NOTES

Note_1 Les cinq premières stances sont, pour le plus tard, de 1731. La cinquième est citée comme déjà connue dans la lettre de Voltaire à Cideville, du 13 août 1731. Je crois que la sixième est de 1733. (B.) 

Note_2 Ce doit être celui qui eut les cheveux coupés par un boulet de canon au siège de Kehl, et à qui, à cette occasion, Voltaire adressa dix vers qui sont dans les Poésies mêlées. (B.) 

Note_3 Le P. Sanadon est supposé parler lui-même de l’autre monde. (K.) 

Note_4 Voltaire était alors à Bruxelles. 

Note_5 Frédéric écrivait à Voltaire, le 16 mai 1739: « Mon marchand de vin, Hony, vous rendra cette lettre. » Ce n’est donc pas, comme on l’a dit trop souvent, Voltaire qui adressa Hony au roi de Prusse, en 1740. La réponse de Frédéric à ces stances fait partie de sa lettre du 5 septembre l740. (B.) 

Note_6 Voltaire avait alors quarante-sept ans. 

Note_7 Huit de ces stances furent envoyées à Cideville le 11 juillet 1741. 

Note_8 Au lieu de cette strophe et de la suivante, on lisait d’abord: 
 

Que le matin touche à la nuit! 
Je n’eus qu’une heure; elle est finie. 
Nous passons: la race qui suit 
Déjà par une autre est suivie.

Note_9 Houdard de Lamotte a dit: 
 

On meurt deux fois dans ce bas monde; 
La première en perdant les faveurs de Vénus. 
J’ai bien moins peur de la seconde: 
C’est un bien quand on n’aime plus.

Note_10 Variante: « Rappelait ses enchantements. » 

Note_11 Une longue critique des douze vers de Voltaire est imprimée dans la Bibliothèque française, tome XXXVII, pages 111-118. (B.) Ces vers furent faits à La Haye, pendant la mission secrète dont Voltaire avait été chargé par le cabinet de Versailles. Voyez la Correspondance à cette époque, et la Vie de Voltaire par Condorcet. (G. A.) 

Note_12 Ces stances sont rapportées, mais avec quelques différences, dans les Mémoires pour servir à la Vie de M. de Voltaire. Le prisonnier de Spandau était un gentilhomme franc-comtois nommé Courtilz. (B.) 

Note_13 Par ce brevet Mme d’Étioles était créée marquise de Pompadour. 

Note_14 La ville de Gand avait été prise par l’armée française le 11 juillet 1745. 

Note_15 Notice: On voit par des lettres à d’Argental et à Hénault, de février 1748, que ces stances ont été composées plus d’un an auparavant; il n’y avait point alors de dauphine. La princesse de Saxe n’arriva qu’en février 1747; l’infante d’Espagne était morte le 22 juillet 1746. C’est donc par erreur que, dans le Nouveau Magasin français, 1751, février, page 51, et même dans quelques éditions des Oeuvres de Voltaire, on a donné ces stances comme adressées à Mme la dauphine, infante d’Espagne. Voltaire, dans sa lettre au président Hénault, dit les avoir faites « pour une princesse très aimable qui tient sa cour à quelque quatre cents lieues d’ici. » Il paraît, au reste, qu’on avait dit à la cour que les stances avaient été adressées à la dauphine, et qu’il était question d’exiler l’auteur. Voyez la lettre à d’Argental, du 14 février 1748. (B.) 

Note_16 Jeu à la mode à la cour. (Note de Voltaire, 1752.) 

Note_17 Dans sa lettre au président Hénault, de février 1748, Voltaire cite ainsi cette strophe: 
 

On croirait que le jeu console; 
Mais l’Ennui vient à pas comptés 
S’asseoir entre des majestés 
A la table d’un cavagnole. (B.)

Note_18 Variante: « Et les jours paraîtraient... » 

Note_19 Ces stances furent adressées par Mme Denis à Mme du Bocage, qui lui avait envoyé son poème du Paradis terrestre. (K.) 

Note_20 Notice: Ces stances ont été imprimées à la page 159 de l’opuscule intitulé l’Ombre du grand Colbert, le Louvre, et la ville de Paris, dialogue (par La Font de Saint-Yenne), 1749, in-12; et c’est cette version de 1749 qui a été reproduite jusqu’ici. L’édition de 1752 de l’Ombre du grand Colbert contient une version différente des deux dernières strophes, que j’ai adoptée ainsi que les notes qui l’accompagnaient. (B.) 

Note_21 On élevait alors, dans le milieu de la cour du Louvre, le bâtiment que l’on y voit aujourd’hui. (Note de Voltaire, 1752.) ¾ Ce bâtiment, bâti avant 1749, fut démoli en 1756 (voyez l’Année littéraire, 1756, IV, 68). Voltaire l’appelle la maison de Moletus; je ne sais qui Voltaire désigne sous ce nom de Moletus. (B.) 

Note_22 On avait projeté, dans le plan du Louvre, de placer au milieu de la cour une statue du roi. (Note de Voltaire, 1752.) 

Note_23 Louis XV revenait alors à Paris, victorieux, triomphant, et pacifique. (Note de Voltaire, 1752.) ¾ La victoire de Fontenoy est de 1745, la paix d’Aix-la-Chapelle est du 18 octobre 1748. Dans l’édition de 1749, voici quelles étaient les deux dernières strophes: 
 

Sous quels débris honteux, sous quel amas rustique 
On laisse ensevelis ces chefs-d’oeuvre divins! 
Quel barbare a mêlé la bassesse gothique 
A toute la grandeur des Grecs et des Romains? 

Louvre, palais pompeux dont la France s’honore, 
Sois digne de ce roi, ton maître et ton appui; 
Embellis les climats que sa vertu décore, 
Et dans tout ton éclat montre-toi comme lui.

Une note sur le troisième vers de la troisième strophe disait qu’il regardait « le bâtiment neuf au milieu de la cour. » (B.) 

Note_24 Date du second voyage à Berlin. 

Note_25 Variante: 
 

Il faut, la nuit, dire tout ce qu’on sent 
Au tendre objet que votre coeur adore; 
Se réveiller pour en redire autant, 
Se rendormir pour y songer encore.

Note_26 Ces stances furent faites en réponse à un petit billet par lequel le roi de Prusse annonçait être accouché de six jumeaux, c’est-à-dire de l’Art de la guerre, poème en six chants. (B.) 

Note_27 Dans ses vers Sur l’usage de la vie, qui sont à la suite de la Défense du mondain, (voyez tome X), Voltaire a dit: 
 

Si mes amis sont heureux, 
Je serai moins misérable.

Note_28 Cette faute est dans le manuscrit. (Note de Boissonade.) 

Note_29 Un des familiers dé Frédéric, La Mettrie, avait publié l’Homme machine. (G. A.) 

Note_30 Quelques semaines après avoir écrit ces vers, Voltaire se brouillait avec Frédéric, et quittait Berlin. (G. A.) 

Note_31 Notice: Ces vers furent aussi adressés à de Bordes, dans une lettre dont on ne connaît que ce passage: « Vous avez fait assurément nos délices, monsieur, quand vous avez bien voulu passer quelques jours avec l’oncle et la nièce; ils n’ont qu’un reproche à vous faire, c’est de ne vous avoir pu posséder assez longtemps. 
« L’oncle et la nièce vous embrassent; la nièce dit que les vers sont pour elle. Partagez en revenant ici. » (G. A.) 
¾ On trouve aussi ces vers dans le tome III, page 145, des Oeuvres de Bordes; dans la dixième partie des Nouveaux Mélanges; dans l’édition in-4°, t. XVIII, p. 491; dans l’édition encadrée, ou de 1775, ces vers sont imprimés avec l’adresse A M...
Les éditeurs de Kehl sont les premiers qui aient mis pour adresse A madame Denis. (B.) 

Note_32 Notice: Dans une lettre à Thieriot, du 26 mars 1757, Voltaire se vantait d’avoir fait imprimer à Genève, avec approbation, que Calvin avait une âme atroce. Cette lettre avait été imprimée dans le Mercure de mai 1757. Les mots âme atroce n’ont jamais été dans l’Essai sur les moeurs. Mais la publication de la lettre à Thieriot fit scandale à Genève, et occasionna des tracasseries à Voltaire. Un Genevois, nommé Rival, lui adressa des vers où il lui disait: 
 

Quant à vous, célèbre Voltaire, 
Vous eûtes tort, c’est mon avis. 
Vous vous plaisez dans ce pays; 
Fêtez le saint qu’on y révère, etc., etc.

C’est en réponse à la pièce de Rival, que Voltaire a reproduite dans le Commentaire historique, qu’il publia ces stances, intitulées les Torts. (B.) 

Note_33 Dubourg, conseiller-clerc du parlement, pendu et brûlé à Paris, comme Servet à Genève. (Note de Voltaire, 1776.) 

Note_34 Mme Cramer-Dellon. 

Note_35 Notice: Deodati de Tovazzi ayant publié une Dissertation sur l’excellence de la langue italienne, Voltaire prit la défense de la langue française dans une assez longue lettre qui est dans la Correspondance. Peu de jours après, il écrivit ces stances, qu’il appelle son Ultimatum dans sa lettre à Damilaville, du 3 mars 1761. (B.) 

Note_36 Adrien-Michel-Hyacinthe Blin de Sainmore, né le 15 février 1733, mort le 26 septembre 1807, avait publié à la fin de 1761 une héroïde intitulée Lettre de Gabrielle d’Estrées à Henri IV, qu’il fit réimprimer en 1766. (B.) 

Note_37 Voltaire trouvait que Blin de Sainmore avait beaucoup fait parler la belle Gabrielle; voyez sa lettre à Damilaville, du 6 décembre 1761. 

Note_38 Port sur le lac de Genève, que créait alors le duc de Choiseul. (G. A.) 

Note_39 Variante: « N’est à mes yeux qu’un grand coupable. » 

Note_40 L’abbé Terray, d’abord conseiller-clerc au parlement, puis contrôleur général des finances, avait fait rendre un édit portant suspension du payement des rescriptions. On ne les recevait pas même dans les nouveaux emprunts. Voltaire avait alors en portefeuille deux cent mille francs de rescriptions. (B.) 

Note_41 C’est d’après une copie de la main de Wagnière que j’ai mis ici salut. Toutes le éditions portent bonheur. (B.) 

Note_42 La pièce que Saurin avait adressée à Voltaire contenait vingt et un vers, dont voici les 5e, 6e, et 7e: 
 

Par la grâce du saint capuce, 
Tu seras près de la soeur Luce 
Aussi jeune qu’en tes écrits. (B.)

Note_43 Billard, caissier général des postes à la fin du règne de Louis XV, était renommé pour sa dévotion. Il s’approchait de la sainte table tous les trois ou quatre jours, et fit, en 1769, une banqueroute frauduleuse de plusieurs millions. Il fut, en 1772, condamné au bannissement, et mis au carcan sur la place de Grève pendant deux heures. 

L’abbé Grisel, sous-pénitencier de l’église de Paris, confesseur de l’archevêque, directeur de dévotes illustres, était le confident de Billard. Plus heureux que Billard, il avait été mis en liberté en septembre 1771, était rentré dans ses fonctions à l’archevêché, et avait dit à Notre-Dame une messe où il y eut grande affluence. (B.) 

Note_44 Drame de Laharpe. 

Note_45 A propos de la souscription pour la statue du patriarche. Mme Necker fut la présidente de la commission des gens dé lettres souscripteurs. (G. A.) 
¾ La statue de Voltaire, dont il est question dans ces stances, ne fut achevée qu’en 1776. Voltaire alors adressa à Mme Necker une épître. La statue est aujourd’hui dans la bibliothèque de l’Institut. On lit au bas: 

A MONSIEUR DE VOLTAIRE PAR LES GENS DE LETTRES.
SES COMPATRIOTES ET SES CONTEMPORAINS 1776. (B.)

Note_46 Voyez l’écrit intitulé J.-J. Rousseau à Christophe de Beaumont, archevêque de Paris. 

Note_47 Ces stances circulèrent et ont été imprimées comme adressées à Mme du Deffant: Ce qui blessa beaucoup cette dame, qui ne pouvait digérer qu’on l’appelât bergère et ma chère. Ce n’est que depuis 1807 qu’on leur a mis leur véritable adresse. (B.) 

Note_48 Après la seconde stance, l’auteur a retranché celle-ci: 
 

Au sein d’un ténébreux nuage 
Un rayon s’échappe et nous luit; 
Mais bientôt il cède à l’orage 
Qui nous replonge dans la nuit.

Note_49 Les vers de Tibulle sont rapportés volume VI du Théâtre (tome VII des Oeuvres). 

Note_50 Ce buste était en 1822, chez Mme la marquise de Villette. (B.) 

Note_51 Ces stances ont été imprimées, pour la première fois, dans le Journal de politique et de littérature du 15 octobre 1777. (B.) 

Note_52 Voltaire, dans sa lettre à Cideville, du 12 avril 1733, qualifiant de Préface du Temple du Goût la Lettre qui le précède, j’ai du la laisser à cette place, et non la porter dans la Correspondance.(B.) 

Note_53 La manière dont Bayle a écrit ces deux noms les lui a fait placer à quelque distance l’un de l’autre; c’est ce que n’a pas aperçu Voltaire. Caesarius est le premier article de la lettre C; César est le soixante-douzième. (B.) 

Note_54 Par Rollin. 

Note_55 Entretiens sur la pluralité des mondes, par Fontenelle, publiés pour la première fois en 1686. 

Note_56 Satire II, vers 19-20. 

Note_57 C’est le titre d’une des Allégories de J.-B. Rousseau, qui, dans plusieurs éditions, est intitulée la Francinade

Note_58 Horace, de Arte poetica, vers 343. 

Note_59 Note de Voltaire, 1748: Cet ouvrage fut composé en 1731 Il en a été fait plusieurs éditions; celle ci est incomparablement la meilleure, la plus ample, et la plus correcte. 

Note_60 Voyez ci-après la variante n° 1. 

Note_61 Note de Voltaire, 1752: L’Anti-Lucrèce n’avait point encore été imprimé, mais on en connaissait quelques morceaux, et cet ouvrage avait une très grande réputation. 
¾ Lorsque Voltaire appela le cardinal de Polignac vainqueur de Lucrèce, ce fut après avoir entendu seulement vingt vers que l’auteur de l’Anti-Lucrèce lui avait lus, et qui semblaient fort beaux à l’auditeur. Voyez la lettre à Mme du Deffant, du 13 octobre 1759, où l’Anti-Lucrèce est appelé poème sans poésie et philosophie sans raison. La première édition de l’Anti-Lucrèce est de 1745. (B.) 

Note_62 Voltaire a fait un ouvrage sous ce titre: voyez tome IX. 

Note_63 Voyez ci-après la variante n° 2. 

Note_64 Note de Voltaire, 1752: L’abbé de Rothelin, de l’Académie française. 
¾ Charles d’Orléans de Rothelin,descendant de Dunois, était aussi de l’Académie des inscriptions. Né en 1691, il est mort en 1744. (B.) 

Note_65 Note de Voltaire, 1733: Dacier avait une littérature fort grande: il connaissait tout des anciens, hors la grâce et la finesse: ses commentaires ont partout de l’érudition, et jamais de goût; il traduit grossièrement les délicatesses d’Horace. 
Si Horace (I, 5) dit à sa maîtresse: 
 

Miseri, quibus 
Intentata niles!

Dacier dit: « Malheureux ceux qui se laissent attirer par cette bonace, sans vous connaître! » Il traduit 
 

Nunc est bibendum, nunc pede libero 
Pulsanda tellus (I, 37).

« C’est à présent qu’il faut boire, et que sans rien craindre il faut danser de toute sa force; » 

Mox juniores quaerit adulteros (III, 6),

« Elles ne sont pas plutôt mariées qu’elles cherchent de nouveaux galants. » Mais quoiqu’il défigure Horace, et que ses notes soient d’un savant peu spirituel son livre est plein de recherches utiles et on loue son travail en voyant son peu de génie. 
Note de Voltaire, 1742: Saumaise est un auteur savant qu’on ne lit plus guère Il commence ainsi sa défense du roi d’Angleterre Charles Ier: « Anglais, qui vous renvoyez les têtes des rois comme des balles de paume, qui jouez à la boule avec des couronnes, et qui vous servez de sceptres comme de marottes.

Note_66 Voyez ci-après la variante n° 3. 

Note_67 Note de Voltaire, 1733: Wateau est un peintre flamand qui a travaillé à Paris, où il est mort il y a quelques années. Il a réussi dans les petites figures qu’il a dessinées, et qu’il a très bien groupées; mais il n’a jamais rien fait de grand, il en était incapable. ¾ Il est mort à Nogent-sur-Marne en 1721. (B.) 

Note_68 Voyez ci-après la variante n° 4. 

Note_69 Voyez ci-après la variante n° 5. 

Note_70 Voyez ci-après la variante n° 6. 

Note_71 Note de Voltaire, 1733: Quand Mahomet II prit Constantinople en 1453,tous les Grecs qui cultivaient les arts se réfugièrent en Italie. Ils y furent principalement accueillis par les maisons de Médicis, d’Este et de Bentivoglio, à qui l’Italie doit sa politesse et sa gloire. 

Note_72 Voyez ci-après la variante n° 7. 

Note_73 Note de Voltaire, édition d’Amsterdam: Félibien a fait, sur la peinture, cinq volumes, où on trouve moins de choses que dans le seul volume de Piles. 

Note_74 Note de Voltaire, 1733: Le portail de Notre-Dame est chargé de plus d’ornements qu’on n’en voit dans les bâtiments de Michel-Ange, de Palladio, et du vieux Mansard. 

Note_75 Note de Voltaire, 1733: La chapelle de Versailles n’est dans aucune proportion: elle est longue et étroite à un excès ridicule. 

Note_76 Voyez ci-après la variante n° 8. 

Note_77 Note de Voltaire, 1733: Quand on entre dans un édifice bâti selon les véritables règles de l’architecture, toutes les proportions étant observées, rien ne paraît ni trop grand, ni trop petit, et le tout semble s’agrandir insensiblement à mesure qu’on le considère; il arrive tout le contraire dans les monuments gothiques. 

Note_78 Voyez ci-après la variante n° 9. 

Note_79 Note de Voltaire, 1733: Scudéri était, comme de raison, ennemi déclaré de Corneille. Il avait une cabale qui le mettait fort au-dessus de ce père du théâtre. Il y a encore un mauvais ouvrage de Sarrasin fait pour prouver que je ne sais quelle pièce de Scudéri, nommée l’Amour tyrannique, était le chef-d’oeuvre de la scène française. Ce Scudéri se vantait qu’il y avait eu quatre portiers tués à une de ses pièces, et il disait qu’il ne céderait à Corneille qu’en cas qu’on eût tué cinq portiers au Cid et aux Horaces.
A l’égard de Pradon, on sait que sa Phèdre fut d’abord beaucoup mieux reçue que celle de Racine. et qu’il fallut du temps pour faire céder la cabale au mérite. 

Note_80 Voyez ci-après la variante n° 10. 

Note_81 Voyez ci-après la variante n° 11. 

Note_82 Note de Voltaire, 1733: La plupart des mauvais livres sont imprimés avec des approbations pleines d’éloges. Les censeurs des livres manquent en cela de respect au public. Leur devoir n’est pas de dire si un livre est bon, mais s’il n’y a rien contre l’État. ¾ Dans l’édition de 1742, l’auteur réduisit sa note à ces mots: « Beaucoup de mauvais livres sont imprimés avec des approbations pleines d’éloges. » (B.) 

Note_83 Voyez la variante n° 12. 

Note_84 Languet de Cergy (Jean-Joseph), évêque de Soissons en 1715, et archevêque de Sens en 1730, auteur de la Vie de la vénérable mère Marguerite-Marie (née Alacoque), 1729, in-4°. 

Note_85 Bardou est le nom d’un méchant poète ridiculisé par Boileau. Voltaire, dans son Siècle de Louis XIV (Catalogue des écrivains, article Lamotte), apprend que sous le nom de Bardou c'est Boindin qu'il a voulu peindre. (B.) 

Note_86 Note de Voltaire, 1733: Houdard de Lamotte fit, en 1728, un Oedipe en prose et un Oedipe en vers. A l’égard de son Oedipe en prose, personne, que je sache, n’a pu le lire. Son Oedipe en vers fut joué trois fois. Il est imprimé avec ses autres oeuvres dramatiques, et l’auteur a eu soin de mettre dans un avertissement que cette pièce a été interrompue au milieu du plus grand succès. 
¾ Cet auteur a fait d’autres ouvrages estimés, quelques odes très belles, de jolis opéras, et des dissertations très bien écrites. (Note de Voltaire, 1739.) 

Note_87 Fontenelle avait appelé Lamotte un poète fort de choses. (B.) 

Note_88 Voyez la variante n° 13. 

Note_89 Note de Voltaire, 1739: Vers de Rousseau. ¾Ces vers sont dans l’Épithalame qui fait partie de ses Oeuvres. (B.) 

Note_90 Vers de Rousseau. (Note de Voltaire, 1739) ¾ Livre III, ode vii, strophe 1. (B) 

Note_91 Vers de Rousseau. (Note de Voltaire, 1739) ¾ Dans la fable intitulée le Rossignol et la Grenouille. (B.) 

Note_92 Voyez la variante n° 14. 

Note_93 Tout le monde ne fut pas de l’avis de la Critique et bien des gens trouvèrent au moins la « justice » rigoureuse. Brossette, à qui tous les livres nouveaux étaient dépêchés à mesure qu’ils paraissaient, écrit au président Bouhier: « Je parierais bien que Voltaire a entrepris principalement cette satire pour se venger de Rousseau, qui y est cruellement et, j’ose le dire, injustement traité. » 

Note_94 Note de Voltaire, 1733: Leibnitz, né à Leipsick le 23 juin 1646, mort à Hanovre le 14 novembre 1716. Nul homme de lettres n’a tait tant d’honneur à l’Allemagne. Il était plus universel que Newton, quoiqu’il n’ait peut-être pas été si grand mathématicien. Il joignait à une profonde étude de toutes les parties de la physique un grand goût pour les belles-lettres; il faisait même des vers français. Il a paru s’égarer en métaphysique; mais il a cela de commun avec tous ceux qui ont voulu faire des systèmes. Au reste, il dut sa fortune à sa réputation. Il jouissait de grosses pensions de l’empereur d’Allemagne, de celui de Moscovie, du roi d’Angleterre, et de plusieurs autres souverains. 

Note_95 Voyez la variante n° 15. 

Note_96 Voyez la variante n° 16. 

Note_97 Note de Voltaire, 1752: Charles Rollin, ancien recteur de l’Université et professeur royal, est le premier homme de l’Université qui ait écrit purement en français pour l’instruction de la jeunesse, et qui ait recommandé l’étude de notre langue, si nécessaire, et cependant si négligée dans les écoles. Son livre du Traité des études respire le bon goût et la saine littérature presque partout. On lui reproche seulement de descendre dans des minuties. Il ne s’est guère éloigné du bon goût que quand il a voulu plaisanter (t. III, liv. VI, part. iii, chap. 2, art. i, sect. ) en parlant de Cyrus: « Aussitôt, dit-il, on équipe le petit Cyrus en échanson; il s’avance gravement, la serviette sur l’épaule, et tenant la coupe délicatement entre trois doigts...« J’ai appréhendé, dit le petit Cyrus, que cette liqueur ne fût du poison. ¾ Du poison! et comment cela? ¾ Oui, mon papa. » En un autre endroit (liv. VII, part. i, art. ii), en parlant des jeux qu’on peut permettre aux enfants: « Une balle, un ballon, un sabot, sont fort de leur goût... » Et liv. VII, part. ii, ch. 2, art. iv: « Depuis le toit jusqu’à la cave, tout parlait latin chez Robert Estienne. » Il serait à souhaiter qu’on corrigeât ces mauvaises plaisanteries dans la première édition qu’on fera de ce livre, si estimable d’ailleurs. 

Note_98 Voyez la variante n° 17. 

Note_99 Note de Voltaire, 1733: Girardon mettait dans ses statues plus de grâce, et le Puget plus d’expression. Les bains d’Apollon sont de Girardon, ainsi que le mausolée du cardinal de Richelieu en Sorbonne, l’un des chefs d oeuvre de la sculpture moderne. Le Milon et l’Andromède sont du Puget. 

Note_100 Note de Voltaire, 1733: Le Poussin, né aux Andelys en 1594, n’eut de maître que son génie et quelques estampes de Raphaël qui lui tombèrent entre les mains. Le désir de consulter la belle nature dans les antiques le fit aller à Rome malgré les obstacles qu’une extrême pauvreté mettait à ce voyage. Il y fit beaucoup de chefs d’oeuvre qu’il ne vendait que sept écus pièce. Appelé en France par le secrétaire d’État des Noyers, il y établit le bon goût de la peinture; mais persécuté par ses envieux, il s’en retourna à Rome, où il mourut avec une grande réputation et sans fortune. Il a sacrifié le coloris à toutes les autres parties de la peinture. Ses sacrements sont trop gris: cependant il y a dans le cabinet de M. le duc d’Orléans un ravissement de saint Paul, du Poussin, qui fait pendant avec la vision d’Ézéchiel de Raphaël et qui est d’un coloris assez fort. Ce tableau n est point déparé du tout par celui de Raphaël, et on les voit tous deux avec un égal plaisir. 

Note_101 Note de Voltaire, 1733: Le Brun, disciple de Vouet, il a péché que dans le coloris. Son tableau de la famille d’Alexandre est beaucoup mieux colorié que ses batailles. Ce peintre n’a pas un si grand goût de l’antique que le Poussin et Raphaël, mais il a autant d’invention que Raphaël et plus de vivacité que le Poussin. Les estampes des batailles d’Alexandre sont plus recherchées que celles des batailles de Constantin par Raphaël et par Jules Romain. 

Note_102 Note de Voltaire, 1733: Eustache Le Sueur était un excellent peintre quoiqu’il n’eût point été en Italie. Tout ce qu’il a fait était dans le grand goût mais il manquait encore de beau coloris. 
Ces trois peintres sont à la tête de l’école française. 

Note_103 Note de Voltaire, 1733: Rubens égale le Titien pour le coloris; mais il est fort au-dessous de nos peintres français pour la correction du dessin. 

Note_104 Voyez la variante n° 18. 

Note_105 Note de Voltaire, 1733: Segrais est un poète très faible; on ne lit point ses églogues, quoique Boileau les ait vantées. Son Énéide est du style de Chapelain. Il y a un opéra de lui, c’est Roland et Angélique, sous le titre de l’Amour guéri par le temps. On voit ces vers dans le prologue: 

Pour couronner leur tête 
En cette fête, 
Allons dans nos jardins, 
Avec les lis de Charlemagne, 
Assembler les jasmins 
Qui parfument l’Espagne.

La Zaïde est un roman purement écrit, et entre les mains de tout le monde; – mais il n’est pas de lui. (Note de Voltaire, 1739.) - Il le disait lui-même: « La Princesse de Clèves, dit-il dans le Segraisiana, page 9, est de Mme de La Fayette.... Zaïde, qui a paru sous mon nom, est aussi d’elle; il est vrai que j’y ai eu quelque part, mais seulement pour la disposition du roman. » (B.) 

Note_106 Note de Voltaire, 1733: Voici ce que M. Huet, évêque d’Avranches, rapporte, page 204 de ses Commentaires, édition d’Amsterdam: « Mme de La Fayette négligea si fort la gloire qu’elle méritait, qu’elle laissa Zaïde paraître sous le nom de Segrais; et lorsque j’eus rapporté cette anecdote, quelques amis de Segrais, qui ne savaient pas la vérité, se plaignirent de ce trait comme d’un outrage fait à sa mémoire. Mais c’était un fait dont j’avais longtemps été témoin oculaire, et c’est ce que je suis en état de prouver par plusieurs lettres de Mme de La Fayette, et par l’original du manuscrit de la Zaïde, dont elle m’envoyait les feuilles à mesure qu’elle les composait. » 

Note_107 Note de Voltaire, 1733: Voici ce que Pellisson rapporte comme des bons mots: « Sur ce qu’on parlait de marier Voiture, fils d’un marchand de vin, à la fille d’un pourvoyeur de chez le roi: 
 

Oh! que ce beau couple d’amants 
Va goûter de contentements! 
Que leurs délices seront grandes! 
Ils seront toujours en festins; 
Car si La Prou fournit les viandes, 
Voiture fournira les vins. »

Il ajoute que Mme Desloges, jouant au jeu des proverbes, dit à Voiture: « Celui-ci ne vaut rien, percez-nous-en d’un autre. » ¾ Son Histoire de l’Académie est remplie de pareilles minuties, écrites languissamment: et ceux qui lisent ce livre sans prévention sont bien étonnés de la réputation qu’il a eue. Mais il y avait alors quarante personnes intéressées à le louer. (Note de Voltaire, 1739) 

Note_108 Note de Voltaire, 1733: On sait à quel point Saint-Évremond était mauvais poète. Ses comédies sont encore plus mauvaises. Cependant il avait tant de réputation qu’on lui offrit cinq cents louis pour imprimer sa comédie de Sir Politik.

Note_109 Note de Voltaire, 1733: Voiture est celui de tous ces illustres du temps passé qui eut le plus de gloire, et celui dont les ouvrages le méritent le moins, si vous en exceptez quatre ou cinq petites pièces de vers, et peut-être autant de lettres. Il passait pour écrire des lettres mieux que Pline, et ses lettres ne valent guère mieux que celles de Le Pays et de Boursault. 
Voici quelques-uns de ses traits: « Lorsque vous me déchirez le coeur et que vous le mettez en mille pièces, il n’y en a pas une qui ne soit à vous, et un de vos souris confit mes plus amères douleurs. Le regret de ne vous plus voir me coûte, sans mentir, plus de cent mille larmes. Sans mentir, je vous conseille de vous faire roi de Madère. Imaginez-vous le plaisir d’avoir un royaume tout de sucre A dire le vrai, nous y vivrions avec beaucoup de douceur. » 
Il écrit à Chapelain: « Et notez, quand il me vient en la pensée que c’est au plus judicieux homme de notre siècle, au père de la Lionne et de la Pucelle que j’écris, les cheveux me dressent si fort à la tête qu’il semble d’un hérisson. » 
Souvent rien n’est si plat que sa poésie. 
 

Nous trouvâmes près Sercotte, 
Cas étrange, et vrai pourtant, 
Des boeufs qu’on voyait broutant 
Dessus le haut d’une motte; 
Et plus bas quelques cochons, 
Et bon nombre de moutons.

Cependant Voiture a été admiré, parce qu’il est venu dans un temps où l’on commençait à sortir de la barbarie, et où l’on courait après l’esprit sans le connaître. Il est vrai que Despréaux l’a comparé à Horace; mais Despréaux était jeune alors. Il payait volontiers ce tribut à la réputation de Voiture, pour attaquer celle de Chapelain, qui passait alors pour le plus grand génie de l’Europe, ¾ et Despréaux a rétracté depuis ces éloges. (Note de Voltaire, 1752.) 

Note_110 Note de Voltaire, 1733: Il écrivit au roi: « Sire, un homme comme moi, qui a de la naissance, de l’esprit, et du courage... J’ai de la naissance, et l’on dit que j’ai de l’esprit pour faire estimer ce que je dis. » 

Note_111 L’abbé de Chaulieu, dans une épître au marquis de La Fare, connue dans le public sous le titre du Déiste, dit: 
 

J’ai vu de près le Styx, j’ai vu les Euménides; 
Déjà venaient frapper mes oreilles timides 
Les affreux cris du chien de l’empire des morts.

Le moment d’après il fait le portrait d’un confesseur, et parle du Dieu d’Israël, 
 

Lorsqu’au bord de mon lit une voix menaçante, 
Des volontés du ciel interprète lassante...

Voilà bien le confesseur. Dans une autre pièce sur la Divinité, il dit: 
 

D’un Dieu, moteur de tout, j’adore l’existence: 
Ainsi l’on doit passer avec tranquillité 
Les ans que nous départ l’aveugle destinée.

Ces remarques sont exactes, et M. de Saint-Marc s’est trompé en disant dans son édition de Chaulieu qu’elles ne l’étaient pas. On trouve dans ses poésies beaucoup de contradictions pareilles. Il n’y a pas trois pièces écrites avec une correction continue; mais les beautés de sentiment et d’imagination qui y sont répandues en rachètent les défauts. 
L’abbé de Chaulieu mourut en 1720, âgé de près de quatre-vingts ans, avec beaucoup de courage d’esprit. 

Note_112 Note de Voltaire, 1733: Le marquis de La Fare, auteur des mémoires qui portent son nom, et de quelques pièces de poésie qui respirent la douceur de ses moeurs, était plus aimable homme qu’aimable poète. Il est mort en 1718. Ses poésies sont imprimées à la suite des oeuvres de l’abbé de Chaulieu, son intime ami, ¾ avec une préface très partiale et pleine de défauts (Note de Voltaire, 1739 ) ¾ Toutes les éditions du Temple du Goût, depuis 1733 jusqu’en 1817, portent ici 1718. Je me suis permis le premier, et peut-être ai-je eu tort, de mettre 1713, non que cette date soit la véritable date de la mort de La Fare, mais parce que c’est celle que Voltaire a mise dans son Siècle de Louis XIV; c’était corriger Voltaire par lui même. La Fare est mort en 1712. (B.) 

Note_113 Note de Voltaire, 1739: Le comte Antoine Hamilton, né à Caen en Normandie, a fait des vers pleins de feu et de légèreté. Il était fort satirique. 

Note_114 Note de Voltaire, 1742: M. de Saint-Aulaire, à l’âge de plus de quatre-vingt-dix ans, faisait encore des chansons aimables. 

Note_115 Note de Voltaire, 1733: Despréaux alla réciter ses ouvrages à l’hôtel de Rambouillet. Il y trouva Chapelain, Cottin, et quelques gens de pareil goût, qui le reçurent fort mal. 

Note_116 Voyez la variante n° 19. 

Note_117 Voyez la variante n° 20. 

Note_118 Voyez la variante n° 21. 

Note_119 Note de Voltaire, 1733: La fontaine Saint-Innocent. L’architecture est de Lescot, abbé de Claigny, et les sculptures du Jean Goujon. 

Note_120 Le 6 mai 1733, Voltaire écrit à Cideville: « Je vais demeurer vis-à-vis le seul ami que le Temple du Goût m’a fait, vis-à-vis le portail de Saint-Gervais. » 

Note_121 Voyez la variante n° 22. 

Note_122 Note de Voltaire, 1742: C’est ce que Bayle lui-même écrivit au sieur des Maizeaux. 

Note_123 Voyez la variante n° 23. 

Note_124 Note de Voltaire, 1733: Jamais l’illustre Fénelon n’avait prétendu que son Télémaque fût un poème; il connaissait trop les arts pour les confondre ainsi: lisez sur ce sujet une Dissertation de l’abbé Fraguier, imprimée dans les Mémoires de l’Académie des inscriptions. ¾C’est dans le tome VI de ces Mémoires. page 265, qu’est le Discours pour établir qu’il ne peut y avoir de poème en prose. (B.) 

Note_125 Voyez la variante n° 24. 

Note_126 Note de Voltaire, 1739: Terme dont Corneille se sert dans une de ses épîtres. 

Note_127 Voltaire a répété ce vers en 1769, dans son Épître à Boileau.

Note_128 Note de Voltaire, 1733: On a fait réellement ces reproches à Fénelon et à Racine, dans de misérables libelles que personne ne lit plus aujourd’hui, et auxquels la malignité donna de la vogue dans leur temps. 

Note_129 Note de Voltaire, 1733: Il faut apprendre au lecteur qu’il y a dans les Oeuvres de Rousseau une mauvaise épigramme contre M. l’abbé Bignon, qui est regardé dans l’Europe, depuis quarante ans, comme le protecteur le plus zélé des lettres. Rousseau a tâché, dans cette épigramme, de tourner en ridicule une vertu si respectable; et voici comme il définit ce sage prélat, bibliothécaire du roi: 
 

C’est celui qui sous Apollon 
Prend soin des haras du Parnasse, 
Et qui fait provigner la race 
Des bidets du sacré vallon.

Note_130 Note de Voltaire, 1733: Il avait autrefois fait des vers pour M. le duc de Noailles, où il avait dit: 
 

Oh! qu’il chansonne bien! 
Serait-ce point Apollon delphien? 
Venez, voyez: tant a beau le corsage, etc.

Mais dans le même temps, ayant écrit une lettre contre M. le duc de Noailles, qui songeait à lui faire avoir un emploi, ce seigneur lui retira sa protection. Rousseau, étant banni de France, fit depuis une pièce qu’il intitula la Palinodie, ouvrage généralement méprisé. 

Note_131 Note de Voltaire, 1733: Le Jugement de Pluton, allégorie de Rousseau, dans laquelle il se répand en invectives contre le parlement, qui ne l’avait pourtant condamné qu’au bannissement. Cette pièce est d’un style dur et rebutant. Il y a encore je ne sais quelle épigramme de lui sur cet auguste corps. 
 

Si de Noé l’un des enfants maudit, 
De son seigneur perdit la sauvegarde, 
Ce ne fut point pour avoir, comme on dit, 
Surpris son père en posture gaillarde; 
Mais c’est qu’ayant fait cacher sa guimbarde 
Au fond de l’arche, en guise de relais, 
Il en tira cette espèce bâtarde 
Qu’on nomme gens de robe et de palais.

Note_132 Note de Voltaire, édition d’Amsterdam: Voyez le factum de M. Saurin, de l’Académie des sciences, contre Rousseau, avec l’arrêt qui condamne ce dernier comme calomniateur. 

Note_133 Note de Voltaire, 1733: 
 

Plus loin une main frénétique 
Chasse du cornet fatidique 
L’oracle roulant du destin. 
(Lamotte.)

– Ces vers de Lamotte terminent la 5e strophe de son ode intitulée la Fuite de soi-même. (B.) 

Note_134 Note de Voltaire, 1733: 
 

Ah! je connais votre coeur équivoque; 
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 
Et ressemblez à l’oeuf cuit dans sa coque.

– Voyez les Oeuvres de J.-B. Rousseau, liv. II, épigramme 5. ( B.) 

Note_135 Note de Voltaire, 1733: Conseiller d’État, homme d’un mérite reconnu dans l’Europe, et protecteur des sciences. Rousseau avait fait contre lui quelques mauvais vers. 

Note_136 Note de Voltaire, 1733: Rousseau fut condamné à l’amende honorable et au bannissement perpétuel, pour des couplets infâmes faits contre ses amis, et dont il accusa M. Saurin, de l’Académie des sciences, d’être l’auteur. Le factum de Rousseau passe pour être extrêmement mat écrit, celui de M. Saurin est un chef-d’oeuvre d’esprit et d’éloquence. ¾ Rousseau, banni de France, s’est brouillé avec tous ses protecteurs, et a continué de déclamer inutilement contre ceux qui faisaient honneur à la France par leurs ouvrages, comme MM. de Fontenelle, Crébillon, Destouches, Dubos etc. etc. (Note de Voltaire, 1739.) ¾ Quant aux vers qu’il fit depuis sa sortie de France, il est constant qu’ils ne sont pas de la force des autres. Son style est dur, corrompu. et plein des défauts mêmes qu’il avait tant reprochés à Lamotte. Quant à son bannissement de France, il est absurde de penser que le Châtelet et le parlement l’aient unanimement condamné sans des preuves convaincantes. (Note de Voltaire, 1752) 

Note_137 Note de Voltaire, 1733: Mlles Le Maure et Pélissier, célèbres chanteuses de l’Opéra. 

Note_138 Note de Voltaire, 1733: Mlle Camargo, la première qui ait dansé comme un homme. 

Note_139 Note de Voltaire, 1733: Adrienne Lecouvreur, la meilleure actrice qu’ait jamais eue, avant elle, la Comédie Française pour le tragique et la première qui ait introduite au théâtre la déclamation naturelle. 
¾ Dans une autre édition de 1733, la note est conçue ainsi: « Adrienne Lecouvreur, la meilleure actrice que le Théâtre-Français ait jamais eue et aura peut-être jamais, est enterrée sur le bord de la Seine, à la Grenouillère, près d’un terrain appartenant à M. le comte de Maurepas. On l’y porta à minuit dans un fiacre avec une escouade de guet, au lieu de prêtres. » 

Note_140 Note de Voltaire, 1733: M. de Polignac, ayant conjecturé qu’un certain terrain de Rome avait été autrefois la maison de Marius, fit fouiller dans cet endroit. L’on trouva à plusieurs pieds sous terre un salon entier, avec plusieurs statues très bien conservées. Parmi ces statues, il y en a dix qui font une suit, complète, et qui représentent Achille déguisé en fille à la cour de Lycomède et reconnu par l’artifice d’Ulysse. Cette collection est unique dans l’Europe par la rareté et la beauté. ¾ A la mort du cardinal de Polignac, le roi de Prusse en fit l’acquisition. (Note de Voltaire, 1761) 

Note_141 Saint-Gervais. (B.) 

Note_142 Note de Voltaire, 1733: Mlle Sallé, excellente danseuse qui exprime les passions. 

Note_143 Note de Voltaire, 1733: Non seulement le cardinal de Richelieu fit quelquefois travailler Chapelain à des ouvrages de théâtre, mais il s’appropria un mauvais prologue de ce Chapelain; c’était le prologue d’un très ridicule poème dramatique intitulé les Tuileries. Ce cardinal fit bâtir la salle du Palais-Royal pour représenter la tragédie de Mirame, dont il avait donné le sujet, et dans laquelle il avait fait plus de cinq cents vers. Il se servait de Desmarets, de Colletet, de Faret pour composer destragédies dont il leur donnait le plan. Il admit quelque temps le grand Corneille dans cette troupe; mais le mérite de Corneille se trouva incompatible avec ces poètes, et il fut aussitôt exclu. Ce cardinal avait si peu de goût qu’il récompensa ces vers impertinents de Colletet: 
 

La canne s’humecter de la bourbe de l’eau, 
D’une voix enrouée et d’un battement d’aile 
Animer le canard qui languit auprès d’elle.

Il voulait seulement, pour rendre ces vers parfaits, qu’on mit barboter au lieu d’humecter

Note_144 Note de Voltaire, 1733: Le cardinal de Richelieu fit soutenir des thèses sur l’amour chez sa nièce la duchesse d’Aiguillon: il y avait un président, un répondant, et des argumentants. Il y a à Paris une copie de ces thèses chez un curieux; elles sont divisées en plusieurs positions, comme les thèses au collège la première position est « qu’il ne faut point parler d’un véritable amour après sa fin, parce qu’un véritable amour est sans fin. » 

Note_145 Note de Voltaire, 1733: René de Longueil de Maisons, président du Parlement, mort à Paris en 1731, à l’âge de trente ans, et n’ayant laissé pour héritier qu’un enfant de quelques mois, mort l’année suivante. Il avait eu du goût pour tous les arts dès sa première jeunesse; il avait un jardin de plantes plus complet et mieux entretenu que celui du roi ne l’était alors. Il commençait un cabinet de tableaux. Il s’amusait quelquefois à faire des vers, et même de la musique; il était excellent critique, peu aimé de ceux qui ne le connaissaient pas, et chéri avec la plus vive tendresse de ses amis, qui en parlent encore les larmes aux yeux. 

Note_146 Note de Voltaire, 1733: Sur le chemin de Juvisy on a élevé deux fontaines dont l’eau retombe dans de grands bassins: des deux côtés du chemin sont deux morceaux de sculpture; l’un est de Coustou, et est fort estimé: il est triste que son ouvrage ne soit pas de marbre, mais seulement de pierre. 

Note_147 Note de Voltaire, 1733: Les salles de tous les spectacles de Paris sont sans magnificence, sans goût, sans commodités, ingrates pour la voix, incommodes pour les acteurs et pour les spectateurs: ce n’est qu’en France qu’on a l’impertinente coutume de faire tenir debout la plus grande partie de l’auditoire. 

Note_148 Note de Voltaire, 1733: C’était en effet le dessein de ce grand homme. Un de ses projets était de faire une grande place de l’hôtel de Soissons; on aurait creusé au milieu de la place un vaste bassin qu’on aurait rempli des eaux qu’il devait faire venir par de nouveaux aqueducs. Du milieu de ce bassin, entouré d’une balustrade de marbre, devait s’élever un rocher sur lequel quatre fleuves de marbre auraient répandu l’eau, qui eût retombé en nappe dans le bassin, et qui de là se serait distribuée dans les maisons des citoyens. Le marbre destiné à cet incomparable monument était acheté; mais ce dessein fut oublié avec M. Colbert, qui mourut trop tôt pour la France. 

Note_149 Note de Voltaire, 1733: M. Turgot, président au parlement, prévôt des marchands, qui a déjà embelli cette capitale, a fait marché avec des entrepreneurs pour agrandir le quai derrière le Palais, le continuer jusqu’au pont de l’île, et joindre l’île au reste de la ville par un beau pont de pierre: il n’y a point de citoyen dans Paris qui ne doive s’empresser à contribuer de tout son pouvoir à l’exécution de pareils desseins, qui servent à notre commodité, à nos plaisirs, et à notre gloire. 

Note_150 Note de Voltaire, 1733: M le comte de Clermont, prince du sang, a fondé, à l’âge de vingt ans, une académie des arts, composée de cent personnes qui s’assemblent chez lui, et il donne une protection marquée aux gens de lettres. On ne saurait trop proposer un tel exemple aux jeunes princes. 

Note_151 Note de Voltaire, 1733: Il y a plus de vingt maisons dans Paris dans lesquelles on représente des tragédies et des comédies: on a fait même beaucoup de pièces nouvelles pour ces sociétés particulières. On ne saurait croire combien est utile cet amusement, qui demande beaucoup de soin et d’attention: il forme le goût de la jeunesse, il donne de la grâce au corps et à l’esprit, il contribue au talent de la parole, il retire les jeunes gens de la débauche, en les accoutumant aux plaisirs purs de l’esprit.

Note_152 Note de Voltaire, 1733: M. le chevalier de Brassac non seulement a le talent très rare de faire la musique d’un opéra, mais il a le courage de le faire jouer et de donner cet exemple à la jeune noblesse française. Il y a déjà longtemps que les Italiens, qui ont été nos maîtres en tout, ne rougissent pas de donner leurs ouvrages au public. Le marquis Maffei vient de rétablir la gloire du théâtre italien: le baron d’Astorga et le prélat qui est aujourd’hui archevêque de Pise ont fait plusieurs opéras fort estimés. 
– L’opéra de Brassac était intitulé le Triomphe de l’Amour et fut représenté sans succès le 14 avril 1733. Les paroles étaient de Moncrif. On croit que Brassac n’y a fait que deux ou trois airs, et que le reste de la musique est de Rebel fils, maître d’orchestre, et de Francoeur cadet, violon à l’Opéra. Aussi disait-on que l’ouvrage était des quatre fils Aymon. (B.) 

Note_153 Note de Voltaire, 1733: M. le comte de Caylus est célèbre par son goût pour les arts, et par la faveur qu’il donne à tous les bons artistes; il grave lui-même et met une expression singulière dans ses dessins. Les cabinets des curieux sont pleins de ses estampes. M. de Saint-Maurice, officier des gardes, grave aussi, et se sert avec avantage du burin: il a fait une estampe d’après Le Nain, qui est un chef-d’oeuvre. 

Note_154 Note de Voltaire, 1733: M. de La Rochefoucauld marquis de Surgères, a fait une comédie intitulée l’École du monde. cette pièce est sans contredit bien écrite et pleine de traits que le célèbre duc de La Rochefoucauld, auteur des Maximes, aurait approuvés. 
Son Voyage à Surgères (en prose et en vers) a été imprimé dans un volume de Lettres inédites publié par Serieys, 1802 in-8°. 

Note_155 Ce fut M. de Caylus qui demanda la suppression des quatre vers qui le concernent. (B.) 
Le résultat fut autre que ne l’avait attendu le poète: au lieu de faire plaisir, l’éloge déplut. M. de Caylus, particulièrement laissa voir son chagrin, que la malveillance exagéra au point de lui prêter une épigramme où on lui faisait envoyer un louis à Voltaire pour le payer de sa peine et n’être pas forcé de dire du bien de son Temple. Rien n’était moins dans le caractère de Caylus. L’auteur, à qui cependant il ne cacha point sa pensée, tout en s’efforçant de ne pas le blesser, offrit a cet ombrageux de mettre un carton à l’édition d’Amsterdam. « Je préfère le plaisir de vous obéir à celui que j’avais de vous louer. Je n’ai pas cru qu’une louange si juste pût vous offenser. Vos ouvrages sont publics; ils honorent les cabinets des curieux. » Tout cela pouvait être vrai, mais le comte ne fut sensible qu’à cette promesse de suppression. Il finissait sa réponse à la lettre de Voltaire par cette phrase qui fait sourire, mais qui dut faire plisser la lèvre à l’auteur du Temple du Goût: « Je vous remercie encore une fois de votre politesse; vous y mettrez le comble si je ne me trouve point dans votre nouvelle édition. » Cette anecdote est tout un trait de moeurs. La publicité était le fait des lettrés et des artistes de profession qu’elle mettait à leur place; un honnête homme pouvait bien rimer quelques vers, même les montrer aux gens; mais il jouait sa considération et faisait incontestablement acte de mauvais goût on cherchant plus qu’un succès de salon et d’intimes, et en donnant au public le pouvoir et le droit de le juger et de le siffler Les choses ont bien changé depuis. (G. D.) 

Note_156 Note de Voltaire, 1733: M. le marquis d’Étampes, qu’on nomme M. de la Ferté-Imbault, permettra, malgré son extrême modestie, qu’on dise qu’il a fait, à l’âge de dix-huit ans, une tragédie dont les vers sont très harmonieux, dans le temps que de vieux poètes de profession étaient assez déraisonnables pour écrire contre l’harmonie. 

Note_157 Dans les versions avant l’impression on lisait: 
 

Ne craignez point, jeune Surgère, 
D’employer des soins assidus 
Aux beaux vers que vous voulez faire. (B.)