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NOTES
Note_1
Ce chant a paru, pour la première fois,
avec les Contes de Guillaume Vadé.
L’auteur l’a joint aux nouvelles éditions de la
Pucelle, avec quelques changements. (K.) ¾
Les Contes de Guillaume Vadé furent publiés en 1764,
deux ans après la première édition avouée de
la Pucelle. Ils contiennent un Chant détaché d’un
poème épique de la composition de Jérôme Carré,
trouvé dans ses papiers après le décès dudit
Jérôme: c’est celui qui forme maintenant le dix-huitième
chant de la Pucelle, à laquelle il ne fut réuni qu’en
1773. Voltaire le désigne ordinairement sous ce titre: la Capilotade.
La composition en était achevée en 1761. Voltaire l’avait
entrepris pour immoler à sa vengeance ses ennemis et ceux de la
raison: « Frère Thieriot, écrivait-il à d’Alembert
le 6 janvier 1761, frère Thieriot saura que la capilotade est achevée,
et qu’elle forme un chant de Jeanne par voie de prophétie, ou à
peu près. Dieu m’a fait la grâce de comprendre que, quand
on veut rendre les gens ridicules et méprisables à la postérité,
il faut les nicher dans quelque ouvrage qui aille à la postérité.
»
Les notes de ce chant, qui portent la date de 1764, sont
empruntées au volume des Contes de Vadé. (R.)
Note_2
Bertin, dans son Voyage de Bourgogne, n’a
pas craint d’entrer en concurrence avec Voltaire. Voici en quels termes
il rappelle les malheurs de l’amant d’Agnès:
Vous le savez: en naissant rebuté
Ses chers parents ne l’ont jamais gâté;
De tous ses droits dépouillé par sa mère,
Seul fils, du trône écarté par son
père,
Par gens de loi contre les lois proscrit,
Exil, affronts, besoins, tout il souffrit,
L’absence même, en amour si cruelle.
Beauté touchante, et douce autant que belle,
Ange envoyé pour charmer son malheur,
Agnès enfin avoit rempli son coeur.
Il l’adorait, et fut trahi par elle. (R.) |
Note_3
Le duc de Bourgogne, qui assassina le duc d’Orléans.
Mais le bon Charles le lui rendit bien au pont de Montereau. (Note
de Voltaire, 1764.)
Note_4
Gonesse, village auprès de Paris, célèbre
par ses boulangers et par plusieurs combats. (Note
de Voltaire, 1764.) ¾ En 1773,
Voltaire réduisit à ces mots la note qui, en 1764, se terminait
ainsi: « Mais surtout par la meilleure manufacture de draps qu’il
y eût alors en France. » (R.)
M. Louis du Bois fait remarquer que cette plaisanterie
(de Paris près Gonesse) est imitée d’un vers
de Villon, tiré de son épitaphe
Né de Paris auprès Pontoise.
Note_5
Charle VII, ajourné à la table de
marbre par l’avocat général Desmarets. (Note
de Voltaire, 1764.) ¾ Les
quatre derniers mots ont été ajoutés en 1773. Voyez
la note sur le vers 173 du premier chant. (R.)
Note_6
Sa propre mère, Isabelle de Bavière,
fut celle qui le persécuta le plus. Elle pressa le traité
de Troyes, par lequel son gendre, le roi d’Angleterre Henri V, eut la couronne
de France. (Note de Voltaire, 1764.)
Note_7
Ce sont les armes d’Angleterre. (Note
de Voltaire, 1764.)
Note_8
Palissot fait observer que « l’idée
de ce chant appartient en entier à Michel de Cervantes ».
voir Don Quichotte, part. I, ch. xxii.
Note_9
Selon les chroniques de ce temps-là, il
y avait un misérable de ce nom qui écrivait des feuilles
sous les charniers Saints-Innocents. Il fit quelques tours de passe-passe
pour lesquels il fut enfermé plusieurs fois au Châtelet, à
Bicêtre, et au Fort-l’Évêque. Il avait été
quelque temps moine, et s’était fait chasser du couvent; il réussit
beaucoup dans le nouveau métier qu’il embrassa. Plusieurs célèbres
écrivains lui ont rendu justice. Il était originaire de Nantes,
et exerçait à Paris la profession de gazetier satirique.
Jamais homme ne fut plus méprisé et plus détesté
que lui, comme dit la Chronique de Froissard. (Note
de Voltaire, 1773.) ¾ La majeure
partie de cette note est de 1764. Voltaire avait déjà, dans
l’Écossaise, employé le nom de Frélon pour
désigner l’auteur de l’Année littéraire. (R.)
Jeannot l’hébété a désigné
avec plus d’exactitude le lieu de la naissance de Fréron:
| C’est notre ami Fréron, de Quimper-Corentin.
Le Père Nicodème et Jeannot,
v. 40.
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Note_10
Coyon ou Guyon, auteur du temps de Charles VII.
Il composa une Histoire romaine, détestable à la vérité,
mais qui était passable pour le temps. Il fit aussi l’Oracle
des philosophes. C’est un tissu ridicule de calomnies. Aussi il s’en
repentit sur la fin de sa vie, comme le dit Moustrelet. (Note
de Voltaire, 1764.) ¾ Dans
l’édition de 1764, le nom de Guyon est travesti en celui de Guignon.
En 1773, Voltaire y substitua celui de Coyon. Toutes les éditions
antérieures à celle de Kehl en font un auteur du temps de
Charles VI. (R.)
Note_11
Autre calomniateur du temps. (Note
de Voltaire, 1764.) ¾ Chaumeix.
(R.)
Note_12
Autre calomniateur. (Note
de Voltaire, 1764.) ¾ Gauchat.
(R.)
Note_13
L’abbé Sabotier, ou Sabatier, natif de
Castres, auteur de deux espèces de dictionnaires, où il dit
le pour et le contre; calomniateur effronté, et le tout pour de
l’argent. Il trahit son maître, M. le comte de L....c, et fut chassé
d’une manière un peu rude, dont il s’est ressenti longtemps. (Note
de Voltaire, 1773.) ¾ Le nom
de Lautrec se lit en entier dans les éditions modernes. (R.)
Note_14
Frélon donnait alors toutes les semaines
une feuille, dans laquelle il hasardait quelquefois de petits mensonges,
de petites calomnies, de petites injures, pour lesquels il fut repris de
justice, comme on l’a déjà dit. (Note
de Voltaire, 1773.)
Note_15
Il semble que ce chant de l’abbé Trithême
soit une prophétie: en effet, nous avons vu un Fantin, docteur et
curé à Versailles, qui fut aperçu volant un rouleau
de cinquante louis à un malade qu’il confessait. Il fut chassé,
mais il ne fut pas pendu. (Note de Voltaire,
1764.)
Note_16
Autre prophétie. Tout Paris a vu un abbé
Brizet, fameux directeur de femmes de qualité, dissiper en débauches
sourdes l’argent qu’il extorquait de ses dévotes, et qu’on lui remettait
en dépôt pour le soulagement des pauvres. Il y a grande apparence
que quelque homme instruit de nos moeurs a inséré une partie
de cette tirade dans cette nouvelle édition du divin poème
de l’abbé Trithême. Il aurait bien dû dire un mot de
l’abbé Lacoste, condamné à être marqué
d’un fer chaud, et aux galères perpétuelles, en l’an de grâce
1759, pour plusieurs crimes de faux. (Note de
Voltaire, 1764.) ¾ Cet abbé
Lacoste avait travaillé avec Frélon à l’Année
littéraire. (Note de Voltaire,
1773.) ¾ L’abbé Brizet est le
masque de Grizel. Dans l’édition qui fait partie du volume des Contes
de Guillaume Vadé, au lieu des mots « divin poème
de l’abbé Trithême », on lisait « divin
poème de Jérôme Carré. » (R.)
Note_17
Tartuffe avait les mêmes principes de morale:
. . . . . Si je me résous
à recevoir du père
Cette donation qu’il a voulu me faire,
Ce n’est, à dire vrai, que parce que je crains
Que tout ce bien ne tombe en de méchantes mains:
Qu’il ne trouve des gens qui, l’ayant en partage,
En fassent dans le monde un criminel usage,
Et ne s’en servent pas, ainsi que j’ai dessein,
Pour la gloire du ciel et le bien du prochain.
(Acte IV, sc. i.) |
Note_18
La Beaumelle, natif d’un village près de
Castres, prédicant quelque temps à Genève, précepteur
chez M. de Boissy, puis réfugié à Copenhague. Chassé
de ce pays, il alla à Gotha, où l’on vola la toilette d’une
dame et ses dentelles; il s’enfuit avec la femme de chambre qui avait commis
ce vol, ce qui est connu de toute la cour de Gotha. Il a été
mis au cachot deux fois à Paris, ensuite en a été
banni et ce malheureux a trouvé enfin de la protection. C’est lui
qui est l’auteur d’un mauvais petit ouvrage intitulé Mes Pensées,
dans lequel il vomit les plus lâches injures contre presque tous
les gens en place. C’est lui qui a falsifié les Lettres de madame
de Maintenon, et les a fait imprimer avec les notes les plus scandaleuses
et les plus calomnieuses. Il fit imprimer à Francfort, en quatre
petits volumes, le Siècle de Louis XIV, qu’il falsifia et
qu’il chargea de remarques, non seulement rebutantes par la plus crasse
ignorance, mais punissables pour les calomnies atroces répandues
contre la maison royale et contre les plus illustres maisons du royaume.
Tous ceux dont il est ici question ont écrit des
volumes d’ordures contre celui qui daigne ici les faire connaître.
Il y a des gens qui sont bien aises de voir insulter, calomnier, par des
gredins, les hommes célèbres dans les arts. Ils leur disent:
« N’y faites pas attention, laissez crier ces misérables,
afin que nous ayons le plaisir de voir des gueux vous jeter de la boue.
» Nous ne pensons pas ainsi; nous croyons qu’il faut punir les gueux
quand ils sont insolents et fripons, et surtout quand ils ennuient. Ces
anecdotes trop véritables se trouvent en vingt endroits, et doivent
s’y trouver, comme des sentences affichées contre les malfaiteurs
au coin de toutes les rues: « Oportet cognosci malos. » (Note
de Voltaire, 1773.) ¾ Les
faits imputés ici à La Beaumelle sont rapportés avec
plus de développements dans d’autres écrits de Voltaire,
notamment dans la XVIIe des Honnêtetés littéraires,
et dans le Supplément au Siècle de Louis XIV, première
partie, neuvième alinéa. (R.)
Note_19
Les harpies Céléno, Ocypète,
et Aello, filles de Neptune et de la Terre, venaient manger tous les mets
qu’on servait sur la table du roi de Thrace Phinée, et infectaient
toute la maison. Zétès et Calaïs, fils de Borée,
chassèrent ces harpies jusque vers les îles Strophades, près
de la Grèce. Elles traitèrent Énée comme Phinée;
mais Virgile en fait des prophétesses: voilà de plaisantes
créatures pour être inspirées de Dieu:
Virginei volucrum vultus, foedissima ventris
Proluvies, uncaeque manus, et pallida semper
Ora fame. |
Elles se plaignent à Énée de ce
qu’il veut leur faire la guerre pour quelques morceaux de boeuf, et lui
prédisent que pour sa peine il sera contraint un jour de manger
ses assiettes en Italie. Les amateurs des anciens disent que cette fiction
est fort belle. (Note de Voltaire,
1754.) ¾ Voyez Énéide,
III, 316-318.
Note_20
Il existe de ce passage une variante que voici:
Il cheminait vers les murs de la ville,
*Vers ce château, son noble et sûr asile,
Où se gardaient les arsenaux de Mars. (R.) |
Note_21
Vous savez, mon cher lecteur, qu’Hector et Ménélas
se battirent, et qu’Hélène les regardait faire tranquillement.
Dorothée a bien plus de vertu: aussi notre nation est bien plus
vertueuse que celle des Grecs. Nos femmes sont galantes, mais au fond elles
sont beaucoup plus tendres, comme je le prouve dans mon Philosophe chrétien,
tome XII, page 169. (Note de Voltaire,
1762.) ¾ On ne connaît de l’auteur
de la Pucelle aucun écrit portant le titre de Philosophe
chrétien. Il est présumable qu’il y a ici de sa part,
comme dans quelques autres endroits, un peu d’ironie. Il serait
possible qu’il eût voulu ridiculiser l’exactitude niaise avec laquelle
Formey, le secrétaire éternel, citait les tomes et
les pages de ses écrits, que personne ne lisait. On a de lui, en
effet, le Philosophe chrétien, 1750-56, quatre volumes
in-12 C’est un recueil de sermons. (R.)
Note_22
Je crois que notre auteur entend par ces mots:
que rien ne put toucher, la dureté de coeur que fit paraître
Atlas quand il refusa l’hospitalité à Persée. Il le
laissa coucher dehors, et Jupiter l’en punit, comme chacun sait, en le
changeant en montagne. (Note de Voltaire,
1762.)
Note_23
Ce Bélin était en effet un contemporain;
ce fut lui qui depuis peignit Mahomet II. (Note
de Voltaire, 1773.) ¾ Gentile
Bellini, né à Venise en 1421, mourut dans cette ville en
1501. (R.)
Note_24
Vous savez que Bruno fonda les chartreux, après
avoir vu ce chanoine de Magdebourg qui parlait après sa mort. (Note
de Voltaire, 1762.) ¾ Les
éditeurs de Kehl ont rectifié Voltaire, qui fait erreur en
supposant que le chanoine auquel les chartreux attribuaient la conversion
de leur fondateur était de Magdebourg: il était de Paris,
suivant les historiens de la Vie de saint Bruno. (R.)
Note_25
Je soupçonne un peu d’ironie dans notre
grave auteur. (Note de Voltaire, 1762.)
Note_26
Le pédant Larchet, mazarinier ridicule,
homme de collège qui, dans un livre de critique, assure, d’après
Hérodote, qu’à Babylone toutes les dames se prostituaient
dans le temple par dévotion, et que tous les jeunes Gaulois étaient
sodomites. (Note de Voltaire, 1773.)
¾ Larchet désigne p.-H. Larcher.
(R.)
Note_27
Voilà comment il convient de parler du
diable, et de tous les diables qui ont succédé aux furies,
et de toutes les impertinences qui ont succédé aux impertinences
antiques. On sait assez que Satan, Belzébuth, Astaroth, n’existent
pas plus que Tisiphone, Alecton, et Mégère. Le sombre et
fanatique Milton, de la secte des indépendants, détestable
secrétaire en langue latine du parlement nommé le Croupion,
et détestable apologiste de l’assassinat de Charles Ier, peut,
tant qu’il voudra, célébrer l’enfer, et peindre le diable
déguisé en cormoran et en crapaud, et faire tenir tous les
diables en pygmées dans une grande salle: ces imaginations dégoûtantes,
affreuses, absurdes, ont pu plaire à quelques fanatiques comme lui.
Nous déclarons que nous ayons ces facéties abominables en
horreur. Nous ne voulons que nous réjouir. (Note
de Voltaire, 1773.)
Note_28
M. Louis du Bois a remarqué avec raison
qu’aujourd’hui l’on dirait prés de, ce qui d’ailleurs offrirait
un sens plus honnête; mais l’usage contraire était établi
du temps de Voltaire. Il dit même positivement (Commentaire sur
Corneille, les Horaces, act. I, sc. i, v. 3) que « près
de veut un substantif. » L’inconvénient qu’offre le vers,
objet de cette note, de laisser planer quelque doute sur la pureté
des désirs de Jeanne, était moins grave sans doute à
ses yeux que le rapprochement cacophonique des deux syllabes de: «
près de devenir ». (R.)
Note_29
Bernard, auteur de l’opéra de Castor
et Pollux, et de quelques pièces fugitives, a fait un Art
d’aimer comme Ovide, mais cet ouvrage n’est pas encore imprimé.
(Note de Voltaire, 1773.) ¾
Le poème de l’Art d’aimer, qui était encore inédit
lorsque Voltaire écrivait cette note, fut publié en 1775,
avec quelques autres poésies du même auteur. (R.)
Note_30
C’est l’âne de Silène, qui est assez
connu; on tient qu’il servit de trompette. (Note
de Voltaire, 1762.)
Note_31
L’âne d’Apulée ne parla point; il
ne put jamais prononcer que oh et non: mais il eut une bonne
fortune avec une dame, comme on peut le voir dans l’Apuleius en
deux volumes in-4°, « cum notis, ad usum Delphini ». Au
reste, on attribua de tout temps les mêmes sentiments aux bêtes
qu’aux hommes. Les chevaux pleurent dans l’Iliade et dans l’Odyssée;
les bêtes parlent dans Pilpay, dans Lokman, et dans Ésope,
etc. (Note de Voltaire, 1762.)
Note_32
Les hérétiques doivent savoir que
le diable, demandant l’aumône à Martin, ce Martin lui donna
la moitié de son manteau. (Note de Voltaire,
1773.)
Note_33
Saint Roch, qui guérit de la peste, est
toujours peint avec un chien; et saint Antoine est toujours suivi d’un
cochon. (Note de Voltaire, 1762.) ¾
Tous les bons chrétiens connaissent l’aigle de saint Jean, le boeuf
de saint Luc, et les autres bêtes du paradis. (K.)
Note_34
Léda, ayant donné ses faveurs à
son cygne, accoucha de deux oeufs. (Note de Voltaire,
1762.)
Note_35
Pasiphaé, amoureuse d’un taureau, en eut
le Minotaure. Philyre eut d’un cheval le centaure Chiron, précepteur
d’Achille: ce ne fut point Neptune, mais Saturne, qui prit la forme d’un
cheval; notre auteur se trompe en ce point. Je ne nie pas que quelques
doctes ne soient de son avis. (Note de Voltaire,
1762.)
Note_36
Cette idée des deux carquois de l’Amour,
inspirée peut-être par un passage d’Ovide (Métam.,
lib. I, v. 468-474) a été exprimée aussi heureusement
dans Nanine, acte I, scène i. (Voyez tome V, volume IV du
Théâtre, p. 15.)
Les vers d’Ovide, dans lesquels il n’est point question
des deux carquois de l’Amour, mais seulement de la différence des
traits dont il se sert, ont été ainsi imités par Voltaire.
(Dictionnaire philosophique, article Figure):
Fatal Amour, tes traits sont différents
Les uns sont d’or, ils sont doux et perçants,
Ils font qu’on aime; et d’autres au contraire
Sont d’un vil plomb qui rend froid et sévère....
(R.) |
Note_37
L’auteur du Testament du cardinal Albironi,
et de quelques autres livres pareils, s’avisa de faire imprimer la
Pucelle avec des vers de sa façon, qui sont rapportés
dans notre Préface. Ce malheureux était un capucin défroqué,
qui se réfugia à Lausanne et en Hollande, où il fut
correcteur d’imprimerie. (Note de Voltaire,
1773.)
¾ Voltaire veut parler
de Maubert de Gouvest qui n’a fait que revoir le Testament d’Albéroni,
oeuvres de Durey de Morsan. (G. A.)
Note_38
On sent bien qu’ici le nom de Mme Audou est substitué
au nom d’une grande dame de la cour qui, en effet, avait eu de la passion
pour Baron le comédien. (Note de Voltaire,
1773.) ¾ C’est probablement Mlle de La
Force que Voltaire veut désigner ici. Il était trop au courant
de la chronique scandaleuse de la cour de Louis XIV pour ignorer l’anecdote
suivante, dont le récit, extrait d’un recueil manuscrit formé
par M. de Brienne, a été communiqué par M. Van Praet
à M. Walckenaer. « La célèbre Mlle de La Force,
parmi toutes ses galanteries, connues de tout le monde, en a eu une avec
Baron le père, qui fit beaucoup de bruit. Un jour, après
avoir passé la nuit avec elle, il était sorti de grand matin
pour éviter le scandale; mais, ayant oublié de lui dire quelque
chose qui était très pressé, il retourna chez elle
à son lever, et comme il était fort familier, il entra dans
la chambre où elle était encore au lit, sans se faire annoncer.
La demoiselle se crut obligée de se fâcher, parce qu’elle
avait auprès d’elle deux prudes qui auraient pu s’en scandaliser;
en sorte que, prenant un ton sérieux, elle demanda brusquement à
Baron de quel droit il se donnait les airs d’entrer si familièrement
chez elle, et dans sa chambre. Baron, piqué de la réprimande,
répondit froidement: « Je vous demande excuse; c’est que je
venais chercher mon bonnet de nuit que j’avais oublié ici ce matin.
» Voyez histoire de la vie et des ouvrages de J. de La Fontaine;
Paris, 1820, in-8°, page 475. (R.)
Note_39
Il y a dans Cîteaux et dans Clairvaux une
grosse tonne, semblable à celle de Heidelberg c’est la plus belle
relique du couvent. (Note de Voltaire,
1762.) ¾ La tonne si célèbre
que l’on voyait dans la ville de Heidelberg contenait huit cents muids.
(R.)
Note_40
Aphrodise est le nom grec de Vénus:
cela ne veut dire qu’écume. Mais que les noms grecs
sont sonores! que cette écume est une belle allégorie! Voyez
Hésiode. Vous ne douterez pas que les anciennes fables ne soient
souvent l’emblème de la vérité. (Note
de Voltaire, 1762.)
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