OEUVRES COMPLÈTES DE VOLTAIRE TOME
I: INTRODUCTION ET BIOGRAPHIE
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I: Introduction |
PIÈCES POUR SERVIR A
L’HISTOIRE POSTHUME DE VOLTAIRE.
LXV. PROCÈS-VERBAL DU DÉPLACEMENT
DES SARCOPHAGES DE VOLTAIRE ET
DE ROUSSEAU.
L’an mil huit cent vingt et un, le vingt-neuf décembre,
dix heures du matin.
En exécution de la décision de S. Exc. monseigneur
le ministre de l’intérieur, en date du 25 de ce mois, à nous
transmise par monsieur le conseiller d’état, directeur des travaux
de Paris, et relative aux dispositions à faire dans la chapelle
souterraine de la nouvelle église de Sainte-Geneviève, où
se trouvent déposés provisoirement depuis plusieurs années
les deux sarcophages de Voltaire et de J.-J. Rousseau; ladite décision
portant que monsieur le maire du douzième arrondissement, et le
commissaire de police du quartier Saint-Jacques, seront appelés
à présider au déplacement de ces deux monuments, qui
seront sur-le-champ rétablis dans les deux caveaux d’une salle voûtée
qui se trouve à l’extrémité de la principale galerie
souterraine, et qu’il sera dressé procès-verbal de cette
opération;
Nous, Claude-Étienne Delvincourt, adjoint au maire
du douzième arrondissement de la ville de Paris, doyen de la faculté
de droit, membre de la Légion d’Honneur, chevalier de l’ordre de
Saint-Michel, etc.
Et Henri-Nicolas Marrigue, commissaire de police de ladite
ville de Paris, quartier Saint-Jacques, officier de police judiciaire,
auxiliaire de monsieur le procureur du roi, nous sommes transportés
en la nouvelle église Sainte-Geneviève, où étant,
nous avons trouvé le sieur Louis-Pierre Baltard architecte de ladite
église, auquel monsieur le directeur des travaux de Paris avait
donné avis de notre transport, et le sieur Pierre-Jean-Ambroise
Boucault, inspecteur des travaux de la nouvelle église de Sainte-Geneviève,
François-Marie Jay, inspecteur adjoint, et Jacques Étienne,
gardien des souterrains, lequel nous a conduits de suite dans la chapelle
souterraine de l’église, et dont la porte d’entrée se trouve
placée en face des bâtiments du collège de Henri IV.
Là, ledit sieur Baltard nous a représenté
deux sarcophages en menuiserie, que nous avons reconnus pour être
ceux de Voltaire et de J-J. Rousseau, par les emblèmes, bas-reliefs,
et inscriptions qui les décorent, et dont plusieurs sont dégradés
par le temps.
Ayant invité le chef ouvrier qui accompagnait
ledit sieur Baltard à procéder à l’enlèvement
du sarcophage de Voltaire, qui était posé du côté
du midi, et ayant sa statue en marbre blanc placée en face dans
une niche, il a fait renverser ce sarcophage sur le côté,
et on a retiré de dedans une caisse en chêne, longue d’un
mètre quatre-vingt-douze centimètres, large de cinquante-six
centimètres, fermée par deux plate-bandes en fer, formant
équerre, et rattachant le dessus aux deux côtés, ainsi
que par dix-sept forts clous, les extrémités des côtés
de ladite caisse assemblées à queue d’aronde.
Le sieur Étienne, gardien, nous a dit que cette
caisse renferme les ossements de Voltaire.
En conséquence, nous avons reconnu qu’il était
impossible, en raison de la dimension, de faire transporter ce sarcophage
au travers des galeries souterraines; nous l’avons fait démonter
avec soin, et l’avons fait transporter par parties dans la salle voûtée
qui se trouve à l’extrémité de la principale galerie
souterraine. Là, nous l’avons fait remonter, et poser de suite dans
le caveau à gauche pratiqué dans la salle, et avons fait
replacer dessous, sans qu’elle ait été ouverte, la caisse
qui a été reconnue pour contenir les ossements de Voltaire.
Cette première opération terminée,
nous sommes entrés dans la chapelle souterraine, et avons fait procéder
à l’ouverture du sarcophage de J.-J. Rousseau, qui était
placé au côté nord de ladite chapelle, par un ouvrier
du sieur Meulen, serrurier, demeurant enclos du Panthéon, la clef
de ce sarcophage n’ayant point été remise entre nos mains.
Son ouverture ayant été faite, on a retiré de l’intérieur
une caisse en plomb, ayant sur sa surface une inscription en lettres moulées,
gravées dans l’épaisseur du plomb, laquelle est ainsi conçue:
Hic jacent ossa Joannis-Jacobi Rousseau, 1778; ladite caisse, longue d’un
mètre soixante-dix-neuf centimètres, large de cinquante-trois
centimètres, haute de trente-six centimètres, et ayant deux
forts anneaux mobiles en fer à ses deux extrémités.
Nous avons reconnu qu’il existait sur l’arête,
au-dessus de l’inscription, trois gerçures à l’endroit de
la soudure.
Le sieur Étienne, gardien, nous a dit que cette
caisse en plomb renferme les ossements de J.-J. Rousseau. Nous avons donc
fait démonter également pièce par pièce le
sarcophage de J.-J. Rousseau, et l’avons fait transporter dans le caveau
de droite pratiqué dans la salle voûtée où venait
d’être déposé celui de Voltaire. Là, nous l’avons
fait remonter, et avons fait replacer dans son intérieur, sans qu’elle
ait été ouverte, la caisse en plomb renfermant les ossements
de J.-J. Rousseau; et avons de suite fait refermer la porte du sarcophage,
dont la clef, qui venait d’être faite par le sieur Meulen, a été
remise entre nos mains, pour être jointe à une expédition
du présent.
De tout ce que dessus, nous, maire et commissaire de
police du douzième arrondissement, avons dressé en triple
expédition le présent procès-verbal, que nous avons
signé avec les susnommés après lecture, et sous l’approbation
de ce qui y est contenu, et disons qu’il sera déposé tant
au ministère de l’intérieur qu’à la direction des
travaux de Paris, et à la douzième mairie.
Fait et clos à Paris, les jour, mois et an que
dessus, à trois heures de relevée.
Signé DELVINCOURT, H. N. MARRIGUE, BALTARD, BOUCAULT,
JAY, et ÉTIENNE.
Pour copie conforme,
Le conseiller d’état, directeur des bâtiments
civils,
HÉLY D’OISSEL.
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