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| Commande CDROM | Table des Pièces en vers | La Henriade | RÉPONSE A LA CRITIQUE DE LA HENRIADE. Notice: Cet intitulé
n'est pas de Voltaire.
RÉPONSE... I. « Puisque l'illustre M. de Voltaire a fait connaître son génie parmi nous comme en France. » Je ne suis point illustre. II. « Je ne suis pas un juge compétent de la poésie française. » Pourquoi en parles-tu donc? III. « On est bientôt rassasié de leurs grands vers rimés, qu'ils appellent bien tournés, mais qui manquent presque tous de force et d'énergie. » Cela n'est pas vrai. Corneille est plein de force et d'énergie. IV. « Mais je prends la liberté de demander à M. de Voltaire pour quelle raison il a voulu choisir pour sujet d'un si beau poème une si vilaine action, je veux dire le changement de religion de Henri IV. » Par la raison que le sujet est beau dans Paris. V. « Y a-t-il, en vérité, une chose plus lâche et plus indigne sur la terre que de changer de religion par intérêt? » Ce n'est pas à moi à blâmer Henri IV. VI. « Il (Henri IV) se fit protestant pour être chef de parti;... il se fit papiste pour sauver sa vie à la sainte journée de Barthélemy;... Il redevint protestant; et... Il se fit papiste encore pour entrer dans Paris. C'est cette dernière action que M. de Voltaire a embellie avec toute la grandeur de son imagination. » Je suis né catholique; si j'étais né mahométan, il faudrait bien que je louasse Mahomet. VII. « Voilà M. de Voltaire qui, selon les principes de sa secte, dans laquelle il a été nourri, fait le panégyrique de Henri IV devenu catholique romain. » Le critique est plagiaire; car j'ai employé cette pensée dans un de mes ouvrages. VIII. « Cependant on ne veut pas souffrir son ouvrage en France, parce qu'il ne dit pas assez de mal de ces méchants huguenots. » Je n'ai rien dit de tout cela. IX. « Qu'on dise ce qu'on voudra; les Français font peut-être la révérence aux étrangers mieux que nous; mais nous les recevons mieux. » Le docteur Burnet a été mieux reçu en France que moi en Angleterre. X.
« Ces vers ne sont pas si bons que ceux de M. de Voltaire(59). » Il est vrai que ces vers sont mauvais. XI. « ... Un vieillard catholique qui prédit deux choses: l'une, que notre religion(60) sera bientôt détruite; l'autre, que Henri IV se fera papiste dans l'occasion. De ces deux prédictions, la première me semble difficile à accomplir; au contraire, il y a plus d'apparence que le papisme sera à sa fin plus tôt que le protestantisme. » Je le souhaite de tout mon coeur; et ni moi ni mon ouvrage ne s'y opposent. XII. « Les poètes sont comme les théologiens: Dieu est leur machine. Il semble que ces deux professions aient pour but de nous tromper avec des paroles. » Je vous supplie de croire que je ne parle de religion qu'en vers. XIII. « Le troisième chant n'est pas, je crois, si poétique que le second; mais il me paraît qu'il y a plus d'art. » Vous avez raison. XIV. « Je suis fâché que la peinture qu'Élisabeth fait du pape Sixte ne soit pas si belle que celle que fait le poète, au chant IV, du même pape. » Et moi aussi. XV. « Allons! quelques touches de votre pinceau sur cette infaillibilité. » De tout mon coeur. XVI. « Voici un chant digne d'attention; un bon moine y assassine son roi. » C'est l'infaillibilité, ou pour la souscription(61). XVII. « Il fait la même chose positivement que Mutius Scévola. Mais il a, par-dessus Scévola, l'avantage d'une révélation. Un ange de lumière lui apparaît de la part de Dieu. » Ne voyez-vous pas que cette apparition poétique ne figure autre chose que l'imagination égarée d'un moine? XVIII. « Je ne saurais approuver l'opération magique dans ce cinquième chant. M. de Voltaire s'est déclaré ouvertement contre ces choses dans son Essay on epic poetry. » Avec votre permission, ce sortilège n'est point dans le goût de la Jérusalem. Il est représenté comme une folie superstitieuse, et non comme le Piomage du Tasse. » XIX. « Ma foi, Mornay est plus grand que Henri IV. » Point du tout; le chapelain de milord Marlborough n'est-il pas plus grand que lui? XX. « La fin (du VIIe chant) est froide: il ne parle que de la France. » Je suis né Français. Pourquoi ne voulez-vous pas que je parle de la France? XXI. « Je souhaiterais que M. de Voltaire eût fait comme son ami Camoëns le Portugais, lequel, en sa Luziada, ne s'arrête pas dans les limites du Portugal, mais permet à sa muse de courir par toute la terre, et parler de chaque nation. » Je ne suis point si babillard. XXII. « De plus, ce chant n'est ni assez varié, ni ne fait partie du tout. » Vous vous trompez. XXIII. « Donnez-moi les deux bouts de ce chant (le VIIIe), je vous quitte du milieu; ce qui précède et qui suit la bataille est admirable, mais la bataille est froide. » Volontiers; la critique n'est pas mauvaise. XXIV. « La clémence de Henri IV tire des larmes; mais saint Louis fait rire. Il s'en va trouver le bon Dieu pour le prier d'envoyer Henri IV à la messe. » Saint Louis allait à la messe aussi bien que vos ancêtres. FIN DES RÉPONSES A LA CRITIQUE.
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