffamatoire composé par Patouillet et consorts. Ce libelle fut
condamné à être brûlé par le bourreau,
et l’archevêque à dix mille ecus d’amende. Il est dit dans
ce libelle (page 35): « Vos pères vous avaient appris à
respecter les jésuites; cette vénérable compagnie
vous avait pris dans son sein dès votre enfance, pour former vos
coeurs et vos esprits par le lait de ses instructions. Elle cesse d’être:
on leur ôte, en les rendant au siècle, le patrimoine qu’ils
y avaient laissé, etc. » C’est-à-dire que Patouillet
voulait bouleverser la famille des Patouillets, en demandant à partager,
et en ne se contentant pas de sa pension.
Patouillet poursuit humblement dans son palais
archiépiscopal (page 47): « Quelle est la puissance qui a
frappé ces coups inouïs. C’est une puissance étrangère...
qui est allée bien au delà des limites de sa compétence.
» Ainsi selon l’archevêque d’Auch, il faut excommunier tous
les parlements du royaume, les rois de France, d’Espagne, de Naples, de
Portugal, le duc de Parme, etc., etc., etc. « Ces parlements, ajoute-t-il
(page 48), sont les vrais ennemis des deux puissances, qui, mille fois
abattus par lent concert, toujours animés de la rage la plus noire,
toujours attentifs à nous nuire, nous ont porté enfin le
plus perçant de tous les coups. » Ainsi Patouillet fait dire
à Montillet que les parlements sont des séditieux qui ont
nuit à tous les évêques en les défaisant des
jésuites.
Notre imbécile Montillet
Devint ainsi le perroquet
De notre savant Patouillet;
Mais on rabattit son caquet. |
Patouillet s’avise de parler de poésie dans son
mandement. Il traite (page 13) de vagabond un officier du roi qui n’était
pas sorti de ses terres depuis quinze ans. Il est assez bien instruit pour
appeler mercenaire un homme qui dans ce temps-là même avait
prêté généreusement au neveu de J.-F. Montillet
une somme considérable, en bon voisin; et le J.-F. Montillet d’Auch
est assez malavisé pour signer cette impertinence. J’étais
auprès de cet officier du roi quand, au bout de trois ans, la nièce
de l’archevêque J.-F. Montillet envoya son argent avec les intérêts
au créancier, qui les jeta au nez du porteur.
Si j’avais été à la place de l’archevêque
J.F. Montillet, j’aurais écrit au bienfaiteur de mon neveu: «
Monsieur, je vous demande très humblement pardon d’avoir signé
le libelle de Patouillet, etc.; » ou bien: « Monsieur, je suis
un imbécile qui ne sais pas ce que c’est qu’un mandement, et qui
m’en suis rapporté à ce misérable Patouillet, etc.;
» ou bien: « Monsieur, pardonnez à ma bêtise si,
ne sachant ni lire ni écrire, j’ai prêté mon nom à
ce polisson de Patouillet »; ou enfin quelque chose dans ce goût
d’honnêteté et de décence Mais en voilà assez
sur Montillet et Patouillet. (Note de Voltaire.)
Note_81
Au livre IV d’Émile, J.-J. Rousseau
a dit: « Si la vie et la mort de Socrate sont d’un sage, la vie et
la mort de Jésus sont d’un dieu. » (B.)
Note_82
Voyez la lettre à d’Alembert, du 30 juillet
1766.
Note_83
Il s’agit de Noël Regnault.
Note_84
Les Plaidoyers et Mémoires de Mannory
ont été recueillis en dix huit volumes in-12. (B.)
Note_85
(Note de Voltaire.) Nous commençons pourtant
à espérer que Nonotte se décrassera. Un magistrat
de notre ville le trouva ces jours passés dansant en veste et en
culotte déchirée, avec deux filles de quinze ans. Le voilà
dans le bon chemin. On a réprimandé les deux filles; elles
ont répondu qu’elles l’avaient pris pour un singe. A l’égard
de Patouillet, il n’y a rien à espérer de lui; le maraud
a pris son pli. En qualité de Franc-Comtois, je ne cherche pas les
expressions délicates quand j’ai trouvé les vraies. Le mot
propre est quelquefois nécessaire, quoique la métaphore ait
ses agréments. On m’a parlé aussi d’un ex-jésuite
nommé Prost impliqué dans la sainte banqueroute de frère
La Valette*, lequel Prost est retiré à Dôle sous le
nom de Rotalier: il a déjà fait son marché avec tous
les épiciers de la province pour leur vendre ses Remarques sur
le pontificat de Grégoire VII, de Jean XII, d’Alexandre VI; sur
l’ulcère malin dont Léon X fut attaqué dans le périnée;
sur la liberté d’indifférence, l’Optimisme, Zaïre,
Tancrède, Nanine, Mérope, le Siècle de Louis XIV,
et la Princesse de Babylone. Nous pourrons joindre ici frère
Prost, dit Rotalier, à frère Nonotte et à frère
Patouillet, quand nous serons de loisir, et que nous aurons envie de rire.
Ce n’est pas que nous négligions Cogé, et Larcher, et Guyon,
et les grands hommes attachés à la secte des convulsionnaires,
de qui les écrits donnent des convulsions. Nous sommes justes, nous
n’avons acception de personne:
Bos, asinusve fuat, nullo discrimine habemus.
* On ne sait pas de quelle banqueroute parle ici M. C...,
avocat de Besançon, auteur de cet épilogue; car le révérend
père La Valette, ou frère La Valette ( comme on voudra),
a fait deux banqueroutes ad majorem Dei gloriam, l’une à
la Guadeloupe ou Guadaloupe, l’autre à Londres. (Note
de Voltaire.)
Note_86
Il est dit dans le Commentaire historique que
cette pièce fut écrite à quatre-vingt-deux ans: l’auteur
n’en avait que soixante-dix-huit. On parle de Jean qui pleure et qui
rit dans les Mémoires secrets, à la date du 28
mai 1772, et on l’imprima dans le Mercure, premier cahier de juillet,
toutefois avec quelques différence que j’indiquerai. Toutes les
éditions séparées que j’en ai vues contiennent une
Réponse de M. de Voisenon. On imprima, en 1784, Jean qui
pleure et Jean qui rit, pièce en un acte et en prose. M. Brazier
a fait jouer sur le théâtre des Variétés, le
17 juillet 1815, une comédie-vaudeville intitulée Jean
qui pleure et Jean qui rit, non imprimée. Un Dialogue politique,
en prose, imprimé en 1789 ou 1790, in-8° de 8 pages, a pour
titre Jean qui pleure et Jean qui rit, ou l’Héraclite et le Démocrite
français. (B.)
Note_87
Stanislas-Auguste Poniatowski, roi de Pologne.
Note_88
Dans le Mercure de juillet 1772, ce vers
est ainsi:
Mais si mon débiteur veut bien me
rembourser.
On conçoit que la censure ne pouvait dans le Mercure
laisser imprimer l’abbé Terray, qui était alors
contrôleur des finances, et avait fait violer les dépôts
d’argent appartenant à des particuliers. Voltaire, dans sa lettre
à Mme du Deffant, du 21 octobre 1770, dit qu’on lui prit deux cent
mille francs, ce qui lui occasionne une perte de trois cent mille; voyez
aussi tome X, le conte intitulé les Finances, qui est de
1775. (B.)
Note_89
Dans le Mercure on avait mis ici quelques
points, et l’on avait imprimé seulement:
Je relis Arioste . . . . . . .
Ou quelque autre impudent dont j’aime les écrits.
(B.) |
Note_90
La plupart des éditeurs mettent ici le
Temple du Goût et la relation du Voyage à Berlin,
en prose et en vers, adressée de Clèves à Mme
Denis en 1750. Il nous a paru que la place de ces deux morceaux
n’était point parmi les Petits Poèmes. Le Temple du Goût
est donné à la fin du tome précédent, et
la relation du Voyage à Berlin figure naturellement à
sa date dans la Correspondance. (M.)
Note_91
On trouve dans les contes de M. de Voltaire une
poésie plus brillante, une philosophie aussi vraie, moins naïve,
mais plus relevée et plus profonde que dans ceux de La Fontaine.
L’auteur de Joconde est un voluptueux rempli d’esprit et de gaieté,
auquel il échappe, comme malgré lui, quelques traits de philosophie;
celui de l’Éducation d’un prince est un philosophe qui, pour
faire passer des leçons utiles, a pris un masque qu’il savait devoir
plaire au grand nombre des lecteurs. Dans un moindre nombre d’ouvrages,
les sujets sont plus variés; ce n’est pas toujours, comme dans La
Fontaine, une femme séduite, ou un mari trompé; la véritable
morale y est plus respectée; la fourberie, la violation des serments,
n’y sont point traitées si légèrement. La volupté
y est plus décente; et, à l’exception d’un petit nombre de
pièces échappées à sa première jeunesse*,
le ton du libertinage en est absolument banni. (K.)
* A la suite de la Henriade, on trouve, dans l’édition
donné par Desfontaines un conte intitulé le Banquet, et
qui est donné comme étant de Voltaire. Le doute sur
son authenticité est si général qu’aucun éditeur
des Oeuvres de Voltaire ne l’a encore reproduit; je ne commencerai
pas. Je parle ailleurs de deux autres contes attribués à
Voltaire; voyez tome X. (B.)
¾ La date de 1714 est
donnée à cette pièce par les éditeurs de Kehl;
et rien, à ma connaissance, ne la contredit.
Ce ne fut cependant qu’en 1720 qu’elle fut imprimée
pour la première fois. C’est du moins ce qu’on lit dans l’avertissement
du tome V des Oeuvres diverses de M. de Voltaire, 1746, in-12.
Prosper Marchand, dans son Dictionnaire historique,
tome Ier, page 37, dit que cette satire est dirigée contre Desfontaines.
C’est une erreur. Ce n’est rien moins qu’un grand seigneur que Voltaire
a eu en vue. Il nous a mis lui-même sur la voie, en disant (vers
52):
D’un beau marquis il a pris le visage.
C’est en effet contre le marquis de Courcillon que fut
fait l’Anti-Giton. L’avertissement cité plus haut dit qu’en
1720 l’Anti-Giton fut imprimé sous le titre de la Courcillonade.
Enfin des manuscrits que j’ai vus l’intitulent simplement Vers contre
M. de Courcillon. Dans l’origine, cette pièce était adressée
à Mlle Duclos, célèbre actrice, et sur laquelle on
trouve quatre vers dans l’épître àMme de Montbrun-Villefranche.
Le Courcillon, héros de l’Anti-Giton, est
Philippe Égon, né vers 1687 de Louis de Courcillon, marquis
de Dangeau, et de Sophie, comtesse de Lowestein. Philippe Égon,
mort le 20 septembre 1719, avait eu une jambe emportée à
la bataille de Malplaquet en 1709. (B.)
Note_92
L’abbé Desfontaines. Les dix vers sur Desfontaines
ont été ajoutés plus de vingt ans après l’édition
originale. (G. A.)
Note_93
L’homme dont il est question avait eu une cuisse
emportée à Ramilly (Ramillies) (Note
de Voltaire, 1732). ¾ C’était
à Malplaquet que le marquis avait perdu une jambe. (B.)
Note_94
L’auteur avait environ vingt ans quand il fit
cette pièce, adressée à une dame contre laquelle son
mari avait pris cette étrange précaution; elle fut imprimée
en 1724 pour la première fois.
Note_95
Mlle de Scudéri a dit dans un couplet:
L’oreille est le chemin du coeur;
Et le coeur l’est du reste. (B.) |
Note_96
Les éditeurs de Kehl ont donné à
cette pièce la date de 1718; je n’ai rien trouvé qui la contredise.
(B.)
Note_97
Cette pièce est de 1733 si une lettre à
Mme de La Neuville est bien classée.
Note_98
(Note de Voltaire.)
Le jésuite Bouhours se servit de cette expression: Jésus-Christ
fut emporté par le diable sur la montagne; c’est ce qui donna
lieu à ce noël qui finit ainsi:.
Car sans lui saurait-on, don, don,
Que le diable emporta, la, la,
Jésus notre bon maître? |
Note_99
Dans une note sur la première scène
de Tancrède, les éditeurs de Kehl donnent une autre
origine au baisement de la mule du pape; voyez tome IV du Théâtre.
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