OEUVRES COMPLÈTES DE VOLTAIRE
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THÉÂTRE VI

NOTES

Note_1Elles ont paru, pour la première fois, en 1764, dans l’édition du Théâtre de P. Corneille, avec des commentaires (par Voltaire); 10 volumes in-8°. (B.) 

Note_2C’était à la suite de Cinna que, dans ses éditions du Théâtre de P. Corneille, Voltaire avait donné la traduction de Jules César.

Note_3La Place avait donné, en 1746, le Théâtre anglais, contenant des imitations plutôt que des traductions. La traduction des Oeuvres de Shakespeare, par Letourneur, est de 1776. 

Note_4Une autre traduction avait déjà été donnée par Voltaire, en 1761, dans son Appel à toutes les nations.

Note_5Voltaire avait déjà fait un Examen du Jules César de Shakespeare, dans son Discours sur la tragédie, à milord Bolingbroke; voyez Théâtre, t. Ier

Note_6Note de Voltaire: Il y a trente-huit acteurs dans cette pièce, sans compter les assistants. Les trois premiers actes se passent à Rome. Le quatrième et le cinquième se passent à Modène et en Grèce. La première scène représente des rues de Rome. Une foule de peuple est sur le théâtre. Deux tribuns, Marullus et Flavius, leur parlent. Cette première scène est en prose. 

Note_7Note de Voltaire: C’était alors la coutume en Angleterre. 

Note_8Note de Voltaire: Il prononce ici le mot de semelle comme on prononce celui d’âme en anglais. 

Il faut savoir que Shakespeare avait eu peu d’éducation, qu’il avait le malheur d’être réduit à être comédien, qu’il fallait plaire au peuple; que le peuple, plus riche en Angleterre qu’ailleurs, fréquente les spectacles, et que Shakespeare le servait selon son goût. 

Note_9Note de Voltaire: Si le commencement de la scène est pour la populace, ce morceau est pour la cour, pour les hommes d’État, pour les connaisseurs. 

Note_10Note de Voltaire: Shakespeare fait de Casca, sénateur, une espèce de bouffon. 

Note_11Note de Voltaire: Cette anecdote est dans Plutarque, ainsi que la plupart des incidents de la pièce. Shakespeare l’avait donc lu: comment donc a-t-il pu avilir la majesté de l’histoire romaine jusqu’à faire parler quelquefois ces maîtres du monde comme des insensés, des bouffons, des crocheteurs? On l’a déjà dit; il voulait plaire à la populace de son temps. 

Note_12Note de Voltaire: Rien n’est plus naturel que le fond de cette scène, rien n’est même plus adroit. Mais comment peut-on exprimer un sentiment si naturel et si vrai par des tours qui le sont si peu? C’est que le goût n’était pas formé. 

Note_13Note de Voltaire: Tous ces contes que fait Cassius ressemblent à un discours de Gilles à la foire. Cela est naturel; oui: mais c’est le naturel d’un homme de la populace qui s’entretient avec son compère dans un cabaret. Ce n’est pas ainsi que parlaient les plus grands hommes de la république romaine. 

Note_14Note de Voltaire: L’acteur autrefois prenait en cet endroit le ton d’un homme qui a la fièvre, et qui parle d’une voix grêle. 

Note_15Note de Voltaire: Ces idées sont prises des contes de sorciers, qui étaient plus communs dans la superstitieuse Angleterre qu’ailleurs, avant que cette nation fût devenue philosophe, grâce aux Bacon, aux Shaftesbury, aux Collins, aux Wollaston, aux Dodwel, aux Middleton, aux Bolingbroke, et à tant d’autres génies hardis. 

Note_16Note de Voltaire: Il y a ici une plaisante pointe: Rome, en anglais, se prononce Roum; et room, qui signifie place, se prononce aussi roum. Cela n’est pas tout à fait dans le style de Cinna: mais chaque peuple et chaque siècle ont leur style et leur sorte d’éloquence. 

Note_17Note de Voltaire: Cela est encore tiré de Plutarque. 

Note_18Note de Voltaire: Les coronets sont de petites couronnes que les pairesses d’Angleterre portent sur la tête au sacre des rois et des reines, et dont les pairs ornent leurs armoiries. Il est bien étrange que Shakespeare ait traité en comique un récit dont le fond est si noble et si intéressant; mais il s’agit de la populace de Rome, et Shakespeare cherchait les suffrages de celle de Londres. 

Note_19Note de Voltaire: Le loup et les moutons ne gâtent point les beautés de ce morceau, parce que les Anglais n’attachent point à ces mots une idée basse: ils n’ont point le proverbe qui se fait brebis, le loup le mange.

Note_20Note de Voltaire: Presque toute cette scène me paraît pleine de grandeur, de force, et de beautés vraies. 

Note_21Note de Voltaire: Un papier, du temps de César n’est pas trop dans le costume; mais il n’y faut pas regarder de si près; il faut songer que Shakespeare n’avait point eu d’éducation, qu’il devait tout à son seul génie. 

Note_22Note de Voltaire: Ce sont ces fameuses ides de mars, 15 du mois, où César fut assassiné. 

Note_23Note de Voltaire: Il l’appelle tantôt milord, tantôt monsieur, sir.

Note_24Note de Voltaire: Il y a dans l’original: Le génie tient conseil avec ces instruments de mort. Cet endroit se retrouve dans une note de Cinna, mais moins exactement traduit. 

Note_25Votre frère veut dire ici votre ami. 

Note_26Hats, chapeaux. 

Note_27Note de Voltaire: On a traduit cette dissertation, parce qu’il faut tout traduire. 

Note_28Note de Voltaire: Y a-t-il rien de plus beau que le fond de ce discours? Il est vrai que la grandeur est un peu avilie par quelques idées un peu basses; mais toutes sont naturelles et fortes, sans épithètes et sans langueur. 

Note_29Note de Voltaire: Le mot course fait peut-être allusion à la course des lupercales. Course signifie aussi service de plats sur table.

Note_30Note de Voltaire: Observez que c’est ici un morceau des plus admirés sur le théâtre de Londres. Pope et l’évêque Warburton l’ont imprimé avec des guillemets, pour en faire mieux remarquer les beautés. Il est traduit vers pour vers avec exactitude. 

Note_31Note de Voltaire: L’évêque Warburton, dans son commentaire sur Shakespeare, dit que cela est admirablement imaginé. 

Note_32Note de Voltaire: On traduit exactement. ¾ Voyez la lettre de d’Alembert, du 8 septembre 1762. (B.) 

Note_33Note de Voltaire: C’est encore un des endroits qu’on admire, et qui sont marqués avec des guillemets. 

Note_34Note de Voltaire: Il y a dans l’original whore (putain). 

Note_35Note de Voltaire: Corneille dit la même chose dans Pompée. César parle ainsi à Cornélie (acte III, scène iv): 
 

Certes, vos sentiments font assez reconnaître
Qui vous donna la main,, et qui vous donna l’être:
Et l’on juge aisément, au coeur que vous portez,
Où vous êtes entrée, et de qui vous sortez.

Il est vrai qu’un vers suffisait, que cette noble pensée perd de son prix en étant répétée, retournée; mais il est beau que Shakespeare et Corneille aient eu la même idée. 

Note_36Note de Voltaire: L’exorciste dans la bouche des Romains est singulier. Toute cette pièce pourrait être chargée de pareilles notes; mais il faut laisser faire les réflexions au lecteur. 

Note_37Note de Voltaire: Encore une fois, la traduction est fidèle. 

Note_38Note de Voltaire: Traduit mot à mot. 

Note_39Note de Voltaire: Toujours la plus grande fidélité dans la traduction. 

Note_40Note de Voltaire: Traduit fidèlement. 

Note_41Note de Voltaire: Traduit avec la plus grande exactitude. 

Note_42Voyez dans la Correspondance, la lettre de d’Alembert, du 8 septembre 1762, et la réponse de Voltaire, du 15 septembre 1762. (B.) 

Note_43Note de Voltaire: C’est ici qu’on voit principalement l’esprit diffèrent des nations. Cotte horrible barbarie de Casca ne serait jamais tombée dans l’idée d’un auteur français; nous ne voulons point qu’on ensanglante le théâtre, si ce n’est dans les occasions extraordinaires, dans lesquelles on sauve tant qu’on peut cette atrocité dégoûtante. 

Note_44Je n’ose affirmer que Voltaire entende parler de ce qu’il a dit dans sa Dissertation sur la tragédie, en tête de Sémiramis. Voy. t. III du Théâtre. (B.)