NOTES

Note_1 Note de Voltaire, 1762: Il y avait alors sur toutes les frontières de Lorraine des poteaux aux armes du duc, qui sont trois alérions; ils ont été ôtés en 1738. 

Note_2 Note de Voltaire, 1762: Elle était en effet native du village de Domremy, fille de Jean d’Arc et d’Isabeau, âgée alors de vingt-sept ans, et servante de cabaret; ainsi son père n’était point curé. C’est une fiction poétique qui n’est peut-être pas permise dans un sujet grave. 

Note_3 Note de Voltaire, 1762: « Montait chevaux à poil et faisait apertises qu’autres filles n’ont point coutume de faire », comme dit la Chronique de Monstrelet. 

— Voici le texte des Chroniques, liv. I, chap. lvii: « Et estoit hardie de chevaucher chevaux, et les mener boire, et aussi de faire apertises et autres habiletés que jeunes filles n’ont point accoutumé de faire. »(R.) 

Note_4 Note de Voltaire, 1762: La sorcellerie était alors si en vogue que Jeanne d’Arc elle-même fut brûlée depuis comme sorcière, sur la requête de la Sorbonne. 

Note_5 Note de Voltaire, 1762: Figure de Pallas à laquelle le destin de Troie était attaché: presque tous les peuples ont eu de pareilles superstitions. 

Note_6 Messieurs du Parlement. 

Note_7 Note de Voltaire, 1762: Le jésuite Girard, convaincu d’avoir eu de petites privautés avec la demoiselle Cadière, sa pénitente, fut accusé de l’avoir ensorcelée en soufflant sur elle. Voyez les notes du chant troisième. 

— La note à laquelle celle-ci renvoie se rapporte au vers 209. (R.) 

Note_8 « On connaît l’aventure de saint Guilain, qui joua aux trois dés, contre le diable, l’âme d’une pécheresse mourante. Le diable trichait; saint Guilain fit un miracle: il amena trois sept, et gagna son âme. Le tour n’est pas mal. »Ce vieux conte, digne de la Légende dorée, a été cité par Chénier à propos de l’analyse qu’il donne dans sa Leçon sur les fabliaux français, de celui qui a pour titre De saint Pierre et du Jongleur. Un éditeur récent du poème de la Pucelle a sans doute été induit en erreur par ce passage de Chénier, qu’il a mal compris, quand il a donné à entendre que le miracle de saint Guilain est connu par le fabliau: on n’y trouve rien qui ait rapport à ce saint ni à son miracle. (R.) 

Note_9 Saint Paul (Act. Apost., IX, 15) est désigné par la même qualification: vas electionis.

Note_10 C’est parce que je pense avec Laharpe que ces vers sont de Voltaire que je me suis décidé, contrairement à ce qui a été fait par les éditeurs qui m’ont précédé, à les rétablir dans le corps du poème. On sent assez quelles convenances lui faisaient un devoir de retrancher ce portrait, qu’il avait tracé avant ses relations avec Mme de Pompadour. Aucun motif, ce me semble, ne peut aujourd’hui justifier le renvoi dans les variantes d’un morceau si piquant. Laharpe, toutefois, conteste la ressemblance du portrait: « La favorite dont il est ici question, dit-il, n’eut jamais rien qui ressemblât à une reine, et garda toujours à la cour le maintien et le ton d’une petite bourgeoise, élevée à la grivoise, comme le disait fort bien le comte de Maurepas dans ses couplets si connus. »Voyez le Cours de littérature, liv. Ier, ch. ii, sect. i. (R.) 

Note_11 Note de Voltaire, 1762: Débora est la première femme guerrière dont il soit parlé dans le monde. Jahel, autre héroïne, enfonça un clou dans la tête du général Sisara: on conserve ce clou dans plusieurs couvents grecs et latins, avec la mâchoire d’âne dont se servit Samson, la fronde de David, et le couperet avec lequel la célèbre Judith coupa la tête du général Holopherne, ou Olphern, après avoir couché avec lui. 

Note_12 Note de Voltaire, 1773: N. B. Lecteur, qui avez du goût, remarquez que notre auteur, qui en a aussi, et qui est au-dessus des préjugés, rime toujours pour les oreilles plus que pour les yeux. Vous ne le verrez point faire rimer trône avec bonne, pâte avec patte, homme avec heaume. Une brève n’a pas le même son, et ne se prononce pas comme une longue. Jean et chant se prononcent de même. 

Note_13 Vieux mot signifiant armée.

Note_14 Note de Voltaire, 1762: Aventure décrite dans l’Énéide. — Énéide, liv. IX, v. 176-449. 

Note_15 Note de Voltaire, 1762: Aventure de l’Iliade. — Iliade, liv. X, v. 483-496. 

Note_16 Note de Voltaire, 1762: L’un des grands capitaines de ce temps-là. 

Note_17 La Bible montre moins de réserve que notre discret auteur, et nous apprend (I. Reg., xxiv, 4) que Saül était entré dans ce certain lieu « ut purgaret ventrem.² »(R.) 

Note_18 Note de Voltaire, 1762: Il ne s’appelait point Roger, mais Robert: cette faute est légère. Ce fut lui qui mena Jeanne d’Arc à Tours, en 1429, et qui la présenta au roi. 

Note de Voltaire, 1773: C’était un bon Champenois qui n’y entendait pas finesse. Son château était auprès de Brienne en Champagne. J’ai vu sa devise sur la porte de ce pauvre château: c’était un cep de vigne, avec la légende Beau, dru, et court. On peut juger par là de l’esprit du temps. 

Note_19 Voltaire avait déjà dit dans la Henriade, chant VII, vers 269: 

Et vous, brave amazone, 
La honte des Anglais et le soutien du trône.

Note_20 Note de Voltaire, 1762: Effectivement, des médecins et des matrones visitèrent Jeanne d’Arc, et la déclarèrent pucelle. 

Note_21 Note de Voltaire, 1762: Étendard apporté par un ange dans l’abbaye de Saint-Denis, lequel était autrefois entre les mains des comtes de Vexin. 

Note_22 A la fameuse bataille des Dunes, près de Dunkerque. (Note de Voltaire.) 

— Condé fut plus d’une fois battu par Turenne; et Voltaire aurait dû citer toute autre bataille que celle des Dunes, où il ne fut pas difficile à Turenne de vaincre, attendu que Condé, qui était dans l’armée de Flandre, ne la commandait pas. Voyez le Siècle de Louis XIV, chap. vi. 

Note_23 A Malplaquet, près de Mons, en 1709. ((Note de Voltaire, 1762.) — Voyez le Siècle de Louis XIV, chap. xxi. 

Note_24 Aussi en 1709. (Note de Voltaire, 1762). — Voyez l’Histoire de Chartes XII, liv. IV. 

Note_25 Boileau (satire VIII, 100) avait dit: 

Qui? Cet écervelé qui mit l’Asie en cendre?

Note_26 Voltaire veut sans doute parler de l’édition de la Gallia christiana, qui parut de 1715 à 1728. (G. A.) 

Note_27 On appelait autrefois paradis des fous, paradis des sots, les limbes; et on plaça dans ces limbes les âmes des imbéciles et des petits enfants morts sans baptême. Limbe signifie bord, bordure; et c’était vers les bords de la lune qu’on avait établi ce paradis. Milton en parle; il fait passer le diable par le paradis des sots, the paradise or fools. (Note de Voltaire, 1762.) — Paradise lost, III, 496. 

Note_28 Ceci paraît une allusion aux fameux couplets de Rousseau: 

Je te vois, innocent Danchet, 
Grands yeux ouverts, bouche béante.

Une bouche à la Danchet était devenu une espèce de proverbe. Ce Danchet était un poète médiocre qui a fait quelques pièces de théâtre, etc. (Note de Voltaire, 1762.) — Dans le Catalogue des écrivains français, placé en tête du Sièclede Louis XIV, Voltaire se montre moins sévère envers Danchet, et cite son prologue des Jeux séculaires, au devant d’Hèsione, comme un très bon ouvrage. (R.) 

Note_29 Ce sont les limbes, inventées, dit-on, par un nommé Pierre Chrysologue. c’est là qu’on envoie tous les petits enfants qui meurent sans avoir été baptisés car s’ils meurent à quinze ans, ils sont damnés sans difficulté. (Note de Voltaire, 1773.) 

Note_30 Le système fameux du sieur Lass ou Law, Écossais, qui bouleversa tant de fortunes en France depuis 1718 jusqu’à 1720, avait encore laissé des traces funestes, et l’on s’en ressentait en 1730, qui fut le temps où nous jugeons que l’auteur commença ce poème. (Id., 1762.) 

Note_31 On connaît assez, par les excellentes Lettres provinciales, les casuistes Escobar et Molina; ce Molina est appelé ici suffisant, par allusion à la grâce suffisante et versatile, sur laquelle il avait fait un système absurde, comme celui de ses adversaires. (Id., 1762.) 

Note_32 Le Teiller, jésuite, fils d’un procureur de Vire en Basse-Normandie, confesseur de Louis XIV, auteur de la bulle et de tous les troubles qui la suivirent, exilé pendant la régence, et dont la mémoire est abhorrée de nos jours. Le P. Doucin était son premier ministre. (Note de Voltaire, 1762.) — Voyez Siècle de Louis XIV, ch. xxxvii. 

Note_33 Homère dans la Batrachomyomachie.

Note_34 Les jansénistes disent que le Messie n’est venu que pour plusieurs. (Note de Voltaire, 1762.) 

Note_35 Ceci désigne les convulsionnaires et les miracles attestés par des milliers de jansénistes, miracles dont Carré de Montgeron fit imprimer un gros recueil qu’il présenta au roi Louis XV. (Id., 1762.) — Voyez l’Histoire du parlement, chapitre lxv. (R.) 

Note_36 Le bon Pâris était un diacre imbécile, mais qui, étant un des jansénistes les plus zélés et les plus accrédités parmi la populace, fut regardé comme un saint par cette populace. Ce fut vers l’an 1724 qu’on imagina d’aller prier sur la tombe de ce bonhomme, au cimetière d’une église de Paris érigée à un saint Médard, qui d’ailleurs est peu connu. Ce saint Médard n’avait jamais fait de miracles, mais l’abbé Pâris en fit une multitude. Le plus marqué est celui que Mme la duchesse du Maine célébra dans cette chanson: 

Un décrotteur à la royale, 
Du talon gauche estropié, 
Olitint pour grâce spéciale 
D’être boiteux de l’autre pié.

Ce saint Pâris fit trois ou quatre cents miracles de cette espèce: il aurait ressuscité des morts si on l’avait laissé faire; mais la police y mit ordre; de là ce distique connu: 

De par le roi, défense à Dieu 
D’opérer miracle en ce lieu.
(Note de Voltaire, 1762.) Voltaire commet ici une erreur de date qu’il a répétée dans l’article Convulsions du Dictionnaire philosophique. Le diacre Pâris n’est mort que le 1er mai 1727. (R.) 

Note_37 Galilée, le fondateur de la philosophie en Italie, fut condamné par la congrégation du Saint-Office, mis en prison et traité très durement, non seulement comme hérétique, mais comme ignorant, pour avoir démontré le mouvement de la terre. (Note de Voltaire, 1762.)Voyez l’Essai sur les moeurs, ch. cxxi. 

Note_38 Urbain Grandier, curé de Loudun, condamné au feu en 1629, par une commission du conseil, pour avoir mis le diable dans le corps de quelques religieuses. Un nommé La Ménardaye a été assez imbécile pour faire imprimer, en 1749, un livre dans lequel il croit prouver la vérité de ces possessions. (Note de Voltaire, 1762.) — P.-J.-B. de La Ménardaye, prêtre de l’Oratoire, est auteur d’Examen et discussion critique de l’Histoire des diables de loudun; Paris. De Bure, 1747, in-12; Liège, Éverard Kintz, 1749, in-12. C’est la même édition pour laquelle on a refait un titre. (R.) 

Note_39 Éléonore Galigaï, fille de grande qualité, attachée à la reine Marie de Médicis, et sa dame d’honneur, épouse de Concino Concini, Florentin, marquis d’Ancre, maréchal de France, fut non seulement décapitée à la Grève en 1617, comme il est dit dans l’Abrégé chronologique de l’Histoire de France, mais fut brûlée comme sorcière, et ses biens furent donnés à ses ennemis. Il n’y eut que cinq conseillers qui, indignés d’une horreur si absurde, ne voulurent pas assister au jugement. (Note de Voltaire, 1762.) — Voyez l’Essai sur les moeurs, chap. clxxv. 

Note_40 Le parlement, sous Louis XIII, défendit, sous peine de galères, qu’on enseignât une autre doctrine que celle d’Aristote, et défendit ensuite l’émétique, mais sans condamner aux galères les médecins ni les malades. Louis XIV fut guéri à Calais par l’émétique, et l’arrêt du parlement perdit de son crédit. (Note de Voltaire,1762.) — L’arrêt du parlement en faveur de la doctrine d’Aristote est du 4 septembre 1624, et « fait défenses à toutes personnes, àpeine de la vie, tenir ni enseigner aucune maxime contre les auteurs anciens et approuvés. »(R.) 

Note_41 L’histoire du jésuite Girard et de La Cadière est assez publique; le jésuite fut condamné au feu comme sorcier par la moitié du parlement d’Aix, et absous par l’autre moitié. (Note de Voltaire, 1762.) 

Note_42 Voyez Précis du Siècle de Louis XV, ch. xxxvi. 

Note_43 Le jésuite Berthier. (G. A.) 

Note_44 Fontevraud, Fontevraux, Fontevrauld, Fons-Ebraldi, est un bourg en Anjou, à trois lieues de Saumur, connu par une célèbre abbaye de filles, chef d’ordre, érigée par Robert d’Arbrissel, né en 1047, et mort en 1117. Après avoir fixé ses tabernacles à la forêt de Fontevrauld, il parcourut nu-pieds les provinces du royaume, afin d’exhorter à la pénitence les filles de joie, et les attirer dans son cloître; il fit de grandes conversions en ce genre, entre autres dans la ville de Rouen. Il persuada à la célèbre reine Bertrade de prendre l’habit de Fontevrauld, et il établit son ordre par toute la France. Le pape Paschal II le mit sous la protection du Saint-Siège, en 1106. Robert, quelque temps avant sa mort, en conféra le généralat à une dame nommée Pétronille du Chemille, et voulut que toujours une femme succédât à une autre femme dans la dignité de chef de l’ordre, commandant également aux religieux comme aux religieuses. Trente-quatre ou trente-cinq abbesses ont succédé, jusqu’à ce jour, à Pétronille, parmi lesquelles on compte quatorze princesses, et dans ce nombre cinq de la maison de Bourbon. Voyez sur cela Sainte-Marthe, dans le quatrième volume du Gallia christiana, et le Clypeus ordinis Fontebraldensis, du P. de La Mainferme. (Note de Voltaire, 1762.) 

Note_45 Il y a grande apparence que l’auteur a ici en vue les héroïnes de l’Arioste et du Tasse. Elles devaient être un peu malpropres; mais les chevaliers n’y regardaient pas de si près. (Note de Voltaire, 1762.) 

Note_46 Voyez chant II. 

Note_47 Les Anglais jurent by God! God dame me! blood! etc.; les Allemands, sacrament; les Français, par un mot qui est au jurement des Italiens ce que l’action est à l’instrument; les Espagnols, voto a Dios. Un révérend père récollet a fait un livre sur les jurements de toutes les nations, qui sera probablement très exact et très instructif; on l’imprime actuellement. (Note de Voltaire, 1762.) 

Note_48 Haubert, aubergeon, cotte d’armes; elle était d’ordinaire composée de mailles de fer, quelquefois couverte de soie ou de laine blanche; elle avait des manches larges, et un gorgerin. Les fiefs de haubert sont ceux dont le seigneur avait droit de porter cette cotte. (Id., 1762.) 

Note_49 Braguettes, de braye, bracca. On portait de longues braguettes détachées du haut-de-chausses, et souvent au fond de ces braguettes on portait une orange qu’on présentait aux dames. Rabelais parle d’un beau livre intitulé De la dignité des braguettes. c’était la prérogative distinctive du sexe le plus noble; c’est pourquoi la Sorbonne présenta requête pour faire brûler la Pucelle, attendu qu’elle avait porté culotte avec braguette. Six évêques de France, assistés de l’évêque de Vinchester, la condamnèrent au feu, ce qui était bien juste: c’est dommage que cela n’arrive pas plus souvent; mais il ne faut désespérer de rien. (Id., 1762.) — Voyez Rabelais, Gargantua, I, vii. 

Note_50 La tour de Babel fut élevée, comme on sait, cent vingt ans après le déluge universel. Flavius-Josèphe croit qu’elle fut bâtie par Nemrod ou Nembrod; le judicieux dom Calmet a donné le profil de cette tour élevée jusqu’à onze étages, et il a orné son Dictionnaire de tailles douces dans ce goût, d’après les monuments; le livre du savant Juif Jaleus donne à la tour de Babel vingt-sept mille pas de hauteur, ce qui est bien vraisemblable; plusieurs voyageurs ont vu les restes de cette tour. 

Le saint patriarche Alexandre Eutychius assure, dans ses Annales, que soixante et douze hommes bâtirent cette tour. Ce fut, comme ou le sait, l’époque de la confusion des langues: le fameux Bécan prouve admirablement que la langue flamande fut celle qui retint le plus de l’hébraïque. (Note de Voltaire, 1762.) — Dans l’article Banal du Dictionnaire philosophique, section première, Voltaire cite Paul Lucas, qu’il se borne à désigner ici, comme ayant vu les restes de la tour. La Biographie universelle convient que le nom de ce voyageur est devenu à peu près synonyme de menteur. 

Eutychius fut élevé, en 933, à la dignité de patriarche d’Alexandrie, et c’est peut-être la consonnance du nom de cette ville avec celui d’Alexandre qui a induit Voltaire à donner à ce patriarche le prénom d’Alexandre. 

Jean Bécan, dans ses Indo-Scythica, qui font partie des Origines Antwerpianae (Anvers, 1569, in-folio), prétend que la langue flamande était celle que parlait Adam. (R.) 

Note_51 Remarquez qu’à la bataille de Zama, entre Publius Scipion et Annibal, il y avait des Français qui servaient dans l’armée carthaginoise, selon Polybe. Ce Polybe, contemporain et ami de Scipion, dit que le nombre était égal de part et d’autre; le chevalier de Folard n’en convient pas: il prétend que Scipion attaqua en colonnes. Cependant il paraît que la chose n’est pas possible, puisque Polybe dit que les troupes combattaient toutes de main à main: c’est sur quoi nous nous en rapportons aux doctes. (Note de Voltaire, 1762.) — Voyez Polybe, liv. XV, chap. i. Dans les Observations sur la bataille de Zama, Folard dit effectivement que Polybe se trompe sur le nombre. (R.) 

Nota bene qu’à Pharsale Pompée avait cinquante-cinq mille hommes, et César vingt-deux mille. Le carnage fut grand les vingt-deux mille césariens, après un combat opiniâtre, vainquirent les cinquante-cinq mille pompéiens. Cette bataille décida du sort de la république, et mit sous la puissance du mignon de Nicomède la Grèce, l’Asie Mineure, l’Italie, les Gaules, l’Espagne, etc., etc. 

Cette bataille eut plus de suites que le petit combat de Jeanne; mais enfin c’est Jeanne, c’est notre Pucelle sachons gré à notre cher compatriote d’avoir comparé les exploits de cette chère fille à ceux de César, qui n’avait pas son pucelage. Les révérends pères jésuites n’ont-ils pas comparé saint Ignace à César, et saint François-Xavier à Alexandre? Ils leur ressemblaient comme les vingt-quatre vieillards de Pascal ressemblent aux vingt-quatre vieillards de l’Apocalypse. On compare tous les jours le premier roi venu à César; pardonnons donc au grave chantre de notre héroïne d’avoir comparé un petit choc de bibus aux batailles de Zama et de Pharsale. (Suite de la Note de Voltaire, 1762.) — Voltaire s’est égayé aux dépens du P. Bouhours sur ses comparaisons d’Ignace et de François-Xavier à César et Alexandre dans le Catalogue des écrivains français qui précède le Siècle de Louis XIV. La comparaison des vingt-quatre jésuites aux vingt-quatre vieillards de l’Apocalypse est due au révérend père Escobar, de la Société de Jésus. Voyez Pascal, Lettres provinciales, cinquième lettre, Du jeûne. (R.) 

Note_52 Il y eut à cette bataille vingt-huit mille sept cents hommes couchés, non pas sur le carreau, comme le dit un historien, mais dans la boue et dans le sang; ils furent comptés par le marquis de Crèvecoeur, aide de camp du maréchal de Villars, chargé de faire enterrer les morts. Voyez le Siècle de Louis XIV [chap. XXI.], année 1709. (Note de Voltaire, 1762.) 

Note_53 Apparemment que notre profond auteur donne le nom de Persans aux soldats de Senaacherib, qui étaient Assyriens, parce que les Persans furent longtemps dominateurs en Assyrie; mais il est constant que l’ange du Seigneur tua tout seul cent quatre-vingt-cinq mille soldats de l’armée de Sennacherib, qui avait l’insolence de marcher contre Jérusalem; et quand Sennacherib vit tous ces corps morts, il s’en retourna. Ceci arriva l’an du monde 3293, comme on dit; cependant plusieurs doctes prétendent que cette aventure toute simple est de l’an 3295 nous la croyons de 3296, comme nous le prouverons ci-dessous. (Note de Voltaire, 1762.) 

Note_54 Cet endroit paraît imité d’Homère. Milton fait peser les destins des hommes dans le signe de la balance. (Note de Voltaire, 1762.) — Homère, Iliade, VIII, 69-72; Milton, Paradise lost, IV, 996-1004. 

Note_55 Allusion aux sentiments répandus dans les livres de Quesnel, prêtre de l’Oratoire. (Note de Voltaire, 1762.) 

Note_56 Aurore Konismare, maîtresse du roi de Pologne Auguste Ier, et mère du célèbre comte de Saxe. (Note de Voltaire, 1773.) — Voltaire a, dans son histoire de Charles XII, liv. II, donné les plus grands éloges à la mère du maréchal de Saxe. Il cite d’elle quelques vers français qui prouvent que son esprit égalait sa beauté. Son nom est Koenigsmark. (B.) 

Note_57 Robert d’Arbrissel, fondateur du bel ordre de Fontevrauld: il convertit, en 1100, d’un coup de filet, par un seul sermon, toutes les filles de joie de la ville de Rouen. Il s’imposa un nouveau genre de martyre: ce fut de coucher toutes les nuits entre deux jeunes religieuses pour tromper le diable, qui apparemment le lui rendit bien. Il n’aimait pas la loi salique, car il fit une femme abbé général des moines et moinesses de son ordre. (Note de Voltaire, 1773.) 

Note_58 Selon Platon, l’homme fut formé avec les deux sexes. Adam apparut tel à la dévote Bourignon et à son directeur Abbadie. (Note de Voltaire, 1762.) — Voyez note g de l’article Adam du Dictionnaire historique de Bayle. (R.) 

Note_59 La reine de Saba vint voir Salomon, dont elle eut un fils, qui est certainement la tige des rois d’Éthiopie, comme cela est prouvé. On ne sait pas ce que devint la race d’Alexandre et de Thalestris. (Note de Voltaire, 1762.) 

Note_60 Cléopâtre. (Note de Voltaire, 1762.) 

Note_61 Ganimède. (Id., 1762.) 

Note_62 La position critique du brave Dunois et son intention de sortir avec honneur de ce pas difficile rappellent, ainsi que l’a remarqué M. Louis du Bois, un tableau du même genre tracé par la même main. Dans le conte intitulé Ce qui plaît aux dames, Robert, sommé par la vieille fée dont il est devenu l’époux de remplir le devoir conjugal, s’y résout enfin par point d’honneur: 

Le chevalier, amoureux de la gloire, 
Voulut enfin tenter cette victoire; 
Il obéit, et, se piquant d’honneur, 
N’écoutant plus que sa rare valeur, 
Aidé du ciel, trouvant dans sa jeunesse 
Ce qui tient lieu de beauté, de tendresse, 
Fermant les yeux se mit à son devoir. (R.)

Note_63 Les charlatans ont le bâton de Jacob; les magiciens, les livres de Salomon intitulés l’Anneau et la Clavicule. Les conseillers du roi, sorciers à la cour de Pharaon, qui firent les mêmes prodiges que Moïse, s’appelaient Jannès et Mambrès. On ne sait pas le nom de la pythonisse d’Endor qui évoqua l’ombre de Samuel; mais tout le monde sait ce que c’est qu’une ombre, et que cette femme avait un esprit Python ou de Python. (Note de Voltaire, 1762.) 

Note_64 Zoroastre, dont le nom propre est Zerdust, était un grand magicien, ainsi qu’Albert le Grand, Roger Bacon, et le révérend père Grisbourdon. (Id., 1762.) 

Note_65 Nébucadnetzar, Nabuchodonosor, fils de Nabo-Polassar, roi des Chaldéens assiégea Jérusalem, la prit, et fit charger de fers Joachim roi de Juda, qu’il envoya prisonnier à Babylone, l’an du monde 3429 Nebucadnetzar fit un songe, et l’oublia; les magiciens, les astrologues ni les sages ne purent le deviner, en conséquence, Arioc, officier de sa maison eut ordre de les faire mourir: le jeune Daniel devine le songe, et l’explique; ce songe était une belle statue, etc. A quelque temps de là, Nébucadnetzar fit élever un colosse d’or pur, haut de soixante coudées, et large de six; il obligea tout son peuple assemble d’adorer ce colosse au son du cor, du clairon, de la harpe, de la saquebute, et du psaltérion, et sur le refus qu’en firent Sidrac, Misac, et Habed-nego jeunes Hébreux, compagnons de Daniel, le roi les fit jeter dans une fournaise qu’on chauffa cette fois-là sept fois plus qu’à l’ordinaire; et ils en sortirent sains et saufs. Nebucadnetzar songea encore: il vit un arbre grand et fort; le sommet touchait les cieux, et les oiseaux habitaient dans ses branches. Un saint alors descendit, et cria: « Coupez l’arbre, et l’ébranchez, etc. »Daniel expliqua encore ce songe; il prédit au roi qu’il serait chassé d’entre les hommes; que pendant sept ans son habitation serait avec des bêtes qu’il paîtrait l’herbe comme les boeufs, jusqu’à que son poil crut comme celui de l’aigle et ses ongles comme ceux des oiseaux; ce qui arriva. Tertullien et saint Augustin disent que Nabuchodonosor s’imagina être boeuf par l’effet d’une maladie qu’on nomme lycanthropie. Au bout de sept ans ce prince recouvra sa raison, et remonta sur le trône: il ne vécut qu’un an depuis son rétablissement, mais il l’employa si bien, que saint Augustin, saint Jérôme, saint Épiphane, Théodoret, etc. cités par Pérérius, comptent sur son salut. (Note de Voltaire 1762 ) — Voltaire fait ici, assez malencontreusement, parade de son érudition théologique Un passage de la Bible de dom Calmet, qu’il n’a pas lu assez attentivement, l’a induit en erreur. C’est dom Calmet, et non le jésuite Pérérius, qui cite tous les personnages nommés dans la Note de Voltaire. (R.) 

Note_66 Il ne faut pas confondre George, patron d’Angleterre et de l’ordre de la Jarretière, avec saint George le moine, tué pour avoir soulevé le peuple contre l’empereur Zénon. Notre saint George est le Cappadocien, colonel au service de Dioclétien, martyrisé, dit-on, en Perse, dans une ville nommée Diospole. Mais comme les Persans n’avaient point de ville de ce nom, on a placé depuis son martyre en Arménie, à Mitylène. Il n’y a pas plus de Mitylène en Arménie que de Diospole en Perse. Mais ce qui est constant, c’est que George était colonel de cavalerie, puisqu’il a encore son cheval en paradis. (Note de Voltaire, 1762.) 

Note_67 Ce vers est emprunté au Légataire universel de Regnard. Le notaire Scrupule dit à Crispin (acte IV, scène vi): 

Fort bien! Où voulez-vous, monsieur, qu’on vous enterre?

Note_68 On disait autrefois sainte n’y touche, et on disait bien. On voit aisément que c’est une femme qui a l’air de n’y pas toucher; c’est par corruption qu’on dit sainte Mitouche. La langue dégénère tous les jours. J’aurais souhaité que l’auteur eût eu le courage de dire sainte n’y touche, comme nos pères. (Note de Voltaire, 1752.) 

Note_69 Satan est un mot chaldéen, qui signifie à peu près l’Arimane des Perses, le Typhon des Égyptiens, le Pluton des Grecs, et parmi nous le diable. Ce n’est que chez nous qu’on le peint avec des cornes. voyez le septième tome De forma diaboli, du révérend père Tambourini. (Note de Voltaire, 1762.) 

Note_70 Frappart, nom d’amitié que les cordeliers se donnèrent entre eux dès le quinzième siècle. Les doctes sont partagés sur l’étymologie de ce mot: il signifie certainement frappeur robuste, raide jouteur. (Id., 1762.) 

Note_71 On ne peut regarder cette damnation de Clovis, et de tant d’autres, que comme une fiction poétique; cependant on peut, moralement parlant, dire que Clovis a pu être puni pour avoir fait assassiner plusieurs régas ses voisins, et plusieurs de ses parents: ce qui n’est pas trop chrétien. (Note de Voltaire, 1762.) 

Note_72 Dans les fameux couplets attribués à J.-B. Rousseau, Vassaint est traité de 

B..... dans le crime empâté. (R.)

Note_73 Constantin arracha la vie à son beau-père, à son beau-frère, à son neveu, à sa femme, à son fils, et fut le plus vain et le plus voluptueux de tous les hommes, d’ailleurs bon catholique; mais il mourut arien, et baptisé par un évêque arien. (Note de Voltaire, 1762.) 

Note_74 Les cordeliers ont été de tout temps ennemis des dominicains. (Note de Voltaire, 1762.) 

Note_75 Il semble que l’auteur n’ait voulu faire ici qu’une plaisanterie. Cependant ce Guzman, inventeur de l’Inquisition, et que nous appelons Dominique, fut réellement un persécuteur. Il est certain que les Languedociens nommés Albigeois étaient des peuples fidèles à leur souverain, et qu’on leur fit la guerre la plus barbare, uniquement à cause de leurs dogmes. Il n’y a rien de plus abominable que de faire périr par le fer et par le feu un prince et ses sujets, sous prétexte qu’ils ne pensent pas comme nous. (Id., 1762.) 

Note_76 M. Louis du Bois fait remarquer dans ce vers une imitation de la phrase suivante, qu’il attribue à saint Augustin: Cruciantur ubi sunt, laudantur ubi non sunt. Je n’ai pu vérifier l’exactitude de ce renseignement. (R.) 

Note_77 Condigne, du latin condignus; ce mot se trouve dans les auteurs du seizième siècle. (Note de Voltaire, 1762.) 

Note_78 Cette guerre n’est rapportée que dans le livre apocryphe sous le nom d’Énoch; il n’en est parlé ailleurs dans aucun livre juif. Le chef de l’armée céleste était en effet Michel, comme le dit notre auteur; mais le capitaine des mauvais anges n’était point Satan, c’était Semexiah: on peut excuser cette inadvertance dans un long poème. (Note de Voltaire, 1762.) 

Note_79 Ancien mot qui signifie cimeterre. (Id., 1762.)