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NOTES
Note_1
Ces deux lettres à Voltaire, imprimées
aux pages 532 et 534 du tome II des Mémoires sur Voltaire, par
Longchamp et Wagnière, 1826, deux volumes in-8°, sont du
duc de La Vallière, et non du comte d’Argental comme le dit Beuchot.
(M.)
Note_2
Lettres à Thieriot, du 11 juin 1759, et
à d’Argental, du 7 février 1761.
Note_3
Lettre à Thieriot, du 11 juin 1759.
Note_4
Lettre à Thieriot, du 15 décembre
1759.
Note_5
Lettre à Thieriot, du 15 décembre
1759. D’après une plainte aussi précise, il était
du devoir d’un éditeur de donner le texte latin. On s’est contenté
jusqu’à présent d’imprimer la traduction française.
Je fais précéder cette traduction du texte d’après
la Vulgate, le tout selon une édition de 1759 dans laquelle se trouve
l’indication de chaque passage par chapitre et verset. (B.) ¾
Quant à l’édition du Louvre, imprimée avec le portrait
de Voltaire, et de l’incorrection de laquelle il se plaint, nous l’avons
cherchée vainement à la Bibliothèque nationale et
ailleurs. Beuchot ne nous paraît pas avoir été plus
heureux, et semble ne la citer que sur 1a lettre du poète à
Thieriot, du 15 décembre 1759. (G. D.)
Note_6
Lettre à d’Argental, du 7 février
1761.
Note_7
Voltaire fait allusion, dans la lettre à
Thieriot, du 11 juin 1759,à la demande d’une traduction de psaumes.
« Il y a longtemps que quelqu’un exigea de moi des paraphrases de
l’Ancien Testament; je choisis le Cantique des cantiques et l’Ecclésiaste.
L’un de ces ouvrages est tendre, l’autre est philosophique. »
Si l’on considère cette imitation libre, et trop libre, de l’Ecclésiaste
et du Cantique des cantiques comme un acquiescement aux ordres
de la favorite, on conviendra que le choix était étrange
et ne répondait que médiocrement aux intentions d’édification
de Mme de Pompadour, qui, nous assure-t-on, les fit imprimer dans sa chambre
et sous ses yeux. (G. D.)
Note_8
Cet avertissement est de Voltaire, et de 1759.
(B.)
Note_9
Mme de Pompadour. Voyez l’avertissement.
Note_10
Vanitas vanitatum, et omnia vanitas. [Cap. i.
v. 1.] Dixi ego in corde meo: vadam et affluam deliciis, et fruar bonis,
et vidi quod hoc quoque esset vanitas. [Cap. ii, v. 1.]
Vanité des vanités, et tout est vanité.
J’ai dit dans mon coeur: Je vais me plonger dans les délices, et
j’ai trouvé encore que cela est vanité. (Note
de Voltaire.)
Note_11
Et proposui in animo meo quaerere... quae fiunt
sub sole... hanc occupationem pessimam dedit Deus filiis hominum. [Cap.
i, v. 13.]
Je me suis proposé d’examiner tout ce qui est sous
le soleil, et c’est une très mauvaise occupation. (Note
de Voltaire..)
Note_12
Dedique cor meum ut scirem prudentiam, atque doctrinam,
erroresque et stultitiam; et agnovi quod in his quoque esset labor et afflictio
spiritus. [Cap. ii, v. 7.]
J’ai voulu connaître la doctrine et les erreurs,
et c’est une affliction d’esprit. (Note de Voltaire..)
Note_13
Magnificavi opera mea, aedificavi domos...
[Cap. ii, v. 4.] Possedi servos et ancillas. [Cap. ii, v. 5.]
Coacervavi mihi argentum et aurum, et substantias
regum et provinciarum. Feci mihi cantatores et cantatrices... [Cap. ii,
v. 8.] Feci hortos et pomaria... [Cap. ii, v. 5.] Et omnia quae desideraverunt
oculi mei, non negavi eis... [Cap. ii, v. 11.] Vidi in omnibus vanitatem
et afflictionem animi... [Cap. ii, v. 11.] Et idcirco taeduit me vitae
meae. [Cap. ii, v. 17.]
J’ai entrepris de grandes choses, j’ai bâti des
palais, j’ai eu des esclaves, j’ai fait de grands amas d’or, j’ai accumulé
les substances des rois et des provinces, j’ai eu des musiciens et des
musiciennes, et j’ai planté des jardins; je ne me suis refusé
aucun désir; j’ai reconnu qu’il n’y avait que vanité et affliction
d’esprit: la vie m’est devenue insupportable. (Note
de Voltaire.)
Note_14
Rursus detestatus sum omnem industriam meam. [Cap.
ii, v. 18.] Nam cum alius laboret in sapientia et doctrina... Et hec ergo
vanitas. [Cap. ii, v. 21.]
J’ai regardé ensuite avec détestation mes
applications, après avoir cherché on vain la doctrine et
la sagesse. (Note de Voltaire.)
Note_15
Verti me ad aliud, et vidi sub sole nec velocium
cursum... nec artificum gratiam. [Cap. ix, v. 11.]
J’ai tourné mes pensées ailleurs. J’ai vu
que, sous le soleil, le prix n’était point pour celui qui avait
le mieux couru, ni la faveur pour l’artiste le plus habile. (Note
de Voltaire.)
Note_16
Verti me ad alia, et vidi calumnias et lacrymas
innocentium, et neminem consolatorem... Cunctorum auxilio destitutos. [Cap.
iv, v. 1.]
J’ai porté mon esprit ailleurs; j’ai vu les calomnies,
l’innocent en larmes, sans secours et sans consolateur. (Note
de Voltaire.)
Note_17
Homo extraneus vorabit illud, hoc vanitas et magna
miseria est. [Cap. vi, v. 2.]
Un étranger dévorera toutes vos richesses
après vous, et c’est là encore une très grande misère.
(Note de Voltaire.)
Note_18
Quid est quod fuit? ipsum quod futurum est. Quid
est quod factum est? ipsum quod faciendum est. [Cap. i, v. 9.]
Qu’est-ce qui a été? ce qui sera. Qu’est-ce
qui s’est fait? ce qui se fera. (Note de Voltaire.)
Note_19
Nihil sub sole novum... [Cap. i, v. 10.] Ne dicas:
Quid putas causae est quod priora tempora meliora fuere quam nunc sunt?
stulta enim est hujusce modi interrogatio. [Cap. vii, v. 11.]
Rien de nouveau sous le soleil; ne dites point que les
premiers temps ont été meilleurs que ceux d’aujourd’hui:
car c’est le discours d’un fou. (Note de Voltaire.)
Note_20
Justus perit in justitia sua, et impius multo
vivit tempore in malitia sua. [Cap. vii, v. 16.] Universa aeque eveniant
justio et impio... mundo et immundo, immolanti victimas, et sacrificia
contemnenti... Ut perjurus, ita et ille qui verum dejerat. (Cap. ix, v.
2.]
Le juste périt dans sa justice, et le méchant
vit longtemps dans sa malice. Tout arrive également au juste et
à l’injuste, au pur et à l’impur, à celui qui offre
des sacrifices et à celui qui n’en offre pas; le parjure est traité
comme l’homme ami de la vérité. (Note
de Voltaire.)
Note_21
Viventes enim sciunt se morituros; mortui vero
nihil noverunt amplius, nec habent ultra mercedem... Amor quoque et odium,
et invidiae simul perierunt. [Cap. ix, v. 5 et 6.]
Les vivants savent qu’ils doivent mourir; mais les morts
ne connaissent plus rien, et il ne leur reste plus de récompense...
l’amour, la haine, l’envie, périssent avec eux. (Note
de Voltaire.)
Note_22
Si genuerit quisquam centum liberos, et viverit
multos annos. et anima illius non utatur bonis substantiae suae... de hoc
ego pronuntio quod melior illo sit abortivus. Frustra enim venit, et pergit
ad tenebras et oblivione delebitur nomen ejus.. [Cap. vi, v. 3 et 4.] Et
laudavi magis mortuos quam viventes, et feliciorem utroque judicavi qui
necdum natus est, nec vidit mala quae sub sole fiunt. [Cap. iv, v. 2 et
3.] Et melior est canis vivus leone mortuo. [Cap. ix, v. 4.]
Qu’un homme ait eu cent enfants, qu’il ait vécu
longtemps, et qu’il n’ait pas joui de ses richesses, je prononce qu’un
avorton vaut mieux que lui. C’est en vain qu’il est né; il va dans
les ténèbres, et son nom dans l’oubli... Et j’ai préféré
l’état des morts à celui des vivants; et j’ai estimé
plus heureux celui qui n’est pas né encore, et n’a pas vu les maux
qui sont sous le soleil... Un chien vivant vaut mieux qu’un lion mort.
(Note de Voltaire.)
Note_23
Dixi in corde meo de filiis hominum, ut probaret
eos Deus, et ostenderet similes esse bestiis. Idcirco unus interitus est
hominis et jumentorum, et aequa utriusque conditio: sicut moritur homo,
sic et illa moriuntur: similiter spirant omnia, et nihil habet bona jumento
amplius. Cuncta subjacent vanitati. Et omnia pergunt ad cumdem locum: de
terra facta sunt, et in terra pariter revertuntur. Quis novit si spiritus
filiorum Adam ascendat sursum, et spiritu jumentorum descendat deorsum?
[Cap. iii, v. 18, 19, 20, 21.]
J’ai dit à mon coeur: Dieu met en probation tous
les enfants des hommes; il montre qu’ils sont semblables aux bêtes
Les hommes meurent comme les bêtes, leur sort est égal; ils
respirent de même, l’homme n’a rien de plus que la bête: tout
est vanité, tout tend au même lieu; ils ont tous été
tirés de la terre et ils retourneront pareillement en terre. Qui
connaît si l’âme des hommes monte en haut, et si l’âme
des bêtes descend en bas? (Note de Voltaire
)
N. B. L’Ecclésiaste semble s’exprimer ici
avec une dureté qui convenait sans doute à son temps, et
qui doit être adoucie dans le nôtre. Ainsi l’auteur du Précis
ne dit point: « L’homme n’a rien de plus que la bête; »
mais « Qui sait par sa propre lumière si l’homme n’a rien
de plus que la bête? » C’est le sens de l’Ecclésiaste.
L’homme ne sait rien par lui-même il a besoin de la foi (Note
de Voltaire, 1761 )
Note_24
Interdum dominatur homo homini in malum suum...
[Cap. viii, v. 9.] Unus est, et secundum non habet, non filium, non fratrem,
et tamen laborare non cessat, nec satiantur oculi ejus divitiis, nec recogitat,
dicens: Cui laboro...? [Cap. iv, v. 8.]
Un homme quelquefois domine pour son propre malheur. Un
homme est seul, sans enfants, sans frères; cependant il travaille
sans cesse, il est insatiable de richesses; il ne lui vient point dans
l’esprit de se dire: Pour qui est-ce que je travaille? (Note
de Voltaire.)
Note_25
Et inveni amariorem morte mulierem. [Cap. vii,
v. 27.]
J’ai trouvé la femme plus amère que la mort.
(Note de Voltaire.)
Note_26
Quando commovebuntur custodes domus... et otiosae
erunt molentes in minuto numero... florebit amygdalus... et dissipabitur
capparis... antequam rumpatur funiculus argenteus, et recurrat vitta aurea,
et conteratur hydria super fontem... [Cap. xii, v. 3, 5, 6.]
Lorsque les gardes de la maison (c’est~à-dire les
jambes) commenceront à trembler; quand celles qui doivent moudre
(c’est-à-dire les dents) seront en petit nombre et oisives; quand
l’amandier fleurira (c’est-à-dire quand la tête sera chauve),
que le câprier se dissipera (c’est-à-dire quand les cheveux
seront tombés); quand la chaire d’argent sera rompue, que le ruban
d’or se retirera, que la cruche se cassera sur la fontaine (c’est-à-dire
quand on ne sera plus propre aux plaisirs)... (Note
de Voltaire.)
¾ Voltaire regardait
ce passage comme un des plus beaux emblèmes des livres judaïques.
(B.)
Note_27
Et deprehendi nihil esse melius quam laetari hominem
in opere suo, et hanc esse partem illius. Quis enim eum adducet ut post
se futura cognoscat? [Cap. iii, v. 22.]
Et j’ai reconnu qu’il n’y a rien de meilleur à
l’homme que de se réjouir dans ses oeuvres, et que c’est là
son partage; car qui le ramènera de la mort, pour connaître
l’avenir? (Note de Voltaire..)
Note_28
Nonne melius est comedere, et bibere, et ostendere
animae suae bona de laboribus suis? et hoc de manu Dei est. [Cap. ii, v.
24.]
Ne vaut-il pas mieux manger et boire, et faire plaisir
à son coeur avec le fruit de ses travaux? Cela même est de
Dieu. (Note de Voltaire.)
Note_29
Et omni homini, cui dedit Deus divitias, atque
substantiam, potestatemque, ei tribuit ut comedat ex eis, et fruatur parte
sua... hoc est donum Dei. [Cap. v., v. 18.] Et cognovi quod non esset melius
nisi laetari, et facere bene in vita sua. [Cap. iii, v. 11]
Et quand Dieu lui a donné biens et richesses, et
pouvoir d’en jouir, c’est un don de Dieu; et j’ai reconnu qu’il n’y a rien
de meilleur que de se réjouir et de bien faire. (Note
de Voltaire.)
Note_30
Dans son premier Discours sur l’homme, Voltaire
a dit :
La joie est passagère, et le rire est trompeur.
Note_31
Laetare ergo, juvenis, in adolescentia tua, et
in bono sit cor tuum. [Cap. xi, v. 9.]
Réjouissez-vous donc, jeune homme, dans votre jeunesse;
que votre coeur soit dans l’allégresse. (Note
de Voltaire.)
Note_32
Deum time, et mandata ejus observa: hoc enim omnis
homo. [Cap. xii, v. 13.]
Craignez Dieu, observez ses lois; car c’est là
tout l’homme. (Note de Voltaire.)
Note_33
Noli esse justus multum; neque plus sapias quam
necesse est, ne obstupescas. [Cap. vii, v. 17.]
Ne soyez pas plus juste et plus sage qu’il ne faut, de
peur d’être stupide. (Note de Voltaire.)
Note_34
Bonum est te sustentare justum, sed et ab illo
(injusto) ne subtrahas manum tuam. [Cap. vii, v. 19.]
Il est bon de soutenir le juste; mais ne retirez pas votre
main de celui qui ne l’est pas. (Note de Voltaire.)
Note_35
Non est enim homo in terra qui... non peccet.
[Cap. vii, v. 21.]
Il n’y a point de juste sur la terre qui ne pèche.
(Note de Voltaire.)
Note_36
Mitte panem tuum super transeuntes aquas. [Cap.
xi, v. 1.]
Jetez votre pain dans les eaux qui passent (c’est-à-dire,
faites également du bien à tout le monde). (Note
de Voltaire.)
Note_37
Cunctis sermonibus qui dicuntur, ne accommodes
cor tuum. [Cap. vii, v. 22.]
Ne faites point attention aux choses qui se disent de
vous. (Note de Voltaire.)
Note_38
Et cuncta, quae fiunt, adducet Deus in judicium
pro omni errato, sive bonum, sive malum illud sit. [Cap. xii, v. 14.]
Dieu vous fera rendre compte en sa justice de ce que vous
aurez fait en bien ou en mal. (Note de
Voltaire.)
Note_39
Cette lettre est de mai 1761; voyez l’avertissement.
Les éditeurs de Kehl ont remarqué qu’Eratou est l’anagramme
d’Arouet, nom de famille de Voltaire. (B.)
Note_40
Voyez l’Odyssée, livre VI.
Note_41
Ézéchiel, ch. iv, v. 12.
Note_42
Id., ch. iv, v. 15.
Note_43
C’est ainsi qu’on désigne l’ouvrage intitulé
Joannis Meursii elegantiae latini sermonis: Aloysiae Sigeae Toletanae
Satirae sotadicae de arcanis Amoris et Veneris, dont l’auteur est Nicolas
Chorier, avocat à Grenoble, mort en 1692, et qui a été
traduit en français sous le titre d’Académie, des dames.
(B.)
Note_44
Cantique des cantiques, ch. v, v. 4.
Note_45
Id., ch. iv, v. 3.
Note_46
Si la traduction du Cantique des cantiques
est loin d’être servile, elle n’exagère point le tempérament
passionné de l’original, elle l’adoucit même. « Il l’a
un peu châtié, écrivait Mme du Bocage à Algarotti,
en le versifiant, parce qu’il l’avait fait jadis pour Mme de Pompadour.
Bernard (Gentil) l’a paraphrasé d’une manière bien plus agréable,
mais un peu obscène... (Opere del conte Algarotti, Venezia,
1794, t. XVII, p. 14. Paris, 9 sept. 1759.) (G. D.)
Note_47
Texte: Qu’il me baise, ou Qu’elle me baise de
baisers de sa bouche; car vos mamelles sont meilleures que le vin; elles
ont l’odeur du meilleur baume, et votre nom est une huile répandue.
Remarque: Quoique plusieurs grands personnages aient cru
que c’était la Sulamite qui parlait dans ces deux premiers versets,
cependant, comme il s’agit de mamelles, il a paru plus convenable de mettre
ces paroles dans la bouche du Chaton. De plus, la comparaison des mamelles
avec les grappes de raisin et avec du vin se trouve plusieurs fois dans
le cantique, et c’est toujours le Chaton qui parle. Les hébraïsants
disent que le terme qui répond à mamelle est d’une beauté
énergique en hébreu. Ce mot n’a pas en français la
même grâce; tétons est trop peu grave, sein
est trop vague. Les savants croient qu’il est difficile d’atteindre
à la beauté de la langue hébraïque. (Note
de Voltaire.)
Note_48
Texte: Mon amie, je te compare aux chevaux attelés
au char de Pharaon. Ah, que vous êtes belle! vos yeux sont comme
des yeux de colombe.
Je suis noire, mais je suis belle comme les tabernacles
de Cédar, et comme les pelisses de Salomon... Ne considérez
pas que je suis trop brune, car c’est le soleil qui m’a hâlée.
Mes parents m’ont fait garder les vignes: hélas! je n’ai pu garder
ma propre vigne.
Remarque: Ces paroles semblent prouver que la Sulamite
est une bergère, une villageoise qui dit naïvement qu’elle
se croit belle comme les tapisseries du roi, et que par conséquent
ce cantique n’est pas l’épithalame de Salomon et d’une fille du
roi d’Égypte, comme d’illustres commentateurs l’ont dit. Les princesses
égyptiennes n’étaient pas noires, et ne gardaient pas les
vignes. (Note de Voltaire.)
Note_49
Voltaire avait dit dans Zaïre, acte
I, scène i:
Chère Falime, en lui je n’aime que lui-même.
Note_50
Texte: si tu ne te connais pas, la plus belle
des femmes, va paître tes moutons et tes chevreaux... Il y a soixante
reines, quatre-vingts concubines, et des jeunes filles sans nombre. Tu
es seule ma colombe, ma parfaite. Les reines et les concubines t’ont admirée.
Remarque: Ces soixante reines et ces quatre-vingts concubines
on fait penser à plusieurs commentateurs que ce n’est pas Salomon
qui composa ce cantique, puisque Salomon avait sept cents femmes et trois
cents concubines, selon le texte sacré. Peut-être n’avait-il
alors que soixante femmes. Il se peut aussi que l’auteur parle ici d’un
autre roi que Salomon. Les commentateurs qui ne croient pas que le Cantique
des cantiques soit de ce roi juif prétendent qu’il n’est guère
vraisemblable que Salomon dise à sa bien-aimée « Tu
es plus belle que toutes les maîtresses du roi. » C’est une
expression qui semble convenir aux hommes d’un ordre inférieur,
comme il est d’usage parmi nous d’appeler une femme ma reine; cependant
il est tout aussi naturel que Salomon dis à sa nouvelle femme: «
Tu es plus belle que toutes mes femmes et mes maîtresses. »
(Note de Voltaire.)
¾ Cette remarque était
moins étendue en 1759. Les changements et augmentations sont de
1761. (B.)
Note_51
Texte: Mon bien-aimé est comme un bouquet
de myrte; il demeurera entre mes mamelles... Soutenez-moi avec des fleurs,
fortifiez-moi avec des fruits; car je languis d’amour. Qu’il mette sa main
gauche sur ma tête, et que sa main droite m’embrasse.
Je dors, mais mon coeur veille.
Remarque: Il est difficile d’exprimer comment à
la fois on dort et on veille. C’est une figure asiatique qui exprime un
songe. (Note de Voltaire..)
Note_52
Texte: J’ai cherché durant la nuit celui
qu’aime mon âme; je l’ai cherché, et je ne l’ai point trouvé.
Mon bien-aimé a passé sa main par le trou, et mon ventre
tressaillit à ce tact. J’ai ouvert la porte à mon bien-aimé,
mais il n’y était plus: mon âme s’est liquéfiée.
Je l’ai cherché, et je ne l’ai point trouvé.
Remarque: La Sulamite dit ensuite qu’elle a cherché
son Chaton aux portes de la ville, et que les gardes l’ont battue; ce qui
ne conviendrait guère à une épouse de Salomon. (Note
de Voltaire.)
Note_53
Texte: Je vous conjure, filles de Jérusalem,
si vous trouvez mon bien-aimé, de lui dire que je languis d’amour.
(Note de Voltaire.)
Note_54
Texte:
LES FILLES.
Quel est le bien-aimé que vous aimez d’amour, ô
la plus belle des femmes? etc.
(Note de Voltaire.)
Note_55
Texte:
LA SULAMITE.
Mon bien-aimé est blanc et rouge, choisi entre
mille; ses cheveux sont comme des feuilles de palmier, noirs comme un corbeau;
ses yeux sont comme des pigeons sur le bord des eaux, lavés dans
du lait; ses joues sont comme des parterres d’aromates, sa poitrine est
comme un ivoire marqueté de saphirs, etc.
LES FILLES.
Où est allé votre bien-aimé? nous
irons le chercher avec vous. (Note de Voltaire.)
Note_56
Texte:
LE CHATON.
Je suis descendu dans le jardin des noyers, pour voir
les fruits des vallées... Votre nez est comme la tour du mont Liban
qui regarde vers Damas... votre taille est semblable à un palmier.
J’ai dit: « Je monterai sur le palmier, et j’en prendrai les fruits;
» car vos mamelles sont comme des grappes de raisin, etc.
J’ai bu mon vin avec mon lait. Mangez, mes amis; buvez,
enivrez-vous, mes très chers amis.
Remarque: C’était un usage commun dans les pays
chauds de ne point boire son vin pur; on le mêlait souvent avec du
lait. Dans l’Odyssée on y infuse des raclures de fromage.
Les anciens diffèrent de nous en tout. (Note
de Voltaire.)
¾ Cette remarque est
de 1761. (B.)
Note_57
Texte: (Note de Voltaire.)
LA SULAMITE.
Je suis à mon bien-aimé, et son coeur se
retourne vers moi. Venez, sortons dans les champs, demeurons au village;
levons-nous matin pour aller aux vignes c’est là que je vous donnerai
mes mamelles.
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