OEUVRES COMPLÈTES DE VOLTAIRE TOME I: INTRODUCTION ET BIOGRAPHIE
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ARTICLE DE VOLTAIRE SUR VOLTAIRE

Notice: C’est un extrait du Dictionnaire des Théâtres des frères Parfaict. 
C’est dans une lettre à Voltaire lui-même, du 16 juillet 1773, que Parfaict dit lui être redevable de l’article ci-dessus, qu’il avait fait imprimer mot pour mot, tel qu’il l’avait reçu de la part de Voltaire. La lettre de Parfaict est imprimée pages 19-24 de la Lettre au public sur la mort de MM. de Crébillon, Gresset, Parfaict (par le chevalier du Coudray), 1777, in-8°. 
Cet article semble avoir été rédigé en 1755, avant les représentations de l’Orphelin de la Chine. pendant l’impression de l’édition des Oeuvres de Voltaire publiée, en 1756, par les frères Cramer, en dix-sept volumes in-8°. 

ARTICLE

Voltaire (François-Marie Arouet de), né en 1694, le 20 novembre, de François Arouet, trésorier de la chambre des comptes, et de Catherine Daumart; historiographe de France en 1745, gentilhomme ordinaire de la chambre du roi en 1747, et surnuméraire en 1749, membre de l’Académie française de la Crusca, de la Société royale de Londres, de Bologne, de Pétersbourg. Il a composé pour le théâtre les pièces suivantes: Oedipe, tragédie, 18 novembre 1718; Artémire, tragédie, 15 février 1720; Mariamne, tragédie, 6 mars 1724, retouchée et redonnée sous le titre de Hérode et Mariamne, tragédie, 10 avril 1725; l’Indiscret, comédie en un acte et en vers, 18 août 1725; Brutus, tragédie, 11 décembre 1730; Ériphyle, tragédie, 7 mars 1732; Zaïre, tragédie, 13 août 1732; Adélaïde, tragédie, 18 janvier 1734; Alzire, tragédie, 27 janvier 1736; l’Enfant prodigue ou l’École de la jeunesse, comédie en cinq actes et en vers de dix syllabes, le 10 octobre 1736; Zulime, tragédie, 8 juin 1740; Mahomet, tragédie, 9 août 1742; Mérope, tragédie, 20 février 1743; la Mort de César, tragédie, 29 août 1743; la Princesse de Navarre, comédie en trois actes, en vers libres, avec un prologue et des divertissements (musique de M. Rameau), composée à l’occasion du mariage de monseigneur le dauphin avec Marie-Thérèse, infante d’Espagne, et représentée à Versailles les mardi 23 et samedi 27 février 1745; Sémiramis, tragédie, 29 août 1748; Nanine, comédie en trois actes et en vers, 16 juin 1749; Oreste, tragédie, 12 janvier 1750; Rome sauvée, tragédie, 24 février 1752; le Duc de Foix, tragédie, 17 août 1752; ¾ au théâtre de l’Académie royale de musique: le Temple de la Gloire, ballet héroïque en trois actes, avec un prologue, représenté à Versailles le 27 novembre 1745, et à Paris le 10 décembre. 

La préface d’une des éditions de la Henriade nous apprend que ce poème fut d’abord imprimé par les soins de l’abbé Desfontaines, qui y mêla quelques vers de sa façon: on cite surtout ceux-ci: 
 

Et, malgré les Perraults et malgré les Houdarts, 
On verra le bon goût fleurir de toutes parts.

L’auteur fit ensuite imprimer la Henriade sous son véritable nom en 1727, à Londres. Il y en eut plusieurs éditions; M. l’abbé Lenglet-Dufresnoy recueillit toutes les variantes et les notes, et les fit imprimer en 1736. 

On s’est conformé à cette édition dans toutes les suivantes, jusqu’à celle qui a été faite à Leipsick en 1752. On y trouve beaucoup de changements et d’additions dans la Henriade, ainsi que dans les pièces de théâtre et les oeuvres diverses. Les opéras intitulés Samson et Pandore sont dans ce recueil, et dans ceux qu’on a faits à Paris et à Rouen sous le titre de Londres. Samson avait été mis en musique par M. Rameau. Des considérations particulières empêchèrent qu’on ne le représentât. 

M. Royer a mis Pandore en musique; mais comme l’auteur ne s’était pas asservi à la méthode ordinaire de l’opéra, le musicien a engagé un autre auteur à changer les scènes et à faire les ariettes; de sorte que cet opéra mis en musique n’est pas celui de M. de Voltaire. 

Il a donné beaucoup d’ouvrages en prose, comme l’Histoire de Charles XII roi de Suède, le Siècle de Louis XIV, dont il y a plusieurs éditions. On a mis sous son nom beaucoup d’ouvrages qui ne sont point de lui; d’autres dont le fond lui appartient, mais qu’on a entièrement défigurés: tels sont deux volumes d’une Histoire universelle depuis Charlemagne jusqu’à Charles VII, roi de France. On prépare actuellement une édition magnifique de tous ses véritables ouvrages. 
 
 
 

 


 
 
 
 
  AVERTISSEMENT DE BEUCHOT07MEMOIR
 OEUVRES COMPLÈTES DE VOLTAIRE TOME I: INTRODUCTION ET BIOGRAPHIE
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AVERTISSEMENT DE BEUCHOT
Commentaire historique

Ce n’est point au nom de Voltaire, mais c’est sous sa dictée, qu’a été écrit le Commentaire historique. Cependant Wagnière, pendant son voyage en Russie, s’en disait l’auteur, et depuis son retour en France il parlait de son Commentaire historique(1). Voici même comme il s’exprime dans deux copies autographes que je possède d’un Avis préliminaire, pour ses remarques ou additions au Commentaire historique:

Ce petit précis historique fut composé au commencement de 1776, tant sur ce que j’avais entendu dire à M. de Voltaire que sur les papiers qu’il m’avait donnés en propre en 1772. Je le priai de me permettre d’en faire usage, et il eut cette bonté. Je le communiquai à mon maître, qui eut la complaisance de le revoir et de me fournir encore quelques instructions. Je suppliai aussi M. de Voltaire de me faire donner un certificat; et, après la communication et la vérification sur les originaux, il demanda lui-même à MM. Durey et Christin les deux déclarations signées qui se trouvent à la tête de cet ouvrage(2).

C’est à une autre personne que M. G. Feydel(3) fait honneur du Commentaire historique. Il assure que cet écrit est de l’avocat Christin(4).

Voilà deux opinions bien contradictoires. Je les crois fausses toutes les deux. L’auteur du Commentaire dit (page 75): « J’étais, en 1732, à la première représentation de Zaïre; » et (page 122) il ajoute: « J’ai entendu, il y a quarante ans (à Bruxelles), cette belle chanson. » Voltaire peut avoir, dans ces deux passages, oublié que, dans le Commentaire historique, il parlait à la troisième personne; il peut même avoir employé à dessein ces expressions. Mais elles ne peuvent être échappées à Wagnière, né en 1740, ni à Christin, né en 1744, en parlant de faits antérieurs à leur naissance.

La première édition parut en 1776 avec l’adresse de: A Basle, chez les héritiers de Paul Duker. C’est Wagnière lui-même qui le dit, et sur cela il n’a aucun motif d’altérer la vérité.

J’ai sous les yeux cette édition(5); au verso du frontispice on lit les deux certificats dont parle Wagnière(6), et qui ont été reproduits dans quelques réimpressions.

Ces certificats prouvent incontestablement que la première édition du Commentaire historique n’est point antérieure au mois de juin 1776. Les Mémoires secrets en parlent, pour la première fois, à la date du 3 septembre.

Les éditeurs de Kehl avaient placé le Commentaire historique dans les Mélanges littéraires.

Lorsque les éditeurs de Kehl ont imprimé le volume où ils ont placé le Commentaire historique, ils ne croyaient pas pouvoir publier les Mémoires pour servir à la Vie de M. de Voltaire. Le roi de Prusse Frédéric II, qui n’y est pas toujours flatté, existait encore. Ils imaginèrent de coudre au Commentaire historique tout ce qu’ils purent des Mémoires. Pour cela faire, il fallut d’abord mettre à la troisième personne le récit qui, dans les Mémoires, est àla première. Quelquefois même des passages furent plus ou moins altérés. Leur édition n’était pas achevée quand le roi de Prusse mourut, et quand, par suite de l’infidélité de La Harpe, ainsi que je l’ai dit, il parut plusieurs éditions des Mémoires, que les éditeurs de Kehl se décidèrent alors à mettre dans le dernier volume de leur édition.

Il était tout naturel, en donnant depuis les deux ouvrages, de faire disparaître du Commentaire historique les passages qu’on y avait intercalés, et qui faisaient double emploi. A cet égard, mes devanciers m’ont laissé peu de chose à faire.

A la suite de la première édition et des réimpressions antérieures aux éditions de Kehl, étaient, sous le titre de Lettres véritables, etc., vingt-neuf morceaux en prose, et le conte en vers intitulé Sésostris(7).

La plus grande partie des vingt-neuf morceaux en prose est dans les éditions de Kehl, comme dans toutes celles qui les ont suivies, y compris la mienne, à leurs dates dans la Correspondance; le reste, dans les Mélanges.

Wagnière, secrétaire de Voltaire pendant vingt-quatre ans, pouvait mieux que personne donner des développements à certains passages du Commentaire historique. Les notes qu’il avait rédigées ont été imprimées sous le titre de: Additions au Commentaire historique, dans les Mémoires sur la Vie de Voltaire, etc., par Longchamp et Wagnière, 1826, deux volumes in-8°. J’y renvoie quelquefois le lecteur.
 

Beuchot. Juin 1832.

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Notes.

Note_1 Page 6 de l’Avertissement de l’éditeur des Mémoires sur Voltaire et sur ses ouvrages, par Longchamp et Wagnière, ses secrétaires; Paris, Aimé- André. 1826, deux volumes in-8°.

Note_2 Ce passage est tout différent dans l’impression faite en 1826, conforme à la copie que j’avais reçue de la main de feu Decroix. (B.)

Note_3 Un Cahier d’histoire littéraire, 1818, in-8°, page~ 1-11.

Note_4 Voyez une note, tome XIX.

Note_5 C’est sur un exemplaire d’une autre édition, et dont le titre est encadré, sous l’adresse de Neufchâtel et la date de 1776 (mais que je crois de Genève), in-8° de iv et 232 pages, que Wagnière avait commencé à écrire quclques notes.

Note_6 Voici ces certificats:
« J’ai vu les pièces originales et les preuves qui sont dans le Commentaire, et je les ai remises entre les mains du sieur Wagn.... Le 1er mai 1776.
« Signé: Durey, avocat. »
« J’ai confronté les mêmes pièces, et je les ai trouvées entièrement conformes aux originaux. Le 1er juin 1776.
« Signé: Christin. »

Note_7  Voyez ce conte, tome X.