EXTRAIT DU CÉDÉROM DES OEUVRES COMPLÈTES DE VOLTAIRE
OEUVRES COMPLÈTES DE MONTESQUIEU
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DE L’ESPRIT DES LOIS
LIVRE DIXIÈME.
DES LOIS DANS LE RAPPORT QU’ELLES ONT
AVEC LA FORCE OFFENSIVE.

CHAPITRE PREMIER.
DE LA FORCE OFFENSIVE.

 
La force offensive est réglée par le droit des gens, qui est la loi politique des nations considérées dans le rapport qu’elles ont les unes avec les autres.

CHAPITRE II.
DE LA GUERRE.

La vie des États est comme celle des hommes. Ceux-ci ont droit de tuer dans le cas de la défense naturelle ; ceux-là ont droit de faire la guerre pour leur propre conservation.

Dans le cas de la défense naturelle, j’ai droit de tuer, parce que ma vie est à moi, comme la vie de celui qui m’attaque est à lui : de même un État fait la guerre, parce que sa conservation est juste comme toute autre conservation.

Entre les citoyens le droit de la défense naturelle n’emporte point avec lui la nécessité de l’attaque. Au lieu d’attaquer, ils n’ont qu’à recourir aux tribunaux. Ils ne peuvent donc exercer le droit de cette défense que dans les cas momentanés où l’on seroit perdu si l’on attendoit le secours des lois. Mais, entre les sociétés, le droit de la défense naturelle entraîne quelquefois la nécessité d’attaquer, lorsqu’un peuple voit qu’une plus longue paix en mettroit un autre en état de le détruire, et que l’attaque est dans ce moment le seul moyen d’empêcher cette destruction.(1)

Il suit de là que les petites sociétés ont plus souvent le droit de faire la guerre que les grandes, parce qu’elles sont plus souvent dans le cas de craindre d’être détruites.

Le droit de la guerre dérive donc de la nécessité et du juste rigide(2). Si ceux qui dirigent la conscience ou les conseils des princes(3) ne se tiennent pas là, tout est perdu ; et lorsqu’on se fondera sur des principes arbitraires de gloire, de bienséance, d’utilité, des flots de sang inonderont la terre.

Que l’on ne parle pas surtout de la gloire du prince ; sa gloire seroit son orgueil ; c’est une passion et non pas un droit légitime.

Il est vrai que la réputation de sa puissance pourroit augmenter les forces de son État ; mais la réputation de sa justice les augmenteroit tout de même.

CHAPITRE III.
DU DROIT DE CONQUÊTE.(4)

Du droit de la guerre dérive celui de conquête, qui en est la conséquence(5) ; il en doit donc suivre l’esprit.

Lorsqu’un peuple est conquis, le droit que le conquérant a sur lui suit quatre sortes de lois : la loi de la nature, qui fait que tout tend à la conservation des espèces ; la loi de la lumière naturelle, qui veut que nous fassions à autrui ce que nous voudrions qu’on nous fît ; la loi qui forme les sociétés politiques, qui sont telles que la nature n’en a point borné la durée ; enfin la loi tirée de la chose même. La conquête est une acquisition ; l’esprit d’acquisition porte avec lui l’esprit de conservation et d’usage, et non pas celui de destruction.

Un État qui en a conquis un autre le traite d’une des quatre manières suivantes : il continue à le gouverner selon ses lois, et ne prend pour lui que l’exercice du gouvernement politique et civil ; ou il lui donne un nouveau gouvernement politique et civil ; ou il détruit la société, et la disperse dans d’autres ; ou enfin il extermine tous les citoyens.

La première manière est conforme au droit des gens que nous suivons aujourd’hui ; la quatrième est plus conforme au droit des gens des Romains : sur quoi je laisse à juger à quel point nous sommes devenus meilleurs. Il faut rendre ici hommage à nos temps modernes, à la raison présente, à la religion d’aujourd’hui, à notre philosophie, à nos moeurs.

Les auteurs de notre droit public, fondés sur les histoires anciennes, étant sortis des cas rigides(6), sont tombés dans de grandes erreurs. Ils ont donné dans l’arbitraire ; ils ont supposé dans les conquérants un droit, je ne sais quel, de tuer : ce qui leur a fait tirer des conséquences terribles comme le principe, et établir des maximes que les conquérants eux-mêmes, lorsqu’ils ont eu le moindre sens, n’ont jamais prises. Il est clair que, lorsque la conquête est faite, le conquérant n’a plus le droit de tuer, puisqu’il n’est plus dans le cas de la défense naturelle, et de sa propre conservation.

Ce qui les a fait penser ainsi, c’est qu’ils ont cru que le conquérant avoit droit de détruire la société(7) : d’où ils ont conclu qu’il avoit celui de détruire les hommes qui la composent ; ce qui est une conséquence faussement tirée d’un faux principe. Car, de ce que la société seroit anéantie, il ne s’ensuivroit pas que les hommes qui la forment dussent aussi être anéantis. La société est l’union des hommes, et non pas les hommes ; le citoyen peut périr, et l’homme rester.

Du droit de tuer dans la conquête, les politiques ont tiré le droit de réduire en servitude ; mais la conséquence est aussi mal fondée que le principe.

On n’a droit de réduire en servitude que lorsqu’elle est nécessaire pour la conservation de la conquête. L’objet de la conquête est la conservation : la servitude n’est jamais l’objet de la conquête ; mais il peut arriver qu’elle soit un moyen nécessaire pour aller à la conservation.

Dans ce cas, il est contre la nature de la chose que cette servitude soit éternelle. Il faut que le peuple esclave puisse devenir sujet. L’esclavage dans la conquête est une chose d’accident. Lorsqu’après un certain espace de temps, toutes les parties de l’État conquérant se sont liées avec celles de l’État conquis, par des coutumes, des mariages, des lois, des associations, et une certaine conformité d’esprit, la servitude doit cesser. Car les droits du conquérant ne sont fondés que sur ce que ces choses-là ne sont pas, et qu’il y a un éloignement entre les deux nations, tel que l’une ne peut pas prendre confiance en l’autre.

Ainsi, le conquérant qui réduit le peuple en servitude doit toujours se réserver des moyens (et ces moyens sont sans nombre) pour l’en faire sortir.

Je ne dis point ici des choses vagues. Nos pères(8), qui conquirent l’empire romain, en agirent ainsi. Les lois qu’ils firent dans le feu, dans l’action, dans l’impétuosité, dans l’orgueil de la victoire, ils les adoucirent ; leurs lois étoient dures, ils les rendirent impartiales. Les Bourguignons, les Goths et les Lombards vouloient toujours que les Romains fussent le peuple vaincu ; les lois d’Euric, de Gondebaud et de Rotharis firent du Barbare et du Romain des concitoyens.(9)

Charlemagne, pour dompter les Saxons, leur ôta l’ingénuité et la propriété des biens. Louis le Débonnaire les affranchit(10) : il ne fit rien de mieux dans tout son règne. Le temps et la servitude avoient adouci leurs moeurs ; ils lui furent toujours fidèles.(11)

CHAPITRE IV.
QUELQUES AVANTAGES DU PEUPLE CONQUIS.

Au lieu de tirer du droit de conquête des conséquences si fatales, les politiques auroient mieux fait de parler des avantages que ce droit peut quelquefois apporter au peuple vaincu. Ils les auroient mieux sentis, si notre droit des gens étoit exactement suivi, et s’il étoit établi dans toute la terre.

Les États que l’on conquiert ne sont pas ordinairement dans la force de leur institution. La corruption s’y est introduite ; les lois y ont cessé d’être exécutées ; le gouvernement est devenu oppresseur. Qui peut douter qu’un État pareil ne gagnât et ne tirât quelques avantages de la conquête même, si elle n’étoit pas destructrice(12) ! Un gouvernement parvenu au point où il ne peut plus se réformer lui-même, que perdroit-il à être refondu(13) ? Un conquérant qui entre chez un peuple, où, par mille ruses et mille artifices, le riche s’est insensiblement pratiqué une infinité de moyens d’usurper ; où le malheureux qui gémit, voyant ce qu’il croyoit des abus devenir des lois, est dans l’oppression, et croit avoir tort de la sentir ; un conquérant, dis-je, peut dérouter tout, et la tyrannie sourde est la première chose qui souffre la violence.(14)

On a vu, par exemple, des États opprimés par les traitants, être soulagés par le conquérant, qui n’avoit ni les engagements ni les besoins qu’avoit le prince légitime. Les abus se trouvoient corrigés, sans même que le conquérant les corrigeât.(15)

Quelquefois la frugalité de la nation conquérante l’a mise en état de laisser aux vaincus le nécessaire, qui leur étoit ôté sous le prince légitime.

Une conquête peut détruire les préjugés nuisibles, et mettre, si j’ose parler ainsi, une nation sous un meilleur génie.(16)

Quel bien les Espagnols ne pouvoient-ils pas faire aux Mexicains ? Ils avoient à leur donner une religion douce ; ils leur apportèrent une superstition furieuse. Ils auroient pu rendre libres les esclaves ; et ils rendirent esclaves les hommes libres. Ils pouvoient les éclairer sur l’abus des sacrifices humains ; au lieu de cela, ils les exterminèrent. Je n’aurois jamais fini si je voulois raconter tous les biens qu’ils ne firent pas, et tous les maux qu’ils firent.

C’est à un conquérant à réparer une partie des maux qu’il a faits. Je définis ainsi le droit de conquête : un droit nécessaire, légitime et malheureux, qui laisse toujours à payer une dette immense, pour s’acquitter envers la nature humaine.

CHAPITRE V.
GÉLON, ROI DE SYRACUSE.

Le plus beau traité de paix dont l’histoire ait parlé est, je crois, celui que Gélon fit avec les Carthaginois. Il voulut qu’ils abolissent la coutume d’immoler leurs enfants(17). Chose admirable ! Après avoir défait trois cent mille Carthaginois, il exigeoit une condition qui n’étoit utile qu’à eux, ou plutôt il stipuloit pour le genre humain.(18)

Les Bactriens faisoient manger leurs pères vieux à de grands chiens : Alexandre le leur défendit(19) ; et ce fut un triomphe qu’il remporta sur la superstition.(20)

CHAPITRE VI.
D’UNE RÉPUBLIQUE QUI CONQUIERT.(21)

Il est contre la nature de la chose que, dans une constitution fédérative, un État confédéré conquière sur l’autre, comme nous avons vu de nos jours chez les Suisses(22). Dans les républiques fédératives mixtes, où l’association est entre de petites républiques et de petites monarchies, cela choque moins.

Il est encore contre la nature de la chose qu’une république démocratique conquière des villes qui ne sauroient entrer dans la sphère de la démocratie. Il faut que le peuple conquis puisse jouir des privilèges de la souveraineté, comme les Romains l’établirent au commencement. On doit borner la conquête au nombre des citoyens que l’on fixera pour la démocratie.(23)

Si une démocratie conquiert un peuple pour le gouverner comme sujet, elle exposera sa propre liberté, parce qu’elle confiera une trop grande puissance aux magistrats qu’elle enverra dans l’État conquis.

Dans quel danger n’eût pas été la république de Carthage, si Annibal avoit pris Rome ? Que n’eût-il pas fait dans sa ville après la victoire, lui qui y causa tant de révolutions après sa défaite(24) ?

Hannon n’auroit jamais pu persuader au sénat de ne point envoyer de secours à Annibal, s’il n’avoit fait parler que sa jalousie. Ce sénat, qu’Aristote nous dit avoir été si sage (chose que la prospérité de cette république nous prouve si bien), ne pouvoit être déterminé que par des raisons sensées. Il auroit fallu être trop stupide pour ne pas voir qu’une armée, à trois cents lieues de là, faisoit des pertes nécessaires qui devoient être réparées.

Le parti d’Hannon vouloit qu’on livrât Annibal aux Romains(25). On ne pouvoit pour lors craindre les Romains, on craignoit donc Annibal.

On ne pouvoit croire, dit-on, les succès(26) d’Annibal ; mais comment en douter ? Les Carthaginois, répandus par toute la terre, ignoroient-ils ce qui se passoit en Italie ? C’est parce qu’ils ne l’ignoroient pas, qu’on ne vouloit pas envoyer de secours à Annibal.

Hannon devient plus ferme après Trébie, après Trasimène, après Cannes : ce n’est point son incrédulité qui augmente, c’est sa crainte.(27)

CHAPITRE VII.
CONTINUATION DU MÊME SUJET.

Il y a encore un inconvénient aux conquêtes faites par les démocraties. Leur gouvernement est toujours odieux aux États assujettis. Il est monarchique par la fiction ; mais, dans la vérité, il est plus dur que le monarchique, comme l’expérience de tous les temps et de tous les pays l’a fait voir.

Les peuples conquis y sont dans un état triste ; ils ne jouissent ni des avantages de la république, ni de ceux de la monarchie.

Ce que j’ai dit de l’État populaire se peut appliquer à l’aristocratie.

CHAPITRE VIII.
CONTINUATION DU MÊME SUJET.

Ainsi, quand une république tient quelque peuple sous sa dépendance, il faut qu’elle cherche à réparer les inconvénients qui naissent de la nature de la chose, en lui donnant un bon droit politique et de bonnes lois civiles.
Une république d’Italie tenoit des insulaires sous son obéissance(28) ; mais son droit politique et civil à leur égard étoit vicieux. On se souvient de cet acte d’amnistie, qui porte qu’on ne les condamneroit plus à des peines afflictives sur la conscience informée du gouverneur(29). On a vu souvent des peuples demander des privilèges : ici le souverain accorde le droit de toutes les nations.(30)

CHAPITRE IX.
D’UNE MONARCHIE QUI CONQUIERT AUTOUR D’ELLE.

Si une monarchie peut agir longtemps avant que l’agrandissement l’ait affoiblie, elle deviendra redoutable, et sa force durera tout autant qu’elle sera pressée par les monarchies voisines.

Elle ne doit donc conquérir que pendant qu’elle reste dans les limites naturelles à son gouvernement. La prudence veut qu’elle s’arrête sitôt qu’elle passe ces limites.

Il faut, dans cette sorte de conquête, laisser les choses comme on les a trouvées : les mêmes tribunaux, les mêmes lois, les mêmes coutumes, les mêmes privilèges ; rien ne doit être changé que l’armée et le nom du souverain.

Lorsque la monarchie a étendu ses limites par la conquête de quelques provinces voisines, il faut qu’elle les traite avec une grande douceur.

Dans une monarchie qui a travaillé longtemps à conquérir, les provinces de son ancien domaine seront ordinairement très foulées. Elles ont à souffrir les nouveaux abus et les anciens ; et souvent une vaste capitale, qui engloutit tout, les a dépeuplées(31). Or si, après avoir conquis autour de ce domaine, on traitoit les peuples vaincus comme on fait ses anciens sujets, l’État seroit perdu ; ce que les provinces conquises enverroient de tributs à la capitale ne leur reviendroit plus ; les frontières seroient ruinées, et par conséquent plus foibles ; les peuples en seroient mal affectionnés ; la subsistance des armées, qui doivent y rester et agir, seroit plus précaire.

Tel est l’état nécessaire d’une monarchie conquérante ; un luxe affreux dans la capitale, la misère dans les provinces qui s’en éloignent(32), l’abondance aux extrémités. Il en est comme de notre planète, le feu est au centre, la verdure à la surface, une terre aride, froide et stérile, entre les deux.

CHAPITRE X.
D’UNE MONARCHIE QUI CONQUIERT
UNE AUTRE MONARCHIE.

Quelquefois une monarchie en conquiert une autre. Plus celle-ci sera petite, mieux on la contiendra par des forteresses ; plus elle sera grande, mieux on la conservera par des colonies.(33)

CHAPITRE XI.
DES MOEURS DU PEUPLE VAINCU.

Dans ces conquêtes, il ne suffit pas de laisser à la nation vaincue ses lois ; il est peut-être plus nécessaire de lui laisser ses moeurs, parce qu’un peuple connoît, aime et défend toujours plus ses moeurs que ses lois.

Les François ont été chassés neuf fois de l’Italie, à cause, disent les historiens(34), de leur insolence à l’égard des femmes et des filles. C’est trop pour une nation d’avoir à souffrir la fierté du vainqueur, et encore son incontinence, et encore son indiscrétion, sans doute plus fâcheuse, parce qu’elle multiplie à l’infini les outrages.(35)

CHAPITRE XII.
D’UNE LOI DE CYRUS.

Je ne regarde pas comme une bonne loi celle que fit Cyrus pour que les Lydiens ne pussent exercer que des professions viles, ou des professions infâmes. On va au plus pressé ; on songe aux révoltes, et non pas aux invasions. Mais les invasions viendront bientôt ; les deux peuples s’unissent, ils se corrompent tous les deux. J’aimerois mieux maintenir par les lois la rudesse du peuple vainqueur qu’entretenir par elles la mollesse du peuple vaincu.

Aristodème, tyran de Cumes(36), chercha à énerver le courage de la jeunesse. Il voulut que les garçons laissassent croître leurs cheveux, comme les filles ; qu’ils les ornassent de fleurs, et portassent des robes de différentes couleurs jusqu’aux talons ; que, lorsqu’ils alloient chez leurs maîtres de danse et de musique, des femmes leur portassent des parasols, des parfums et des éventails ; que, dans le bain, elles leur donnassent des peignes et des miroirs. Cette éducation duroit jusqu’à l’âge de vingt ans. Cela ne peut convenir qu’à un petit tyran, qui expose sa souveraineté pour défendre sa vie.

CHAPITRE XIII.(37)
CHARLES XII.(38)

Ce prince, qui ne fit usage que de ses seules forces, détermina sa chute en formant des desseins qui ne pouvoient être exécutés que par une longue guerre ; ce que son royaume ne pouvoit soutenir.

Ce n’étoit pas un État qui fût dans la décadence qu’il entreprit de renverser, mais un empire naissant. Les Moscovites se servirent de la guerre qu’il leur faisoit, comme d’une école. A chaque défaite ils s’approchoient de la victoire ; et, perdant au dehors, ils apprenoient à se défendre au dedans.

Charles se croyoit le maître du monde dans les déserts de la Pologne, où il erroit, et dans lesquels la Suède étoit comme répandue, pendant que son principal ennemi se fortifioit contre lui, le serroit, s’établissoit sur la mer Baltique, détruisoit ou prenoit la Livonie.

La Suède ressembloit à un fleuve dont on coupoit les eaux dans sa source, pendant qu’on les détournoit dans son cours.

Ce ne fut point Pultava(39) qui perdit Charles : s’il n’avoit pas été détruit dans ce lieu, il l’auroit été dans un autre. Les accidents de la fortune se réparent aisément ; on ne peut pas parer(40) à des événements qui naissent continuellement de la nature des choses.(41)

Mais la nature ni la fortune ne furent jamais si fortes contre lui que lui-même.

Il ne se régloit point sur la disposition actuelle des choses, mais sur un certain modèle qu’il avoit pris ; encore le suivit-il très mal. Il n’étoit point Alexandre ; mais il auroit été le meilleur soldat d’Alexandre.

Le projet d’Alexandre ne réussit que parce qu’il étoit sensé. Les mauvais succès des Perses dans les invasions qu’ils firent de la Grèce, les conquêtes d’Agésilas et la retraite des Dix mille avoient fait connoître au juste la supériorité des Grecs dans leur manière de combattre, et dans le genre de leurs armes ; et l’on savoit bien que les Perses étoient trop grands pour se corriger.

Ils ne pouvoient plus affoiblir la Grèce par des divisions ; elle étoit alors réunie sous un chef, qui ne pouvoit avoir de meilleur moyen pour lui cacher sa servitude que de l’éblouir par la destruction de ses ennemis éternels et par l’espérance de la conquête de l’Asie.

Un empire cultivé par la nation du monde la plus industrieuse, et qui travailloit les terres par principe de religion, fertile et abondant en toutes choses, donnoit à un ennemi toutes sortes de facilités pour y subsister.

On pouvoit juger par l’orgueil de ces rois, toujours vainement mortifiés par leurs défaites, qu’ils précipiteroient leur chute en donnant toujours des batailles, et que la flatterie ne permettroit jamais qu’ils pussent douter de leur grandeur.

Et non seulement le projet étoit sage, mais il fut sagement exécuté. Alexandre, dans la rapidité de ses actions, dans le feu de ses passions mêmes, avoit, si j’ose me servir de ce terme, une saillie de raison qui le conduisoit, et que ceux qui ont voulu faire un roman de son histoire, et qui avoient l’esprit plus gâté que lui, n’ont pu nous dérober. Parlons-en tout à notre aise.(42)

CHAPITRE XIV.
ALEXANDRE.(43)

Il ne partit(44) qu’après avoir assuré la Macédoine contre les peuples barbares qui en étoient voisins, et achevé d’accabler les Grecs ; il ne se servit de cet accablement que pour l’exécution de son entreprise ; il rendit impuissante la jalousie des Lacédémoniens ; il attaqua les provinces maritimes ; il fit suivre à son armée de terre les côtes de la mer, pour n’être point séparé de sa flotte ; il se servit admirablement bien de la discipline contre le nombre ; il ne manqua point de subsistances ; et s’il est vrai que la victoire lui donna tout, il fit aussi tout pour se procurer la victoire.

Dans le commencement de son entreprise(45), c’est à dire dans un temps où un échec pouvoit le renverser, il mit peu de chose au hasard ; quand la fortune le mit au dessus des événements, la témérité fut quelquefois un de ses moyens. Lorsqu’avant son départ, il marche contre les Triballiens et les Illyriens, vous voyez une guerre(46) comme celle que César fit depuis dans les Gaules. Lorsqu’il est de retour dans la Grèce(47), c’est comme malgré lui qu’il prend et détruit Thèbes : campé auprès de leur ville, il attend que les Thébains veuillent faire la paix ; ils précipitent eux-mêmes leur ruine. Lorsqu’il s’agit de combattre(48) les forces maritimes des Perses, c’est plutôt Parménion qui a de l’audace ; c’est plutôt Alexandre qui a de la sagesse. Son industrie fut de séparer les Perses des côtes de la mer, et de les réduire à abandonner eux-mêmes leur marine, dans laquelle ils étoient supérieurs Tyr étoit, par principe, attachée aux Perses, qui ne pouvoient se passer de son commerce et de sa marine ; Alexandre la détruisit. Il prit l’Égypte que Darius avoit laissée dégarnie de troupes pendant qu’il assembloit des armées innombrables dans un autre univers.

Le passage du Granique fit qu’Alexandre se rendit maître des colonies grecques ; la bataille d’Issus lui donna Tyr et l’Égypte ; la bataille d’Arbelles lui donna toute la terre.

Après la bataille d’Issus, il laisse fuir Darius, et ne s’occupe qu’à affermir et à régler ses conquêtes ; après la bataille d’Arbelles, il le suit de si près(49), qu’il ne lui laisse aucune retraite dans son empire. Darius n’entre dans ses villes et dans ses provinces que pour en sortir : les marches d’Alexandre sont si rapides, que vous croyez voir l’empire de l’univers plutôt le prix de la course, comme dans les jeux de la Grèce, que le prix de la victoire.

C’est ainsi qu’il fit ses conquêtes(50) ; voyons comment il les conserva.

Il résista à ceux qui vouloient qu’il traitât(51) les Grecs comme maîtres, et les Perses comme esclaves ; il ne songea qu’à unir les deux nations, et à faire perdre les distinctions du peuple conquérant et du peuple vaincu. Il abandonna, après la conquête, tous les préjugés qui lui avoient servi à la faire. Il prit les moeurs des Perses, pour ne pas désoler les Perses en leur faisant prendre les moeurs des Grecs. C’est ce qui fit qu’il marqua tant de respect pour la femme et pour la mère de Darius, et qu’il montra tant de continence(52). Qu’est-ce que ce conquérant qui est pleuré de tous les peuples qu’il a soumis ? Qu’est-ce que cet usurpateur, sur la mort duquel la famille qu’il a renversée du trône verse des larmes ? C’est un trait de cette vie, dont les historiens ne nous disent pas que quelque autre conquérant puisse se vanter.(53)

Rien n’affermit plus une conquête que l’union qui se fait des deux peuples par les mariages(54). Alexandre prit des femmes de la nation qu’il avoit vaincue ; il voulut que ceux de sa cour(55) en prissent aussi ; le reste des Macédoniens suivit cet exemple. Les Francs et les Bourguignons(56) permirent ces mariages ; les Wisigoths les défendirent(57) en Espagne, et ensuite ils les permirent ; les Lombards ne les permirent pas seulement, mais même les favorisèrent(58). Quand les Romains voulurent affoiblir la Macédoine, ils y établirent qu’il ne pourroit se faire d’union par mariages entre les peuples des provinces.

Alexandre, qui cherchoit à unir les deux peuples, songea à faire dans la Perse un grand nombre de colonies grecques. Il bâtit une infinité de villes, et il cimenta si bien toutes les parties de ce nouvel empire, qu’après sa mort, dans le trouble et la confusion des plus affreuses guerres civiles, après que les Grecs se furent pour ainsi dire anéantis eux-mêmes, aucune province de Perse ne se révolta.

Pour ne point épuiser(59) la Grèce et la Macédoine, il envoya à Alexandrie une colonie de juifs(60) : il ne lui importoit quelles moeurs eussent ces peuples, pourvu qu’ils lui fussent fidèles.

Il(61) ne laissa pas seulement aux peuples vaincus leurs moeurs, il leur laissa encore leurs lois civiles, et souvent même les rois et les gouverneurs qu’il avoit trouvés. Il mettoit les Macédoniens(62) à la tête des troupes, et les gens du pays à la tête du gouvernement ; aimant mieux courir le risque de quelque infidélité particulière (ce qui lui arriva quelquefois) que d’une révolte générale. Il respecta les traditions anciennes et tous les monuments de la gloire ou de la vanité des peuples. Les rois de Perse avoient détruit les temples des Grecs, des Babyloniens et des Égyptiens ; il les rétablit(63) ; peu de nations se soumirent à lui, sur les autels desquelles il ne fît des sacrifices. Il sembloit qu’il n’eût conquis que pour être le monarque particulier de chaque nation, et le premier citoyen de chaque ville. Les Romains conquirent tout pour tout détruire il voulut tout conquérir pour tout conserver ; et quelque pays qu’il parcourût, ses premières idées, ses premiers desseins furent toujours de faire quelque chose qui pût en augmenter la prospérité et la puissance. Il en trouva les premiers moyens dans la grandeur de son génie ; les seconds, dans sa frugalité et son économie particulière(64) ; les troisièmes dans son immense prodigalité pour les grandes choses. Sa main se fermoit pour les dépenses privées ; elle s’ouvroit pour les dépenses publiques. Falloit-il régler sa maison, c’étoit un Macédonien ; falloit-il payer les dettes des soldats, faire part de sa conquête aux Grecs, faire la fortune de chaque homme de son armée, il étoit Alexandre.

II fit deux mauvaises actions : il brûla Persépolis, et tua Clitus. Il les rendit célèbres par son repentir : de sorte qu’on oublia ses actions criminelles, pour se souvenir de son respect pour la vertu ; de sorte qu’elles furent considérées plutôt comme des malheurs que comme des choses qui lui fussent propres ; de sorte que la postérité trouve la beauté de son âme presque à côté de ses emportements et de ses faiblesses ; de sorte qu’il fallut le plaindre, et qu’il n’étoit plus possible de le haïr.

Je vais le comparer à César. Quand César voulut imiter les rois d’Asie, il désespéra les Romains pour une chose de pure ostentation ; quand Alexandre voulut imiter les rois d’Asie, il fit une chose qui entroit dans le plan de sa conquête.

CHAPITRE XV.
NOUVEAUX MOYENS DE CONSERVER LA CONQUÊTE.

Lorsqu’un monarque conquiert un grand État, il y a une pratique admirable, également propre à modérer le despotisme et à conserver la conquête ; les conquérants de la Chine l’ont mise en usage.

Pour ne point désespérer le peuple vaincu, et ne point enorgueillir le vainqueur, pour empêcher que le gouvernement ne devienne militaire, et pour contenir les deux peuples dans le devoir, la famille tartare, qui règne présentement à la Chine, a établi que chaque corps de troupes, dans les provinces, seroit composé de moitié Chinois et moitié Tartares, afin que la jalousie entre les deux nations les contienne dans le devoir. Les tribunaux sont aussi moitié chinois, moitié tartares. Cela produit plusieurs bons effets : 1° les deux nations se contiennent l’une l’autre ; 2° elles gardent toutes les deux la puissance militaire et civile, et l’une n’est pas anéantie par l’autre ; 3° la nation conquérante peut se répandre partout sans s’affoiblir et se perdre ; elle devient capable de résister aux guerres civiles et étrangères. Institution si sensée, que c’est le défaut d’une pareille qui a perdu presque tous ceux qui ont conquis sur la terre.

CHAPITRE XVI.
D’UN ÉTAT DESPOTIQUE QUI CONQUIERT.

Lorsque la conquête est immense, elle suppose le despotisme(65). Pour lors l’armée répandue dans les provinces ne suffit pas. Il faut qu’il y ait toujours autour du prince un corps particulièrement affidé, toujours prêt à fondre sur la partie de l’empire qui pourroit s’ébranler. Cette milice doit contenir les autres, et faire trembler tous ceux à qui on a été obligé de laisser quelque autorité dans l’empire. Il y a autour de l’empereur de la Chine un gros corps de Tartares toujours prêt pour le besoin. Chez le Mogol, chez les Turcs, au Japon, il y a un corps à la solde du prince(66), indépendamment de ce qui est entretenu du revenu des terres(67). Ces forces particulières tiennent en respect les générales.

CHAPITRE XVII.
CONTINUATION DU MÊME SUJET.

Nous avons dit que les États que le monarque despotique conquiert doivent être feudataires. Les historiens s’épuisent en éloges sur la générosité des conquérants qui ont rendu la couronne aux princes qu’ils avoient vaincus. Les Romains étaient donc bien généreux, qui faisoient partout des rois, pour avoir des instruments de servitude(68). Une action pareille est un acte nécessaire. Si le conquérant garde l’État conquis, les gouverneurs qu’il enverra ne sauront contenir les sujets, ni lui-même ses gouverneurs. Il sera obligé de dégarnir de troupes son ancien patrimoine pour garantir le nouveau. Tous les malheurs des deux États seront communs ; la guerre civile de l’un sera la guerre civile de l’autre. Que si, au contraire, le conquérant rend le trône au prince légitime, il aura un allié nécessaire qui, avec les forces qui lui seront propres, augmentera les siennes. Nous venons de voir Schah-Nadir conquérir les trésors du Mogol, et lui laisser l’Indoustan.(69)

FIN DU TROISIÈME VOLUME.

Livre suivant

NOTES

Note_1 Beau prétexte aux ambitieux pour faire la guerre, suivant leur passion ou leur caprice.

Note_2 « Il n’y a que deux sortes de guerres justes : les unes qui se font pour repousser un ennemi qui attaque ; les autres pour secourir un allié qui est attaqué. » Lettres persanes, XCVI.

Note_3 Confesseurs et ministres.

Note_4 Lettres persanes, XCV.

Note_5 Sup., I, iii.

Note_6 C’est-à-dire, du juste rigide, sup., ch. ii.

Note_7 On dirait aujourd’hui la nation ou l’État.

Note_8 Je crois qu’on peut me permettre ici une réflexion. Plus d’un écrivain qui se fait historien en compilant au hasard (je ne parle pas d’un homme comme Montesquieu), plus d’un historien, dis-je, après avoir appelé sa nation la première nation du monde, Paris, la première ville du monde, le fauteuil à bras où s’assied son roi, le premier trône du monde, ne fait point difficulté de dire : nous, nos aïeux, nos pères, quand il parle des Francs, qui vinrent des marais d’au delà le Rhin et la Meuse piller les Gaules et s’en emparer. L’abbé Vély dit : Nous. Hé ! mon ami, es-tu bien sûr que tu descendes d’un Franc ? Pourquoi ne serais-tu pas d’une pauvre famille gauloise ? (Voltaire.)

Note_9 Voyez le code des lois des Barbares, et le livre XXVIII ci-après. (Montesquieu.)

Note_10 Voyez l’auteur incertain de la vie de Louis le Débonnaire, dans le Recueil de Duchesne, t. II, p. 296. (Montesquieu.)

Note_11 A. B. n’ont point ce dernier paragraphe.

Note_12 A. B. Destructive. Corrigé dans l’édition de 1751.

Note_13 A. B. Ne perdroit pas beaucoup à être refondu. Corrigé dans l’édition de 1751.

Note_14 C’est-à-dire qui admette, qui justifie.

Note_15 Inf ; XIII, xvi.

Note_16 Montesquieu n’a pas l’air de soupçonner que pour un peuple conquis, rien ne peut remplacer la nationalité détruite et l’indépendance perdue. Quel bien-être peut compenser une misère morale de cette espèce ?

Note_17 Voyez le Recueil de M. de Barbeyrac [Histoire des anciens traités, Amsterdam, 1739.], art. 112. (Montesquieu.)

Note_18 A. Il stipuloit pour la nature humaine.

Note_19 Strabon, liv. XI.

Note_20 A. B. N’ont point ce paragraphe.

Note_21 Hume a défendu les mêmes idées dans ses Essais moraux et politiques, IVe Essai : Que la politique peut être réduite en forme de science.

Note_22 Pour le Tockembourg. (Montesquieu.) — Tockembourg ou Toggenburg, vallée de la Suisse dans le canton de Saint-Gall. Au XVe siècle, Schwytz et Zurich se disputèrent ce petit pays, par une guerre dite de Toggenburg. De 1706 à 1718, les habitants de la vallée soutinrent contre l’abbaye de Saint-Gall une seconde guerre de Toggenburg qui amena leur affranchissement.

Note_23 Sup., II, ii, note 1.

Note_24 Il étoit à la tête d’une faction. (Montesquieu.) — Tite-Live, XXXIII, xlvi.

Note_25 Hannon vouloit livrer Annibal aux Romains, comme Caton vouloit qu’on livrât César aux Gaulois. (Montesquieu.)

Note_26 A. Le succès.

Note_27 Comparez Saint-Évremond, Réflexions sur les Romains, chap. vii.

Note_28 Gênes commandait à la Corse.

Note_29 Du 18 octobre 1738, imprimé à Gênes, chez Franchelli. Vietamo al nostro general governatore in detta isola, di condannare in avenire solamente ex informata conscientia persona alcuna nazionale in pena afflittiva. Potrà ben si far arrestare ed incarcerare le persone che gli saranno sospette ; salvo di renderne poi a noi conto sollecitamente, art. VI. Voyez aussi la Gazette d’Amsterdam du 23 décembre 1738. (Montesquieu.)

Note_30 A. On se souvient de ce traité dans lequel elle leur promet qu’on ne les feroit plus mourir sur la conscience informée du gouverneur. On a vu souvent des peuples demander des privilèges. Ici le peuple demande, ici le souverain accorde, etc. — B. On se souvient de cet acte d’amnistie, où il est dit qu’ils ne seront plus condamnés à des peines afflictives sur la conscience informée du souverain. On a vu, etc.

Note_31 A. B. Il faut qu’elles aient à souffrir et les nouveaux abus et les anciens, et qu’une vaste capitale qui engloutit tout les dépeuple.

Montesquieu a adouci le texte primitif pour qu’on n’y vît pas une allusion trop directe à la monarchie française et à Paris.

Note_32 A. Qui s’en éloignent un peu.

Note_33 Machiavel, le Prince, chap. iii.

Note_34 Parcourez l’Histoire de l’univers, par M. Puffendorff. (Montesquieu.)

Note_35 B. Des outrages.

Note_36 Denys d’Halicarnasse, liv. VII. (Montesquieu.)

Note_37 Dans A. B., ce chapitre est placé après celui d’Alexandre.

Note_38 Lettres persanes, CXXVII.

Note_39 A. B. Pultova.

Note_40 A. B. Mais comment parer, etc.

Note_41 V. les Considérations sur la grandeur et la décadence des Romains,

chap. xviii, p. 273.

Note_42 Cette dernière phrase n’est ni dans A ni dans B.

Note_43 Montesquieu est un des premiers écrivains modernes qui, suivant l’expression de Servan, ait rétabli Alexandre dans ses droits à l’admiration de la postérité. Il a été suivi par Voltaire, et par Robertson dans son Histoire d’Amérique.

Note_44 A. B. Alexandre fit une grande conquête. Voyons comment il se conduisit. On a assez parlé de sa valeur, parlons de sa prudence.

Les mesures qu’il prit furent justes. Il ne partit qu’après avoir achevé d’accabler les Grecs ; il ne se servit de cet accablement que pour l’exécution de son entreprise ; il ne laissa rien derrière lui contre lui ; il attaqua les provinces maritimes, etc.

Note_45 Ce paragraphe et les deux suivants manquent dans A. B.

Note_46 Voyez Arrien, De exped. Alex., lib. I. (Montesquieu.)

Note_47 Ibid. (Montesquieu.)

Note_48 Ibid. (Montesquieu.)

Note_49 Voyez Arrien, De exped. Alex., lib. III. (Montesquieu.)

Note_50 A. B. Voilà comment il fit ses conquêtes ; il faut voir comment il les conserva.

Note_51 C’étoit le conseil d’Aristote. Plutarque, Oeuvres morales : De la fortune d’Alexandre.(Montesquieu.)

Note_52 A. B. Ajoutent : C’est ce qui le fit tant regretter des Perses.

Note_53 A. B. Se puisse vanter.

Note_54 A. B. Par des mariages.

Note_55 Voyez Arrien, De exped. Alex., lib. VII. (Montesquieu.)

Note_56 Voyez la loi des Bourguignons, tit. XII, art. v. (Montesquieu.)

Note_57 Voyez la loi des Wisigoths, liv. III, tit. i, § 1, qui abroge la loi ancienne, qui avoit plus d’égards, y est-il dit, à la différence des nations que des conditions. (Montesquieu.)

Note_58 Voyez la loi des Lombards, liv. II, tit. vii, § 1 et 2. (Montesquieu.)

Note_59 A. 8. Pour ne point trop épuiser, etc.

Note_60 Les rois de Syrie, abandonnant le plan des fondateurs de l’empire, voulurent obliger les Juifs à prendre les moeurs des Grecs ; ce qui donna à leur État de terribles secousses. (Montesquieu.) — Cette note figure dans le texte de A. B.

Note_61 Tout ce qui suit jusqu’à la fin du chapitre manque dans A. B.

Note_62 Voyez Arrien, De exped. Alex., lib. III et autres. (Montesquieu.)

Note_63 Voyez Arrien, De exped. Alex. (Montesquieu.)

Note_64 Ibid., lib. VII. (Montesquieu.)

Note_65 Sup. VIII, xvii ; inf., XVII, vi.

Note_66 Les janissaires chez les Turcs.

Note_67 Les sipahis et les timariots en Turquie.

Note_68 Tac., Agricola, c. xiv. Vetere ac jam pridem recepta populi romani consuetudine, ut haberent instrumenta servitutis et reges. (Montesquieu.)

Note_69 Considérations sur la grandeur des Romains, ch. iv, à la fin.