EXTRAIT DU CÉDÉROM DES OEUVRES COMPLÈTES DE VOLTAIRE
OEUVRES COMPLÈTES DE MONTESQUIEU
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DE L’ESPRIT DES LOIS

LIVRE SEIZIÈME.
COMMENT LES LOIS DE L’ESCLAVAGE DOMESTIQUE
ONT DU RAPPORT
AVEC LA NATURE DU CLIMAT.

CHAPITRE PREMIER.
DE LA SERVITUDE DOMESTIQUE.
 
Les esclaves sont plutôt établis pour la famille qu’ils ne sont dans la famille(1). Ainsi, je distinguerai leur servitude de celle où sont les femmes dans quelques pays, et que j’appellerai proprement la servitude domestique.

CHAPITRE II.
QUE DANS LES PAYS DU MIDI
IL Y A DANS LES DEUX SEXES UNE INÉGALITÉ
NATURELLE.

Les femmes sont nubiles(2) dans les climats chauds, à huit, neuf et dix ans : ainsi l’enfance et le mariage y vont presque toujours ensemble. Elles sont vieilles à vingt : la raison ne se trouve donc jamais chez elles avec la beauté.

Quand la beauté demande l’empire, la raison le fait refuser ; quand la raison pourroit l’obtenir, la beauté n’est plus. Les femmes doivent être dans la dépendance ; car la raison ne peut leur procurer dans leur vieillesse un empire que la beauté ne leur avoit pas donné dans la jeunesse même. Il est donc très simple qu’un homme, lorsque la religion ne s’y oppose pas, quitte sa femme pour en prendre une autre, et que la polygamie s’introduise.

Dans les pays tempérés, où les agréments des femmes se conservent mieux, où elles sont plus tard nubiles, et où elles ont des enfants dans un âge plus avancé, la vieillesse de leur mari suit en quelque façon la leur ; et, comme elles y ont plus de raison et de connoissances quand elles se marient, ne fût-ce que parce qu’elles ont plus longtemps vécu, il a dû naturellement s’introduire une espèce d’égalité dans les deux sexes, et par conséquent la loi d’une seule femme.

Dans les pays froids, l’usage presque nécessaire des boissons fortes établit l’intempérance parmi les hommes(3). Les femmes, qui ont à cet égard une retenue naturelle, parce qu’elles ont toujours à se défendre, ont donc encore l’avantage de la raison sur eux.

La nature, qui a distingué les hommes par la force et parla raison, n’a mis à leur pouvoir de terme que celui de cette force et de cette raison. Elle a donné aux femmes les agréments, et a voulu que leur ascendant finit avec ces agréments(4) ; mais dans les pays chauds, ils ne se trouvent que dans les commencements, et jamais dans le cours de leur vie.

Ainsi la loi qui ne permet qu’une femme se rapporte plus au physique du climat de l’Europe qu’au physique du climat de l’Asie(5). C’est une des raisons qui a fait que le mahométisme a trouvé tant de facilité à s’établir en Asie, et tant de difficulté à s’étendre en Europe ; que le christianisme s’est maintenu en Europe, et a été détruit en Asie ; et qu’enfin les mahométans font tant de progrès à la Chine, et les chrétiens si peu. Les raisons humaines sont toujours subordonnées à cette cause suprême, qui fait tout ce qu’elle veut, et se sert de tout ce qu’elle veut.(6)

Quelques raisons particulières à Valentinien(7) lui firent permettre la polygamie dans l’empire. Cette loi violente pour nos climats fut ôtée(8) par Théodose, Arcadius et Honorius.

CHAPITRE III.
QUE LA PLURALITÉ DES FEMMES DÉPEND BEAUCOUP
DE LEUR ENTRETIEN.

Quoique dans les pays où la polygamie est une fois établie, le grand nombre des femmes dépende beaucoup des richesses du mari, cependant on ne peut pas dire que ce soient les richesses qui fassent établir dans un État la polygamie : la pauvreté peut faire le même effet, comme je le dirai en parlant des sauvages.

La polygamie est moins un luxe, que l’occasion d’un grand luxe chez des nations puissantes. Dans les climats chauds, on a moins de besoins(9) ; il en coûte moins pour entretenir une femme et des enfants. On y peut donc avoir un plus grand nombre de femmes.

CHAPITRE IV.
DE LA POLYGAMIE, SES DIVERSES CIRCONSTANCES.(10)

Suivant les calculs que l’on fait en divers endroits de l’Europe, il y naît plus de garçons que de filles(11) : au contraire, les relations de l’Asie(12) et de l’Afrique(13) nous disent qu’il y naît beaucoup plus de filles que de garçons. La loi d’une seule femme en Europe, et celle qui en permet plusieurs en Asie et en Afrique(14), ont donc un certain rapport au climat.(15)

Dans les climats froids de l’Asie, il naît, comme en Europe, plus de garçons que de filles. C’est, disent les Lamas(16), la raison de la loi qui, chez eux, permet à une femme d’avoir plusieurs maris(17).

Mais je ne crois pas(18) qu’il y ait beaucoup de pays où la disproportion soit assez grande pour qu’elle exige qu’on y introduise la loi de plusieurs femmes, ou la loi de plusieurs maris. Cela veut dire seulement que la pluralité des femmes, ou même la pluralité des hommes, s’éloigne moins de la nature(19) dans de certains pays que dans d’autres.(20)

J’avoue que si ce que les relations nous disent étoit vrai, qu’à Bantam(21) il y a dix femmes pour un homme, ce seroit un cas bien particulier de la polygamie.

Dans tout ceci je ne justifie pas les usages, mais j’en rends les raisons.

CHAPITRE V.
RAISON D’UNE LOI DU MALABAR.

Sur la côte du Malabar, dans la caste des Naïres(22), les hommes ne peuvent avoir qu’une femme, et une femme, au contraire, peut avoir plusieurs maris. Je crois qu’on peut découvrir l’origine de cette coutume. Les Naïres sont la caste des nobles, qui sont les soldats de toutes ces nations. En Europe, on empêche les soldats de se marier. Dans le Malabar, où le climat exige davantage, on s’est contenté de leur rendre le mariage aussi peu embarrassant qu’il est possible : on a donné une femme à plusieurs hommes ; ce qui diminue d’autant l’attachement pour une famille et les soins du ménage, et laisse à ces gens l’esprit militaire.

CHAPITRE VI.
DE LA POLYGAMIE EN ELLE-MÊME.

A regarder la polygamie en général, indépendamment des circonstances qui peuvent la faire un peu tolérer, elle n’est point utile au genre humain, ni à aucun des deux sexes, soit à celui qui abuse, soit à celui dont on abuse(23). Elle n’est pas non plus utile aux enfants ; et un de ses grands inconvénients est que le père et la mère ne peuvent avoir la même affection pour leurs enfants ; un père ne peut pas aimer vingt enfants, comme une mère en aime deux. C’est bien pis quand une femme a plusieurs maris ; car pour lors, l’amour paternel ne tient plus qu’à cette opinion(24), qu’un père peut croire, s’il veut, ou que les autres peuvent croire, que de certains enfants lui appartiennent.

On dit que le roi de Maroc a dans son sérail des femmes blanches, des femmes noires, des femmes jaunes.

Le malheureux ! à peine a-t-il besoin d’une couleur.(25)

La possession de beaucoup de femmes ne prévient pas toujours les désirs(26) pour celle d’un autre : il en est de la luxure comme de l’avarice : elle augmente sa soif par l’acquisition des trésors.

Du temps de Justinien, plusieurs philosophes, gênés par le christianisme, se retirèrent en Perse auprès de Cosroës. Ce qui les frappa le plus, dit Agathias(27), ce fut que la polygamie étoit permise à des gens qui ne s’abstenoient pas même de l’adultère.

La pluralité des femmes, qui le diroit ! mène à cet amour que la nature désavoue : c’est qu’une dissolution en entraîne toujours une autre. A la révolution(28) qui arriva à Constantinople, lorsqu’on déposa le sultan Achmet(29), les relations disoient que le peuple ayant pillé la maison du chiaya, on n’y avoit pas trouvé une seule femme. On dit(30) qu’à Alger(31) on est parvenu à ce point, qu’on n’en a pas(32) dans la plupart des sérails.(33)

CHAPITRE VII.
DE L’ÉGALITÉ DU TRAITEMENT
DANS LE CAS DE LA PLURALITÉ DES FEMMES.

De la loi de la pluralité des femmes suit celle de l’égalité du traitement. Mahomet, qui en permet quatre, veut que tout soit égal entre elles : nourriture, habits, devoir conjugal. Cette loi est aussi établie aux Maldives(34), où on peut épouser trois femmes.

La loi de Moïse(35) veut même que si quelqu’un a marié son fils à une esclave, et qu’ensuite il épouse une femme libre, il ne lui ôte rien des vêtements, de la nourriture et des devoirs. On pouvoit donner plus à la nouvelle épouse ; mais il falloit que la première n’eût pas moins.(36)

CHAPITRE VIII.
DE LA SÉPARATION DES FEMMES
D’AVEC LES HOMMES.

C’est une conséquence de la polygamie, que, dans les nations voluptueuses et riches, on ait un très grand nombre de femmes. Leur séparation d’avec les hommes, et leur clôture, suivent naturellement de ce grand nombre. L’ordre domestique le demande ainsi : un débiteur insolvable cherche à se mettre à couvert des poursuites de ses créanciers. Il y a de tels climats où le physique a une telle force que la morale n’y peut presque rien. Laissez un homme avec une femme ; les tentations seront des chutes, l’attaque sûre, la résistance nulle. Dans ces pays, au lieu de préceptes, il faut des verrous.

Un livre classique(37) de la Chine regarde comme un prodige de vertu de se trouver seul dans un appartement reculé avec une femme, sans lui faire violence.

CHAPITRE IX
LIAISON DU GOUVERNEMENT DOMESTIQUE
AVEC LE POLITIQUE.

Dans une république, la condition des citoyens est bornée, égale, douce, modérée ; tout s’y ressent de la liberté publique. L’empire sur les femmes n’y pourroit pas être si bien exercé ; et, lorsque le climat a demandé cet empire, le gouvernement d’un seul a été le plus convenable. Voilà une des raisons qui a fait que le gouvernement populaire a toujours été difficile à établir en Orient.

Au contraire, la servitude des femmes est très conforme au génie du gouvernement despotique, qui aime à abuser de tout. Aussi a-t-on vu, dans tous les temps, en Asie, marcher d’un pas égal la servitude domestique et le gouvernement despotique.

Dans un gouvernement où l’on demande surtout la tranquillité, et où la subordination extrême s’appelle la paix, il faut enfermer les femmes ; leurs intrigues seroient fatales au mari. Un gouvernement qui n’a pas le temps d’examiner la conduite des sujets, la tient pour suspecte, par cela seul qu’elle paroît et qu’elle se fait sentir.

Supposons un moment que la légèreté d’esprit et les indiscrétions, les goûts et les dégoûts de nos femmes, leurs passions grandes et petites, se trouvassent transportées dans un gouvernement d’Orient, dans l’activité et dans cette liberté où elles sont parmi nous ; quel est le père de famille qui pourroit être un moment tranquille ? Partout des gens suspects, partout des ennemis ; l’État seroit ébranlé, on verroit couler des flots de sang.(38)

CHAPITRE X.
PRINCIPE DE LA MORALE D’ORIENT.

Dans le cas de la multiplicité des femmes, plus la famille cesse d’être une, plus les lois doivent réunir à un centre ces parties détachées ; et plus les intérêts sont divers, plus il est bon que les lois les ramènent à un intérêt.

Cela se fait surtout par la clôture. Les femmes ne doivent pas seulement être séparées des hommes par la clôture de la maison, mais elles en doivent encore être séparées dans cette même clôture, en sorte qu’elles y fassent comme une famille particulière dans la famille. De là dérive pour les femmes toute la pratique de la morale : la pudeur, la chasteté, la retenue, le silence, la paix, la dépendance, le respect, l’amour, enfin une direction générale de sentiments à la chose du monde la meilleure par sa nature, qui est l’attachement unique à sa famille.(39)

Les femmes ont naturellement à remplir tant de devoirs qui leur sont propres, qu’on ne peut assez les séparer de tout ce qui pourroit leur donner d’autres idées, de tout ce qu’on traite d’amusements et de tout ce qu’on appelle des affaires.

On trouve des moeurs plus pures dans les divers États d’Orient, à proportion que la clôture des femmes y est plus exacte. Dans les grands États, il y a nécessairement des grands seigneurs. Plus ils ont de grands moyens, plus ils sont en état de tenir les femmes dans une exacte clôture, et de les empêcher de rentrer dans la société. C’est pour cela que, dans les empires du Turc, de Perse, du Mogol, de la Chine et du Japon, les moeurs des femmes sont admirables.(40)

On ne peut pas dire la même chose des Indes, que le nombre infini d’îles et la situation du terrain ont divisées en une infinité de petits États, que le grand nombre des causes, que je n’ai pas le temps de rapporter ici(41), rendent despotiques.

Là, il n’y a que des misérables qui pillent, et des misérables qui sont pillés. Ceux qu’on appelle des grands n’ont que de très petits moyens ; ceux que l’on appelle des gens riches n’ont guère que leur subsistance. La clôture des femmes n’y peut être aussi exacte ; l’on n’y peut pas prendre d’aussi grandes précautions pour les contenir ; la corruption de leurs moeurs y est inconcevable.

C’est là qu’on voit jusqu’à quel point les vices du climat, laissés dans une grande liberté, peuvent porter le désordre. C’est là que la nature a une force, et la pudeur une foiblesse qu’on ne peut comprendre. A Patane(42), la lubricité(43) des femmes est si grande, que les hommes sont contraints de se faire de certaines garnitures pour se mettre à l’abri de leurs entreprises. Selon M. Smith(44), les choses ne vont pas mieux dans les petits royaumes de Guinée. Il semble que, dans ces pays-là, les deux sexes perdent jusqu’à leurs propres lois.

CHAPITRE XI.
DE LA SERVITUDE DOMESTIQUE INDÉPENDANTE
DE LA POLYGAMIE.

Ce n’est pas seulement la pluralité des femmes qu’exige leur clôture dans de certains lieux d’Orient ; c’est le climat. Ceux qui liront les horreurs, les crimes, les perfidies, les noirceurs, les poisons, les assassinats, que la liberté des femmes fait faire à Goa et dans les établissements des Portugais dans les Indes, où la religion ne permet qu’une femme, et qui les compareront à l’innocence et à la pureté des moeurs des femmes de Turquie, de Perse, du Mogol, de la Chine et du Japon, verront bien qu’il est souvent aussi nécessaire de les séparer des hommes, lorsqu’on en a qu’une, que quand on en a plusieurs.

C’est le climat qui doit décider de ces choses(45). Que serviroit d’enfermer les femmes dans nos pays du Nord, où leurs moeurs sont naturellement bonnes ; où toutes leurs passions sont calmes, peu actives, peu raffinées ; où l’amour a sur le coeur un empire si réglé, que la moindre police suffit pour les conduire ?

Il est heureux de vivre dans ces climats qui permettent qu’on se communique(46) ; où le sexe qui a le plus d’agréments semble parer la société ; et où les femmes, se réservant aux plaisirs d’un seul, servent encore à l’amusement de tous.

CHAPITRE XII.
DE LA PUDEUR NATURELLE.(47)

Toutes les nations se sont également accordées à attacher du mépris à l’incontinence des femmes : c’est que la nature a parlé à toutes les nations. Elle a établi la défense, elle a établi l’attaque ; et, ayant mis des deux côtés des désirs, elle a placé dans l’un la témérité, et dans l’autre la honte. Elle a donné aux individus, pour se conserver, de longs espaces de temps, et ne leur a donné pour se perpétuer, que des moments.

Il n’est donc pas vrai que l’incontinence suive les lois de la nature ; elle les viole au contraire. C’est la modestie et la retenue qui suivent ces lois.

D’ailleurs il est de la nature des êtres intelligents de sentir leurs imperfections : la nature a donc mis en nous la pudeur, c’est-à-dire la honte de nos imperfections.

Quand donc la puissance physique de certains climats viole la loi naturelle des deux sexes et celle des êtres intelligents, c’est au législateur à faire des lois civiles qui forcent la nature du climat et rétablissent les lois primitives.

CHAPITRE XIII.
DE LA JALOUSIE.

Il faut bien distinguer, chez les peuples, la jalousie de passion d’avec la jalousie de coutume, de moeurs, de lois. L’une est une fièvre ardente qui dévore ; l’autre froide, mais quelquefois terrible, peut s’allier avec l’indifférence et le mépris.(48)

L’une, qui est un abus de l’amour, tire sa naissance de l’amour même. L’autre tient uniquement aux moeurs, aux manières de la nation, aux lois du pays, à la morale, et quelquefois même à la religion.(49)

Elle est presque toujours l’effet de la force physique du climat, et elle est le remède de cette force physique.

CHAPITRE XIV.
DU GOUVERNEMENT DE LA MAISON EN ORIENT.

On change si souvent de femmes en Orient qu’elles ne peuvent avoir le gouvernement domestique. On en charge donc les eunuques ; on leur remet toutes les clefs, et ils ont la disposition des affaires de la maison. « En Perse, dit M. Chardin, on donne aux femmes leurs habits, comme on feroit à des enfants(50). » Ainsi ce soin qui semble leur convenir si bien, ce soin qui, partout ailleurs, est le premier de leurs soins, ne les regarde pas.

CHAPITRE XV.
DU DIVORCE ET DE LA RÉPUDIATION.

Il y a cette différence entre le divorce et la répudiation, que le divorce se fait par un consentement mutuel à l’occasion d’une incompatibilité mutuelle ; au lieu que la répudiation se fait par la volonté et pour l’avantage d’une des deux parties, indépendamment de la volonté et de l’avantage de l’autre.

Il est quelquefois si nécessaire aux femmes de répudier, et il leur est toujours si fâcheux de le faire, que la loi est dure(51), qui donne ce droit aux hommes sans le donner aux femmes. Un mari est le maître de la maison ; il a mille moyens de tenir ou de remettre ses femmes dans le devoir ; et il semble que, dans ses mains, la répudiation ne soit qu’un nouvel abus de sa puissance. Mais une femme qui répudie, n’exerce qu’un triste remède. C’est toujours un grand malheur pour elle d’être contrainte d’aller chercher un second mari, lorsqu’elle a perdu la plupart de ses agréments chez un autre. C’est un des avantages des charmes de la jeunesse dans les femmes, que, dans un âge avancé, un mari se porte à la bienveillance par le souvenir de ses plaisirs.

C’est donc une règle générale que, dans tous les pays où la loi accorde aux hommes la faculté de répudier, elle doit aussi l’accorder aux femmes. Il y a plus : dans les climats où les femmes vivent sous un esclavage domestique, il semble que la loi doive permettre aux femmes la répudiation, et aux maris seulement le divorce.

Lorsque les femmes sont dans un sérail, le mari ne peut répudier pour cause d’incompatibilité de mœurs : c’est la faute du mari, si les moeurs sont incompatibles.

La répudiation pour raison de la stérilité de la femme, ne sauroit avoir lieu que dans le cas d’une femme unique(52) : lorsque l’on a plusieurs femmes, cette raison n’est, pour le mari, d’aucune importance.

La loi des Maldives(53) permet de reprendre une femme qu’on a répudiée. La loi du Mexique(54) défendoit de se réunir, sous peine de la vie. La loi du Mexique étoit plus sensée(55) que celle des Maldives ; dans le temps même de la dissolution, elle songeoit à l’éternité du mariage : au lieu que la loi des Maldives semble se jouer également du mariage et de la répudiation.

La loi du Mexique n’accordoit que le divorce. C’étoit une nouvelle raison pour ne point permettre à des gens qui s’étoient volontairement séparés, de se réunir. La répudiation semble plutôt tenir à la promptitude de l’esprit et à quelque passion de l’âme ; le divorce semble être une affaire de conseil.

Le divorce a ordinairement une grande utilité politique ; et quant à l’utilité civile, il est établi pour le mari et pour la femme, et n’est pas toujours favorable aux enfants.(56)

CHAPITRE XVI.
DE LA RÉPUDIATION ET DU DIVORCE CHEZ LES ROMAINS.

Romulus permit au mari de répudier sa femme si elle avoit commis un adultère, préparé du poison, ou falsifié les clefs. Il ne donna point aux femmes le droit de répudier leur mari. Plutarque(57) appelle cette loi, une loi très dure.

Comme la loi d’Athènes(58) donnoit à la femme, aussi bien qu’au mari, la faculté de répudier ; et que l’on voit que les femmes obtinrent ce droit chez les premiers Romains, nonobstant la loi de Romulus, il est clair que cette institution fut une de celles que les députés de Rome rapportèrent d’Athènes, et qu’elle fut mise dans les lois des Douze Tables.(59)

Cicéron(60) dit que les causes de répudiation venoient de la loi des Douze Tables. On ne peut donc pas douter que cette loi n’eût augmenté le nombre des causes de répudiation établies par Romulus.

La faculté du divorce fut encore une disposition, ou du moins une conséquence de la loi des Douze Tables. Car, dès le moment que la femme ou le mari avoit séparément le droit de répudier, à plus forte raison pouvoient-ils se quitter de concert, et par une volonté mutuelle.

La loi ne demandoit point qu’on donnât des causes pour le divorce(61). C’est que, par la nature de la chose, il faut des causes pour la répudiation, et qu’il n’en faut point pour le divorce ; parce que là où la loi établit des causes qui peuvent rompre le mariage, l’incompatibilité mutuelle est la plus forte de toutes.

Denys d’Halicarnasse(62), Valère-Maxime(63) et Aulu-Gelle(64) rapportent un fait qui ne me paroît pas vraisemblable(65). Ils disent que, quoiqu’on eût à Rome la faculté de répudier sa femme, on eut tant de respect pour les auspices, que personne, pendant cinq cent vingt ans(66), n’usa de ce droit jusqu’à Carvilius Ruga, qui répudia la sienne pour cause de stérilité. Mais il suffit de connoître la nature de l’esprit humain pour sentir quel prodige ce seroit que, la loi donnant à tout un peuple un droit pareil, personne n’en usât. Coriolan, partant pour son exil, conseilla(67) à sa femme de se marier à un homme plus heureux que lui. Nous venons de voir que la loi des Douze Tables et les moeurs des Romains étendirent beaucoup la loi de Romulus. Pourquoi ces extensions, si on n’avoit jamais fait usage de la faculté de répudier ? De plus, si les citoyens eurent un tel respect pour les auspices, qu’ils ne répudièrent jamais, pourquoi les législateurs de Rome en eurent-ils moins ? Comment la loi corrompit-elle sans cesse les moeurs ?

En rapprochant deux passages de Plutarque, on verra disparoître le merveilleux du fait en question. La loi royale(68) permettoit au mari de répudier dans les trois cas dont nous avons parlé. « Et elle vouloit, dit Plutarque(69), que celui qui répudieroit dans d’autres cas, fût obligé de donner la moitié de ses biens à sa femme, et que l’autre moitié fût consacrée à Cérès. » On pouvoit donc répudier dans tous les cas, en se soumettant à la peine. Personne ne le fit avant Carvilius Ruga(70), « qui, comme dit encore Plutarque(71), répudia sa femme pour cause de stérilité, deux cent trente ans après Romulus » ; c’est-à-dire, qu’il la répudia soixante et onze ans avant la loi des Douze Tables, qui étendit le pouvoir de répudier, et les causes de répudiation.

Les auteurs que j’ai cités disent que Carvilius Ruga aimoit sa femme ; mais qu’à cause de sa stérilité, les censeurs lui firent faire serment qu’il la répudieroit, afin qu’il pût donner des enfants à la république ; et que cela le rendit odieux au peuple(72). Il faut connoître le génie du peuple romain pour découvrir la vraie cause de la haine qu’il conçut pour Carvilius. Ce n’est point parce que Carvilius répudia sa femme qu’il tomba dans la disgrâce du peuple : c’est une chose dont le peuple ne s’embarrassoit pas(73). Mais Carvilius avoit fait un serment aux censeurs, qu’attendu la stérilité de sa femme, il la répudieroit pour donner des enfants à la république. C’étoit un joug que le peuple voyoit que les censeurs alloient mettre sur lui. Je ferai voir, dans la suite(74) de cet ouvrage, les répugnances qu’il eut toujours pour des règlements pareils(75). Mais d’où peut venir une telle contradiction entre ces auteurs ? Le voici : Plutarque a examiné un fait, et les autres ont raconté une merveille.(76)

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NOTES

Note_1 Comme le prétendait Aristote. V. Sup. le ch. i du liv. XV. (Parelle.)

Note_2 Mahomet épousa Cadhisja* à cinq ans, coucha avec elle à huit. Dans les pays chauds d’Arabie et des Indes, les filles sont nubiles à huit ans, et accouchent l’année d’après. Prideaux, Vie de Mahomet. On voit des femmes, dans les royaumes d’Alger, enfanter à neuf, dix et onze ans. Laugier de Tassis, Histoire du royaume d’Alger, p. 61. (Montesquieu.)

* Cadhisja avait quarante ans quand elle épousa Mahomet. C’est Ayesha que le prophète prit pour femme quand elle n’avait encore que six ans.

Note_3 Sup., XIV, x.

Note_4 La phrase : et a voulu que leur ascendant, etc., n’est pas dans A.

Note_5 A. B. Ainsi la loi qui ne permet qu’une femme est conforme au physique du climat de l’Europe, et non au physique du climat de l’Asie. C’est pour cela que le mahométisme a trouvé, etc.

Note_6 Cette dernière phrase se trouve pour la première fois dans l’édition de 1758. C’est sans doute une de ces explications que Montesquieu promettait pour désarmer la congrégation de l’index. Voyez notre Introduction dans le tome III.

Note_7 Voyez Jornandès, De regno et tempor. succes. et les historiens ecclésiastiques. (Montesquieu.) — Ces historiens ecclésiastiques se réduisent à Socrate ; mais Socrate est un écrivain assez éloigné du temps de Valentinien, et Jornandès n’a fait que le copier. Cette fable a été réfutée par Bossuet et par Tillemont, Hist. des empereurs, t. V, note 28 sur Valentinien. (Crévier.)

Note_8 Voyez la loi 7 au Code De Judaeis et coelicolis ; et la nov. 18, chap. v. (Montesquieu.)

Note_9 A Ceylan, un homme vit pour dix sols par mois : on n’y mange que du riz et du poisson. Recueil des voyages qui ont servi d l’établissement de la compagnie des Indes, t. II, part. i. (Montesquieu.)

Note_10 A. B. Que la loi de la polygamie est une affaire de calcul. Ce titre de chapitre fut vivement attaqué ; c’est sans doute la raison qui le fit changer dans l’édition posthume. V. Défense de l’Esprit des lois, seconde partie, de la polygamie.

Note_11 M. Arbutnot trouve qu’en Angleterre le nombre des garçons excède celui des filles : on a eu tort d’en conclure que ce fût la même chose dans tous les climats. (Montesquieu.)

Note_12 Voyez Kempfer, qui nous rapporte un dénombrement de Méaco, où l’on trouve 182,072 mâles et 223,573 femelles. (Montesquieu.)

Note_13 Voyez le Voyage de Guinée, de M. Smith, partie seconde, sur le pays d’Ansé. (Montesquieu.) — Les mots : et de l’Afrique, ainsi que la présente note, ne sont point dans A ni B.

Note_14 Les mots : Et en Afrique, sont une addition de l’édition de 1758. Presque tout ce qui regarde l’Afrique a été ajouté dans cette dernière édition.

Note_15 Inf., XXIII, xii.

Note_16 Du Halde, Mémoires de la Chine, t. IV, p. 4. (Montesquieu.)

Note_17 Albuzéir-el-Hassen, un des deux mahométans arabes qui allèrent aux Indes et à la Chine au IXe siècle, prend cet usage pour une prostitution. C’est que rien ne choquoit tant les idées mahométanes. (Montesquieu.) — Sup. ch xix.

Note_18 A. B. Mais j’ai peine à croire, etc.

Note_19 A. B. Est plus conforme à la nature, etc.

Note_20 N’y a-t-il pas là une question de civilisation ? César ne nous montre-t-il pas les anciens Bretons vivant dans la promiscuité ? (B. G., V., xiv.)

Note_21 Recueil des voyages qui ont servi à l’établissement de la compagnie des Indes, t. I. (Montesquieu.)

Note_22 Voyages de François Pyrard, chap. xxvii, Lettres édifiantes, troisième et dixième recueils, sur le Malléami dans la côte du Malabar. Cela est regardé comme un abus de la profession militaire ; et, comme dit Pyrard, une femme de la caste des bramines n’épouseroit jamais plusieurs maris. (Montesquieu.)

Note_23 On observe généralement, tant en Perse que dans tout l’Orient, que la multiplicité des femmes ne peuple pas le monde davantage ; et même d’ordinaire les familles sont moins nombreuses en Perse qu’en France. Cela vient, dit-on, de ce que les hommes et les femmes se mettent trop tôt ensemble, et avant l’âge mûr, et, bien loin de ménager leur vigueur s’excitent par des remèdes qui les consument à force de les échauffer. Les femmes cessent aussi fort vite d’enfanter en Orient, savoir dès l’âge de vingt-sept ou trente ans. Chardin, Voyage de Perse, ch. xii.

Note_24 A. B. Ne tient qu’à cette opinion, etc.

Note_25 A. B. N’ont point ce paragraphe, qui ressemble plus à une boutade qu’à une réflexion sérieuse.

Note_26 C’est ce qui fait que l’on cache avec tant de soin les femmes en Orient. (Montesquieu.)

Note_27 De la vie et des actions de Justinien, p. 403. (Montesquieu.)

Note_28 A. B. Je me souviens qu’à la révolution, etc.

Note_29 Achmet III fut déposé par les janissaires en 1730.

Note_30 A. B. On nous dit, etc.

Note_31 Laugier de Tassis, Histoire d’Alger. (Montesquieu.)

Note_32 A. B. Qu’on n’en a point du tout, etc.

Note_33 Les trois derniers paragraphes ne sont point dans le même ordre dans A.

Note_34 Voyages de François Pyrard, chap. xii. (Montesquieu.)

Note_35 Exode, chap. xxi, vers 10 et 11. (Montesquieu.)

Note_36 A. N’eut pas moins qu’elle n’avoit auparavant.

Note_37 « Trouver à l’écart un trésor dont on soit le maître, ou une belle femme seule dans un appartement reculé ; entendre la voix de son ennemi qui va périr, si on ne le secourt : admirable pierre de touche. » Traduction d’un ouvrage chinois sur la morale, dans le P. du Halde, t. III, p. 151. (Montesquieu.)

Note_38 Sup, VII, ix.

Note_39 Avec la polygamie et le harem, il paraît assez difficile qu’il y ait un grand attachement à la famille ; car la famille, au sens que nous lui donnons, n’existe pas.

Note_40 C’est une assertion qui aurait besoin d’être prouvée. Les harems n’ont jamais passé pour être le sanctuaire de l’innocence et de la pureté. Et il est difficile d’admettre que la vertu des femmes dépende de la sévérité de la clôture.

Note_41 A. B. Que nous n’avons pas le temps de rapporter ici, etc.

Note_42 Recueil des voyages qui ont servi à l’établissement de la compagnie des Indes, t, II, part. ii, p. 196. (Montesquieu.) — Montesquieu cite souvent ces voyageurs de la compagnie des Indes ; mais ce sont des autorités qui auraient besoin de garants. Aujourd’hui qu’on connaît l’Inde, il est difficile de ne pas considérer comme des fables ces récits auxquels Montesquieu donnait trop de crédit.

Note_43 Aux Maldives, les pères marient leurs filles à dix et onze ans, parce que c’est un grand péché, disent-ils, de leur laisser endurer nécessité d’hommes. Voyages de François Pyrard, chap. xii. A Bantam, sitôt qu’une fille a treize ou quatorze ans, il faut la marier, si l’on ne veut qu’elle mène une vie débordée. Recueil des voyages qui ont servi à l’établissement de la compagnie des Indes, p. 348. (Montesquieu.)

Note_44 Voyage de Guinée, seconde partie, p. 192 de la traduction : « Quand les femmes, dit-il, rencontrent un homme, elles le saisissent et le menacent de le dénoncer à leur mari, s’il les méprise. Elles se glissent dans le lit d’un homme, elles le réveillent, et s’il les refuse, elles le menacent de se laisser prendre sur le fait. » (Montesquieu.) — La phrase : Selon M. Smith, etc., et la note ne sont point dans A ni dans B. — V. Sup. ch. iv, note 5.

Note_45 On ne voit pas que les Anglaises aux Indes aient rien perdu de leur dignité ni de leur vertu. Il n’est donc pas exact de dire que le climat exige la clôture des femmes en Orient. On pourrait tout aussi bien voir dans leurs désordres un effet de la race, des moeurs ou de la religion.

Note_46 C est-à-dire : qu’on vive ensemble.

Note_47 V. Sup., VII, viii.

Note_48 Lettres persanes, VI.

Note_49 Mahomet recommanda à ses sectateurs de garder leurs femmes. Un certain iman dit, en mourant, la même chose, et Confucius n’a pas moins prêché cette doctrine. (Montesquieu.)

« Les Persans, rapporte Chardin (Voyage en Perse, Description du gouvernement, ch. xii), disent que Mahomet, étant à l’agonie, dit à ses fidèles Gardez votre religion et vos femmes. » C’est de ce commandement que serait venue la clôture des harems. A cela il n’y a rien d’impossible ; mais il semble que les anciens peuples d’Orient avaient des harems bien des siècles avant Mahomet.

Note_50 Les Persans disent que les femmes ne servent qu’à la génération ; et ils n’en font aucun cas pour leur adresse, pour leur esprit et pour leur application à toutes sortes d’ouvrages ; aussi ne se mêlent-elles communément de rien, pas même du ménage. Elles passent leur vie dans la nonchalance, l’oisiveté et la mollesse, étant toute la journée occupées, ou à se faire frotter par de petites esclaves, ce qui est une des plus grandes voluptés des Asiatiques, ou à fumer le tabac du pays, qui est si doux que l’on en peut prendre du matin au soir sans en être incommodé. Les moins vicieuses s’appliquent à des ouvrages à l’aiguille, qu’elles font très bien. On leur donne leur nourriture tout apprêtée, et quelquefois leurs habits tout faits, comme on ferait à des enfants. Chardin, Voyage en Perse, Description du gouvernement, ch. xii.

Note_51 A. B. Que la loi est tyrannique, etc.

Note_52 Cela ne signifie pas que la répudiation, pour raison de stérilité, soit permise dans le christianisme. (Montesquieu.) — Cette note n’est point dans A. B.

Note_53 Voyage, de François Pyrard. On la reprend plutôt qu’une autre, parce que, dans ce cas, il faut moins de dépenses. (Montesquieu.)

Note_54 Histoire de sa conquête, par Solis, page 499. (Montesquieu.)

Note_55 A. Est plus sensée, etc.

Note_56 Le divorce est une question complexe, qui a toujours embarrassé le législateur. Si l’on ne considère que les deux époux, il semble naturel d’admettre la séparation de deux individus qui ne peuvent plus vivre ensemble ; mais si l’on considère l’effet produit sur la société, l’incertitude que jette dans tous les ménages la facilité d’une séparation, l’encouragement donné à la passion qui voit dans le divorce un moyen de se satisfaire en transformant l’adultère en union légitime, on comprend que dans certains pays on ait sacrifié l’intérêt individuel à l’intérêt social. Quant aux enfants, il ne faut point dire avec Montesquieu que le divorce ne leur est pas toujours favorable ; on peut affirmer que la plupart du temps le divorce est pour eux le plus grand des malheurs. C’est l’abandon, c’est une mauvaise éducation, c’est la perversion du coeur et de l’esprit.

Note_57 Vie de Romulus, c. xi. (Montesquieu.)

Note_58 C’étoit une loi de Solon. (Montesquieu.)

Note_59 On ne sait rien de certain sur cette légation d’Athènes, et il n’est pas permis de dire que telle ou telle disposition de la loi des Douze Tables est un emprunt fait aux Grecs. Il est difficile d’admettre que, dans un pays où la loi regardait la femme comme la fille de son mari, cette femme eût le droit de répudiation.

Note_60 Mimam res suas sibi habere jussit, ex duodecim tabulis causam addidit. Philipp. II, c. lxix. (Montesquieu.)

Note_61 Justinien changea cela. Novelle 117, chap. x. (M )

Note_62 Liv. II. (Montesquieu.)

Note_63 Liv. II, chap. iv. (Montesquieu.)

Note_64 Liv. IV, chap. iii. (Montesquieu.)

Note_65 A. B. Le fait rapporté par Denys d’Halicarnasse, etc., que quoi qu’on eût à Rome, etc., ne me paroît pas vraisemblable. Il n’y a qu’à connoître, etc.

Note_66 Selon Denys d’Halicarnasse et Valère-Maxime, et cinq cent vingt-trois, selon Aulu-Gelle. Aussi ne mettent-ils pas les mêmes consuls. (Montesquieu.)

Note_67 Voyez le discours de Véturie, dans Denys d’Halicarnasse, liv. VIII. (Montesquieu.) — Ce n’était pas un divorce ; Coriolan perdait le droit de cité ; c’était un mort civil ; son mariage était rompu.

Note_68 Plutarque, Vie de Romulus. (Montesquieu.)

Note_69 Plutarque, Vie de Romulus. (Montesquieu.)

Note_70 Effectivement, la cause de stérilité n’est point portée par la loi de Romulus. Il y a apparence qu’il ne fut point sujet à la confiscation, puisqu’il suivoit l’ordre des censeurs. (Montesquieu.)

Note_71 Dans la Comparaison de Thésée et de Romulus. (Montesquieu.)

Note_72 M. de Montesquieu dit d’une part que ce divorce est antérieur de soixante-douze ans à la loi des Douze Tables, et de l’autre il suppose que les censeurs intervinrent dans cette affaire. Or, avant la loi des Douze Tables, il n’y avait point de censeurs ; l’époque de leur création est postérieure de quelques années aux décemvirs. (Crévier.)

Note_73 Valère Maxime, Liv. II, ch. ii, dit que les Romains le blâmèrent : Quia nec cupiditatem quidem liberorum conjugali fidei praeponi debuisse arbitrabantur.

Note_74 Au liv. XXIII, chap. xxi. (Montesquieu.)

Note_75 A. B. Pour des règlements pareils. Il faut expliquer les lois par les lois, et l’histoire par l’histoire.

On comprend que Montesquieu ait effacé cette dernière phrase ; elle est en contradiction avec une autre maxime (liv. XXXI, ch. ii, à la fin), qui est la clef même de l’Esprit des lois.

Note_76 Ces deux dernières phrases manquent dans A B.