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PIÈCES EN VERS
DISCOURS EN VERS SUR L'HOMME
(1734)
.
.
AVERTISSEMENT
(23)Les trois premiers sont de
l'année 1734; les quatre derniers sont de l'année 1737.
Le premier prouve l'égalité des conditions,
c'est-à-dire qu'il y a dans chaque profession une mesure de biens
et de maux qui les rend toutes égales;
Le second, que l'homme est libre, et qu'ainsi c'est à
lui à faire son bonheur;
Le troisième, que le plus grand obstacle au bonheur
est l'envie;
Le quatrième, que, pour être heureux, il
faut être modéré en tout;
Le cinquième, que le plaisir vient de Dieu;
Le sixième, que le bonheur parfait ne peut être
le partage de l'homme en ce monde, et que l'homme n'a point à se
plaindre de son état;
Le septième, que la vertu consiste à faire
du bien à ses semblables, et non pas dans de vaines pratiques de
mortification.
PREMIER
DISCOURS.
DE L'ÉGALITÉ DES
CONDITIONS.
Tu vois, sage Ariston d'un oeil d'indifférence
La grandeur tyrannique et la fière opulence;
Tes yeux d'un faux éclat ne sont point abusés.
Ce monde est un grand bal où des fous, déguisés
Sous les risibles noms d'Éminence et d'Altesse,
Pensent enfler leur être et hausser leur bassesse.
En vain des vanités l'appareil nous surprend:
Les mortels sont égaux(24);
leur masque est différent.
Nos cinq sens imparfaits donnés par la nature,
De nos biens, de nos maux sont la seule mesure.
Les rois en ont-ils six? et leur âme et leur corps
Sont-ils d'une autre espèce, ont-ils d'autres
ressorts?
C'est du même limon que tous ont pris naissance;
Dans la même faiblesse ils traînent leur
enfance?
Et le riche et le pauvre, et le faible et le fort,
Vont tous également des douleurs à la mort.
« Eh quoi! me dira-t-on, quelle erreur
est la vôtre!
N'est-il aucun état plus fortuné qu'un
autre?
Le ciel a-t-il rangé les mortels au niveau?
La femme d'un commis courbé sur son bureau
Vaut-elle une princesse auprès du trône
assise?
N'est-il pas plus plaisant pour tout homme d'église
D'orner son front tondu d'un chapeau rouge ou vert
Que d'aller, d'un vil froc obscurément couvert,
Recevoir à genoux, après laude ou matine,
De son prieur cloîtré vingt coups de discipline?
Sous un triple mortier n'est-on pas plus heureux
Qu'un clerc enseveli dans un greffe poudreux? »
Non: Dieu serait injuste; et la sage nature
Dans ses dons partagés garde plus de mesure.
Pense-t-on qu'ici-bas son aveugle faveur
Au char de la fortune attache le bonheur?
Un jeune colonel a souvent l'impudence
De passer en plaisirs un maréchal de France.
« Être heureux comme un roi », dit
le peuple hébété:
Hélas! pour le bonheur que fait la majesté?
En vain sur ses grandeurs un monarque s'appuie;
Il gémit quelquefois, et bien souvent s'ennuie.
Son favori sur moi jette à peine un coup d'oeil.
Animal composé de bassesse et d'orgueil,
Accablé de dégoûts, en inspirant
l'envie,
Tour à tour on t'encense et l'on te calomnie.
Parle; qu'as-tu gagné dans la chambre du roi?
Un peu plus de flatteurs et d'ennemis que moi.
Sur les énormes tours de notre Observatoire,
Un jour, en consultant leur céleste grimoire,
Des enfants d'Uranie un essaim curieux,
D'un tube de cent pieds braqué contre les cieux,
Observait les secrets du monde planétaire.
Un rustre s'écria: « Ces sorciers ont beau
faire,
Les astres sont pour nous aussi bien que pour eux. »
On en peut dire autant du secret d'être heureux;
Le simple, l'ignorant, pourvu d'un instinct sage,
En est tout aussi près au fond de son village
Que le fat important qui pense le tenir,
Et le triste savant qui croit le définir.
On dit qu'avant la boîte apportée
à Pandore
Nous étions tous égaux: nous le sommes
encore;
Avoir les mêmes droits à la félicité,
C'est pour nous la parfaite et seule égalité.
Vois-tu dans ces vallons ces esclaves champêtres
Qui creusent ces rochers, qui vont fendre ces hêtres,
Qui détournent ces eaux, qui, la bêche à
la main,
Fertilisent la terre en déchirant son sein?
Ils ne sont point formés sur le brillant modèle
De ces pasteurs galants qu'a chantés Fontenelle:
Ce n'est point Timarette et le tendre Tyrcis,
De roses couronnés, sous des myrtes assis
Entrelaçant leurs noms sur l'écorce des
chênes,
Vantant avec esprit leurs plaisirs et leurs peines;
C'est Pierrot, c'est Colin, dont le bras vigoureux
Soulève un char tremblant dans un fossé
bourbeux.
Perrette au point du jour est aux champs la première.
Je les vois, haletants et couverts de poussière,
Braver, dans ces travaux chaque jour répétés,
Et le froid des hivers, et le feu des étés.
Ils chantent cependant; leur voix fausse et rustique
Gaîment de Pellegrin(25)
détonne un vieux cantique(26).
La paix, le doux sommeil, la force, la santé,
Sont le fruit de leur peine et de leur pauvreté.
Si Colin voit Paris, ce fracas de merveilles,
Sans rien dire à son coeur, assourdit ses oreilles:
Il ne désire point ces plaisirs turbulents;
Il ne les conçoit pas; il regrette ses champs;
Dans ces champs forunés l'amour même l'appelle;
Et tandis que Damis, courant de belle en belle,
Sous des lambris dorés, et vernis par Martin(27),
Des intrigues du temps composant son destin,
Dupé par sa maîtresse et haï par sa
femme,
Prodigue à vingt beautés ses chansons et
sa flamme,
Quitte Églé qui l'aimait pour Chloris qui
le fuit,
Et prend pour volupté le scandale et le bruit,
Colin, plus vigoureux, et pourtant plus fidèle,
Revole vers Lisette en la saison nouvelle;
Il vient, après trois mois de regrets et d'ennui,
Lui présenter des dons aussi simples que lui.
Il n'a point à donner ces riches bagatelles
Qu'Hébert(28) vend à
crédit pour tromper tant de belles:
Sans tous ces riens brillants il peut toucher un coeur;
Il n'en a pas besoin: c'est le fard du bonheur.
L'aigle fier et rapide, aux ailes étendues,
Suit l'objet de sa flamme élancé dans les
nues;
Dans l'ombre des vallons le taureau bondissant
Cherche en paix sa génisse, et plaît en
mugissant;
Au retour du printemps la douce Philomèle
Attendrit par ses chants sa compagne fidèle;
Et du sein des buissons le moucheron léger
Se mêle en bourdonnant aux insectes de l'air.
De son être content, qui d'entre eux s'inquiète
S'il est quelque autre espèce ou plus ou moins
parfaite?
Eh! qu'importe à mon sort, à mes plaisirs
présents,
Qu'il soit d'autres heureux, qu'il soit des biens plus
grands?
« Mais quoi! cet indigent, ce mortel
famélique,
Cet objet dégoûtant de la pitié publique,
D'un cadavre vivant traînant le reste affreux,
Respirant pour souffrir, est-il un homme heureux? »
Non, sans doute; et Thamas qu'un esclave détrône,
Ce vizir déposé, ce grand qu'on emprisonne,
Ont-ils des jours sereins quand ils sont dans les fers?
Tout état a ses maux, tout homme a ses revers.
Moins hardi dans la paix, plus actif dans la guerre,
Charle(29) aurait sous ses lois
retenu l'Angleterre;
Dufresny(30), moins prodigue,
et docile au bon sens,
N'eût point dans la misère avili ses talents.
Tout est égal enfin: la cour a ses fatigues,
L'Église a ses combats, la guerre a ses intrigues
Le mérite modeste est souvent obscurci;
Le malheur est partout, mais le bonheur aussi.
Ce n'est point la grandeur, ce n'est point la bassesse,
Le bien, la pauvreté, l'âge mûr, la
jeunesse,
Qui fait ou l'infortune ou la félicité.
Jadis le pauvre Irus, honteux et rebuté,
Contemplant de Crésus l'orgueilleuse opulence,
Murmurait hautement contre la Providence:
Que d'honneurs! disait-il, que d'éclat! que de
bien!
Que Crésus est heureux! il a tout, et moi rien.
Comme il disait ces mots, une armée en furie
Attaque en son palais le tyran de Carie:
De ses vils courtisans il est abandonné;
Il fuit, on le poursuit; il est pris, enchaîné;
On pille ses trésors, on ravit ses maîtresses.
Il pleure: il aperçoit, au fort de ses détresses,
Irus, le pauvre Irus, qui, parmi tant d'horreurs,
Sans songer aux vaincus, boit avec les vainqueurs.
O Jupiter! dit-il, ô sort inexorable!
Irus est trop heureux, je suis seul misérable.
Ils se trompaient tous deux; et nous nous trompons tous.
Ah! du destin d'autrui ne soyons point jaloux;
Gardons-nous de l'éclat qu'un faux dehors imprime.
Tous les coeurs sont cachés; tout homme est un
abîme.
La joie est passagère,
et le rire est trompeur(31).
Hélas! où donc chercher, où trouver
le bonheur?
En tous lieux, en tous temps, dans toute la nature,
Nulle part tout entier, partout avec mesure,
Et partout passager, hors dans son seul auteur.
Il est semblable au feu dont la douce chaleur
Dans chaque autre élément en secret s'insinue,
Descend dans les rochers, s'élève dans
la nue,
Va rougir le corail dans le sable des mers,
Et vit dans les glaçons qu'ont durcis les hivers(32).
Le ciel, en nous formant, mélangea
notre vie
De désirs, de dégoûts, de raison,
de folie,
De moments de plaisirs, et de jours de tourments:
De notre être imparfait voilà les éléments;
Ils composent tout l'homme, ils forment son essence;
Et Dieu nous pesa tous dans la même balance(33). |
Second discours
VARIANTES
DU PREMIER DISCOURS.
Vers 1er: Ce ne fut qu'en 1738 que ce discours parut la
première fois imprimé à Paris, ainsi que le second
et le troisième, sous le titre général d'Épîtres
sur le Bonheur. Le commencement du premier discours a été
plusieurs fois refondu. Voici les différentes leçons jusqu'à
l'édition de 1757 exclusivement.
|
Première leçon.
Eh bien, jeune Hermotime, en province élevé,
Avec un coeur tout neuf à Paris arrivé,
Tu ne sais pas encor quel parti tu dois suivre?
Tu voudrais des leçons sur le grand art de vivre;
Il faut prendre un état. Incertain dans tes voeux,
Tu veux choisir, dis-tu, le sort le plus heureux:
Mais ce sort, quel est-il? tu ne sais. Tu peux être
Magistrat, financier, courtisan, guerrier, prêtre.
Ton goût doit décider; ce n'est pas ton
emploi
Qui doit te rendre heureux, ce bonheur est dans toi.
Les états sont égaux, mais les hommes diffèrent.
Où l'imprudent périt, les habiles prospèrent.
Le bonheur est le port où tendent les humains;
Les écueils sont fréquents, les vents sont
incertains.
Le ciel, pour aborder cette rive étrangère,
Accorde à tout mortel une barque légère:
Ainsi que les secours les dangers sont égaux.
Qu'importe, quand l'orage a soulevé les flots,
Que ta poupe soit peinte, et que ton mât déploie
Une voile de pourpre et des câbles de soie?
Le vent est sans respect, il renverse à la fois
Les bateaux des pêcheurs et les barques des rois.
Si quelque heureux pilote, échappé de l'orage,
Près du bord arrivé, gagne au moins le
rivage,
Son vaisseau, plus heureux, n'était pas mieux
construit;
Mais le pilote est sage, et Dieu l'avait conduit.
« Eh quoi! me dites-vous, etc.
Seconde leçon.
Ami, dont la vertu toujours facile et pure
A suivi par raison l'instinct de la nature, |
......
NOTES
Note_23Notice:
Si cet Avertissement n'est pas de plusieurs mains, il est du moins
de divers temps (de 1745 à 1752). Ce fut en 1745, dans le tome VI
des Oeuvres de Voltaire, que les six premiers discours furent recueillis.
On trouve à leur suite:
Ce que c'est que la vertu, discours en
vers; mais il n'est pas donné comme septième. Dans
les éditions de 1742, 1746, 1748, 1751, le septième discours
est séparé des autres. L'édition de Dresde, 1751,
sept volumes in-12, est la première qui les donne tous à
la suite les uns des autres.
Malgré ce qui est dit dans l'Avertissement, on
ne trouve dans la correspondance de Voltaire trace de ces discours, qui
étaient d'abord intitulés Épîtres, qu'au
commencement de 1738. Les deux premières furent envoyées
à Frédéric le 23 janvier; il y en avait alors quatre
de faites. Cependant la troisième ne fut envoyée que le 8
mars; la quatrième, en avril.
Les deux premières furent imprimées sous
le titre de Épîtres sur le Bonheur, Paris, Prault,
1738, in-8°. Chacune a sa pagination séparée et son approbation
du censeur, datée du 1er mars. L'approbation de la troisième
est du 28 avril. Ces trois épîtres furent réimprimées
en Hollande avec le nom de l'auteur; ce qui le contraria beaucoup. La quatrième
épître, aussi imprimée séparément, porte
une approbation de Crébillon, datée du 2 août 1738.
La cinquième épître doit être
de juin 1738; la sixième, du é dès juin 1738, si toutefois
la lettre de Frédéric n'est pas altérée ou
mal classée. (B.)
Note_24Voltaire
a dit dans Mahomet, acte Ier scène iv:
Les mortels sont égaux; ce n'est pas la naissance,
C'est la seule vertu qui fait la différence. |
On lit dans l'Épître au peuple, par
Thomas:
Les mortels sont égaux; la vertu fait le rang,
Et l'homme le plus juste est toujours le plus grand.
(B.) |
Note_25L'abbé
Pellegrin a fait des cantiques de dévotion sur des airs du Pont-Neuf;
c'est là qu'on trouve, à ce qu'on dit:
Quand on a perdu Jésus-Christ,
Adieu paniers, vendanges sont faites. |
Ces cantiques ont été chantés à
la campagne et dans des couvents de province. (Note
de Voltaire, 1752.) ¾Plusieurs
cantiques de Pellegrin sont sur l'air: Adieu paniers, vendanges sont
faites; mais je n'en ai vu aucun qui contienne ces paroles. (B.)
Note_26Bertin
a dit depuis, livre III, élégie v:
Tout un peuple courbé qui s'empresse à
l'ouvrage,
Et détonne gaiment de rustiques chansons. |
Note_27Fameux
vernisseur. (Note de Voltaire, 1756.)
Note_28Fameux
marchand de curiosités à Paris. Il avait beaucoup de goût,
et cela seul lui avait procuré une grande fortune. (Note
de Voltaire, 1752.)
¾ Voltaire
a cité aussi Hébert dans la Prude, acte Ier,
scène iv; voyez t. III du Théâtre.
Note_29Charles
Ier.
Note_30Louis
XIV disait: « Il y a deux hommes que je ne pourrai jamais enrichir,
Dufresny et Bontemps. » Dufresny mourut dans la misère, après
avoir dissipé de grandes richesses; il a laissé de jolies
comédies. (Note de Voltaire, 1748.)
Note_31Dans
son Précis de l'Ecclésiaste, Voltaire a dit:
Votre bruit m'importune, et le rire est trompeur.
Note_32Cette
comparaison n'a rien de scientifique. (G. A.)
Note_33«
Quelque différence qui paraisse entre les fortunes, il y a une certaine
compensation de biens et de maux qui les rend égales. » (Réflexions
morales de La Rochefoucauld, édition du Louvre, n° 52.)
Suivant M. Rousseau, on doit mettre une grande différence
entre les maux des dernières classes de la société
et ceux qui affligent les premières, parce que, dit-il, les maux
du peuple sont l'effet de la mauvaise constitution de la société;
les grands, au contraire, ne sont malheureux que par leur faute.
1° Cette observation n'est pas vraie rigoureusement.
Ce
n'est pas absolument par sa faute que tel riche, tel grand, étant
né un sot, et ayant reçu une mauvaise éducation, passe
tristement sa vie dans l'ennui et le dégoût. Ce n'est point
par sa faute qu'Ivan fut assassiné après avoir été
en prison toute sa vie. Est-ce par sa faute que le Masque de fer fut mis
à la Bastille? que les fils du comte d'Armagnac, arrosés
du sang de leur père, passèrent toute leur jeunesse dans
un cachot fait en forme de hotte? D'un autre côté, parmi les
hommes qui souffrent les maux de la pauvreté, un grand nombre n'aurait-il
pas évité ses malheurs par plus d'activité pour le
travail, plus d'économie, plus de prévoyance? Il est très
rare dans tous les états d'être uniquement malheureux par
sa faute, ou de l'être sans y avoir contribué: le hasard et
la mauvaise conduite entrent à la fois dans presque tous les malheurs
des hommes.
2° Ce n'est pas de la cause des maux des différents
états que parle M. de Voltaire; c'est d'une sorte d'équilibre
entre les maux et les biens, qui rend ces états presque égaux.
Cette manière de voir les états de la vie est consolante
pour le peuple; elle conduit même à une conséquence
très utile. Si les biens et les maux des différentes conditions
forment entre ces conditions une sorte de balance; si l'ennui qui poursuit
les riches, si les dangers qui environnent les grands, sont un équivalent
des maux auxquels la misère condamne le peuple, tous gagneront à
une plus grande égalité: les uns y trouveront plus d'aisance,
les autres plus de sûreté. Ne serait-il pas utile de persuader
aux hommes que l'intérêt des différentes classes de
la société n'est point de se séparer, mais de se rapprocher;
qu'elles doivent chercher non à s'opprimer, mais à s'unir,
parce qu'aucune classe ne peut augmenter son bonheur aux dépens
d'une autre, mais seulement en faisant des sacrifices au bonheur commun?
Il était naturel que deux hommes dont l'un croyait
que la société et les lumières corrompent l'homme,
tandis que l'autre voyait dans les progrès des lumières une
source de perfections pour la société et de bonheur pour
l'espèce humaine, fussent presque toujours d'avis contraires. Mais
qui des deux a été le plus utile aux hommes? Celui sans doute
dont l'opinion était la plus conforme à la vérité.
(K.)
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