VARIANTES DE CHARLOT.

Variante n°1:(Voyez la localisation de la variante.)

Si de la politesse un agréable usage.

Voyez la lettre à Damilaville, du 19 septembre 1767.

Variante n°2:(Voyez la localisation de la variante.)
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                                             Je fais ce que je doi.
Il m’eût été bien doux de consacrer ma vie
A servir dignement la divine Julie.
Heureux qui, recherchant la gloire et le danger,
Entre un héros et vous pourrait se partager!
Heureux à qui l’éclat d’une illustre naissance
A permis de nourrir cette noble espérance!
Pour moi qu’aux derniers rangs le sort veut captiver,
Vers la gloire de loin si je puis m’élever,
Si quelque occasion, quelque heureux avantage,
Peut jamais pour mon prince exercer mon courage,
De vous, de vos bontés, je voudrais obtenir
Pour prix de tout mon sang un léger souvenir.

JULIE.

Ah! je me souviendrai de vous toute ma vie.
Élevée avec vous, moi! que je vous oublie!
Mais vous ne quittez point la maison pour jamais.
Madame la comtesse et ses dignes bienfaits,
Une très bonne mère, et, s’il le faut, moi-même,
Tout vous doit rappeler, tout le château vous aime.
Ma bonne, ordonnez-lui de revenir souvent.

MADAME AUBONNE, on soupirant.

Je ne souffrirai pas un long éloignement.

CHARLOT.

Ah! ma mère, à mon coeur il manque l’éloquence.
Peignez-lui les transports de ma reconnaissance;
Faites-moi mieux parler que je ne puis.

JULIE.

Charlot...

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Variante n°3: (Voyez la localisation de la variante.)
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LA COMTESSE.

Dans l’état où je suis, ô ciel! il vient chez moi!

SCÈNE V.

LE COURRIER, en bottes, 
qui était parti au premier acte, arrive.

JULIE.

Charlot sera sauvé.

LE COURRIER.

Le duc de Bellegarde
Dans la cour à l’instant vient avec une garde.
Pour la seconde fois le peuple s’est mépris.

JULIE.

Le roi ne viendra point?

LE COURRIER.

Je n’en ai rien appris.
Il est à la distance à peu près d’une lieue,
Dans un petit village, avec sa garde bleue.

JULIE.

Il viendra, j’en suis sûre.

SCÈNE VI.

LE DUC DE BELLEGARDE arrive,
suivi de plusieurs domestiques de la maison,

(On prépare trois fauteuils.)

LA COMTESSE, allant au-devant de lui.

Ah! monsieur, vous venez
Consoler, s’il se peut, mes jours infortunés.

LE DUC.

Je l’espère, madame; ici le roi m’envoie:
Je viens à vos douleurs mêler un peu de joie.
(A Julie, qui veut sortir.)
Mademoiselle, il faut que je vous parle aussi;
Votre aimable présence est nécessaire ici.
Sur le destin d’un fils, madame, et sur le vôtre
Daignez avec bonté m’écouter l’une et l’autre.
(Il s’assied entre elles.)
Une madame Aubonne, accourant vers le roi,
S’est jetée à ses pieds, a parlé devant moi:
Le roi, vous le savez, ne rebute personne.

LA COMTESSE.

Ce prince daigne être homme,

JULIE.

Ah! l’âme grande et bonne!

LE DUC.

Cette femme à mon maître a dit de point en point
Ce que je vais conter... ne vous affligez point,
Madame, et jusqu’au bout souffrez que je m’explique:
Vous aviez dans ses mains mis votre fils unique:
On le crut mort longtemps; vous n’aviez jamais vu
Ce fils infortuné, de sa mère inconnu.

LA COMTESSE.

Il est trop vrai.

LE DUC.

C’était au temps même où la guerre,
Ainsi que tout l’État, désolait votre terre.
Cette femme craignit vos reproches, vos pleurs:
Elle crut vous servir en trompant vos douleurs;
Et sans doute en secret elle fut trop flattée
De la fatale erreur où vous fûtes jetée.
Vous demandiez ce fils, elle donna le sien.

LA COMTESSE.

Ah! tout mon coeur s’échappe: ah! grand Dieu!

JULIE.

Tout le mien
Est saisi, transporté.

LA COMTESSE.

Quel bonheur!

JULIE.

Quelle joie!

LA COMTESSE.

Qu’on amène mon fils; courons, que je le voie.
Mais... serait-il bien vrai?

LE DUC.

Rien n’est plus avéré.

LA COMTESSE.

Ah! si j’avais rempli ce devoir si sacré
De ne pas confier au lait d’une étrangère
Le pur sang de mon sang, et d’être vraiment mère,
On n’aurait jamais fait cet affreux changement.

LE DUC.

Il est bien plus commun qu’on ne croit.

LA COMTESSE.

Cependant
Quelle preuve avez-vous? quel témoin? quel indice?

LE DUC.

Le ciel, avec le roi, vous a rendu justice.
Votre fils réchappa; mais l’échange était fait.
Cet enfant supposé dans vos bras s’élevait.
Vos soins vous attachaient à cette créature,
Et l’habitude en vous passait pour la nature.
La nourrice voulut dissiper votre erreur;
Elle n’osa jamais alarmer votre coeur,
Craignant, en disant vrai, de passer pour menteuse;
Et la vérité même était trop dangereuse.
Dans un billet secret avec soin cacheté,
Son mari, vieux soldat, mit cette vérité.
Le billet, déposé dans les mains d’un notaire,
Produit aux yeux du roi, découvre le mystère
Le soldat même, à part interrogé longtemps,
Menacé de la mort, menacé des tourments,
D’un air simple et naïf a conté l’aventure.
Son grand âge n’est pas le temps de l’imposture;
Il touche au jour fatal où l’homme ne ment plus:
Il a tout confirmé: des témoins entendus
Sur le lieu, sur le temps, sur chaque circonstance,
Ont sous les yeux du roi mis l’entière évidence.
On ne le trompe point; il sait sonder les coeurs
Art difficile et grand qu’il doit à ses malheurs.
Ajouterai-je encor que j’ai vu ce jeune homme
Que pour aimable et brave ici chacun renomme.
De votre père, hélas! c’est le portrait vivant;
Votre père mourut quand vous étiez enfant,
Massacré près de moi dans l’horrible journée
Qui sera de l’Europe à jamais condamnée.
C’est lui-même, vous dis-je; oui, c’est lui, je l’ai vu:
Frappé de son aspect, j’en suis encore ému;
J’en pleure en vous parlant.

LA COMTESSE.

Vous ravissez mon âme.

JULIE.

Que je sens vos bienfaits

LE DUC.

Agréez donc, madame,
Que la triste nourrice, appuyant mes récits,
Puisse ici retrouver son véritable fils.
Il était expirant, mais on espère encore
Qu’il pourra réchapper: sa mère vous implore;
Elle vient: la voici qui tombe à vos genoux.

SCÈNE VII.

LES PRÉCÉDENTS, MADAME AUBONNE, 
CHARLOT.

MADAME AUBONNE, 
se jetant aux pieds de la comtesse.

J’ai mérité la mort.

LA COMTESSE.

C’est assez, levez-vous
Je dois vous pardonner, puisque je suis heureuse.
Tu m’as rendu mon sang.
 
 

(La porte s’ouvre; Charlot paraît 
avec tous les domestiques.)

CHARLOT, dans l’enfoncement, 
avançant quelques pas.

O destinée affreuse!
Où me conduisez-vous?

LA COMTESSE, courant à lui.

Dans mes bras, mon cher fils!

CHARLOT.

Vous, ma mère?

LE DUC.

Oui, sans doute.

JULIE.

O ciel! je te bénis.

LA COMTESSE, le tenant embrassé.

Oui, reconnais ta mère; oui, c’est toi que j’embrasse:
Tu sauras tout.

JULIE.

Il est bien digne de sa race.
(Le peuple derrière le théâtre.)
Vive le roi! le roi! le roi! vive le roi!

LE DUC.

Pour le coup, c’est lui-même. Allons tous c’est à moi
De présenter le fils, et la mère, et Julie.

LA COMTESSE.

Je succombe au bonheur dont ma peine est suivie.

CHARLOT, marquis.

Je ne sais où je suis.

LA COMTESSE.

Rendons grâce à jamais
Au duc de Bellegarde, au grand roi des Français...
Mon fils!

CHARLOT, marquis.

J’en serai digne.

JULIE.

Il nous fait tous renaître.

LA COMTESSE.

Allons tous nous jeter aux pieds d’un si bon maître.

CHARLOT, marquis.

Henri n’est pas le seul dont j’adore la loi.
(Tout le monde crie:)
Vive le roi! le roi! le roi! vive le roi!

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Au lieu de l’hémistiche O ciel! je te bénis (vers de la présente page), Voltaire, dans sa lettre à Damilaville, du 24 septembre 1767, propose de mettre O destins inouïs! (B.)

FIN DES VARIANTES DE CHARLOT.

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